LE CARACTÈRE PHONÉTIQUE PRÉSENTÉ PENDANT LEUR PRONONCIATION
G lie
Nous croyons donc avoir suffisaniment justifié notre grantJe division de labiales et de linguales, mais nous créons immédiatement 4 sous-divisions basées sur l'emploi des organes qui jouent un rôle secondaire dans leur prononciation. Puis, si nous voulons chercher une formule synthétique du mécanisme de l'articulation, nous pourrons donner à chaque consonne un nom tiré de la position occupée par les organes qui concourent à leur formation.
Il faut également tenir compte du caractère phonétique présenté pendant leur prononciation. A ce point de vue, il faut tout d'abord considérer les consonnes suivant qu'elles sont accompagnées ou non d'une vibration laryngienne : consonnes sonores, consonnes muettes. Cette distinction est très-importante. Nous avons vu en effet que nombre de consonnes se présentent par paires (V, F) (J, CH) (Z, S) (D, T), etc., et que pour la même paire le mécanisme lingual ou
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labial est rigoureusement le mèinc. Une seule chose distingue les deux consonnes de la même paire, c'est que l'une est accompagnée de vibrations laryngiennes : elle est sonore, tandis que pour l'autre la vibration manque : elle est muette.
Enfin, il n'est pas inutile d'appeler l'attention sur un autre caractère de leur émission Reprenant l'idée des auteurs qui se sont j)réoccupés de distinguer les consonnes qui peuvent être prolongées de celles qui ne le peuvent pas, mais ne donnant à cette question que l'importance tout à lait relative qu'elle a, nous avons encore créé trois subdivisions : consonnes souillées, ce sont louteB celles qui peuvent être prolongées; consonnes explosives, qui sont le résultat d'un contact instantané; enfin, consonnes demi-explosives, qui tiennent à la l'ois de lasoufllée et de l'explosive, en ce sens que pendant la préparation de la consonne les organes peuvent être maintenus en position aussi longtemps qu'on veut, mais que cette immobilité cesse dès qu'il s'agit iï articuler la consonne.
Gomme conclusion de notre travail, nous avons dressé le tableau synoptique ci-dessus, qui résume d'une façon claire et précise tout ce que nous avons dit sur les consonnes. Arthur Chiîrvin.
PAKOLIA'O (Francisco-Roncalli). Médecin, littérateur et antiquaire, né à Brescia en lôD'i. Il jouit d'une grande réputation, devint médecin de la cour d'Espagne, puis vint mourir dans sa jiatrie en 1705.
« Dans l'intention de faire connaître l'état de la médecine en Europe, vers le milieu du dernier siècle, il avait fait appel à tous les médecins qui voudraient lui fournir des documents sur la topographie des lieux qu'ils habitaient, sur les maladies qui y régnaient et sur leur traitement. Les résultats de cette correspondance furent publiés par Parolino. Il est auteur de plusieurs autres ouvrages » (Dezeimeris) :
I. Exercilalio agens novam methodum extirpandi carunculas et curandi fistulas iirellirae. Brescia, 1720, in-8°. — II. Epislola ad Valisnerium. Brescia, 1724. — III. De aquis Brixianis examen chymico-medicum. Bresci.i, 1724-1725, in^". — IV. De aquis Caldori in Mediolanensi ducalu. Brescia, 172i, in-4°. — V. Historiae morborum observalionibus auctae et clarissimorum virorum observalionibus illustralae. Brescia, 1741, in-fol. — VI. Diss. IV quarum I de purganlinm usu in aère Brixiano, etc. Brescia, 1743, iii-4°. — VII. Diss. de ferreis mullisque acubus anatomica inspeclione in cadavere reperlis. In Baccolta d'opuscoli scientifici e fi/oloyici,t. XXXII. Venise, 1746. — VIII. Diss. inlorno ail maie, morte, etc., délia Maria Maddalena Cappucina. Brescia, 1746, in-8° ; en latin, 1740. — IX. Index Teslarum concltylionim quae observantur in Museo Nicolai Guallieri medici (lorenl. Florence, 1742, in-foL, 1200 lig. — X. Europae medicina a sapientibus illustrata et obs. adaucta. Brescia, 1749, in-fol. — XI. In variolarum inoculalionem disseriatio epistotica, Brescia, 1756, in-4°. — XII. Humanum genus a venenis quotidianis liberalum. Brescia, 1764, in-4°. L. ILn.
PAROIVIQUE [Paromjchia J.). Genre de plantes dicotylédones, qui a donné son nom au groupe des Pjronychiées (voisin à la fois des Caryophyllacées et des Chénopodiacées), et qui est caractérisé par des ileurs peu volumineuses, hermaphrodites, pentamères. Leurs sépales, insérés sur les bords d'une coupe réceptaculaire peu profonde, avec les élaraines et des languettes, parfois absentes, alternes avec eux, sont égaux ou inégaux, et imbriqués dans le bouton. Les étamines ont un filet court et une anthère didyme, introrse, dont les deux loges, indépendantes en haut et en bas, s'ouvrent par des feiites longitudinales. Superposées aux sépales quand elles sont en même nombre qu'eux, les pièces de
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l'androcée peuvent être réduites au nombre de 5, 4, ou être plus nombreuses. Le gynécée libre a un ovaire uniovulé, surmonté d'un style à deux branches stigmatifères. L'ovule unique est porté par un funicule basilaire au sommet duquel il est dressé ou plus rarement légèrement descendant ou oblique. Telles peuvent être aussi les diverses directions de la graine dont l'embryon périphérique entoure un albumen farineux, et qui se trouve logé dans un péricarpe membraneux, d'ordinaire déhiscent de bas en haut suivant sa longueur. Les Paronychia sont des herbes rameuses, annuelles ou vivaces, à feuilles opposées, avec stipules interfoliaires scarieuses. Les fleurs sont axillaires ou terminales, groupées en cymes souvent contractées, et involucrées de bractées scarieuses analogues aux stipules, mais souvent bien plus développées. Ce sont des plantes méditerranéennes, africaines, arabes et américaines; on a décrit plus de quarante espèces, dont trois ou quatre ont joué un certain rôle en thérapeutique. Les Paronychia argentea Lamk et 7iivea DC. passent dans le Midi pour diurétiques; on leur accorde dans les campagnes des propriétés analogues à celles des Turquettes, contre les affections de la vessie et des reins. En Provence, le P. cymosa Lamk [Illecebrum cymosum h.) est vanté contre la dysurie. Au Malabïir, le P. aexxilis Desf. {Illecebrum sessile L.) a des feuilles comestibles et sert au traitement désaffections intestinales. Le P. verticillata DC, ou Herhe au panaris de nos campagnes, est un Illecebrum, plante légèrement astringente. Le Paronychia de Dioscoride serait, croit-on, la Rue des murailles.
Bibliographie. — Juss., in Mc'm. Mus., II, 589. — G/Ertx., Fruct., t. 128. — Endl., Gen., p. 5202. — Benth. et lIooK. F., Gen., III, 15.— Mér. bIbeI., Dict. Mat. mécl., XXXV, 206.— DC, Prodr., III, 570. — Giien. et Godr., FI. de Fr., I, 609. — Rosenth., Stjn. jil- diaphor., 696. II. lix.
PAROOPUOROiV. Voy. Corps de Wolff, § III.
PAROPSIE (Ti-apâ, indiquant vice, et uj/iq, vue). Trouble de la vision.
PAROTE. Nom vulgaire donné au The' du Mexique ( Chenopodiwn ambrosioides L.). Pl.
PAROTIDE. § I. Anatomie. Les parotides sont les plus volumineuses des glandes salivaires; elles tirent leur nom de la proximité du conduit auditif externe {napv, près de; oùç, côtoç, oreille). Chacune de ces deux glandes a son canal excréteur propre, connu sous le nom de canal de Sténon ; nous décrirons la glande d'abord, son conduit excréteur ensuite.
