‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.78Chapitre 23 sur 59 · POIRIER · texte numérisé non relu

POIRIER

doivent simplement être pressurées aussitôt après la cueillette, tandis que les poires âpres sont mises en tas pour arriver à maturation. Le pressai^'e doit toujours immédiatement suivre le broyage.

Le poiré est plus alcoolique que le cidre. Bien préparé et conservé en i)outeilles, il devient très-vineux et peut être, confondu avec quelques vins blancs de l'Anjou et delà Sologne; lorsqu'il est mousseux, il ressemble à un Champagne léger.

On distille de l'eau-de-vie avec le poiré de même qu'avec de cidre ; Ile poiré donne 10 pour 100 d'alcool à 20 ou 22 degrés. Il fournit d'excellent vinaigre.

Au point de vue de l'hygiène, on peut dire du poiré ce qui a été dit du cidre, sauf que le poiré est plus capiteux et partant moins inoffensif. Aussi pour en modérer les effets, mêle-t-on souvent la poire à du raisin, mais mieux à du raisin sec, à du sucre, du miel, du sirop de pommes de terre ou de sucre, etc. L.dlN.

POIREAU. Voy. Ail.

POIRÉE. Voy. Bette.

POIRIER {Pyrus et mieux, dit-on, Pirus). Genre de Rosacées, qui a donné son nom à la série des Pyrées (ou Pomacées), et dont les fleurs hermaphrodites sont caractérisées par un ovaire infère, surmonté d'un calice et d'une corolle pentamères, avec des étamines en nombre variable, mais disposées en verticilles et multiples de 5. Les loges ovariennes sont aussi au nombre de 5, superposées aux sépales, et chacune d'elles renferme deux ovules parallèles, ascendants, à micropyle dirigé en bas et en dehors, latéralisé à une certaine époque de son développement. Le fruit,' ou la poire, est une drupe dont la chair est formée surtout par l'épaississement du réceptacle. L'endocarpe est membraneux, bien moins résistant que celui des Pommes. Les graines, ou pépins, ascendantes, ont, sous leurs téguments un embryon charnu, à radicule infèi'e, sans albumen. Les Poiriers sont des arbres ou arbustes à feuilles alternes, à fleurs en corymbes de cymes, avec des pétales blancs et de peu de durée. On a logiquement rapporté à ce genre, comme sections, les Pommiers, Sorbiers et Cormiers, qui ne diffèrent les uns des autres que par des caractères secondaires tirés du fruit. Celui-ci est, dans les Poiriers proprement dits, non ombiliqué à la base. Sa chair ne passe à la fermentation acide qu'après avoir subi une première altération pendant laquelle il se ramollit de l'extérieur à l'intérieur en conservant une saveur sucrée.

Le Poirier commun (Pirus communis L.) a des rameaux spinescents à l'état sauvage; il perd ces épines dans les nombreuses variétés qu'on cultive dans les jardins. Nous ne parlerons pas ici de l'usage des poires crues ou cuites comme aliment. Ces fruits servent à préparer une boisson alcoolique, le Poiré, vanté comme diurétique et antihydropique. Il a servi à falsifier le vin et donne de l'alcool et du vinaigre. Pline recommandait les cendres du Poirier contre les champignons vénéneux qu'on faisait cuire avec des feuilles. Ambroise Paré a aussi préconisé ce moyen. Cazin a employé le poiré mousseux contre les vomissements du choléra. L'écorce sert à faire des décoctions astringentes. 'H. ■Bn.

Bibliographie. — T., Inst. Rei herb., 628, t. 404. — L., Gen., n. 626. — Gi:RTN., Pruct., II, 44, t. 87. — Lamk, IlL,t. 435, — DC, Prodr., 11,633, — Endl., Gen., n. 6432, —'Lixdl., in Tr. Liiin. Soc, XIII, 97. — Gcib., Drog. sim^il., éd. 1, ill, 290. — IMia. hIdeL., Bict.

42i POIS (botanique).

Mat. méd., V, 505. — Cazix, Tr. plant, médic., éd. 3, 862. — Dcne, Jard- fruit- du Mus. — B. H., Gen., I, 626, n. 63. — Rosenth., Syn. plant, diaphor., 946.— H. Bn, Hist. des pi., \, 403, 475, «g-. 457-462. H. Bn.

POIS {Pisum Tourn.). § I. Botanique. Genre de plantes de la famille des Le'gumineuses-Pa[iilionacées et du groupe des Vicie'es. Ce sont des herbes annuelles glabres, dont les liges subcylindriques, sillonne'es, grimpantes, portent des feuilles paripinnces, à deux ou trois paires de folioles, à racliis terminé en vrille rameuse, et accompagnées de stipules libres, foliacées, très-amples, prolongées latéralement en oreillette. Les tleurs, de couleur blanche ou rougeàtre, sont disposées en grappes pauciflores, ou subsolitaires au sommet de pédoncules axillaires. Ces fleurs sont semblables à celles des Lathyriis [voy. Gesse), mais le slyle, au lieu d'être plan, est comprimé ou canaliculé inférieurement. Le fruit est une gousse oblongue, renfermant plusieurs graines alobuleuses, à hilesuborbiculaire.

On connaît seulement deux espèces de ce genre : le Pmon arvense L. et le Pisianjaiivum L.

La première, connue sous les noms vulgaires de Pois des champs, Pois gris, Pois pigeon. Pois mouton, Pisaille ou Bisaille, se rencontre en Italie à l'état spontané, « non-seulement dans les haies et près des cultures, mais aussi dans les forets et les lieux incultes des montagnes » [voy. Alph. de Candolle, De V origine des plantes cuUicées, 1883, p. 202). On la cultive en grand en Europe, en Orient et jusque dans le nord de l'Inde, pour ses graines qui servent à la nourriture des volailles, principalement des pigeons. La plante entière fournit un fourrage vert très-estimé des Ruminants, surtout des moutons. Ses fleurs sont bleuâtres, avec les ailes et l'étendard d'un pourpre violacé; ses graines sont d'un gris verdâtre, marbrées de brun clair.

Le. Pisinn sativum L. ou Pois des Jardins, Pois vert. Petit pois, au contraire, a les fleurs entièrement blanches, ou bien avec l'étendard bleuâtre et les ailes violettes; les graines ne sont pas tachetées. On le croit originaire de l'Asie occidentale. Il est cullivé en Europe depuis un temps immémorial pour ses graines qui servent à l'alimentation. On en connaît de nombreuses variétés, parmi lesquelles nous citerons seulement : le Pois à écosser, dont on ne mange que les graines [Pois verts, Pelits pois), et le Pois goulu ou Pois mange-tout, dont on mange la gousse et les graines.

Dans le langage vulgaire, on appelle également :

Pois A BOLQUETS. Le Lcithyrus lotifoUus L. ;

Pois A FLEURS. Le Lttlliyrus odoratus L. ;

Pois a gratter. Les graines des Dolichos urens DC. et D. pruriens DC. ;

Pots breton. Le Lathyrus cicera L. ;

Pois chiche. Le Cicer arietinum L. ;

Pois CORNU. Le Lathyrus cicera L. ;

Pois d'Amébique. Les graines de VAbrus precaiorius L, ;

Pois d'Angola. Les graines du Cajanus indiens Spreng. {Cytisus cajan L.), qui servent journellement dans l'Afrique et l'Asie tropicales à la nourriture des naturels;

Pois de brebis. Le Lathyrus sativus L. ;

Pois DE LA Chine. Le Lathyrus latifolius L. ;

Pois DE CŒCR, Pois de merveille. Les graines du Cardiospermuni hallcacabum L., de la famille des Sapindacées;

Pois de senteur. Le Lathyrus odoratus L.;

Pois DE SERPENT. Le Lathijrus aphaca L. ;

Pois musqué. Le Lathyrus odoratus L. Ed. Lef.

§ IL Thérapeutique. Diverses espèces du fçenre Pisiim fournissent des graines qui servent à l'alimentation; les pois secs sont riches en azote et surtout en fécule [voy. Aliments), et par suite d'une digestion assez difficile.

Pois à cautère. Les pois à cautère (allem. FontaneU-kiigelchen) sont de petits corps globuleux de la forme et des dimensions d'un pois, qu'on introduit dans la plaie d'un cautère pour y entretenir la suppuration. On se sert fréquemment dans ce but de pois secs, bien ronds, se gonflant régulièrement par l'humidité.

On emploie encore des pois artificiels faits avec de la racine d'iris, de violette, de guimauve, etc., plus larement avec des orangettes, des marrons d'Inde, de l'ivoire, de la cire, ou d'autres substances inertes auxquelles on ajoute des matières irritantes telles que l'euphorbe, le garou, les cantharides, etc.

Les pois artificiels présentent souvent l'inconvénient de se gonQor irrégulièrement, d'où résultent des aspérités qui irritent violemment la plaie et provoquent parfois de vives douleurs. L. Un.

POIS (Le). Voy. Piso.

POISEUILLE (Jean-Marie). Médecin et physicien distingué, né à Paris le 22 avril 1797, mort dans cette ville le 25 décembre 1869. 11 fut élève de l'École polytechnique (1815), puis étudia la médecine et fut reçu docteur en 1828 {Recherches sur la force du cœur aortique, Paris 'm-¥ ; couronné par l'Institut). Il se fixa à Paris, y exerça l'art de guérir et fut nommé en 1842 membre de l'Académie de médecine.

Les travaux de Poiseuille se rapportent presque tous à la mécanique animale, à l'application des lois physiques à la physiologie; les plus remarquables sont relatifs à l'hémodynamique ; un mémoire couronné par l'Institut, publié dès 1819 [Mém. sur la force statique du cœur et sur l'action des artères), et dans lequel se trouve décrit pour la première fois Vhémodynamoinètre, en a ouvert la série. Plusieurs autres de ses mémoires, publiés soit dans les Mém. des savatits étrangers, soit séparément, furent encore couronnés par l'Académie des sciences. Citons : Recherches sur les causes du mouvement du sang dans les veines. Paris, 1852, in-8". — Recherches sur les causes du mouvement du sang dans les vaisseaux capillaires. Paiis, 1859, in-40, av. 6 planches. — Rech. expérim. sur le mouvement des liquides dans les tubes de très-petit diamètre. Paris, 1844, in-4", av. fig. — Rech. expérim. sur V écoulement des liquides considéré dans les capillaires vivants. Paris, 1845. On trouve encore de lui des articles sur divers sujets de physique et de chimie biologiques dans les Comptes rendus de l'Acad. des sciences, le Journal de Magendie, les Annales de chimie et de physique, etc. L. Hn.

POISOIV. Si la signification Axxmoi poison est parfaitement saisie et presque toujours exactement appliquée par tout le monde, il est cependant impossible d'en donner une définition qui puisse convenir dans tous les cas. Pour Mahon, Fodéré, Gmelin, Orfila, le poison est constitué par « toute substance qui, prise

intérieurement ou appliquée de quelque manière que ce soit sur un corps vivant, à petite dose, détruit la santé ou anéantit entièrement la vie ». Pour Devergie, c'est « toute substance qui, prise à l'intérieur ou appliquée à l'extérieur du corps de l'homme, et à petite dose, est habituellement capable d'altérer la santé ou de détruire la vie, sans agir mécaniquement et sans se reproduire ». Pour Litlré et Piobin, poison est le nom générique de toutes les substances qui, introduites dans l'économie animale, soit par l'absorption cutanée, soit par la respiration, soit par les voies digestives, agissent d'une manière assez nuisible sur le tissu des organes pour compromettre la vie ou déterminer très-promptemcnt la mort. Vulpian appelle poisons les substances qui, introduites par absorption dans l'organisme, déterminent des altérations structurales ou des troubles fonctionnels plus ou moins graves, et peuvent même, lorsque leur action atteint un haut degré d'intensité, déterminer la mort ou tout au moins mettre la vie en danger.

Les poisons ne constituent pas en effet un ordre ou un groupe naturel doué de propriétés assez nettement définies pour pouvoir être isolés et caractérisés par quelques-unes de ces propriétés qui seraient applicables, sans restrictions, à chacun en particulier, La toxicité n'est pas une chose absolue, mais, au contraire, toute relative ; et toutes les substances, sans exceptions, qui peuvent mériter le nom de poison, sont capaliles de perdre, de conserver ou d'acquérir leurs propriétés vénéneuses, suivant certaines circonstances extrinsèques : nous avons déjà fait ressortir, à propos des conditions d'action des poisons {voy. le mol Empoisonnement, p. 78), l'influence considérable exercée par plusieurs conditions extérieures telles que la dose, les milieux, le sujet, etc.

On faisait rentrer autrefois sous la dénomination de poisons les venins, les virus et les miasmes dont les etfcts sur l'économie se rapprochent souvent beaucoup de ceux produits par les poisons proprement dits •. la définition de Devergie est la première qui ait essayé de tenir compte de la nature inanimée du poison. Les acquisitions récentes et continuelles de la microbiologie permettent déjà de définir nettement les virus et les miasmes et de les séparer sans conteste des poisons et des venins; le temps n'est sans doute plus bi3n éloigné où chacun d'eux sera nettement caractérisé par un organisme inférieur, spécifique de telle ou telle affection. Bien que possédant quelques-uns des caractères des virus, les venins se rapprochent plutôt des poisons et l'on peut, sans transition brusque et par l'intermédiaire des venins, passer du poison minéral ou organique aux virus et même aux miasmes, ce qui démontre une fois de plus l'impossibiUté de définir absolument le poison, qui devient alors plutôt une qualité de (elle substance par rapport à telle autre. Comme le disait fort justement Tardieu, le médicament est toujours contenu dans le poison : aussi est-il rationnel de dire, avec Claude Bernard, que toute substance introduite dans l'organisme et étrangère à la constitution chimique du sang est un médicament on un poison. 11 faut entendre ici par substances étrangères toutes celles qui ne sont pas dans un état chimique analogue à celui dans lequel elles se trouvent dans l'économie. Tout élément ou composé inutile à la nutrition, et impropre à devenir partie constituante de l'organisme, détermine nécessairement, quand il est introduit dans l'économie, une modification, inconnue dans son essence, des phénomènes physiques et chimiques dont l'organisme est le siège, et il doit agir fatalement comme médicament ou comme poison : ça n'est plus qu'une question de dose. Bien plus, des substances qui font norma-

lement partie constituante de l'organisme peuvent, en s'y accumulant au delà d'une certaine quantité, ou bien lorsqu'elles s'y trouvent ù un état diftérent de leur état physiologique et dans des conditions différentes, fonctionner comme poisons vis-à-vis de cet organisme.

