‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.78Chapitre 47 sur 59 · POTAMOT · texte numérisé non relu

POTAMOT

A l'ovaire succède une baie turbinée, molle, cérasiforme, à six côtes bilocu- Jaires. Semences à testa crustacé, à ombilic ventral, insérées en grand nombre à des placentas charnus nés à la base et des deux côtés de la cloison. Embryon droit dans l'axe d'un albumen cartilagineux et de la même longueur à peu près que la graine, cotylédons obtus très-courts, radicule conique infère. Lue résine odorante exsude souvent à l'aisselle des feuilles.

Cette plante croît dans les grandes forêts de la Guyane française, elle fleurit en juillet-août et fructifie en octobre.

Matière médicale et théraveutique. Fusée-Aublet, qui a le premier décrit cette plante, a fait aussi connaître la drogue et s'exprime ainsi : « Toutes les parties en sont amères. Les jeunes tiges sont quebjuefois chargées de grains d'une résine jaune, lransj)arente, qui, étant exposée au feu, s'enflamme et répand une odeur approchant de celle du benjoin. Les fouilles et les jeunes tiges sont employées en tisanes pour guérir les maladies vénériennes. Celte tisane, à forte dose, est vomitive, et par là elle peut convenir pour débarrasser l'estomac dans le cas où l'on craint d'avoir été empoisonné par le suc de magnoc ou de qucliiue autre plante venimeuse {sic). Quelques habitants du quartier d'Aroura m'ont assuré s'en être servi avec succès dans de })areilles circonstances. »

Dans une étude sur cette drogue de la Guyane française {Journal de pharm. et chimie, t. XXIV, p. 247, en collaboration avec M. le professeur Ilaller de Nancy), jai fait connaître que toutes les parties de la plante ne sont point amères, notamment les feuilles, qui sont douées d'une odeur et d'une saveur très-aromati(iues, propriétés qu'on retrouve aussi accentuées dans l'écorce de la tige et un peu atténuées dans celle de la racine. Le bois est très-peu amer, mais aromatique. De Candolle avait antérieurement fait remarquer fort judicieusement que cette plante joint à l'amertume des Gentianées l'action vomitive des Apocynées (famille voisine de celle des Strychnées à laquelle elle appartient), et qu'effectivement le genre Potalia est intermédiaire entre les deux familles. C'est là une preuve de plus de l'importance que doivent avoir les affinités naturelles dans la recherche des propriétés physiologiques et thérapeutiques des drogues d'origine végétale. Les essais que nous avons tentés pour trouvei dans les feuilles, les tiges et la racme, la Slrychnine et la Brucine, sont restés sans résultat, mais nous avons constaté que la propriété vomitive est due à un principe particulier spécial. Cette vertu vomitive est telle que quelques milligrammes du principe émétique appliqués sur la langue de l'homme suffisent pour provoquer des nausées très-promptes accompagnées d'une sensation de strangulation spéciale. Ce principe reste à étudier ; nous savons qu'il est localisé dans les feuilles et que les écorces des tiges sont seulement amères et aromatiques. Edouard Heckel.

POTAMIDES. Voy. Tortues.

POTAMITES. Duméril et Bibron ont désigné sous ce nom les Tortues molles, Tortues de fleuve ou Trionychidées {voy. ce mot). E. S.

POTAMOT {Votamogeton Tourn.). Genre de plantes Monocotylédones, qui a donné son nom à la famille des Polamées. Ce sont des herbes aquatiques, dont les tiges submergées, radicanles, plus ou moins longues selon la profondeur de l'eau, portent des feuilles alternes, plus rarement opposées, toutes submer-

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gecs ou les supérieures nageantes, accompagnées de stipules membraneuses, axillaires, embrassant ordinairement la lige ou le rameau. Les fleurs, liermaplirodites et régulières, sont verdàtres et disposées en épis pédoncules terminaux, qui se développent liors de l'eau. Elles ont un périantbe simple, a quatre divisions lierbacées et quatre éfamines, insérées à la base des divisions du périantbe. Le fruit est composé de quatre carpelles libres, sessiles, renfermant, sous un péricarpe, le plus ordinairement épais et dur, une seule graine dépourvue d'albumen, à embryon plié ou courbé.

Les Polamots n'olfrent aucun intérêt au point de vue médical. Mais quelques espèces très-communes, comme le P. nalans L. ou Épi (Veau, le P. perfoliatus L, et le P. crispiis L., sont utilisées en guise de fumier pour amender les terres. Cependant on a attribué au E. perfoliatus des propriétés astringentes. ^ Ed. Lef.

