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sont : a, le massage de Vorbicnlaire ; h, la canlérisation ignée ; c, la névrotomie des branches du trijumeau; d, Vélongation de ces nerfs.
a. M. Ch. Abadie voudrait qu'on appliquât au blépharospasme {Gaz. des Hùp., 7 octobre 1882) le traitement vanté par M. Wolff [Progrès médical, 21 janvier 1882) pour guérir la crampe des écrivains, et qui consiste dans la distension forcée ou élongalion des muscles affectés. Ce procédé, que M. Abadie appelle le massage forcé, n'est, d'après lui, qu'un cas particulier d'élongation des filets nerveux s' exerçant par l'intermédiaire des muscles qu'ils sont cbargés d'innerver. Il cite trois cas de massage forcé de l'orbiculaire : deux ont été suivis de succès; le troisième a écboué; des deux premiers, l'un s'appliquait à un blépliarospasme monolatéral, l'autre à un blépliarospasme double. Le traitement a été de plusieurs semaines. Chaque séance de massage dure de sept à dix minutes. Voici comment on doit procéder d'après l'auteur : enduire de vaseline tout le pourtour de l'œil, puis pratiquer, avec les pouces, vigoureusement, la distension du muscle dans un sens rayonné tout autour de l'œil, refoulant la peau et les tissus sous-jacents de l'ouverture palpébrale vers la périphérie. M. Abadie propose d'essayer cette méthode contre le spasine nocturne des paupières, affection peu connue et qui est cependant loin d'être rare. Pour en finir avec ce procédé, notons que, avant M. Abadie, ce mode de traitement avait été appliqué par Cornwell {Traitement d'un eau de blépliarospasme opiniâtre par la dilatation forcée. Tr. Oliio. Soc. Colombus, XXXY, p. 75. 1880).
h. La cautérisation ignée a donné de bons résultats. Elle peut être appliquée de plusieurs façons :
Dans un cas de blépharospasme avec cntropion publié par MM. Roulier et Arnozan {France médicale, 6 mars 1878), la cautérisation linéaire avait été pratiquée de la façon suivante : « Le sujet anestbésié, M. Cusco avec une trèsmince pointe de thermo-cautèré, trace, à 1/2 centimètre environ du bord libre des paupières, sur leur face cutanée, une cautérisation , pénétrant jusqu'à la face profonde de la peau, suivant toute la longueur de la paupière, mais si étroite qu'elle ressemble plutôt à une incision qu'à une brûlure ».
Nous trouvons, dans la Gazette hebdomadaire des Sociétés médicales de Bordeaux (n" 10, 1881), un cas de guérison de blépharospasme traité par Badal; l'affection qui avait résisté à tous les traitements fut guérie après quatre séances de vingt-cinq cautérisations ponctuées au thermo-cautère, pratiquées sur le front et les tempes.
c. La névrotomie des branches supérieures du trijumeau et surtout du nerf sus-orbitaire est pratiquée depuis longtemps. Voici de quelle façon opérait Nélaton : « La peau du sourcil étant fortement tendue, le ténotomc est enfoncé sous la peau de dehors en dedans, vers le point d'envergure du nerf sus-orliilaire, puis, en tournant le tranchant du côté de l'os, on incise profondément tous les tissus, ainsi que le périoste, à la réunion du tiers interne du rebord orbitaire avec le tiers moyen. Aussitôt après l'opération, on applique le bandeau compressif pour prévenir la formation des larges ecchymoses dues à la section de l'artère sus-orbitaire ».
Ce traitement a donné de bons résultats entre les mains de Nélaton, de de Graefe, de de Wecker, etc. En 1872 {Bulletin général de thérapeutique, 15 août), Tillaux a publié l'observation d'une malade chez laquelle il fut forcé de faire la section des deux nerfs sus-orbitaircs pour un blépharospasme douloureux bilatéral qui avait résisté à tous les traitements. La guérison fut immédiate.
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D'après certains chirurgiens (de Wecker), la guérison ne serait pas toujours définitive, et il serait nécessaire de la compléter par l'application de courants continus.
d. Dans un mémoire fort intéressant, paru en juillet 1881 dans les Archives d'ophihalmologie, M. Panas étudie le traitement du blépharospasme douloureux par l'élongation des branches du trijumeau. Il cite une observation personnelle et plusieurs cas empruntés à la littérature étrangère.
Dans le cas de M. Panas, une jeune fille, de vingt et un ans, souffrait cruellement, depuis quatre ans, d'une névralgie d'origine paludéenne, exactement limitée aux branches supérieures et moyennes du trijumeau à gauche, et présentait du même côté un blépharospasme très-intense. Points névralgiques classiques : sus-orbitaire, sous-orbitaire et nasal; aucun traitement médical n'avait pu la soulager; des incisions sur les points douloureux étaient restées sans effet, M. Panas pratique, à quelques jours de distance, l'élongation des nerfs «us-orbitaire, frontal interne et sous-orbitaire ; une incision met à nu le tronc nerveux qui est tiraillé sur un crochet mousse, puis replongé dans la plaie. Le sus-orbitaire même est rompu par les tractions. L'incision suturée se cicatrise rapidement. L'aneslhésie se prononce dans la S[)hère d'innervation de ces nerfs; la névralgie disparaît presque complètement, ainsi que le blépharospasme.
Dans l'observation de Kocher {Correspondenz-Blatt fur Schweizer Aerzte, \S19 , t. IX, p. 324), il s'agit de l'élongation du nerf sus-orbitaire droit, pratiquée chez un homme vigoureux de trente-deux ans, pour une névralgie frontale intermittente dont le début remontait à quatorze ans, et qui avait résisté à tous les moyens thérapeutiques. Les accès, qui revenaient tous les trois ou six mois, duraient de deux à trois semaines chaque fois et étaient accompagnés de blépharospasme unilatéral. L'opération consista dans une incision de 4 centimètres le long du bord orbitaire supérieur, et dans la découverte des trois branches du nerf; le tronc fut allongé dans son ensemble, à l'aide de l'aiguille de Cowper. On nota immédiatement avec de l'anesthésie du front la disparition de la névralgie et du blépharospasme.
Dans les deux cas qui suivent et qui sont rapportés par Masing [Pelersburger medicinische Wochenschrift, 1879, p. 441) et par Grainger Stewart [British Médical Journal, 1879, p. 805), des névralgies très-tenaces des branches du trijumeau avec spasme de l'orbiculaire ont été guéries par le même moyen.
Panas, se basant sur ces faits, vante l'heureux effet de la méthode de Nussbaum appliquée aux branches du trijumeau, dans les névralgies de ces nerfs accompagnées de blépliarospasme. Il prétend que, dans ce cas, l'élongation est beaucoup plus efficace que la névrotomie, et que cela tient à ce que cette opération entraîne des lésions plus profondes dans la constitution intime du nerf, et surtout se répercute à distance jusqu'au ganglion de Gasser et, par lui, sur les autres branches qui en dépendent.
Un an après l'apparition du travail de M. Panas, M. Alexandroff (de Smyrne) a publié dans le même recueil {Archives d'ophthalmologie, juillet 1 882) une observation qui confirme pleinement la valeur de cette méthode opératoire et qui est d'autant plus intéressante qu'il fallut pratiquer l'élongation nerveuse des deux côtés de la face, car le blépharospasme et le tic douloureux étaient bilatéraux. L'opération, faite suivant le procédé indiqué par Panas, amena une guérison complète.
