‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.73Chapitre 96 sur 112 · L. Un · texte numérisé non relu

L. Un

PATRL'SHI. Nom tamoul du Mirabilis Jalappa L., de la famille des Nyctaginées. Pl.

PATTISON. 6-9

PATTE d'araig%'Ée. Nom donné aux Nigelles, de la famille des Renonciilacées : Nigella saliva L., et Nigella daiuascœna L. Pl.

PATTE DE EAPiîv. Nom donné à VAlchémille [Alchimilla vulgaris L.), de la famille des Rosacées. Pl.

PATTE DE LIÈVRE. Nom donné au TrifoUum arvense L., de la fomille des Légumineuses. Pl.

PATTE DE LOUP. Nom donné au Lî/co/;of/iMm clavatumlj., ou Lycopode commun. Pl.

PATTE d'oie. Nom donné à plusieurs espèces (ÏAnsérlne ou Clienopodlum. Pl.

PATTE d'ours. Nom donné à V Acanthe {Acanthiis mollis L.) et aussi au Pied de griffon {Hellebonis fœtidus L.). Pl.

PATTERSOi\ (Les deux).

Pattcrson (Charles). Né en Irlande, étudia la médecine à Edimbourg et y prit le bonnet de docteur en 1829. 11 se fixa ensuite à Dublin et fut médecin à rinfirmeric et au Fever-IIospital, puis devint médecin à l'hôpital du district de Rathkcale. chirurgien au dispensaire de Ratiikeale, etc. Il exerçait encore en 1860. Nous connaissons de lui :

I. Diiis. inaug. de phlegniasia dolente. Edinburgi, 1829. — II. On the Effecls of Mammarij Irritation in Amenorrhœa. In Dublin Med. Journ., t. IV. — III. On Dixcoloration of the Skin hy îsilralc of Silver and the Médicinal Eiiiployment of lodide of Silver. In Dublin Med. Press, t. VIII et IX. — IV. On the Nature and Trcatment of Button-Scurvy. Ibid., t. XI. Etc., etc. L. Un.

Patterson (William). Autre médecin irlandais, fixé à Londonderry, a publié à la fin du dernier siècle et au commencement de celui-ci différents ouvrages et mémoires intéressants sur des sujets variés de médecine et sur la climatologie de l'Irlande. Nous citerons :

I. Letters to Dr. Quin on the Internai Dropsy of tlic Brain. Dublin, 1794, ia-8°, — II. Remarks on some of the Opinions of Dr. Rush rcspccting tho Yellow Fever ivhich prevailed in Pliiladelphia in 1793. Londonderry, 1795, in-8°. — III. An Analytical View of a Popular Work on a New Flan, entitlcd : tounlains at home for the Poor as well as for the Rich. Dublin, 1800, in-S". — lY. Observations on the Clunate of heland, etc. Dublin, 1804, in-8°. — V. Articles dans les i-ecueils périodiques de médecine. L. IL\.

PATTISOX' (Granville-Sharp). Médecin américain de mérite, fut successivement professeur de chirurgie à l'Université de Maryland, à Baltimore, puis vers 1832 professeur d'anatomie au Jefferson Médical Collège à Philadelphie. 11 prit part à la rédaction de ï American Mediccd Recorder à partir de 1818. Nous connaissons de lui :

I. Expérimental Observations on the Opération of Lilhotomy, with the Description of a Fascia of the Prostate Gland, which Appears to Explain Anatomically the Cause of Urinai Infiltration, etc. Pliiladelphia, 1821, in-8° (extr. de VAnier. Med. Rec, 1820). — II. Rcply to Certain Verbal and Written Criticisms delivered against an Essay on Litholomy. Pbiludelpbia, 1820, in-S" (extr. de l'Amer. Med. Rec., 1820). — III. Il publia : Buiuns. Obs. on

640 PÂTY.

tke Surgical Analomy ofthe Ilead and ^eck. Baltimore, 182j, in-8°. — IV. A Discoursr delivered on Comniencing tke Lectures in Jefferson Médical Collège. Pliiladelphia, 1832. —

V. Letter on Choiera to Dr. Carmichael. l'hiladelpliia, 1852. — VI. Lecture on the

Question : Has tke Parotic Gland ever been extirpaled. Pliiladelphia, 1835, in-8°. — VII. introductory Lecture, Session 1838-1839. Philadelphia, 1839, in-8'. — VIII. Articles dans les recueils médicaux. L. Hn.