La végétation elle-même peut être arrêtée ou suspendue par l'absorption de diverses substances; et cet cffot constitue un véritable empoisonnement. La plupart des matières minérales vénéneuses pour l'homme, à faible dose, sont pour les plantes des poisons agissant ici comme ils le font sur les éléments anatomiques des animaux. Bien au contraire, des substances extrêmement toxiques à petites doses pour l'homme et les animaux peuvent être absorbées par les végétaux sans déterminer chez eux d'accidents. Paul Bert a montré que des radis arrosés avec une solution de strychnine prospèrent parfaitement et renferment, après quelques jours, une proportion d'alcaloïde capable de déterminer des accidents toxiques et même la mort chez des lapins. D'autre part, des éléments ou des composés absolument inoffensifs pour un grand nombre d'organismes constituent pour d'autres le plus subtil des poisons : il en est ainsi de l'argent pour VAspergillus niger. D'autres substances qui ne sont pas indispensables au développement de certains organismes fonctionnent vis-à-vis d'eux comme contre-poisons en détruisant des produits sécrétés par ces organismes et qui, en s'accumulanf, finiraient par les tuer : telle est, encore visà-vis de VAspergillus niger, l'action d'une très-faible proportion de fer en l'absence de laquelle les cultures languissent et ne tardent pas à périr.

Ainsi que l'a fort justement fait remarquer Claude Bernard, les tissus ou les éléments organiques ne peuvent intervenir dans les phénomènes de la vie qu'en raison de leur altérabilité. Leur fonction physiologique est inséparable de leur continuelle destruction et de leur renouvellement incessant. Toutes les fois donc qu'on arrive à conserver la matière, c'est-à-dire à empêcher le cycle de ses transformations, on la rend impropre à la vie. Plus un être s'élève dans l'échelle organique et plus sont délicats et sensibles les éléments anatomiques qui forment ses différents tissus. On a observé également que le nombre des substances capables de fonctionner comme poison vis-à-vis de cet être augmente, en général, dans la même mesure, tandis que sa sensibilité pour un même poison et pour la dose mortelle diminue. Toutefois, cette dernière partie de l'observation ne s'applique pas aux organismes inférieurs, et il est bien démontré actuellement que le germe (la spore) exige une dose de poison notablement supérieure à celle qui est capable de tuer l'organisme complètement développé dont il est l'agent de reproduction. En poussant l'analyse aussi avant que possible, l'étude des poisons serait, en définitive, l'étude de l'action exercée sur le protoplasma cellulaire et sur les phénomènes physico-chimiques dont il est le siège pendant sa vie, par chacun des éléments ou des composés que la chimie a pu isoler ou produire jusqu'alors. Ainsi envisagée, la question des poisons et de l'empoisonnement devient absolument insoluble, au moins avec les moyens dont dispose actuellement la science. Cette considération a pourtant permis à Claude Bernard d'établir deux grands groupes qu'il a désignés par les appellations typiques de poisons de la vie et poisons des mécanismes, suivant que leurs effets les plus saillants se manifestaient sur le protoplasma cellulaire ou sur le jeu des organes : les premiers sont communs à tous les êtres vivants (les sels de mercure, par exemple), les seconds à certaines catégories d'êtres (les alcaloïdes végétaux). Bien que cette division ne soit

pas absolue, elle n'en rend pas moins de grands services en facilitant l'étude.

En résume', si l'on veut interpréter scientifiquement la valeur du mot poison, on arrive à reconnaître que toute substance, dans certaines conditions de dose et d'action, peut être regardée comme un poison pour un nombre plus ou moins considérable d'organismes, ou bien à conclure, avec Tardieu, que le poison n'a ni existence ni caractères propres. Si l'on s'en tient à l'acception vulgaire du terme poison, cette appellation se trouve restreinte à un nombre relativement fail)le d'éléments ou de composés, agissant fort activement et à faible dose, sur l'homme et les animaux, et déterminant sur eux des effets assez constants et caractéristiques pour que des tentatives de classification aient été basées sur les symptômes les plus saillants que produit l'empoisonnement par chacun de ces corps. Ces classitîcations étant essentiellement artificielles rapprochent nécessairement des substances fort disparates par leurs propriétés physiques et chimiques : elles offrent toutefois l'avantage de mettre un ordre relatif dans une étude exlrêmement aride et d'établir des divisions qui facilitent notablement l'étude clinique de l'empoisonnement.

Division et classification. Dans l'état actuel de la science, il est impossible de donner des poisons une classification ne laissant rien à désirer. La meilleure serait sans contredit celle qui aurait pour base l'action des substances toxiques sur les éléments analomiques et sur les humeurs, mais nos connaissances à cet égard sont encore trop imparfaites pour qu'il soit possible de rien tenter de précis dans ce sens. Les bornes de cet article ne nous permettent pas d'exposer les différentes classifications qui ont été proposées par les toxicologistes, et leur énumération serait d'ailleurs fastidieuse.

Nous mentionnerons seulement un essai de classification proposé par Rabutcau sous la dénomination de classification rationnelle.

Cet auteur divise les poisons en cinq classes suivant leur mode d'action le plus saillant.

POISO-NS

' classe.

UÉMAIIQLTS.

2' classe.

Névrotiques. .

ô' classe.

Nàvno-MUiCDLAir.ES.

Agissant spécialement

sur les globules rouges

ou

poisons globulaires.

Agissant spécialement

!es globules et le plasma

ou poisons plasmiques.

Abolissant les fondions

des nerfs moteurs.

1* Paralysa-moteurs.

Exagérant le pouvoir réflexe.

2° Spinaux.

Agissant sur les éléments

du cerveau

et de la moelle épinière.

3° Cérébro-spinaux.

Solanées vireuses.

Digitale.

Antimonlaus.

Oxyde de carbone.

Acide cyanhydrique.

Acide sulfhydrique.

Sulfure d'ammoaium.

Composés du sélénium et du tellure.

Phosphore.

Arsenicaux,

Alcooliques.

Nitrites et vapeurs nitreuses.

Sels d'argent injectés dans les veines.

La plupart des sels métalliques (à doses faibles et continues).

Curare.

Fève de Calabar.

Aconitioe.

Cicutine.

Strychnine.

Oxygène comprimé.

Cantharides, etc.

Chloroforme,

Éther.

Opium

Acide carbonique.

Iiiée.

Vératiine.

i' classe. ) Sels de potassium.

Musculaires ] Sels de barjum.

Cuivre, zinc, cadmlun. Etain, plomb.

Mercure, etc.

Acide sulfurique.

— azotique.

— chlorhydrique.

5* classe. ) — fluorhydrique.

IiiRlTANls ET coRROSirs. . ) — oxalique.

Potasse, soude, ammoniaque.

Sulfures alcalins.

Iode, brome, chlore, etc.

Toutes les classifications qui ont été proposées présentent le même inconvénient de mettre à côté les uns des autres des corps fort disparates et qui pourraient presque aussi bien figurer dans des classes différentes. Néanmoins une division, si imparfaite qu'elle soit, facilitant l'étude en permettant de grouper les substances dont il s'agit, nous reproduirons encore ici la classification de Tardieu, qui est du reste un remaniement de celles de Fodéré, d'Orfila, de Dcvergie et de Giacomini.

Cette classification ne présente pas d'avantages sur celle de Rabuleau, mais elle est en quelque sorte classique, et, à l'exemple de Tardieu, nous diviserons les poisons en cinq classes qui empruntent leur dénomination aux symptômes les plus frappants observés dans l'étude clinique des empoisonnements.

1'^'' classe. Poisons irritants et corrosifs. Les substances contenues dans cette première classe ont pour caractère essentiel de produire localement une irritation plus ou moins violente pouvant aller jusqu'à l'inflammation {irritaiits) ou même la mortification rapide des tissus (corrosifs). Si quelques-uns produisent, en outre, d'autres effets consécutifs à leur absorption, telle que la coagulation du sang par l'acide sulfurique, l'irritation et l'inflammation des tissus n'en constituent pas moins le symptôme principal et le danger. A cette classe appartiennent les acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique, acétique, oxalique et tartrique, les alcalis concentrés (potasse, soude, eau de Javelle, eau seconde), l'ammoniaque, le chlore, l'iode, le brome, les sulfures alcalins, et les drastiques.

2« classe. Poisons hyposthénisants. Les poisons qui appartiennent à cette classe ont pour caractère essentiel une dépi-ession rapide et profonde des forces vitales souvent liée à une altération manifeste du sang. L'irritation qu'ils produisent localement est tout à fait secondaii'e et nullement en rapport avec la gravité des accidents généraux consécutifs à l'absorption. A celte classe appartiennent l'ai'senic, le phosphore, les préparations de mercure, l'étain, le bismuth, le cuivre, l'émélique, le nitre, le sel d'oseille, la digitale, etc.

3^ classe. Poisons stupéfiants. L'empoisonnement par les stupéfiants a pour caractère essentiel une action directe et spéciale sur le système nerveux, action dépressive produisant la stupeur accompagnée parfois d'une irritation locale toujours peu intense.

A cette classe appartiennent la plupart des substances connues depuis Fodéré sous la dénomination de narcotico-àcres, les préparations de plomb, l'acide carbonique, l'oxyde de carbone, l'hydrogène carboné, l'hydrogène sulfuré,

430 POISSONNIER (Les).

l'éther, le clilorofoimc, la belladone, le tabac et les autres Solanées vireuses, et les Champignons.

4^ classe. Poisons narcotiques. L'empoisonnement par les narcotiques est caractérisé par l'action toute spéciale et distincte que l'on ne peut définir que par son nom même, le narcotisme (Tardieu).

A cette classe appartiennent l'opium, ses principes et ses composés.

5« classe. Poisons névrosthéniques. Les substances dites névrostliéniques ont pour action spéciale une excitation violente des centres nerveux pouvant aller jusqu'à produire une mort rapide ou même instantanée.

A cette dernière classe appartiennent la strychnine (noix vomique), la brucine, l'acide cyanhydrique; le sulfate de quinine, les cantharides, le camphre et l'alcool {voy. les mots Empoisonnement et Toxicologie). Gabriel Pouchet.

POISSOXXIER (Les frères).

Poissonnier (PiEURE et iiou IsAAc). Né à Dijon le 5 juillet 1720, était fils d'un apothicaire et destiné par son père à lui succéder, mais il préféra la médecine et fut reçu docteur à Paris en 1743. Nommé professeur de chimie au Collège de France, en remplacement de Dubois, qui lui avait cédé sa place, moyennant une indemnité, Poissonnier demeura en possession de cette chaire jusqu'en 1777. En 1754, il était devenu suppléant d'Helvétius comme inspecteur des hôpitaux militaires et fit les campagnes d'Allemagne de 1757 et de 1758, en qualité de médecin en chef. Aussitôt son retour, il fut nommé médecin consultant du Roi. M. Jeandet de Verdun, l'un de ses biographes, assure que Poissonnier fut envoyé en Russie en mission diplomatique près d'Elisabeth alors malade et qu'il s'acquitta de cette mission à la satisfaction des deux souverains. L'impératrice le prit en affection et, dit-il, lui conféra le titre ou plutôt le rang de lieutenant général de ses armées, afin qu'il put être admis à sa table. Quoi qu'il en soit, revenu en France en 1761, il fut nommé conseiller d'État. Poissonnier avait publiéle tome V, Fractureset luxations, de la Suite du cours de chirurgie de Col de Villars. Paris, 1749, in-12, et le tome YI, dictionnaire français-latin des termes de médecine et de chirurgie. Paris, 1760, in-12. Il est également l'auteur de : Mémoire pour servir d'instruction sur les moijens de conserver la santé des troupes pendant les quartiers d'hiver. Halberstadt, 1757, in-8°; Formulœ générales ad usum nosocomiorum castrensium, 1758, in-8''; Abrégé d" anatomie à l'usage des élèves en chirurgie des Écoles de la marine royale. Paris, 1783, 2 vol. in-12. Son procédé pour dessaler l'eau de mer et la rendre potable eut le plus grand retentissement.

Inspecteur général de la médecine pour la marine et les colonies, vice-directeur de la Société royale de médecine, membre de l'Académie des sciences, doyen du Collège de France, Poissonnier avait eu pour première femme la nourrice du duc de Bourgogne, et il ne se servit de son influence à la cour que pour rendre service à tous ceux qu'il connaissait. Emprisonné pendant la Terreur, il fut bientôt mis en liberté et mourut à Paris, le 15 septembre 1798. A. D.

Poissonnier-Desperrièrc (Antoine). Né à Dijon, le 22 février 1725, frère du précédent. Étudia la médecine avec son frère et hérita de quelques-unes de ses places. Il avait voyagé dans les colonies et il a consigné le résultat de

POISSOiNS. 451

ses recherches dans un Traité des fièvres de l'Ile de Saint-Domingue. Paris, 1763, in-8". Médecin du Roi, inspecteur général adjoint des hôpitaux de la marine, il est l'auteur d'un Traité des maladies des gens de mer. Paris, 1767, in-8°, 2« édit., avec le Traité des fièvres de Saint-Domingue, suivi d'un Mémoire sur la nourriture des gens de mer. Paris. 1780, in-8^ Enfin il a signé le Rapport des commissaires de la Société royale de médecine nommés par le Roi pour V examen du magnétisme animal. Paris, 1784, in-4''. A. D.