1POTA.SSES. Sous ce nom, nous allons étudier la potasse caustique sous ses ditférenles formes et la potasse carbonatée. Nous allons même commencer cette élude par celle des carbonates potassi(iues, par lesquels on passe babiluellemenl pour avoir la pelasse cuustique. De plus, à une certaine époque, le carbonate de potassium constituait la seule source des autres composés du potassium. Aujourd'lnii le cldorurc est venu supplanter le carbonale, et c'est ce même cblorurc qui sert à préparer une notable quantité de carbonate potassique.

Carbonate de potassium. CO^K^^lo8,2. Le carbonate de potassium ou carbonale de potasse, carbonate neutre de potasse, était connu autrefois sous les noms de sel de tartre, d'alcali végétal fixe, à'alcali végétal aéré. C'est un sel blanc d'une saveur acre et alcaline. H est très-déliquescent et Irès-soluble dans l'eau. Aussi, à 3 degrés, l'eau dissout-elle son poids de carbonate de potassium. La solution aqueuse saturée à l'ébullition renferme 205 pour 100 de sel anbydre et possède une densité de 1,54 et bout à 113 degrés. D'après Poggiale, Legrand et Kremers, la solution saturée ne bouillirait qu'à 155 degrés. Voici quelques chiffres relatifs à la solubilité de ce sel, c'ost-à-dire le poids de ce produit dissous djns 100 parties d'eau :

A 0 degré 89,5 | A 30 degrés lli

A 10 déniés 109 A SO degrés 121

A 20 degrés 112 | A 100 degrés 15t>

Le carbonate de potassium est insoluble dans l'alcool.

Lorsqu'on le chauffe, il fond à la température du rouge (1200 degrés) et n'est pas décomposé même au rouge blanc. Toutefois, à cette dernière température, Gay-Lussac a démontré qu'il était décomposé par Ja vapeur d'eau avec production de potasse caustique.

Ce sel peut former un hydrate C0^Iv^2}P0 qui se dépose, lorsqu'on abandonne pendant longtemps, au repos et à une basse température, une solution concentrée de carbonate anhydre.

EXTUACTION Eï rRÉPARATIONS DIT CARBONATE DE POTASSIUM. PotaSSC de CCndrCS

végétales. Pendant longtemps le carbonate de potassium a été presque uniquement retiré des cendres des végétaux. Les plantes qui croissent loin des bords de la mer renferment un grand nombre de SlIs organiques à base de potassium. Lorsqu'on incinère ces plantes, ces sels sont détruits et transformés en carbo-

750 POTASSES.

nale de potassium que l'on retrouve dans les cendres. Ces cendres lessivées avec soin donnent une liqueur ou lessive qui renferme une notable quantité de carbonate de potasse mélangé de sels sohibles divers tels que du chlorure, du sulfate et du silicate de potassium.

Le produit de l'évaporation de cette lessive constitue le salin. On en retire généralement environ 10 pour 100 du poids de cendres. La partie iusoluble, soit les 9/10 environ, constitue hcharrée.

Les plantes sont loin de fournir toutes les mêmes quantités de cendres et surtout la même quantité de carbonate alcalin. Le bouleau est de tous les arbres celui qui donne un meilleur produit; le pin, celui qui donne le plus mauvais.

Le salin obtenu par l'évaporation de lessives est généralement coloré en brun par des matières organiques. On le calcine au contact de l'air dans des fours spéciaux pour détruire ces matières organiques qui brûlent et on obtient un produit blanc auquel on donne le nom de potasse perlasse, ou de cendres perlées.

En Amérique, oîi le bois ne faisait jadis pas défaut, on a pratiqué en grand l'incinération végétale, opération (ju'au reste on continue de nos jours. Le salin obtenu est soumis à deux dissolutions et à deux calcinations, ce qui a pour effet de donner un produit plus pur. Les Américains obtiennent également une potasse énergique qu'on appelle ;jo/asse rouge d'Amérique en causlifiant par un peu de chaux vive les lessives avant de les évaporer.

La potasse du commerce, obtenue au moyen des cendres végétales, ne renferme en général que de 65 à 90 pour 100 de carbonate alcalin.

Potasse dite cendres gravelées. Ce produit résulte de la calcination à l'air des lies de vins, qui renferment une notable quantité de bitartrate de potasse, qui par la calcination donne du carbonate. On n'en trouve presque plus dans le commerce, car les lies sont traitées pour en retirer l'acide tartrique.

Posasse retirée du résidu de betterave. Celte industrie tend encore à disparaître; toutefois elle a permis d'obtenir une notable quantité de carbonate de potasse. Le résidu incristallisable de la fabrication du sucre de betterave, la mélasse, est d'abord soumise à la fermentation alcoolique, puis distillée, pour en obtenir l'alcool. La vinasse, c'est-à-dire la partie non distillée, est très-riche en sels de potassium, on l'évaporé et on calcine le résidu. On obtient aussi un salin qui renferme de 50 à 40 pour 100 de carbonate de potasse unis à d'autres sels. On lessive méthodiquement ce salin et on évapore à siccité.

