lo
3 jours
4,40 5,10 2,20 l,oO 1,40 1,00 (1,70 0,60 0,50
4,30 2,50 1,90 1,60 1,10 0,90 0,90 0,fi0 0,30
1 semaine
PANSEMEiM.
Mùnnicli a fait, sur les différentes gazes phéniquées ou antiseptiques, une série de recherclies au point de vue de la conservation du principe actif. 11 montre que la stéarine est le meilleur fixateur de l'acide cyrbolique, et que la gaze sèche ainsi pre'parce renferme de 6 à 7 pour 100 d'acide et le conserve longtemps. Nous donnons un résumé de ses expériences sur la déperdition subies par les différentes gazes {voy. p. 277).
Il résulte de ces expériences que la déperdition d'acide phonique, très-rapide à l'air libre, n'est que peu entravée par l'enveloppement dans un papier parcheminé. 11 faut pour ce dernier effet, ou bien que les paquets n'aient pas été hermétiquement clos, ou bien que le papier se laisse traverser par l'acide phénique. La première condition est malheureusement réalisée dans la pratique aussitôt après l'ouverture du paquet, et la gaze ne tarde pas à perdre son odeur et ses propriétés ; mais nous ne comprenons pas qu'il en puisse être ainsi, si le pa(iuet reste fermé. Comme l'a montré Weber, si la fermeture est hermétique, la perte est presque impossible.
Des expériences faites sur des pansements à huit couches de gaze ont donné les moyennes suivantes dans les proportions d'acide phénique conservé:
TEMPS DE r.ECIlEKCHE.
GAZE niciiNÉE.
GAZE
GLÏCÉKINÉE.
GAZE
STÉARIKÉE.
APBÈS LA PRÉPAnATION.
2 jours après le pansement. ,
7 jours —
Ici, l'expérience est en faveur de la gaze stéarinée, mais elle aboutit au même résultat, la déperdition rapide de l'agent antiseptique. Rejetant la gaze de Bruns en raison de la conservation difficile et de la formation rapide d'acides gras, la gaze glycérinée qui se laisse trop facilement traverser par la peau, Miinnich conseille la gaze stéarinée rendue plus malléable par l'addition d'un peu de glycérine. 11 donne la formule suivante : Pour 1 kilogramme de gaze, 400 grammes de colopbane, 80 grammes de glycérine, 60 grammes de stéarine, 100 grammes d'acide phénique, et 1200 grammes ou 1 1/2 htre d'alcool.
Veut-on rendre l'étoffe plus antiseptique, on y ajoute 100 grammes d'acide borique. La gaze de Bruns doit être enfermée dans des boîtes de métal soudées, ce qui augmente son prix. Aussi se vend-elle à un prix plus élevé que ne l'indique Dotter.
Cette gaze ou tarlatane de Bruns a pour qualité principale la facilité de sa préparation extemporanée, ce qui met à l'abri des déperditions trop grandes du principe actif. Or la gaze de Lister ne peut se fabriquer ainsi. Le formule du chirurgien de Tubingen est : pour 1 kilogramme de gaze brute ou dégraissée 400 grammes de colopbane finement pulvérisée sont introduits dans un vase contenant 2 litres d'alcool ; en agitant continuellement, la dissolution est complète en quinze à vingt minutes. On ajoute alors 100 grammes d'acide phénique et 80 grammes d'huile de ricin, et on continue l'agitation pour que le mélange soit uniforme. Cette dernière substance peut être remplacée par 100 grammes de glycérine, ou par 100 grammes de stéarine fondue à 15 degrés Réaumur. La gaze
est alors trempée dans la mixture et deux à trois torsions répandent également la matière d'imprégnation. Deux à trois minutes suffisent largement. Immédiatement on étend l'étoffe pour la faire sécher, et on l'y laisse le moins de temps possible, juste ce qu'il est nécessaire pour que la plus grande partie de l'alcool soit évaporée, c'est-à-dire, cinq minutes en été et à l'air libre, dix à quinze minutes en hiver dans un local modérément chauffé. Cette gaze doit être conservée dans des boîtes de fer-blanc, pour éviter les pertes d'acide phénique.
D'après Kopff, cette déperdition est plus considérable que pour la gaze de Lister, mais, comme la gaze de Bruns est plus chargée, elle contient encore le second jour après sa préparation 5,62 pour 100 d'acide phénique, alors que la gaze de Lister n'en renferme plus que 2,61 pour 100 et celle du commerce parfois à peine plus de 0,50. Au reste, le mode d'emballage influe beaucoup sur la diminution progressive de l'agent antiseplique.
Pour la facilité du transport, Bruns a donné au mélange d'imprégnation la forme concentrée d'un extrait friable, facilement soluble dans l'alcool. A 400 grammes de colophane très-finement pulvérisée on ajoute 100 grammes d'alcool et 50 grammes d'huile de ricin, ou 100 grammes de stéarine fraîche. On agite jusqu'à ce que le mélange prenne la consistance d'un extrait grumeleux, et on l'enferme immédiatement dans un vase de verre opaque et bien clos. Ce mélange dissous dans 2 lilres d'alcool par une agitation suffisante suffit pour humecter 1 kilogramme de gaze. Bruns conseille d'en pourvoir les détachements sanitaires et les lazarets, en y joignant, pour les premiers besoins, des paquets de gaze préparée d'avance, comprimée, enfermée dans une enveloppe imperméable.
