KOH + K = K^O + H
Ou bien en décomposant par l'action d'une température sufiisante le peroxyde de potassium. Cette réaction, d'après Béketoff, est rendue plus facile en additionnant le peroxyde de potassium d'argent métallique. Celte opération doit s'effectuer dans un creuset d'argent.
Le protoxyde de potassium forme avec l'eau l'hydrate de potassium ou potasse, corps des plus importants que nous étudierons dans un article spécial.
Le bioxyde de potassium, K-O^, est peu étudié.
Le peroxyde de potassium, K^O*, est un corps solide, jaune, fusible au rouge. On peut l'obtenir en chauffant le potassium dans un courant d'oxygène entre 60 et 80 degrés. On en obtient encore en faisant brûler du potassium dans l'air en le chauffant légèrement.
Lorsqu'on le met en contact avec l'eau, il se décompose avec dégagement d'oxygène et formation d'eau oxygénée. C'est un agent très-oxydant.
La potasse, de même que son carbonate, seront étudiés dans un article spécial.
Sulfures de potassium. Le soufre forme avec le potassium un grand nombre de composés que l'on peut représenter par les formules suivantes :
Nous allons les passer successivement en revue.
DICT. ENC. 2' s. XXVI. 49
770 rOTASSIUM.
\° Monosulfure de potassium. K-S. Ce corps correspond par sa composition au protoxyde de potassium.
Il se présente sous des aspects variés selon la façon dont il est obtenu. Or on peut le préparer par plusieurs méthodes que nous allons rapidement examiner.
a. On réduit à la température du rouge le sulfate de potasse par l'hydrogène. Le produit obtenu n'est pas pur, il se présente sous l'aspect d'une masse jaune.
b. On fait un mélange de sulfate de potasse et de charbon en poudre, on introduit le tout dans un creuset brasrjué que l'on chauffe. Une réduction analogue à la précédente s'opère, mais elle est moins complète, une partie du sulfate reste inaltaijuée, et il y a en même temps formation de polysulfures. Le sulfure formé est très-divisé, dans cet état il est très-avide d'oxygène et, si on le répand dans l'air, il s'enflamme. Le produit ainsi obtenu porte le nom de pyropliore de Gay-Lussac.
c. Pour obtenir un produit plus pur, il faut opérer par voie humide. On prend à cet effet une dissolution d'hydrate de potasse. On la divise en deux parties égales, on sature l'une des moitiés par de l'hydrogène sulfuré, de façon à obtenir du sulfhydrate de potassium :
KOHH-H^S=rH'-O^KSH,
et oH ajoute l'autre moitié; on a :
KSH-^KOH=fPO-f-KSK.
On évapore la liqueur dans le vide, et il se forme des cristaux prismatiques ayant la composition K"-S. 511-0.
Ce corps est très-soluble dans l'eau, sa solution s'altère rapidement au contact de l'air qui agit sur elle par son oxygène et son acide carboiuque.
2" Le bisulfure, K^S■^ n'a pas une grande importance, on peut l'obtenir en dissolvant du sulfhydrate de sulfure de potassium dans l'alcool, laissant la liqueur à l'air jusqu'à ce qu'elle commence à se troubler à la surface, et l'évaporant ensuite dans le vide. On obtient comme résidu une masse non cristalline, d'une teinte orangée, très-soluble dans l'eau.
3° Le trisulfure, K^S"', se présente sous forme de masse jaujie brunâtre de couleur hépatique, il ressemble comme aspect au pentasulfure. Il est soluble dans l'eau. On peut l'obtenir en fondant ensemble un mélange intime préparé avec des proportions convenables de soufre et de carbonate de potassium.
4° Le tétvasrdfure de potassium, K^S^, se présente encore sous forme de masse brunâtre qu'on obtient comme le trisulfure. Ce composé forme plusieurs hydrates bien définis.
5" Le pentasidfure K^S* est plus important en ce sens qu'il est la base d'un corps assez employé pour obtenir des bains sulfureux, et qu'on appelle foie de soufre. Le pentasulfure pur peut s'obtenir par voie sèche en chauffant du carbonate de potassium dans un courant d'hydrogène sulfuré sec, jusqu'à ce qu'on obtienne un liquide homogène. Alors on ajoute du soufre à la masse et on continue à faire passer le courant d'hydrogène sulfuré.
Le sulfure impur ou foie de soufre des pharmacies se prépare en chauffant dans un creuset un mélange de carbonate de potassium et de soufre, jusqu'à ce que l'effervescence due au dégagement d'acide carbonique ait cessé. Le produit obtenu et que l'on coule en plaque est jaune brun et la cassure rappelle la cou-
leur du foie (d'où son nom) ; ce n'est pas du pentasulfure pur, c'est un me'lange assez complexe dont la composition varie avec la température à laquelle il a été obtenu. Vers 200 degrés, il est formé de monosulfure, d'un peu de pentasulfure et d'hyposuKite. A une température plus élevée, il renferme du pentasulfure et du sulfate de potassium.
