L. Hn
PARATOXl^ERRE. Les paratonnerres sont des appareils destinés à protéger les édifices contre l'action de la foudre ; c'est du moins là le sens général attaché à ce mot. Mais l'on désigne sous le même nom des appareils employés dans les réseaux téléphoniques et télégraphiques pour mettre à l'abri de la foudre les appareils employés et les personnes qui en font usage. Ces divers appareils n'ont qu'un rapport très-éloigné avec les questions d'ordre médical ou physiologique : il nous sera donc possible d'être très-bref.
I. Lorsqu'un nuage fortement électrisé se trouve à une certaine distance du sol, il agit par influence sur les couches superflcielles et notamment sur les couches aquifères qui sont conductrices: si l'action électrique augmente soit par suite d'un rapprochement du nuage, ou par suite d'une électrisation plus forte qu'il prend par une cause quelconque, l'équilibre électrique se rétablit par une ou plusieurs étincelles éclatant à travers l'air, et suivant non pas le chemin géométriquement le plus court, mais vraisemblablement le moins résistant au passage de l'électricité: on dit alors que la foudre tombe. Les corps qui se trouvent sur le passage de rélectricité peuvent subir des actions très-énergiques sur lesquelles nous n'avons pas à insister ici: on dit qu'ils sont foudroyés.
Pour éviter les effets fâcheux, désastreux même, qui peuvent se manifester, il suffit d'éviter le rétablissement brusque de l'équilibre électrique par une étincelle, il suffit d'empêcher la production de l'étincelle. On sait que Franklin, se basant sur ce que l'on appelle le pouvoir des pointes, parvint à réaliser en 1752 les conditions permettant d'atteindre ce résultat.
Lorsque l'on approche d'un conducteur présentant une charge électrique notable un corps conducteur communiquant ou non avec le sol, ime étincelle se produit lorsque la distance a été suffisamment diminuée. Mais, si on approche de ce corps une pointe métallique communiquant avec le sol, réservoir commun, il ne se produit aucune étincelle ; cependant le corps est déchargé: le rétablissement de l'équilibre s'est fait lentement au lieu de se produire brusquement. On se rend compte nettement du mode d'action en faisant l'expérience dans l'obscurité : on voit alors une aigrette, une lueur violacée apparaître à la pointe et subsister tant que le corps n'est pas ramené à l'état neutre, tant que l'équilibre électrique n'est pas rétabli.
Le paratonnerre doit jouer par rapport au nuage électrisé le rôle que la pointe joue dans cette expérience par rapport au corps électrisé ; son action est exactement la même ; il ramène l'équihbre électrique entre le nuage et le sol par une action relativement lente prévenant ainsi les décharges brusques, les étincelles qui produiraient des désastres. Seulement, à cause de l'étendue énorme que présentent les nuages électrisés et par suite à cause de la quantité considérable d'électricité qui entre en jeu, il faut prendre des précautions spéciales pour garantir l'action et assurer la conservation de l'appareil.
Un paratonnerre consiste en une tige métallique, en fer, terminée à sa partie supérieure par une pointe, qui généralement maintenant est en cuivre rouge; cette tige communique avec un conducteur également en fer qui, par son extrémité inférieure, est en communication large et intime avec une couche humide, mieux avec une nappe d'eau.
Pour que la tige et le conducteur ne soient pas détériorés, fondus même par le passage de l'électricité, on leur donne environ 15 à 20 millimètres de diamètre; il est inutile que la pointe soit très-aiguë, comme on le faisait autrefois, disposition qui en amenait quelquefois la destruction par fusion.
La continuité doit être absolue et complète entre la pointe et la couche aquifère, sans quoi des étincelles éclateraient aux points de rupture et pourraient amener de graves accidents : il faudra donc assurer la continuité dans les joints d'une manière absolue. Ajoutons qu'il serait bon de temps en temps de soumettre les paratonnerres à quelques épreuves simples pour s'assurer si cette continuité n'a pas cessé.
La partie inférieure du conducteur doit être en relation avec la couche conductrice, soit qu'on la termine dans une couche humide, soit, ce qui vaut mieux, qu'on la conduise jusqu'à une nappe d'eau. Si la couche reste certainement toujours humide, on peut s'en contenter ; on y creuse alors une tranchée que l'on remplit de charbon de bois ou de braise, et où aboutit la partie inférieure du conducteur. Mais, comme on peut craindre le dessèchement momentané de couches qui sont humides au moment où on les examine, il est préférable d'aboutir à une nappe d'eau, faisant descendre assez le conducteur pour que son extrémité reste toujours noyée.
