DE TOL
Paris.
ÎONS
ÉRANCE.
Banlieue.
Les mineures inscrites d'office, pour avoir été arrêtées plusieurs fois en
llagrant délit, représentent environ le quart de la totalité des lilles inscrites !
Toutes les colonnes du tableau précédent établissent la diminution progressive du nombre des (illes inscrites et permettent de conclure à l'augmentation de celles qui se livrent à la prostitution clandestine.
Or le danger de propagation de syphilis incombe surtout aux filles insoumises, à la prostitution clandestine. Ainsi, en 1885, sur 1655 hommes malades, la contagion a été opérée :
-,.,.., . . ... I 924 coureuses.
Chez IMi par des insoumises, .dont ■ • • • { 490 autres insoumises.
Chez 219 par des inscrites, dont.
\ 139 isolées.
) 80 en maison.
L'influence pernicieuse des insoumises sur la santé publique peut, du reste, être mieux encore mise en relief d'une autre façon. Mauriac a interrogé les hommes qu'il soigne à l'hôpital du Midi sur la source où ils avaient puisé la maladie dont ils étaient atteints. Or, en ne tenant compte que des renseignements offrant une assez grande précision, il est arrivé aux résultats suivants. Sur 5008 malades atteints de syphilis, de blennorrhagie ou de chancres mous, la contamination a été opérée:
„. ...^ j . . , C 236-1 coureuses.
Chez 4012 par des insoumises, dont - • • • | i648 autres insoumises
Chez 735 par des inscrites j ^3 ê'„°'maison.
Et chez 263 seulement par des femmes non prostituées.
Même en tenant compte des erreurs qui ont pu se glisser dans cette statistique, la signification des chiffres ci-dessus n'en reste pas moins extrêmement frappante. Ils montrent que la véritable source de la syphilis, au moins dans la classe ouvrière, celle qui fréquente les hôpitaux, se trouve dans la prostitution clandestine.
Dans un ra|)port récent (octobre 1885) sur la réglementation de la prostitution à Paris, Vibcrt rappelle combien est difficile la surveillance des femmes qui se livrent à la prostitution clandestine :
Bien que ces femmes soient très-dangereuses au point de vue de la santé publique, il est très-difficile de les soumettre à l'action de la police, parce que cela exigerait un personnel très-nombreux et nécessiterait des recherches et des enquêtes qui seraient la source de scandales, d'erreurs déplorables, de réclamations et de protestations incessantes. C'est ce que l'expérience a, du reste, démontré, car autrefois, à une époque oîi F Administration rencontrait moins d'entraves qu'aujourd'hui, elle a essayé à plusieurs reprises d'atteindre les femmes dont il s'agit; l'établissement qui leur était réservé, spécialement connu sous le nom de petit Dispensaire, a dû être fermé, faute de clientes.
Ce fait du danger spécial des filles insoumises a constitué, conséquence bien bizarre et bien inattendue, l'un des arguments contre la réglementation de la prostitution à Paris; on a prétendu que, dès lors, tout contrôle des maisons de tolérance devenait superflu; on a été plus loin : on a invoqué des raisons d'ordre mor^l, l'illégalité de mesures s'appliquant à la femme seule et mettant la prostituée hors du droit commun.
Nous regretterions pour notre compte qu'il fût donné suite à ces prétendues idées de liberté dont l'application serait si redoutable pour la santé de la population parisienne.
Nous estimons que l'on doit redoubler de précautions à l'égard de ces foyers
d'infection dont l'assainissement n'est que le résultat d'une surveillance rigoureuse, et ([ui deviendraient bien autrement dangereux que ne l'est la prostitution clandestine, le jour où cette surveillance cesserait de leur être appliquée.
Les filles isolées sont visitées une fois par quinzaine dans un loc;il particulier de la préfecture de police, appelé le Dii^pensaire ; les filles en maison le sont une fois par semaine, à domicile.
Les femmes que le médecin désigne comme malades et comme devant être séquestrées sont envoyées directement du Dispensaire à l'infirmerie de la prison Saint-Lazare. Ces femmes sont, outre celles qui présentent des accidents syphilitiques contagieux (chancres indurés, plaques muqueuses, etc.), celles qui sont atteintes de chancres mous, d'ulcérations du col, de blennorrhagie et, d'une façon générale, de suppuration des organes génitaux; enfin celles qui sont atteintes de gale.
Le nombre des visites annuelles oscille autour de 100 000; en voici les^ résultats pour cinq années :
ANNÉES