L. Hn
PARKIA. Genre de plantes, de la famille des Légumineuses, division des Mimosées, auquel R. Brown a donné le nom du célèbre voyageur Mungo Park, et qui lui-même est devenu le type d'une série des Parkiées. Le plus ancienne-
us PARKINSON (Les).
ment connu de ces végétaux était YInga blglobosa de Willdenow, dont l'inflorescence a la forme d'une poire, avec un étranglement plus ou moins prononcé vers le milieu de sa hauteur. Ses fleurs ont un calice irrégulier, cinq pétales valvaires, dix étamines et un gynécée de Légumineuse, qui devient une gousse bivalve. Ce sont des arbres de presque tontes les régions tropicales, à feuilles bipinnées. Les fleurs sont polygames, et chacune d'elles occupe l'aisselle d'une bractée, d'abord forlement imbriquée. Le P. blglobosa (P. africana R. Br.) est employé en Afrique par les nègres qui font griller ses semences, les brisent et les laissent fermenter dans l'eau. Quand la pâte commence à se putréfier, on la lave, puis on la pulvérise. On obtient ainsi une farine alimentaire, tonique, dont on fait des tablettes. C'est un condiment qui se mêle aux viandes cuites. La graine est entourée d'une substance farineuse qui sert à préparer un aliment et une boisson. C'est un des Cafés du Soudan connus, car d'autres graines ont également reçu ce nom. Outre les propriétés générales du café, celles-ci ont la réputation d'être aphrodisiaque. A Oware, il porte le nom de Nety, et W. Brown a cru que c'était le Nitta de Mungo-Park, dont la semence est un des Doura des indigènes. Dans l'arcbipel Indien, le P. speciosa Hassk. se vend dans les bazars comme alimentaire. Quant au P. intermedia Hassk., qui est de Java, c'est dans ce pays une plante médicinale. Ses graines sont amères et toniques.
H. Bn.
RiBLioGRAPiiiE. — R. Bnowx, in Oud/i-, Denh. et Clappert. App., 234. — Endl., Gen. n. 6810. — Mér. et de L., Dict. Mat. méd., III, 605.— Rosenth., Syn. plant. diaphor.,lOb\. — H. Bn, Hisf. ilesjfl; II, 56, 56, 67, fig. 24-27. H. Bn.
PARKini (John). Médecin d'origine anglaise, servit longtemps dans la compagnie anglaise des Indes Orientales. Il se fixa plus tard à Madrid, en Espagne, où il vivait vers le premier tiers de ce siècle.
Parkin a beaucoup observé le choléra, en Angleterre et à Barcelone. Il était membre honoraire du Collège des chirurgiens de Londres. Nous connaissons de lui :
I. On the Efficacy of Carbonic Acid Gas in the Diseases of Tropical Climates, with Directions for the Treatment of Acute and Chronic Stages ofDyseiitery. London, "1836, in-S°. — II. On the Antidotal Treatment of the Epidémie Choiera, with a Sketch of the Physiology of the Disease, as Deduced from that of Intermittent Fevcr. London, 1836, in-8°. Cet ouvrag'e a été traduit en espagnol, en allemand et en italien. — III. An Inquiry inlo the Cause, Nature and Treatment ôf Goût, etc. London, 1841, in-S". — IV. On the Bemote Cause of Epidémie Diseases. London, 1841, in-8°. L. Hn.
PARKI1\S01\ (Les).
Parkinson (John). Très-savant botaniste et pharmacien anglais, né à Londres en 1567. Il exerça pendant de longues années la pharmacie à Londres, devint apothicaire de Jacques P"" et obtint de Charles I" le titre de Botanicus regius primarius. La date de sa mort n'est pas connue, mais on a lieu de présumer qu'il vécut jusqu'à l'âge de soixante-douze ans. L'étude de la botanique fut son occupation favorite ; il avait un jardin rempli de plantes et de fleurs rares, et il s'attacha, dans ses écrits, à en décrire les propriétés aussi bien que les usages communs ou scientifiques. En 1629, il publia Paradisi m Sole Paradisus terrestris, or a Choice Garden of ail Sorts of Rarest Flowers (London, 1629, in-fol., avec 109 fig. en bois, réimpr. en 1656, avec desaddit.). Les plantes n'y sont point rangées en ordre ; il en décrit isolément environ un
PARKINSONIA. 349
millier. Malgré de nombreuses inexactitudes, ce livre est curieux en ce qu'il offre l'état des jardins anglais : ainsi l'on y cultivait à cette époque plus de 100 variétés de tulipes, 60 d'anémones, 62 de prunes, 64 de poires, etc. On doit faire remarquer qu'en se servant de l'expression de Paradisus in Sole l'auteura voulu jouer sur son propre nom qu'il décomposait ainsi : Park in sun. Un recueil plus considérable encore est son Thealrum bolaniciim, en anglais (London, 1640, gros in-fol. avec un grand nombre de figures en bois), où il a décrit 3800 plantes classées en 17 tribus d'après les propriétés ou la conformation générale. Plus complet et plus original que les précédents ouvrages de Gérard et de Johnson, ce recueil est moins commode à consulter. Plumier a donné le nom de Parkinsonia à un joli arbuste de la famille des Légumineuses {Biogr. Didot).