Paralysie du muscle orbiculaire [lagophthalmos) . La paralysie de l'orbicu-
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laire entraîne, dans le fonctionnement des paupières, des de'sordres que la physiologie nous fait prévoir. Ces voiles membraneux, flascjues et inertes, ne sont plus sollicités que par le releveur de la paupière supérieure : le malade ne peut plus rapprocher les paupières et les appliquer sur l'œil ; la fente palpébrale reste constamment béante de 2 à i millmièlres, et cela même pendant le sommeil. Le globe oculaire, n'étant plus bridé par sou sphincter naturel, fait légèrement saillie; il y a un peu d'exophthalmie. La paupière inférieure, qui prend son principal soutien dans la tonicité des fibres inférieures de l'orbiculaire, se renverse en dehors avec les points lacrymaux ; il en résulte un épiphora et un abaissement de la fente, sensible dès qu'on vient à comparer les deux yeux. Comme la paralysie du sphincter palpébral s'accompagne, le plus souvent, de la paralysie des autres muscles innervés par le facial, on constate, en général, une déformation caractéristique du côté correspondant de la face.
L'affection étant due à l'allérallon du nerf facial ou de sa branche supérieure, nous renvoyons pour l'étiologie à l'article qui concerne ce tronc nerveux {voy. Nerf facial. Paralysie du nerf facial).
Cet état, auquel on donne le nom de lagophthalmos paralytique, offre de sérieux dangers pour l'eAistence de l'œil qui n'est plus qu'incomplètement protégé contre le froid et contre les causes irritantes; c'est pourquoi, pendant le sommeil, l'œil se convulsé instinctivement en haut pour chercher protection derrière la pau|)ière supéiieure. Dès que le lagophthalmos est un peu prononcé l'on doit redouter l'apparition de kératites ulcéreuses graves.
Le traitement se confond le plus souvent avec celui de la paralysie faciale et nous n'avons pas à nous en occuper ici. Cependant, quand les moyens médicameuleux, les révulsifs appliqués au pourtour de l'orbite et surtout l'application de l'électricité, auront échoué, on sera tenu d'en venir à une intervention chirurgicale, si l'infirmité est trop grande et surtout si l'on redoute des altérations de l'œil. Elle prend le nom de canthoplastle ou tarsoraphie, et consiste simplement dans la suture de la commissure externe des paupières.
La canthoplastle a été appliquée pour la première fois en 1828 par Walther. Son manuel opératoire est simple : on avive les deux bords correspondants de la paupière, vers la commissure externe, dans une étendue de 5 à 6 millimètres, suivant le degré de l'infirmilé. La partie excisée doit mesurer de 1 à 2 millimètres de hauteur et comprendre les bulbes des cils. La réunion s'obtient facilement par l'application de quelques points de suture et d'un bandage compressif. 11 arrive souvent que la nouvelle commissure est tiraillée en haut par les mouvements d'élévation de l'œil. Aussi de Graefe a proposé de libérer la peau de l'angle temporal par le procédé de Dieffenbach [voy. Clépharoplastie et Ectropion).
Blépharoptose ou Ptosis. On désigne par ces noms la chute ou l'abaissement permanent de la paupière supérieure qui vient complètement recouvrir la cornée (ptosis complet), ou ne fait qu'affleurer la pupille {ptosis incomplet), laissant alors l'intégrité de la vision, mais constituant une difformité choquante.
Causes. Le ptosis peut tenir à des causes très-différentes qui résident : a dans la paupière supérieure ; b dans le muscle releveur de celte paupière ou dans le nerf qui l'anime.
a. Pour que le muscle releveur puisse exercer son action sur la paupière supérieure, il faut que celle-ci garde cette souplesse normale qui lui permet de se plisser et de découvrir l'œil. Or un grand nombre d'affections aiguës et
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surtout chroniques déterminent un épaississement et une induration de ce voile membraneux qui empêche ses mouvements d'élévation; ils amènent ainsi un ptosis que l'on pourrait appeler mécanique ou organique, et dans lequel le muscle releveur conserve son intégrité fonctionnelle. Nous citerons parmi ces états pathologiques : Yœdème simple, Yœdème inflammatoire qui accompagne si facilem.ent les poussées phlegmoneuses aux paupières, les affections cutanées, toutes les infiltrations éléphantiasiques ou graisseuses {ptosis adipeux de Sichel), et enfin les diverses tumeurs qui agissent, non-seulement en indurant la paupière, mais encore en la chargeant d'un poids tel que le releveur ne peut plus la soulever. Parmi toutes les affections chroniques, la conjonctivite granuleuse est celle qui détermine le plus souvent la blépharoptose en indurant la paupière supérieure, et en déterminant une légère contracture de l'orbiculaire.
Parmi les causes inhérentes aux paupières, on doit encore ranger le spasme de l'orbiculaire palpébral ; nous venons de l'étudier sous le nom de hlépharospasme, et nous avons vu que ce ptosis spasmodique peut être transitoire ou permanent.
II va sans dire que toutes les difformités congénitales ou acquises {cicatrices, ankyloblépharon, symhlépharon, etc.), qui soudent les paupières entre elles ou avec le globe de l'œil, gênent ou empêchent Télévation de la paupière supérieure et déterminent un ptosis essentiellement mécanique.
h. Le ptosis proprement dit tient à un vice de fonctionnement du releveur, sans qu'il soit souvent possible de savoir s'il est dû à une altération profonde de l'élément musculaire ou bien à une lésion du nerf qni l'anime.
C'est ainsi que dans la blépharoptose congénitale il est assez difficile de distinguer quelle est celle de ces deux causes qui est prédominante. Cette infirmité assez fréquente et parfois héréditaire a été étudiée à propos des vices de conformation d'origine congénitale.
Un ptosis qu'on peut appeler tranmatiqne s'observe à la suite des blessures qui intéressent la paupière supérieure. Gosselin cite {Dict. de méd. pratique, art. Blépharoptose) le cas d'un homme qui, s'étanl entré une cheville de bois dans l'orbite, au travers de la paupière supérieure, fut atteint de ptosis. Ce savant chirurgien fait remarquer combien il est difficile, dans ce cas, de savoir si la blépharoptose est due à la section du muscle, à celle de l'aponévrose tarsoorbitaire qui lui sert de tendon, ou bien à la lésion du filet nerveux qui lui est destiné.
Le ptosis paralytique est fréquent. 11 tient à une paralysie de l'oculo-moteur commun (voy. Paralysie de ce nerf) et s'accompagne de strabisme et de diplopie: le globe oculaire ne peut plus être porté en bas, en dedans et en haut ; la pupille reste dilatée et immobile. Il est beaucoup plus rare que la paralysie lie porte que sur le filet nerveux du releveur et n'intéresse que le fonctionnement du muscle. Elle est déterminée, dans ce cas, par une section traumatique de ce nerf (introduction de corps vulnérant, etc.), par sa compression mécanique {tumeur syphilitique, périostite de la voûte orbitaire), ou bien par des causes plus difficiles à définir.
Borner a décrit récemment une forme particulière de blépharoptose modérée
avec rétrécissement concomitant de la pupille et turgescence manifeste des
capillaires dans la moitié de la face correspondante. 11 attribue, avec raison, ces
symptômes à la paralysie de la portion cervicale du grand sympathique.
. Diagnostic. Il est très-important de porter un diagnostic étiologique pré-
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cis; le pronostic cl le traitement en dépendent. Certaines causes sont assez faciles à reconnaître : les sections profondes de la paupière supérieure, l'introduction d'un corps vulnérant dans l'orbite, laissent des cicatrices appréciables du côté des paupières. La paralysie concomitante des muscles de l'œil montre que le tronc de l'oculo-moteur est en cause. Puis, dans ces formes paralytiques, la paupière a conservé sa consistance et sa souplesse normales. On peut sans difficulté avec les doigts relever la paupière supérieure et découvrir l'œil. Il n'en est plus de même quand le ptosis tient à une dégénérescence du tissu palpébral ; il est facile alors de constater son induration, l'existence d'une tumeur ou les contractions de l'orbiculaire, qui ne font que s'exagérer quand on cherche à écarter les paupières ; le ptosis spasmodique, du reste, n'est presque jam.iis continu et permanent.