Il existe de chaque côté de la lace, sur ses parties latérales, un espace limité, en avant, par le bord postérieur de la branche montante du maxillaire iriférieuiet par les muscles masséter et ptérygoïdien interne; en arrière, par l'apophyse mastoïde et par les muscles slerno-cléido-mastoïdien et digastrique ; en dedans, par l'apophyse styloïde et par les muscles qui en partent ; en haut, par l'articulation temporo-maxillaire : c'est celte excavation, dite aussi loge parotidienne, que remplit la glande dont nous nous occupons; elle la déborde même en certains points, fournissant ainsi des prolongements que nous indiquerons par la suite.
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Les dimensions de celte excavation parolidienne, plus haute qu'elle n'est profonde ni large, représentent exactement celles de la masse principale de la glande, qui se modèle et se moule sur ses parois.
Elles sont sujettes à varier, quoique dans de faibles limites, eu diverses circonstances : ainsi, quand on renverse la tête en arrière pour la porter dans l'extension, l'espace qui sépare le bord antérieur du sterno-cléido-mastoidien du bord postérieur de la branche montante du maxillaire inférieur se trouve augmenté surtout dans sa partie inférieure, d'où une augmentation des dimensions de la loge parotidienne dans le sens anléro-postérieur, augmentation qui porte plus spécialement sur son extrémité inférieure. Un résultat analogue est obtenu quand on communique au maxillaire inférieur un mouvement de propulsion en avant; dans ce cas, l'agrandissement dans le sens antéro-postérieur peut atteindre près de 1 centimètre, et cela aussi bien dans la moitié supérieure que dans la moitié inférieure de l'excavation parotidienne. Ici, en effet, le maxillaire inférieur est porté en totalité en avant et s'écarte, sur toute sa hauteur, de la paroi postérieure de la loge parolidienne. Il est loin d'en être de même dans le simple mouvement d'abaissement du maxillaire : le condyle glissait en avant, la capacité du creux parotidien augmente en haut, tandis qu'elle diminue en bas, par suite du mouvement en sens inverse de l'angle de l'os, qui se rapproche de la paroi postérieure de la loge parotidienne : il y a donc compensation.
De ces variations provoquées dans certaines des dimensions de l'excavation parotidienne par divers mouvements de la tête ou du maxillaire inférieur il est facile de déduire la situation qu'on pourrait donner soit à la tête, soit à cet os, pour faciliter l'extirpation de la glande.
Bordeu avait déjà attiré l'attention sur ce fait, que les mouvements de la mâchoire inférieure, quoique faisant varier certains des diamàtres de l'excavation parotidienne, ne diminuent pas sa capacité totale; mais il était dans l'erreur en croyant que son abaissement l'augmentait, fait que Murât chercha à établir directement en faisant remarquer que si, après avoir enlevé la glande, on met le doigt indicateur à la place qu'elle occupait, on le sent beaucoup plus à l'aise lors de l'abaissement de la mâchoire que lors de son élévation. Ceci est vrai pour la partie supérieure de la loge parotidienne, mais cesse de l'être pour sa partie inférieure.
Des expériences que fit Bordeu, pour démontrer que les mouvements du maxillaire inférieur ne pouvaient pas rétrécir l'espace occupé par la parotide, je rapporterai celle dans laquelle ayant mis à nu, puis ouvert le canal de Sténon pour gonfler la glande par une injection liquide, il observa que les mouvements communiqués au maxillaire ne faisaient pas sortir une seule goutte de liquide du conduit excréteur de la glande. Quant à cette autre expérience dans laquelle Bordeu, ayant remplacé la parotide par une éponge mouillée, remarqua que les mouvements de la mâchoire ne vidaient pas l'éponge de son contenu, elle est un peu trop primitive et manque trop de précision pour que nous puissions accorder une valeur réelle aux résultats qu'elle a donnés.
Le poids de cette glande peut varier dans des limites très-considérables. Sappey, ayant pesé 15 parotides d'adulte, en trouva une dont le poids n'excédait pas 9 grammes, une autre qui n'était que de 12 grammes, plusieurs qui variaient entre 16 et 38 grammes, et uaeennn qui atteignait 46 grammes. La moyenne semble être de 25 à 28 grammes.
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La comparaison de ce poids moyen avec celui des autres glandes salivaires montre bien l'importance de la parotide; pour la glande sous-maxillaire, Sappey a vu la moyenne être de 7 à 8 grammes ; elle descend à 2 ou 3 grammes pour la glande sublinguale. Une différence aussi notable méritait d'être signalée.
La forme de la parotide est peu régulière, comme celle de la cavité qui la reçoit. Quand on l'en a extraite en totalité, on lui reconnaît une masse principale à laquelle se trouvent surajoutés des prolongements dont le nombre peut varier. La masse principale de la glande, plus large à sa partie externe qu'à son côté interne, plus large aussi en bas qu'en baut, a pu être assimilée soit à une pyramide à base externe et à sommet interne, soit à une pyramide ù base inférieure et à sommet supérieur.
Configuration de la parotide; ses rapports avec les os et muscles formant les parois de l'excavation parotidienne. Quelle que soit la figure géométrique à laquelle on compare le corps de la glande, ce qui nous importe, c'est de connaître la configuration et les rapports de cbacune de ses faces et de chacun de ses bords : c'est là ce que nous allons étudier dès maintenant, en envisageant tout d'abord, parmi ses rapports, ceux seulement qu'elle affecte avec les os, muscles et aponévi'oses, qui constituent les parois de la loge parotidienne.
On peut considérer à la parotide trois faces, une externe, une antérieure, une postérieure; trois bords, dont l'un antérieur, l'autre postérieur, et le troisième interne; deux extrémités, l'une supérieure et l'autre inférieure.
La face externe, sous-cutanée, est la moins étroite et s'étend, en bauteur, de l'articulation temporo-maxillaire à la partie postérieure de la glande sous-maxillaire ; en largeui-, du bord antérieur de l'apophyse mastoïde et du muscle sterno-cléido-mastoïdien à la face externe du muscle masséter, sur laquelle la glande s'avance plus ou moins, suivant son plus ou moins de développement. Cette face présente une surface plane quand la glande est peu volumineuse, et convexe dans le cas contraire. En procédant des parties superficielles vers les profondes, on la trouve recouverte : 1" par la peau doublée du risorius de Santorini, qui peut faire défaut; 2» par une couche celluleuse mince et assez dense chez les sujets maigres, mais plus épaisse chez ceux qui possèdent un certain embonpoint, de même que chez l'enfant; 5" par une lame aponévrotif[ue qui ferme en dehors la loge parotidienne, et n'est qu'une dépendance de l'aponévrose cervicale superficielle, avec laquelle elle se continue en bas, en arrière aussi, sur la gaîne du s(erno-mastoïdien, tandis qu'en avant elle rejoint l'aponévrose massétérine, et en haut la partie cartilagineuse du conduit auditif externe, ainsi que l'articulation temporo-maxillaire. Cette aponévrose se détache difficilement de la parotide car, par sa face profonde, elle émet des prolongements assez denses qui s'insinuent entre les grains glanduleux les plus superficiels pour se continuer avec le tissu cellulaire interstitiel.
Ces prolongements d'un tissu fibreux et dense, pénétrant entre les grains glanduleux, donnent à la parotide une consistance supéi ieure à celle des autres glandes salivaires ; ils s'opposent aussi, pendant un ceiiain temps, à la collection en un foyer du pus formé dans cette glande. Aussi, en cas de parotidite suppurée, on reste souvent assez longtemps sans percevoir de fluctuation vraie, et il est inutile d'attendre qu'elle soit manifeste pour donner une issue au pus, qu'on rencontre à l'état d'infiltration bien avant qu'il se collecte en foyer.