Parkinson (James). Médecin anglais, mort vers 1835, à Hoxten (Middlesex), où il exerçait son art depuis de longues années. Il avait le titre de Surgeonapothecary et de membre du Collège des chirurgiens de Londres. On désigne quelquefois sous le nom de maladie de Parkinson la paralysie agitante, que le savant médecin anglais décrivit pour la première fois en 1817, sous le nom de Shaking Palsy. Parkinson a du reste publié un assez grand nombre d'ouvrages estimés :
I. Médical AdmonUions, addresscd lo Families respecting the Practice of Domestic Medicine and the Préservation of Health. London, 1799, 2 vol. in-12; 6» édit., ibid., i812, in-8°. — 11. The Villager's Fviend and Physician, etc. London, 1800, in-12. — The Hospital Piipil, or Observations, etc. London, 1800, in-S" ; 2" édit., ibid., 1817, in-12. — IV. The Chemical Pocliet-Book. London, 1799, in-12. — V. ilinls for the Iniprovement of Trusses. London, 1802, in-8°. — VI. The Waij to Health. London, 1802, in-8". — VII. Observations on the Nature and Cure of the Goût. London, 1805, in-S". — VIII. Observations on the Excessive Indulgence of Children. London, 1807, in-8°. — IX. Observation on the Act for Begulatiîig Madhouses. London, 1811, in-8". — X. Essay on the Shaking Palsy. London, 1817, in-S". — XI. Observations on the Necessity of Parochial Fever Wards. London, 1818, in-8". — XII. Articles dans les recueils périodiques. L. Hn^
Parkinson (J.-W.-A.). Fils du précédent, exerça la médecine à Iloxton, puis à Islinglon près de Londres. Il était membre du Collège royal des chirurgiens de la métropole. L'époque de sa mort nous est inconnue. Il a publié des mémoires sur V hydrocéphalie {London Médical Repositary, 1817), sur la fièvre typhoïde, avec James Parkinson {ibid., 1824), et a fait paraître divers ouvrages de Hunter. L. Hiv.
PARKIIVSOIMIA. Doscourtils a fait connaître, dans sa Flore médicale des Antilles (I, 54), qu'à Sigalina les mulâtres pulvérisent les fleurs de Parkinsonia aculeata L. et les emploient comme fébrifuges. On sait aujourd'hui que les graines ont les mêmes propriétés et servent surtout au traitement des fièvres intermittentes. L'écorce et les feuilles ont été appliquées au traitement de la consomption des enfants. Le P. aculeala est un arbre ou un arbuste, aujourd'hui transporté d'Amérique dans toutes les régions tropicales du globe. Il appartient aux Léguraineuses-Caesalpiniées, série des Eucaesalpiniées, et il a presque la fleur d'un Cœsalpinia, peu irrégulière, avec un calice membraneux, une gousse linéaire et toruleuse. Ses feuilles ont ua pétiole court et spinescent et de longues pinnules, peu nombreuses, chargées de très-petites folioles. H. Bn.
BiBuoGBAPiiiE. — Plum., (V. gcu, amer., 25. — L.vmk, llluslr., t. 536. — Mér. et le L., Dict.
Mat. mcd., V, 206. — Rosentii., Syn. pi. diaphor., 1035. — H. Bîj, Hial. des pi., 11,81, 171. H. B.\.