Ce composé est soluble dans une petite quantité d'eau en donnant une liqueur jaune d'or parfaitement limpide, qui possèJe une saveur hépatique très-désagréable et qui est très-vénéneuse. Lorsqu'on la traite par les acides, elle donne de l'hydrogène sulfuré et du soufre précipité. Toutefois, si le sulfure ou l'acide se trouvent en excès l'un par rapport à l'autre, les réactions ne sont pas les mêmes, car, si on verse la solution, petit à petit, dans la liqueur acide, il se produit en même temps que du soufre précipité du polysulfure d'hydrogène. La solution étendue avec beaucoup d'eau ordinaire est en partie décomposée avec dépôt de soufre. On l'utilise pour faire des bains sulfureux à la dose de 40 grammes à 100 grammes par baignoire.
Le foie de soufre ne se conserve pas bien à l'air, surtout lorsque celui-ci est humide, sa surface se recouvre rapidement d'une croùt»^ jaune verdâtre formée de soufre, d'hyposulfite et de carbonate de potassium.
On peut obtenir aussi le pentasulfure de potassium par voie humide en chauffant une dissolution de carbonate de potassium avec du soufre, mais les réactions sont très-complexes, et on obtient un mélange des différents polysulfures mentionnés précédemment avec de l'Iiyposultite et du carbonate qui reste indécomposé.
On peut encore préparer du sulfhydrate de potasse par l'action de l'hydrogène sulfuré à refus sur de la potasse, puis faire bouillir la liqueur avec un excès de Heur de soufre.
6" Les deux sulfures, R'S'' et K'S^, sont des sulfures salins peu importants qu'on obtient, le premier en faisant passer un courant de gaz sulfnydrique sur du sulfate de potasse chauffé au rouge; le second en chauffant un mélange de quadnsulfure et de soufre dans un courant d'hydrogène sulfuré.
Azotate de potassium, AzO'K = 101,1. Ce sel très -important est souvent désigné sous les noms de sel de nitre, nitre, salpêtre, nitrate de potasse. 11 est incolore, inodore, il possède une saveur fraîche, puis piquante et amère.
Ce sel cristallise à l'état anhydre, il se présente généralement en longs prismes irréguliers et striés quand il se produit par refroidissement rapide de ses solutions, ou dans le cas d'un refroidissement lent il affecte la forme de prismes hexagonaux terminés par des pyramides. Quelquefois le nitre cristallise eu rhomboèdres, mais cet état est peu stable; on observe cette modification en chauffant un cristal prismatique à une température voisine de son point de fusion, qui est à 540 degrés. Lorsqu'il est fondu et refroidi, il se présente sous la forme d'une masse blanche, opaque, à cassure vitreuse, que l'on nomme cristal minéral.
L'azotate de potassium est très-soluble dans l'eau surtout à chaud. Voici les quantités que 100 parties d'eau peuvent dissoudre aux température? suivantes :
A cette dernière température la solution entre en ébullilion.
L'azotate de potassium est peu soluble dans l'alcool faible, et insoluble dans l'alcool fort. Lorsqu'on chauffe l'azotate de potassium, il fond vers 540 degrés sans se décomposer, il donne par refroidissement le cristal minéral, comme nous l'avons dit ci-dessus; si on élève la température au rouge vif, il perd de l'oxygène et se transforme en azotite de potassium, AzO-K. Au rouge blanc l'azotite lui-même se décompose en donnant de l'oxygène, de l'azote, et laissant comme résidus un mélange de potasse anhydre et de peroxyde de potassium. La même décomposition ne s'opère pas, si la substance est renfermée dans un vase clos.
L'azotate de potasse est un oxydant énergique, grâce à la facilité avec laquelle il perd son oxygène sous l'action de la chaleur. On l'utilise fréquemment pour détruire les matières organiques, notamment dans la recherche des poisons minéraux dans les organes.
Mélangé avec du charbon et du soufre en proportions déterminées, il donne la poudre ordinaire, et c'est pour cet usage qu'on en consomme la plus grande quantité- Toutefois il se pourrait (pK' la poudre ordinaire ait fait son temps, et que l'on utilisât dorénavant d'autres explosifs plus avantageux. Le nombre de ces derniers, au reste, est très-considérable, et il augmente journellement.
L'azotate de potasse sert dans la purification de certains métaux, en oxydant les impuretés qu'ils renferment.