PAROTIDK (anatomie). 381
Du bord antérieur de la face externe de la parotide part l'un des prolongements de la glande : il se dirige en avant comme le canal de Sténon, qu'il accompagne. Il est appliqué sur la face externe du masséter, est plus large en arrière, où il adhère a la glande, qu'en avant, où il se termine librement; suivant son plus ou moins de développement, il se rapproche plus ou moins du bord antérieur du masséter. Son développement est habituellement proportionnel à celui de la masse principale de la glande; mais il peut exceptionnellement en être autrement, et Desault l'a vu très-développé chez un sujet dont la parotide du même côté était atrophiée. C'est ce prolongement qu'on désigne souvent sous le nom de parotide accessoire.
La face antérieure de la parotide représente une véritable gouttière, concave dans le sens transversal, et embrassant dans sa concavité le bord postérieur de la branche montante du maxillaire inférieur. En procédant de dehors en dedans, on voit cette face entrer successivement en rapports avec : 1** la partie postérieure de la face externe du muscle masséter et son bord postérieur; 2° le bord postérieur de la branche montante du maxillaire inférieur. Ici la glande adhère fort peu à l'os et s'en isole avec la plus grande facilité; elle ne lui est unie que par un tissu cellulaire lâche et lamelleux ; parfois même elle en est séparée par une véritable bourse séreuse; mais il s'en faut de beaucoup que celle-ci existe constamment, ainsi que l'a prétendu Tricjuet; 3" la face postérieure du ptérygoïdien interne, à proximité de ses attaclies au maxillaire. La parotide est également séparée de ce muscle par un tissu cellulaire très-làche.
On a signalé, comme émergeant de cette face antérieure de la parotide, un prolongement peu volumineux d'ailleurs, et remplissant plus ou moins l'espace anguliiire que laissent entre eux les deux muscles ptérygoïdiens près de leur insertion au maxillaire. Généralement on ne rencontre pas à ce niveau de saillie assez accusée pour mériter d'être décrite comme un prolongement spécial du corps de la glande.
La face postérieure de la parotide s'applique, en haut, sur la partie cartilagineuse du conduit auditif externe, à laquelle elle se trouve unie par un tissu cellulaire sec et lamelleux, qui rend facile la séparation de ces deux organes. Plus bas, elle est limitée par l'apophyse mastoide, puis, plus bas encore, par deux des muscles qui en partent, à savoir le slerno-cléido-mastoïdien, en dehors, et le ventre postérieur du digaslrique, en dedans de ce premier muscle. Enfin, plus profondément, la face postérieure de la parotide répond à la masse latérale de l'atlas.
Son bord antérieur, peu épais, s'applique sur la face externe du masséter.
Son bord postérieur, épais, répond à l'apophyse mastoide et au bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien.
Le bord interne est large et mériterait presque d'être considéré comme une face. Ses rapports sont des plus importants : il s'applique, en effet, sur la face externe de l'apophyse slyloide et des muscles qui en partent (bouquet de Riolan); tel est le mince rideau qui le sépare de l'artère carotide interne, de la veine jugulaire interne, des nerfs pneumogastrique, glosso-pharyngien, grand hypoglosse, spinal et grand sympathique. L'apophyse styloide constitue donc un point de repère bien utile pour indiquer la limite interne de la parotide, lorsqu'on procède à son extirpation.
En avant des muscles styliens, le bord interne de la parotide entre en rapport
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avec le ptérygoïdien interne; mais ces muscles ne sont pas contigus, et entre eux existe, sous forme d'une fente verticale, un espace conduisant directement vers la paroi latérale du pharynx. Habituellement il n'est pas fermé par l'aponévrose dont nous parlerons ultérieurement, aponévrose qui limite l'excavation parotidienne en recouvrant comme d'une toile les parties diverses qui constituent ses parois.
Dans cet espace on peut rencontrer un prolongement de la glande : il naît, quand il existe, de la partie antérieure de son bord interne, et, passant au devant des muscles styliens ainsi que de l'artère carotide et de la veine jugulaire internes, arrive au contact de la paroi du pharynx. On conçoit que, quand ce prolongement existe (7 fois sur 12, d'après Richet), son rapport avec la carotide et la jugulaire internes devient plus ou moins intime, selon son plus ou moins de développement. Dans les cas où il existe et participe, comme le reste de la glande, à une dégénérescence de mauvaise nature, il peut, vu ses rapports avec la carotide et la jugulaire internes, rendre l'extiipation de la parotide trèsscabreuse, et même la contre-indiquer quand on peut supposer que l'altération s'étende jusqu'à proximité de ces vaisseaux.
L'extrémité supérieure de la parotide s'arrête au niveau de l'articulation temporo-maxillaire.
Son extrémité inférieure est limitée, un peu au-dessous de l'angle du maxillaire, par une lame aponévrotique assez épaisse qui la sépare de l'extrémité postérieure de la glande sous-maxillaire.
Aponévrose parotidienne. Tels sont les rapports de la glande avec les os et les muscles qui circonscrivent l'excavation qu'elle occupe. Mais ces rapports ne sont pas immédiats, car la glande est entourée et isolée de ces diverses parties par une aponévrose que nous allons dès maintenant étudier.
Elle peut être, d'une manière générale, considérée dans son ensemble comme le résultat d'un dédoublement de l'aponévrose cervicale superficielle au niveau du creux parotidien (Tillaux). On peut se représenter en effet l'aponévrose cervicale, une fois arrivée au niveau du bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien, comme se dédoublant en deux feuillets : le superficiel passe directement au devant de la loge parotidienne, la limite en dehors, et va se continuer sur la face externe du masséter avec l'aponévrose massétérine; le feuillet profond se dirige d'abord en avant et en dedans, passant au devant du sterno-mastoïdien, du digastrique, des muscles styliens, puis en avant et en dehors, en recouvrant le ptérygoïdien interne, la branche montante du maxillaire, puis le bord postérieur du masséter, sur la face externe duquel il rejoint le feuillet superficiel.
L'excavation parotidienne se trouve ainsi limitée par l'aponévrose en dehors, en dedans, en arrière et en avant; en bas, elle est fermée par une lame fibreuse que nous aurons à décrire, tandis qu'en haut aucune lame fibreuse ne la limite. Considérée dans son ensemble, elle représente donc un sac ouvert par en haut, et nous verrons plus loin qu'il existe également une ouverture à sa partie interne, chez le plus grand nombre des sujets.
Cette vue d'ensemble de la disposition et du trajet de l'aponévrose n'en peut donner qu'une idée nécessairement incomplète : i-evenons avec de plus amples détails sur la description de ses diverses parties.
Son feuillet externe, qui ferme en dehors la loge parotidienne, s'étend en largeur, du bord antérieur du sterno-clëido-mastoïdien à la face externe du
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masséter, et, en hauteur, du pavillon de l'oreille à un point situé à 1 ou 2 centimètres au-dessous de l'angle de la mâchoire. 11 représente donc et continue en réalité l'aponévrose cervicale superficielle dans la région parotidienne. En haut, il se perd sur la partie cartilagineuse du conduit auditif externe ; en bas, il se continue sans ligne de démarcation avec l'aponévrose cervicale, mais donne attache par sa face profonde à celte lame fibreuse qui, séparant l'extrémité inférieure de la parotide de la glande sous-maxillaire, limite inférieurement la région parotidienne. La face externe de ce feuillet superficiel de l'aponévrose parotidienne est recouverte par une couche celluleuse qui lu sépare du risorius de Santorini et de la peau; sa face interne adhère aux lobules superficiels de la glande par des piolongements celluleux assez denses qui s'insinuent entre eux.
