PANTHÈRE
commun il est difficile à apercevoir, à cause de son naturel farouche et de ses habitudes nocturnes. Loin d'attaquer l'homme, il met tous ses soins à l'éviter, mais il fait volontiers sa proie des Chèvres et des Chiens, des Moutons et autres animaux domestiques, ainsi que des Moulions qui vivent au milieu des neiges de la région tibétaine.
Le Jaguar {Felis onca), dont le nom latin a l'inconvénient de ressembler un peu à celui de l'espèce précédente, habile une tout autre partie du Monde : il se trouve en Amérique depuis le Texas et la Louisiane jusqu'au nord de la Patagonie. Un peu plus grand que la Panthère, il ressemble à celle-ci par les teintes et le dessin général de son pelage ; mais les taches de sa fourrure sont constamment plus grandes et plus régulièrement groupées en des séries d'anneaux qui renferment d'ordinaire chacun une ou deux taches noires dans leur intérieur. La grosseur, le nombre et la forme de ces taches, ainsi que la teinte fondamentale du pelage, sont du reste sujettes à d'assez nombreuses variations, et les Jaguars des régions méridionales passent pour plus foncés que les autres. De tous les Félidés américains, sans en excepter le Puma {voy. ce mot), le Jaguar est certainement le plus grand et le plus fort et, quoiqu'il ne soit plus actuellement aussi commun qu'au moment de la conquête espagnole, époque à la((uelle on en tuait jusqu'à 2000 par an dans la région conquise entre Santa-Fé et Montevideo, il est encore très-redouté des habitants de ces contrées, auxquels il enlève des Bœufs, des Chevaux et des Chiens. Parfois même il ne craint pas de s'attaquer à l'homme; mais sa nourriture habituelle consiste en Tortues, en Capybaras, en Tapirs et en divers animaux sauvages qu'il surprend au moment où ils viennent se désaltérer. D'ordinaire il se lient caché dans les fourrés épais, au bord des rivières, et quand il aperçoit une proie il bondit sur elle, et la terrasse d'un seul coup de sa patte puissante. S'il est surpris au moment ot'i il va se repaître du corps de sa victime, il prend la fuite en emportant le cadavre et franchit au besoin un cours d'eau pour gagner une retraite sûre au fond des bois. Son cri rauque et profond se fait entendre surtout au milieu de la nuit, surtout pendant la saison des amours; c'est plutôt une sorte de hurlement qu'un rugissement.
La femelle met bas chaque année deux ou trois petits qui ressemblent en général à leurs parents, mais qui ont le pelage plus long et plus rude. Les jeunes ont au bout d'une quinzaine de jours la taille d'un Chat domestique et bientôt après ils peuvent accompagner leur mère qui ne craint pas de s'exposer au danger pour les protéger.
L'Ocelot {Felis pardalis L.) habite la majeure partie du continent américain et s'avance au nord jusqu'à l'Arkausas, au sud jusqu'au Paraguay ou même jusqu'en Patagonie. De taille plus faible que le Jaguar, il n'a d'ordinaire pas plus de 80 centimètres du museau à la racine de la queue dont la loiigueui' varie entre 20 et 40 centimètres. Son pelage, d'un jaune fauve ou d'un gris rougeâtre, est fort agréablement marqué d'anneaux de forme ovale et de couleur noire qui encadrent chacun une tache fauve plus foncée que la teinte du fond et qui se juxtaposent de manière à former des chaînes obliquas sur les flancs. Sur la tête et sur les membres ces anneaux sont remplacés par de petites taches et par des stries, et sur la queue se dessinent des cercles noirs incomplets.
Au dire des voyageurs, les Ocelots vivent par couples dans les forêts et les marécages et font une guerre acharnée aux oiseaux sauvages et domestiques ainsi qu'aux Gabiais, aux Agoutis et autres Rongeurs si répandus dans l'Amérique du Sud; mais ils n'osent jamais s'attaquer à l'homme et prennent même
401 PANTHOT.
la fuite à son approche. Les jeunes s'apprivoisent assez bien, mais sont toujours dangereux pour les volailles.