Préparation. L'azotate de potasse est un produit naturel; il existe en grande quantité dans l'Inde, en Egypte et en Amérique. On en rencontre également en Italie, en Espagne et en Hongrie. Ce produit se forme naturellement sous les influences électriques atmosphériques et sous l'influence également des infiniment petits. Certains microbes ont pour spécialité d'unir l'oxygène à l'azote pour donner de l'acide azotique. Ajoutons que d'autres microbes ont une mission inverse, ils détruisent les azotates. Pendant longtemps on a extrait le salpêtre des plâtras et des ni trières artificielles. Aujourd'hui ces procédés sont abandonnés et le salpêtre est fabriqué au moyen de l'azotate de soude du Chili, qui est très-abondant. On transforme ce sel en azotate de potasse en chauffant ensemble des solutions concentrées de chlorure de potassium et d'azotate de sodium. On fait bouillir longtemps, le chlorure de sodium, qui n'est pas beaucoup plus soluble à chaud qu'à froid, se forme et on l'enlève. L'azotate de potassium, qui est très-soluble à chaud, se concentre dans les liqueurs. Lorsque celle-ci est saturée à l'ébuUition, on laisse refroidir en agitant continuellement. Le sel de potasse se dépose sous forme de petits cristaux (nitrate de potasse en neige). On le recueille, on l'égoutte et on le soumet à une seconde cristallisation pour le purifier (raffinage).
Usages médicaux. L'azotate de potasse est un médicament classé parmi les diurétiques salins.
Lorsqu'on l'administre à haute dose, il irrite assez vivement la muqueuse gastro-intestinale et peut produire des nausées, des vomissements et des évacuations alvines. A petite dose, il ne produit pas les mêmes effets, il est absorbé et agit sur la circulation, il ralentit et diminue la chaleur animale et porte son action sur les reins, par où il sort de l'organisme en les excitant et en augmentant leur sécrétion.
On a administré l'azotate de potasse dans les maladies inflammatoires, à la dose de 10 grammes par jour dans 1 litre de tisane appropriée.
Enfin on l'administre journellement à la dose de 1 à 4 grammes par jour dans des boissons diurétiques.
Toxicologie de Vazotate de potasse. L'azotate de potasse absorbé à trop haute dose, même quelquefois de 15 à 20 grammes, peut devenir toxique. On observe après son administration des nausées, des douleurs épigastriques, des vomissements, des selles sanguinolentes, puis la circulation se ralentit, la température s'abaisse, le malade éprouve des phénomènes d'oppression, il peut difficilement faire sortir des sons; la face se cyanose, puis viennent des syncopes et enfin l'arrêt du cœur.
La recherche toxicologique peut se faire, soit dans les matières vomies, soit dans le contenu de l'estomac ou des intestins. On dilue les matières, on les filtre sur un filtre mouillé et on traite par de l'acétate de plomb. On filtre de nouveau, on élimine le plomb par l'hydrogène sulfuré, et on évapore à siccité; le résidu est lavé à plusieurs reprises par de l'alcool, puis est essayé au moyen des réactifs propres à déceler l'acide azotique et le potassium.
AzoTiTE DE POTASSIUM. AzO-K=85,l. C'cst un sel incolore, déliquescent, très-soluble dans l'eau. Celte solution s'oxyde lentement à l'air.
Ce sel est décomposé facilement par les acides minéraux avec dégagement de vapeurs vitreuses.
On peut l'obtenir :
1" En calcinant l'azotate de potassium au rouge sombre, dans un creuset de platine;
2° En fondant l'azotale de potassium avec du plomb;
5° En saturant de la potasse par les gaz qui se dégagent lorsqu'on attaque l'amidon par l'acide azotique;
A° En réduisant le nitre en dissolution par le zinc ou l'amalgame de zinc.
Chlorate de potassum. C10"'K = 122,6. Sel de BertJwllet. Muriate oxijgéné de potasse. Ce sel est blanc, cristallisé eu lamelles transparentes appartenant au système clinorhombique ; il possède une saveur fraîche, piquante et désagréable. Les cristaux sont anhydres, inaltérables à l'air; ce sel est un peu soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau bouillante.
0° = 3,3 pour 100; 20° 7,2; 40° 14,4; 100° 61,5.
Au reste, la solubilité peut être représentée par la formule d'interpolation suivante :
S = 5,3 H- 10,9/+ 0,0045 (^ (C. Bz.)
Le chlorate de potasse est insoluble dans l'alcool fort.
Ce sel fond à 554 degrés. Si on élève la température, il perd de l'oxygène et se transforme en perchlorate, puis en chlorure de potassium. En le chauffant avec du bioxyde de manganèse ou d'autres oxydes, on évite la formation du perchlorate de potassium. Ce sel donne tout son oxygène; il se transforme en chlorure de potassium.
Comme l'azotate de potassium, il agit comme corps oxydant. Chauffé avec des matières organiques, il les détruit complètement, etcette propriété a été utilisée pour faire les premières analyses organiques. On l'utilise dans les recherches toxicologiques en le faisant agir par voie humide, en même temps que l'acide chlorhydrique ; les deux corps réagissent en produisant du chlore et des composés oxygénés du chlore, plus particulièrement du peroxyde.
77 i POTASSIUM.
Le chlorate de potasse est décomposé à froid par l'acide sulfuriqiie, avec dégagement d'anhydride hypochlorique, qui détone avec la plus grande facilité.
Les matières organiques carbonées en général, le soufre, le charbon et encore beaucoup d'autres corps formant avec le chlorate de potasse des mélanges, s'enflamment au contact de l'acide sulfurique concentré.