Le feuillet interne ou profond se sépare du feuillet superficiel au devant du sterno-cléido-mastoïdien, et, ainsi que le fait remarquer Tillaux, ne s'applique pas immédiatement au bord antérieur de ce muscle; il en est séparé par un espace assez restreint, et comblé par du tissu conjonctif qui peut devenir le point de départ de tumeurs fibreuses extérieures à la glande. En quittant le bord antérieur du sterno-mastoidien, il rencontre celui du ventre postérieur du digastrique qu'il recouvre; de là, passant au devant de la masse latérale correspondante de l'atlas, il arrive à l'apophyse styloïde et aux muscles styliens qil'il recouvre. Mais, chez le plus grand nombre des sujets, il ne dépasse pas les muscles styliens, et présente une interruption dans sa continuité au niveau de l'espace qui sépare ceux-ci du ptérygoidien interne : là, en effet, pas d'aponévrose et, partant, communication directe entre la loge parotidienne et le tissu conjonctif qu'on rencontre à la face externe de la paroi latérale du pharynx, et qui contient, comme nous l'avons indiqué précédemment, le paquet vasculonerveux profond du cou. C'est au niveau de cette interruption de l'aponévrose qu'on rencontre, quand il existe, le prolongement interne ou pharyngien de la parotide.
Est-ce à dire qu'une telle interruption dans la continuité du feuillet profond de l'aponévrose parotidienne soit constante? D'après M. Richet, on serait porté à le croire, car, faisant allusion à des assertions contraires, il dit : « La forte aponévrose décrite en ce point par certains auteurs n'existe que dans leur imagination ». N'en déplaise à M. Richet, il peut exister en ce point, c'est-à-dire dans l'espace compris entre les muscles styliens et le ptérygoidien interne, une aponévrose, voire même une forte aponévrose, empêchant, bien entendu, tout prolongement de la glande de se faire jour du côté du pharynx. J'ai pour ma part rencontré déjà cette aponévrose dans mes dissections ; tout récemment mon collègue, le professeur Morel, me l'a montrée sur deux pièces différentes. Je ne saurais dire dans quelle proportion on rencontre une telle disposition du feuillet profond de l'aponévrose; mais ce que je puis affirmer, c'est qu'elle existe accidentellement, et même qu'elle n'est pas absolument rare. Quand elle existe, la glande n'envoie pas de prolongement pharyngien; mais ajoutons que son existence n'est pas la condition indispensable de l'absence du prolongement pharyngien, qui fait souvent défaut alors que l'espace qui sépare les muscles styliens du ptérygoidien interne n'est pas comblé par une lame aponévrotique.
Que le feuillet profond de l'aponévrose ait présenté ou non l'interruption que nous venons de signaler, on le voit ensuite se continuer sur la face pos-
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ténevire du ptt'rygo'klieii interne, en n'y conservant guère les caractères et la consistanco J'une aponévrose, croiser le boni postérieui' de la branche montante du maxillaire, recouvrir le bord postérieur du masséter, puis rejoindre, sur la face externe de ce muscle, l'extrémité antérieure du feuillet superficiel.
En bas, la lame fibreuse qui ferme la loge parotidienne et sépare la parotide de la glande sous-maxillaire est assez dense et relativement assez épaisse. Gomme direction générale, elle présente une légère concavité regardant en haut. En dehors, elle se relie à la face profonde du feuillet externe de l'aponévrose parotidienne ; sur les autres points de sa périphérie, elle va rejoindre le feuillet interne, en dedans, au niveau des muscles styliens, en arrière, vis-à-vis dusteruo-cléido-mastoïdien et du digastrique, en avant, à hauteur de l'angle du maxillaire et des insertions inférieures des muscles masséter et ptérygoïdien interne.
En haut, pas d'aponévrose : l'extrémité supérieure de la glande entre en rapport immédiat avec la partie cartilagineuse du conduit auditif externe et l'articulation temporo-maxillaire.
Les détails qui précèdent donnent jusqu'à un certain point la clef de quelques-uns des laits pathologiques qu'on peut observer sur cette glande. Qu'une collection purulente s'y forme, elle aura peu de tendance à se porter vers la peau qui recouvre la région, à cause de la résistance de l'aponévrose qui ferme la loge parotidienne en dehors; en bas, elle ne pourra pas fuser vers la glande sous-maxillaire à cause de la lame aponévrotique résistante qui la sépare de la parotide, et, dans cette direction, elle ne pourra que suivre la game de la carotide externe jusque dans la région sus-hyoïdienne, et même de là gagner le thorax (A. Bérard). En arrière, l'épaisseur de l'aponévrose parotidienne oppose au pus une solide barrière. En avant, bien moins résistante, elle peut lui permettre de se diriger vers la cavité buccale en passant entre le ptérygoïdien interne et la branche montante du maxillaire inférieur. En dedans, l'intervalle qui sépare le ptérygoïdien interne des muscles styliens peut conduire le pus vers le pharynx. Enfin, en haut, l'absence d'aponévrose fait qu'une collection piu'ulente, pourvu qu'elle traverse l'une des incisures de Santorini du cartilage du conduit auditif externe, jieut passer de la loge parotidienne dans ce conduit et vice versa (Colles, Velpeau).
Rapports de la parotide avec les vaisseaux artériels et veineux. La carotide externe est l'artère qui affecte les rapports les plus intimes avec la parotide, tant par son tronc que par ses branches terminales et par certaines des collatérales qu'il émet. Occupons-nous d'abord de l'artère.
Sa situation vis-à-vis de la glande est sujette à varier, mais, dans le plus grand nombre des cas, voici comment elle se présente : l'artère répond d'abord à la partie inférieure du bord interne de la parotide, auquel elle est simplement accolée, et cela dans une hauteur variable qui, en moyenne, ne dépasse guère le tiers de la hauteur totale de la glande. Ensuite la carotide, continuant son trajet ascendant, s'engage dans l'épaisseur de la glande, oîi elle se trouve comprise jusqu'à sa terminaison. Elle reste néanmoins rapprochée de son bord interne ou profond, dont elle s'éloigne généralement peu.
Telle est sa disposition la plus habituelle, et l'on conçoit que, quand elle existe, il soit impossible de pratiquer l'ablation totale de la parotide sans diviser la carotide externe, car op ne saurait songer, dans une opération chirurgicale,
PAROTIDE (anatomie). 585
enlever la parotide en disséquant minutieusement l'artère et ses branches, comme on le fait dans une préparation anatomique sur le cadavre.
Ces rapports de l'artère et de la glande ne sont pas constants et présentent, chez certains sujets, des variantes qui ont été étudiées et décrites tout particulièrement par A. Bérard, et après lui par Triquet. C'est ainsi que Bérard a signalé, sur le bord interne de la parotide, une gouttière s'étendant dans toute sa hauteur et logeant la carotide externe qui, en pareil cas, n'entre en contact avec la glande que par sa demi-circonférence externe. Cette variété n'est pas très-commune, car Sappey dit l'avoir cherchée sur huit sujets, des deux côtés, et ne l'avoir pas rencontrée. Bérard a vu encore l'artère complètement indépendante de la glande, répondant à sa face antérieure, et cachée derrière le bord postérieur de la branche montante du maxillaire inférieur. Triquet, de son côté, a rencontré la carotide, contenue dans une gaine celluleuse, complètement isolée de la parotide, avec laquelle elle n'avait plus que des rapports de simple voisinage : l'artère passait un peu en avant du bord interne de la glande qui, dans ce cas, n'envoyait pas de prolongement pharyngien entre les muscles styliens et le plérygoidien interne. 11 dit avoir noté celte disposition quatre ou cinq fois, après avoir disséqué les parotides de vingt sujets : cette proportion semblerait un peu forte, si l'on ne savait par expérience combien en anatomie, comme en chirurgie, on tombe souvent sur des séries de faits qu'on reste longtemps sans rencontrer par la suite.