Potasse retirée du suint. Le suint provenant de la laine des moutons renferme une partie soluble presque uniquement composés de sels organiques à base de potassium. Il s'ensuit qu'en lessivant ce suint et en évaporant et calcinant la partie soluble on obtient du carbonate de potassium impur, mélangé de charbon, dont on extrait facilement le sel alcalin.

Potasse retirée des feldspaths. Les feldspatlis sont peut-être la source la plus grande des sels de potassium qui se trouve répandue dans la nature. Ce sont eux qui par leur désagrégation donnent les argiles et d'autres produits au sein desquels les plantes puisent leur potasse. Aussi s'est-on occupé depuis longtemps de traiter ces matières directement dans le but de leur enlever l'alcali qu'elles renferment. On a imaginé un certain nombre de procédés, mais malheureusement ils ne sont pas entrés dans la pratique.

Potasse préparée au moyen du chlorure de potassium. Depuis la découverte des sels de potassium, du chlorure notamment, dans les mines deStassfurt, et depuis que l'extraction de ce sel des eaux-mères des marais salants est

POTASSES. "ÎSI

devenue chose industrielle, ce sel constitue une nouvelle matière première avec laquelle on fabrique aujourd'hui tous les autres sels de potassium, y compris le carbonate.

11 existe trois procédés industriels de transformation. Nous allons les indiquer sommairement :

jo Procédé Leblanc modifié. Ce procédé est calqué sur celui qui sert à obtenir le carbonate de soude. Il consiste essentiellement à transformer le chlorure en sulfate au moyen d'acide sulfurique, et à transformer ce sulfate en carbonate, dans des fours spéciaux, en le chauffant avec du charbon et du carbonate de calcium.

2" Procédé J. Ortlieb et Miiller. Ce procédé est une variante du procédé Solvay au moyen duquel on obtient le bicarbonate de soude par l'action du bicarbonate d'ammoniaque sur le sel marin. Mais dans le cas du potassium le bicarbonate d'ammoniaque ne peut pas être utilisé, car on n'obtient la transformation que d'un dixième de clilornre en carbonate. Les auteurs du nouveau procédé remplacent l'ammoniaque par la trimétliylaminc, qu'aujourd'hui l'industrie du salin de betterave fournit eu quantité notable.

Les réactions sont les mêmes que pour la soude. Il se forme du bicarbonate de potassium, peu soluble, et que l'on décompose ensuite par l'action de la chaleur.

3. Procédé R. Engel. 11 est fondé sur ce fait que, lorsqu'on ajoute du carbonate de magnésium à une solution de chlorure de potassium, et qu'on agite la masse au contact de l'anhydride c;ubonique, il se forme un carbonate double acide de magnésium et de potassium. Selon la réaction :

2KC1 + oCO^Mg + CO'- = 2[C0-'Mg -f- GOMvIl] + MgCP.

Chlorure Carbonate Anhydride Carbonate acide double Chloruie

de de carbonique. de de

potatsium, magnésium. magnésium et de potassium. magnésium.

Ce carbonate double peu soluble est lavé, puis chauffé à 100 degrés; sous l'influence de la chaleur, il se décompose en carbonate de potassium soluble et en carbonate de magnésium insoluble qu'on sépare et qu'on utilise pour une nouvelle opération.

Procédés de préparation du carbonate de potasse dans le laboratoire. Pour avoir le carbonate de potasse suffisamment pur, pour les besoins de la chimie, on peut, soit purifier celui du commerce, soit l'obtenir directement par divers procédés que nous allons examiner.

1'^ Purification du carbonate commercial . On traite le sel du commerce par son poids d'eau froide, dans laquelle il se dissout, on agile et on laisse reposer. Le chlorure et le sulfate de potassium que ce sel renferme se déposent. On filtre et l'on évapore à siccité. Le résidu est additionne d'une petite quantité de solution concentrée de carbonate d'ammonium et évaporé de nouveau. Le silicate de potasse que le produit commercial renfermait est ainsi transformé en carbonate avec mise en liberté de silice, pendant l'évaporation l'excès d'ammoniaque s'échappe. On prend le résidu par l'eau froide, on filtre et on évapore à sec.

2o Préparation au moyen de la crème de tartre avec ou sans nitre. Nous avons indiqué ailleurs ce qui se passe pendant la transformation de la crème de tartre en carbonate de potasse {voy. Potassium [Bitartrate de]).

Lorsqu'on chauffe la crème de tartre pure seule, on obtient un produit noir

7Î)2 POTASSES.