PATU.^A (Bautolojieo). Médecin italien, né à Santo-Nicolo, en 1738, commença ses études médicales à Padoue, sous Morgagni, dont il fut prosecteur, et les acheva à Vienne, où il fut reçu docteur en 17G5. Il fut quelque temps médecin de l'hôpital espagnol de Vienne et fut nommé en 1769 proto-médecin à Gradisca. La dissertation inaugurale, en forme de lettre, de Patuna, a pour objet un cas très-curieux de grossesse extra-utérine; c'est une grossesse uférotubo-abdominale (Dezeimeris).

I. Epistola physico-medica ad J. D- Morgagnum contincns kistoriam fœtus sine involucris extra-uterum inventif placenta intra uterum haerente. Vienne, 1765, in-S°. Reçus. in Sandifort, tkesaur. disputât. — II. Spécimen acris Gradiscani, 1774, iii-8°. — III. Memoria sopra il trisino de' fanciulli recentemente nati. Gorice, 1785, in-S". — lY. Memoria sopra i crimoni. Gorice, 1785, in-8°. L. H.v.

PATLRIIV. Poa L. Genre de plantes Monocotylédones, appartenant à Ja famille des Graminées, et ayant les caractères suivants :

Épillets épars, disposés en panicules rameuses contenant de 3 à 8 fleurs ordinairement entourées de poils laineux; glume à paillettes mutiques. Axe de l'épillet se détachant à la maturité en articles portant chacun une glume. Fleurs à glumelle mutique, à 2 paillettes dont l'inférieure ovale ou ovale lancéolée, comprimée, carénée, bordée inférieurement de poils courts, rarement nuls. Cariopse ellipsoïde ou oblong, libre, très-rarement adhérent à la paillette supérieure.

Les Paturins sont des espèces très-répandues, qui ferment la base de nos prairies, de nos gazons, et servent à la nourriture des bestiaux : tels sont les Paturin annuel {Poa annua L.), dans les jardins, autour des habitations; le Paturln des Alpes (Poa alpina), dans les pâturages des montagnes ; le Paturin des prés {Poa pratensisL.], et le Paturin conimiin{Poa trivialis L.), dans les prés; le Paturin des bois {Poa nemoralis L.), dans les forêts et sur les murs, etc.

Une espèce qu'il faut signaler est le Paturin d" Ahjssinie {Poa Ahyssinica Jacq.), à feuilles glabres, presque enroulées sur elles-mêmes, à panicule fine, capillaire, lâche, dressée. Les semences sont comestibles, et employées par l'homme pour sa nourriture : on en fait un pain un peu aigre, mais agréable et facile à digérer, et, avec ce pain, en tranches rôties, trempant dans de l'eau chaude pendant quelques jours et y fermentant, une espèce de bière appelée Couza. La plante est cultivée dans l'Abyssinie et y porte le nom de Teff.

Pl.

BiBuoGBAPHiE. — Linné. Gênera, 83; Species, 98-99. — Wildenow. Species, l, 390. — Lamark. Illustrations de genres [Encyclop.], I, 183. —De Candolle. Flore française, 1011. — KuNTU. Enumeratio, I, 548. — Ghenieu et Godro.v. Flore de France, III. — Bruce. Voyages appendice, 93. — Mérat et de Lens. Dict. Mat. médicale, V, 800. Pl.

PATY. Nom donné à Sumatra à un arbre qui produit de la gomme. C'est probablement un Acacia. Pl.

PATZiSlVAi\DRii. D'après Hernandez, c'est le nom d'une plante de la Floride, dont les tubercules ou renflements radicaux sont aromatiques, chauds et astringents : les naturels en emploient le suc pour se frotter le corps, et les Espagnols en font une poudre qu'ils mêlent à leur vin comoie tonique. C'est peut-être le Cyperus articulatus L. Pl.

PAU (Station hivernale de). Palum. Chef-lieu du département des Basses-Pyrénées, est une ville d'un peu plus de 20 000 habitants de population sédentaire et de plus de 25 000, si l'on y comprend les étrangers qui viennent y passer l'hiver. La ville de Pau n'est bien bùtie que dans son quartier nouveau dont la place Henri IV est le centre. Les hôtels qui sont sur celte place ou qui en sont voisins sont grands, confortables et aussi bien tenus que les premiers de Paris. La promenade du château qui est au-dessous de la place Henri IV est plantée d'arbres magnifiques. Elle est pour ainsi dire le parc de l'ancien château rempli des souvenirs de la jeunesse du a Béarnais » et où l'on montre l'écaille de tortue qui fut son premier berceau. Une belle statue de marbre orne la place Pioyale, d'où tous les étrangers viennent admirer la vue splendide des Pyrénées et les neiges éternelles qui couvrent les pics les plus élevés : le pic du midi d'Ossau, le pic du midi de Bigorre avec sou observatoire météorologique, le pic du Ger, les hauteurs qui dominent les Eaux- Bonnes, les Eaux-Chaudes, les glaciers de Néouvielle et de Vignemale, le mont Aule, le cap du Figuier, le port d'Urdos, etc. Nous nous bornons à celte énumération sommaire, car de la place Royale de Pau on ne découvre pas moins de 50 kilomètres jusqu'à la chaîne occidentale des monts pyrénéens.