A côté de l'Ocelot se placent deux autres Félins, le Margay {Felis tigrina) et le Cliati [Felis mitis F. Cuv.), que l'on considère maintenant comme deux races d'une même espèce occupant toute la vaste étendue de pays comprise entre le Mexique et le Paraguay ; mais ce ne sont pas, avec le Jaguar, l'Ocelot et le Puma, les seuls représentants de la famille des Chats qui vivent sur le continent américain. De même dans l'Ancien Monde il y aurait à énumérer, à côté du Lion, du Tigre, du Chat sauvage et des Guépards, une foule de carnassiers différant les uns des autres par les proportions des diverses parties du corps, la forme du crâne, la préssnce ou l'absence d'une prémolaire, la longueur des canines, la disposition du cadre de l'orbite, les dimensions de la queue et le dessin du pelage. Mais nous pouvons d'autant mieux nous dispenser de passer en revue celte nombreuse série de Félidés qu'un grand nombre d'entre eux se trouvent déjà décrits ou mentionnés dans d'autres parties du Dictionnaire (voij. les mots Chat, Guépard, Puma et Tigre). E. Oustalet.
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PARJTHOT (Jean-Baptiste). Était le fils d'un chirurgien distingué de Lyon, où il naquit vers 1640.11 fit ses études à Montpellier et une fois reçu docteur vint exercer la médecine dans sa ville natale. On apprend par l'un de ses ouvrages qu'à l'âge de soixante-trois ans il se fit opérer de la pierre, trois fois dans l'espace de six mois, par un de ses frères qui employa le grand appareil. 11 mourut en 1707.
Panthot a publié des lettres et des observations sur divers sujets de médecine, de physique et d'histoire naturelle, dans le Journal des savants, et en outre les ouvrages suivants :
I. Traité des dragons et des escarboucles. Lyon, 1691, in-12. — II. Traité de la baguette. Lyon, 1693, in-4'> et in-12. — III. Réflexions sur l'état présent des maladies qui régnent dans la ville de Lyon, dans le royaume et en diverses parties de l'Europe, depuis la fin de iQ9'5 jusqu'à présent. Lyon, 1695, in-12. — IV. Dissertation sur l'usage des bains chauds, jjrincipalement sur ceux d'Aix en Savoie, et sur l'effet du mercure dans la guérison de la vérole. Lyon, 1700, in-4°. — V. Dissertation instructive et très-curieuse sur la pratique des trois opérations de lapie7-re, faites en six mois de temps. Lyon, 1702, in-4''. L. Hn.
PANTIGOSA (Eaux minérales de). 405
PAIXTICOSA (Eaux minérales de). Mésothermales ou hypothermales, sulfatées ou sulfurées sadiques moyennes ou faibles, azotées fortes ou carboniques faibles. En Espagne, à rextrémité la plus septentrionale de la province d'Aragon, dans la vallée de la Tena, la station de Panlicosa est la plus rapproche'e de la France; elle n'est, en effet, qu'à 52 kilomètres de Cautercts et à 48 des Eaux-Chaudes. Les sources émergent dans un entonnoir qui donne un accès facile aux vents du nord, du nord-ouest et du sud-est : il est, par conséquent, exposé à foutes les rigueurs d'un climat froid. La température moyenne des mois de la saison thermale qui commence le 15 juin et finit le 50 octobre est de 15 degrés centigrade environ. Voici le tableau de la température des trois mois d'été à Panticosa : juin, six heures du matin, 5 degrés centigrade H- 0; midi, 15 degrés centigrade; neuf heures du soir, 6", 25 centigrade; juillet 12°, 2, 20 degrés, 11°, 5 centigrade; août 11", 5, 20», 1, 12", 5 centigrade (Bordeaux, Pau, Oloron et Jaca, ou Tarbes et Gauterets quand on veut aller à pied par la montagne).