Il ne suffirait pas de faire aboutir ce conducteur dans une citerne : il faut qu'il communique réellement avec le réservoir commun et non pas seulement avec de l'eau.
A l'étranger on admet la possibilité de relier les parties inférieures des paratonnerres avec les conduites d'eau ou même de gaz qui dotment un large contact avec le sol ; bien qu'il ne semble y avoir aucun inconvénient à cette disposition, elle n'est pas autorisée en France.
Si, dans la construction qu'il s'agit de protéger, il existe des pièces métalliques de quelque étendue, charpentes ou poutres en fer, il est nécessaire de les relier au conducteur : faute de cette disposition, il pourrait éclater des étincelles, même à travers les murs, entre ces pièces et le conducteur, étincelles qui amèneraient un véritable foudroiement, secondaire pour ainsi dire*.
Lorsqu'il s'agit de garantir un édifice occupant une certaine étendue, il est nécessaire en général d'employer plusieurs paratonnerres pour éviter l'emploi d'une tige trop élevée. Le choix du nombre des paratonnerres, de leur position relative, n'est pas soumis à des régies fixes ; ce choix dépend de l'étendue garantie par un paratonnerre, étendue que l'on ne connaît pas exactement. On a admis qu'un paratonnerre garantit, au niveau de sa base, un cercle de rayon double de sa hauteur ; quelques auteurs pensent que le cercle de garantie a un rayon égal seulement à 1 fois 1(2 la hauteur; d'autres même disent à 1 fois la hauteur. En réalité, on ne sait rien de précis sur ce point : la première règle est souvent suivie.
Lorsqu'il y a plusieurs paratonnerres, chacun possède un conducteur spécial jusqu'à la base de l'édifice; ces conducteurs peuvent être réunis, pour ètv^ dirigés vers la couche aquifère, en un conducteur unique de large section. Il est bon en outre que les tiges soient réunies à leur base par un conducteur métallique : cette liaison est naturellement établie dans le cas des combles métalliques.
A côté du paratonnerre classique il convient de citer le système préconisé par M. Melsens et qui a été appliqué en particulier à l'Hôtel de Ville de Bruxelles. Dans ce système, au lieu d'avoir un petit nombre de tiges élevées, on garnit
^ Pour les détails, outre tes ouvrages spéciaux, on peut consulter les instructions données à diverses reprises par VAcad. des se, notamment en 1855 et en 1875.
toutes les parties saillantes de l'édifice, les angles, les clochetons, etc., de petites aigrettes formées de tiges de cuivre rouge de 0"',006 de diamètre. Toutes ces aigrettes sont reliées à un vaste réseau métallique, formé de conducteurs de section relativement faible descendant jusqu'à la partie inférieure, et de conducteurs horizontaux ou obliques réunissant les diverses aigrettes : ce réseau est relié intimement à la couche aquifère.
L'action est la même que celle que nous avons expliquée plus haut •> le bâtiment n'est plus garanti dans son ensemble, mais chacune de ses parties est garantie. La protection paraît très-satisfaisante.
L'avantage principal de ce système, c'est qu'il est moins coûteux que le système classique. Outre que c'est un avantage dans tous les cas, cela permet d'appliquer des paratonnerres à des constructions dont la valeur est trop peu considérable pour que l'on y adapte des paratonnerres à tige, qui représentent toujours une dépense assez élevée.
11. Dans les temps d'orage les fils télégraphiques ou téléphoniques peuvent être foudroyés ; ils peuvent sous l'influence de nuages orageux être le siège de phénomènes électriques intenses. L'électricité se trouve transmise par eux jusqu'aux appareils qu'ils desservent : ces appareils peuvent être détériorés, d'une part, et d'autre part les personnes qui en font usage à ce moment peuvent être blessées ou même tuées.
Pour éviter ces accidents il faut employer une disposition qui, lors de ces actions intenses, mette les fils de ligne en communication avec le sol, et interrompe la communication entre la ligne et les appareils, tandis que, en temps ordinaire, lors du fonctionnement par les faibles courants électriques qui sont employés, la ligne sera isolée du sol et communiquera avec les appareils.