Quoi qu'il en soit du plus ou du moins de fréquence de ces variétés de rapports, il nous suffit de savoir que la carotide externe peut se trouver accidentellement indépendante de la parotide dans tout son parcours, au travers de l'excavation parotidienne, pour comprendre que l'extirpation totale de la glande puisse être faite sans lésion du tronc carotidien.
C'est donc à tort que Gensoul considérait la section de la carotide externe comme le corollaire obligé de l'extirpation totale; c'est à tort également que, pour prévenir l'hémorrhagie par le bout inférieur de la carotide externe, il conseillait la ligature préventive de la carotide primitive : cette opération préhminaire à elle seule est notable- ment plus grave que l'extirpation de la parotide et en assombrirait considérable- ment le pronostic, si on se décidait à la pratiquer.
Certaines anomalies artérielles peuvent encore faire éviter au tronc de la parotide externe la traversée de la parotide : c'est ce qui arrive quand la carotide primitive ne se bifurque pas et suit le trajet de la carotide interne en fournissant, chemin faisant, les branches collatérales et terminales de la carotide externe (Allan Burns) , ou quand , la carotide primitive s'étant bifurquée comme de coutume, la carotide externe présente un tronc long seulement de quelques millimètres, et se résolvant en un bouquet de ramifications qui représentent ses branches collatérales et terminales (Allan Burns, Dubrueil).
Quant aux rapports qu'affectent avec la glande les branches terminales de la carotide et celles de ses collatérales qui naissent dans le creux parotidien, ils présentent une moindre importance. La temporale superficielle continue la direction ascendante de l'artère, et sort de la glande à proximité du tubercule de l'arcade zygomatique ; elle fournit chemin faisant la transverse de la face qui, dirigée en avant, quitte la glande au niveau du bord postérieur du masséter cour accompagner de là le canal de Sténon. La maxillaire interne, à peine née, DICT. ESC. 2' s. XXL 25
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sort de la glande et s'engage derrière le col du condyle du maxillaire inférieur. Signalons, comme collatérales, l'auriculaire postérieure qui traverse, pour se rendre à destination, la partie postéro-inférieure de la glande; les branches auriculaires antérieures, qu'on rencontre dans sa partie postéro-supérieure ; les branches artérielles multiples destinées à la parotide. L'artère occipitale naît le plus souvent avant que la carotide ait pénétré dans la glande.
Les branches artérielles que nous venons de passer en revue émergent de la partie intra-parotidienne de la carotide externe, d'où il résulte que, si dans l'extirpation de la glande on commençait à la disséquer dans sa partie supérieure pour redescendre ensuite vers son extrémité inférieure, on s'exposerait à une hémorrhagie plus considérable qu'en procédant en sens inverse : dans le premier cas, en effet, on est amené à sectionner les branches collatérales et terminales de la carotide avant que celle-ci soit liée, quand elle doit l'être; dans le second, c'est-à-dire en procédant à l'isolement de la parotide de son extrémité inférieure vers son extrémité supérieure, on rencontre d'abord et profondément le tronc carotidien ([u'on lie, s'il est nécessaire, et seulement ensuite les principales branches auxquelles il donne naissance.
La carotide interne, pas plus que la jugulaire interne qui l'accompagne, n'affecte de rapports immédiats avec la parotide ; elîe en est séparée par l'apophyse styloïde et par les muscles styliens. Mais nous ne devons jamais perdre de vue la possibilité de l'existence d'un prolongement interne ou pharyngien qui, quand il a acquis un certain développement et surtout est envahi par un néoplasme, peut se mettre en rapport direct avec ces vaisseaux. Nous aurons à revenir sur ce sujet à l'occasion des tumeurs de la glande parotide et de leur ablation.
Les artères dont nous venons de signaler l'existence et le trajet dans l'épaisseur de la parotide sont accompagnées de veines satellites. Parmi celles-ci, la veine de beaucoup la plus importante est la jugulaire externe, qu'on rencontre en dehors de la carotide externe et sur un plan un peu antérieur à celui qu'elle occupe. Les branches les plus volumineuses qui se rendent à elle sont les veines maxillaires internes et temporales, qu'on voit généralement constituer par leur réunion l'origine de ce tronc veineux : je dis généralemeït, car on peut rencontrer diverses variantes dans le mode d'origine de la jugulaire externe, variantes dont la description m'entraînerait au delà des limites de mon sujet. J'appellerai aussi l'attention sur une branche, inconstante dans son existence et variable dans son calibre, qui, partant de la partie intra-parotidienne de la jugulaire externe, se dirige en dedans et aboutit à la jugulaire interne qu'elle met ainsi, quand elle existe, en communication directe avec la jugulaire externe.
La présence de cette veine dans l'épaisseur de la parotide peut devenir une source de dangers lors de l'extirpation tie cette glande : sa section peut en effet être accompagnée de la pénétration de l'air soit dans la jugulaire externe, soit encore dans la jugulaire interne, quand la branche anastomotique unissant ces deux veines existe et est suffisamment développée. C'est pour s'opposer à la pénétration de l'air dans le bout inférieur de la jugulaire externe que P. Bérard le fit comprimer avant de diviser ce vaisseau : mieux vaut encore ne le sectionner qu'entre deux ligatures.
Rapports de la parotide avec les ganglions lymphatiques. Ces ganglions sont d'un très-petit volume en dehors de l'état pathologique, et d'une coloration
PAROTIDE (anatomie). 387
brune accusée qui rend facilement reconnaissables les plus volumineux d'entre eux.
Tous sont situés au-dessous de l'aponévrose parotidienne, et Sappey, à qui nous allons emprunter divers détails à leur endroit, n'admet pas l'existence, dans la région parotidienne, de ganglions sus-aponévrotiqucs et situes dans le tissu cellulaire sous-cutané, ainsi qu'on en avait décrit.
Ces ganglions sont ou situés dans l'épaisseur même delà glande, ou à sa surface : de là leur distinction en superficiels et profonds.
Parmi les premiers, nous signalerons :
1° Deux ou trois ganglions siégeant dans le tiers supérieur de la glande, et auxquels aboutissent les vaisseaux lymphatiques provenant de la l^artie antérieure du cuir chevelu et de la peau de la tempe.
2** Un peu au-dessous de ces ganglions, et toujours dans l'épaisseur de la parotide en sont d'autres très-petits, visibles seulement après une injection mercurielle, et auxquels, d'après Sappey, se rendent les lymphatiques du sourcil, des paupières, et de la peau des régions malaire et parotidienne.
3° Dans l'épaisseur du bord postérieur de la parotide, et près de sou extrémité inférieure, sont deux ou trois ganglions recevant les lympîtatiques de la peau qui recouvre l'hélix et la face iuterne du pavillon de l'oreille.
4" Sur son bord interne existent deux ou trois ganglions accolés à la face externe de la carotide externe. Quand cette artère, au lieu de traverser la glande, est reçue dans une gouttière creusée sur ce bord, ces ganglions deviennent superficiels par le fait, et se trouvent interposés entre l'artère et le tissu glandulaire : il est facile de comprendre, avec Triquet, comment leur tuméfaction pathologique peut, en refoulant la glande en dehors et l'artère en dedans, faciliter l'extirpation de la glande, et mettre la carotide à l'abri des atteintes du chirurgien.
Comme ganglion constamment superficiel, nous n'avons à signaler que celui qu'on rencontre sur le bord postérieur de la glande, au devant du tragus. Il existe là un ganglion assez volumineux, ce qui, quand on parle de ganglions parotidieus, veut dire qu'il est à peine gros comme la moitié d'un pois : c'est lui qui reçoit les vaisseaux lymphatiques nés sur la face externe du pavillon de l'oreille.