C'est dans le cirque formant la seule issue des bains de Panticosa au midi que l'on admire la fameuse cascade qui tombe de la cime de l'un des rochers les plus élevés de la chaîne des Pyrénées, et forme un lac, aux eaux bleues, avant de donner naissance au torrent le Caideres dont on ne cesse de côloycr les rives lorsqu'on monte de Biesca à l'établissement. Les malades qui se rendent à Panticosa pour se guérir d'affections des voies aériennes doivent être prévenus qu'à ce poste, entouré de liantes montagnes, toujours couvertes de neige pendant au moins huit mois de l'année, ils ne peuvent trop se précautionner de vêtements chauds et épais, s'ils veulent se soustraire au froid et à l'humidité du commencement et du déclin des jours. Ils doivent savoir aussi que des vêtements légers sont nécessaires pour supporter les rayons du soleil aux heures où la chaleur devient intolérable. Quatre sources émergent à Panticosa : Fuenle del Hîgado (source du foie), appelée quelquefois T empiète de la Salud (temple de la santé), Fuente de los Herpès (source des dartres), nommée encore Fuente de Buena Fis ta (source de Bellcvue), Fuente del Estômaçjo (source de l'estomac), Fuente PiLr gante (source puigative).
1» Fuente del Higado. Templete de la Salud. Elle sort du rocher auquel est adossé le pavillon de la buvette. Deux tuyaux de plomb partant de son griffon conduisent cette eau, l'un au pavillon de la buvette et l'autre à la pièce où on la met en bouteilles. C'est dans cette pièce que les habitants viennent puiser l'eau destinée aux malades de la commune. Le pavillon octogonal de la buvette est dallé de marbre blanc et de marbre bleu, et on y accède par une seule ouverture. Il a 7 raè/res de diamètre et 6 mètres de hauteur; un tuyau de cuivre scellé dans une plaque de marbre bleu laisse constamment couler cette eau dans une cuvette semi-lunaire de marbre blanc. Cette eau est claire, transparente et limpide, elle n'a aucune odeur ni aucune saveur. Des bulles de gaz extrêmement fines forment sur les parois des verres des perles qui mettent quarante-huit secondes à monter à la surface de l'eau. Elle n'altère pas la couleur du papier ou de la teinture de tournesol, mais elle ne les ramène pas à cette couleur quand ils ont été en contact avec un acide. La température de cette eau est, au griffon, de 28°, 1 centigrade, celle de l'air extérieur étant del 6°, 1 centigrade. L'eau du foie n'a plus que 27°, 2 centigrade lorsqu'elle est arrivée au tuyau de la buvette. Cette source a un débit par minute de 7'", 85; son eau a une densité de 1002. Nous en donnons l'analyse chimique au tableau synoptique des autres sources de Panticosa.
406 PANTICOSA (Eaux minérales de).
2° Fuente de los Herpès. Son griffon est à 70 mètres de celui de la source précédente; il sort du granit, il se déverse dans un tuyau de plomb à deux division? : l'une conduit l'eau à une chaudière où elle est chauffée et l'autre à la buvette. Sa température est de 29°I centigrade, l'air ambiant étant à 18%4 centigrade. L'antichambre de la Casa de Buena Yista sert de buvette à cette source. Un robinet de cuivre laisse couler l'eau de la Fuente de los Hérpes qui est claire, limpide et transparente, sans saveur et sans odeur marquées. Elle est alcaline, car elle ramène promptement au bleu les préparations de tournesol préalablement rougies. Cette eau est gazeuse, mais les bulbes qui s'en échappent, aussi trèsfines, sont moins nombreuses qu'à la source du foie; elles ne mettent que trente-sept secondes pour monter à la surface du verre. Cette eau n'a plus que 28°, 5 centigrade sous le robinet de la buvette. Le débit de cette source est de 17 litres par minute; la densité de cette eau est de 1003; son analyse chimique est au tableau des quatre sources.