{flux noir), duquel par lixivialiou on peut retirer du carbonate de potasse pur; le rendement est peu considérable. 11 est augmenté par addition de nitre à la crème de tartre, mais dans ce cas le produit obtenu n'est pas pur, il est souille souvent par du cyanure de potassium et par de l'azotite de potassium, ce dernier sel se formant princi[)alement lorsque le nilre se trouve en excès.

Le produit brut obtenu, et qui est blanc, constitue le flux blanc, et la présence de cyanure de potassium n'est pas nuisible lorsqu'on l'utilise comme fondant en docimasie.

0" Préparation au moyen de Voxalate de potassium. La calcination de l'oxalate de potassium pur donne un carbonate de potassium très-pur. Oo peut aussi additionner l'oxalate d'un peu de nitre, mais dans ce cas le produit en retient des traces.

4" Préparation au moyen du bicarbonate. Le bicarbonate de potassium est un sel cristallisé qui peut èirc obtenu très-facilement dans un grand état de pureté. 11 sullit de le calciner légèrement dans un creuset de platine pour lui faire perdre de l'acide carbonique et le transformer en carbonate neutre.

5" On peut obtenir du carbonate bien pur en prenant du sulfate de potassium pur, en le précipitant par le baryte, et en neutralisant l'alcali caustique par de l'acide carbonique.

Usages médicaux. Ce corps agit comme poison corrosif très-énergique lorsqu'il est introduit à baute dose à l'intérieur, soit à l'état solide, soit à l'état de solution concentrée. Il n'est pas pour ainsi dire employé à l'intérieur, si ce n'est accidentellement, par exemple, pour combattre les empoisonnements par les acities, où l'on recourt à tous les alcalis, y compris la lessive de cendres de bois. Généralement on ne l'emploie que pour taire des pédiluves ou pour préparer des bains alcalins à la dose de IGO grammes, encore le remplace-t-on le plus souvent par du carbonate de sodium.

Bicarbonate de potassium. CO'KH= 100,1. Le bicarbonate de potassium est un sel alcalin qui cristallise eu gros prismes rliomboïdaux. Sa saveur est alcaline, il est inaltérable à l'air et peu solublc dans l'eau. Ce sel se décompo-e facilement sous l'inlluence de la clialeur en carbonate neutre et en anbydridc carbonique. Cette transformation s'opère dès la température de 100 degrés. La solution aqueuse se décompose aussi lorsqu'on la fait bouillir, mais fort lentement; il se forme d'abord du «esquicarbonate de potassium qu'on peut obtenir à l'état cristallisé ayant une composition représentée par la formule 2 (GO^)^K^ll -)-3H^0, puis enfin en carbonate neutre.

Préparation. Ce sel s'obtient très-facilement. Pour cela, on dissout une partie de carbonate de potassium du commerce dans 4 à 5 parties d'eau froide, et l'on fait passer dans cette solution, jusqu'à refus, un courant d'acide carbonique. Les cristaux de bicarbonate ne tardent pas à se déposer. 11 suffit de les l'ecueillir et de les laver avec un peu d'eau froide.

On obtient un produit, beaucoup plus beau, en plaçant une solution, saturée à froid, de carbonate neutre de potassium, dans des assiettes plates, que l'on superpose dans un grand vase, dans lequel on fait passer pendant longtemps un courant d'acide carbonique. Au bout de quarante-huit heures, on retire les assiettes, qui sont remplies de volumineux cristaux de bicarbonate potassique.

Usages médicaux. Ce sel est très-peu employé, à tort selon Bouchardat, car il possède des propriétés spéciales bien manifestes, et il est supérieur dans bien

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des cas au bicarbonate .de soude, qui est presque toujours employé aujourd'hui lorsqu'il s'agit d'administrer un alcalin.

On le donne à la dose de 2 à 4 grammes par jour dans des limonades ou des tisanes appropriées.

Potasse caustique- La potasse caustique n'est autre chdse qu'un hydrate de protoxyde de potassium. On en représente généralement la formule par KOH =zoi),i. C'est un corps solide, d'un blanc laiteux, dur, gras au toucher, grâce à un commencement de désorganisation de la peau qu'il provoque. Sa densité est de 2,1. La potasse est indécomposable par la chaleur, mais elle fond au rouge et se volatilise lentement. Maintenue pendant quelque temps en fusion dans un creuset d'argent, elle absorbe l'oxygène et se transforme partiellement en bioxyde de potassium.

Ce corps se conserve bien dans l'air absolument sec et privé d'acide carbonique, mais dans l'air humide il attire promplement l'humidité et se carbonate. Or, comme le carbonate de potasse est lui-même très-avide d'eau, le produit tombe très-rapidement en déliquescence. La soude caustique ne se comporte pas ainsi, car le carbonate sodique n'est pas déliquescent.

