POMMADE CITRINE
Axonge 400 grammes.
Huile d'olive 400 —
Mercure métallique 40 —
Acide azotique 80 —
On commence par dissoudre le métal à froid dans l'acide nitrique. D'autre part, on liquéfie l'axonge dans l'huile à une douce chaleur; lorsque le mélange est à moitié refroidi, on y incorpore la solution mercurielle et on coule la masse dans des moules de papier.
Les réactions chimiques qui se passent dans cette préparation sont fort complexes.
En se dissolvant à froid dans l'acide nitrique, le mercure donne finalement un mélange formé d'acide en excès, d'azotates mercureux et mercurique, et sans doute aussi d'un peu d'azotite mercureux. L'acide nitrique, à son tour, en oxydant le métal, se transforme partiellement en bioxyde d'azote, que l'oxygène de l'air change en vapeurs nitreuses, lesquelles restent en partie dans la dissolution. Or ce sont précisément ces vapeurs qui réagissent sur l'oléine pour la transformer en un corps gras solide, l'élaïdine ; il se produit en même temps un peu d'élaïdate de mercure. L'action du réactif mercuriel ne borne pas là son effet : l'acide nitrique soit libre, soit combiné, continue à réagir sur les graisses, avec formation d'acides gras inférieurs, d'eau et d'acide
PONA 655
carbonique; les nitrates de mercure sont lentement réduits, ramenés d'abord à l'état de sous-sels, notamment de turhith nitreux, corps jaune qui donne à la pommade sa coloration. Peu à peu le turbith nitreux est réduit à son tour, la pommade se décolore, devient grise, et du mercure métallique est revivifié.
Cette action réductrice est surtout rapide lorsqu'on additionne l'onguent citrin d'un corps gras nouveau ou d'huiles essentielles.
En résumé, au moment de sa préparation, la pommade citrine est principalement formée de corps gras non altérés, d'acide nitrique, d'azotates mercureux et mercurique, d'un peu d'azotite et d'élaïdate de mercure, de turbith nitreux, et d'autres corps mal connus, dérivant par oxydation des corps gras; elle doit sa consistance ferme à l'élaïdine. Elle s'altère graduellement et doit être renouvelée dès qu'elle a perdu sa belle couleur jaune caractéristique. Elle était trèsusitée autrefois contre la gale, la teigne, la blépliarite ciliaire. Aujourd'hui elle est rarement employée. Edme Bourgoin.
POMME (Pierre). Ce médecin, qui a fait beaucoup parler de lui parce qu'il avait trouvé, disait-il, une nouvelle et assurée méthode de traiter les « maladies vaporeuses », était né ta Arles, en 1735, et fut reçu docteur à Montpellier. Il vint à Paris et se fit une grande réputation. On ignore l'époque de sa mort. Les ouvrages de Pierre Pomme portent les titres suivants :
I. Traitd des affections vaporeuses des deux sexes. Lyon, 1700, in-12; Paris, 1763, in-12; Lyon, 1167, in-12; Paris, 1782, in 4", A" édition. — H. Supp/enienls au traité des affections vaporeuses des deux sexes. Paris, 1804, in-S". — III. Recueil de pièces publiées pour l'instruction du procès que le traitement des vapeurs a fait naître parmi les médecins. Paris, 1771, in-8*. L. Un,
POUrmE DE TERRE. Yoy. MoRELLE.
POituniER (Malus T.). Genre de Rosacées-Pomacées, qui est devenu une simple section du genre Pyrtix, caractérisée par des pétales souvent rosés, planes, un gynécée à 5 styles légèrement cohérents par leur base, et surtout un fruit globuleux ou à peu près, concave, rectiligne à la base, non aminci vers le pédoncule, avec un endocarpe coriace-cartilagineux, une chair acidulé, devenant molle au delà de la maturité et ne renfermant pas de concrétions pierreuses. Kous n'insisterons pas ici sur les qualités de ces fruits qui servent à faire du cidre, du vinaigre, etc., qui ont été employés topiquement, en pulpe, en cosmétiques (d'où pommades), ni sur celle de l'écorce astringente, etc. II. Bx.
Bibliographie. — Méb. et de L., Dict. Mat. mcd., IV, 203. — Guib., Drog. simpl., éd. 7^ III, 290. — RosENTii., Sijn. pi. diaphor., 245. — H. Bn, Tr. Bot. méd. phanér., 558; Hist. des pi, 1,405. H. Bn.
POMOTOr (Archipel). Yoy. Océanie.
POMPHOLIX. En chimie, l'oxyde de zinc par sublimation [voy. Zinc) ; en pathologie, l'un des synonymes de Pemphigus [voy. ce mot). L. Hn.
POiVA (Francesco). Né à Vérone, en 1594, étudia à Padoue, où il fut reçu docteur à l'âge de vingt ans. Revenu dans sa ville natale, il fit partie du Collège des médecins et se fit connaître par de nombreux écrits ayant pour