POISSO!\S. Les Poissons sont des animaux vertébrés, anallantoïdiens, vivant dans l'eau, respirant au moyen de branchies, ayant un cœur simple répondant au coeur droit des animaux supérieurs et chez lesquels les membres, lorsqu'ils existent, sont transformés en nageoires, les nageoires impaires étant soutenues par des osselets particuliers et n'étant pas de simples replis de la peau ; il n'existe pas de vessie urinaire antérieure. La classe des Batraciens, par les plus dégradés d'entre ces animaux, est d'ailleurs si intimement unie à celle des Poissons que, si l'ensemble des caractères à l'aide desquels on définit les Poissons est vrai dans sa généralité, il n'est pas un de ces caractères qui ne puisse, ou faire défaut, ou être appliqué à des êtres placés sur les confins qui limitent les deux classes. D'un autre côté la découverte de l'Amphioxus {voij. Poissons ACRÂNiENs) semble avoir quelque peu comblé l'hiatus qui sépare les Vertébrés des Invertébrés.

Essentiellement aquatiques, les Poissons ont, en général, une forme admirablement adaptée à une rapide progression au sein des eaux ; la tête n'est jamais nettement séparée du tronc; d'une manière générale le corps est comprimé latéralement ; sur le dos s'étendent une ou plusieurs nageoires ; la caudale est verticale; une autre nageoire impaire s'étend sous le ventre; les membres pelviens et thoraciques sont représentés par les ventrales elles pectorales. Le corps est, le plus souvent, recouvert d'écaillés imbriquées comme les tuiles d'un toit.

Cette forme fondamentale présente des modifications nombreuses et profondes. Le corps peut être cylindrique, serpentiforme (Lamproies, Anguilles); d'autres fois il est comprimé de haut en bas, de manière à s'étaler en un disque (Raies, Torpilles) ; dans d'autres cas, par suite d'une compression latérale, tantôt le dos est bombé relativement à la longueur du corps (Poissons plats), tantôt le corps a peu de hauteur et s'allonge en un long ruban (Tœnioïdes) ; parfois le corps ne semble consister qu'en une gueule démesurément ouverte (Baudroie) ou n'être formé que d'un vaste sac destiné à contenir les aliments (Mélanocète, Eurypharynx) ; il est des espèces qui peuvent se gonfler comme un ballon et flotter à la surface des eaux (Orbes épineux).

Le squelette présente une très-grande diversité. C'est ainsi que chez l'Amphioxus la corde dorsale avec ses enveloppes persiste pendant toute la vie, sans subir de transformations. Les Myxines n'ont pas la colonne vertébrale beaucoup plus perfectionnée, et ce n'est que chez les Lamproies qu'apparaissent de petites pièces cartilagineuses analogues aux arcs vertébraux. Chez les Estuigeons et chez beaucoup de Poissons fossiles la corde dorsale reste encore gélatineuse, mais s'entoure d'une enveloppe résistante, tandis que les arcs vertébraux convergent les uns vers les autres. C'est chez les Chimères que les vertèbres commencent à apparaître sous forme d'une plaque annulaire qui se montre dans l'enveloppe de la corde. Chez les Dipués (Protoptère, Lépidosiren) la corde dorsale est encore persistante, mais celle-ci est enveloppée d'un tube cartilagineux qui

présente des arcs déjà ossifiés. C'est chez les Raies et les Squales que se montre pour la première fois la différenciation du rachis en vertèbres distinctes.

Les vertèbres des Poissons sont biconcaves ; chez le Lépidostée cependant elles sont convexes en avant, concaves en arrière. La cavité que présente le corps des vertèbres est remplie par une substance demi-fluide qui renferme de grandes cellules, restes de la corde dorsale. En général, à chaque corps vertébral correspond une paire supérieure et une paire inférieure d'arcs; il peut cependant exister un certain nombre de cartilages intercalaires (Squales). Les côtes existent le plus souvent et portent des branches divergentes des arcs inférieurs; ce n'est qu'exceptionnellement que les côtes s'attachent directement sur le centrum (Polyptère). Le sternum fait toujours défaut et, lorsque les côtes se réunissent sur la ligne médiime du corps, c'est au moyen de pièces qui ne dépendent pas du squelette proprement dit. Très-souvent les Poissons osseux présentent des stylets accessoires ou arêtes qui sont produites par l'ossification des expansions aponévrotiques qui séparent les muscles.

De même que pour le rachis, nous ne pouvons donner qu'une idée très-générale de la tête, le crâne offrant des degrés de développement très-divers. C'est chez l'Amphioxus que le crâne est le plus simple, le cerveau n'étant protégé que par des pièces semblables à celles de la gaîne de la corde dorsale. Les Myiines et les Lamproies présentent déjà une organisation un peu plus élevée, le crâne étant formé par une capsule membraneuse et cartilagineuse, correspondant à l'enveloppe externe de la corde dorsale et sa base sossifiant. Chez les Squales, chez les Raies, le crâne consiste en une boîte cartilagineuse, non divisible en pièces distinctes. C'est chez les Esturgeons que l'on voit, pour la première fois, apparaître diverses pièces osseuses qui s'entre-mêlenl avec les pièces cartilagineuses et appartiennent au squelette proprement dit. Les Dipnés ont une véritable voûte crânienne osseuse. Le crâne ossifié des Ganoïdes et des Téléosléens renferme encore des pièces du crâne primordial, principalement dans la région ethmoïdale ; ainsi que Claus le fait remarquer, « on peut établir ce parallèle morphologique entre la série des modifications que le crâne présente sous ce rapport et l'histoire de son développement, car tous les changements que subit le crâne primordial en se transformant en crâne osseux correspondent à des états permanents particuliers aux différentes espèces ».

Envisagée d'une manière générale, chez les Poissons osseux, la portion fondamentale du crâne est constituée par une sorte de pyramide à trois pans dont le sommet est dirigé en avant, formée par les occipitaux, les temporaux, le sphénoïde, les pariétaux, les frontaux, l'ethmoïde et le vomer; la partie postérieure de la boîte osseuse protège le cerveau et l'organe de l'audition, la partie moyenne renferme les yeuv ; eu avant sont des fossettes logeant l'organe de l'olfaction et une sorte de renflement pour la suspension de la mâchoire supérieure. Le crâne peut se décomposer en quatre régions distinctes, correspondant chacune à une vertèbre modifiée. La région postérieure ou occipitale comprend Yoccipital, surmonté de \' occipital supérieur ou interpariélal et flanqué de chaque côté par les occipitaux latéraux, auxquels peuvent s'ajouter des occipitatix externes. Dans la région pariétale nous trouvons un os allongé, le sphénoïde, deux os pairs, très-développés, la grande aile du sphénoïde, puis les rochers, les mastoïdiens, les pariétaux. La région frontale comprend le sphénoïde antérieur, qui peut manquer, et trois os pairs, Yaile orbitaire, le frontal postérieur et le frontal principal. La région ethmoïdale, peu étendue,

se compose du vomer, souvent armé de dents, des ethmoïdes ou frontaux anté' rieur et des naseaux. La face se compose également de trois régions. La région antérieure est formée d'os pairs, les intennaxillaires, les ?na:rt7/aiVes parfois très-réduits, les palatins, les ptérygoïdiens, les os transverses. La mandibule, qui se compose du dentaire, de V articulaire, de Vangulaire, est suspendue au crâne par une série de pièces qui sont le jugnl, le symplectiqne, le tympanal, le temporal. Le battant operculaire, limité en arrière par la fente des ouïes, se compose, lorsqu'il est complet, de l'opercule, du sous-opercule, du préoperciile, de V interopercule. Enfin existe un appareil servant à l'attache des ouïes et auquel sont annexés les os pharyngiens, qui peuvent porter des dents. L'appareil hyoïdien se compose d'une série de pièces osseuses qui soutiennent les arcs branchiaux.

Chez l'embryon on voit un repli cutané continu qui entoure la queue et se termine derrière l'anus; par suite du développement ce repli s'atrophie et disparaît sur certains points, tandis que sur d'autres il forme des nageoires distinctes soutenues par des rayons ; ces nageoires sont la ou les dorsales, la caudale, l'anale. Parfois les rayons manquent dans la dorsale postérieure (Saumons) ; ces rayons peuvent être des stylets osseux, durs, épineux (Âcanthoptérygiens), ou être composés d'une série d'osselets dichotomiquement ramifiés, mous et flexibles. La dorsale subit parfois de singulières modifications : c'est ainsi que chez les Baudrois les rayons antérieurs sont portés sur le crâne et s'allongent en filaments ; chez les Rémoras ou Echeneis, les rayons se rejettent de chaque côté de manière à former un disque aplati composé de lames mobiles, situé sur le dessus de la tête et à l'aide duquel l'animal peut adhérer aux corps étrangers. Les nageoires verticales et impaires sont soutenues par une série de pièces osseuses, ou os interépineux. Les pectorales sont portées par deux os qui sont les analogues de l'avant-bras, supportés eux-mêmes par une ceinture osseuse suspendue au crâne par la clavicule, la supraclavicule, la postclavicule. La position des ventrales est très-variable ; le bassin est formé généralement d'une seule pièce.

Le système musculaire se compose essentiellement d'une grande masse placée de chaque côté du tronc et de la queue, formée de deux faisceaux entre lesquels se trouve un muscle grêle; de petits muscles comblent les intervalles que présentent les muscles latéraux. Le mode de locomotion est très-différent suivant la forme du corps; la nageoire caudale, en agissant à la manière d'une hélice, est le principal agent de la natation ; les pectorales et les ventrales servent principalement à maintenir l'animal en équilibre ; les autres nageoires, dorsale et anale, remplissent le rôle de gouvernail et dirigent l'animal dans sa course. La vessie natatoire, qui manque presque toujours chez les animaux qui vivent au fond de l'eau, paraît être un organe d'équilibre.

Le cerveau présente de grandes différences suivant les types examinés, dételle sorte que nous ne pourrons en indiquer que les traits généraux.

Généralement l'encéphale se compose d'une série de lobules se succédant les uns aux autres. Chez l'Amphioxus il n'existe pas de cerveau distinct. Chez les autres Poissons les lobes antérieurs ou lobes olfactifs sont plus ou moins développés suivant les types examinés ; quelques Poissons cartilagineux ont ces lobes allongés et terminés par un bulbe olfactif, puis viennent deux grands lobes antérieurs, ou hémisphères cérébraux, doubles chez les Ganoïdes et chez les Téléostéens, réunis en une masse arrondie chez les Squales. Au prosencéphale UCT. ExNC. 2» s. XXYI. 28

succède le mésencéphale, composé des lobes optiques, creusés d'une vaste cavité chez les Téléostéens, et du corps pituitaire; cette partie répond au cerveau intermédiaire et au mésencéphale des embryons. L'épencéphale est formé du cervelet, qui recouvre dans une étendue fort variable la partie antérieure du quatrième ventricule, et de la moelle allongée; chez l'Esturgeon et chez les Squales se trouvent dans cette région des renflements latéraux qui, chez la Torpille, font saillie sur la paroi du quatrième ventricule et constituent les lobes électriques {voi/. Poissoîns électriques). La moelle est généralement trèsdéveloppée relativement à l'encéphale ; elle est cependant très-courte chez la Baudroie et chez la Mole. Les nerfs cérébraux sont le plus souvent séparés, à l'exception du glosso-pharyngion et du spinal ; le nerf moteur oculaire externe (Lamproie), tous les nerfs moteurs de l'œil (Myxine), le nerf facial (beaucoup de Téléostéens), peuvent n'être qu'une branche du trijumeau; chez les Ganoïdes et chez les Elasmobranches les deux nerfs optiques forment un chiasma. Chez les Lamproies le système du grand sympathique paraît faire défaut.

A part chez les Poissons les plus inférieurs, l'œil est très-visible; l'œil peut être caché sous la peau et sous les muscles (Myxine) ou ne consister qu'eu une tache pigmentaire en rapport immédiat avec le système nerveux central (Araphioxus). Le cristallin est spbérique, la cornée très-peu courbée. Les paupières Ibnt presque toujours défaut ; ou trouve cependant chez les Sélaciens deux paupières et souvent une membrane clignotante, ainsi qu'un tapis. Il n'existe pas de glande lacnmale. Deux particularités de l'œil des Poissons sont la présence d'une glande choroïdienne qui entoure plus ou moins complètement le nerf optique et un repli de la choroïde, ligament falciforme, qui s'avance au milieu du corps vitré et s'élargit en forme de cloche (campanule de Hallerj.

L'organe de l'ouïe ne manque qœ chez l'Amphioxus. Chez tous les Poissons l'oreille externe et l'oreille moyenne font défaut; l'oreille interne est dépourvue de limaçon et réduite à un l-abn'inthe membraneux se composant de trois canaux demi-circulaires et d'un vestibule ; il existe un labyrinthe cartilagineux chez les Raies et chez les Squales; chez les Lamproies le labyrinthe manque. Chez quelques Poissons on trouve une communication entre l'oreille et la vessie natatoire (Cyprins, Characins, Silures). On voit dans le vestibule et dans le saccule, tantôt une fine poussière ou otoconie, tantôt des pierres de forme variable ou otolifhes.

Les fosses nasales sont doubles et ne communiquent pas avec la bouche: chez les Bipnés cependant les orifices postérieurs de ces fosses traversent la voûte palatine en arrière de l'extrémité du museau ; il en est de même chez les Myxinoïdes, placés au bas de la série.

Le sens du goiit paraît être fort peu développé. Les barbillons qui parfois existent autour de la bouche sont en rapport avec les sensations du toucher ; les filaments pécheurs delà Baudroie, les lambeaux charnus des Rascasses, les doigts des Grondins, les barbillons jugulaires des Mulles, qui dépendent de l'appareil hyoïdien, les appendices cutanés que l'on peut trouver en divers points du corps, sont également des organes de tact.

Quelques Poissons sont absolument nus, mais presque toujours la peau est protégée par des écailles, parfois enfoncées dans la peau, comme chez les Anguilles; les écaillasse recouvrent, le plus souvent, ou peuvent se souder, de manière à envelopper le corps d'une sorte de cuirasse (Lépisostée, Polyptère). Les plaques, les scutelles, les épines que l'on trouve chez les Raies et chez les

Squales, ont la structure de la dentine. Les cUangenients de couleur que l'on observe chez un certain nombre de Poissons sont dus à la présence de chromoblastes. La ligne latérale, que l'on a cru pendant longtemps être un organe de sécrétion, est un organe du tact donnant au Poisson des notions sur l'état du milieu dans lequel il se trouve.