On peut faire détoner le chlorate de potasse au moyen d'un choc violent. On peut aussi avec lui faire des poudres détonantes et des pièces d'artifice.
Préparation. Dans les laboratoires, etjadis industriellement, on obtenait le chlorate de potassium en faisant passer un courant de chlore dans une solution de potasse chaude et concentrée, qui était transformée en chlorate et chlorure de potassium, qu'on séparait en utilisant leur différence de solubilité.
Aujourd'hui on chauffe un mélange d'hypochlorite de chaux et de chlorure de potassium. La chaleur a pour effet de transformer l'hypochlorite en chlorate, lequel réagit à son tour sur le chlorure de potassium pour donner par double échange du chlorure de calcium très-soluble, et du chlorate de potassium qui cristallise en presque totalité par refroidissement.
On purifie le sel par des cristallisations successives.
Usages médicaux. Les propriétés générales ne diffèrent pas essentiellement de celles des autres composés du potassium. (.)n ne le prescrit plus aujoiu'd'hui que pour combattre les afl'eclinns de la bouche et du pharynx, sur lesquelles il possède une action très-réelle. Ainsi on l'ulilise soit à l'état de gargarismes, de collutoires, de pastilles dans le cas de stomatites détentes fortes, de gingivites, de salivation mercurielle, et les angines diphthéritiques ou pseudo-diphlhcritiques.
On peut en absorber de 4 à 8 grammes par vingt-quatre heures. Il serait imprudent de dépasser la dose de 10 granmies.
Absorbé à l'intérieur, le chlorate de potasse passe très-rapidement par la salive. Son absorption est très-prompte, ce qui fait qu'en prenant, dans les maux de bouche ou de gorge, quelques pastilles de chlorate de potasse, l'action du médicament est pour ainsi dire continue.
Sulfates de potassium. L'acide sulfurique étant bibasique doit former au moins deux sulfates avec le potassium : un sulfate neutre et un sulfate acide.
On connaît en outre un quadrisulfate.
Sulfate neutre de potassium. S04î^:= 174,2. Ce composé est très-anciennement connu, les Anciens le désignaient sous différents noms, tels que sel duobus, sel polychreste, tartre vitriolé, nilre vitriolé. On le rencontre dans la nature en "rande quantité, par exemple, dans les mines de Stassfurt, puis dans les laves du Vésuve. L'industrie le retire des cendres des varechs.
Le sulfate neutre de potassium est un sel blanc cristallisant e:i prismes, à six faces terminées par des pyramides. Ses cristaux sont anhydres, durs, et craquent sous la dent. Leur saveur est salée et amère. Lorsqu'on les chauffe, ils fondent sans se décomposer.
La solubilité du sulfate de potassium dans l'eau n'est pas très-grande, ainsi àO dc^ré 100 parties d'eau dissolvent 8 parties 4 de sel et ù 100 degrés 26,2. La solubilité croît très-approximativement comme la température ; elle peut être représentée par la formule assez simple ; que voici :
Préparation. Une bonne quantité du sulfate de potasse industriel est retirée
■das cendres du varech. On épuise ces cendres méthodiquement et il arrive un moment où la densité des liqueurs oscille de 18 à 8 degrés Baume. Elles renferment alors principalement du sulfate de potassium que l'on isole par concentration et cristallisation.
A Stassfurt, on prépare ce sel en faisant réagir la Idesérite ou sulfate naturel de magnésium sur la carnallite ou chlorure double de potassium et de magnésium. Par double décomposition il se forme du sulfate de potassium qui, peu soluble, se dépose en grande partie.
Usages pharmaceutiques. Ce sel est employé journellement dans le midi de la France, principalement pour faire passer ic lait des nourrices. On l'administre à cet effet à la dose de 4 grammes par jour dans 1 litre de tisane do chiendent et de racine de canne de Provence. On peut porter sans inconvénients la dose a 8 grammes. Il agit dans ce cas comme laxatif; pour obtenir une véritable purgation il faudrait, tout au moins pour la majorité des personnes, en absorber une trentaine de grammes, mais il pourrait y avoir de graves inconvénients, car ce sel à une telle dose peut produire des empoisonnements. On a rapporté en effet plusieurs cas d'empoisonnements pour des doses de 60 grammes. Quoi qu'il en soit, il ne faudrait pas croire que l'on puisse administrer ce sel en lieu et place du sulfate de sodium ou de magnésium, grâce au potassium qu'il renferme il possède des propriétés spéciales qui le rendent vénéneux à haute dose. Ainsi, si on peut faire vivre des poissons dans des solutions au 25'' de sulfate de sodium ou de magnésium, on les voit périr très-rapidement dans des solutions au 100<^ de sulfate de potassium.