A cette préparation le chirurgien de Tubingen attribue les avantages suivants : i" sûreté antiseptique aussi grande que la gaze de Lister, dont elle ne modifie en rien la technique de pansement ; 2" mollesse et flexibilité plus grandes, absence d'érythèmes, préparation simple, rapide et facile pour toutes les mains ; 3° prix de moitié moins élevé que la gaze de Lister du commerce; 4° volume moins considérable que la jute phéniquée ; 5" possibilité après lavage de la faire servir de nouveau jusqu'à quatre fois. Bruns avoue cependant qu'en campagne mieux vaut la détruire.
Flach(1878) considère la gaze de Bruns comme le seul traitement antiseptique pratique en temps de guerre* et conseille l'emploi suivant. Sur la plaie soigneusement préparée, on applique un morceau de papier caoutchouc troué, un morceau de gaze froissée, puis de la gaze en huit couches dépassant largementla blessure. Sous la couche extérieure on glisse une feuille de caoutchouc laminé, et l'on fixe avec des bandes de gaze phéniquée. En somme, même pansement que Lister, sauf le spray inapplicable dans les ambulances. La conclusion de Dotter (1879) est également favorable à la gaze de Bruns, bien supérieure à la jute carbolique de Mùnnich, pour la chirurgie de guerre,
Poehl traite la gaze par une solution de soude ou de potasse, pour enlever la graisse et les chlorures. Pour l'imprégner d'acide phénique, il l'enferme dans une marmite de Papin où est pulvérisée une solution d'acide phénique pur dans l'alcool, 1 00. grammes pour 1 mètre carré de mousseline. Placée dans un treillis à 120 — 150 degrés, elle est ensuite refroidie. Cette étoffe conserve longtemps son acide et presque sans déperdition.
E. Bœckel se sert de mousseline ou de tarlatane écrue, macérée pendant huit jours dans une solution phéniquée à 5 pour 100; mais son pansement diffère trop du Lister pour être décrit ici.
Prolective. Le prix élevé du protective l'a fait remplacer par des lanières de baudruche (Pozzi) ; un papier paraffiné (Rapp), liuiié, parcheminé par imbibition dans l'acide sulfurique ; du taffetas gommé (E. Bœckcl) ; de la gulta-percha laminée (Mlinnich).
Mackintosh. Si ces divers tissus ne possèdent pas les propriétés à la fois isolantes et antiseptiques de la soie dextrinée, ils peuvent, sans grand inconvénient, être substitués au mackintosh pour s'opposer à l'issue directe des sécrétions de la plaie. Leur bon marché plaide en faveur de leur emploi.
Soie phéniquée. Elle n'est pas toujours antiseptique : pour la rendre telle, BillrotU la fait cuire pendant une demi-heure à une heure dans la solution forte (5 pour 100), puis la conserve dans une solution de thymol.
Éponges. Les expériences de Friscli (1879) montrent clairement que les procédés ordinaires ne suffisent pas pour purifier les éponges sales, elles sont trèsdifficiles à nettoyer et 8 jours dans la solution phéniquée forte, la cuisson pendant 2 heures dans le même liquide, n'empêchent pas le développement de bactéries dans les liquides de culture. Pour obtenir sûrement ce résultat, il faut que la cuisson dure de 5 à 4 heures, et que la température soit d'environ 140 degrés. Les mêmes précautions ne sont pas nécessaires pour les éponges neuves, mais elles doivent être pendant 8 jours alternativement plongées dans l'eau chaude et dans la solution forte. A la clinique de Billroth, les éponges déjà employées sont désinfectées avec de l'eau' chaude et une solution de permanganate de potasse à i pour 500 pendant 5 heures. Blanchies par l'hyposulfite de sonde, lavées dans une solution de sel marin, elles sont enfin plongées dans l'eau phéniquée à 5 pour 100, et y restent jusqu'à leur emploi.
Jute phéniquée. Ouate, éloupe phéniquées. Le prix très-élevé de la gaze de Lister a conduit les chirurgiens à la remplacer par une substance moins coûteuse, jouissant à la fois, cependant, de ses propriétés antiseptiques et de sa facilité d'application. Le coton hydrophile de Touraine est d'un bon emploi, mais revient aussi cher que la gaze, il doit être réservé pour les pansements humides.
En Allemagne, la jute préparée a joui d'une grande vogue, en raison de la modicité de son prix. D'après Mùnnich, le pansement sec à la jute est bien supérieur au pansement humide, qui nécessite le séjour au lit, des arrosages fréquents avec la solution phéniquée, et amène rapidement la macération de la peau et des éruptions pénibles, en même temps qu'il expose à des accidents toxiques. En campagne, il n'est pas toujours possible de se procurer de l'eau. Mieux vaut se servir de jute sèche, préparée, et l'acide phénique est ici le meilleur antiseptique, car la jute salicylique est d'une préparation plus dilticile, plus coûteuse et d'une action trop peu régulière.