PARLATOBE (FiLii'Po). Médecin et naturaliste italien, né à Palerme le 8 août 1816, mort à Florence le 9 septembre 1877. Il fit ses études à l'Université de sa ville natale, se fit recevoir docteur en 1834 et pratiqua la médecine pendant plusieurs années. Il quitta la Sicile en 1840, parcourut l'Italie, la Suisse, la France, et assista en 1841 au Congrès des savants italiens à Florence. En 1842, le grand-duc de Toscane, Léopold II, rétablit en sa faveur la chaire de botanique supprimée depuis trente ans et lui confia la direction d'un herbier destiné à renfermer toutes les plantes connues. Parlatore fit à un moment donné un voyage dans le nord de l'Europe et pénétra jusqu'en Laponie. Outre sa célèbre Flora italica, qui a été son principal ouvrage, Parlatore a publié un grand nombre d'ouvrages et de mémoires sur diverses flores locales, sur la botanique comparée, sur la philosophie des sciences naturelles, la paléontologie végétale, etc. On les trouvera énumérés pour la plupart dans le Thésaurus lileralurœ hotanicœ de Pritzel. L. Hn.
PARMÈLIE (Parmelia Âch.). Genre de Lichénacécs, qui a donné son nom au groupe des Parméliées.
Les Parmélies vivent sur les troncs d'arbres, les rochers et les pierres des murs. Leur thalle membraneux, très-rarement fruticuleux, est lobé ou à expansions diversement laciniées, de couleur jaune, grise ou brune. Les apolhécies sont épaisses, urcéolées, d'abord concaves, puis planes. Les thèques, que l'iode concolore en bleu, renferment huit petites spores ellipsoïdes ou sphériques. Le conceptacle des spermogonies est noir ou de couleur foncée, et les stérigmates, articulés, portent des spermalies aciculaires, fusiformes.
On connaît environ cinquante espèces de ce genre. La plus répandue est le p. saxatilis Ach. ou Lichen saxatilis de Linné, qui se rencontre très-communément en Europe sur les rochers et les troncs d'arbres. Son thalle est gris cendré en-dessus avec les apothécies d'un brun roux. On l'employait autrefois, en infusion, contre la diarrhée et les fièvres intermittentes. Selon plusieurs auteurs, c'est lui qui constituait le Muscus cranii humani, auquel on attribuait une foule de vertus merveilleuses. On ne s'en sert plus, de nos jours, que dans la teinture; il renferme de l'acide chrysophanique.
Plusieurs autres Parmelia fournissent des matières colorantes qui pourraient être utilisées : tels sont notamment les P. perlata Ach., P. conspersa Ach., P. acetabulmn Durb., P. olivacea Ach. et P. stijgia Ach. ; ce dernier surtout donne une belle couleur pourpre foncé. D'après Mérat, le P. physodes Ach. est employé par les Kirghiz pour hâter la guérisondes plaies.
Le P. esciilenta Spreng. est le Lecanora esculenta Eversm. [voy. Lécanore).
Ed. Lef.
PARMÉXIE. Nom vulgaire donné à ï Hellébore fétide ou Pied de griffon {Eellehorus fœtidus L.). Pl.
PARMEMTIER (Antoixe-Augusti>). Dès Tannée lo45 , l'amiral anglais Walter Ralegh rapportait la pomme de terre de l'Amérique septentrionale, et en 1771 on en contestait encore l'utilité; c'est à peine si on la considérait
comme une dernière ressource dans des temps de disette, et on la donnait particulièrement aux cochons. Le discrédit du tubercule augmenta encore lorsque, d;ins une feuille publique [Annonces, affiches et avis de la Haute et Basse- Normandie, vendredi l^'' février 1771, p. 19), on essaya de la représenter comme impropre à la nourriture de l'homme, et dangereuse à cause de ses propriétés alfaiblissantes. L'abbé Terray, alors contrôleur général des finances, s'émut de cet entretilet publié dans une feuille à peine connue à Paris, mais très-répandue en Normandie, où, à cause du voisinage de l'Angleterre, l'usage des pommes de terre s'était répandu mieux que partout ailleurs, et, le 26 février 1771, il écrivit à la Faculté de médecine de Paris pour lui demander son avis sur ce qu'il y avait de vrai ou d'erroné dans les accusations portées par le journal normand. La réponse de la Faculté vengea les pommes de terre des assertions de l'anonyme normand et, dans un mémoire qui a été imprimé sans doute pour être envoyé de tous côtés, de Gévigland, Bercher, Roux, Darcet, s'exprimèrent ainsi :
« Les pommes de terre, inconnues en Europe avant la découverte du Nouveau Monde oij elles viennent naturellement, y ont été transplantées il y a environ deux siècles. Cultivées depuis ce temps-là pour la nourriture des hommes et des bestiaux, elles sont devenues si communes, qu'il n'y a presque plus de province où l'on n'en trouve, et où ces racines tubéreuses ne soient regardées comme une ressource utile en tout temps, et nécessaire dans le cas de disette. Excités par l'amour du bien public, tous les auteurs i\m ont parlé de cet aliment ont cherché, par les éloges qu'ils en ont faits, à intéresser les cultivateurs et même à attirer l'attention du gouvei'nement sur un objet qu'ils regardent comme singulièrement important » {Reg. comm. de la Faculté de méd. de Paris).