La potasse caustique est Irès-solnble dans l'eau, elle se dissout dans la moitié de son poids d'eau en dégageant une grande quantité de chaleur.

La potasse est également très-soluble dans l'alcool.

La potasse se présente dans le commerce sous plusieurs formes: on distingue la lessive de potasse, la potasse caustique à la chaux etla potasse caustique à l'alcool.

La potasse est un alcali très-puissant. Elle attaque et corrode les tissus. Elle neutralise les acides très-énergiquement avec dégagement de chaleur et, lorsqu'on la fait agir sur les sels métalliques, l'oxyde est mis en liberté. Elle saponifie les éthers composés en s'unissantà leurs acides.

La potasse chauifée au contact des matières organiques produit des phénomènes divers, non-seulement des dédoublements, mais encore des hydratations et des oxydations ; celte dernière action se produit à haute température.

En chimie,' dans les arts et dans l'industrie, on se sert à chaque instant de potasse caustique, notamment de lessive de potasse.

Préparation de la lessive de potasse. On obtient la potasse caustique par la décomposition du carbonate de potassium par la chaux caustique.

On fait dissoudre le carbonate alcalin dans 8 fois son poids d'eau environ, dans une bassine en fonte. D'autre part, on éteint dans de l'eau une quantité de chaux caustique égale à la moitié du carbonate alcalin mis en expérience. La solution de carbonate étant en pleine ébuUition, on y ajoute peu à peu la cbaux éteinte et délayée, par petites quantités à la fois, de manière à ne pas abaisser la température. On agite îe mélange avec une spatule en fer et on fait bouillir à petit feu pendant une demi-heure en remplaçant l'eau au fur et à mesure qu'elle s'évapore.

La réaction qui se passe est représentée par l'équation suivante :

C0-*2 } CaO^H-^ = CO-'Ca + 2 KOH.

Carbonate Hydrale Carbonate Uydrate

de potassium, de calcium, de calcium. de potasse.

On s'assure que tout le carbonate de potasse est décomposé, en prélevant une Dicr. ENC. r s. XXVf. 48

754 POTASSES

portion de la liqueur, l'étendant de son volume d'eau, ja filtrant et l'essayant avec de l'eau de chaux pour voir si elle précipite ou non. Si la décomposition est complète, il ne doit pas y avoir de précipité. On continue à faire bouillir dans le cas contraire jusqu'à entière décomposition.

Si on laissait la liqueur se concentrer en présence du carbonate de calcium formé, il se produirait une réaction inverse par suite de laquelle du carbonate de potassium se reformerait.

Après refroidissement, on jette sur des toiles pour séparer le carbonate de chaux du liquide, on lave avec soin, on réunit toutes les liqueurs et on évapore jusqu'à ce que le liquide froid marque 50 degrés à l'aréomètre de Baume, ce qui correspond à une densité de 1,55 ou à une teneur en potasse hydratée. KOII de 35 pour 100. Ce liquide d'une consistance sirupeuse constitue la lessive de potasse ordinaire, elle renferme environ le tiers de son poids d'alcali hydraté, On fait aussi usage d'un autre lessive à 40 degrés Baume, soit à 1,58 de densité; celte dernière renferme 58 pour 100 d'hydrate potassique.

Ces lessives ne représentent pas de la potasse pure, toutes les impuretés solubles du carbonate employé, celles de la chaux et de l'eau, s'y trouvent concentrées.

Préparation de la potasse caustique à la chaux. On commence à préparer une lessive comme il est dit plus haut et on continue à l'évaporer dans une capsule en fonte bien propre, ou en argent, à siccilé, puis le ré-idu est chaufFé jusqu'à ce qu'il éprouve la fusion ignée. Alors on le coule sur des plaques de fonte bien propres et légèrement huilées où il vient se solidifier. Ces plaques sont cassées par morceaux et enfermées encore chaudes dans des flacons bien secs que l'on bouche ensuite hermétiquement.

Pour certains usages, notamment pour ceux de la médecine, on coule quelquefois la potasse caustique en gouttes isolées de façon à lui donner la forme de pastilles dites à la goutte.

Dans d'autres cas on lui donne la forme de cylindres semblables à ceux de la pierre infernale en la coulant dans des lingotières spéciales.

Cette potasse caustique à la chaux renferme toutes les impuretés de la lessive de potasse.

Préparation de la potasse caustique à l'alcool. Pour purifier la potasse caustique à la chaux, on la divise en menus fragments et on la met à macérer avec son poids d'alcool à 95 degrés. On agite fréquemment ce mélange et on abandonne au repos pendant quarante-huit heures, et on décante avec précaution la partie liquide. On fait un second, puis un troisième traitement par l'alcool, et on réunit tous ces liquides. Dans ces actions successives la potasse est entrée en dissolution, tandis que les impuretés restent au fond du vase.

