MORTALITÉ GÉNÉRALE DE LA POPULATION PARISIENNE
MORTALITÉ. (Nomlire 'les décès par an ANNÉES. et par 1000 liahilants.J
1826— l'-SO 52,74
1851-1855 54,65 (Choléra en 1852.)
185fi-1840 29,2
1846—1850 31,65 (Choléra en 1849.)
18r)l-185o 29,75 (Choléra en 1854 et 1855.)
1866—1870 27,9 (Choléra en 1865.)
1873 22,15 } Moyenne. . . . 26,5
1878 25,4 [ Moyenne .... 24,28
Il importe de noter qu'en ces chiffres il n'est question que des morts survenues à Paris et nullement de ces nombreux décès des Parisiens en province, et spécialement de la mortalité des enfants de 0 à 1 an, mortalité due à l'industrie des nourrices et qui se réalise dans les 15 ou 16 départements qui environnent celui de la Seine.
Dans ces départements, en effet, la mortalité infantile (0 à 1 an] varie de 230 à 300 sur 1000, le chiffre moyen en étant de 179 pour la France entière.
Nous y revenons ci-dessous, mais, en somme, en lui-même déjà le tableau précédent fournit de graves résultats, car il démontre que, malgré les chances de résistance d'une population où dominent les adultes, la mortalité générale moyenne de Paris est à peu près identique à celle de la France entière (22 à 25 pour 1000 vivants).
Pourquoi celte mortalité parisienne n'est-elle point réduite en raison de la vitalité apparente de sa population et de la rareté relative des existences les plus fragiles, enfants et vieillards?
C'est qu'il n'est pas une période de la vie qui ne subisse à Paris, relativement à l'ensemble du territoire, une augmentation des chances de mort.
Le tableau suivant (p. 289), dont nous empruntons les éléments aux travaux de Bertillon, établit dans les deux colonnes A et B la ilifférence des coefficients de mortalité, par groupes d'âges, suivant qu'il s'agit des habitants de Paris ou de ceux de toute la France ; les colonnes suivantes démontrent combien de vies seraient épargnées, si les Parisiens pouvaient truquer le danger de mort qui leur est propre contre celui de la moyenne des Français.
D'après ce tableau on constate : 1° que c'est d'une part le premier âge, 0 à 5 ans, période où l'on meurt à Paris deux fois et demi plus qu'en France, et, d'autre part, les âges de 50 à 50 ans, qui payent Ls plus gros excédants; 2» que pour tous les âges pris ensemble la population parisienne ne devrait donner, bon an, mal an, que 55 046 décès, et qu'elle en compte 45 951, soit annuellement nn excédant d'environ 1 1 000 décès que lui coûte le milieu parisien.