30 Fuente del Estômago. Une rampe de 500 mètres monte à cette source, et cette difficulté d'accès a forcé de faire bâtir à mi-côte un pavillon où les buveurs et les baigneurs peuvent arriver avec moins de fatigue. Le point d'émergence de cette source est derrière le pavillon de la buvette et des bains. Elle émerge du granit et elle se rend dans un captage dont un des coins est descellé. C'est par cet interstice que nous prenons sa température, qui est de 50°,! centigrade, l'air extérieur étant à 10", 4 centigrade. Des bulles de gaz assez grosses viennent s'épanouira la surface de l'eau où elles produisent une détonation dont le bruit se fait entendre à plus de 4 mètres de distance. De la glairine filiforme ou en cylindres très-fins se trouve surtout à l'endroit où l'eau s'échappe de dessous la pierre et se rend au dehors, une couche de cette glairine, douce au toucher, savonneuse, en aiguilles nacrées de 10 à 12 centimètres de longueur, recouvre tout le lit du ruisseau, qui conduit hors du pavillon cette partie non utilisée de l'eau de la source. Le pavillon de la source del Estômago se compose d'une antichambre qui sert de buvette et de six cabinets de bain. A 45 mètres de la fontaine principale, enti-e le troisième et le quatrième cabinet de bain, se trouve le robinet de la buvette fixé dans le mur dont l'eau s'écoule dans un bassin de marbre blanc. Elle est claire, transparente et limpide, sa saveur est assez fortement hépatique, son odeur est beaucoup moins prononcée que son goût. Sa température est de 29", 1 centigrade; sa réaction est très-franchement alcaline, elle fait revenir au bleu les préparations de tournesol, rougies par un acide, plus promptement que les aulres sources de Panticosa. Elle contient des bulles gazeuses plus nombreuses et plus petites que celles des sources du foie et des dartres, ces bulles mettent 65 secondes pour monter à la surface d'un verre. Le débit de la source de l'estomac est de 19''S4670 par minute; sa densité est de 1005. L'analyse chimique de l'eau de l'estomac est au tableau qui suit la description de la Fuente Purgante.
4" Fuente Purgante. Celte source a reçu les noms de Fuente del Ibon, de la Laguna; elle est à 1 kilomètre environ du bâtiment principal, de l'autre côté du torrent qui la sépare des trois sources précédentes, de sorte que le principal établissement de Panticosa se trouve entre la source de l'estomac et la source purgative. Cette dernière source n'est point captée, elle sort directement du granit et il est à peu près impossible aux buveurs de gravir la rampe qui aboutit à cette fontaine. Aussi les préposés à cette source viennent-ils chaque matin apporter les bouteilles pour la consommation de la journée. Cette eau
PANTICOSA (Eaux minérales de). 407
qu'on emploie en boisson seulement est transparente, claire et limpide, inodore, d'une saveur à peine marque'e, d'une température de 25», 9 centigrade à son point d'émergence, l'air exte'rieur étant à 21 degrés centigrade. Celte eau n'a aucune influence sur les préparations de tournesol. Elle laisse dégager du gaz dont les bulles sont plus grosses et mettcut plus de temps à monter à la surface du verre que celle des autres sources de Panticosa. Le débit de cette source est de 10'",034o par minute et sa densité est de 1,004.
L'analyse chimique des quatre sources de Panticosa a été faite par le docteur Herrera y Ruiz, qui a trouvé dans iOOO grammes d'eau les principes suivants :
FUENTE FUENTE FUENTE FUEME DEL lliGADO. DE LOS HERPES DEL ESIOMAGO. PURGANTE.
Sulfure de sodium « „ 0,04ô5 «
— calcium , » 0,0630 »
Sulfate de soude 1,6531 1,S504 1,2241 1,2014
Clilorure de sodium 0,d510 0,33aO 0,0018 0,5153
— magnésium. . . . 0,0105 0,0155 » » Carbonate de chaux 0,0102 0,0400 » 0,0263
— soude » » » »
Sous-carbonate de fer » » 0,9730 0,0409
Silice 0,0420 0,0585 0,0410 0,4958
Substance végéto-animale (glai-
rine) » » 0,6110 »
Total des matières fixes. . . 2,2668 2,1991 2,9571 2,2781
( azote 19c.c. 0,152=:3l6',5 126',6592 » »
Gaz. .! hydrosulfurique. . » » 7,1200 »
[ acide carbonique, » » » 0,0095
ISoîis nous empressons de faire remarquer que ces re'sultats ont été obtenus par le docteur Herrera opérant sur 60 livres espagnoles équivalant à 27 kilogrammes 600 GRAMMES d'eau minérale.
Établissements. On trouve à la Casa de Buena Vista une pièce d'entrée oii est établie la buvette de la Fuente de los Hérpcs. La maison de bains se compose de huit baignoires dans huit cabinets trop petits, dépourvus de vestiaires; ils sont mal éclairés et mal ventilés; ils n'ont aucun ajutage de douches. Le pavillon de la Fuente del Estomago comprend une première pièce qui sert de buvette et six cabinets de bains qui ont chacun deux baignoires, une de bois et l'autre de cuivre ; les baignoires de cuivre et chacun des cabinets n'ont pas une capacité suffisante.