Eh bien, malgré cet avis favorable des médecins de Paris, l'usage de la pomme déterre reste, en France, à peu près réservé aux pourceaux; les mauvais plaisimts s'en moquent, les grands croiraient dégénérer, s'ils la présentaient sur leurs tables somptueuses. 11 y eut alors (1773) un homme, un modeste savant, qui défendit la cause du tubercule honni, méprisé, ridiculisé de Ions côtés; la pomme de terre à la main, il se présente chez les grands, chez les ministres; il la déclare la subsistance d'un grand peuple, l'alinjent du pauvre, le soutien dans la misère ; il dit bien haut que cette pomme de terre, qu'il a étudiée, analysée avec le plus grand soin, recèle une fécule pure, d'une blancheur éblouissante, d'une saveur agréable ; qu'on peut en former des mets délicieux de toute espèce ; qu'elle se multiplie avec une étonnante fécondité, dans un sol ingrat, presque sans culture. L'année 1785 arrive, le blé manque, les calamités s'étendent de toutes parts. Le même savant parvient alors à se faire écouter. Il obtient de Louis XVI le prêt de cinquante arpents d'une terre mauvaise, inculte, située aux portes de Paris (Sablons, près deNeuilly); il y plante la pomme de terre, dont les premières fleurs vont orner, dans un jour de cérémonie publique, la boutonnière du roi ; le tubercule arrive à la maturité ; il est distribué à profusion; il pénètre chez les grands, dans le peuple...; on finit par en raffoler, et dès lors la pomme de terre a suivi le chemin que l'on sait.
Honneur à l'homme qui a accompli cette sorte de miracle ! Honneur à Parmentier, qui a doté l'humanité d'une admirable ressource alimentaire !
Il naquit le 17 août 1737, à Montdidier, dans le département de la Somme, d'une famille bourgeoise peu fortunée. Après avoir reçu les leçons d'un ecclé-
siastique, il commença très-jeune son apprentissage chez un pharmacien de sa ville natale. Bientôt après, en 1755, il vint à Paris se placer comme élève eu pharmacie, chez son parent Simmonet. La guerre de Hanovre ayant éclaté, le jeune homme fut employé dans l'armée française en qualité de pharmacien (1757). La paix ramena Parmentier à Paris en 1765; il était déjà riche d'observations et plein du sentiment de ses forces. Il employa les premiers temps du retour et les fruits de son économie à son instruction ; il suivit les cours de physique de l'abbé J\ollet,ceux de chimie des frères Rouelle et, avec J.-J. -Rousseau, les herborisations de Bernard de Jussieu. Puis, en 1765, une place de pharmacien gagnant maîtrise étant devenue vacante aux Invalides, il se présente au concours et est nommé. Le brevet d'apothicaire major lui échut en 1778. C'est vers cette époque que commence la carrière brillante de Parmentier, celle qui l'illustra, et le rangea parmi les plus grands philanthropes de la France. Peu soucieux de faire pai'ade de science, il n'a qu'un but : ne prendre que l'essentiel du vrai savoir, l'approprier aux objets du plus haut intérêt, avoir pour objectif principal le bien-être des peuples. Le point de départ de tous ses travaux fut le prix qu'il remporta en 1771, sur cette question proposée par l'Académie de Besançon : La recherche des plantes alimentaires, car à dater de cette époque on le voit publier d'année en année une foule de recherches, d'observations, d'analyses sur les grains, les farines, les maladies du froment, s'adresser aux bonnes ménagères, perfectionner la meunerie, la boulangerie, établir la mouture économique, travailler à la conservation des grains, au chaulage du blé, à sa carie, à sa moucheture, à la châtaigne, aux champignons, aux eaux communes, aux eaux minérales, à la panification, au maïs, à la patate, au topinambour, aux oiseaux de basse-cour, à l'économie rurale et domestique, à l'établissement des soupes économiques de Rumford, à la vigne et au vin, etc. En un mot, il ne resta étranger presque à aucun problème qui intéresse directement la vie de l'homme. A. -A. Parmentier, qui était resté célibataire, vivant avec sa sœur, femme de beaucoup de sens et d'esprit, est mort, à l'âge de 76 ans et cinq mois, le 17 décembre 1815, d'une affection chronique des poumons. Ses restes mortels furent portés au Père-Lachaise, et sur la pierre tumulaire on grava ces simples mots : Ci-git Parmentier ; il aiua, il éclaira les hommes ;
MORTELS, BÉiMSSEZ SA MÉMOIRE.