L'anatomie n'a pas démontré que ces ganglions reçoivent des lymphatiques de la partie postérieure des bords alvéolaires des maxillaires; la pathologie semble être ici en contradiction avec elle, car il existe des faits bien nets de tuméfaction des ganglions de la région parotidienne consécutivement à des caries dentaires (Bérard, Triquet) ; dans certains cas l'adénite disparut après l'arrachement des dents malades.
Rapports de la parotide avec les nerfs. Ils sont exclusivement intrinsèques, car les nerfs qui entrent en rapport direct avec cette glande pénètrent au moins par certaines de leurs branches dans son épaisseur.
La branche auriculaire du plexus cervical émet, par sa partie antérieure, quelques filets destinés à la peau qui recouvre la parotide et les parties voisines de la joue. Ce sont ces ramifications nerveuses, en nombre variable de 5 à 5, ou au moins une partie d'entre elles, qui traversent les couches les plus superficielles de la glande avant de se terminer à la peau de la région; on sait qu'elles ont, dans l'épaisseur de la parotide, une anastomose avec le nerf facial. Quant au tronc de la branche auriculaire, il ne pénètre pas dans l'épaisseur de
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la glande, comme le font les filets parotidiens que nous venons de signaler, ainsi que le rameau auriculaire interne.
Le temporal superficiel, branche du nerf maxillaire inférieur, aborde la parotide par sa lace antérieure, à hauteur du col du condjle du maxillaire inférieur. 4près avoir fourni une branche anastomotique souvent double et qui, se portant en avant, va rejoindre la branche terminale supérieure du facial, il change de direction pour devenir ascendant, cl sort de la parotide près de la partie postérieure de l'arcade zygomatique.
Au point de vue chirurgical, ces rapports de la parotide avec les filets antérieurs de la branche auriculaire du plexus cervical, ainsi qu'avec le nerf auriculo-tempdial, ne sont que d'une médiocre importance. 11 n'en est pas de même de ceux qui l'unissent au facial, et dont nous allons avoir à nous occuper un peu plus longuement.
Le tronc du facial, en effet, peut varier dans sa situation par rapport à la parotide, quoiqu'il le fa^se bien plus rarement encore que la carotide externe.
La disposition de beaucoup la plus commune est la suivante : dès sa sortie du trou stylo-mastoïdien, le tronc du facial pénètre dans la parotide par sa face postérieure, en passant entre l'insertion supérieure du ventre postérieur du digastrique, située en dehors et un peu en arrière de lui, et la base de l'apophyse styloïde qui est en dedans et un peu en avant; il sort de la glande par sa face antérieure. Il chemine alors, ou plutôt ses branches de bifurcation cheminent entre le masséter et la partie la plus externe de la face antérieure de la parotide, n'affectant ici que des rapports de voisinage avec elle. Dans cette paitie de ^on trajet, le facial se trouve donc com[iris dans l'épaisseur même de la parotide; il la traverse d'arrière en a\ant, suivant une direction oblique en bas, en avant et un peu en dedans, et croise à angle à peu près droit la carotide et la jugulaire externes, en dedans desquelles il est situé. C'est aussi pendant son trajet intra-parotidien qu'il se divise en ses deux branches terminales, temporo-faciale ou supérieure, et cervico-faciale ou inférieure ; cette dernière continue la direction du tronc du nerf, tandis que la branche temporo-faciale se dirige en haut et en avant, et sort de la parotide en un point plus élevé de sa face antérieure.
D'une telle inclusion du facial dans l'épaisseur de la parotide résulte cette conséquence que l'ablation totale de la glande sera fatalement suivie d'une paralysie faciale.
Mais, ainsi que nous l'avons dit précédemment, les rapports du facial avec Ja glande peuvent très-accidentellement être modifiés, de telle sorte que son extirpation puisse ne pas intéresser le tronc du nerf.
Ainsi, Triquet a rencontré plusieurs fois la disposition suivante : le facial était simplement accolé à la partie profonde de la glande. Celte variété de rapports permet de comprendre qu'il soit possible d'extirper la glande sans toucher au nerf; mais hàtons-nous d'ajouter qu'elle est rare, bien plus rare que la situation extra-parotidienne de la carotide externe, que nous avons mentionnée précédemment. Ajoutons encore qu'alors même que le tronc du facial se trouverait ainsi en dehors de la parotide, l'extirpation de celle-ci pourrait néanmoins se compliquer d'hémiplégie faciale, car les branches de bifurcation du nerf peuvent fort bien s'engager au travers de la glande, près de sa partie antérieure, et par conséquent être divisées lors d'une extirpation totale de l'organe.
PAROTIDE (anatomie). 589
Citons aussi la disposition exceptionnelle rencontrée une seule fois par Tritjuet : un petit ganglion lymphatique était placé entre le tronc du nerf et la glande. En supposant que ce ganglion se fût tuméfié, il eût pu repousser le tronc nerveux en dedans, la glande en dehors, et permettre peut-être son extirpation sans section du nerf et, partant, sans hémiplégie faciale.
Ce qui précède montre comment Nœgelé a pu soutenir qu'il était possible d'enlever la parotide sans léser le facial; mais, comme une telle possibilité, vu la rareté de l'existence des conditions anatomiques capables de la favoriser, n'est jamais que très-exceptionnelle, on conçoit aussi que A. Bérard ait considéré la section du facial et l'hémiplégie consécutive de la face comme un signe certain d'une extirpation complète de la parotide; pour lui, les opérations suivies d'hémiplégie ont porté certainement sur la totalité de la glande, et celles dans lesquelles on avait cru enlever le tout, et qui n'ont cependant pas été suivies d'hémiplégie faciale, ne peuvent pas être considérées avec certitude comme des extirpations totales. Bérard regardait aussi la lésion de la carotide comme un indice certain de l'extirpation totale; mais ce que nous avons dit des rapports de la glande avec ce vaisseau montre bien que l'extirpation totale peut être faite moins rarement sans lésion de la carotide que sans lésion du facial.
Il est encore un nerf dont on néglige souvent de signaler les rapports avec la parotide : c'est le spinal, dont la branche externe, en se dirigeant vers le stcrno-cléido-mastoïdien, côtoie l'extrémité inférieure de la glande et quelquefois la traverse.
Conduit excréteur de la parotide. Il est connu sous le nom de canal de Sténon. On le voit émerger de la parotide au niveau de l'extrémité antérieure du prolongement de celte glande qui s'étend sur la face externe du masséter; il croise ensuite le bord antérieur de ce muscle, passe au devant de la boule graisseuse de Bichat, descend sur le buccinateur, le traverse ainsi que la muqueuse buccale, celle-ci en un point sujet à varier un peu, mais répondant sensiblement au collet de l'une des dernières molaires supérieures. Sa direction, dans cette partie extra-parotidienne de son trajet, est indiquée par une ligne tirée du tragus à la commissure buccale : cette ligne peut servir de guide dans sa recherche, comme elle sert aussi à faire éviter de le sectionner pendant les opérations qui se pratiquent dans son voisinage.
II ne faut accorder de valeur réelle au point de repère fourni par cette ligne qu'en ce qui concerne la partie du canal de Sténon la plus rapprochée du bord antérieur du masséter, et celle aussi qui répond au buccinateur. Quand la parotide ne recouvre qu'une faible partie du masséter et que le canal de Sténon, émergeant de la glande à une distance plus grande du bord antérieur de ce muscle, croise une plus grande étendue de sa face externe, la première partie de son trajet n'est plus parallèle à cette ligne fictive, mais la croise à angle aigu et assez ouvert : dans ces cas, en effet, on voit le canal de Sténon sortir de la glande beaucoup plus bas que de coutume, et se diriger d'abord obliquement en haut et en avant.