Presque tous les Poissons sont carnassiers, et cependant la dentition est trèsdifférente suivant les types examinés. Les dents manquent rarement (Esturgeons, Lophobranches), ou ne peuvent se trouver que sur les os pharyngiens inférieurs (Cyprins); elles peuvent se souder en plaques (Myliobates, Chimères), former une sorte de mosaïque (Raies), être fixes ou mobiles (Baudroie, Stomias) ; la forme, la grandeur des dents, varient à l'infini, ces pièces pouvant se trouver sur toutes les parties de la bouche. La forme et la position de la bouche sont elles-mêmes des plus variables.

Il n'existe pas de glandes salivaires. L'œsophage se confond insensiblement avec l'estomac; la longueur de l'intestin est des plus variables; chez les Squales, les Raies, les Ganoïdes, il existe une valvule spirale qui multiplie beaucoup la surface d'absorption. Le foie est toujours volumineux: le pancréas est surtout développé chez les Plagiostomcs ; on trouve souvent des appendices pyloriques. Chez les Sélaciens, les Ganoïdes, les Dipnés, le rectum débouche avec les conduits de l'appareil génito-urinaire dans une cavité commune, le cloaque. Les reins existent chez tous les Poissons, tandis que la vessie manque chez le plus grand nombre d'entre eux.

Les Poissons respirent au moyen de branchies. Chez les Ganoïdes et chez les Poissons osseux, la chambre respiratoire a pour paroi externe le battant operculaire ; chez les Cartilagineux les branchies s'ouvrent en dehors par des fentes distinctes, les branchies étant fixes; chez les Lamproies l'appareil respiratoire consiste en une série de sacs n'ayant pas de communication directe avec le tube digestif, mais recevant l'eau par un canal situé au fond de la bouche ; il s'ouvre en dehors par des trous distincts. Chez l'Amphioxus les organes de la respiration présentent la disposition la plus simple, étant représentés par les parois de la cavité du pharynx percé de fentes. Chez les Dipnés (Protoptère, Lépidosiren) il peut exister une respiration pulmonaire, la vessie natatoire se transformant en un véritable poumon qui communique avec le pharynx par une trachée munie d'une glotte.

Le sang est coloré, excepté chez l'Amphioxus et chez les Leptocéphales ; l'Amphioxus n'a qu'un vaisseau dorsal ; chez les autres Poissons il existe un cœur situé très en avant et entouré par le péricarde, qui peut communiquer avec la cavité viscérale (Esturgeons, Plagiostomes). Ce cœur est un cœur droit ou veineux, composé d'une oreillette et d'un ventricule; chez les Dipnés cependant il existe deux oreillettes incomplètement séparées. Le bulbe aortique est pulsatile chez les Ganoïdes, les Plagiostomes, les Dipnés, muni de valvules semi-lunaires disposées en spirale (Protoptère, Lépidosiren) comme chez 'les Batraciens. On trouve parfois des cœurs accessoires sur k veine caudale (Anguille) ou sur la veine porte (Myxine). La rate existe chez tous les Poissons, à part chez l'Amphioxus; la glande thyroïde se trouve presque toujours, ainsi que le thymus.

Presque tous les Poissons Téléostéens sont ovipares. Quelques-uns cependant sont ovo-vivipares (Zoarces, Pecilie, Cyprinodon). La plupart des Cartilagineux sont vivipares ou ovo-vivipares ; parfois il se forme un véritable placenta ombi-

lical (Emissole lisse). L'amnios et l'allantoïde font défaut. A part chez l'Amphioxus et chez les Cyclostomes, la segmentation de l'œuf est partielle ; à mesure qu'il se différencie, l'embryon se sépare de plus en plus du vitellus, qui constitue alors la vésicule ombilicale. On n'observe que rarement des métamorphoses (Leptocardiens, quelques Cyclostomes, Lépidostée, Esturgeon) ; chez beaucoup de Poissons cependant il se forme des changements plus ou moins considérables dans certaines parties du corps. Quelques Poissons sont hermaphrodites.

Les Poissons, dont on connaît environ dix mille espèces à l'époque actuelle, peuvent se répartir en six sous-ordres : les Dipnés {voy. ce mot), les Ganoïdes (voy. ce mot), les Chondroptérygiens ou Plagiostomes (l'Oî/. ce mot), les Téléostéens {voy. ce mot), les Cyclostomes ou Marsipobranches {voy. Lamproies et Cyclostomes), les Leptocardes {voy. Poissons acrâme.ns).

Les Poissons entrent largement dans l'alimentation et certains d'entre eux fournissent, en outre, des produits à l'art et à la médecine. Leur capture donne lieu à un très-important mouvement commercial que l'on peut estimer à plus de 1 milliard de francs chaque année pour l'Europe et l'Amérique du Nord. Contrairement à l'opinion généralement répandue, le Poisson a une grande valeur nutritive, le Hareng, par exemple, contenant près de 19 pour 100 de matière azotée. Certains Poissons, dans quelques circonstances encore mal déterminées, sont vénéneux {voy. Poissons nuisibles). H.-E. Sauvage.

Bibliographie. — Le nombre des ouvrages publiés sur l'ichthyologie est si considérable • que nous nous contenterons d'indiquer les principaux : Belon. De aquatilibus. i553.

— Rondelet. Libri de piscibus mariiiis, 1554. — Salvia.m. Aquatilium animalium historia, 1554-1558. — Aldrova.nde. De piscibus, 1614. — VVilldgsby. Histor. piscium, 1688. — Linné (C). Syst. nat., t. I, 1766. — Dlhamel du Monceau. Trailé général des pesches, 1769- 1782. — Arstedi (P.). Bibliolheca ichthijologica, 1788. — Du même. Philosophia ichthyologica, 1789-1893. — Du même. Gênera piscium, 1793. — Du même. Syn. piscium, 1793. — Gronovius. Musœum ichthyologicum, 1754-1756. — Bloch (E.). Naturgeschichle der auslàndischen Fisc/ie, 1782-1785. — Monro (A.). T/ie Structure and Physiology of tisltes explained and compared vilk ihose of Man and otker Animais, 1785. — Lacépède. Histoire des Poissons, 1798-1805. — Cuvier (G.). Régie animal, t. II, 1817. — Cuvier et Vale.ncie.nnes- Histoire nat. des Poissons, 1828-1849. — Duvernoï (G.-L.), Mécanisme de la respiration des Poissons, 1839. — Cloquet (H.). Consid. génér. sur l'ichl/iyologie, 1822. — Do même. Faune des médecins ou histoire naturelle des animaux et de leurs produits, 1822-1841. — Muller (J.). Yergleichende Anat. der Myxinoiden, 1835-1845- — Du même. Mém. sur les Ganoïdes et sur la classification naturelle des Poissons. In Ann. des se. nat., 1845. — Do MÊME. Ueber Ganoiden und das natùrliche System^der Fische, 1846. — Agassiz (L.). Rech. sur les Poissons fossiles, 1853- 184i. — Rathke (G.). Analomisch-pliysiologisclie Untersuchungen ûber den Kiemenapparal und das Zungenbein der Wirbelthiere, 1852. — OwEN (R.). Odonlographie, 1840-1845. — Vogt (G.). Embryologie des Salmons, 1852. — Williamson. Investigation into the Structure and Development of the Scale of Fishes, 1851.

— DuuÉRiL (G.). Ichthyologie analytique, 1858. — Stansius. Zootomie der Fische. 1854. — Philipeaux et Vulpian. Détermination des parties qui constituent l'encéphale des Poissons. In Comptes rendus de l'Ac. se, 1852. — Bbeschet. Rech. anat. et physiol. sur l organe de l'ouïe des Poissons, 1858. — Saint-Ange (Martin). Étude de l'appareil reproducteur dans les cinq classes d animaux vertébrés, 1856. — Vogt (G.) et Pappenheim. Rech. sur l'anatomie comparée des organes de la génération chez les animaux vertébrés, 1859. — Gu-MUEn (A.). Cat. Fishes in the Coll. of the Brilish MuScVum, 1859-1870. — Kôllieer. Ueber der Enden der Wirbelsàuleder Ganoiden und einiger Teleostier, 1860. — Lereboullet. Rech. d'embryologie comparée sur le développement du Brochet, de la Perche et de VÉcrevlsse, 1862. — Gege.nbaur. Untersuchungen zur vergleichenden Anatomie der Wirbelthiere, 1865. — DcjiéluL [k..). Hisl. nat. des Poissons ou Ichthyologie générale, 1865-1870. — Du même. Les Poissons vénéneux, 1866. — Blanchard (E.). Les Poissons des eaux douces de la France, 1866. — Owen (R.). On tfie Anatomy of Vertebrates {Fishes and Reptiles), t. I, 1866. — Bleeker. Atlas ichthyologique des bides Orientales néerlandaises, 1862-1870. — Levdig. Ueber das Organ einer sechten Sinnes, 1868. — Scuultze (Fr.-L.). Ueber die Sinnesorgane der Setten-

POISSONS ACRANIENS. 457

Unie bei Fischen und Amphibien, 1870. — Huxley (Th.). Man. Anat. vcvtebrated Animalx, 1873. — Claus. Traité de zoologie, tiad. Moquiii-Taiidon, 1878. — Gi-ntiieb (A.). An Inlrcduction to the Study of Fishes, 1880. — Moheau (fcl.). llist. nat. des Poissons de la Fiance, 1881. E. S.

POlssO!\s ACRÂ!\IEI>IS. Les zoologistes ont désigné sous le nom de Branchiostome ou d'Amphioxiis un singulier poisson qui, dans l'état actuel de nos connaissances, semble faire le passage entre les Vertébrés et les Invertébrés, par les Ascidiens. L'Amphioxus, le représentant de la sous-classe, ou pour certains naturalistes du sous-embranchement désigné sous le nom d'Acràniens, Leptocar.îiens, Pharyngobranches, est, en effet, à peine un vertébré, car il manque de plusieurs des caractères essentiels de rembrancbemcnt auquel on le rattache, sans doute à juste titre.

Considéré d'abord par Pallas comme un mollusque, l'Amphioxus paraît être un type de transition. Le corps est lancéolé, comprimé, en pointe aux deux extrémités, demi-transparent, long d'environ 6 centimètres; la peau est complètement nue; la tête n'est pas distincte du tronc; la bouche, ouverte en dessous, est entourée d'une rangée de tentacules, supportés par des lilaments demi-cartilagineux, attachés à un cartilage composé de plusieurs pièces; il n'existe, du reste, pas de mâchoires proprement dites. Les nageoires sont représentées par un rudiment de la dorsale et de l'anale, dépourvues de rayons, qui se continuent avec une faible nageoire caudale; les nageoires pectorales et abdominales font défaut.

La colonne vertébrale est représentée par sa forme la plus simple, une corde dorsale, dont la structure a été comparée à ce que l'on voit dans la corde des larves d'Ascidies. Cette notocorde dépasse, en avant, les parois de l'enveloppe du système nerveux central et, comme l'a montré Emile Moreau, finit en pointe mousse dans les tissus. Moreau a constaté, en effet, que chez l'Amphioxus il existe trois régions distinctes dans le squelette céphalo-rachidien, une région céphalique, où l'on ne trouve pas d'apophyses et qui a subi un arrêt de développement des parties qui concourent à la composition du crâne et de la face, une région abdominale dans laquelle les lisemapophyses sont écartées, une région caudale où l'on voit les hœmapophyses soudées à celles du côté opposé pour constituer l'arc haemal.

Le cerveau paraît n'être représenté que par une partie du thalamencéphale des Vertébrés supérieurs, les .hémisphères cérébraux et les lobes olfactifs ne s'étant pas développés; il n'est qu'un renflement de la moelle, analogue à ceux dont naissent les nerfs spinaux. Les organes des sens sont tout à fait rudimentaires ; l'organe de l'audition fait défaut; l'organe olfactif est représenté par une cupule garnie de cils vibratiles; l'œil, qui paraît pouvoir être simple ou double, consiste en un petit point noirâtre formé d'un amas pigmentaire reposant directement sur la partie antérieure de l'axe cérébro-rachidien.

La cavité buccale sert à la fois à la respiration et à l'introduction des aliments; l'entrée de cette chambre commune, qui a été comparée au sac branchial des Ascidies, est garnie de cils vibratiles qui chassent l'eau vers les branchies et poussent les particules alimentaires vers le tube digestif; les parois en sont soutenues par des arcs cartilagineux, qui forment une sorte de cage; l'eau qui a servi à la respiration passe dans la cavité péritonéale pour s'échapper au dehors par un pore abdominal situé en avant de l'anus. C'est à l'extrémité de la

458 POISSONS ÉLECTRIQIES.

chambre pbaryngo-brniichiale que s'ouvre l'œsophage, très-court, continué pa le tube digestif; l'intestin ne fait aucun repli.

I/appaieil circulatoire rappelle plutôt celui des Ascidies que celui des Vertébrés proprement dits; le cœur n'existe pas, en tant qu'organe central de la circulation ; il est repre'senlé par un vaisseau placé à la partie inférieure de la chambre branchiale, vaisseau contractile, qui envoie à la branchie des vaisseaux eux-mêmes contractiles; les pulsations de ce cœur artériel sont très-lentes et n'ont lieu que toutes les minutes environ ; la veine porte, la veine cave, sont ellesmêmes coniractiles. Les globules du sang ne sont pas colorés. Le système lymphatique paraît manquer.

Les organes de la reproduction sont représentés dans les deux sexes par des poches recouvertes par le péritoine et s'étendant de chaque côté du sac branchial ; les produits arrivés à maturité tombent dans la cavité abdominale et sortent par le pore abdominal; les œufs subissent un fractionnement total.

On trouve dans la plupart des mers d'Europe l'Amphioxus ou Branchiostonae lancéolé {Branchiostoma lanceoJaium), le type du groupe; la même espèce, ou des espèces fort voisines, sont signalées de l'Amérique du Nord, des Antilles, du Brésil, du Pérou, de Tasmanie, d'Australie, des Indes Néerlandaises. Peters a décrit d'Australie VEpigionichthys ■pulcliellus, qui se rattacherait au même type. Les Amphioxus sont d'ailleurs à peine connus zoologiquement.

H.-E. Sauvage.