L'alcool est distillé à moitié dans une cornue de verre, et le résidu est transporté dans une bassine en argent où on l'évaporé rapidement. Sur la fin de l'opération la liqueur prend une teinte rougeàtre, et quelques instants après on voit apparaître à la surface une matière noire charbonneuse qu'il faut enlever avec soin pour qu'elle ne colore pas le produit. Lorsque le résidu est en fusion tranquille et qu'il ne présente plus d'apparence d'ébullition, on le verse par parties sur un plateau d'argent.

Cette potasse est presque pure; elle ne renferme que des traces de chlorure de potassium et quelquefois un peu de carbonate qui a pu se former au contact de l'air, mais elle renferme en revanche de l'eau en excès et, si on voulait lui

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donner la composiiion représentée par KOII, il faudrait lui faire subir la fusion ignée.

La potasse pure peut être obtenue par d'autres procédés, par exemple, en traitant du sulfate de [>otassium })ur par une quantité strictement équivalente d'eau de baryte pure.

On peut aussi se servir du procédé de Wœhler, qui consiste à disposer en couches alternatives dans un creuset de cuivre du nitrate de potasse et de la rognure de cuivre. On couvre le creuset et on chauffe au rouge sombre pendant une demi-heure. La masse refroidie est traitée par l'eau, on laisse déposer et on décante la lessive alcaline.

Usages médicaux. La potasse caustique décompose rapidement les parties avec lesquelles elle est mise en contact. Elle laisse sur la peau une eschare molle, grisâtre, et qui se détache lentement.

Son nom de pierre à cautères vient de ce que cette substance a été employée pour établir les cautères. Pour cela on prend un morceau de sparadrap au centre duquel ou fait un trou rond. On applique le sparadrap sur la partie indiquée pour le cautère, et dans le trou on place une pastille de potasse caustique que Ton recouvre d'un autre morceau de sparadrap.

La potasse caustique est employée quelquefois pour ouvrir certains abcès froids, ou pour cautériser des [)laies envenimées ou de mauvais caractère.

On l'emploie rarement seule aujourd'hui, parce qu'elle fond dans les liquides qui suintent de la plaie qu'elle produit et que son action s'étend quelquefois trop loin. On la remplace par la poudre de Vienne, qui est un mélange intime de chaux vive et de potasse caustique à la chaux réduit en poudre très-fine.

Cette poudre est délayée dans un peu d'alcool très-concentré, et la pâte obtenue placée sur la partie à cautériser. On peut limiter l'action par du sparadrap,

La poudre de Vienne ne peut être appliquée que dans les parties découvertes; pour atteindre le fond de certaines cavités, l'utérus, par exemple, on peut faire usage du caustique Filhos. Ce caustique, qui est essentiellement composé de potasse caustique et de chaux vive, est coulé en cylindres dans des tubes de plomb.

Voici comment on opère : on prend 5 parties de potasse caustique à la chaux que l'on fond au rouge sombre dans une cuillère en fer munie d'un bec, on ajoute 1 partie de chaux vive en poudre fine, et on opère le mélange avec une tige de fer. En un instant la chaux se divise parfaitement dans la potasse, sans que la fluidité de celle-ci diminue sensiblement. On verse alors le caustique dans des tubes en plomb que l'on a disposés à cet effet et on laisse refroidir. Après le refroidissement, on râpe les tubes sur toute leur surface pour en diminuer l'épaisseur. On les conserve en les enfermant, l'extrémité ouverte en bas, dans des tubes de verre bien bouchés et garnis au fond de 1 à 2 centimètres de chaux vive en })oudre.

En coupant le tube à quelques millimètres de l'ouverture, on a, lorsqu'on' veut s'en servir, une surface de caustique toute prête à servir.

La potasse caustique a été conseillée à l'intérieur en dissolution extrêmement étendue, mais cet usage est abandonné aujourd'hui. Loi'squ'on l'absorbe en nature ou en solution, il agit à la manière des poisons corrosifs.

Analyses et dosage des potasses. La potasse caustique, de même que la potasse carbonatée, peuvent se doser par les procédés alcalimélriques [voy. Alcali- MÉTniE). Lorsque les substances sont mélangées avec les sels correspondants

756 POTASSIMÈTRE.

du sodium, les procédés alcaliraétriques seuls ne suffisent pas, il faut recourir aux méthodes d'analyses que nous avons décrites à l'article Potassium. Pour les besoins industriels il existe un appareil, le potassimèlre, décrit autre part, qui permet de déterminer le potassium en présence du sodium. Ch. Blarez.