Mais il est bien des cas où la cause sera difficile à préciser et il faudra toujours interroger avec soin les antécédents du malade, pour savoir si l'affection n'est pas congénitale ou si elle ne lient pas à une affection générale ; on devra toujours songer à la sypliilis.
Pronostic et traitement. Comme nous l'avons déjà dit, ils dépendent absolument de la cause. La blépliaroptose due à l'infiltration œdémateuse et inflammatoire des paupières disparaît avec la maladie dont elle n'est qu'un symptôme. L'ablation des tumeurs, faciles à extirper, doit être tentée le plus tôt possible; cette opération guérit le ptosis en enlevant le poids qui surchage la paupière et qui paralyse l'action du releveur. Nous avons étudié, avec leblépharospasme. le traitement du ptosis spasmodique.
Le traitement du ptosis proprement dit, qui est le plus souvent paralytique. est bien autrement difficile, surtout quand il est d'origine congénitale ; il réclame le plus souvent l'intervention chirurgicale. 3Iais, avant d'en arriver à une opération, l'on devra toujours tenter une série de moyens qui, s'ils sont le plus souvent peu efficaces, n'offrent, du moins, aucun danger : traitement interne antisyphilitique, révulsifs appliqués sur la paupière et au pourtour de l'orbite et surtout usage de courants continus ou intermittents.
Quand tous ces moyens ont échoué, on est forcé d'en arriver à une intervention chirurgicale. L'opération la plus simple, et qui est employée depuis longtemps, consiste dans V excision d'une portion de la peau de la paupière inerte. On saisit, entre les mors d'une pince spéciale, un pli transversal fait à la peau de la paupière supérieure, et l'on s'assure, en faisant fermer l'œil, que la portion de peau que l'on va sectionner offre bien les dimensions voulues. La section de ce pli cutané n'ofire aucune difficulté, non plus que sa réunion à l'aide de quelques points de suture ; la cicatrice qui en résulte se cache dans les plis transversaux de la paupière. Cette opération, si simple en apparence, a pourtant été abandonnée par la plupart des chirurgiens, et n'est plus guère emplovée que dans le cas particulier où le ptosis est déterminé par le développement exagéré et atonique de la peau des paupières ; la raisen en est qu'elle ne présente aucune rigueur et par suite aucune garantie de réussite. Le plus souvent elle est insuffisante, et, si l'on voulait suivre la pratique trop radicale de Hant, on s'exposerait à déterminer une rétraction exagérée de la paupière supérieure et à priver l'œil de son organe protecteur. Hant, en effet, pratique l'incision supérieure immédiatement au-dessous du sourcil, l'élend jusqu'aux angles des paupières et fait descendre l'incision inférieure plus ou moins près du bord libre; le lambeau cutané ainsi excisé prend des proportions considérables.
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Les procédés de Bowman et de de Graefe n'ont pas eu plus de succès auprès des praticiens. Bowman, après avoir retourné la paupière, excise le bord supérieur du cartilage tarse avec les tissus environnants ; l'élévateur de la paupière supérieure, inséré au cartilage, est naturellement compris dans cette excision; les bords de la plaie sont ensuite réunis avec des iils très-fins. Bowman pense que le tendon du muscle releveur est ainsi raccourci et que sa force augmente.
Le procédé de de Graefe a pour but, en diminuant la puissance de l'orbiculaire, de rendre à l'élévateur un peu de sa force musculaire. Il incise, à 5 millimètres de son bord libre, le tégument de la paupière supérieure dans toute sa longueur; en exerçant ensuite des tractions verticales sur les lèvres de la plaie, il les écarte fortement, puis dissèque légèrement, s'il le faut, le tissu sous-cutané. Gela fait, il saisit, avec des pinces à crocliet, une portion du muscle orbiculaire, large de 8 à 10 millimètres, qu'il excise avec des ciseaux, en laissant l'aponévrose orbitaire intacte. Deux ou trois points de suture suffisent; ils doivent comprendre les bords de la plaie musculaire aussi bien que ceux de la plaie cutanée. Gomme il est important d'apporter beaucoup d'exactitude dans la coaptation des bouts du muscle sectionné, de Graefe commence par enfoncer l'aiguille au-dessous de la lèvre inférieure de la plaie, en traversant simultanément le muscle, puis il saisit les fibres musculaires de l'autre bout avec des pinces et les traverse, ainsi que la peau, en sens inverse, c'est-à-dire de la profondeur vers la superficie.
Devant l'insuccès de ces méthodes opératoires, de nouvelles tentatives ont été laites dans ces dernières années et ont amené l'application de procédés à peine sanglants et plus efficaces. Ils sont tous basés sur cette conception physiologique très-juste : le releveur de la paupière supérieure venant à faire défaut, il faut faire remplacer son action par celle du frontal qui agit dans le même sens, et, pour ce faire, il suffit, par de fines brides cicatricielles, de prolonger l'action de ce muscle jusque sur le tarse. La cicatrice agit à la façon d'un tendon artificiel et oblige la paupière à suivre les mouvements du frontal.
Le procédé de Hant avait déjà pour effet de mettre, par une large cicatrice, le bord ciliaire en rapport avec le sourcil et par suite avec les muscles qui le font mouvoir. Mi\is c'est à M. Dransart (de Louvain) que revient l'honneur d'avoir le premier régularisé cette méthode. Voici le procédé qu'il communiqua à la Société de médecine du Nord, en juin 1880, après l'avoir employé avec succès sur un jeune garçon de quinze ans, atteint de blépharoptose ; cette infirmité était consécutive à une fièvre typhoïde et avait résisté aux moyens ordinaires. Procédé opératoire : 1° incision delà peau de la paupière supérieure, tout le long du bord supérieur du cartilage tarse; 2" dissection de la peau jusque sous le muscle sourciller, de façon à mettre à nu la portion supérieure du muscle orbiculaire; 3" sutures : une aiguille, armée d'un fil fin de catgut, traverse le bord supérieur du cartilage tarse à sa partie moyenne, de la face superficielle vers sa face profonde. Quand le cartilage est traversé dans presque toute son épaisseur, l'aiguille est dirigée vers le muscle sourciller, en voyageant sous une certaine épaisseur de fibres musculaires et de tissu cellulaire. Arrivée sous le sourcil, l'aiguille traverse le muscle et laisse le fil de catgut dans le trajet qu'elle vient de parcourir. On passe ainsi trois fils qu'on lie l'un à droite, l'autre à gauche du fil médian, puis on en coupe les bouts à ras du nœud, et
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on laisse retomber le lambeau de peau disséqué, qui va reprendre tout naturellement sa place. Celte opération a pour but de relier le cartilage tarse au muscle frontal. Ces fils laissent chacun une traînée cicatricielle sous-cutanée qui remplace ultérieurement l'action des fils, quand la plaie a digéré ces derniers.
Un an après la publication de Dransart, Pagenstecher (de Wiesbaden) vint proposer, au Congrès de Londres (ao<àtl88l), un procédé opératoire basé sur le même principe, mais qui a l'avantage de ne pas nécessiter de dissection. Vu son importance, nous reproduisons celte communication dans son intégrité : « A peu près à la longueur d'un doigt au-dessus du milieu de Varcus super ciliaris, j'introduis une aiguille munie d'un fort fil qui, glissant sous la peau, ressort à peu piès au milieu de la paupière supérieure, exactement au bord ciliairc. Je fais alors un nœud que je serre modérément et qui, progressivement resserré chaque jour, finit par couper la peau. Les phénomènes de réaction sont relativement très-faibles. La difformité produite par la cicatrice est minime et se trouve largement compensée, par la disparition du plosis.