On a beaucoup parlé depuis quelque temps et on parle encore aujourd'hui de ce sel, à cause de sa présence dans les vms plâtrés. Comme on le sait, l'addition du plâtre ou sulfate de chaux à la vendange a pour effet de donner du sulfate de potassium qui reste dissous dans le vin. Cette méthode du plâtrage qui est très-ancienne a un bon côté, car elle permet la conservation de vins qu'il serait peut-être difficile de garder. Mais la présence d'un sel laxatif dans le vin constitue un grave inconvénient. Les pouvoirs publics ont fliit étudier cette question par les conseils d'hygiène et les autres corps autorisés et, pour sauvegarder le mieux possible tous les intérêts, les réponses généralement formulées ont été que le plâtrage pouvait être admis, à la condition que les doses de plâtre soient telles que le vin une fois terminé ne contiendrait pas plus de 2 grammes par litre de sulfate de potassium.
Sulfate acide de potassium. SO*KH = 156,1. Bisulfate de potassium. C'est un sel très-acide qu'on obtient en neutralisant à moitié, de l'acide sulfurique par de la potasse. 11 est très-soluble dans l'eau; lorsqu'on le calcine, il se transforme en pyrosulfate de potassium, S'O'K-.
Il n'a pas d'emplois médicaux. En pharmacie on peut l'utiliser dans certaines réactions au lieu et place de l'acide sulfurique.
Sulfites de potassium. Il existe : un sulfite neutre SO^K^, cristallise en octaèdres clinorhombiques, solubles dans l'eau, qu'on obtient en saturant par de l'anhydride sulfureux une certaine quantité de potasse, puis en ajoutant au produit une égale quantité d'alcali.
Un sidfite acide. SO^KH, obtenu par saturation de potasse libre ou carbonatée par de l'anhydride sulfureux. Ce sel n'existe qu'en dissolution.
Les sulfites de potassium ne sont pas utilisés en thérapeutique; ils possèdent toutefois les propriétés antiseptiques et antifermentescibles de l'acide sulfureux.
Phosphates de potassium . H en existe trois :
Un phosphate monopotassique, PhO^KH-;
Un phosphate bi|>olussique, PhO'*K-H ;
Un phosphate tripotassique PhO^K^.
Ils ne sont pas utilisés en médecine. Lorsqu'on veut administrer un phosphate alcaHn, on s'adresse de préférence au phosphate disodique.
Il en est de même des pyrophosphates, des métaphosphates et de l'hypophospliile.
AnsÉisiATfîs DE POTASSIUM. Il eu existe également trois :
Un arséniate monopotassique, AsO'KH- ;
Un arséniate bipotassique, AsO'K-H;
Un arséniate tripotassique, AsO^K^.
Le premior de ces arséniates ou ai'^éniale aride est seul usité. La solution, est faiblement acide au tournesol. Il cristallise sous forme de prismes à quatre pans terminés par des pyramides à quatre faces.
On l'oblient en chauffant au rouge dans un creuset un mélange intime d'acide arsénieux et d'azotate de potasse.
Ce sel, désigné anciennement sous le nom de sel arsenical de Macquer, a été employé à l'intérieur à la dose de 1/5 de centigramme à 1 centigramme.
L'arséniate bipotassique owarsémate neutre est incristallisable et déliquescent. 11 n'est pas usité.
Il en est de même de Varséniate tripotassique, qui, lui, peut cristalliser en aiguilles fines et transparentes.
Arsémte de potassium. AsO''K-H. On obtient ce produit en faisant digérer de l'acide arsénieux avec du carbonate de potassium. 11 peut cristalliser. Ce sel est fréquemment employé en médecine sous la forme de liqueur de Fowler, qu'on obtient do la manière suivante :
Acirle arsénieux 1 giamme.
Carbonate de |)Otassiura pui 1 —
Eau distillée 95 —
Alcoolat de mélisse composé 3 —
On introduit dans un ballon en verre le mélange d'acide arsénieux et de carbonate de potassium avec la quantité d'eau prescrite. On fait bouillir jusqu'à dissolution complète et on ajoute après le refroidissement l'alcoolat de mélisse et de l'eau pour parfaire le poids de 100 g>-ammes.
Cette liqueur renferme le 100'^ de sou poids d'acide crsénieux {Codex).
Hypochlorite de potasse. ClOK. Eau de Javelle. Ce produit n'a plus qu'un intérêt historique; il est remplacé universellement par l'hypo^hlorite de soude, qui possèJe les mêmes propriétés et revient à un prix moins élevé.
On l'obtient en faisant passer un courant de chlore dans une solution do potasse étendue et froide qui est transformée en un mélange d'hypochlorite et de chlorure, ou bien en décomposant une solution d'hypochlorite de chaux par du carbonate de potassium.
Silicates de potassidm. On donne le nom de silicate de potasse au mélange des différents silicates que l'on obtient eu unissant la potasse à l'acide silicique.
On a décrit :
Un monosilicate de potassium, obtenu en chauffant fortement CD parties de carbonate de potassium avec 31 parties d'acide silicique. C'est un produit qui se présente sous la forme de cristaux nacrés. Il a pour formule SiO^Iv'.