BiBMOGnAPiiiE. — Pall\s. Spicilegia zoo/ogica, fasc. X, 1774. — Muller (J.). Ueber den Bau und die Lebenserscheinungen des Branchiostoma lubricum. In Aih. der Berl. Akad-, 1842. — Costa. Storia del Branchiostoma lubricum, 1843. — Kôlliker (A). L'eber den Gerucksorgan von Amphioxus. In Ârch. fiir Anat., 1843. — Goodmr (J.j. Ou Ihe Anatomy of Amphioxus. In Trnns. Roy. Soc. Edinburgh, 1844. — Qdatkefages {de). Mém. sur le système nerveux et sur l'histologie du Branchioslome ou Amphioxus. In Ann. des se. nal., 1845. - Maiicdsen (J.). On the Anatomy and Hislology of Branchiostoma lubricum. In Ann. Mag. nat. Hist., 1864. — Bert (P.). Sur l'Amphioxus. In Comptes rendus de VAcad. des se., 1867. — Kowalewsky (A.). Entwicke/ungsgeschichte des Amphioxus lanceolalus. In Mém. de VAcad. des se. de Saint-Pétersbourg, 1807. — Moread (E.). Note sur la région crânienne de l'Amphioxus, In Comptes rendus de VAc. des se, 1870. — Mitller (^y.). Dos Urogenitalsysteme der Amphioxus. In Jenaische Zeilschrift, t. X, 1873. — Stieda. Studien iiber den Lanceolatus. In Mém. de VAcad. des se. de Saint-Pétersbourg, 1873. — Rolph (\V.1. JJntersuchungen uber den Bau des Amphioxus. In Sitzungsber. der Naturf. Gesellschaft, 1875. — MoREAU (C). Rech. sur la corde dorsale de VAmphioxus. Iii Bull, de VAcad. se. de Belgique, 1875. — Hdxley. Preliminary Note upon the Brain and Skull of Amphioxus. In Proc. Roy. Soc, 1875. — Gunther (A.). An Introduction to the Study of Fishes, 1880. — MoREAD (E.). Uist. nat. des Poissons de la France, 1881. E. S.

POISSONS ÉliECTRlQL'ES. Quelques Poissons sont pourvus d'organes pouvant produire de l'électricité ou dont la structure est celle du tissu spécial qui a été désigné par Piobin sous le nom de tissu électrique : tels sont les Mormyres, le Malaptérure, le Gymnarque, le Gymnote [voy. ce mot), les Torpilles {voy. ce mot) et les Raies [voy. ce mot). Ces organes ayant été décrits à l'article Électriques [Organes et tissus), nous n'avons à faire connaître que leur position dans le corps de l'animal.

Les Mormyres, Poissons des eaux douces de l'Afrique tropicale, ont de chaque côté de la queue un organe dont les fonctions électriques ne sont pas prouvées, mais qui, suivant l'expression de Gùnther, constitue une sorte de transition entre un appareil musculaire et un [organe électrique. Cet appareil consiste en une masse capsulaire divisée en de nombreux compartiments séparés par des cloisons verticales contenant une substance gélatineuse.

Le Gymnarque [Gymnarchus electriciis), qui habite le Nil, possède également un organe pseudo-électrique; cet organe est mince du côté de la queue, puis s'épaissit et se prolonge jusque près de la tète; il se compose de quatre masses membraneuses noyées dans les muscles environnants et contenant des corps prismatiques disposés en chapelets. L'animal a le corps allongé, anguilliforme ; la bouche est armée de dents en forme d'incisives ; la caudale, l'anale et les ventrales, font défaut ; la vessie natatoire est celluleuse et débouche dans l'œsophage par un conduit nmni d'un sphincter.

Le Malaptérure électrique [Malapteruf. electrlcus) qui, de même que le Gymnarque, habite le Nil, fait partie de la famille des Siluroïdes; le corps est allongé; la nageoire dorsale, qui est adipeuse, est placée tout contre la caudale, dont la forme est arrondie ; les ventrales s'insèrent derrière le milieu de la longueur du corps, qui est dépourvu d'écaillés, revêtu d'une peau molle; la fente operculaire est fort étroite; la bouche est entourée de six barbillons, quatre à la mandibule, deux à la mâchoire supérieure ; il n'existe pas de dents au palais. L'organe électrique, qui s'étend tout le long dos lianes, est plus épais vers le ventre; il est renfermé entre deux membranes aponévrotiques, sous la peau, et formé de cellules contenant une matière gélatineuse; l'organe reçoit des nerls émergeant de la moelle ; ces nerfs percent la plaque électrique et s'étalent sur sa face antérieure, qui est électro-négative.

Pour l'organe électrique des Raies, des Torpilles, du Gymnote, nous renvoyons aux articles qui traitent de ces poissons; contentons-nous de dire que, d'après les recherches récentes, la plaque électrique qui reçoit le lacis nerveux est toujours électro-négative, tandis que la face opposée est électro-positive. 11. -E. Sauvage.

POissoi\s IVUISIBLES. Les Poissons, qui entrent pour une si large part dans l'alimentation, sont, dans certains cas et pour certains d'entre eux, des animaux dangereux, soit qu'ils puissent causer de terribles blessures, soit que leur chair soit vénéneuse. Il faut, d'ailleurs, faire la distinction entre les Poissons vulnérants, qui blessent celui qui veut les saisir, les Poissons venimeux, dont la blessure est empoisonnée, les Poissons vénéneux, dont l'usage comme aliment est dangereux.

Bien que beaucoup de Poissons armés d'épines ou d'aiguillons puissent produire des blessures plus ou moins graves, il en est un certain nombre qui, par les armes dont ils sont pourvus, sont plus particulièrement redoutables : telles sont certaines espèces du groupe des Raies qui portent sur la queue des aiguillons barbelés et dentelés, comme les Trygons {voy. ce mot) ; les Myliobatidées sont presque toutes armées d'une forte épine située sur une queue grêle et en forme de fouet que l'animal peut lancer avec une force extrême.

Les Anciens croyaient que les blessures faites pai' les Raies armées sont empoisonnées. Bien que l'on ne trouve pas chez ces Poissons d'organe à venin proprement dit, pas de glande sécrétante, ni de canal excréteur, les accidents produits par la blessure sont tels cependant, pour certains d'entre eux {^totale narinari), qu'elle ne peut être exclusivement attribuée à une action mécanique : on constate, en effet, une douleur lancinante des plus vives, parfois avec syncopes, de l'inflammation, et trop fréquemment la gangrène des parties contaminées. Il paraît très-probable que le mucus sécrété par la peau du Poisson est inoculé dans la blessure et qu'il se comporte comme un véritable venin.

Certains Siluroïdes, armés d'une forte épine dentelée à la nageoire pectorale, font des blessures souvent dangereuses ; ces Poissons ont, près de la base de la nageoire, nue ouverture axillaire par laquelle doit s'écouler un liquide vénéneux qui s'introduit d'autant plus facilement dans la plaie produite que l'appareil vulndrant est cannelé dans le sens de sa longueur.

Depuis longtemps on connaît les terribles accidents produits par les blessures des Synancées qui s'enfouissent souvent dans le sable du rivage : c'est que chez ces animaux les épines dorsales sont cannelées de chaque côté dans une partie de leur longueur; par ces cannelures s'écoule un venin sécrété par une glande qui, comme une bague, entoure l'aiguillon. Les Synnacées, animaux des pays chauds, se reconnaissent à leur corps en forme de coin, à leur tète très-grosse, creusée de cavités, à leur peau nue, garnie d'appendices en forme de lambeaux, à leur large bouche, dirigée en haut, à leurs grandes nageoires pectorales ; elles lont partie de la famille des Scorpénidées.

Les Vives (t'oy. ce mot) sont à juste titre redoutées, car leur piqûre est souvent des plus dangeieuses. Bottard a montré que l'épine dont est armé l'opercule est percée de deux canaux qui se terminent à leur base par une glande qui sécrète un venin, véritable poison convulsivant; l'épine elle-même est recouverte, à l'extérieur, d'une membrane qui paraît s'opposer à l'issue naturelle du liquide vénéneux.

Un organe à venin des plus parfaits se trouve chez le Thalassophryne réticulé, de Panama. Ce poisson, qui fait partie de la famille des Batrachidées, ressemble un peu, par son aspect général, à une Vive; le corps est allongé, en forme de coin, comprimé en arrière, dépourvu d'écaillés; la tête est grosse, couverte d'une peau épaisse; l'anale et la dorsale molle sont longues; la dorsale antérieure est formée de deux épines creuses, ainsi que l'épine operculaire. L'appareil qui sécrète le venin est connu depuis les recherches de Gûuther; l'épine operculaire, de même que la dent venimeuse des Serpents, est parcourue dans toute sa longueur par un canal qui s'ouvre près de son extrémité, taillée en forme de trocart; un sac membraneux entoure la base de l'épine operculaire, de même que celle de chaque épine dorsale, et verse le produit de la sécrétion dans le canal qui creuse chaque aiguillon ; Gûnther n'a pas trouvé, d'ailleurs, de glande proprement dite dans l'intérieur de ce sac, ni de membrane musculaire enveloppante, de sorte que le venin paraît être directement sécrété par la muqueuse et qu'il ne s'écoule en dehors que lorsque le sac est comprimé par suite de l'introduction de l'épine. Gîinther a fait observer d'ailleurs que les organes à venin des Poissons semblent être exclusivement des appareils de défense et non des organes auxiliaires de la digestion, tels qu'on les voit chez les Serpents.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, plusieurs poissons sont vénéneux. Bien que l'on ait signalé quelques cas d'empoisonnement par l'usage de la chair du Maquereau [voy. ce mot) et du Thon {voy. ce mot), on ne peut cependant considérer ces animaux comme vénéneux. Il semble ne pas en être toujours de même de la Bonite à ventre rayée [Thynnus pelamys), dont la chair, bien que sèche, n'est pas désagréable, au dire de beaucoup de voyageurs ; Lesson et Garnot affirment cependant que ce Scombéroïde peut être vénéneux; ils ont, pendant le voyage de Duperret, constaté des cas d'empoisonnement caractérisé par de vives rougeurs exanlhémateuses, des sueurs, des maux de tête violents, de la diarrhée, de fortes coliques. Merole rapporte également que la Bonite des

côtes d'Afrique, dont la chair a une couleur jaunâtre, est vénéneuse, et que l'usage de sa chair peut occasionner une mort presque suhite.

Dans la même famille des Scotiibéroïdes nous avons à signaler une espèce de la mer des Antilles et des côtes du Brésil, la Fausse Carangue [Caranx fatlax), dont la chair serait vénéneuse, au moins pendant la plus grande partie de l'année, de telle sorte que la vente de ce poisson est interdite à la Havane {voy. Carangue); cette espèce, qui ressemble bcaucou[i à la Carangue vraie [Caranx carangus), dont la chairest très-cstimée, en diffère par l'absence d'une tache noire à l'opercule et surtout en ce que la poitrine est nue, au lieu d'être écailleuse. Les colons espagnols confondent les deux espèces sous le nom de jiguag7ia.

Les Spliyrènes sont des Poissons au corps allonge, arrondi, à la tète longue, au museau pointu, à la bouche armée de dents fortes et tranchantes; il existe deux dorsales, la première correspondant aux ventrales, la seconde opposée à l'anale; la caudale est fourchue. L'espèce des côtes de Franco, la Sphyrène spret {Sphyrœna vulgaris), n'est guère recherchée dans l'alimentation.

Une espèce des Antdles et du nord du Brésil, la Bécune [Splinrœna picuda), peut-être identique à l'espèce d'Europe, passe pour dangereuse, au moins dans certaines circonstances. Parra rapporte que la chair de cette espèce est savoureuse, mais qu'elle est tenue pour suspecte, occasionnant assez souvent des accidents; Poëy affirme qu'à Cuba elle passe pour vénéneuse et que l'usage de ce poisson a pu produire des accidents mortels.

Suivant Rochefort et Dutertre, une espèce voisine de celle que nous venons d'indiquer, la Sphyrène Barracuda, est très-souvent dangereuse; Catesby rapporte qu'après l'usage de la chair de ce poisson il a constaté de violents maux de tête, des vomissements, la chute des ongles et des cheveux ; les habitants des Antilles espagnoles nomment cette maladie signalera. Plée, qui a si bien observé les Poissons de la Martinique, n'a jamais vu se produire d'empoisonnement par l'usage de la Bécune, mais des personnes dignes de foi lui ont affirmé que la Sphyrène occasionne des accidents parfois graves, tels que tremblement général, nausées, vomissements, douleurs articulaires principalement violentes dans les bras et les mains; la guérison serait rarement complète, de telle sorte que de temps en temps les douleurs articulaires se manifesteraient de nouveau ; les phénomènes morbides se reproduiraient pendant plusieurs années. Salée, la chair de la Bécune ne serait jamais vénéneuse.

Un poisson de la Méditerranée, voisin des Muges, le Tétragonure de Guvier [Tetragonurus Cuvieri), est vénéneux, au moins dans certaines circonstances; la chair, bien que blanche et tendre, est parfois dangereuse pendant l'été, ainsi que Risso a pu le constater sur lui-même par deux fois; ce naturaliste a éprouvé des phénomènes d'empoisonnement, consistant en une chaleur pénible dans la gorge et l'œsophage, des nausées, des vomissements de matière nauséabonde, de la douleur dans la région épigastrique. Risso attribue l'action toxique du Tétragonure à ce que ce poisson se nourrit parfois d'une sorte d'Acalèphe, le Stéphanoraie, dont la causticité est extrême. Le Tétragonure a le corps allongé, couvert d'écaillés dures et ciliées ; deux carènes saillantes se voient de chaque côté de la queue; le museau est gros, arrondi; les deux nageoires dorsales sont très-rapprochées l'une de l'autre, la première étant plus basse et plus longue que la seconde; l'anale est à peu près opposée à Ja dorsale postérieure.

Parmi les Labroïdes [voy. Labres) des Antilles, le Lachnolœmus suillus est très-estimé, tandis qu'une espèce voisine, le Lachnolœmus caninus, passe pour être parfois vénéneuse.