Dans les cas où j'ai opéré jusqu'à présent, une seule suture a toujours sutU. Celle-ci était dirigée un peu obliquement en haut et en dehors. Il peut aussi se rencontrer des cas dans lesquels il sera indiqué de placer deux sutures à dislance modérée l'une de l'autre; d'autres fois, il ne sera pas nécessaire de conduire la suture jusque sur le bord ciliaire, et il vaudra mieux la fitire ressortir au milieu de la paupière supérieure.
Pour des cas de ptosis incomplet, je préférerais cette méthode opératoire à toutes les autres, mais en suivant un procédé un peu modifié; comme ici un épais cordon cicatriciel d'une action puissante n'est pas nécessaire, je conseille d'établir une cicatrice sous-cutanée de la façon suivante : on se sert d'un fil muni d'une aiguille à chaque bout; l'une est conduite à la distance de 1 à 2 millimètres, parallèlement et près du bord ciliaire, sous la peau de la paupière supérieure. Au point môme où l'on fait ressortir cette aiguille, on la fait pénétrer de nouveau pour la diriger en haut; le tarse dépassé, on ressort ensuite, à peu près à la longueur d'un doigt, au-dessus du milieu de Varciif. superciliaris. Alors l'autre aiguille est introduite par ce point d'entrée de la première, et on lui donne aussi une direction en haut, de façon à ressortir précisément au point de sortie de l'aiguille primitivement employée (c'est-à-dire au-dessus du sourcil). Les deux extrémités du fil sont alors modérément attirées et nouées. De celte manière, on obtient une suture susceptible de séjourner plus ou moins longtemps et l'on peut, dans les cas extrêmes, la laisser complètement couper, en produisant aussi un cordon cicatriciel permanent destiné à transmettre constamment l'action du muscle frontal à la paupière supérieure. Il est difficile de discerner dans quelles circonstances il faut recourir à la première méthode ou à la seconde; c'est là, chez l'opérateur, une affaire de tact; il en est de même pour juger combien de temps la suture sous-cutanée doit demeurer en place et si l'on doit la laisser séjourner jusqu'à complète coupure. ))
C'est, en définitive, à ce dernier procédé qu'il faut donner la préférence, dans tous les cas où le plosis ne s'accompagne pas d'une hypertrophie trop considérable de la peau. On pourra relier ainsi le tarse au frontal par deux ou trois anses de fil suivant le degré du ptosis. C'est avec cette méthode que M. Dransart lui-même a obtenu un beau succès {Annales d'oculistiqiie, septembre et octobre 1882).
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M. de Wecker, dans un récent travail sur le traitement du ptosis [Annales (VoculisHque, juillet et août 1882), loue beaucoup la méthode de M. Pagenstecher, mais voudrait la modifier eu lui associant l'excision de de Graefe. Nous croyons que la combinaison de ces deux procédés fait perdre à la première tous ses avanlages, qui sont surtout de n'entraîner ni incision ni dissection, et d'être à ia portée de tous les praticiens ; la modilication de de Wecker doit être réservée seulement aux cas particuliers oii l'ablation de la peau hypertrophiée est indispensable [voy. BLÉPUAuorLASTiE). Charvot.
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PACTE (L.4) (Eau minérale de). Voy. La Faute. A. R.
PAUTRIER (Jea> -Jacques). Médecin français, né à Barcelonnette en 1807, était le fils d'un praticien estimé, chargé honorifiquement du service de l'hôpital de cette ville,
PAVET DE COURTEILLE. 7£5
Pautrier fit ses études à Paris depuis 1828; il entendit là Orfila, Dupuytren, Pelletan, Lisfranc, Velpeau, Broussais, Bouillaud, Chomel, Andral, etc. 11 passa ensuite quelque temps à Lyon, où il se lia avec Gensoul. Enfin, il alla soutenir sa thèse à Paris, en 1834, sur un sujet que lui avait inspiré Gensoul {Essai sur les lipomes. Paris, 1834, in^"). Ce travail a fait autorité dans la science,
Pautrier s'établit d'abord à Lyon, puis à Rive-de-Gier, où il devint médecin de l'Hôtel-Dieu. Mais, malgré son mérite incontestable, il ne réussit pas au gré de ses désirs, et revint à Barcelonnelte exercer à côté de son père. Après la mort de celui-ci, il vint en 1851 à Yalbenoîte à côté de Saint-Etienne. Là le succès vint enfin couronner ses efforts. Lorsque sa commune fut réunie à Saint-Etienne, il fut nommé conseiller municipal et dans cette situation fit beaucoup pour l'hygiène de la cité.
Il fut l'un des fondateurs de la Société de médecine de Saint-Étienne . Doué d'un esprit éclectique, il n'a jamais été d'aucune école; il ne suivit ni Broussais, ni Bouillaud, prenant pour unique guide l'observation des faits. 11 a peu écrit; on trouve cependant quelques articles de lui dans les Archives générales de médecine, la Presse médicale, etc. Pautrier mourut à Saint-Étienne en juin 1865, d'une affection thoracique aiguë. L. Un.
PAUii'MEES (Les). Peuple de l'Amérique du Nord [voy Amérique, p. 618).
PA%'AGE. Voy. Ville.
PAVALA POOLA. Nom tamoul du Phyllanthus rhamnoides Retz., de la famille des Euphorbiacées. Pl.
PAVAWA, PAVAIVE. Nom du Croton tiglium Là, dans la Floride. Pl.
PAVEL. Nom donné aux Indes Orientales au Momordica Charantia L., de la famille des Cucurbitacées. Pl.
PAVET DE COURTEILLE (Charles). Médecin français, né en 1788 au Mans, et non au village de Gourleille (Sarthe), comme le ferait croire son nom. Il fit ses études à Paris, fut élève de l'École pratique et eut entre autres pour maître le chirurgien Récamier. Après avoir soutenu sa thèse inaugurale, en 1813, il se fixa dans la capitale et devint médecin du bureau de bienfaisance, du quatrième dispensaire de la Société philanthropique, médecin du Collège royal de Saint-Louis, par la protection de son maître Halle, médecin du bureau d'admission aux hôpitaux, et il fut nommé en 1823, par ordonnance royale, à l'agrégation de chirurgie. Il exerça avec réputation son art dans la capitale et se fit connaître par plusieurs publications. Il est mort probablement vers 1844, car son nom ne figure plus sur l'almanach de 1845, et Lachaise, dont l'ouvrage sur Les médecins de Pai'is parut la même année, ne le mentionne pas davantage. Nous citerons de lui :
I. Observations sur l'emploi des immersions et des affusions froides dans diverses maladies. Thèse de Paris, 22 juillet 1813, in-4°. — II- Recherches et considérations sur la rivière de Bièvre et des Gobelins (en collab. avec Parent-Duchàtelet). Paris, 1822, in-8° — m. Hygiène des collèges et des maisons d'éducation. Paris et Montpellier, 1827, in-S". — IV. Paralysie survenue à la suite d'un accès de goutte. In Journal général de méd., t. LXXIV. L. Hn.
726 l'AVIE.
P.4.VETTA (L.)- Genre de Rubiacées-Ixorc'es, qui, reconnu par la plupart des auteurs comme très-voisin des Ixora, en a été cependant conservé distinct à cause de son calice partagé en lobes plus ou moins allongés; son style trèslonguement exsert, à extrémité supérieure le plus ordinairement fusiforme; ses feuilles ordinairement membraneuses et ses stipules d'assez grande taille. Mais tous ces caractères différentiels sont loin d'être constants et leur importance nous a paru illusoire. C'est pourquoi nous avons uni les Pavetta aux Ixora à titre de simple section. Le P. indica L. (P. aïba Vahl. — P. Rothiana DC. — p. villosa Heï.n. — P. Brunonis ^YIGHT), qui est YIxora Pavetta Roxb. et 1'/. paniculata Lamk, et qu'on croit être le Mallea motha de l'Inde, est un remède très-recherché dans ce pays contre l'érysipèlc, la diarrhée, la dysenterie, les obstructions viscérales. On emploie surtout sa l'acine, qui passe aussi pour diurétique, hydragogue, et s'applique topiquement sur les hémorrboïdes. A Sierra Leone, le P. paroiflora Afzel, est aussi une plante médicinale. H. Biy.
