‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.72Chapitre 27 sur 69 · PANGOLIN · texte numérisé non relu

PANGOLIN

par Rafinesque en deux genres, Pangolin et Phatagin, puis par feu J.-E. Gray en trois genres, Manis, PhoUdotus et Smutsia, dont voici les principaux caractères :

Chez les animaux du genre Manis, le dessus des pieds antérieurs est toujours dépourvu d'écaillés et couvert de poils, la queue est longue et grêle, les écailles sont étroites et carénées et celles de la série médiane de la queue se prolongent jusqu'à l'extrémité de cet appendice. Chez les représentants du genre Pholidotus, au contraire, le dessus des pieds antérieurs et postérieurs est garni d'pcailles jusqu'aux doigts, les écailles sont larges et courtes, la queue est de longueur médiocre et va en s'effilant, mais présente du reste, quant au revêtement, la même disposition que dans le genre précédent. Enfin, chez les Smutsia, les pieds offrent le même aspect que chez les Pholidotus et les écailles ont la même forme, mais la queue conserve une largeur plusconslante et ses écailles médianes ne se prolongent pas jusqu'à l'extrémité.

Au premier genre appartiennent le Pangolin à longue queue {Manis longicaudata,(ji\ ex. Geof.) et le Phatagin {Manis t7'icuspis ï\af]n.),(in\ vivent en Guinée, au Gabon, à Sierra-Leone et sur d'autres points de l'Afrique occidentale et qui diffèrent l'un de l'autre par la taille, par le mode de coloration et par Je nombre des séries d'écailles. Chez le Pangolin à longue queue la tête et le corps mesurent O'^j^S, la queue 0"\61 et les écailles dorsales, d'un brun foncé, foruent \\ séries longitudinales, tandis que chez le Phatagin la lèteet lecorps mesurent 0'",50, la queue 0'",57,et les écailles dorsales terminées par trois pointes (d'oii le nom de tricuspis) forment 21 séries.

Parmi les Pholidotus se rangent le Pangolin de Java {Pholidotus javanicus Gr. ex Fisch. ; Manis pentadactyla Raffl.}, qui, en dépit de son nom, se trouve plutôt à Sumatra qu'à Java et qui se fait remarquer par l'allongement de sa région faciale, le Pangolin de Dahlmann {Pholidotus Dahlmanni Sund ), qui vit dans l'Inde, à Java et dans le sud de la Chine, le Pangolin de l'Inde à queue courte {Ph. indiens Gr ; Manis pentadactyla L.), qui se rencontre également dans l'Asie méridionale, et le Pangolin d'Afrique {Ph. africanus Gr.) qui habite au contraire l'Afrique occidentale et particulièrement les rives du Niger.

Enfin le genre Smutsia ne renferme qu'une seule espèce, le Pangolin de Temminck {Smutsia Temminckii Smuts), qui a été signalée en Cafrerie, dans le Sennaar et dans l'Afrique orientale, auprès de Zanzibar.

Deux Pangolins appartenant à des espèces que nous venons de citer {Manis tricuspis et Smutsia Temminckii, ont été apportés vivants en Angleterre et ont vécu quelques jours au Jardin zoologique de Londres. L'un d'eux étant une femelle qui venait de mettre bas, on put observer comment se pratique l'allaitement chez les Pangolins. La mère dont les mamelles, au nombre de deux seulement, sont placées sur la poitrine, se dressait d'abord sur ses pattes de derrière, puis se couchait quand le jeune avait commencé à téter. Elle restait inactive, roulée dans un coin pendant la pins grande partie de la journée, et pendant la nuit se mettait au contraire en mouvement pour chercher sa nourriture.

Dans leur squelette les Pangolins présententquelques particularités de structure qui ont été mises en lumière par G. Cuvier ; en outre le Pangolin à queue courte se distingue par la conformation de son estomac, incomplètement divisé en deux compartiments par un repli de la membrane muqueuse. E. Oustalet.

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