Mais décrivons avec plus de détails les particularités qui le concernent.
Le canal de Sténon naît dans l'épaisseur même de la partie inférieure de la parotide ; il prend une direction d'abord ascendante (Sappey) et contourne le bord postérieur de la branche montante du maxillaire à l'union de son tiers inférieur avec ses deux tiers supérieurs. Continuant son trajet ascendant, et compris cette fois dans l'épaisseur du prolongement massétérin de la glande, il
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passe obliquement sur la face externe du muscle masséter en croisant sa direction sous un angle de 45 degrés (Sappey). Il arrive ainsi à environ 1 centimètre, plutôt plus que moins, au-dessous de l'arcade zygomatique, point où il change de direction et se dégage du prolongement massétérin de la parotide.
Il apparaît alors sur la face externe du masséter, à 1 centimètre au-dessous du bord inférieur de l'arcade zygomatique, reposant sur les fibres tendineuses de l'insertion supérieure du muscle, auxquelles il est assez adhérent, et affectant une direction horizontale, ou plutôt légèrement oblique eu bas et en avant.
Telle est la disposition qu'on rencontre le plus souvent, c'est-à-dire chaque fois que la glande et son prolongement massétérin s'étendent assez loin sur la face externe du masséter. Quand, au contraire, elle ne dépasse que de peu le bord postérieur de ce muscle, le canal de Sténon se montre, à l'endroit oiî il émerge de la glande, à 2 centimètres, 2 centimètres et demi, même 5 centimètres au-dessous de l'arcade zygomatique ; il est fort éloigné de la transverse de la face, qui, elle, ne s'écarte guère de l'arcade zygomatique. On le voit ensuite monter sur la face externe du masséter, croisant sa direction sous un angle d'environ 45 degrés, et se rapprocher ainsi de la partie antérieure de l'arcade zygomatique dont il ne se trouve plus éloigné que d'à peu près 1 centimètre au moment où, décrivant une courbe à concavité inférieure, il change sa direction ascendante pour une direction légèrement oblique en bas et en avant. Somme toute, (jue le canal de Sténon soit accompagné plus ou moins loin par la parotide, son trajet reste au fond le même, et les différences que je viens de signaler tiennent à ce que le peu d'étendue du prolongement de la glande sur le masséter laisse à nu une partie de sa longueur qui, devant appartenir régulièrement à la partie intra-parotidieune de son trajet, se trouve appartenir en pareil cas à sa partie extra-parotidienue.
Dans cette première partie de son trajet extra-glandulaire, qui correspond à la face externe du masséter, le canal de Sténon est accompagné, mais à distance, par l'artère transverse de la face, située au-dessus de lui, et par une branche du facial.
Après avoir ainsi longé la face externe du masséter, le canal de Sténon contourne son bord antérieur, passe au devant de la boule graisseuse de Bichat, en se dirigeant obliquement en avant et en dedans, et un peu en bas, vers la face externe du buccinateur; il décrit ainsi un coude assez accusé au niveau du bord antérieur du masséter. Arrivé à la face externe du buccinateur, il cesse de marcher aussi directement en dedans pour prendre une direction plus oblique en avant et en dedans ; de là un nouveau coude, ce qui fait comparer par Tillaux l'ensemble de son trajet extra-parotidien à deux barres parallèles reliées entre elles par une sécante légèrement oblique. Il traverse obliquemeot le muscle buccinateur, arrive sous la muqueuse buccale qu'il traverse obliquement aussi, et à la surface de laquelle il s'ouvre par un orifice étroit.
Ces changements de direction du canal de Sténon constituent un obstacle au calhélérisme : on y remédie en n'introduisant le stylet ou la bougie fine qu'après avoir redressé autant que possible ses courbures en attirant la joue en avant et en dehors.
Cette dernière partie du canal, qui s'étend du bord antérieur du masséter à la cavité buccale, est assez courte : il pénètre en effet dans le buccinateur à 8 ou 10 millimètres au devant du bord antérieur du masséter (Sappey), et il perfore
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la muqueuse buccale à 4 ou 6 millimètres au devant du point oii il s'est engagé dans l'épaisseur du buccinateur (Cruveilhier).
Nous avons eu l'occasion do dire précédemment qu'il était difficile d'indiquer très-nettement le siège de l'orifice buccal du canal de Sténon, et ceci à cause des différences individuelles qu'on est exposé à rencontrer souvent. En hauteur, il répond sensiblement au collet des grosses molaires supérieures ; mais dans le sens antéro-postérieur on le voit répondre soit à la première molaire (Tillaux), soit à l'intervalle qui sépare la première de la seconde (Cruveilhier, Sappey), soit même à la deuxième petite molaire (H. Cloquel), etc., soit à la deuxième molaire. Le chirurgien, faute de données anatomiques très-précises, pourra toujours facilement le reconnaître à l'aspect d'une fente étroite qu'il présente quand on tend la joue en l'attirant en avant et en dehors.
L'obliquité suivant laquelle le canal de Sténon traverse la muqueuse buccale est généralement comparée, et à juste titre, à celle que présentent les uretères lorsqu'ils pénètrent dans la vessie. Elle a pour résultat d'empêcher les liquides ou les gaz contenus dans la bouche de franchir son orifice buccal, car, dès qu'une pression intra-buccale tend à se produire et à les faire pénétrer dans sa cavité, celle-ci se trouve fermée par une force égale qui applique l'une contre l'autre les parois opposées de l'extrémité du conduit de Sténon.
Quoiqu'il paraisse, lorsqu'on le dissèque, assez volumineux, il a un calibre faible, ne dépassant généralement pas 1 millmiètre de diamètre. Mais sa paroi présente une épaisseur remarquable, surtout dans sa partie extra-parôtidienne. Elle serait due en partie, d'après Tillaux, à ce que les deux feuillets aponévrotiques qui ont tapissé, l'un la pai'oi externe, l'autre la paroi interne de la loge parotidienne, se prolongent sur le canal de Sténon jusqu'à l'endroit où il perfore le buccinateur, puis, arrivés à cet endroit, se réfléchissent et rétrogradent vers la parotide en lui formant une seconde gaîne fibreuse, concentrique à la première qu'ils avaient déjà formée.
Vaisseaux et nerfs de la parotide. Les artères viennent de la carotide externe, soit directement, c'est-à-dire en tirant leur origine de cette partie du tronc artériel qui traverse la glande, soit indirectement, et alors sont fournies par ies branches de la carotide comprises dans l'épaisseur de la glande : c'est nommer les auriculaires postérieure et antérieure, la temporale superficielle, la transverse de la face .
Les veines se rendent soit aux veines satellites des branches collatérales de la carotide externe que nous venons de mentionner, soit au tronc de la jugulaire externe.
Les lymphatiques de la glande ne sont pas connus (Sappey). Elle est traversée par les vaisseaux qui aboutissent aux ganglions que nous avons décrits dans son épaisseur, ainsi que par ceux qui unissent ces ganglions entre eux.
En ce qui concerne les nerfs de la parotide, l'anatoraie nous les montre venant en majeure partie du nerf auriculo-temporal, branche appartenant à la cinquième paire; quelques-uns semblent aussi provenir de la branche auriculaire du plexus cervical, dont quelques filets semblent se perdre dans la parotide. L'étude du fonctionnement de cette glande, faite par les physiologistes, complète heureusement l'insuffisance des résultats obtenus par la dissection seule, surtout en ce qui a trait à la provenance des fibres nerveuses qui s'y rendent.