Bibliographie. — L., Gen., n° 152. — Houtt., Pfl. Syst., YII, 361, t. 40 [Crinita). — G/ERTN., Fruct., I, 116, t. 25. — Mér. et de L., Dict. Mat. niécl-, V, 222. — Rosenth., Syn. pi. diaphor., 328. — Clke, FI. brit. E.-ind., III, 150. — H. Bn, Hist. des pi., YII, 276, 407, lig. 257-259. H. Bn.
PAVEiiRS (IIygikse). Parmi les ouvriers paveurs, les uns sont paveurs proprement dits, les autres cantonniers, manœuvres, poseurs de trottoirs, constructeurs d'aires bituminées, etc. La pose de pavés se fait à l'aide d'un marteau pesant, qui présente d'un bout la forme d'une houe allongée et de l'autre une tête. Les pavés une fois posés sont affermis et dressés au moyen de la demoiselle, massue en bois ferrée du poids de 35 à 45 kilogrammes environ, que l'ouvrier soulève verticalement et avec laquelle il frappe successivement sur chacun d'eux.
Les inconvénients professionnels sont peu différents ici de ceux que l'on constate chez les cantonniers. Les poussières minérales auxquelles ils sont exposés n'ont guère d'influence sur eux, à cause du milieu même où ils travaillent. En revanche, ils sont soumis à toutes les intempéries des saisons, et sujets aux rhumatismes et aux affections inflammatoires des organes thoraciques. Ils participent, à ce point de vue, aux prédispositions morbides propres aux ouvriers terrassiers en général.
Le mouvement professionnel provoque chez eux une attitude et une fatigue éminemment favorables au surmenage des organes respiratoires et circulatoires, et par suite à la réceptivité morbide en général.
Pâtissier parle de paveurs asphyxiés en soulevant des pierres au-dessous desquelles se trouvait un sol livré à toute la fermentation des eaux croupissantes, et Shaun a constaté chez eux toutes les conséquences de l'effort cardiaque.
A. Laîet.
PAVIA (PoiR., Bict. encycL, V. 93). Genre aujourd'hui rapporté aux Msculus et qui le constitue, avec les Hippocastanum de Tournefort {voy. Marronnier d'Inde, sér. 2, Y, 136). H. Bn.
PAViE. Nom donné à une variété de la pêche, à chair ferme et tenant au noyau. Pl.
PAVOT (botanique). 727
PAVILLO,\. Pavillon de l'oreille, de la trompe cVEustache, de la trompe de Fallope [voy. Oreille, p. 5 et U, Ovaire et Utérus). D.
PAVOi^IA. (Cav.). Genre de Malvacées, de la série des Urénées, à fleurs pourvues d'un réceptacle convexe, qui porte un calice valvaire, à 5 dents ou à 5 lobes. La corolle est ma/yacee, tordue, gamopétale à la base où elle s'unit avec la colonne andréocenne. Celle-ci est tronquée ou 5-dcntéc au sommet et porte plus bas et en dcbors un grand nombre de filets libres, surmontés d'une anthère uniloculaire, réniforme, extrorse, déhiscente suivant sa longueur. Le gynécée est formé d'un ovaire à 5 loges, généralement altcrnipétales, contenant chacune un ovule ascendant, à micropylc inférieur et extérieur. Le style est partagé en 10 branches, dont 5 superposées aux carpelles et 5 alternes; leur sommet stigmatifèreest capitellé. Le fruit est formé de 5 coques qui, à la maturité, se séparent d'une columelle centrale ; elles portent des pointes, des saillies ou un réseau proéminent. Rarement elles se prolongent en 2 ailes membraneuses. Elles sont indéhiscentes ou rarement bivalves. Leurs graines sont solitaires dans chaque coque, ascendantes, à albumen nul ou à peine existant, mucilagincux. Ce sont, au nombre d'environ 70, des arbustes, des sous-arbrisseaux ou des herbes des régions chaudes des deux mondes; souvent tomenteux ou hispides, riches en mucilage, à feuilles souvent anguleuses ou lobées; à fleurs pédonculécs ou réunies en grappes ou en capitules, avec 5-oo bractéoles libres ou unies, formant calicule sous la fleur. Plusieurs sont employés dans la médecine des pays chauds.
Le Pavonia odorata W. est, d'après Ainslic [Mat. med. ind., Il, 297), usité dans l'Inde en infusion, dans les cas de fièvres et de phlegmasies. Le /*. zeylanica Cav. sert aux mêmes usages à Ceylan. On emploie également sa racine, ses feuilles et ses boutons. Le P. diuretica A.-S.-II. se prescrit au Brésil, notamment dans la province de Minas-Geraës, en décoction miellée contre la dysurie. Ses feuilles servent en cataplasmes, comme chez nous celles de la Guimauve. Le p. coccinea Cav. s'emploie à Saint-Domingue comme mucilagineux; ses propriétés, de même que celles de plusieurs autres espèces du genre, sont identiques à celles de nos 3Ialva et Althcca indigènes. II. B.n.
BiDLiOGRAPHiE. — Cav., Dissert., III, 152, t. i:b-il, 49. — Lamk, IIL, t. 585. — Endl., Gen., n. 5275. — Payer, Malvac. (thèse tac. méd. Par.), 21 ; Organogr. comp. fl., 58, t. 7. — Mer. et deL., Dict. Mat. inéd.,\, 225. — Rosenth., Synops. pi. diaplwr., 708. — JI. Bn, in Payer fam. nat., 281; ia Adansonia, II, 176; Uist. des pi. , IV, 147. H. Bn.
PAVOT {Papaver T.). § I. Botanique, (ienre de plantes Dicotylédonespolypétales, qui a donné son nom à la famille des Papavéracées. Ses Heurs sont régulières et hermaphrodites. Leur réceptacle convexe porte un calice de deux sépales opposés, imbriqués ou tordus, caducs, et deux corolles de deux pétales chacune, dont deux alternes aux sépales et deux plus intérieurs, superposés. Ils sont également tordus ou imbriqués dans le bouton, corrugués dans leur portion supéiieure et caducs. L'androcée est représenté par un nombre indéfini, ordinairement très-considérable, d'étamines hypogynes, libres, et dont le filet supporte une anthère basifixe, à deux loges latérales s'ouvrant chacune par une fente longitudinale, marginale ou bien légèrement extrorse. Le gynécée est supporté par un pied court, immédiatement dilaté en une tête hémisphérique, convexe ou en forme de cône très-déprimé, coiffant le sommet de l'ovaire
