MONS
Les Hyménoptères porte-aiguillon renferment les Abeilles et les autres Mellifères, les Guêpes et Polistes, les Eumènes et les Crabroniens, les Sphex, les Pompiles, les Scolies, enfin les Mutilles et les Fourmis [voy. ces divers mots et de plus Hyméroptères, Insectes). A. Labouldène.
PORTER. Voy. Bière.
PORTES DE FER (Hammam Bibans des Arabes) (Eaux minérales des). Hyper thermales ou méso thermale s, bicarbonatées calciqves fortes, carboniqnes fortes et sufureuses faibles. En Algérie, à 13 kilomètres de la limite de la province d"Alger, à 2800 mètres de la maison cantonnière, à 800 mètres de la route d'Alger à Constantine, dans un défilé d'où descendent plusieurs torrents, dans le cercle de Bordj-bou-Arréridj, dans la tribu des Quennoughas, émergent quatre griffons principaux d'un travertin feuilleté, produit du dépôt successif de l'eau des sources. Ce travertin a formé à la longue un rocher gris blanchâtre, recouvert par endroits d'une poudre cristallisée et très-blanche. Les sources se nomment : Principale, de la Piscine, du Rocher et du Plateau.
l» Source Principale. Elle forme à sa sortie de terre un bouillonnement mousseux qui monte incessamment au centre d'une nappe d'eau fumante. Son bassin circulaire a 40 centimètres de diamètre et 15 centimètres de profondeur. Elle est très-limpide, et l'on distingue facilement les bulles gazeuses, d'inégal volume, qui la font ressembler à de l'eau bouillante ordinaire. Ces bulles éteignent très-promptement les corps en ignition. Aucun dépôt ne se forme à l'intérieur de la fontaine, mais cette eau donne naissance, à 25 centimètres, dans le ruisseau par lequel elle s'écoule, à une etflorescence blanchâtre de plusieurs millimètres d'épaisseur. L'eau de la source Principale a une couleur citrine très-agréable à l'œil. Elle ne produit d'abord aucune conferve; ce n'est qu'à environ 8 mètres de sa sortie du bassin qu'elle laisse se développer des plantes
742 PORTES DE FER (Eaux minérales des).
thermales d'un brun foncé. Elle est pétrifiante, et l'on trouve au-dessous de son ruisseau des sauterelles incrustées. Les bulles qu'elle de'gage mettent 26 secondes avant d'arriver ù la surface d'un verre. L'odeur de l'eau est légèrement sulfureuse, son goût est très-salé et semble peu hépatique, sa réaction est franchement acide. Les Arabes font durcir des œufs en cinq ou sept minutes au plus dans cette eau thermale qui a 70°, 9 à son griffon. Malgré cette haute température, on peut la boire à petites gorgées sans se brûler. Nous avons cherché en vain les houppes soyeuses de la barégine et de la sulfuraire, mais les bords du canal d'écoulement sont recouverts d'efflorescences d'un beau blanc, dont le goût est à peine salé et ressemble plutôt à celui du bicarbonate de chaux. On ne connaît pas l'analyse exacte; on sait seulement qu'elle contient en proportion considérable des bicarbonates, surtout du bicarbonate de chaux et, parmi les gaz, de l'acide carbonique en grande quantité. Le grand insurgé de 1<S71 fit construire en maçonnerie grossière une piscine, où cette eau a un aspect louche et une température de 44 degrés centigrade. Cette piscine, de 2 mètres carrés et de 90 centimètres de profondeur, est distante de 50 mètres du griffon ; l'eau y arrive dans un canal à ciel ouvert qui la verse par un filet tombant de 1 mètre et dont le diamètre est d'environ 4 centimètres. La piscine sert de buvette et de bain en commun où six personnes peuvent être à la fois. Elle est recouverte d'une toiture d'alfa et de paille. C'est dans l'eau de la piscine du Bach-Aga que les Arabes du voisinage font macérer aussi les feuilles fraîches des palmiers nains, dont ils confectionnent leur sparterie, renommée à cause de la résistance que lui communique l'eau de la Source Principale.