Le salon de Ynalacion (salle d'inhalation) complète l'installation balnéaire de Panticosa. C'est une pièce circulaire au milieu de laquelle se trouve un bassin de marbre blanc. Une sphère, aussi de marbre blanc, s'élève de 10 centimètres au-dessus de la surface de l'eau et contient à son centre un tube de cuivre terminé à son extrémité libre par une pomme d'arrosoir qui projette l'eau à une hauteur de 75 centimètres. Au moment de ma visite, l'air extérieur étant à 18°, 4 centigrade, la température de la salle d'inhalation où six malades peuvent trouver place à la fois est de 21°, 2 centigrade, celle de Feau du bassin de 20 degrés centigrade et celle de l'eau qui sort de l'arrosoir de 24", 2 centigrade.
Mode d'administration et doses. L'usage de l'eau des sources de Panticosa en boisson remonte à trente ans, et c'est le docteur Herrera qui l'a utilisée le premier. C'est lui qui, le premier aussi, a conseillé les inhalations et les aspirations des gaz et des vapeurs qui s'en dégagent. Les eaux de Pimticosa se prennent le matin à jeun et quelquefois avant le dîner, à la dose d'un demi-verre à six verres par jour. On doit mettre une demi-heure entre chaque ingestion et
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en augmenter progressivement la quantité jusqu'à ce que les buveurs soient arrivés au degré qui convient à leurs voies digestives et à leur affection. Il vaut mieux se servir aux repas de l'eau des sources sulfatées que de l'eau du torrent, qui donne des coliques et des dérangements de corps. La durée des bains varie d'une demi-heure à une heure et ils sont administrés soit arlilîciellement chauffés, soit à la température de l'eau des sources. Les séances à la salle d'inhalation sont d'une demi-heure. On a tort d'exiger cette régularité réglementaire. Les affections morbides se trouvent mal, en effet, de prescriptions qui ne varient jamais. Pour être efficaces, au contraire, elles doivent laisser au médecin, autant que l'exige la discipline d'un grand établissement, une spontanéité dont dépend souvent la bonne réussite du traitement thermal.
Emploi thérapeutique. A. 11 est rare à Panticosa que les malades boivent sans se baigner. Il est donc difficile d'isoler les phénomènes produits par l'usnge intérieur et par l'emploi extérieur de l'eau des sources. Cependant leurs effets ont été assez souvent observés pour qu'il soit aisé de préciser l'action physiologique des eaux de Panlicosa à l'intérieur, en bains généraux et en inhalation. L'action physiologique de l'eau de la source du Foie est très-peu sensible dans les premiers jours de son usage en boisson; il arrive même assez souvent que les buveurs achèvent leur cure sans observer de phénomènes capables d'attirer leur attention. Quelquefois cependant elle occasionne de la tension stomacale et des pesanteurs au creux épigastrique. Cette eau est très-notablement diurétique, et pourtant elle ne fait éprouver aucune sensation particulière, ni dans la région lombaire ni dans aucun des points des voies uro-poétiques; elle rend l'urine alcaline pendant les deux [)remières heures de son ingestion. Elle détermine souvent des sueurs abondantes, mais son effet le plus constant est d'amener la constipation. Lorsqu'on la boit depuis sept à huit jours, il se manifeste un alanguissement général, peu de disposition à l'exercice, au travail, et un genre de faiblesse passager dans lequel les buveurs semblent se complaire. Les effets physiologico-pathologiques de l'eau de cette source en boisson sont de diminuer l'irritation, la vitalité même des différents organes, mais surtout de ceux des voies respiratoires. Elle apaise la toux, facilite l'expectoration, améliore les crachats et augmente notablement les forces. On se souvient que l'eau de la Fuente de l'Higado n'alimente aucune baignoire. Nous rappelons brièvement que l'action physiologique principalement produite sur les malades qui fréquentent la salle d'inhalation de Panticosa, où aboutissent les tuyaux partant du captage de la source du Foie, consiste dans certaines modifications du pouls et des mouvements respiratoires qui sont indiqués à la page 159 du troisième volume des principales eaux minérales de VEurope et sur lesquels nous croyons inutile d'insister.