728 PAVOT (liOTAMvUE).
et partagée sur ses bords en autant de dents arrondies qu'il y a de placentas dans l'ovaire. A chacune de ces deats répond un sillon rayonnant, tracé sur la face supérieure, et dont les lèvres sont tapissées de tissu stigmalique. Ces lignesrépondent aussi aux placentas. Ceux-ci sont en nombre très-inconstant ; ilsproéminent dans l'intérieur de la loge jusqu'à une dislance variable, souvent peu considérable, du centre. Ils leprésentent donc autant de cloisons incomplètes dont les deux surfaces sont, en totalité ou en partie, chargées d'un grand nombre de petits ovules anatropes. Le fruit est sec, capsulaire ; il s'ouvre ordinairement près du sommet, au-dessous de la base du style, par un nombre variable de très-courts panneaux qui s'abaissent et qui répondent à l'intervalle des placentas. Par ces faux pores s'échappent alors un grand nombre de petites graines, arquées, scrobiculées ou réticulées à la surface, renfermant sous leurs téguments un albumen charnu et huileux très-abondant, qui, vers sa portion supérieure, entoure un petit embryon droit ou arqué. Les petites valvules par lesquelles s'ouvre le fruit s'écartent moins de la paroi dans les Pavots dont on a proposé défaire le genre Calomecon. Leui's fleurs sont souvent dans nos jardins construites sur le ty|)e 5. Ce sont d'ailleurs, comme les autres Papaver, des herbes annuelles ou vivaces, glabres et glauques ou hérissées de poils plus ou moins rudes, à suc laiteux blanc, rarement jaune, à feuilles alternes, sans stipules, presque toujours lobées ou disséquées. Les fleurs sont presque toujouiï solitaires, supportées par un long pédoncule, terminal ou oppositifolié, penché dans sa portion supérieure avant l'épanouissement de la Heur. 11 y a une quinzaine d'espèces de ce genre, la plupart originaires des régions tempérées ou sous-tropicales de l'Europe, de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique du Nord. L'une d'elles habite l'Afrique australe; une autre, l'Australie tropicale.
Pavot somnifère. Le Papaver somnifennn L. (P. hortense Hussa) est une herbe annuelle, à racine pivotante, dure, blanche ou jaunâtre, plus ou moins ramifiée. La tige, dressée, ordinairement simple ou peu ramifiée, chargée d'une efllorescencc glauque; cylindrique, glabre ou parsemée de poils rudes horizontaux ; herbacée, laiteuse, est chargée de feuilles alternes, sans stipules; les inférieures oblongues ou ovales-oblongues, élargies à la base, profondément pinnatiséquées, avec des segments aigus, plus ou moins profondément et irrégulièrement dentées ou serrées; les supérieures de plus en plus larges, cordées à leur base, subamplexicaules, à sommet aigu ou légèrement obtus, non pinnatiséquées, mais irrégulièrement serrées-dentées, à dents garnies de pointes acuminées, souvent calleuses et blanchâtres; toutes lisses, luisantes et d'un vert grisâtre, ou glauques, ou les inférieures portant des poils en nombre variable, penninerves, à côtes pâles, très-saillantes en dessous, concaves en dessus, à nervures pennées, sinueuses, inégales, ramifiées. Les fleurs sont terminales, solitaires ou géminées, ou en petit nombre, formant une cyme bi- ou pauciflore terminale, longuement pédonculées. Les boutons sont ovoïdes, d'abord penchés, puis redressés, à sépales concaves, lisses, herbacés, fugaces. Les pétales sont suborbiculaires, brièvement obovales, un peu atténués en coin à la base et coupés droit en leur point d'insertion, subonguiculés, membraneux, délicats, éphémères, légèrement odorants, blancs, roses, rouges ou violacés, avec ou sans tache purpurine ou noirâtre au-dessus de leur base ou une teinte basilaire d'un jaune verdâtre, satinés, avec des traces des plis formés dans la préfloraison par le chiffonnement du limbe qui est chargé de fines veines rapprochées et radiantesflabellées. Les étamines ont un filet long et grêle, blanc, qui va en s'élargissant
PAVOT (botamquk). 729
«le la base au sommet, de façon à être étroilement et longuement subspatulé, et qui subitement se rétrécit, son sommet acuminé s'insérant à la base de lantlière, linéaire, à deux lignes de déhiscence marginale, devenant plus tard d'un brun pâle et se tordant sur elle-même après la déhiscence. L'ovaire est globuleux ou un peu plus long que large, et le bouclier stylaire a de 8 à 20 rayons stigmatifères, répondant à nombre égal de dents obtuses dont est découpé son pourtour. Le fruit est sphérique ou déprimé, plus large que haut, ou ovoïde, ou beaucoup plus long que large, suivant les variétés. Les graines sont réniformes, réticulées, blanchâtres, grises, violacées, bleuâtres ou noirâtres. Toute la plante, sauf les graines, est riche en latex visqueux, blanc, et possède une odeur nauséeuse, opiacée (dimensions : racine, 1 à 2 décimètres de long, sur i à 2 centimètres de diamètre; tige, 50 centimètres de diamètre; feuilles, 10 à 50 centimètres de long, sut 5 à 8 centimètres de large; les feuilles bractéifornies du sommet peuvent être réduites de 3 à 5 centimètres de long; pédoncule, 2 centimètres environ ; calice, 5 à 4 centimètres ; pétales, 4 à 8 centimètres; étamines, 2 à 3 centimètres de long et de large; graines, 1 millimètre environ de long).
Cette espèce, cultivée depuis si longtemps dans les jardins et les champs, présente beaucoup de variétés et de formes, dont plusieurs ont souvent été élevées au rang d'espèces. Les piincipales, au point de vue médical notamment, sont pour nous au nombre de deux :
a. album {Papaver officinale Gmel. ; P. album Lob. ; P. somniferum L.). Fleui'S ordinairement solitaires, grandes, à pétales blancs, souvent verdâtres ou jaunâtres à la base, plus rarement teintés en rose ou lilas pâle. Divisions du style au nombre de 10 à 12 au plus, plus ou moins tôt redressées. Fruit variable de forme, ovoïde, subglobuleux ou parfois déprimé et plus large que long (P. album depressum Guib.), non déhiscent. Graines blanchâtres ou légèrement jaunâtres, translucides, rarement, dit-on, bleuâtres ou violacées.
Cette variété se présente sous deux formes secondaires : l'une totalement glabre, et l'autre sétigère, au moins sur certaines parties telles que le pédoncule tloral; et nous avons vu cette variation se produire de semis dans les jardins, avec des graines d'une plante absolument glabre.
p. nigrum. Fleurs souvent géminées ou en petit nombre, ordinairement plus petites que dans la variété précédente, sauf dans les jardins, à pétales violacés, rouges ou pourprés, souvent tachés de noir au-dessus de la base. Fruit ordinairement plus petit que dans la variété précédente, souvent à peu près globuleux. Divisions du style souvent moins nombreuses (6-12), plus ou moins réfléchies sur l'ovaire. Graines noires ou d'un gris plus ou moins foncé, opaques. Cette variété présente deux formes secondaires. Ou elle est entièrement glabre, à dents des feuilles peu dures et mutiques ; ou bien elle devient plus ou moins sétigère (P. seligerum DC.) sur les tiges, les pédoncules, même les calices, les nervures des feuilles, et l'extrémité des divisions de celles-ci est surmontée d'une soie raide plus ou moins prononcée. Cette forme se trouve spontanée en Grèce, à Chypre, aux îles d'Hyères, en Algérie, etc., et l'on croit, nous ne savons pourquoi, qu'elle représente le véritable type sauvage du P. somniferum.
La plupart des parties de ces plantes renferment des réservoirs pour le latex. Ce sont, fait relativement rare parmi les espèces dont la médecine emploie le suc propre, des vaisseaux laticifères, formés de phytocystes unis bout à bout, et dont les cloisons de séparation se sont plus ou moins complètement résorbées ;
750 PAVOT (botanique).
à leur niveau répond une sorte d'articulation. Ces phytocystes présentent des dispositions variées suivant les portions du Pavot dans lesquelles on les observe. Dans les organes de végétation, ils sont placés dans le tissu sous-libérien, et ils consistent en tubes parfaitement continus, assez rarement anastomosés (Trécul). Dans l'ovaire et le Iruit, au contraire, ils s'unissent en faisceaux richement anastomosés, formant les mailles d'un réseau très-compliqué dont les branches rayonnent sous forme d'étoiles accompagnées de vaisseaux spiraux et limitent par leur réunion des polygones inégaux et ii-réguliers dans lesquels demeurent comme encadrés les autres tissus de l'organe. Ceux-ci renferment d'abord beaucoup de fécule.