2" Source de la Piscine. Cette source est ainsi nommée parce qu'elle se rend aussi à la piscine, dont elle n'est éloignée que de 8 mètres. Son débit est très-peu abondant et cette eau, qui ne paraît pas gazeuse, a un goût plus salé que celui de la source Principale, il n'est nullement sulfureux, et l'on n'y trouve ni barégine, ni sulfuraire, ni soufre pulvérisé. Elle incruste beaucoup moins que la première source les objets avec lesquels elle est en contact. Sa cuvette est constituée par du travertin déchiqueté et par des lames minces qui ressemblent à de la corne. Sa réaction est aussi franchement acide que celle de la source précédente; sa température est de 50°, 9 centigrade, l'air étant à 21° centigrade. Son filet, de la grosseur du doigt, se rend à la piscine, décoi'ée de nombreux ex-voto, preuve de la reconnaissance des baigneurs indigènes et consistant en morceaux de burnous, de turbans ou de gandouras. L'eau de celte source n'est pas employée en boisson.
0° Source du Rocher. A 6 mètres de la précédente. Elle est recouverte d'une mousse jaunâtre de 2 centimètres d'épaisseur, et n'est traversée par aucune bulle gazeuse ; son goût est très-salé. Elle forme un dépôt blanchâtre, abondant, et ne sent nullement le soufre. Sa réaction est moins acide que celle des deux autres sources. La température de l'air étant de 17°, 5 centigrade, celle de l'eau du Rocher, dont le fileta 25 millimètres de diamètre, est de 51°, 7 centigrade. Le rocher d'où elle sort ressemble à de la pierre ponce, et une tranchée de l'^jOO de longueur et de 18 centimètres de largeur lui permet d'arriver à la piscine. Cette source n'est jamais employée en boisson et l'analyse n'en est pas connue.
A" Source du Plateau. Plusieurs filets constituent la source du Plateau. Quatre d'entre eux doivent surtout être décrits. Ils sont à environ 4 mètres audessus du griffon de la source Principale et émergent du même rocher qu'elle.
PORTLANDIÂ. 745
L'eau du premiei- jet est très-mousseuse et laisse déposer abondamment une poussière de soufre qui jaunit Fintérieur de sa cuvette circulaire. File est remarquablement claire ; son goût est moins salé, mais plus hépatique que celui des autres sources des Portes-de-Fer. Elle laisse déposer dans son ruisseau d'écoulement un précipité blanc, lamelle, en forme d'hoslies qui se soudent les unes aux autres et forment une couche épaisse de 8 centimètres. La réaction de l'eau du premier jet de la source du Plateau a la môme acidité que l'eau du Rocher. Sa température est de 49",8 centigrade. Le deuxième filet est à 20 centimètres du premier. Son eau ne paraît pas gazeuse et ne donne pas naissance à un dépôt aussi abondant et aussi jaune que celui du premier filet. Il est lamelleux cependant. L'eau est limpide, son goût est plus salé, mais nullement liépati(|ue; sa température est de 45 degrés centigrade. Le troisième filet sort à 10 centimètres du précédent ; son eau forme un précipité jaunâtre moins marqué qu'au premier filet. Elle ne semble pas gazeuse, et elle est complètement recouverte d'une croûte qui se désagrège facilement; cette eau est salée et légèrement sulfureuse. Son débit est très-faible et elle rougit à peine les préparations de tournesol. Le troisième filet n'a que 50°, 8 centigrade, l'air extérieur marquant 13°, 8 centigrade. Le quatrième filet est à 5 mètres du précédent, et il est reçu dans un godet rond et profond comme un verre à boire. .Son eau est traversée par de grosses bulles gazeuses qui viennent s'épanouir par iulermiltcnces régulières produisant un bruit qui s'entend à plus de 2 mètres de distance. Elle est trèshmpide, et pourtant elle forme un dépôt jaune et lamelleux. La saveur est franchement salée, mais très-peu hépatique. Elle rougit à peine la Icmture de tournesol. Sa température est de 51°, 4 centigrade. Divers autres filets insignifiants par leur volume sont à 4 mètres du précédent. L'eau se rend dans trois petits lacs de 2 mètres de diamètre et de 25 centimètres de profondeur. Elle y est constamment agitée par des bulles qui forment un chapelet à gros grains. Elle ne sert jusqu'ici qu'à la macération des feuilles de palmiers nains, mais elle sera utilisée le jour oîi l'on construira un établissement thermal sur ces sources importantes. L'eau du premier lac a 55 degrés, celle du second, 52°, 5, et celle du troisième, 54°, 2 centigrade. Des efflorescences blanches, eu hosties épaisses, recouvrent le sol et les pierres qui entourent les trois lacs jusqu'à une grande distance.