II en est de même pour les Scares, qui appartiennent à la même famille et que leurs brillantes couleurs ont fait surnommer Perroquets dévier ; tandis que la chair de plusieurs espèces est fort recherchée, celle de quelques autres est suspecte : tels sont, entre autres, le Scare tacheté et le Scare harid, de la mer Rouge et de la mer des Indes, qui seraient, dit-on, vénéneux lorsqu'ils se sont nourris de certains polypiers.

La plupart des espèces qui rentrent dans les genres Tetrodon, Diodon, Balisle, Ostracion, sont vénéneuses [voy. Ostéodermes, Coffres, Gïm.nodontes).

Les Poissons qui composent la famille des Clupes sont largement recherchés dans l'alimentation; nous n'avons qu'à citer le Hareng, la Sardine, l'Anchois, l'Alose; quelques espèces sont cependant vénéneuses. Près des rivages de l'Inde se trouve l'Anchois bœlassa, dont la chair est si vénéneuse, au dire de Dussumier, qu'elle occasionne rapidement la mort, même ingurgitée en faible quantité ; ce poisson a le dos de couleur plombée ; les flancs et le ventre sont de couleur d'argent ; une tache d'un rouge brique se \x)it derrière la tète. Le Cailleu tassart [Meletta thrissa), qui se trouve depuis New-York jusque sur les côtes nord du Brésil, est estimé en certains points, tandis que l'usage de sa chair passe pour être dangereuse eu d'autres. Une autre espèce appartenant au même genre, la Melelte vénéneuse, se trouve dans la mer des Indes; elle a le corps trapu, d'un bleu verdâtre sur le dos; l'extrémité du museau est noir ; une petite tache noire se voit à l'extrémité des premiers rayons de la dorsale; d'après Dussumier l'usage de cette espèce peut occasionner de violents vomissements, parfois suivis de mort.

Les œufs du Brochet {voy. ce mot) passent pour être vénéneux, au moins dans certaines circonstances encore mal définies.

Parmi les Squales nous n'aurons à signaler comme pouvant donner lieu à des cas d'empoisonnement que le Griset, dont la chair est fortement purgative, et la Roussette commune ou Chien de mer; plusieurs cas d'empoisonnement ont été constatés après l'ingurgitation du foie de ce Squale, H.-E. Sauvage.

BiBuoGRAPniE. — CuviF.R et Valenciennes. liist- liai, des Poissons, t. III, VIIl, IX, XI, XIII, XIV, XX. — ■ FoNssAGRivES. Traité d'hygiène navale. — Fonssasiuves et Le Roï de JIékicobkt. Recherches sur les poissons toxicophores exotiques des pays chauds. In Ann. d'hygiène publ., 2'= série, 1862. — GCnther (.\.). ^n Inlroduction to the Sludy of Fishes, 1880. — BoTTAiiD (A.) in Gressix. Contrib. à l'élude de l'appareil à venin cftez les poissons du genre Vive, 1885. E. S.

POITRIXE. § I. Auatomie. Entre la région cervicale, dont rien ne la sépare, et l'ensemble des viscères abdominaux dont la sépare le dôme diaphragmatique, existe une cavité à laquelle on donne le nom de poitrine ou de cavité thoracique.

Cette cavité, comme toutes celles de l'économie, a des parois qui la limitent et des organes qui la comblent.

Une description complète de la poitrine doit donc comprendre celle de son contenant et celle de son contenu.

Nous nous attacherons à la première, qui n'a point été faite encore dans cet ouvrage, et nous négligerons la seconde, dont on trouvera facilement les éléments aux articles Médiastin, Poumon, Cœur, Œsophage, etc.

rOlTRlNE (anatomie). 4i5

Dans les premières heures de l'incubalion, un embryon de vertébré présente, dans la ligne axiale, au point où existait la ligne obscure primitive en voie de disparition, une ligne sombre, l'ormée par un épaississement du mésoblaste. Le long de cette ligne, l'ectoderme s'invagine dans le mésoderme sous forme de deux replis qu'on appelle les replis médullaires, ou lames dorsales. En pénétrant dans le feuillet moyen, ces deux lames, séparées d'abord, se dirigent l'une vers l'autre, puis se rencontrent et s'unissent. Séparées, elles formaient une gouttière {gouttière médullaire). Unies, elles forment uu canal {canal médullaire).

Du point où elles se sont recourbées pour constituer leur involution elles se continuent de chaque côté du canal médullaire, sous le nom de lames épidermiqiies ou cornées.

De son côté, le mésoblaste épaissi différencie ses cellules et se constitue en avant du canal de provenance ectodermique en une sorte de tige qui se développe de bas en haut; cette tige est la notocorde ou corde dorsale.

A droite et à gauche de celle-ci s'étale par conséquent le mésoderme. Celuici se dédouble bientôt, mais ce dédoublement ne s'opère pas en arrière jusqu'à la notocorde, et près d'elle le tissu du feuillet moyen reste indivis. Toute la portion mésoblastique qui subit la séparation s'appelle la lame latérale; tout ce qui ne la subit pas s'appelle la lame vertébrale. La feuille interne du mésoderme dédoublé {lame fibro-intestinale) s'applique à Tendoderme pour former la splanchnopleure, et la feuille externe [lame fihro-cutanée) à lecloderme pour former la somatoplenre.

La notocorde se renfle bientôt en points équidistauts, à la façon des grains d'un rosaire : autour d'elle la lame vertébrale se divise en segments qui se superposent et prennent chacun comme centi e un des renflements moniliformes de la corde dorsale. Ces segments, ce sont les protovertèbres, qui s'empilent autour d'elle, et dont elle est le tuteur.

Chacune des pièces cubiques protovertébrales se compose de deux portions, une antérieure, qui constitue la protovertèbre proprement dite, l'autre postérieure, qui constitue la plaque musculaire.

Ainsi donc la notocorde est enveloppée à ce moment par un étui mésodermique différencié au milieu duquel elle disparaîtra bientôt. On donne à cet étui le nom d'arc hœmal; de la partie postérieure de cet étui partent, à droite et à gauci)e, des prolongements qui vont se réunir en arrière du canal médullaire (moelle) auquel ils forment une enveloppe mésoblastique : ce sont les arcs vertébraux primitifs; ces arcs constituent l'arc neiiral.

Des protovertèbres émanent aussi des prolongements antérieurs qui s'enfoncent dans les parois latérales du corps de l'embryon : ce sont les côtes.

En avant les côtes se réunissent en formant une plaque mésodermique qui constitue le sternum; la moitié droite du sternum appartient aux côtes droites, la moitié gauche aux cotes gauches, et, si l'union des unes avec les autres n'est pas parfaite, le sternum incomplètement développé est fissuré sur la ligne médiane, la poitrine est ouverte en avant.

Tout ce tissu mésoblastique différencié, qui constitue les proto vertèbres et leur prolongement, passe successivement par les trois périodes embryonnaire, cartilagineuse et osseuse. Au second mois apparaît le cartilage; à la fin du troisième apparaît l'os, et ce n'est qu'à vingt-cinq ans environ que se termine définitivement le travaii d'ossification, commencé depuis si longtemps.

444 POITRINE (anatomie).

Mais à mesure que s'accroissent les protovertèbres et leurs dépendances (côtes) s'accroissent aussi et s'enroulent comme elles, autour de l'endoderme incurvé en forme de nacelle, les plaques musculaires, les lames épidermiques et les lames latérales (somatopleures). Les premières formeront les muscles du thorax : leur partie antérieure donnera naissance aux muscles hyposqueleltiqnes (intercostal interne) ; leur partie postérieure aux muscles épisqnelettiques (intercostal externe et autres), les secondes en formeront la peau; les troisièmes le tissu cellulaire, les aponévroses et les vaisseaux. Entre les deux dédoublements de la lame latérale se développera la cavité pleurale : sa feuille interne formera la plèvre viscérale et sa feuille externe la plèvre pariétale.

Entre le feuillet interne qui forme d'abord une gouttière communiquant avec la vésicule ombilicale, et qui se constitue bientôt en un tube complet [intestin primitif) divisé en trois parties {proentéron, mésentéron, aditus posterior), et le cœur, qui apparaît au-dessus et au devant de lui dans la lame fibro-intestinale qui double ce feuillet interne, apparaît une cloison de structure musculaire, qui les séparera l'un de l'autre : c'est le diaphragme. Aussi, plus tard, quand l'ectoderme invaginé (œsopiiage) viendra se réunir à V aditus anterior (proentéron-estomac), sera-t-il obligé de passer au travers de cette lame diaphragmatique.

Résumons nous : de la colonne vertébrale, comme centre, partent des prolongements postérieurs et des j)rolongements antérieurs.

Les premiers vont, sous le nom d'arcs vertébraux, former à l'axe cérébrospinal un étui protecteur, arc neural ; les seconds, sous forme de corps vertébraux et de côtes, former aux poumons et au cœur un autre étui protecteur, arc hsemal.

Autour de ce squelette se développent des muscles et naissent des vaisseaux, tous, comme les os, d'origine mésoblastique, et protégés par la peau d'origine ectodermique.

Ainsi, comme dit Cruveilhier, le corps humain est fait de deux cavités allongées, parallèles et adjacentes : la postérieure sert à loger les organes centraux du système nerveux [cylindre nerveux, cylindre animal) ; l'antérieur renferme tous les appareils de la reproduction et de la nutrition [cylindre végétatif, cylindre splancimique).

Le diaphragme divise en deux la cavité antérieure : l'une inférieure abdominale, limitée de toutes parts ; l'autre supérieure, poitrine, ouverte en haut, pour communiquer à plein canal, si l'on peut ainsi dire, avec la région cervicale.

La poitrine s'offre donc à nous comme une cage imparfaitement close, libre en haut, fermée en avant, sur les côtés et en arrière, par un grillage mi-osseux, rai-musculaire, et en bas par une cloison purement musculaire. Les parois de cette cage se présenteront sous un aspect bien différent suivant qu'on les aura ou non dépouillées des parties molles qui recouvrent les os.

I. Extérieur de la poitrine. A. Aspect général de la poitrine revétce des PARTIES MOLLES. Assigner à la poitrine recouverte des muscles qui doublent le thorax osseux des limites précises est une chose impossible. Comme toutes les régions de l'économie et plus qu'aucune autre, elle ne peut être qu'ai'tificiellement séparée de celles qui l'avoisinent. A la face antérieure, en haut et au milieu le creux sus-sternal, en haut et sur les côtés la clavicule et le creux susclaviculaire, en bas les côtes flottantes et le bord convexe des cartilages costaux

POITRINE (anatomie). 445

inférieurs : telles sont, à l'œil, et grossièrement, ses limites extrêmes. Limites, du reste, virtuelles, puisque, par exemple, un plan passant par le bord inférieur des côtes traverse la cavité abdominale, et non pas la cavité thoracique. A la face postérieure il n'est rien, hors peut-être la saillie inféiieure du bord externe du trapèze, qui indique à peu près où elle finit et où elle commence.

Vue par devant, elle présente des saillies et des méplats, plus ou moins apparents suivant que les individus sont gras et musclés ou bien osseux et amaigris, déprimée sous la clavicule, de chaque côté, et au niveau du sternum, sur la ligne médiane, elle se renfle latéralement au niveau de la région mammaire. Chez l'homme, le grand pectoral y fait une saillie en rapport avec le développement musculaire du sujet ; chez la femme la glande mammaire s'y développe sous forme d'une proéminence piriforrne et résistante, ou bien sous l'apparence d'une masse graisseuse, étalée et molle, retombant de son propre poids sur la paroi thoracique dont la sépare un sillon souvent eczémateux. Chez le premier, la peau est couverte de poils durs et raides; chez la seconde, elle est lisse, blanche et mate, marbrée de veines bleuâtres disposées en réseau, et tapissée d'un fm duvet incolore; chez les deux, elle se pigmente au niveau du mamelon.

En arrière, sur la ligne médiane, règne sur toute l'étendue la crête épineuse, que remplace, sur les individus robustes, une gouttière doublée de muscles épais (muscles des gouttières vertébrales). Près de sa saillie épineuse, chez les phthisiques, les cancéreux et les sujets émaciés, le bord interne du scapulum et son angle inférieur laissent bâiller l'espace inlerscapulo-thoracique et se relèvent sous forme d'aile saillante qui soulève la peau {scapula alata); de chaque côté, l'omoplate montre sous les téguments la saillie de l'épine et de l'acromion; le moignon de l'épaule établit entre la poitrine et le membre supérieur une continuité que rien n'interrompt.

Sur les parties latérales, chez quelques sujets amaigris, les côtes proéminent, et entre elles les parties molles déprimées se creusent.

Une dépression (creux épigastrique, scrobicule du cœur) étabht en bas la continuité de la poitrine et de l'abdomen ; en haut, un creux (creux sus-sternal) flanqué de deux saillies que forme l'extrémité interne des clavicules marque le point où elle devient région cervicale.

Gomme on le voit par cette esquisse rapide des formes extérieures, la poitrine peut, en avant et en arrière, se diviser en plusieurs régions secondaires. Les voici :

iAu milieu Région sternalc.

[ Région sous-daviculaire.

Sur les côtés. .... — mammaire.

{ — costale.

( Au milieu Région rathidienne.

2° En ARRIÈRE.. . - „ , .,^ ^ Itégion scapulMic.

( Sui- les colés. . . . , ,1

( — ihoracique

Seul un livre d'anatomie topographique comporte une étude complète de chacune de ces régions sur lesquelles nous aurons, du reste, l'occasion de revenir.

Disons seulement, d'une façon générale, que le thorax recouvert de ses parties molles se présente sous la forme générale d'uu cylindre ou plutôt d'un tronc de cône à base supérieure, aplati d'avant en arrière chez l'homme adulte.

4i6 POITRINE (anatomie).

de droite à gauche chez le fœtus et la plupart des animaux. Chez le fœtus, le cylindre s'évase inférieurement dans des proportions qui sont en rapport avec le développement du foie. Suivant l'heureuse expression de Dobierre : u l'homme est tout tête et tout ventre à cet âge ; la poitrine est étroite et le bassin fluet ».