Un bisilicate de potassium qu'on obtient en dissolvant la silice gélatineuse dans un excès de potasse bouillante et en ajoutant à la solution refroidie la moitié de son volume d'alcool. Il a pour formule Si-O^K^
Un tétrasilicate de potassium qui n'est autre chose que le verre soluble de Fucbs, et qui se présente avec l'aspect d'une masse vitreuse dure : sa formule est Si'O'K^ On l'obtient en calcinant 15 parties de quartz en poudre avec 10 parties de potasse et 1 partie de charbon, jusqu'à vitrification complète.
Dans l'industrie, on prépare les silicates de potassium par le procédé de Fuchs, qui donne le tétrasilicate. On le traite par l'eau bouillante pour obtenir des solutions concentrées.
Kuhlmann obtient ces produits en faisant digérer dans des autoclaves du silex étonné et réduit en poudre fine, avec des lessives de potasse, sous une pression de plusieurs atmosphères. On obtient ainsi rapidement des solutions de silicate marquant 35 degrés Baume.
L'industrie et les arts utilisent beaucoup ces silicates.
Vidages médicaux. Le silicate de potassium est employé en chirurgie, on en imbibe les bandes de toile destinées à l'aire des appareils inamovibles. On garnit le membre d'ouate et on roule la bande encore humide. Une lois sec, le bandage a une dureté très-considérable. Cet effet est dû à l'action de l'air qui décompose le silicate avec mise en liberté de silice qui prend une très-grande ténacité.
Acétate de potasse. CMT'O^K. Terre foliée végétale. L'acétate de potasse est un sel qui existe naturellement dans les végétaux, il est blanc et cristallin. On le trouve dans le commerce sous forme de masses poreuses et légères. Il est très-déliquescent, d'une saveur fraîche et piquante. 11 est excessivement soluble dans l'eau, et très-soluble dans l'alcool. Il donne avec l'acide acétique un bi-acé(ate qui se décompose au-dessus de 'JGU degrés.
Pour le préparer, on place de l'acide acétique dans une capsule en argent, on le sature presque complètement avec du carbonate de potasse et on évapore avec précaution. On voit au bout d'un certain temps se former à la surface une pellicule légère, boursouflée, dont l'épaisseur augmente successivement. On rejette cette pellicule sur le bord de la capsule avec une spatule en argent et on continue ainsi jusqu'à ce que tout le liquide soit évaporé. Le produit encore chaud est placé dans des flacons bien secs et hermétiquement fermés.
Usages médicaux. L'acétate de potasse est un diurétique puissant lorsqu'on l'administre à petites doses, 1 à 5 giamnies par jour dans 1 litre de tisane. A plus forte dose, il est fondant et apéritif.
On l'a administré jusqu'à la proportion de 100 grammes par jour dans le cas à'uréthrite aiguë et subaiguë.
Tartrates de potassium. Il existe deux tartrates de potassium, l'un acide, ordinairement désigné sous le nom de crème de tartre, et l'autre neutre.
1° Tartrate neutre de potassium. C''ir*0''K^,l/-^ll-0. C'est le lartre tartarisé, tartre soluble ou sel végétal des Anciens. Ce sel cristallise dans le système clinorhombique. 11 est soluble dans l'eau, très-peu dans l'alcooi. Ses cristaux se conservent difficilement à l'air humide. Sa saveur est désagréable.
On l'obtient en neutralisant à chaud la crème de lartre par du carbonate de potasse.
Usages médicaux. On l'a employé comme diurétique et fondant à la dose
778 POTENTILLE (botanique).
(le 15 à 30 grammes. Il a l'avantage de ne pas produire de coliques et d'agir très-promptement. Il est du reste fort peu usité en France. Dans l'économie, il subit une véritable combustion qui a pour effet de le transformer en bicarbonate de potasse.
!2° Tartrate acide de potassium. C^l'O^KII. C'est la crème de tartre retirée du tartre brut qui se dépose dans les tonneaux de vin.
Ce corps se présente sous forme de cristaux durs, d'une saveur acidulé; ils sont inaltérables à l'air. La crème de tartre est peu soluble dans l'eau froide, mais beaucoup plus dans l'eau bouillante et dans les acides minéraux concentrés. Elle est insoluble dans l'alcool.
Ce sel est décomposé par la chaleur en répandant une odeur spéciale due à l'acide tartrique, cette odeur est un peu caramélisée. II laisse un résidu noir de carbonate de potassium mélangé à du charbon : c'est le flux noir des Anciens. Si on calcine avec une suffisante quantité de nitrate de potasse, de façon à brûler tout le charbon, le résidu est blanc et formé de carbonate de potassium plus ou moins pur. On donne à ce résidu le nom de flux blanc.
La crème de tartre se retire des tarlres bruts et des lies de vin, par simples cristallisations successives.
Usages médicaux. Quoique ce produit ait une action équivalente à celle des autres tartrates alcalins, il est fort peu employé à cause de son peu de solubilité.
