PASTÈQUE
que l'on doit employer contre les blessures faites par le Turlur. Aujourd'hui encore, la Pastenague est très-redoutée des pêcheurs; l'aiguillon de ce poisson est, en effet, une arme des plus dangereuses: aussi a-t-on soin de couper la queue de l'animal dès qu'il est amené à bord.
La Pastenague fait partie de la famille des Trygonidées, caractérisée par un corps rhomboïdal, assez semblable à celui des Raies, une queue mince, fort grêle, armée d'un ou de plusieurs aiguillons, une tête confondue avec le corps, des dents assez petites, rangées en séries régulières. Ce poisson est vivipare ; les poches utérines sont soudées entre elles et ont la forme d'une large cavité ovoïde se continuant avec un col qui se rend dans une autre cavité débouchant elle-même dans le cloaque ; la muqueuse utérine est complètement cachée par une masse de villosités qui acquièrent un grand développement.
Ou trouve deux espèces de Pastenague sur les côtes de France. La Pastenague commune [Tnjgon vulgaris Risso), connue sousles noms vulgaires de Tère, Terre, Touare, Pastenagua, peut atteindre plus de 1 mètre et d/2 de long; l'extrémité antérieure du disque est anguleux, ce qui distingue cette espèce de la Pastenague violette {Tnjgon violacea Bp.) ; cette dernière a été prise accidentellement sur les côtes de Nice.
Outre le genre Trygon, la famille des Trygonidées comprend encore les genres Ptéroplatée, Tœniure, Urolophe, Trygonoptère, ^Etoplatée, Hypolophe. C'est rilypoloplie ou Trygon sephen qui fournit le vrai galuchat ; la peau qui revêt le dos, polie et teinte en vert ou en bleu, est utilisée dans l'industrie pour faire des étuis de cigarettes, des porte-cartes, pour couvrir des petits coffrets ou pour servir de revêtement élégant à des meubles de fantaisie; l'industrie reçoit aujourd'hui de la mer Rouge et des mers de Chine les Raies armées avec lesquelles se prépare le galuchat. Il.-E. Sauvage.
Bibliographie. — Salviani. Aquatilium animalium historia, 1554. — Pierre Belox. La nature et diuersilé des poissons, 1555. — Rondelet Histoire entière des poissons, 1558. — BocssuET. De natura aquatilium carmen, 1558. — Risso. Histoire naturelle des poissons ds la Méditei-ranée, 1826. — Muller et Hexle. Systematische Beschreibung der Plagiostomen, 1841. — A. DuiiÉRiL. Hist. nat. des poissons, 1. 1, p. 600, 1865. — E. Moreau. Hist. nat. des poissons de la France, t. I, p. 448, 1881. E. S.
PASTÈQUE. CitruUus Schrad. Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille des Cucurbitacées et caractérisé de la manière suivante : fleurs monoïques, toutes solitaires à l'aisselle des feuilles ; tube du calice largement campanule; corolle quinque-partite. Dans les fleurs mâles, 5 étamines libres, à anthères presque sessiles, flexueuses, sans appendices ; dans les femelles, stigmate presque sessile, trilobé, à lobes obtusément bilobulés; ovaire à trois placentas villeux ou glabres. Fruits péponides, globuleux, rai'ement oblongs, contenant des semences ovales, planes, le plus souvent bordées d'un bourrelet.
D'après M. Naudin le genre CitruUus ne contient que deux espèces, toutes deux intéressantes au point de vue de l'aHmentation et de la thérapeutique : la Pastèque [CitruUus vulgaris Schrad.) et la Coloquinte [CitruUus colocynthis Schd.).
1" La première de ces espèces, qui porte plus spécialement le nom de Pastèque, est aussi appelée Melon d'eau. C'est le CitruUus vulgaris Schrad. [CitruUus edulis Spach., Cucumis citruUus L.).