Au reste, rien de plus variable que la forme extérieure de la poitrine : les maladies de l'enfance laissent quelquefois sur elle des traces indélébiles que l'on connaît sous le nom de côtes en auvent, de poitrine de pigeon, de poitrine en bréchet ; et parmi les maladies de l'adulte, la phthisic, qui rétrécit le sommet du thorax, le déforme vers le type fœtal en élargissant sa base, moins peut-être chez la femme que chez l'homme, puisque la poitrine est, à l'état normal, proportionnellement plus large en haut chez elle que chez lui (xMalgaigne ) .

Malgaigne donne de la poitrine aux différents âges les dimensions que voici :

Circonférence Circonférence

Individus. supérieure. intérieure.

Hommes 86 centimètres. 79 centimètres.

Femmes 75 — 70 —

Enfants -.60 — 58 —

Remarquons en passant que ce tableau, donné par Malgaigne, est en contradiction avec ce qu'il écrit plus bas sur le thorax de l'homme et de la femme.

B. Aspect géïséral de la poitrise osseuse. La poitrine osseuse est limitée en haut par la première cote, en avant par le sternum, en arrière par la région dorsale de la colonne vertébrale; il n'est pas possible de lui assigner au juste une limite inférieure, pour la raison que le dôme diaphragmatique, qui s'insère aux six dernières côtes, divise le thorax en deux régions dont l'une, la supérieure, appartient à la poitrine, l'autre, l'inférieure, à l'abdomen.

Construite en cône à base inférieure, aplatie d'avant en arrière à l'état normal, souvent saillante en avant chez les rachitiques, plus développée d'un côté chez les scolcotiques, et même à l'état physiologique, à cause de l'usage prédominant d'un membre, aplatie latéralement chez les animaux non clavicules, la poitrine osseuse (nous envisageons ici le thorax tout entier) présente chez Ihomme un diamètre transversal de 28 centimètres, un diamètre antéro-postérieur de 20 centimètres, un diamètre vertical antérieur de 15 centimètres, et un diamètre vertical postérieur de 31 centimètres. Chez la femme, les dimensions sont sensiblement égales, à 1 ou 5 centimètres près pour chaque diamètre.

Vue par l'extérieur, la poitrine présente à l'élude : l'' une région antérieure ou sternale, convexe, où l'on voit la face antérieure du sternum, les articulations costo-sternales, les cartilages costaux, les articulations chondro-costales, d'autant plus externes qu'elles sont plus inférieures, l'angle antérieur des côtes; en haut la clavicule, étendue du sternum à l'épaule, recouvre et protège le premier espace mtercostal ; 2" une région latérale convexe, constituée par le grillage costal ; 3" une région postérieure, convexe aussi, qui présente la crête épineuse, les gouttières vertébrales, les apophyses transverses, les articulations transverso-costales, l'angle postérieur des côtes, d'atitant plus éloigné des vertèbres qu'il appartient à une côte située plus bas. Sur celte face postérieure du thorax est appliqué le scapulum, dont la pointe est en rapport ordinairement avec la 1" côte, quelquefois le 7^ espace intercostal, rarement la 8*^ côte.

Vue par sa surface intérieure, la poitrine présente à l'examen les mêmes parties, devenues partout concaves, et dont la disposition est calquée sur celle

du dehors. Chez le fœtus, la colonne dorsale est recfiligne, cf la cage du thorax par conséquent plus étroite.

Disons seulement qu'en arrière, de chaque côté des corps vertébraux, il existe une gouttière, gouttière costo-verlébraie, destinée à recevoir le bord postérieur du poumon.

Aujourd'hui qu'on attache plus d'importance que jamais à l'opération de Tempyème, et que les bons résultats de la pleurotomie dépendent avant tout de l'évacuation parfaite du pus contenu dans la cavité thoracique, il est important de savoir quel est le point le plus déclive de la poitrine. Malgaigne, qui s'était occupé déjà de cette question, fait remarquer que ce point esl variable suivant la nature du décubitus qu'affecte le malade : « Le 3'' et le 4'" espace, écrit-il, sont dans un point suffisamment déclive quand le malade se tient presque assis dans son lit. Mais, si, comme cela arrive quelquefois, le malade se place dans k déeubitus horizontal, les six derniers espaces intercostaux sont à peu près sur le même plan; et même, comme l'a remarqué Laennec, les espaces moyens bombent en arrière plus que les inférieurs. Tout ce qui résulte do ce débat, c'est que le lieu d'élection doit varier suivant la position qu'affecte le malade, mais qu'il est prudent de ne pas descendre au-dessous de h 10'' côte. »

Tout récemment notre ami Walther, prosecteur des hôpitaux, a repris cette étude des conditions anatomiques qui doivent guider le chirurgien dans l'opération de la pleurotomie postérieure. 11 fait remarquer tout d'abord (|ue le point déclive ne peut se trouver que sur une ligne passant par la partie la plus profonde de la gouttière postérieure; confirmant l'opinion de Malgaigne et de Laennec, il montre ensuite, par des moulages nombreux, que dans le déeubitus dorsal ordinaire (celui que prend naturellement un malade fatigué, épuisé par la fièvre et la suppuration), ce point correspond au 7*, au 8'' ou au 9* espace intercostal, et qu'il varie du reste de l'un à l'autre suivant que le patient est relevé sur son oreiller ou bien qu'il glisse vers l'extrémité inférieure de son lit, en suivant le plan incliné qu'il représente (Walther, Société analomique, 1888).

Puisque nous en sommes aux abcès de la cavité pleurale et à la pleurotomie, il nous faut ici dire un mot des déformations que présente la cage thoracique quand elle est remplie par un épanchement liquide, car il est bon, à cet égard, de ne pas supputer absolument de ce qu'on observe sur le cadavre sain ce qui doit exister sur la poitrine de celui dont la plèvre est remplie par un épanchement. Outre l'élévation des côtes et l'élargissement des espaces intercostaux que l'on constate alors, il se passe surtout un mouvement de rotation du thorax tout entier autour de la colonne vertébrale comme axe, mouvement qui tend à reporter la poitrine du côté malade. Le professeur Pitres (de Bordeaux) a ingénieusement utilisé cette déviation do la cage pectorale, fort bien décrite dans la thèse de M. Peyrot, pour le diagnostic des épanchements pleuraux, et il en a tiré un signe important qu'il désigne sous le nom de signe du cordeau. A l'aide d'une corde teintée de couleur qu'il tend entre la fourchette sternale et le pubis, il marque sur la peau la ligne médiane du corps et détermine ensuite par le palper la ligne qui répond aux bords du sternum : celui des doux qui est le plus éloigné de l'axe est évidemment celui qui répond au côté où siéo-e l'épanchement.

La circonférence supérieure ou sommet de la poitrine, dont le plan se dirige de haut en bas et d'arrière en avant, est limitée en avant par la fourchette sternale, latéralement par la première côte, en arrière par la première vertèbre

448 POITRINE ( anatomie).

dorsale. Ce sommet est très-rélréci : il a la l'orme d'un cœur de carte à jouer.

La circonférence inférieure ou base (nous entendons toujours le thorax) est limitée en avant par l'appendice xiphoïde; latéralement par les cartilages des 7*, S^, 9*=, 10'^ côtes, et les deux côtes flottantes; en arrière par la 12'' vertèbre dorsale. Cette base est évasée : elle offre en avant une vaste échancrure triangulaire à base inférieure dont le sommet répond à la pointe du sternum et les côtés aux cartilages unis des côtes asternales.

Voici les dimensions que M. Sappey attribue aux diamètres intérieurs de la poitrine : l'antéro-postérieur est égal à la moitié du diamètre antéro-postérieur externe plus 1 centimètre; le transversal ne diffère du diamètre transversal externe que de l^ à 20 millimètres,

c. Structure des parois de la poitrine. Les côtes, qui forment la charpente pectorale, sont non-seulement recouvertes, mais encore unies entre elles par des parties molles. Cela nous conduit tout naturellement à l'étude séparée des unes et des autres. Aux premières nous donnerons le nom de muscles et parties extrinsèques: aux secondes, celui àe muscles et parties intrinsèques. La description de ceux-ci correspondra à celle d'une poitrine qu'on aurait disséquée couche par couche, de tous côtés, et dont on aurait distrait tout ce qui ne comble pas immédiatement, en allant d'une côte à une autre, le gril intercostal.

1» Parties extrinsèques, a. Région sternale. Longue et étroite, comme le sterimm lui-même qui forme ses limites, cette région présente peu d'intérêt : sous la jieau se trouve une couche mince de tissu cellulaire contenant peu de graisse; elle sépare du tégument la face antérieure de l'os lecouverte d'un surtout aponévrotique assez dense et nacré, composé de fibres entre-croisées qui émanent du grand pectoral, du sterno-mastoïdien, du droit abdominal, et se confondent avec le périoste. Sur la face antérieure de l'appendice xiphoïde existe une petite arcade artérielle formée par l'anastomose de deux rameaux venus de la branche terminale iulerne, de l'artère mammaire interne.

b. Région sous-claviculaire. Marquée par un creux dont la profondeur augmente à mesure que le moignon de l'épaule s'abaisse davantage, cette région, que limitent en haut la clavicule et en bas le petit pectoral, est formée par la superposition des plans suivants : la peau, doublée de sa couche adipeuse et du fascia super fie ialis , le grand pectoral, entouré d'une aponévrose celluleuse assez mince; une seconde couche musculaire formée par le sous-clavier en haut et le petit pectoral plus bas. Ces deux muscles sont compris dans un dédoublement de l'aponévrose coraco-clavi-axillaire, émanation inférieure de l'aponévrose cervicale moyenne, et qui, sous le nom de ligament de Gerdy, va se fixer à la face profonde de la peau de l'aisselle. Profondément enfin, l'on rencontre, plongés au milieu d'une couche abondante de tissu cellulo-graisseux, la veine axillaire, qui reçoit la céphalique, l'artère axillaire, et derrière elles les nerfs qui font partie du plexus brachial. Ces organes, logés au milieu du tissu cellulaire, traversent un triangle à base interne et à sommet externe, dont le bord supérieur est formé par la clavicule et le bord inférieur par le petit pectoral.

c. Région mammaire. Sous une peau fine, laissant voir quelques veines bleuâtres, s'étale la glande mammaire, séparée d'elle par une couche de tissu cellulaire d'épaisseur variable, et du plan musculaire sous-jacent par une couche conjonctive très-lâche [bourse séreuse de Chassaignac). Cette glande est enveloppée de part et d'autre par un feuillet celluleux peu résistant qui dépend sans doute du fascia super ficialis, mais qui prend au-dessus d'elle, pour aller

POITRINE (anatomie). 449

s'atlacUei' ou paraître s'attacher à la clavicule, une épaisseur et une re'sislance plus considérables qui lui ont valu le nom de ligament suspenseur de la

mamelle.

Au-dessous, le grand pectoral, le bord inférieur du petit pectoral, le bord antérieur du grand dentelé; entre les deux premiers chemine une artère qui se perd en vaisseaux dans leur épaisseur: c'est la division inférieure de l'acromiotlîoracique, branche de l'axillaire.

d. Région costale. Comme on le voit, le nom de cette région, qui cesse et finit où cessent et finissent les côtes, a un sens plus compréhensif encore que celui de poitrine lui-même. Nous n'entendons par lui, dans celte description, que toute l'étendue de la paroi qui n'appartient à aucun des territoires que nous avons décrits ou allons décrire séparément, et dont les limites, répétons-le, sont purement artiticielles. Le grand oblique et le grand droit abdominaux en avant, le grand dentelé sur les côtés, le grand dorsal en arrière, recouvrent le l^rillage intercostal où ils s'insèrent tous par des digitations séparées, souvent entre-croisées les unes avec les autres.

Dans l'épaisseur des deux premiers, mais en dessous de la limite inférieure de la poitrine, s'épuisent en vaisseaux anastomoliques l'artère é|)igastrique et l'artère mammaire interne; sur la face externe du second, dans l'axe de la ligne axillaire sur la paroi interne du creux de l'aisselle, au milieu du tissu cellulaire qui renferme le paquet ganglionnaire, chemine l'artère mammaire externe, accompagnée du grand nerf respiratoire de Ch. Bell, et qui, venue de l'axillaire, se perd en petites branches anastouiotiques, musculaires et glandulaires.

e. Région rachidienne. Étendue de la série des apophyses épineuses à l'angle postérieur des côtes, et même, si l'on veut, au niveau du scapulum jusqu'au bord interne de celui-ci, celte région est constituée par une série de plans musculaires très-épais, à direction différente, et dont l'ensemble est recouvert par une aponévrose résistante, fixée aux apophyses épineuses, adiiérente au fascia superficialis, et par une peau épaisse, peu sensible, immobile sur la ligne médiane oii elle n'est pas doublée de tissu sous-cutané, plus mobile de chaque côté où celui-ci apparaît. On y trouve la veine azygos dorsale deGodman, superficielle, peu volumineuse, placée sur la ligne médiane, simple au bas du dos où elle naît, et en haut divisée en deux rameaux qui traversent le trapèze et s'abouchent dans la veine cervicale transverse

La partie supérieure du grand dorsal en bas, et le trapèze dans tout le reste de l'étendue, forment la couche musculaire superficielle.

Sous eux, dans la région supérieure de la poitrine et de haut en bas, s'étalent l'élévateur de l'omoplate, le petit rhomboïde, le grand rhomboïde, tous attachés au bord interne du scapulum, à différentes hauteurs, et cachant le petit dentelé qu'ils recouvrent. Enfin profondément, solidement logés dans le creux des gouttières vertébrales où les applique le fascia lumhodorsalis superficiel, on rencontre les divisions de la masse commune [erector trunci), le sacrolombaire, le long dorsal, le transversaire épineux, et, en haut, ne dépassant pas infévieurement le plan de la 5'' côte, le groupe des muscles superficiels de la nuque, le splénius, les deux complexus, le transversaire du cou. Aucun organe très-important ne siège dans ce territoire peu chirurgical. Quand on a disséqué, puis coupé le trapèze, entre lui et le plan musculaire moyen on voit descendre plusieurs filets nerveux, émanés du plexus cervical et qui leur sont destinés (rameaux du rhomboïde, de l'angulaire, du trapèze). Là aussi, dans cette couche DICT, ENC. 2° s. XXYL 29

celluleuse, cheminent quelques branches artérielles venues de la cervicale transverse, à destination musculaire.

f. Région scapulaire. Quand on a disséqué la peau et la couche graisseuse, puisqu'on a divisé le trapèze, on découvre la région scapulaire, dont nous ne dirons qu'un mot, car elle est surajoutée, pour ainsi dire, à la poitrine, et ne mérite pas d'être décrite avec elle.