Pau est à 205 mètres au-dessus du niveau de la mer; c'est une des villes les plus intéressantes de tout le midi de la France; ses environs sont très-remarquables. On appelle gaves tous les cours d'eau de cette région, dont le lit est garni de cailloux, et presque toujours à sec, mais qui deviennent des torrents lors des pluies prolongées ou des orages. Le Gave de Pau, qui arrose la vallée dominée par la ville, ne fait pas exception à la règle. Les campagnes qui environnent Pau sont couvertes de prairies et de vignes et animées par des constructions modernes, élevées souvent par des Anglais, qui aiment à passer l'hiver dans un climat relativement doux et dans un pays accidenté. Les coteaux de Jurançon et de Gelos, éloignés seulement de 2 kilomètres, protègent Pau des vents du sud-ouest. Les landes du Pont-Long, qui sont éloignées de 24 kilomètres, abritent assez bien la ville contre les vents du nord. Elle n'est découverte qu'à l'est et au sud-est, mais la grande étendue de pays sec et bien abrité que ces vents traversent les rend exempts d'humidité et de fraîcheur. La disposition du terrain explique pourquoi les vents des diverses orientations arrivent aux couches supérieures de l'atmosphère et laissent l'air des couches inférieures plus calme et moins agité que dans les autres parties de la Provence et du pays basque. Aussi les feuilles des arbres remuent rarement et tombent dans la ville plus tard que dans les environs. Les vents d'ouest ou de l'Atlantique soufflent le plus fréquemment, ceux de l'est s'y observent quelquefois et alternent avec ceux de l'ouest. Voici, d'après Taylor, les chiffres des jours où ont soufflé les divers vents pendant trois années ou 1095 jours : ceux du nordouest durant 558 jours, ceux de l'ouest 106 jours, ceux du nord 155 jours, ceux du midi 153 jours, ceux de l'est 92 jours, ceux du nord-est 72 jours, ceux du sud-est 72 jours et ceux du sud-ouest 67 jours. D'après ce tableau, la pré- DICT. ENC. -2* s. XXL 41

dominance des vents du nord-ouest et du nord, serait la plus habituelle, mais cette contradiction avec ce que nous venons de dire en décrivant la topographie de Pau et de ses environs n'est qu'apparente, si l'on se souvient de la remarque que nous avons faite, que les courants aériens abordent seulement les couches supérieures de l'atmosphère et poussent les nuages qui filent rapidement vers le Midi. On ne peut donc pas dire que les vents du nord sont fréquents à Pau : ils passent par-dessus la ville. Les changements assez brusques que l'on constate en imposent facilement d'ailleurs, car du lever au coucher du soleil les courants aériens passent souvent de l'est au sud-est, au sud, au sud-ouest et à l'ouest. Les vents de l'ouest et du midi ne peuvent arriver à la ville qu'affaiblis : les arbres du parc et les coteaux de Jurançon forment un obstacle qu'ils ne franchissent guère. Ceux de l'est sont mitigés par les hauteurs du terrain sur lequel ils doivent passer avant d'atteindre la ville de Pau. Les réflexions qui précèdent sur le calme de l'air de Pau expliquent pourquoi il est souvent difficile de déterminer le point précis d'où vient le peu de vent qu'on observe. « Ce calme constitue le caractère du climat de Pau, dit Mme EUis. Au pied du parc, le Gave, rivière large et peu profonde, coule avec un sourd murmure qui beice les sens et les invite au repos. C'est le seul bruit qu'on entende; car il fait si peu de vent dans ce lieu, qu'on peut distinguer à une grande distance le son de la cloche des villages voisins et le tintement lointain qui annonce le départ des troupeaux pour les champs ou leur retour des pâturages. Dans ce silence universel, ajoute-t-elle avec lyrisme, il y a comme une sorte de mystère ; il semble que la nature retient son haleine, que toute vie s'est un instant arrêtée, et l'on croirait qu'à ce calme doit succéder un long cri de joie, cet ineffable cantique si souvent traduit par les poètes et qui est comme l'action de grâce de la nature pour les bienfaits de la lumière et de la vie ». iNous avons remarqué que le vent du nord est assez rare; il n'a pas d'ailleurs à Pau les inconvénients qu'il présente dans les stations hivernales des Alpes : il y est en effet plutôt chaud que froid. D'autre part, la chaîne des Pyrénées tempère favorablement l'influence énervante des vents du sud. Quand ils soufflent du nord-ouest, on peut annoncer à peu près certainement un temps froid et sec, qui n'a pas d'ailleurs l'influence pernicieuse du mistral des côtes de la Méditerranée. Les vents d'ouest sont tièdes et humides. Ceux qui viennent du sud-ouest sont les plus favorables et rendent plus léger l'air qu'on respire. Les vents d'est enfin, si difficiles à supporter en général, ramènent à Pau les belles journées et chassent l'humidité sur leur parcours. La température moyenne de l'année est à Pau de 15", 4 centigrade ; celle de l'hiver est de 7", 6 centigrade; celle du printemps est de 10 degrés centigrade; celle de l'été de 21", 7 centigrade; celle de l'automne de 9",3 centigrade. Celle des mois où les étrangers se rendent à Pau est pour novembre de 7«,8 centigrade; pour décembre de 5», 8; pour janvier de 5», 9; pour février de 7°,7 et pour mars de 11°, 1.