Yoici les principaux ouvrages susceptibles d'interresser la médecine :
I. Traité delà châtaigne. Paris, 1770. in-12; Paris et Bastia, 1780. in-8°. — II. Mémoire sur les plantes alimentaires. V avis, 1772, in-12. — III. Examen chimique des pommes de terre, dans lequel on traite des parties constituantes du froment et du riz. Paris, 1773, in-12. — IV. Méthode facile pour conserver à peu de frais les grains et les farines. Paris, 1774, in-12. — V. Analyse de la carie du froment. Paris, 177G, in-i". — YI. Expériences et réflexions relatives à l'analyse des blés et des farines. Paris, 1770, in-8°. — YII. Manière de faire le pain de pommes de tei-re, sans mélange de farine. Paris, 1779, in-4"'. — VIII. Mémoire sur les difficultés à vaincre dans l'analyse des eaux minérales. Paris, 1780, in-8°. — IX. Discours d'ouverture de l'École de boulangerie. Paris, 1780, in-S". — X. Recherches sur les végétaux nourrissants, qui, dans les temps de disette, peuvent remplacer les aliments ordinaires ; avec de nouvelles observations sur la culture des pommes de terre. Paris, 1781, in-12. — XI. Expériences et réflexions 'relatives à l'analyse du blé et des farines. Paris, 1781, in-S". — XII. Remarques sur l'usage et les effets des champignons. Paris, 1782, in-S". — XIII. Mémoire sur les blés du Poitou. Paris, 1785 (avec Cadet-de-Vaux). —
XIV. Quel serait le meilleur procédé pour conserver le plus longtemps possible, ou en grain, ou en farine, le nmis Mémoire couronné par l'Acad. de Bordeaux, in-4°. —
XV. Instruction sur les moyens de suppléer à la disette des fourrages, et d'augmenter la subsistance des bestiaux. Paris, 1785. — XVI. Dissertation sur la nature des eaux de la Seine Paris, 1787, in-8°. — XVII. Vues générales sur les principes des eaux minérales
PARNASSIE. 355
de France. — XVIII. Observations sur les fosses d'aisance Paris, 1787 (avec Cadct-de-
Vaux). — XIX. Mémoire sur la culture des pommes de terre aux plaines des Sablons et de Grenelle. Paris, 1787, in-8°. — XX. Mémoire sur le chaulage, considéré comme préservatif de plusieurs maladies du froment. Paris, in-8°. — XXI. Mémoire sur les moyens d'augmenter la valeur réelle des blés mouchetés. Paris, in-8'\ — XXII. Mémoire sur la manière de cultiver et d'employer le mais comme fourrage. Paris. — XXIII. Traité sur la culture et les usages des pommes de terre, de la jmtate et du topinambour. Paris, 1789, 111-8°. — XXIV. Instruction sur la conservation et les usages des pommes de terre. Paris. — XXV. Déterm'intr par l'examen comparé des propriétés physiques et chimiques, la nature des laits de femme, de vache, de chèvre, d'ânesse, de brebis et de jument. Paris, 1790, in-S" (avec Deyeux). — XXVI. Mémoire sur le sang. Paris, 1791, in-4° (avec Deyeux). — Mémoire sur la nature et la manière d'agir des engrais. Paris, 1791, iii-S". — XXYII. Analyse de la patate, 1792. — XXVIII. Mémoire sur les salaisons. Paris, 1793, in-S". — XXIX. Rapport sur le pain des troupes. Paris, 1800, in-S". — XXX. Rapports : 1° sur l'inoculation gratuite de la vaccine aux indigents; 2" sur les soupes de légumes, dites à la Rumfort; 3° sur la substitution de l'orge mondé au riz. Paris, 1804, in-4°. — XXXI. Instruction sur les moyens d' entretenir la salubrité et de purifier l'air dans les salles des hôpitaux militaires. Paris, in-8°. — XXXII. Vues générales sur la méthode de gouverner les vins en tonneaux et en bouteilles. Paris, in-8°. — XXXIII. Code