Les Coquelicots sont aussi des Pavots et appartiennent à la section Rhœas de ce genre. Le véritable Coquelicot ou Pavot rouge sauvage est le Papaver Rhœas L., plante d'origine austro-oi-ientale, probablement introduite avec les céréales dans nos champs, où elle se comporte comme une espèce annuelle. C'est une herbe haute de 50 à 80 centimètres, toute chargée de poils rudes, à feuilles alternes, étroites, profondément pinnatifides, à lobes allongés, inégaux, incisés- dentés, aigus; à fleurs terminales, solitaires. Les sépales, chargés de soies rudes, sont fugaces. Les quatre pétales sont obtus, à onglet court ; les extérieurs surtout, plus larges que longs, sont d'un rouge vif à l'état sauvage, avec souvent une tache plus ou moins foncée à la base. Les étamines sont d'un violet noirâtre et l'ovaire court est couronné d'un bouclier stylaire à un nombre variable de rayons stigmaliques pourprés. L'ovaire a un pied court et il est lui-même court, tronqué, lisse. Son fruit a la même forme, avec un nombre variable de panneaux de déhiscence, et les graines réniformes sont finement réticulées.
Les espèces voisines du P. Bhœas, et qui sont communes dans nos champs, sont confondues avec lui sous le nom de Coquelicots ; ce sont : le P. dubium L., à capsule finalement longue et obconique; le P. hyhridum L., dont la capsule est courte, mais hérissée de soies raides, et le P. Argemone L., où elle est non-seulement hérissée, mais encore étroite et allongée, à peu près comme celle du P. dubium. Ces plantes ont le latex blanc, mais il y a des espèces voisines (ou des variétés) dans lesquelles il est jaune. On emploie en médecine les pétales des Coquelicots comme mucilagineux, calmants, légèrement narcotiques; on croit qu'ils renferment de la Rhœadine (Hesse). Ils font ou devraient laire partie de certains sirops pectoraux, adoucissants. En séchant, ils perdent leur odeur et leur belle couleur rouge, deviennent d'une teinte terne, se chiffonnent plus ou moins et se détériorent bientôt. Aussi dans quelques pays, en Angleterre, par exemple, les pétales frais sont seuls officinaux.
Les P. orientale L. et Tracteatwn L., espèces à verticilles souvent trimères et à pétales rouges, constituant la section Calomecon, sont vivaces, ornementaux, et passent aussi pour avoir des propriétés narcotiques. Leurs valvules de déhiscence s'écartent peu de la paroi du fruit.
Les Pavots cornus sont les Glaiicium. H. B.x.
Bibliographie. — T., Inst. Rei herb., 237, t. 119, 120. — L., Gen., n. 648. — Adass., Fam. des pi., II, 432. — Gj:rtn..' De fruct., I, 288, t. 60. — Lamk, Dict. enc, V, 110 ; Suppl., IV, 335; lUustr., t. 451. — DC, Prodr., I, 117. — Spach, Suite à Buff., VII, 10. — Bernh., in Linnœa, VIII, 462. — Exdl., Gen., n. 4823. — Payer, Organogr., 218, t. 224.— Benth. et HooR. F., Gen., I, 51, 965. — Guib., Drog. simpL, éd. 7, III, 706. — Haisb. et Fldck., Pharmacogr., 37. — Berg et Schm., Darst. off. Gew., t. 15, e, f. — Rosenth., Syn. pi. diaphor., 625. — H. Bâillon, Hist. des pi., III, 107, 135, 140, ûg. 113, 124; Tr. Bot. méd. phanér., 725, fig. 2306-2519. H. Bn.
PAVOT (emploi mkdical). 731
^ II. Emploi inëfiival. Nous avons traité largement des pavots à opium à î'articlo Opidm de ce Dictionnaire. Nous dirons ici quelques mots de chacune des variétés de pavots somnifères. Encore n'avons-nous pas à revenir sur le Papaver Rhœas ou coquelicot dont il a été parlé à son rang alphabétique. Ajoutons seulement qu'une espèce voisine du P. Rhœas, le P. Dubium, a été expérimentée par Loiseleur-Deslongchamps et n'a pas donné de résultats assez sérieux pour profiter à la thérapeutique.
Les capsules du Papaver nigrum fournissent un suc qui, selon Dumas, Pelletier et Caventou, serait plus riche en morphine que celui qui se trouve dans l'opium du commerce. Elles ne sont pas néanmoins admises dans le Codex. C'est le pavot noir qui est exploité pour la récolte d'huile d'œillette, bien que le pavot blanc n'en soit pas dépourvu. On retire des semences par expression 55 pour 100 quand on opère à froid et 50 pour 100, si on opère à chaud. Cette petite huile [olietto) est fluide, de couleur jaunâtre, d'une densité de 0,915 à 0,924, se congelant à — 18" centigrades. Elle est composée principalement, d'après Oudemans, d'un corps gras résultant lui-même de la combinaison de la glycérine avec l'acide linolique (trouvé dans de l'huile de lin) ; elle n'est pas aussi alimentaire que l'huile d'olive et ne possède aucune propi'iété narcotique, bien qu'elle ait été interdite autrefois comme dangereuse.
Le P. Album est le pavot officinal ; on en prépare un extrait alcoolique eu faisant agir l'alcool sur 1/8*= de son poids de capsules concassées et débarrassées de leurs graines. Cet extrait, peu actif, de composition incertaine, est peu usité : la dose serait de 20 à 40 centigrammes. Le sirop de pavot blanc du Codex se prépare avec cet extrait, dont il contient 20 centigrammes par 20 grammes. C'est donc un médicament faible et peu sur, et il vaut mieux employer le sirop (Vopium ou thébàique, qui renferme, pour le même poids de sirop, 4 centigrammes d'extrait (V opium, ou le sirop Diacode du nouveau Codex, qui n'en renferme que 1 centigramme. Le Codex, dans son Index alphabeticus, appelle le premier de ces deux sirops sirop d'opium fort et le second sirop d'opium faible. Or, il y a ici un danger d'erreur, celui de confondre le sirop fort avec le sirop faible ; sans doute un pharmacien prudent à qui l'on demandera simplement du sirop d'opium délivrera du plus faible, qui est le sirop Diacode ; mais malheureusement les praticiens sont exposés à s'égarer sur la composition de ce sirop, dont le nom Diacode était donné dans les anciens codex au sirop de pavot blanc ; cette confusion est regrettable et excite des plaintes générales.
Chevallier a publié vers 1868 un mémoire sur les empoisonnements produits par les capsules du pavot blanc officinal et a signalé le danger du maniement de cette substance, tantôt très-vireuse quand les capsules sont récoltées trop longtemps avant la maturité des grains, tantôt à peu près inerte quand on en a trop retardé la cueillette. Il a constaté de plus, comme Boutigny, la diversité trèsgrande des dimensions et du poids des capsules du commerce, qui pèsent 2, 4, 6, 12 et même 15 grammes, et qui correspond à des variations de volume s'exei'çant dans les limites de 2 à 26 centimètres de circonférence. Suivant Meurein (de Lille) les grosses capsules seraient proportionnellement plus riches en opium que les capsules moyennes. Le Codex de 1866 fixait à 8 grammes le poids des capsules de pavot blanc séparées de leurs graines et récoltées avant maturité : mais qui ne comprend qu'un triage pareil, qui exigeait un trèsgrand soin et le sacrifice d'un bon nombre de capsules, est une garantie abso-
752 PAYCO.
lument illusoire? Le Codex de 1884 a résisté à toute fixation de ce genre, adoptant ainsi implicitement le dosage des capsules de pavot en poids. Stanislas Martin a proposé, pour transiger avec les habitudes des herboristes et des acheteurs, de fixer la grosseur des tètes de pavot au volume d'un gros œuf de poule, ce qui correspond à environ 5 à 6 grammes {Bull, de thérap., 1868, t. LXXV, p. 506). Cette approximation est suffisante en effet pour écarter tout danger, en supposant (ce qui est, comme on vient de le voir, inexact) que l'activité d'un même poids de capsule ne varie pas.