Au-dessus de l'épine scapulaire qui la divise en deux parties d'inégale étendue se trouve le sus-épineux et son aponévrose; en dessous, le sousépineux et les deux muscles ronds. Au milieu de leurs fibres et perpendiculairement à leur direction, l'artère scapulaire supérieure traverse la fosse susépineuse, sort de l'échancrure coracoïdienne et se perd dans la loge sous-épineuse en rameaux qui nourrissent les muscles. Sous l'omoplate enfin se cache le muscle sous-scapulaire qui la sépare du grand dentelé, et dont le bord inférieur est longé par l'artère scapulaire inférieure.

2" Parties intrinsèques, a. Étude de la paroi postérieure. Cette paroi est formée par la région dorsale de la colonne vertébrale. Elle est purement osseuse et ligamenteuse; nous entendons seulement parla qu'elle n'est point interrompue par des muscles. Sur le cadavre, entre les vertèbres empilées se disposent des rondelles élastiques qui donnent à la colonne vertébrale une apparence noueuse; sa face antérieure est recouverte d'une longue bandelette fibreuse qui s'étale sur le corps des vertèbres et des disques qui les séparent (grand surtout ligamenteux antérieur). Très-fortement concave vers le sternum, du fait des corps vertébraux plus hauts en arrière qu'en avant, comme pour agrandir la poitrine, la colonne dorsale présente à sa partie supérieure une déviation à convexité droite. Celte inclinaison latérale a beaucoup exercé la sagacité des anatomistes, qui en ont attribué la formation au passage de l'aorte ou à l'usage ordinaire du' membre droit. Chaque corps vertébral est creusé d'une gouttière transversale très-large où passent les vaisseaux intercostaux.

b. Étude de la paroi antérieure. Exclusivement osseuse sur la ligne médiane, où elle est formée par le sternum, cartilagineuse et musculaire à droite et à gauche de celte ligne, où elle est formée par les cartilages costaux, laissant entre eux des espaces vides que combleat les muscles intercostaux internes et le triangulaire du sternum, cette paroi est beaucoup moins étendue dans le sens vertical que la paroi postérieure. La pointe du sternum répond, en effet, à la 11^ vertèbre, el la fourchette, en raison de l'inclinaison des côtes, à la seconde vertèbre dorsale. Dirigé de haut en bas et d'arrière en avant, comme pour augmenter le diamètre inférieur de la poitrine, le sternum, os impair, médian et symétrique, large en haut, étroit en bas, composé d'un manche, d'un corps et d'une extrémité, présente à sa partie postéiieure l'union des pièces osseuses qui le constituent, et sur les côtés les surfaces articulaires des cartilages costaux; entre ces facettes les bords de l'os, émoussés, s'incurvent en une excavation dont la concavité est externe.

Derrière cet os, le triangulaire du sternum émané des parties latérales de la face postérieure et de l'appendice xiphoïde se dirige en dehors et en haut et se divise en quatre, cinq ou six languettes charnues qui s'insèrent aux o% 4% 5% G'' côtes.

En avant d'elles, entre leur face antérieure et le muscle intercostal interne, l'artère mammaire interne, les veines mammaires internes, branches des

POITRINE (anatomieV ^51

vaisseaux, descendent verticalement, parallèlement au sternum, à 2 centimètres environ de chacun de ses bords. Elles sont accompagnées d'une série de ganglions lymphatiques (chaîne mammaire).

Du sternum à l'extrémité antérieure des côtes, et aplatis comme elles, sont tendus les cartilages costaux, dont les sept premiers, qui augmentent de longueur du premier au septième, s'articulent immédiatement avec l'os slernal, et dont les cinq derniers, qui diminuent de longueur du septième au dernier, ou bien ne s'articulent que médiatement avec lui (côtes asteniales), ou bien restent libres et indépendants (deux dernières côtes, côtes flottantes). A partir du quatrième, on les voit s'incliner fortement en haut et en dedans, pour rejoindre les bords du sternum.

Ces cartilages limitent entre eux la partie antérieure des espaces intercostaux, dont nous ne pouvons distraire l'étude de celle qui va suivre.

c. Étude de la paroi latérale. Alternativement musculaire et osseuse, cette paroi est formée par les côtes et les muscles qui les unissent.

1. Des côtes. Les côtes, étendues de la colonne vertébrale aux cartilages costaux, aplaties de dehors en dedans, dirigées d'arrière en avant et de haut en bas, de telle sorte que l'extrémité antérieure de la quatrième, par exemple, répond à l'extrémité postérieure de la huitième, limitées par une face externe, une face interne et deux bords, dont l'inférieur est creusé d'une gouttière et dont le supérieur est muni de deux lèvres, ont été étudiées dans le cours de cet ouvrage, dans un bon article auquel on se reportera.

Entre elles existent, avons-nous dit, des espaces, vides sur le squelette, remplis sur le cadavre : ce sont les espaces intercostaux.

2. Des espaces intescostaux. a. De l'espace intercostal sur le squelette. Étendus, comme les côtes, de haut en bas et d'arrière en avant, de la colonne vertébrale aux bords du sternum, les espaces intercostaux, beaucoup plus larges en avant qu'en arrière, d'après Cruveilhier et Krause, en arrière qu'en avant, au dire de M. Tillaux, ce qui prouve qu'il ne doit pas y avoir une grande différence, n'ont pas tous les mêmes dimensions. A cet égard il n'est pas sans intérêt de remarquer que tous les auteurs se contredisent. Voici ce que dit Cruveilhier : Les deux premiers espaces sont à la fois les plus larges et les plus courts; la largeur diminue en bas, où, suivant la remarque de Bertin, peu s'en faut que quelques côtes inférieures ne se touchent pas leurs bords. Il y a une exception pour les deux derniers espaces, qui ont 20 millimètres de largeur, tandis que les espaces intercostaux moyens n'ont que 9 millimètres environ. Pour M. Sappey, « le premier et le second espace offrent plus de largeur que le troisième; celui-ci l'emporte sur les quatre espaces suivants; les quatre derniers, au contraire, augmentent de haut en bas. » Pour M. Richet et M. Tillaux, « le troisième est le plus large, viennent ensuite le second et le premier, les quatre derniers sont les plus étroits. » Krause écrit : « Les deux supérieurs et les deux inférieurs sont les plus courts, mais les plus larges. »

Cela n'a, du reste, aucune espèce d'importance; retenons seulement qu'en avant, au niveau des 8% 9<= et lO*^ côtes, l'espace intercostal disparaît, puisque leurs cartilages se rencontrent.

b. De l'espace intercostal sur le cadavre. Les espaces libres du gril intercostal que nous venons d'étudier sont remplis par des muscles, muscles intrinsèques du thorax, séparés par une couche de tissu cellulaire assez marquée du plan musculaire sus-jacent.

452 POITRINE (anatomie).

Il y a deux sortes de muscles intercostaux proprement dits : les intercostaux externes et les intercostaux internes. A eux sont annexés des faisceaux accessoires, les sus-costaux et les sous-costaux. Entre les deux premiers cheminent des vaisseaux et des nerfs, vaisseaux et nerfs intercostaux. Tel est le schéma de l'espace.

L'intercostal externe s'insère à la lèvre externe du bord supérieur de la côte supérieure et à celle du bord supérieur de la côte inférieure. Les tibies alternativement charnues et aponévrotiques par lesquelles il s'attache lui sont, comme le fait remarquer Cruveilhier, une condition de résistance. Il s'étend des articulations costo-vertébrales à la naissance des cartilages costaux: en avant, une mince aponévrose continue jusqu'au sternum les fibres de ce muscle aplati, dirigées d'arrière en avant et de haut en bas.

L'intercostal interne, situé, comme son nom l'indique, en dedans du précédent, prend comme lui une double attache sur les côtes limitantes. 3Iais ses insertions se font sur la lèvre interne de la gouttière et envahissent même la face pleurale de l'os. 11 s'étend du sternum en avant à l'angle postérieur des côtes en arrière ; ses libres ont une direction opposée à celle de l'intercostal externe, une aponévrose peu épaisse leur fait suite en arrière jusqu'à la colonne vertébrale.

Les mimcles sus- costaux accessoires des intercostaux externes s'étendent de haut en bas et de dedans en dehors, sous forme de petites languettes charnues, du sommet de l'apophyse transverse supérieure à la face externe et au bord supérieur de la côte inférieure; quelquefois ils ont plusieurs digitations {lonys sus-coslaux) et ressemblent alors au triangulaire du sternum.

Les muscles sous-costaux, accessoires des intercostaux internes, sont des petits faisceaux musculaires étendus dans le sens vertical ou oblique de la face interne d'une côte à sa ou à ses deux et trois voisines inférieures ; ils ont été décrits par Verheyen.

Entre les deux muscles intercostaux existe une couche celluleuse qui les sépare; sous l'intercostal interne il en existe une autre qui le sépare de la plèvre (tissu sous-pleural) ; sur l'intercostal externe une troisième qui le sépare du plan musculaire sus-jaceut. C'est dans la première, avons-nous dit, que rampent les vaisseaux et nerfs intercostaux.

Tous se dirigent d'arrière en avant; sur une coupe de l'espace vers la partie moyenne les organes apparaissent situés les uns à côté des autres, côtoyant le bord inférieur de la côte ; le nerf est superficiel, la veine profonde, l'artère intermédiaire. On voit partir d'elle, près de la partie postérieure de l'espace, une petite branche qui le traverse et se rend au bord supérieur de la côte située au-dessous : c'est un rameau périostique ; en dedans du paquet vasculonerveux, le muscle intercostal interne; en dehors, l'intercostal externe.

Sur une coupe pratiquée en avant, les organes ont abandonné la côte et se montrent au milieu de l'espace : ils ont diminué sensiblement de volume; en dedans se trouve l'intercostal interne ; en dehors, l'aponévrose qui prolonge en avant l'intercostal externe.

Sur une coupe postérieure, le nerf et les vaisseaux sont sépai-és; pour gagner l'espace qui lui est destiné, l'artère se dirige de bas en haut et de dedans en dehors, le nerf un peu de haut en bas, presque transversalement ; en dedans est l'aponévrose qui termine en arrière l'intercostal interne; en dehors, l'intercostal externe. Il faut bien se rappeler ces détails anatomiques pour pratiquer

la pleurotomie postérieure. Notre ami Walther, dans le travail que nous avons" signalé, conseille de pratiquer dans le 8*= espace intercostal une incision de 8 centimètres, à partir de trois travers de doigt des apophyses épineuses, et de suivre minutieusement le bord supérieur de la 9" côte. Celle-ci n'est pas rectiligne : il faut donc que l'incision ne le soit pas, sous peine de passer par le milieu de l'espace et de léser par conséquent l'artère intercostale.

Nous n'avons point à faire l'anatomie descriptive de chacun de ces organes. Disons seulement : presque toutes les artères viennent de l'aorte (intercostales postérieures), les trois premières de la sous-clavière (intercostales supérieures), les unes et les autres s'anastomosent en avant avec des branches transversales de la mammaire interne (intercostales antérieures).

Les veines intercostales se rendent à la grande azygos et à l'intercostale supérieure à droite; à gauche, à la petite azygos supérieure et à la petite azygos inférieure. Comme elles s'anastomosent avec les veines mammaires, elles établissent un appareil canaliculaire de jonction et de suppléance entre le système cave et le système azygos.

Les nerfs émanent des branches antérieures des nerfs rachidiens; ils donnent un rameau perforant antérieur et un rameau perforant latéral.

Ce cordon vasculo-neiveux est accompagné de vaisseaux lymphatiques qui se rendent, suivant leur siège, aux ganglions de l'aisselle, aux ganglions rétrosternaux ou aux ganglions prévertébraux.

d. Étude de la paroi inférieure. Nous n'avons que peu de chose à dire de la paroi inférieure; on la trouvera décrite à l'article Diaphr-^gme. Musculaire à la périphérie, où elle est libre, fibreuse et aponévrotique au centre où elle adhère au péricarde, tendue en forme de dôme à la partie inférieure du thorax, capable par ses contractions de rétrécir et d'agrandir alternativement la poitrine et l'abdomen, cette cloison s'insère plus bas en arrière, sur la colonne vertébrale, qu'en avant sur le sternum, et latéralement sur les côtes : aussi la poitrine est-elle verticalement plus étendue là qu'ici : ainsi se constitue entre le diaphragme et la paroi osseuse une sorte de cavité angulaire (sinus costodiaphragmatique) que remplit le poumon pendant l'inspiration.

Percé de trous pour le passage de l'aorte, de l'œsophage, des azygos, de la veine cave, du canal thoracique, du sympathique et des splanchniques, le diaphragme au niveau de ses insertions costales latérales quelquefois, et presque toujours au niveau de ses points d'attache sternale, laisse entre ses fibres des espaces libres par lesquels le tissu cellulaire de la poitrine communique avec celui de l'abdomen.

II. Contenu de la poitrine. Comme nous l'avons fait pressentir au début de cet article, il ne nous appartient pas de faire ici l'étude du contenu de la poitrine, qu'on trouvera bien faite aux différents articles d'anatomie splanchnique de cette encyclopédie. Rappelons que la plèvre, en se réfléchissant des gouttières vertébrales en arrière et du sternum en avant, sur la face interne des deux poumons, sépare l'une de l'autre les deux cavités pleurales et constitue entre elles une cloison remplie de tissu cellulaire ; dans les loges pleurales sont placés les deux poumons ; dans la loge moyenne (médiastin), que divisent en deux le hile et le ligament du poumon, tous les autres organes thoraciques. Sous la plèvre, qui, comme on le voit, sépare le contenu de la poitrine de son contenant, la dissection décèle la présence d'une couche celluleuse lâche (tissu

Page 1