PALLADIUM
l'oxygène dissous dans le métal liquéfié ne se de'gage qu'au moment où la couche supérieure est figée : aussi le lingot, tout en présentant une surface parfaitement régulière, a un aspect caverneux dans son intérieur.
Le palladium s'oxyde à une température peu élevée, mais son oxyde se réduit lorsqu'on chauffe davantage, d'où la teinte bleue caractéristique qu'il conserve après refroidissement à l'air. 11 se combine directement avec le soufre, le phosphore, l'arsenic, le chlore et l'iode; il dissout des proportions énormes d'hydrogène; ce phénomène, extrêmement curieux, a été étudié en détail à l'article Diffusion, page 345. Cette propriété explique du reste pourquoi le palladium se prête à l'expérience de la lampe sans flaraine de Davy aussi bien que le platine.
Les acides sulfurique et chlorliydrique concentrés l'attaquent faiblement à «haud en prenant une couleur plus ou moins rouge ; l'acide nitrique le dissout aisément en développant une coloration rouge brunâtre. L'eau régale est son dissolvant par excellence. Sa suiface est noircie par la teinture d'iode, qui n'agit pas sur le platine.
Le palladium s'allie à la plupart des métaux; ces alliages ne présentent pas de grande importance en général. H. Deville et Debray ont fait connaître un procédé pouvant servir à préparer plusieurs alhages définis de palladium, celui d'étain en particulier : il consiste à l'ondre le palladium avec 6 fois son poids de métal, puis à épuiser le culot par l'acide chlorhydrique Ainsi l'étain forme, dans ces conditions, le composé Pd-Sn-, cristallisé en écailles brillantes. L'alliage composé de parties égales d'étain et de palladium est plus mou que le fer forgé.
L'alliage obtenu avec 1 partie A' argent et 9 parties de palladium est utilisé par les dentistes. Le baryum s'unit au palladium à la temjtérature du chalumeau oxhydrique en donnant naissance à un alliage blanc d'argent. Le bismuth allié avec lui à parties égales donne un composé gris qui offre la dureté de l'acier. Le cuivre 4 parties, avec le palladium 1 partie, forme un alliage blanc ductile; cet alliage peut s'obtenir par la méthode de Deville et Debray. L'alliage de fer et de palladium est cassant. Nous n'insisterons pas davantage sur ces corps.
Oxydes de palladium. On ne connaît bien qu'un oxyde de palladium, Y oxyde palladeux PdO; on admet encore l'existence d'un oxyde palladique PdOS qui n'a jamais été isolé, et d'un sous-oxyde Pd'-Q, qui prendrait naissance lorsqu'on chauffe le palladium à une douce chaleur rouge, ou bien en chauffant J'oxyde PdO tant qu'il laisse dégager du gaz. Ce sous-oxyde forme une poudre noire, aisément réduite à une haute température, décomposée par les acides en oxyde palladeux qui se dissout et en palladium métallique insoluble.
Quant à Voxyde palladeux, il se prépare en dissolvant le métal dans l'acide nitrique, évaporant à siccité, puis calcinant doucement le nitrate. C'est une masse noire, difficilement soluble dans les acides, se décomposant au rouge vif «n laissant du palladium. Par voie humide, on l'obtient hydiaté en précipitant la dissolution d'un sel palladeux par un excès de carbonate alcalin, à la température de l'éliullition; cet hydrate est brunâtre foncé, soluble dans les alcalis «n excès et dans les acides. Il perd son eau au rouge sombre.
Uoxyde palladique s'obtient combiné aux alcalis en traitant du chlorure palladique et potassique sec par une dissolution d'hydrate ou de carbonate de potassium que l'on ajoute en petite quantité à la fois en remuant constamment la masse. On obtient ainsi un corps brun jaunâtre, qui est une combinaison hydratée de l'oxyde avec l'alcali. On ne peut enlever l'alcali par les acides sans dissoudre en même temps l'oxyde palladique. L'hydrate palladique séché a la