La température hivernale que nous venons de signaler est inférieure, comme on le voit, à celle des autres stations, et nous devons ajouter que dans l'hiver à Pau, le thermomètre descend assez souvent au-dessous de zéro et qu'on v observe le matin surtout des traces non équivoques de gelée pendant la nuit. Il ne faut pas conclure de ce que nous disons que nous voulons jeter une défaveur sur le climat, et que nous avons oublié la position favorable de la ville de Pau, où l'air est remaruqablement stable. On doit se souvenir de l'opinion

que nous avons plusieurs fois émise : la première condition d'une station d'hiver est d'être à l'abri des variations brusques de la température, ce qui est beaucoup plus important que de faire monter très-haut la colonne du thermomètre, qui, à certaines heures, descend ensuite brusquement très-bas. Notons à ce propos, les hivernants doivent le savoir, qu'il n'est pas indifférent pour eux d'habiter tel ou tel point de la ville. Le centre, la rue du Collège, par exemple, est beaucoup mieux abrité que le quartier des promenades, où le froid et l'humidité sopt en général plus préjudiciables.

Le baromètre marque en moyenne 745 millimètres. Ses oscillations sont brusques et assez étendues. La colonne mercurielle monte souvent lorsque la pluie menace, et desceud quelquefois à l'approche du temps sec. L'absence d'humidité dans l'air atmosphérique est très-remarquable à Pau, quoique les jours pluvieux y soient plus fréquents que dans beaucoup d'autres endroits. En effet, la quantité moyenne de pluie est par an de 1085 millimètres. I! en tombe 287 millimètres pendant l'hiver. La disproportion des indications de l'hygromètre et de celles de l'udomètre a son explication dans les qualités perméables d'un sol toujours incliné. Les averses d'ailleurs sont fréquentes, mais durent peu, et elles ont lieu ordinairement au commencement et à la lin du jour. 11 esfc intéressant de dire en quelques lignes, finissant ces remarques, en quoi ressemble et surtout en quoi diffère le séjour de Pau comparé à celui des points situés sur le littoral fiançais de la Méditerranée. La qualité principale et qui doit surtout être retenue, c'est le calme, et le défaut d'une agitation atmosphérique, même légère. Ainsi, tandis qu'à Cannes, à Nice et Menton, par exemple, il est imprudent de sortir avant dix heures du matin et après quatre ou cinq heures du soir, à Pau, les malades peuvent avancer leur promenade et la prolonger souvent beaucoup plus tard. Les hôtes accidentels ne doivent pas oublier surtout que par les vents d'ouest et d'est, qui ont seuls un accès relativement facile dansla ville, ils doivent redoubler de prudence. 11 est admis par tous les médecins que c'est presque toujours lorsque ces vents soufflent qu'ils constatent chez leurs malades les accidents produits par les transitions de la température. Les hivernants doivent se souvenir enfin avant leur départ qu'il faut emporter avec eux des habits en prévision d'un froid sec accidentel, mais ils n'auront aucun besoin de se garantir contre l'humidité ou les agitations d'une atmosphère presque toujours calme. Si nous avons fidèlement indiqué la topographie et la climatologie de Pau et de ses alentours, nous allons être plus aisément compris dans ce qui nous reste à dire des caractères physiques, intellectuels et moraux des. Basques, au milieu desquels nous avons vécu pendant un assez longtemps, et des maladies ou des états pathologiques des étrangers qui y vont passer la mauvaise saison. Le Basque est rarement grand, ses épaules sont larges, il est trapu; les traits de son visage sont accentués et mobiles, ils annoncent eu général une grande énergie. Il est presque toujours dépourvu d'embonpoint, et le tissu graisseux habituel aux Méridionaux qui vivent dans un pays humide ne s'observe presque jamais chez le Basque, respirant uu air rarement chargé de vésicules aqueuses. C'est cette constitution sèche qui le rend propre aux exercices du corps et aux courses rapides et longues. Ses mouvements sont saccadés et ses passions vives, mais en général sous l'empire d'une volonté qui se possède. Il est rarement lymphatique, et la scrofule est inconnue à Pau et dans lesvallées qui en sont voisines, car la nourriture des habitants des Basses-Pyi'énées est frugale, mais suffisante pour entretenir une bonne santé. Le Basque, dont