Les usages thérapeutiques des sources de Bibans ne sont pas encore parfaitement jdéfinis, mais les indigènes ont en elles une confiance aveugle contre les manifestations rhumatismales, le lymphatisme exagéré, les scrofules et les maladies de la peau. Ils emploient peu en boisson l'eau de ces sources, dont certaines même ne leur servent qu'en lotions et en bains de piscine. Quelquesuns, surtout les herpétiques, emploient à l'intérieur l'eau des griffons dont l'odeur et le goût sont sulfureux.
Tous regardent au contraire comme très-profitable un séjour peu prolongé, mais journalier, dans la piscine primitive, mal éclairée et d'un accès difficile, que nous avons décrite. A. Rotureau.
PORTLAXDIA (P. Br.). Genre de Rubiacées qui a donné son nom à une série des Portlandiées, et qui a des Heurs régulières, à ovaire infère, dont les deux loges sont pluriovulées. Le fruit est capsulaire. Ce sont des arbustes du Brésil, des Antilles et de l'Amérique du Sud, si l'on joint au genre, comme nous avons dii le faire, les Coutarea d'Aublet (H. B.v, in Adansonia, XII, 596). Le
7i4 ['OSOLOGIF.
P. grandiflora L. a une écorce amère et aslringenle qui le fait leclicrclier eomme tonique et digestif aussi bien que comme fébrifuge. Le P. speciosa H. Dn. {l\ hexandrn Jacq. — Coutarea speciosa Aubl.), de la Guyane et du Biésil tropical, fournit une précieuse écorce, le Qiiina de Fernambuco, nommé en Allemagne Carlhagcna-Rlnde et Cortex flava fibrosas. Pseudo-Carthagena, qui est aussi iiii substitutif du quinquina. 11. Bn.
Dicliogiiapiiif:. — I'. Bn.Jamaic, 164, t. II. — Kosexth., Syn.jA. diaphor., 536,346, — II. Bs., Jlisl. des pL, VII, 531, 409, fl-. 524-350. II. Dk.
PORTRIEUX (Station marine). Voy. Pontbiedx.
FORTLLACA.. Votj. PouRPiER.
PORTtLACÉES. Voy. PoURPlER.
PORXIO (Lur.A^TOMo). Médecin italien, ne à Pasitano, près Amalfi, le 20 mai 1659, mort à tapies, le 10 mai 1725. 11 fut depuis 1670 professeur d'analomie au collège di Sapienza de Rome, depuis 1687 à l'Université de Naples. 11 était chimiàlre; il est connu dans l'Iiistoire de la médecine surtout par sou ardente opposition à la pratique de la saignée, ali sujet de laquelle il a écrit : Erasialratus sive de sançiuinis nmsione (Romœ, 1682, in- 12 , Veneliis, 1685). Il a en outre écrit sur l'hygiène des gens de guerre: De militis in caslris sanilate Inenda (Venetiis, 1685, in-4", et nombreuses éditions) et sur divers autres sujets. L. H>.