Le type de cette espèce cultivée dans les jardins des régions chaudes et tempérées du globe est une plante annuelle à feuilles grandes et molles,
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à fleurs jaunes donnant naissance à de gros fruits d'une seule couleur, verte ou marbrée, souvent rendus glauques par une fine efflorescence cireuse ; la chair est blanche ou jaunâtre, et les semences polymorphes, le plus souvent d'un rouge violacé à sa surface. Cette Pastèque a une saveur douce et agréable qui la fait rechercher dans les pays chauds, où elle croît spontanément.
M. Naudin y rattache comme de simples races ou variétés, les formes décrites par les auteurs sous les noms de CUrullus amanis, C. cafer, C. aniarissimus, et dont les fruits sont généralement amers. 11 se fonde sur ce que les graines de ces espèces, cultivées au Muséum, ont donné des plants qui nediflèrent de celles àe la. Pastèque de nos jardins que par la saveur du fruit, et sur ce que d'ailleurs la Pastèque n'est pas toujours amère à l'état sauvage, et il se fonde sur un passage curieux de Livingstone, qui mérite d'être rapporté ici : « Le plus étonnant de tous les produits du désert, dit le célèbre voyageur, est sans contredit le Melon d'eau {Cucumis café)-) qui porte dans le pays le nom de Kengoiié ou Kémé. Dans les années où la pluie est un peu plus abondante que d'habitude, des terrains d'une immense étendue sont littéralement couverts de cette espèce de melons. C'est alors une véritable fête non-seulement pour les habitants du pays, mais encore pour les animaux de toute espèce. Ce fait avait lieu tous les ans à l'époque où la pluie était moins rare que de nos jours, et les Bakouains envoyaient chaque année des caravanes au lac Cnami pour acheter de ces melons aux tribus de la contrée. Aujourd'hui cette abondance ne se produit plus que tous les dix ou onze ans. Ces melons néanmoins ne sont pas tous comestibles : il y en a qui ont tant d'amertume que les Boërs ont donné à la plante le nom générique de Meloïi d'eau amer. Les melons amers sont malsains ; les autres sont extrêmement salubres. »
D'après Naudin, la Pastèque est une plante essentiellement africaine, qui existe encore à l'état sauvage dans plusieurs contrées de l'Afrique depuis l'Abyssinie jusqu'au cap de Bonne-Espérance. Elle est cultivée depuis un temps immémorial dans la vallée du Nil, d'où elle a passé, même assez anciennement, chez la plupart des peuples civilisés du bassin de la Méditerranée. Aujourd'hui elle existe dans tous les pays chauds du monde et, comme les graines sont jetées au hasard, il n'y a rien d'étonnant qu'on la trouve à demi sauvage dans beaucoup de contrées où elle n'existait pas primitivement. Ajoutons que ces graines, habituellement d'un rouge violacée dans nos races cultivées, peuvent varier beaucoup et de taille et de couleur.
2" La seconde espèce de Citrullus est le CitruUus colocynthis Schrad. [Cucumis colocynthis L.), vulgairement nommée Coloquinte. G est une plante des lieux arides de l'Afrique entière et de l'Arabie, qu'on retrouve dans les Indes Orientales, et aussi dans l'archipel Grec, en Espagne, où elle porte le nom de Cabo de Gâta, et, par accident, sur les côtes méditerranéennes de la France. Malgré l'étendue de son aire géographique, la Coloquinte officinale varie relativement peu, Elle se distingue parfaitement de la Pastèque par sa grosse racine pivotante et vivace, et par ses feuilles grisâtres et rudes au toucher. Ses fruits globuleux varient de la grosseur d'une pomme d'api à celle d'une orange ; ils sont verdâtres jaunes ou d'un vert élégamment marbré de jaune ; la chair en est fongueuse, blanche, extrêmement amère; les semences sont très-lisses et plus ou moins basanéees; elles n'ont guère que 5 à 6 millimètres de long, et n'ont pas de bourrelet sur les bords.
La Coloquinte paraît avoir joué un rôle assez considérable dans la matière