Des exemples nombreux d'empoisonnement ont démontré le danger des lavements de tête de pavot qui sont employées dans la médecine domestique comme moyen banal de traitement des diarrhées. Lécuyer-Villermay, Petit (de Corbeil), et d'autres ont cité des faits de ce genre et nous en avons rencontré pour notre part. L'usage d'une décoction de pavot pour combattre les tranchées des enfants est une pratique périlleuse. Chez l'adulte même, il faut en user avec prudence, et, en général, on devra préférer aux lavements de décoction de pavot les lavements au laudanum.
Cette décoction s'emploie souvent en lotions contre les inflammations douloureuses. Ou peut aussi l'administrer sous la forme balnéaire. Dans la rachialgie, dans les névralgies des membres, un grand bain à l'eau de pavot apporte souvent beaucoup de soulagement, surtout si le bain est en même temps légèrement sinapisé pour faciliter l'absorption cutanée. Une précaution à prendre, dans ce cas, est de placer sur la baignoire une couverture qui protège la face contre la vapeur de l'eau du bain. Dechambre.
PAXILLE [Paxilhis Fr.). Genre de Champignons-Hyménomycètes, du groupe des Agaricinées, dont les représentants sont caractérisés par le chapeau mou, visqueux, à bords toujours enroulés en dedans. Les lames, nombreuses et très-sinueuses, se laissent facilement détacher; elles présentent des ramifications interrompues, presque anastomosées. Les spoi-es sont ovoïdes ou arrondies, couleur de rouille.
Ces Champignons se rencontrent, au printemps et à l'automne, principalement dans les forêts d'arbres à aiguilles, sur les vieux troncs des pins. Tels sont les p. paneolus Fr., P. alro-lomentosm Batsch. et P. pannoides Fr. ; cette dernière espèce se développe également dans les maisons et les caves, sur les vieux bois ou les boiseries humides. Ed. Lef.
PAXTOIX (James). Médecin anglais, a fait ses études médicales à Oxford, devint membre du Collège des chirurgiens de Londres; il est mort vers 1840. On connaît de lui :
I. Case of Scirrhous Pylorus, and Mortification of the Stomach. In Edinburg Med. and Surg. Journ., t. XV, p. 528, juillet 1819. — II. Spécimen of an Introduction io the Study of Human Anatomy. Oxford, 1830, in-8°. — Ht. An Introduction of the Study of Human Anatomy. Oxford, I83I, in-8", 2« édit. Edimbourg, 1832-1834, 2 vol. in-8°. Edition américaine avec additions par Winsiow Lewis. Boston, 1832-1 83 i, 2 vol. in-8°. — IV. Pylorus and Mortification of the Stomach. In Edinburg Med. and Surg. Journ., t. XV, p. 528, 329, juillet 1819. A. D.
PAYCO. D'après Monardès, on donne ce nom à une plante du Pérou, dont les feuilles ressemblent au plantain. Elles sont employées en poudre contre les maladies des reins et de la vessie. Pt.
PAYEN (Les). 733
PAYEl^ (Les).
Payen (Charles). Médecin de Paris, qui a joui dans son temps d'une jj'rande réputation par son savoir, son habilité pratique et son caractère. Né à Paris en 1715, il fut reçu docteur le 15 octobie 1736, occupa la chaire de professeur de chirurgie en langue française, fut chargé de la conservation des livres de la Faculté, devint médecin de l'IIôtel-Dieu en 1755, et mourut le 14 juillet 1773, âgé de soixante ans. Le lendemain il était inhumé dans l'église de Saint- Paul.
Nil novi sub sole. Les docteurs de la Faculté qui sollicitaient la place de médecin de l'IIôlel-Dieu faisaient des visites aux membres du bureau. Les archives de l'Assistance publique ont conservé quelques billets que laissaient ces candidats chez ceux des administrateurs qu'ils ne rencontraient pas à leur domicile. On y trouva une lettre de Payen qui fait honneur à son caractère, et qui est adressée à un docteur Lowy, rue Jean-de-Beauvais, nous en reproduisons un passage : « Après dix-huit ans de doctorat, j'avouerai franchement que les démarches qu'il est d'usage de faire en pareil cas me coûteraient trop pour m'y conformer. Et c'est ce qui a toujours luit mon éloignement pour cette place, trouvant de la témérité à espérer qu'on voulût bien m'en dispenser. » A. C.
Payen (Jean-François). Médecin érudit de ce siècle, si connu par ses nombreux travaux sur Montaigne, par la collection unique qu'il a laissée des éditions des Essais, et par sa remarquable bibliothèque sur les eaux minérales (709 n"). 11 naquit à Paris, presque avec le siècle, le 24 juillet 1800. Reçu docteur à Paris, le 23 juillet 1828, il devint chirurgien de la Société philanthropique (1851), médecin des bureaux de bienfaisance (1835), et est mort le 7 février 1870. Presque toute sa vie s'est passée à collectionner les nombreux ouvrages sur les eaux minérales, et à rendre à Montaigne le plus éclatant hommage que l'on puisse adresser à un grand homme : souvent au prix de grands sacrifices il avait rassemblé tout ce qu'il avait pu touchant le grand moraliste : autographes, livres, gravures, portraits, bustes; il s'était rendu acquéreur d'une trentaine d'ouvrages portant des notes de la main de Montaigne, et s'était procuré tous les ouvrages relatifs à l'auteur des Essais, tous les fragments, les journaux, les publications quelconques, dans lesquelles il était fait mention de Montaigne. Dieu merci ! cette unique collection n'a pas été disséminée sous le marteau du commissaire-priseur, et elle fait maintenant partie des richesses de la bibliothèque nationale de Paris, qui l'a achetée, en 1870, pour la somme de 30 000 francs. Voici les titres de quelques-unes des publications de Payen :
1. Notice bibliographique sur Montaigne. Paris, 1837, in-cS". — II. Premier supplément à la notice bibliographique sur Montaigne. Paris, 1857, in-8° — III. Deuaième supplément... 1860, in-S°. — IV. Documents inédits ou peu connus sur Montaigne. Paris, 1847, in-S". — V. Nouveaux documents... Paris, 1850, 111-8°. — VI. Documents inédits sur Montaigne : Éphémérides, lettres et autres pièces autographes et inédites de Michel de Montaigne et de sa file Éléonore. Paris, 1853, 10-8°. — VU. Recherches sur Montaigne. Paris, 1856, in-8". — VIII. Maison d'habitation de Montaigne à Bordeaux. Paris, 1855, in-8. — IX. De Christophe Kormart, et de son analyse des Essais de Montaigne. Paris, 1849, in-8°. — X. Note bibliographique sur Etienne de la Boëtie, 1846. — Xt. Notice bio-bibliographique sur la Doêtie, l'ami de Montaigne. Paris, 1853, in-8''. — XII. Mémoire sur la luxation de champ de la
rotule. In Journ. de Malgaigne, 1847. — XIII. Plusieurs mémoires sur les eaux minérales.
XIV. Une thèse doctorale sur les eaux minérales de Louesche, ii<2^, in-S°. A. C.