‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.73Chapitre 59 sur 112 · AN · texte numérisé non relu

AN

e, eu, 0, 11, OU.

on, D!V.

Nous venons de voir que les organes qui concourent à la formation des voyelles sont les lèvres, la langue et le voile du palais; nous allons étudier maintenant quelle est la part de chacun de ces oi'ganes dans la production de ces sons, et les défauts qui naîtraient de l'absence ou de la paralysie de l'un d'eux.

A dire vrai, on est assez embarrassé pour prouver si, en dehors du larynx, bien entendu, ce sont les lèvres, la langue ou le voile du palais, qui jouent le principal rôle dans la production des voyelles. Nous pensons cependant que l'ouverttire de la bouche tient la première place et que dans tous les cas une ouverture rationnelle de la bouche est absolument indispensable pour l'émission irréprochable d'une voyelle.

Pour ce qui est du rôle du voile du palais dans la prononciation des voyelles, nous nous sommes borné, à l'exemple de beaucoup d'autres, à placer au devant des narines ujn petit miroir ou une lame d'acier bien polie et à rechercher les changements produits selon que nous prononcions une voyelle pure ou une voyelle nasale. On constate, de cette manière, que dans la prononciation des voyelles pures il ne passe pas trace d'air à travers les fosses nasales, tandis que, si on prononce des voyelles nasales, on voit immédiatement une grande quantité de vapeur d'eau venir se condenser sur la glace ou sur la lame d'acier.

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L'air passe donc bien évidemment par les fosses nas;iies, qui agissent alors comme des cavités résonnantes et communiquent aux voyelles dites nasales le timbre particulier qui les dislingue.

Czermak croit avoir remarqué que le voile du palais prend une position différente, et que tout au moins il cbange de forme pour cbaque voyelle. Mais il nous paraît que ces expériences extrêmement délicates à pratiquer sont plus difficiles encore à expliquer et à justifier, car, étant donné la sensibilité extrême du voile du palais, il nous semble difficile d'avoir une foi bien robuste dans des résultats obtenus comme l'ont été ceux de Czermak.

Ce qu'il y a de certain, c'est que la division congénitale ou accidentelle du voile du palais entraîne toujours avec elle un nasonnement plus ou moins grave de la voix, mais que cependant les voyelles sont le plus souvent prononcées assez distinctement, alors que l'articulation des consonnes fait complètement défaut, sintout pour les divisions congénitales.

Dans les paralysies du voile du palais consécutives à une dipbthérie cutanée, le timbre de la voix est seulement altéré et prend le caractère nasillé. Dans le cas de paralysie labio-glosso-laryngée, le malade peut le plus souvent prononcer les voyelles a, é, i, tandis qu'il lui est généralement impossible de prononcer 0 et u par suite de la paralysie des lèvres.

Or, d'après les expériences de Czermak, ce serait précisément pour 1'/ que le voile du palais serait le plus élevé, ce qui est en contradiction avec l'observation clinique.

Après cette étude rapide de la production des voyelles, nous passerions tout de suite à leur classification au point de vue delà tonalité qu'elles présentent, si nous ne voulions pas attirer l'attention des spécialistes sur un fait trop laissé en oubli ; nous voulons parler du rapport des mouvements de la langue avec ceux des lèvres.

D'après ce que nous avons dit précédemment, et comme résultat de l'étude à laquelle nous nous sommes livré, relativement au mode de production des voyelles, nous croyons pouvoir affirmer que les mouvements de la langue sont dans un rapport inversement proportionnel à ceux produits par les lèvres pour une même voyelle donnée, c'est-à-dire qu'à un grand mouvement de la langue en arrière correspond un grand mouvement des lèvres en avant, ([u'à un petit mouvement des lèvres en avant correspond un petit mouvement de la langue en arrière, et réciproquement.

Exemple : nous avons démontré que, pour prononcer la voyelle I, nous étions obligés de faire prendre aux lèvres leur position extrême en arrière pendant que la langue se portait en avant et venait s'appuyer sur la face interne des dents inférieures, tandis que, pour la prononciation du son OU, les lèvres sont portées dans leur position extrême en avant, et la langue est rétractée le plus possible.

Mais la constatation du fait aurait peu d'intérêt, si elle n'avait une application directe.

Lorsque les lèvres s'allongent et que la bouche, faisant fonction de résonnateur, s'agrandit par la rétraction de la langue, le son doit être nécessairement grave; c'est là un point d'acoustique bien connu. Donc E, EU, 0, OU, constituent une série de sons dont la gravité augmente d'autant plus que le mouvement des lèvres en avant et de retrait de la langue s'accentuent davantage.

La réciproque est vraie, et, lorsque les lèvres se rétractent et que la langue

s'avance, nous produisons graduellement des sons de plus en plus aigus, tels que É, I.

Les deux sons voyelles U et OU diffèrent surtout entre eux par le degré de reculement de la langue. Pour OU la langue est beaucoup plus rétractée que pour U. Aussi le son OU est-il plus grave que le son U.

Il est une remarque que nuus voulons encore faire et qui se résume par la proposition suivante : V ouverture interdentaire et Vespace compris entre la voûte palatine sont dans un rapport inversement proportionnel au mouvement de rétraction de la langue.

En effet : 1° L'ouverture interdentaire diminue dans le sens suivant :

2" La langue se rétracte de plus en plus, suivant :

5" L'espace compris entre la voûte palatine et la langue diminue progressivement, suivant :

Donc, quand l'espace interdentaire ainsi que l'espace compris entre la voûte palatine et la langue sont maximum, le mouvement de rétraction de la langue est minimum.

Exemple :

a espace intermédiaire maximum.

a espace linguo-palatin maximum.

a mouvement de rétraction de la langue nul.

Classification des voyelles. De même qu'au point de vue des mouvements nécessités pour leur prononciation nous avions trois voyelles principales I, A, OU, entre lesquelles venaient se placer d'autres sons intermédiaires, nous avons également des sons intermédiaires entre le grave et l'aigu. Certaines voyelles,

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