Au reste, aux tartrates de potasse on substitue généralement des tartrates doubles plus solubles. Tels sont le tartrate double de potasse et de soude ou sel de Seigneile et le tartrate borico-potassique ou crème de tartre soluble.
OxALATKs DE POTASSIUM. L'oxalate neutre de potassium, C-O'K-, H'O, est obtenu en neutralisant exactement l'acide oxalique ou le sel d'oseille naturel par de la potasse. Il est très-soluble dans l'eau.
L'oxalate acide de potassium. C^OHill, II'O. Est obtenu en saturant l'acide oxalique à moitié par de la potasse. Il est peu soluble dans, l'eau froide.
Le quadroxalate de potassium. C^0'iIK,C^H-0'*,4 l'-O. Est une combinaison d'oxalate acide et d'acide oxalique. C'est un sel très-acide.
Le sel d'oseille du commerce est un mélange d'oxalate acide et de quadrooxalate. On l'emploi en teinture pour réduire et corroder les couleurs. Il est fréquemment utilisé pour enlever les taches d'encre et de rouille.
Ce sel est vénéneux et il a occasionné un certain nombre d'empoisonnements
{VOIJ. OXALATES).
Nous ne pouvons parler ici de tous les sels de potassium. Nous venons d'indiquer les principaux; pour les autres, notamment pour ceux qui présentent quelque intérêt, on les trouvera décrits sous la dénomination de sel de l'acide générateur Ch. Blarez.
POTEXTILLE (Potentilla T.). § I. Botanique. Genre de Rosacées- Fragariées, qui a des fleurs 4,5-mères, avec tous les caractères des Fraisiers, sinon que leur réceptacle demeure sec ou spongieux, au lieu de devenir charnu et pulpeux. Il y a des Potentilles à androcée 5-andre ou lO-andre, comme les Horkelia, et d'autres où l'androcée est réduit à un seul carpelle, comme le Stellariopsis. Ce sont des herbes, paifois frutescentes, des régions froides et tempérées du monde entier, à feuilles alternes, digitées ou pennées, à stipules adnées à h base du pétiole, à tleurs axillaires ou terminales, solitaires ou en cymes corymbiformes. On en distingue environ 250 espèces, que nous avons
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distribuées dans onze sections {Ilist. des pL, I, 572). Celles qui sont utiles à la médecine sont peu nombreuses.
Le P. reptans L., ou Quinte feuille, Main de Mars, Patte de pigeon, Chacourroie, est Je Pentaphyllon des anciens formulaires. Son rhizome est astringent, fébrifuge. Il fait partie de la Thériaque et du Baume vulnéraire. Qui croirait que à une certaine époque il a eu toute la réputation des Quinquinas?
Le P. fruticosa L. est cultivé dans nos jardins botaniques. Pallas dit qu'en Sibérie on substitue l'infusion de ses feuilles à celle du Thé. Le P. rupesitis est dans le même cas, tonjoin-s en Sibérie.
V Herbe aux oies ou Ansérine est le P. anserina L. Ses feuilles, son rhizome, sont astringents. C'était jadis un'grand remède des hémorrhagies, surtout des hémoptysies, de la diarrhée, de la leucorrhée, etc. On l'a même vanté contre la phlhisie pulmonaire.
Le P. Tormentilla Nestl. est le Tornientilla erecta L., exceptionnel dans le genre par ses fleurs tétramcrcs. C'est aussi un astringent jadis célèbre, et l'on employait surtout son rhizome.
Le Comarum palustre L. est aussi une Potenlille, le P. Comarum Nestl Sa racine et ses feuilles sont astringentes, fébrifuges, tannantes. IL Bn.
Bibliographie. — T., Inst. Hei herb., 295, t. 152. — L., Gen., n. 634. — T., Gen., 358, 453. — Gaîrtn., Frud., I, :.50, t. 73. — Lamk, Dkt., II, 527; Suppl., H, 067; lllusfr., t. 442. — Nestl., Monogr. Patent., 35. — DC, Prodv., II, 571. — Spacii, Suites à Duffon, I, 469. — MÉn. et de L., Dict. Mat. ?ncd., V, 489. — Guib., Droff. .nnipl., éd. 7, III, 304. — " Endl., Gen., n. 0303. — Gaz., Tr. prat. pi. me'd. indig., éd. 5, 76, 889, 899. — Rosexth.. Syn. plant, diophor., 961. — II. Bn., Ilist. des pi., ï, 367, 466, fig. 420-427; Tr. Bol. méd. phanér., 547. II. Bn.
§ IL Emploi médical. Dcux espèces de ce nom figurent, ou plutôt figuraient naguère dans la matière médicale : la potentille argentine ou Polentilla anserina et la lormenlille ou Polentilla tormentilla. Elles possèdent des propriétés astringentes analogues, mais d'énergie et d'emploi différents.
L Argentine. Vulgairement potentille des oies.