POSCniAVO (Eaux minérales de). Voy. Le Prese.
POSE\VlTZ (JoHAN.N-FRiEnR.-SiGiSM.). Né à Dahine, près Wittemberg, le 5 mai 1766, mort àGiessen, le 23 mars 1805. Il fut professeur d'anatomie, de chirurgie et d'accouchements à Giessen. II a publié:
I. Journal fur Med., Ckir. «. Geburtsh., 1799-1800. — II. Ueber den Ursprung der Wiirmer des mcnsclilichen liôrpers. Wittenberp-, 1788. — 111. Physiologie der Piilsadern des meiischliclicn Kôrpers. Lcipzi;,s 1789. — IV. Sijnoptische Tafeln iiber die Osteologie. Giessen, 1804, in-fol. L. Un.
POSOLOGIE. Ce mot, qui vient de \i'/o;, discours, et ttoo-ov, quantité, représente la partie de la pharmacologie qui a trait, à l'administration d'un poids déterminé d'une substance médicamenteuse, plutôt que d'un autre poids ou dose.
L'art de formuler comprend en elTet, comme un des points les plus importants : la fi.xation des poids ou doses des agents thérapeutiques. Telle substance en effet, peut, à petite dose, constituer un remède puissant; à dose plus élevée, elle peut constituer un poison. Tel autre médicament peut dans l'âge adulte être prescrit à assez forte dose ; dans le jeune âge, au contraire, il faut agir avec une extrême prudence.
A côté de ces faits il en est d'autres d'ordre physiologique qui ne sont pas moins importants, et l'on voit beaucoup de substances agir sur un organe ou sur l'autre suivant les quantités absorbées. Nous ne pouvons pas ici revenir sur tous ces faits qui ont été traités à propos de chaque substance médicamenteuse
POSOLOGIE. 74d
en particulier. Toutefois cilons les exemples bien connus de l'émétique, qui. de vomitif très-puissant à la dose de 5 à 10 centigrammes, devient un controstimulant à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme. Celui du calomel, qui, à doses minimes et fractionnées, est un altérant et à dose de quelques dccigrammes est purgatif. La plupart des actions différentes des médicaments selon les doses, sont expliquées, notanmient pour ce qui concerne les purgatifs salins, mais il est encore un grand nombre de corps très-actifs dont on n'a pu que constater les effets sans les expliquer.
Ce qui précède montre que, si d'un cùté il importe que l'on connaisse exactement la dose du médicament que l'on doit administrer, dans le but d'obtenir un effet bien déterminé, nous ne pourrions, dun autie côté, indiquer ici les mêmes doses, car il faudrait réviser toutes les substances employées dans l'art de guérir et répéter ce qui est déjà dit à propos de cbacune d'elles. La posologie fait partie de l'étude pliarmacologiqiie de la substance et est étroitement liée à l'étude de ses effets physiologiques et thérapeutiques.
Toutefois il est des considérations d'un autre ordre que nous croyons devoir étudier. Un médicament donné produisant tel effet à telle dose chez un adulte, ou chez une moyenne d'adultes, il y a lieu, pour obtenir le même effet, d'en modifier le dosage en tenant compte de Vâge, du sexe, de l'accoutumance, de h tolérance, etc., du sujet que l'on traite.
Age. Les doses que généralement on indique dans les formulaires sont celles que l'on doit administrer aux adultes. Sauf les cas ofi il y a des indications spéciales pour l'emploi du médicament pour les enfants ou pour les vieil-lards, on peut tenir compte des préceptes suivants.
En représentant par un la quantité à administrer de vingt à soixante ans. on donnera :
Au-dessous de I an, de 1/lG à 1/12 de dose.