Pour imprégner la jute, on se sert du mélange suivant:
Acifte phénique SO
Colophane 200
Glycérine 250
Alcool .'.*..'.'....' 5o0
En remplaçant 50 de glycérine par 50 de stéarine, l'antiseptique est mieux fixé. Préparée, séchée, puis comprimée pour le transi)ort, cette préparation contient 8 pour 100 d'acide phénique, et le perd très-lentement. Enveloppée dans du papier imperméable, elle contient encore après une année 4 pour 100
de l'antiseptique. Son prix de revient est à peine le tiers de celui de la gaze de Lister, et la moitié de la jute salicylique.
Pour la chirurgie d'armée, la jute de Mûnnich est, en Allemagne, diversement appréciée. Laire eu foit un grand éloge pour sa préparation rapide (vingt-quatre heures environ), facile, ses qualités antiseptiques sûres, sa mollesse et son prix peu élevé, moitié de celui de la gaze de Bruns. Par sa flexibilité elle est applicable dans toutes les régions, par sa perméabilité elle peut servir comme éponge ; par sa facile division elle fournit des tampons antiseptiques en cas d'hémorrliagic. « En résumé, dil-il, elle résout de la manière la moins chère, la plus commode et la plus sûre, le problème de l'antisepsie en cas de guerre. t> Bien moins favorable est l'appréciation de Dolter. Entre la jute de Mûnnich et la gaze de Biuns, toutes ses préférences sont pour cette dernière. La jute est, il est vrai, moins coûteuse, mais il en faut employer, pour le même pansement, une quantité plus considérable. De plus, et c'est là un grand inconvénient, la préparation de la jute est toujours bien plus lente, elle n'exige pas moins de douze heures. Si l'on tient compte de son volume, de la difficulté de son transport, de son excessive perméabilité par les liquides sécrétés, on arrive à cette conclusion que, pour la chirurgie de guerre, elle est inférieure à la gaze antiseptique. Nous verrous plus loin ce qu'il faut penser de ce jugement du chirurgien militaire allemand.
Au reste, Mûnnich, dans un travail plus récent (1880), a repris l'étude de celte importante question. Pour les pansements antiseptiques en campagne, les conditions nécessaires sont : 1" l'emploi d'étoffes brutes ou de matières premières; 2" une puissance antiseptique suffisante et durant le plus possible; 5° un prix peu élevé; i" une préparation i'acile et rapide. L'ouate simple ou préparée est trop chère pour un usage général ; la jute, moins coûteuse, ne convient que si elle est rendue antiseptique et employée à l'état sec. Pour en rendre l'emploi plus aisé, Mûnnich a diminué la quantité de stéarine et d'alcool qui servent à sa préparation, de telle sorte qu'un demi-litre du mélange suffit pour imprégner une livre de jute. En été deux à trois heures, en hiver douze à vingtquatre heures, suffisent pour la dessécher et reudie son empaquetage possible, même en supprimant l'huile de ricin qui la rend très-gluante.
Il n'est donc pas juste de luiobjeder la lenteur de la préparation et la nécessité d'un personnel considérable. H n'est pas mieux prouvé que ce personnel soit exposé à des intoxications. L'effilaL;e de la jute amène des fourmillements des doigts, mais pour les éviter on peut employer un liquide plus faible: 100 de colophane et 100 d'acide carboliquc pour 1200 d'alcool. Le prix de revient est alors de 1 fr. 55 la livre, au lieu de 1 fr. 07, mais le liquide d'imprégnation est moins cher. C'est par immersion et non par aspersion que la jute phéniquéefixe doit être préparée. Elle contient 8 pour 100 d'acide phénique et, simplement enveloppée dans un papier parcheminé, elle ne perd que 2 pour 100 après trois mois, et 4,5 pour 100 au bout de six mois.
A l'aide d'huile ou de vaseline phéniquées, on l'empêche d'adhérer aux tissus, et par l'épaisseur des couches superposées on remédie à sa facilité d'imbibition. Dans les cliniques de Leipzig et de Kœnigsberg, dans les hôpitaux militaires autrichiens, dans les ambulances, elle a donné d'aussi bons résultats que le Lister pur, par la sûreté et la durée de son pouvoir antiseptique.
A côté de cette jute fixe de Mûnnich se place la jule earboiique simple, préparée avec une solution de 50 grammes d'acide phénique dans 550 à 650 grammes
d'alcool pour une livre de jute. Après immersion, la jute est cardée, e'teudue sur une table; elle est assez sèche au bout d'une demi-heure à deux heures pour être employée et contient environ 8,5 pour 100 d'acide phénique. Les déperditions qu'elle subit réduisent la quantité de l'agent antiseptique aux proportions indiquées dans le tableau ci-dessous.
TEMrS
DE COSSEnVATION.