POTASSIMÈTRE. Le potassimètre est l'instrument qui sert à faire les opérations que l'on désigne sous le nom de potassimélrie, nom qui indique suffisamment ce qu'il signifie.

La potassimétric a été imaginée par 0. Henry. C'est un procédé de dosage du potassium, dans les potasses impures ou mélangées avec d'autres sels, qui est basé sur la propriété que possède le perclilorate de potassium d'être insoluble dans l'alcool, tandis que le percblorate de sodium est très-soluble.

La prise d'échantillon étant faite, on prend 1 gramme de la potasse à essayer, on transforme les alcalis en acétates, qui se dissolvent facilement dans l'alcool fort, et dans celte liqueur alcoolique on verse goutte à goutte, au moyen d'une burette spéciale qui constitue le ])otasshnètre, une solution titrée de perclilorate de sodium dans l'alcool, tant qu'on aperçoit un précipité se produire. On prépare le perclilorate de sodium de la manière suivante : On chauffe avec précaution dans un creuset de platine du chlorate de polasse jusqu'à ce que le dégagement d'oxygène ait cessé. Il faut éviter une chaleur trop intense, de façon à ne pas décomposer le perclilorate. On traite le contenu du creuset par vingt fois son poids d'eau bouillante, on filtre à chaud dans un entonnoir à fillration chaude, et on laisse refroidir en troublant la cristallisation par l'agitation. Le perclilorate do potassium se dépose en petits grains blancs, brillants, qu'on lave avec un peu d'eau froide et qu'on fait sécher à l'étuve. On le réduit en poudre fine, on le place dans une éprouvette à pied au fond de laquelle ou a versé un peu de mercure et on délaie dans 5 à 6 parties d'eau pure. On fait alors barbotter dans le mercure un courant de gaz fluorure de silicium. Ce gaz décomposé au contact de l'eau donne de la silice et de l'acide hydrofluosilicique qui précipite la potasse pour mettre en liberté de l'acide perchlorique. Cet acide séparé par fillration est neutralisé par de la soude, et le sel de soude est ensuite purifié par quelques cristallisations dans l'alcool.

La graduation de la burette potasùmétruiue est telle, que chaque division de liqueur titrée employée correspond à 1 pour 100 de carbonate de potassium pur.

La liqueur titrée est telle que 400 divisions de la burette (10 centimètres cubes, si la burette est divisée en 1/10 de centimètre cube) renferment 884 milligrammes de perchlorate de sodium sec. Ce poids 884 milligrammes est celui qui précipite tout le potassium renfermé dans 1 gramme de carbonate de potassium pur et sec.

Lorsqu'on veut doser les carbonates de potasse et de soude contenus dans un mélange, on dose le carbonate de potassium comme il est dit ci-dessus, puis, au moyen des procédés alcalimétriques, on détermine l'alcalinité totale, on exprime le résultat en carbonate de potasse. De ce résultat on retranche le poids trouvé dans l'essai potassimélrique, et le reste est transformé par le calcul en carbonate sodique, en se rappelant que 158,2 de carbonate de polasse correspond à 106 de carbonate sodique.

Le grand écueil de celte méthode réside dans la difficulté de saisir nettement la fin de la précipitation. Ch. Blarez.

POTASSIUM. Ea 1807, au commencement de notre siècle, sir Ilumpbry Davy, au cours de ses mémorables recherches sur la décomposition électrochimique des sels, soumit à l'expérience la potasse en dis^olution concentrée, puis la même substance en fusion dans une cuiller de platine, et enfin un Iragment de potasse rendu conducteur par son exposition pendant quelques secondes à l'air, de façon à en rendre la surface légèrement humide. Dans le premier cas il n'observa (ju'un dégagement d'oxygène et d'hydrogène; dans le second cas il observa ({ue l'électrode négative s'entourait d'une brillante auréole de flamme ; enfin, dans le troisième cas, il vit se produire au même pôle négatif de petits globules d'un vif éclat métallique, analogues aux globules de mercure, dont quelques-uns brûlaient avec explosion et en jetant un vif éclat au moment même de leur formation, tandis que d'autres se recouvraient d'une pellicule blanche. Le potassium était découvert. C'est lui qui constituait ces globules métalliques.