De 1 à :i ans 1/8 —
De 2 à 5 ans 1/6 —
De 3 à 6 ans 1/1 —
De 7 à 1-2 ans 1/5 —
De 12 à 15 ans 1/2 —
De 15 à 20 ans 2/5 —
De 20 il GO ans 1 —
De GO à "0 ans 2/3 —
Après 70 ans 1/2 —
Un tableau spécial a été établi par Ilufeland. 11 représente la dose adulte, par le nombre 40, et il l'administre à partir de vingt-cinq ans. Voici les nombres correspondants aux âges des malades en commençant par les nouveau-nés. Les nombres représentent des quarantièmes de doses :
15 jours 1
1 mois -i
2 mois -i
3 mois 5
5 mois 6
7 mois "^
9 mois 8
Il mois 9
1 an 10
2 ans 13
5 ans 1 >
A ans 18
o ans. "
Tous ces chiffres sont assez compliqués, et ne nous paraissent pas assez justi-
7 ans
8 ans. . .
9 ans . .
10 ans
11 ans
12 ans
15 ans
15 ans
20 ans
Lt enfin 23 an^. . . .
746 POSOLOGIE.
fiés. Nous pensons, au contraire, que l'on peut arriver au résultat cherché beaucoup plus simplement en donnant aux enfants de moins d'un an 1/10 de dose et aux autres personnes des quantités que l'on calcule ainsi :
20 ans et au-ilessus 1 dose entière.
13 ans 1/2 dose.
10 ans 1(3 de dose.
5 ans 1J4 de dose.
Pour compter les années, nous conseillons de classer les enfants et les jeunes malades moins par leur acte de naissance que par l'âge que l'on peut leur donner par comparaison avec la moyenne, en tenant compte de leur taille, de leur poids et de leur état physique général.
Il est dos enfants de dix et douze ans qui peuvent supporter dos doses appropriées àd'àgc de quinze ans, et la réciproque est également vraie.
Sexe. Si on ne tient compte que des moyennes, la femme étant moins forte que l'homme, son corps étant en général moins développé, son traitement comporte de plus faibles doses de médicaments. On peut leur administrer le plus souvent trois quarts de dose, mais ici encoi-e on ne saurait établir de règles fixes, et l'état physique de la malade doit surtout être pris on considération par le médecin.
Accoulamance. Ici encore pas de règles à établir. Chaque malade serait une exception, si chaque médicament n'en était également une. Lorsque l'on continue l'administration de certains médicaments, on observe chez beaucoup de malades que Içs effets obtenus ne deviennent manifestes qu'à la condition que les doses soient élevées progressivement, parce que l'organisme s'accoutume, s'habitue à la substance, et que celle-ci n'agit plus comme véritable médicament. C'est ainsi que, lorsqu'on veut produire pendant longtemps les effets calmants de l'opium, il faut augmenter les doses à chaque nouvelle administration. D'autres substances ne sont pas dans le même cas et déterminent des effets de plus en plus intenses lorsque l'on en continue l'usage.
Dans ces questions d'accoutumance on doit aussi tenir compte de l'état des organes destinés à absorber le médicament. Si on administre une substance par voie stomacale et qu'on observe un ralentissement progressif dans les effets, cela peut tenir à ce que l'estomac fatigué par la présence du médicament ne l'absorbe plus que mal : au lieu d'augmenter les doses il est utile bien souvent de laisser reposer le malade quelque temps, en s'abstenant du remède journalier, ou bien encore, d'essayer un autre mode d'administration.
Tolérance. Si on veut obtenir certains effets de certains médicaments, les formulaires nous prescrivent de les administrer à une dose déterminée. Après avoir tenu compte des observations qui précèdent ei qui ont principalement rapport à l'âge du sujet, le médecin doit bien se pénétrer des phénomènes relatifs à la tolérance de la substance qu'il administre.