Divers systèmes sont employés pour satisfaire à ces conditions ; nous indiquerons seulement le principe.
Imaginons que l'appareil dont on fait usage communique avec la ligne par un ni de platine de quelques centimètres de longueur et très-fin : ce fil introduira une résistance supplémentaire négligeable et sous l'influence de faibles courants ne subira aucune action appréciable, son échauffement ne sera pas perceptible. Mais vienne un orage dans lequel des courants intenses traversent la ligne, le fil s'échauffera instantanément et fondra ; par cette fusion, il se produira une solution de continuité qui séparera complètement delà ligne l'appareil et l'opérateur qui s'en sert.
Mais il faut, en outre, donner passage à cette électricité vers le réservoir commun. Pour cela, le fil de ligne communique en un point vers son extrémité àvec une pièce en forme de peigne, présentant une rangée de dents très-pointues. En face de ce peigne s'en trouve un autre analogue, placé parallèlement au premier, de manière qu'il n'existe qu'un intervalle très-minime entre les pointes qui sont placées en regard. Ce second peigne communique avec la terre par un conducteur spécial.
Tant que le système fonctionne régulièrement, malgré la petite distance qui existe entre les pointes, il ne se produit aucun effet par suite de la présence du second peigne ; les courants sont tellement faibles que le potentiel (la tension) sur le peigne de la ligne est insuffisant pour que l'électricité puisse franchir ce minime intervalle. Mais viennent des courants dus à une action orageuse, il se produit des potentiels élevés en vertu desquels l'intervalle est franchi par l'électricité sous forme d'étincelle, et la ligne se décharge vers la terre.
PARAXYLILIQUE (ACIDE). 123
Il exist e de nombreux systèmes qui diffèrent les uns des autres par la forme des organes, par les détails; mais le principe général est presque toujours le même. Grâce à ces dispositions, l'emploi des télégraphes et des téléphones est sans danger en temps d'orage : il peut arriver seulement que les communications soient interrompues. C. M. G.
PARATRIMIME [ïlaf/d, mal, et Tptêav, frotter). Affection érytliémateuse qui se montre dans les régions où la peau est exposée à des frottements, surtout dans celles où elle forme des replis dont les deux surfaces frottent l'une contre l'autre, comme dans la rainure inter fessier e, aux aines, etc. {voy. Iintertrigo). D.
PARATL'RA. Nom donné au Brésil, d'après Pison, à une Cypriacée dont la partie souterraine aromatique est employée comme fortifiante, en fumigations, en boissons, en lavement. Pl.
Bibliographie. — Pison. Brasile, H5. Pt.
PARA VAS. Nom donné, dans le détroit de la Sonde, à une herbe qui y est fréquemment employée comme rafraîchissante. Pl
PARAVicmo (Les deux).
Paravicino (Fabrizio). Médecin italien, né dans la Valteline, au pays des Grisons, fit ses études à Milan et exerça son art pendant quarante ans à Trezzo. C'est là qu'il mourut en mai 1695, à l'âge de soixante-quatre ans. 11 a publié :
I. Soglieio delV elà cadente. Milano, 1690, in-S". — II. La regola del vivere. Milano, 1690, in-8°. — III. Abuso de' medici nel medicare gli absenti enfermi. Milano, 1694, in 8°. — IV. Acque minerali di Masino descritte. Milano, 1694, in-S". L. Un.
Paravicino (Pietro-Paolo). Autre médecin itahen, né à Côme, exerça son art dans sa ville natale au seizième siècle. 11 fut fait citoyen de Milan. On ne sait rien de plus de sa carrière. 11 a laissé :
De Massiniensium et Burmensium thermorum situ, natura miraculisque. Mediolani, 1545, in-4°. La seconde édition, en italien, est due à Giovanni-Pieti'o Paravicino. médecin de Uilan, et à Giovanni-Andrea Malagrida, médecin de Sondrio, et parut sous le titre à'Avertimenti sopra H bagni del Masino. Milano, 1658, in-12. L. Hn.
PARAXYLÈ1\E OU PARAXYLOL. CH*". On l'obtient en traitant par le sodium un mélange de parabromotoluol ou de paradibromobenzol et d'iodure de méthyle. Il cristallise en prismes monocliniques, incolores, fusibles à 15 degrés et distillables de 136 à 157 degrés. L'acide nitrique le convertit, par oxydation, en acide paratoluique, l'acide chromique en acide téréplitalique.