‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.73Chapitre 58 sur 112 · I. É. A. 0. OD · texte numérisé non relu

I. É. A. 0. OD

Sons fixes caractéristiques si g si 5 si J si^ si^

Vibrations simples, en nombres ronds 7520 3760 1880 9i0 470

On voit ici, comme dans notre classification, que la voyelle A est un centre d'où partent deux séries, l'une ascendante, correspondant au mouvement de retrait des lèvres et aboutissant aux sons aigus ; l'autre descendante, correspondant au mouvement des lèvres en avant et aboutissant aux sons graves.

La résonnance buccale est donc véritablement la partie importante dans le timbre des voyelles, et le degré d'ouverture de la bouche est certainement le principal facteur de ce problème.

Les expériences de M. Kœnig nous montrent en outre ce fait vraiment remarquable que pour chacune des principales voyelles le son propre de la cavité buccale varie d'une octave lorsqu'on passe d'une voyelle quelconque (rangée dans l'ordre ci-dessus) à celle qui la précède ou la suit :

Les voyelles o, a, é, i, sont donc les harmoniques paires du son-voyelle fondamental ou.

« Il me paraît plus que probable, dit M. Kœnig, qu'il faut chercher dans la

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simplicité de ces rapports la cause physiologique qui fait que nous retrouvons toujours à peu près les mêmes cinq voyelles dans les différentes langues, quoique la voix humaine en puisse produire un nombre indéfini, comme les rapports simples entre les nombres de vibrations expliquent l'existence des mêmes intervalles musicaux chez la plupart des peuples. » Mécaîiisme de prononciation des voyelles :

1. — A, Al, E, 1. iNous avons dit que la voyelle A était la plus simple à prononcer : il suffit, en effet, pour la former, de donner à la bouche une légère ouverture en hauteur (environ 15 millimètres mesurés entre les deux bords libres des lèvres) en laissant les lèvres suivre le mouvement des mâchoires, sans les porter ni en avant, ni en arrière. La langue, rempHssant le plancher de la bouche, est légèrement déprimée; le voile du palais est élevé.

Dans cette position, le tuyau vocal a la plus grande capacité et la plus grande ouverture qu'il puisse acquérir, et l'on ne doit pas s'étonner de voir combien le son produit est plein.

Si pendant que nous prononçons la voyelle A nous élevons légèrement la base de la langue, nous produirons le son Al, puis, si nous réduisons l'ouverture de la bouche à 10 millimètres environ, par un mouvement des lèvres en arrière, et que nous approchions légèrement la pointe de la langue des arcades dentaires inférieures, tandis que sa partie dorsale se dirige vers la partie postérieure de la voùle palatine, nous produirons le son É.

Si nous exagérons ces positons, si surtout nous retirons fortement les lèvres en arrière en rapprochant les dents et en appuyant la pointe de la langue conti'e les dents inférieures, nous aurons le son l.

Dans cette position, la bouche est ouverte en largeur, et non plus en hauteur comme elle l'était pour la voyelle A. De plus, le rapprochement de la langue et du palais divise la bouche en deux cavités de résonnance ayant chacune un son propre distinct. La petite cavité, qui est située en avant, a un son évidemment plus élevé que celui de la grande cavité, qui est située en arrière. Ces deux sons É et 1 sont les deux plus élevés que nous trouvions dans la série des voyelles et, d'après les travaux de M. Kœnig, ils correspondent l'un à 5760 vibrations, l'autre à 7520, alors que pour prononcer la voyelle A il n'en faut que 1880.

Voilà pour les mouvements effectués en arrière de la position A.

2. — E, EU, 0, U, OU. Si maintenant, tout en prononçant la voyelle A, nous arrondissons un peu les lèvres, et que nous élevions en même temps légèrement la langue, en maintenant le voile du palais élevé, nous aurons les sons E, EU. Enfin, si nous exagérons cette dernière position en arrondissant par conséquent davantage les lèvres, en élevant un peu plus le dos de la langue pour obstruer davantage l'orifice pharyngien, nous produirons le son 0. Pour produire les sons U et OU, les lèvi'es se portent davantage encore en avant, l'ouverture buccale diminue et devient minimum pour OU, en même temps que la longueur du tuyau devient maximum. La langue se rétracte de plus en plus, mais le voile du palais continue à être élevé. L'allongement progressif du tuyau vocal et le rétrécissement graduel de son ouverture donnent naissance à des sons qui deviennent d'autant plus graves que la capacité intérieure est plus grande et que l'ouverture est plus étroite.

Pour cette série de voyelles, comme pour la voyelle A, la bouche ne présente qu'une seule cavité résonnante. Le ton le plus bas du son propre à cette cavité

résonnante se présente pour la voyelle OU (470 vibrations, Kœnig), qui correspond au maximum de capacité et au minimum d'ouverture.

3. Voyelles înasales. Nous venons de voir que, si l'ouverture de la bouche variait, si la position de la langue éprouvait quelques changements, le voile du palais était constamment maintenu élevé par la contraction des muscles staphylins. Mais, si le voile du palais est abaissé, les voyelles prononcées dans ces conditions prennent immédiatement un timbre nasal particulier qui les sépare complètement des précédentes. Les premières s'appellent voyelles pures ou buccales, les secondes voyelles nasales.

L'étude des voyelles IN, AN, ON, UN, montre que la seule différence qu'on puisse noter entre elles et les voyelles pures similaires réside uniquement dans une position différente du voile du palais.

En effet, si, prononçant la voyelle A, on baisse le voile du palais de manière à diviser le courant d'air entre la bouche et les fosses nasales, on produira le son AN. Le mouvement de la langue et des lèvres est absolument le même pour ces deux sons ; relèvement ou l'abaissement du voile du palais est le seul signe fonctionnel qui les distingue.

Si nous portons les lèvres en arrière, comme pour É, et que nous maintenions le voile du palais abaissé, en ayant soin toutefois d'abaisser la pointe de la langue, nous aurons IN. Il faut remarquer que, pour la bonne prononciation de cette voyelle IN, les lèvres sont moins rétractées que pour la voyelle analogue I, et que la langue tapisse le plancher de la bouche.

Pour les voyelles UN et ON, le voile du palais étant abaissé, les lèvres restent arrondies comme pour 0.

Nous pourrions donc nous résumer parles deux tableaux suivants :

En arrière.

En avant.

I, é, ai.

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