le pouls est lent ordinairement et la circulation peu active, est sujet aux affections congestives et phlegmasiques, mais les maladies chroniques des voies respiratoires, la phthisie pulmonaire et laryngée, sont pour ainsi dire inconnues dans la vallée du Gave de Pau. Les goitres sont fréquents et ont quelquefois un volume considérable. Est-ce, comme on l'a cru dans le pays, un résultat de l'habitude qu'ont les Basques de porter sur leur tête les fardeaux même les plus légers? Il est permis d'en douter après les travaux de plusieurs chimistes qui ont trouvé une explication plus vraisemblable dans la composition des eaux qui manquent de quelques principes habituellement dissous dans les bonnes eaux potables. Les fièvres intermittentes et leurs conséquences s'observent rarement chez les indigènes, mais les étrangers qui restent trop longtemps exposés aux rayons du soleil les prennent quelquefois et s'en guérissent promptement après une médication appropriée. Pau ne fait pas absolument exception à tous les pays chauds où le rhumatisme est fréquent, mais nous devons ajouter que ses atteintes sont légères et relativement assez rares dans un pays où l'air est plutôt froid qu'humide. Les maladies inflammatoires du cerveau et de ses enveloppes s'observent chez les enfants plus souvent à Pau que dans les contrées voisines. Chez les adultes, les hépatites et les phlegmasies gastro-intestinales sont les maladies les plus habituelles.

Le climat de Pau a pour caractéristique d'être antispasmodique, congestif, ce qui explique la lenteur des mouvements, l'inactivité, l'abattement même quelquefois des étrangers qui y arrivent. On met à profit l'action du séjour à Pau chez les étrangers nerveux qui viennent y passer l'hiver. Le médecin profite aussi de la lenteur des mouvements du cœur et des gros vaisseaux sanguins quand il est en présence d'une inflammation. Nous avons analysé sommairement les propriétés to[iographiques et climatologiques de Pau pour arriver logiquement aux indications thérapeutiques de cette station hivernale. Nous omettons à dessein d'insister sur les états pathologiques secondaires auxquels convient un séjour dans les Basses-Pyrénées, nous arrêtant exclusivement aux bénéfices et aux inconvénients qu'éprouvent les phthisiques qui viennent en grand nombre hiverner à Pau. Cette maladie est loin d'être toujours semblable à elle-même, elle nécessite un traitement différent suivant les diverses constitutions avec lesquelles on l'observe et selon les ravages qu'elle a déjà produits. Ainsi ce que nous avons dit de la sécheresse et du calme qu'on observe dans l'air de Pau indique suffisamment qu'un séjour d'hiverné peut convenir aux poitrinaires qui ont des crachements de sang faciles et fréquents, des inflammations habituelles des voies aériennes et une tendance accusée à une prompte dénutrition. C'est au contraire aux malades torpides, tout en étant excessivement nerveux, dont l'expectoration est fluide et muco-purulente, dont la transpiration est facile et abondante, que convient le séjour à Pau, qui calme promptement les nerfs et tonifie l'économie tout entière. On voit que le climat de Pau a une indication spéciale chez les phthisiques au premier et au second degré, dont les symptômes réclament une vie dans un air calme et à la fois reconstituant. L'expérience a plusieurs fois prouvé que les phthisiques au troisième degré ne doivent pas aller vivre à Pau, lorsqu'il convient même de chercher pour eux les bénéfices d'une cure thermale aux Eaux-Bonnes qui modère et qui modifie heureusement la nature et la quantité de leurs crachats. Nous ne voulons pas comparer ici en détail les climats de Cannes, de Nice, de Menton, d'Amélie-les-Bains, du Vernet, de Pise, etc., avec celui de Pau. Nous prions le lecteur de se reporter à ces mots.

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