pJiarmaceutirjue à l'usage des hospices civils, des secours à domicile. Paris, 1807, in-S". — XXXIV. Vues générales sur l'eau considérée comme boisson des troupes. Paris, in-8°. — XXXV. Instructions sur les sii-ops et conserves de*raisins destinés à 7-emplacer le sucre. Paris, 1808 et 1809, 111-8°. — XXXVI. Formulaire pharmaceutique militaire. Paris, in-8°. — XXXVII. Traité sur l'art de fabriquer les sirops et les conserves de raisins destinés à suppléer le sucre des colonies. Paris, 1811, in-S". — XXXVIII. Aperçu des résidtats obtenus de la fabrication des sirops et des conserves de raisins dans le cours des années \'è\(i cl !811. Paris, 1812, in-8°. — XXXIX. Nouvel aperçu des résultats obtenus de la fabrication des sirops et conserves de 7-aisins dans le cours de 1812. Paris, 1815. A. C.
PARIMETVTIÈRE. Nom donné fréquemment à la Pomme de terre [Solaiium tuherosum L.) . Pl.
PARIVASSIE {Parnassia T.). Genre de plantes dicotylédones-polypétales, dont la place dans la classification a été fort discutée. On en a fait le type d'un groupe distinct {Parnassiées) , et on l'a rapproché plus d'une fois des Piroles (qui ne sont pour nous qu'une forme polypélale des Éricacées). Mais aujourd'hui on s'accorde généralement à n'en faire qu'une série de la famille des Saxifragacées. Elles ont des fleurs régulières et hermaphrodites. Leur réceptacle est légèrement concave et représente une écuelle peu profonde, sur les bords de laquelle s'insèrent le périanthe et l'androcée. Le calice est formé de cinq sépales, dont un antérieur, deux latéraux et deux postérieurs, imbriqués dans le bouton. La corolle est formée de cinq pétales alternes, imbriqués et marcescents. Les étamines, périgynes, sont en même nombre que les pétales, avec lesquels elles alternent; chacune d'elles est formée d'un filet libre et d'une anthère biloculaire, introrse, versatile, déhiscente par deux fentes longitudinales. Dans l'intervalle des étamines se trouvent cinq écailles multifides, à divisions grêles, subulées, terminées chacune par une glande capitée. Le gynécée est libre ; son ovaire uniloculaire est surmonté d'un style court, immédiatement partagé en trois, ou, plus souvent, en quatre petites branches stigmatifères. A celles-ci sont superposés un même nombre de placentas pariétaux qui, dans toute leur étendue, ou seulement dans leur portion inférieure, portent un nombre indéfini d'ovules anatropes, obliques ou transversaux, disposés sur plusieurs séries. Le (ruit, à la base duquel persistent le périanthe flétri, les filets staminaux et les glandes, est capsulaire, s'ouvrant dans sa portion supérieure en trois ou quatre valves qui portent sur le milieu de leur face interne un placenta polysperme.
Les graines ont un tégument externe lâche et celluleux, dans lequel flotte
DICT. ENC. 2° S. XXL 25
354 l'ARODOXTIS.
une masse intérieure qui renferme, sous un albumen membraneux ou nul, un embryon charnu, cylindroïde. Les Parmissies sont des herbes vivaces, glabres, qui, au nombre d'une douzaine d'espèces, habitent les régions tempérées et froides de l'hémisphère boréal et les montagnes de l'Inde, recherchant surtout les marais et les prairies humides. Leurs feuilles radicales sont alternes, avec un pétiole dilaté à la base et un limbe simple. Dans leur aisselle naissent des pédoncules uniflores , portant une ou plusieurs feuilles ou bractées vers le milieu de leur hauteur.