L'action physiologique la mieux marquée de l'eau de la Fuente de los Ilérpes à l'intérieur se montre sur les reins et sur la peau. L'urine et les sueurs sont plus abondantes et leur qualité n'est plus la même. Ainsi, ces deux liquides deviennent constamment alcalins. L'effet physiologique des bains pris à Buena Vista avec l'eau de la source des Dartres est de diminuer les mouvements du cœur, les pulsations artérielles et le nombre des respirations. Après un séjour même peu prolongé dans cette eau, la peau devient plus souple et plus douce.
L'eau de la source de l'Estomac en boisson est légèrement excitante du système nerveux, ce qu'elle doit à la présence des sulfures qui la minéralisent. Elle augmente l'appétit et elle rend plus active la sécrétion des liquides hépatique,
PANTICOSA (Eaux minérales de). 409
pancréatique et intestinal. Les bains hypothermaux avec cette eau à «a température native (29 degrés centigrade) sont moins actifs, ce qu'expliquent la température et la sulfuration peu élevées de ces bains. Ils lubrifient la peau et augmentent notablement les fonctions des capillaires : si l'on prolonge leur emploi ou leur durée, ils déterminent assez promptement la saturation minérale, l;i poussée même.
L'eau de la Fuente Purgante n'a de purgatif que son nom: aussi ne produitelle en boisson qu'un effet diurétique assez peu prononcé. Elle ranime l'appétit, elle facilite la digestion, elle donne des forces et précipite les battements du cœur; elle agit comme tonique et reconstituante.
Ce sont les vertus de la Fuente del Iligado qui ont attiré l'attention sur les eaux de Panticosa. Les propriétés thérapeutiques de l'eau de cette source sont-elles dues à l'altitude si considérable de la station? tiennent-elles aux principes minéraux que renferment les eaux, ou à la proportion notable du gaz azote qu'elles laissent dégager? Leur analyse chimique démontre qu'elles dissolvent une trèspetite quantité de principes lixes; si leurs matériaux solides ne peuvent avoir une grande influence sur l'économie, il est probable que le gaz azote est la principale cause des résultats obtenus par l'usage des eaux de Panticosa et spécialement par celles de la source del Iligado. Quanta l'altitude de Panticosa, elle ne peut être indifférente, mais il n'est pas démontré qu'elle ait une influence de premier ordre.
B. Les effets curatifs de l'eau de la Fuente del Iligado en boisson et en inhalations sont marqués dans la phthisie commençante lorsque surtout les tubercules sont peu nombreux et circonscrits, qu'ils existent sur des sujets jeunes, d'un tempérament lymphatique ou nerveux, d'une constitution impressionnable et délicate, d'une peau fine et d'un aspect agréable (Ilerrcra, Memoria acercade las aguas y bânos minérales de Panticosa, page 80). Ces eaux donnent aussi de bons résultats dans les irritations hémorrhagiques des membranes muqueuses, dans l'hémoptysie, dans l'hématémèse, dans la métrorrhagie, dans la dysménorrhée, dans la phthisie tuberculeuse du larynx et du poumon, lorsqu'il n'y a pas encore destruction de tissu, dans la pleurésie et la pneumonie chroniques, dans le catarrhe des voies aériennes, dans l'asthme essentiel, dans l'irritation ou la névralgie stomacales et intestinales, dans le pyrosis, la gastrodynie, la cardialgie, dans les affections clironiques du foie, de la rate, des reins, dans l'hystéricisme et la stérilité (Herrera).
Les effets thérapeutiques de la source de los Herpès en boisson et en bains sont appréciés surtout dans les maladies de la peau caractérisées par des vésicules, des pustules ou des papules accompagnées ou non accompagnées d'une inflammation vive, de picotements, de douleur ou de chaleur intenses (eczéma, herpès, gale, eclhyma, acné, porrigo [même favosa] et prurigo). L'eau de la Fuente de los Hérpes réussit bien aussi dans les affections chroniques de la matrice ou de la vessie, dans les maladies nerveuses telles que l'hystérie, les coliques nerveuses, le pyrosis, les crampes d'estomac, la gastrodynie; dans les phlegmasies du foie ou des reins; dans quelques rhumatismes musculaires ou fibreux d'ancienne date; dans les paralysies accompagnées de contractures douloureuses, mais il faut que le médecin surveille attentivement le malade, afin que l'eau de la source des Dartres n'outre-passe pas l'effet qu'il en attend; dans les leucorrhées ou les aménorrhées dépendantes d'une irritabilité morbide de l'appareil génital.