Anomalies. Elles doivent être bien rares, à en juger par le silence des
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auteurs à ce sujet. Je n'en connais qu'une seule, consistant en une ectopie congénitale de la parotide, et observée par Wenzel Gruber (de Saint-Pétersbourg). En voici la description sommaire :
La région parotidienne droite présentait une dépression profonde, tandis qu'à gaucbe elle avait sa forme habituelle; on remarquait seulement, vers la partie supérieure du masséter droit, un bourrelet transversal assez volumineux qui n'existait pas du côté gauche.
L'excavation parotidienne droite contenait, comme d'habitude, le nerf facial, la carotide externe et ses branches, etc. Le nerf facial passait en dehors des vaisseaux, accompagnés de gaines fournies par l'aponévrose parotidienne, de tissu cellulaire, de quelques petits ganglions lymphatiques ; il n'existait dans cette région aucune trace de la jiarotide.
Cette glande se trouvait tout entière dans la partie supérieure de la région massétérinc, où elle avait sa base, et à la face externe du buccinateur, où se trouvait son sommet. Le grand zygomatique passait au devant d'elle ; des filets du facial la traversaient.
Le canal de Sténon apparaissait au-dessous du sommet de la glande, au niveau du bord antérieur du masséter. 11 longeait ce bord de haut en bas, se dirigeait ensuite en dedans et en avant, et peiforait le buccinateur à la hauteur habituelle. 11 était plus court, mais de même diamètre que le canal de Sténon du côté gauche.
Stri/clu7-e de la parotide. Nous n'avons pas à entrer ici dans de grands détails sur l'histologie de la parotide ; elle est presque identique à celle des autres glandes salivaires, et en particulier de la glande sous-maxdlaire. Pour éviter des répétitions inutiles, nous renvoyons donc le lecteur à l'article consacré à cette glande, qui est du reste celle des glandes salivaires sur laquelle ont porté les plus nombreuses recherches; nous le renvoyons aussi à l'article Glandes en général. Ici, nous nous bornerons à esquisser très-brièvement les principales particularités de sa structure , et à indiquer sommairement les caractères qui lui sont propres, et qui établissent une légère différence entre elle et les autres glandes salivaires.
La parotide est une glande en grappe et, comme telle, présente les caractères bien connus des glandes de cette catégorie sous le rapport de la forme des acini qui constituent sa partie sécrétante, de leur mode de groupement pour donner origine à un conduit excréteur, etc. Ce serait se mettre en contradiction avec ce que démontrent les coupes pratiquées sur cette glande que de vouloir la considérer, avec Asp, comme une glande en tube, dont les tubes sécréteurs se diviseraient dichotomiquement, s'eiitre-croiseraient diversement, puis se termineraient par une extrémité close et renflée. Le diamètre de ses acini, ou vésicules, oscille entre 0°''",04 et 0'"'^,06.
Chaque vésicule est linnlée extérieurement par une membrane propre, qui se montre sous forme d'un liséré amorphe, et dont l'épaisseur, quand elle est suffisante pour qu'on puisse la mesurer, ne dépasse pas O^^jOOl. C'est cette membrane propre qu'on a successivement considérée soit comme constituée par le tissu conjonctif périacineux légèrement modifié, soit comme le produit amorphe d'une sécrétion effectuée par la face profonde des cellules glandulaires, soit comme une agtjlomération de cellules éloilées du tissu conjonctif, accolées les unes aux autres par leurs surfaces planes, soit enfin comme le résultat de i'accolement de couches concentriques de cellules plates endothéliales.
PAROTIDE (anatomie). 593
Immédiatement au-dessous de la membrane propre est une rangée unique de cellules glandulaires. Leur forme se rapproche de celle d'un cône tronqué, dont la base répond à la face profonde de la membrane propre de l'acinus, et le sommet tronqué au centre de l'acinus où, de concert avec le sommet également tronqué des cellules voisines , il concourt à limiter un espace central assez étroit où se déverse le produit sécrété. Les dimensions des cellules oscillent entre 0™'°,01 et 0'""',02. Leur protaplasma ne contient que rarement des granulations, à rencontre de ce qu'on observe sur les glandes sous-maxillaire et sublinguale ; l'acide acétique le laisse homogène et n'y fait apparaître aucune opacité (Kôlliker).
Cliaque cellule contient un noyau sphérique ou ovoïde, d'aspect plus foncé que le protoplasma, à cause des Unes granulations qu'il contient. L'acide acétique le rend plus apparent. 11 n'occupe pas exactement le centre de la cellule chez l'homme, mais est toujours plus rapproché de celle de ses faces qui entre en contact avec la face interne de la membrane propre de l'acinus.
Les éléments connus sous le nom de croissants de Giannuzzi et trouvés sur les glandes salivaires du chien, du bœuf, du mouton, du cobaye, de la souris, semblent faire défaut sur la parotide comme sur les autres glandes salivaires de l'homme.
D'après Gaviotti et Boll, la parotide, contrairement à la glande sous-maxillaire et à d'autres glandes en grappe, ne posséderait pas ces canaliculcs excréteurs, analogues aux canalicules biliaires, et qu'on décrit généralement comme formant, autour des cellules sécrétantes, un réseau qui comuience sous la membrane propre de l'acinus et vient se terminer et s'ouvrir dans fa cavité centrale.
Dans la parotide, comme dans toute glande en grappe, plusieurs acini se réunissent pour constituer un lobule microscopique, et la cavité centrale du lobule ainsi formé se continue directement avec un canalicule excréteur. Les canaliculcs, en s'anastomosant avec leurs voisins, forment des conduits excréteurs plus volumineux, etc.
Ces canaux excréteurs sont essentiellement formés de deux couches : l'une, externe, celluleuse et élastique; l'autre, interne, épithéliale. La couche celluleuse est remarquable surtout par l'existence d'une assez forte proportion de fibres élastiques. La couche épithéliale, dans les canalicules excréteurs les plus fins de la parotide, serait formée, d'après les recherches d'Ebner et de Frey sur quelques mammifères, par des cellules plates, de forme presque losangique, accusée surtout à proximité des acini desquels part le canicule excréteur : de là le nom de cellules centro-aeinaires que leur a donné Langerhans. Mais, à mesure que le canalicule s'éloigne de son origine et augmente de diamètre, les cellules perdent en longueur, aiTondissent leurs contours et gagnent en épaisseur pour se rapprocher de la forme cylindrique, et enfin radojtter déiniitivement. Leur hauteur est alors de 0""",036, et leur largeur de 0"^",04 à 0'"'",05.
On a vainement cherché, sur les cellules épithéliales formant le revêtement interne des voies d'excrétion de la parotide, l'existence de la slrialion parallèle au grand axe de la cellule, visible entre son noyau et son extrémité adhérente, et étudiée particulièrement par Pfluger et par Ranvier dans le protoplasma des cellules qui tapissent les conduits excréteurs de la glande sous-maxilhure.
Sur la face externe de la membrane propre des acini se voit un réseau capillaire qui n'olfre rien de spécial dans la parotide; les vaisseaux qui le constituent ont un diamètre moyen de 0"'",006 à 0'"",009. Les mailles de ce
394 PAROTIDE (pathologie chirurgicale).
réseau sont polygonales ou arrondies autour des vésicules glandulaires et deviennent plus allongées autour des canalicules excréteurs, en même temps que le nombre des capillaires y devient moins considérable.
Quant aux origines des lymphatiques, je n'ai rien de spécial à indiquer, et, en ce qui concerne leur origine, étudiée dans les glandes en général, je ne puis que renvoyer aux articles Lymphatiques et Glandes, où cet important sujet se trouve traité.
Même remarque relativement aux terminaisons nerveuses dans la parotide : des glandes salivaires, c'est surtout la sous-maxillaire qui a été utilisée pour leur étude, dont on devra chercher l'exposé aux articles Maxillaire et Glandes