La seule espèce de notre pays, le Parnassia palustris L. [Spec, 391), est une jolie })etile plante vivace, glabre, qui croit dans les marais, les prés humides, etc., et porte dans nos campagnes les noms de Hépatiqye blanche, II. noble, Fleur ou Gazon du Parnasse, Chiendent du Parnasse. Ses feuilles basilaires sont péliolées, cordées, à nervures convergentes, et sa hampe florale perle une feuille cordiforme-embrassante. La fleur est assez grande, à pétales blancs marqués de veines connivenfes. Elle se montre en août et septembre et ne manque pas d'élégance; et c'est à cette époque qu'on doit la récolter et la faire sécher rapidement pour l'usage médical. Elle est tonique et astringente, et son action a été comparée à celle des Polygonacées riches en tarmin. Son infusion est amère, rougeàtre. Traitée par une solution de sulfate de fer, elle devient d'un rouge foncé. Dioscoride la recommandait contre les ophthalmies, et il considérait ses graines comme astringentes et diurétiques. En Sibéiic, c'est un remède populaire contre les rétentions d'urine (Relimann, in Nouv. Journ. de médec, V, 208). Gmelin a aussi indiqué {FI. Sibir., IV, 91) ses usages contre îa strangurie et les calculs vésicaux. Cazin (PL méd. indig., éd. 5% 737) dit l'avoir employée avec succès « dans trois cas de diarrhée assez opiniâtre et dans deux cas de menstruation trop abondante, sans molimen utérin, chez des sujets débiles et d'un tempérament lymphatique ». En Allemagne, les paysans l'emploient contre les maladies des yenx, du foie, et comme antidiarrhéique, diurétique, etc. ; ils en ajoutent quelquefois à la bière commune. C'est dans la pharmacopée germanique VHerba et flores Hepaticœ albœ seu Parnassiœ.
BiBLioGiupHiE. — T., Iiist. Reiherb., 246, t. 127. — L., Gen., n. 384. — Adans., Fam. des pL, IL 449. — G-ERT.N., Fruct., 1, 287, t. 60. — Lamk, in Dicl. encijcl., V, 22; Suppl., IV, 502; Ulustr., t. 216. — Payer, Organogr. comp., 185, t. 59; Fam. nat.,\Q\. — Benth. et HooK. F., Gen. plant., I, 059, 1004. — Endl., Gen., ii. 5059. — Gren. et Godr., FI. de Fr., I, 193. — Mér. et DE L., Dict. Mat. méd., V, 206. — Rosenth., Syn. pi. diaphor., 657. — H. Bn, in Adansonia, XI, 7; Hist. des pi., III, 539, 451, fig. 382-587; Tr. Bot. méd. phanér., 764. II. Bn.
PAROBO. On donne ce nom à une écorce, analysée autrefois par Henry père et qui a donné entre autres principes une substance très-amère. Elle est épaisse, l'épiderme est grisâtre, le liber formé de fibres de couleur fauve ou orangée, et elle provient du Brésil. On ne sait rien de certain sur son origine botanique : on l'a attribuée tantôt à une Euphorbiacée, tantôt, avec Âug. de Saint-Hilaire, à son Simarouba Paraiba. Elle se confond peut-être avec la seconde espèce de Paratodo amer, décrite par Guibourt et dont nous avons fait mention à l'article Paratodo [voij. ce mot). Pl.
■ PARODOXTIS. Voy. Parolie.
PAROISSE (Jean-Bai>tiste), Médecin militaire français, fut en 1802 inspecteur général des hospices civils du département de la Seine, puis devint sous l'Empire chirurgien durci deNaples, et chirurgien en chef du quartier général. Nous citerons de lui :
l. Observation sur une tumeur enkystée près de l'articulation du genou.ln Leroux, Journ. de méd., t. II, an IX. (1801). — II. Opuscules de chirurgie, suivis d'une notice sur Vépidémie qui a régné dans l'Andalousie en 1800. Paris, 1806, in-S". A. D.
PAROLE. Le mot parole est un de ceux qui embrassent des aperçus si nombreux et si divers, qu'il est indispensable d'exposer, tout d'abord, à quel point de vue nous nous proposons de traiter ce sujet.