Les eaux de la Fuente del Estômago sont employées dans les dermatoses qui
410 PA.NTICOSA (Eaux minérales de).
ont perdu leur caractère d'acuité, et elles conviennent dans les cas où seraient impuissantes celles de laFuente de los llérpes. Elles conviennent surtout dans les exanthèmes provenant d'une diathèse scrofuleuse; dans les aménorrhées ou les dyspepsies qui accompagnent l'atonie utérine ou stomacale des strunieux ou des chlorotiques. Celte eau est utile aussi dans les catarrhes, quel que soit leur siège, lorsqu'ils existent chez des vieillards ou des individus à fibre molle; dans l'asthme humide ou les oppressions nerveuses ; dans toutes les affections consécutives à la répercussion d'un exanthème. Elle rend de grands services encore dans les contractures, les douleurs articulaires ou musculaires, les névralgies chroniques, les paralysies arrivées après un coup, une chute, une maladie longue d'un des points de l'appareil locomoteur; dans les atrophies musculaires locales ; dans les engorgements périarliculaires; dans l'épancheraent de synovie à l'intérieur des capsules; dans les ankyloses incomplètes; dans les ulcères à bords calleux et dans les fistules accompagnant les caries ou les nécroses. C'est dans toutes ces dernières affections qu'il est fâcheux que le médecin soit privé de l'usage des douches.
Enfin tous les confrères qui ont pratiqué à Panticosa ont const:Ué que les eaux de la Fucnte del Esiômago, tant en boisson qu'en bains, ont guéri des fièvres intermittentes invétérées et qu'aucun autre moyen n'était parvenu à arrêter. Dans la syphilis constitutionnelle convenablement traitée par les hydrargyriques, ces eaux empêchent la salivation de se produire. Leur application est très-utile enfin dans les anémies et les cachexies consécutives à l'administration des mercuriaux employés à haute dose et depuis un temps assez long.
Il faut, avant de terminer l'étude des eaux des diverses sources de Panticosa, noter que toutes, à l'exception de la source sulfurée de l'Estomac et de la source Purgative que l'on appellerait plus justement Tonique, ont une action calmante. Cette remarque est d'autant plus importante que les eaux de la Fuente del Higado et de la Fuente de los Hérpes semblent donner de bons résultats dans les phthisies pulmonaire et laryngée. Les médecins qui exercent auprès des sources thermales dont les eaux s'administrent avantageusement dans les affections tuberculeuses savent les précautions qu'il faut prendre pour éviter l'excitation de la circulation sanguine et les liémoptysies. A Panticosa, au contraire, les eaux de la Fuente del Higado principalement conviennent d'autant mieux qu'il existe plus d'afflux de sang vers le tissu du poumon, que l'hémoptysie est imminente ou qu'elle s'est même déjà produite. Est-ce à la présence du gaz azote que sont dues ces vertus singulières et précieuses? Une étude attentive et prolongée pourra seule éclaircir une question qui place, en attendant, l'établissement de Panticosa au premier rang de tous ceux où peuvent être adressés les phthisiques chez lesquels les fonctions du système vasculaire sont aisément activées, chez lesquels les liémoptysies font renoncer trop souvent, et avec juste raison, à la médication thermo-minérale.
Les eaux de Panticosa sont conire-indujuées cependant en général chez les sujets trop facilement irritables, pléthoriques et dis^posés aux héinorrhagies actives.
La durée de la cure est de dix-huit à vingt-cinq jours.