Une dose d'acide arsénieux de 1 centigramme, administrée d'un coup à un adulte qui n'a jamais absorbé d'arsenic peut produire des effets funestes. Une même dose est absorbée impunément par une personne qui prend de l'arsenic depuis longtemps à doses croissantes.
L'organisme a besoin pour tolérer certains corps qui lui sont étrangers de s'habituer peu à peu à vivre avec eux. C'est pour cela qu'il faut, pour faire tolérer des doses actives de certains médicaments, les administrer à doses croissantes. On commence par le dixième et même moins de la quantité à admi-
POTALIA. 747
nistrer normalement et, suivant les cas, on arrive à la dose normale au bout de deux ou trois jours ou quelquefois deux à trois semaines.
La tolérance d'un médicament n'est pas la même chose que l'accoutumance, l'organisme s'accoutume aux actions de certaines substances en ce sens qu'il faut, en augmenter les doses, si l'on veut en maintenir l'effet, tandis que pour obtenir un effet d'autres médicaments il faut le faire d'abord tolérer par l'organisme à la dose à laquelle il produit son action, et on y arrive en préparant cet organisme par des doses assez minimes pour que les effets à produire soient pour ainsi dire annihilés.
On trouvera dans le corps de cette Encyclopédie les considérations sur la tolérance et l'accoutumance des substances actives, mais nous croyons bien montrer la différence qu'il y a entre la tolérance et l'accoutumance en rappelant les effets de l'opium et de l'arsenic. L'organisme s'accommode à l'opium, tandis qu'il tolère les composés arsenicaux.
Lorsqu'on fait la pharmacologie d'un médicament et qu'on l'étudié au point de vue de sa posologie, on doit bien avoir soin de relater toutes les indications de doses relatives aux effets à obtenir, joindre quelques considérations spéciales sur l'emploi de la substance dans le jeune âge, et indiquer les faits connus relatifs à son accoutumance et à sa tolérance par l'organisme. Cu. Blarez.
POSSEiSSioiv. Voy. Démonomanie.
POSTniTE. Voy. Balanite.
POTALIA {Potalie). Genre de plantes de la famille des Loganiacées, créé par Aublet et dont voici les caractères : arbrisseaux ou sous-arbrisseaux tropicaux à fleurs anisomères, estivation de la corolle convolutée ou imbriquée, baie bilo^ culaire, à loges polyspermes, semences peltées dépourvues d'ailes membraneuses.
L'espèce type, Potalia amara ki\h\. {Nicandra amaraGm.), ou Grand matévé, est un arbrisseau à racines ligneuses, fourchues, qui se répandent à un pouce environ sous terre. La tige de GO centimètres de haut est simple, cylindrique, noueuse, droite, dure, ligneuse et de la grosseur du doigt, persistante et herbacée supérieurement. Les feuilles sont simples entières, lisses, vertes, étroites à leur base, larges, arrondies et pointues par le haut, longues de -40 millimètres et larges de 20 millimètres, avec une cote saillante en dessous, opposées deux à deux (décussées), en croix. Leur pétiole est arrondi et embrassant la lige.
Les fleurs sont en panicules terminaux, subcorymbiformes et pourvues de bractées squameuses. Chaque fleur a son pédoncule spécial pourvu ix la base de deux écailles.
Le calice est charnu, jaunâtre, monophylle, quadripartite, à lobes arrondis épais, raides, larges et opposés par paires à des lobes intérieurs imbriqués plus petits. Corolle blanche, lubuleuse, campanulée, à tube subcylindrique, plus long que le calice, à 10 lobes dressés, imbriqués, contournés. Étamines 10 réunies à leur base par une membrane, filets courts, anthères vertes luisantes, droites, longues, aiguës, linéaires, à filets adnés au tube corollin et opposés à ses lobes, courts, subulés.
Le pistil est formé par un ovaire arrondi, entouré d'un disque annulaire, surmonté par un style court, filiforme, charnu, terminé par un stigmate vert, pelté à 5 lobes ou 6.