Si nous écrivions une monographie sur la parole, l'ordre naturel et logique de notre exposition serait de traiter, en première ligne, des phénomènes physiques qui président à la production des sons, puis, appliquant nos connaissances de physique biologique à l'appareil phonateur de l'homme, nous étudierions la constitution anatomique du larynx et son mode de fonctionnement dans la voix articulée, pour arriver ensuite à la parole, c'est-à-dire à l'utilisation des sons, sans oublier l'examen du rôle important joué par le cerveau dans la phonation. Kn dernier lieu, nous traiterions le chapitre si complexe, si intéressant, delà pathologie, en distinguant nettement les maladies de la parole selon qu'elles sont dues à des lésions anatomiques ou à des troubles fonctionnels.
Notre tâche est beaucoup plus modeste. La majeure partie de ce programme a déjà été traitée dans des articles spéciaux, nous n'avons donc à nous occuper ici que du mécanisme de la voix articulée.
La parole humaine est composée de deux éléments appelés l'un voyelle, l'autre consonne. Ces deux éléments se trouvent en proportion variable selon la langue que l'on considère ; mais, en dehors de ces deux groupes principaux et de leurs variétés, il n'y a pas, dans aucun pays, dans aucune langue existante ou à créer, d'autres éléments phonétiques possibles.
Examinons donc successivement ce qu'on entend par voyelle et par consonne.
Voyelles. La voi/elle, dit M. le professeur Gavarret*, est un timbre spécial communiqué au chant ou à la parole par le son de hauteur déterminée correspondant à la forme donnée à la bouche par l'émission de la voix. »
La forme donnée à la bouche joue donc un grand rôle dans la prononciation des voyelles, et c'est cette forme matérielle que nous voulons uniquement considérer.
Nous nous contenterons également d'étudier les voyelles que nous prononçons journellement dans notre langue et non celles quon pourrait prononcer : nous laisserons donc de côté les interminables séries de sons voyelles qu'on trouve dans toutes les monographies qui traitent de ce sujet, car il est évident que le nombre des voyelles serait pour ainsi dire illimité, si l'on voulait tenir compte des nuances si multiples et si variées dont est susceptible le larynx humain. Cette étude, du reste, est plus du domaine de la musique que de celui de la parole.
Pour nous, il y a, en français, trois types de voyelles en dehors desq\iels les autres ne sont que des modilications, ou intermédiaires entre ceux-ci ; ce sont : I, A, OU.
* Phénomènes physiques de la phonation et de l audition, p. 585.
Si, en effet, nous considérons la voyelle A comme un centre phonétique en avant et en arrière duquel se forment les différentes voyelles, nous aurons I pour la voyelle nécessitant les mouvements labiaux extrêmes en arrière, et OU pour les mouvements extrêmes en avant. Entre ces trois sons se placent une infinité d'autres; nous nous bornerons à indiquer les principaux, afin d'en faire une étude spéciale.
Sans entrer ici dans des considérations d'acoustique dont on trouvera tout le développement à l'article Voix, nous rappellerons cependant qu'il faut considérer deux choses dans les voyelles : le son fondamental et les harmoniques. Le son fondamental est produit dans le larynx par les vibrations des cordes vocales; les harmoniques naissent de larésonnance du son fondamental dans les cavités buccale, pharyngienne ou nasale. Aussi, pour les voyelles qui nécessitent un mouvement des lèvres en avant, la capacité buccale formant caisse de résonnance présente une capacité maximum jointe à une ouverture labiale minimum, ce qui donne naissance à des sons graves. Pour les voyelles qui réclament un mouvement des lèvres en arrière, c'est le contraire qui a lieu : la faible capacité de la caisse de résonnance concordant avec une large ouverture labiale donne des sons élevés. La voyelle A coi respondant à une ouverture de la bouche en forme de porte-voix fournit un son plein, intermédiaire entre les sons graves et les sons aigus.
Si donc nous considérons le son A comme un son fondamental, et que, partant de là, nous portions graduellement nos lèvres en arrière, nous aurons successivement les sons AI, É, L Si, au contraire, nous portons graduellement nos lèvres en avant, nous aurons successivement les sons EU, 0, U, OU.
C'est de ces voyelles seulement que nous nous occuperons, en cherchant à nous rendre compte des mouvements qu'elles nécessitent.
Celte classification si simple des voyelles d'après le degré d'ouverture de la bouche a le grand avantage de concorder parfaitement avec les faits observés par les physiciens.
En effet, M. Koenig est arrivé, à l'aide de diapasons parfaitement accordés, à caractériser les cinq voyelles principales par les sons propres et fixes suivants :