On exporte plus de 50000 flacons contenant un demi-litre de l'eau delà Fuente del Higado qui vont presque tous en Amérique. A. Rotureau,
BiBLioGRAPiiiE. — PiEDRA LA PiEDRA. Excuneii de las aguas termales de Panticosa. Huesca, 1774. — Campo (José). Ensaijos analiticos de las aguas de Panticosa. Jaca, 1790. — Belio (Gregorio). Memoria acerca de las aguas médicinales de Panticosa, 1792. — Siekba (Barto-
PAN us. 411
lomé). Memona acerca de las agitas de Panticosa, 1817. — De la Monja (Antonio). Memoria sobre las propriedades fisicas, quimicas et me'dicas de las aguas de Panticosa, 1830. — Javier de Cabanes (Francii?co) . Memoria acerca del establecimiento de aguas minérales y termales de Panticosa, en el alla Aragon. Madrid, 1832. — Rubio (Pedro Maria). Tratado complclo de las fuenles minérales de Espaha, p. 3i3-352. Madrid, 1853. — Delariioque (Brice). InUnion médicale, nov. \^DZ[fuenle del Higado de Panticosa). — De IIerueba ï Ruiz (José). Memoria acerca de las aguas y Baiios minérales de Panticosa, guarta edicion aumenlada. Madrid, 1861, in-8°, 106 pp. — Lopez (Garcia). Notes manuscrites sur les sources et l'établissement de Panticosa, 180i. A. R.
PANTOUFLE . Nom donné au Muflier {Anthirrhinum majus L . ) . Pl .
PAÎMTOUFLIER DES NÈGRES. Nom donné à VEuphorbia myrtifolia L.
Pl.
PAi\UKOUUMBA. Nom donné à Ceylan à VAzedarach [Melia Azedarach L.).
Pl.
PAl\UM (Les deux).
Pannm (Jens-Severin-Nathanael). Médecin danois, né le 26 mai 1792, à Stege, dans l'île de Moen, fit ses éludes à Copenhague, devint, en 1816, chirurgien de régiment de la milice de l'île de Bornholm, à Rônne, puis, en 1828, d'artillerie du Ilolstein, à Rendsbourg, enfin l'un des directeurs de la maison de santé Christian à Eckernforde, le 31 décembre de la même année. Il mourut là de la fièvre typhoïde, le 20 janvier 1836. Nous connaissons de lui :
I. Bcskrivelse over Bornholm, eller Bornholms Veiviser, etc. Slesvig, 1830, in-S". — II. Beschreibung des k. Christians-Pflegehauses bel Eckernforde. Slesvig, 1833, in-8'>, — m. Divers articles dans les recueils médicaux. L. H\.
Pannm (Peter-Ludwig). Né à Piônne (Bornholm), le 17 décembre 1820, reçu docteur à Copenhague, en 1851, nommé professeur extraordinaire de physiologie à Kiel, en 1854, professeur ordinaire, en 1857, est le fils du précédent. Nous ignorons s'il est mort. Il est l'auteur de travaux remarquables parmi lesquels nous citerons : *
I. De fôrsle Begyndelsesgrunde i Naturlaeren etc. Kjobenhavn, 184.5, in-8°. — II. Om Fibrinen i Abnindelighed og om dens Coagulation i Sardeleshed. Kjôbenh., 1851, in-8* (c'est sa dissert, inaug.). — III. Plnjsiologische Untersuchungen ûber das Sehen mit zwet Augen. Kiel, 1858, in-4''. — IV. Experimente/le Untersuchungen zur Physiologie und Pathologie der Embolie, Transfusion wid Blutmenge. Berlin, 1864, gr. in-S". — Y. Vn grand nombre d'articles relatifs à la chimie et à la physique appliquées à la physiologie et à la médecine, à la physiologie pure, à la pathologie, etc , dans Virchow's Archiv, Grœfe's Archiv f. Ophthalmologie, Ugeskr. f. Làger, Biblioth. f. Lâger, Steenstrup's Dansk Maanedskrift, etc. L. Un.
PAI^US {Panus Fr.). Genre de Ghampignons-Hyménomycètes, de la famille des Agaricinées, dont les représentants sont caractéi'isés par leur réceptacle charnu, coriace, le plus souvent difforme, à lamelles rayonnantes, simples, inégales et libres à la base. Le pédicule est ordinairement court et latéral. Les spores sont blanches.
Ce groupe renferme seulement une dizaine d'espèces, qui se développent en automne sur les vieux troncs d'arbres, notamment des chênes et des bouleaux. L'une des plus répandues, le P. stijpticus Fr., a le réceptacle réniforme, d'un blanc jaunâtre, avec les lames étroites, visqueuses, d'un brun de cannelle. Elle