La potasse n'était donc pas un corps simple comme on le croyait encore : ce corps, de même que les autres basea satifîables, était bien, comme l'avait affirmé Lavoisier, un corps composé, formé d'un mêlai uni î> de l'oxygène.

j^tat naturel. Le potassium est un métal très-abondant. Il est très-répandu dans la nature et il rentre dans la constitution d'un grand nombre de roches. Il figure en proportion notables parmi les éléments du feldspath orlhosc, qui est très-répandu et qui donne en se désagrégeant l'argile et des com})osés dans lesquels les plantes puisent le polassium dont elles ont besoin. Celles-ci laissent à l'état de carbonate ce même potassium lors |u'on les incinère. Le potassium se trouve encore dans les eaux de la mer, combiné au chlore, puis dans certaines mines de sel gemme à l'état de sylvine ou chlorure de potassium, de carnalliteou chlorure double de potassium et de magnésium. Signalons encore l'anulite, la pol^halite et le dipyre, qui sont autant de sources de potassium.

Le chlorure de potassium se trouve également dans tous les liquides de l'organisme à côté du chlorure de sodium.

Propriétés physiques. Le potassium est un corps solide à la température ordinaire, il est mou et se laisse pétrir daus les doigts. A zéro, il devient cassant, à partir de 25 degrés, il se ramollit et devient pâteux à 58 degrés, température très-voisine de son point de liquéfaction qui est d'environ 60 à 62 degrés. II se volatilise vers le rouge sombre en donnant des vapeurs vertes, qui se subliment en donnant des cristaux cubiques. Le potassium lorsqu'il est fondu sous l'huile de naphte possède l'éclat métallique. A l'air sa surface se ternit immédiatement et devient d'un gris bleuâtre. La densité du potassium est île 0,865 à 15 degrés. Sa chaleur spécifique est de 0,1655. Il est bon conducteur de la chaleur et de l'électricité.

L'équivalent du potassium est de 59,1. Son poids atomique 39,1. Son symbole K.

Préparation. Parmi les procédés de préparation du potassium, les uns sont aujourd hui historiques, nous allons les résumer très-sommairement.

1" Ëlectrolyse de la potasse. C'est cette électrolyse qui a permis de découvrir le potassium. Pour avoir un peu de métal, Davy creusait une cavité à la partie supérieure d'un fragment de potasse et la remplissait de mercure. Il faisait plonger l'électrode négative d'une forte pile dans ce mercure, tandis que l'autre électrode communiquait avec une lame de platine sur laquelle était

placée le fragment de potasse. Il obtenait ainsi un amalgame de potassium qui distillé dans un courant d'hydrogène laissait le potassium comme résidu.

2" Décomposition de la potasse par le fer. Ce mode d'obtention a été imaginé par Gay-Lussac et Thénard ; il consiste à faire arriver des vapeurs de potasse caustique sur du fer métallique fortement chauffé. Le fer s'oxyde au détriment de l'oxygène de la potisse dont le métal est mis en liberté et distillé. Les deux chimistes français auteurs de ce procédé employaient un canon de fusil deux fois recourbé, et dont la partie médiane, pleine de tournure de fer bien décapée, était chaullee au rouge blanc dans un fourneau à réverbère. La potasse, introduite par une des extrémités du tube, coulait dans la partie fortement chauffée, se volatilisait et réagissait sur le fer. Le potassium se dégageait sous forme de vapeurs par l'autre extrémité du tube où était adaptée une allonge en cuivre contenant dans une partie creuse de l'huile de naphte dans laquelle le potassium venait se condenser.

Sainte-Claire Deville a montré que dans cette préparation l'hydrale de potasse KOll était partiellement dissocié en potassium, oxygène et hydrogène, et que le fer n'agissait qu'en absorbant l'oxygène de façon à empêcher l'hydrate de se reformer dans les parties plus froides de l'appareil, mais que ces phénomènes ne s'observaient qu'à la condition d'opérer rapidement, d'enlever, pour ainsi dire, les produits dissociés presque immédiatement, car par réaction inverse le potassium libre avait une grande tendance à décomposer l'oxyde de fer pour donner du fer métallique et de l'oxyde de potassium.

Z" Réduction du carbonate de potassium par le carbone. Peu de temps après la découverte du potassium, il fut reconnu par Civrandeau que l'action d'une forte chaleur sur un mélange intime de charbon et de c;ubonatn de potassium pouvait dégager du potassium, mais celte observation ne fut pas mise en pratique avant les recherches de Brunner qui, dès 1825, donna un procédé industriel.

Ce procédé consiste à calciner de la crème de tartre de façon à avoir du flux noir qui n'est autre chose qu'un mélange intime de charbon Irès-divisé et de carbonate de potassium, et à chauffer le flux noir très-fortement dans un fourneau à vent à fort tirage, après l'avoir placé dans une bouteille en fer. Cette bouteille porte un tube de dégagement en fer par lequel se dégage d'abord de l'oxyde de carbone qui brûle, puis ensuite des vapeurs vertes de potassium. A ce moment on adapte un récipient dans lequel le métal vient se condenser. La réaction qui donne lieu à la production du potassium est assez simple, elle peut s'exprimer par l'équation :

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