Matière médicale. C'est la plante desséchée et entière, tige, feuilles et racines, qui est utilisée dans la médecine populaire, en raison de sa richessse en tannin. Ce dernier existe dans tous les organes de végétations, mais néanmoins il est en plus grande abondance dans les racines.
2" Usages thérapeutiques. On a préconisé l'argentine à titre d'astringent.
A cet effet, on l'a prescrite contre les flux intestinaux et la leucorrhée, soit sous forme de tisane, soit en injections. Elle a été aussi employée pour diminuer les hémorrhagies. Enfin, elle emprunte encore au tannin des propriétés diurétiques et fébrifuges qu'on a proposé d'utiliser.
5° Mode d'administration. On a prescrit le plus souvent la tisane d'argentine, que l'on préparait par la décoction de 30 grammes de la plante sèche dans 1 litre d'eau. Le suc à'amérine a été administré à la dose de 2 à 4 grammes dans le but de combattre la fièvre.
IL ToRMENTiLLE. Vulgairement désignée sous le nom de Blodiot, possède des propriétés plus actives que la potentille argentine.
i" Matière médicale. La racine desséchée est seule usitée; on la trouve dans les officines sous la forme de morceaux irréguliers, ayant la grosseur du
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doigt, à surface irrégulière, noueuse et tuberculeuse. Sa couleur est brunâtre au dehors et rouge au dedans; sa texture est dense et compacte. Elle n'est pas sans quelques analogies d'aspect avec la racine de bistorte.
2" Composition chimique. D'après les analyses de Meissner, la racine de tormentille contient les principes suivants : gomme ou pectine, cérine, myricine, matière colorante rouge, huile volatile, ligneux, extractif et tannin.
La matière colorante ou rouge de tormentille est assez abondante, le tannin y existe en notables quantités, puisque, d'après quelques analyses, il s'y trouverait dans le rapport de 17 pour 100.
Un acide particulier en a été extrait par Rembold; c'est l'acide quinovique, poudre cristalline qui serait identique avec un principe contenu dans les quinquinas.
5" Action phi/ biologique et emploi thérapeutique. Les propriétés physiologiques de la tormentille sont celles des corps riches on tannin. Elle emprunte à cette substance ses propriétés, et on pourrait, pour ce motif, lui donner, avec Fonssagrives, le nom de ratanhia indigène. Elle est donc indiquée pour tarir les sécrétions pathologiques, et, à ce titre, on l'a prescrite contre les diarrhées rebelles, la dysenterie chronique, les hémorrhagies passives. Gomme l'ansérine, elle a été prescrite à titre de fébrifuge, et essayée contre les fièvres intermittentes.
D'autre part, elle possède, comme le tannin, des propriétés diurétiques assez puissantes. Elle paraît indiquée, d'après Gubler, dans les oliguries par congestion rénale.
A l'extérieur, on l'a employée en gargarisme pour combattre les gingivites, les stomatites ulcéreuses et le ramollissement des gencives. Elle a servi aussi sous forme de lotion excitante au pansement des ulcérations atoniques, et sous forme de topique pour faciliter la résolution des épanchements sanguins, des contusions et des ecchymoses. Un remède populaire du panaris consiste à enduire la région malade avec un mélange de poudre de tormentille et de jaune d'œuf, et à la recouvrir d'un cataplasme.
Enfin, en injections et en lotions, elle ne serait pas inefficace dans le traitement de la leucorrhée et de la blennorrhée.
4° Modes d'administration et doses. La poudre de tormentille s'ingère à la dose quotidienne de 2 à 4 grammes. Elle est peu employée. La décoction obtenue avec une dose de 60 grammes de racines et 1 litre d'eau bouillante, ou l'infusion préparée avec une dose trois fois moins forte de cette racine, est préférée le plus souvent pour répondre aux mêmes indications. Cette tisane est tout à la fois astringente, diurétique et tonique.
Le vin de tormentille contenant 60 grammes de racines pour 1000 grammes de véhicule sert aux mêmes usages.
On l'emploie encore en lotions, fomentations, injections, et sous la forme de cataplasmes astringents saupoudrés de tormentille pulvérisée.
Enfin, elle entre dans la préparation de la thériaque et du diascordium et, mélangée avec la racine de bistorte et l'écorce de grenadier, dans la composition des espèces astringentes du Codex. Ch. Eloy.
POTERIE (Louis-Antoine Élie de la). Son nom de famille est Elie, né à Coutances en 1752 II a été reçu bachelier en médecine à Caeu en 1758. Sa thèse a pour titre : Thèses phijsiologicœ de secretiomim theoria. Il continua ses études
POTIEH. TSl
à Paris et devint successivement docteur régent de la Faculté, membre de la Société royale de médecine, inspecteur des hôpitaux militaires du royaume et premier médecin de la marine à Brest. 11 prit part à la discussion sur le magnétisme animal, par une brochure intitulée : Examen de la doctrine d'Hippocrate sur la nature des êtres animés, sur le principe du mouvement et de la vie, sur les périodes de la vie humaine, poxir servir à l'histoire du magnétisme animal. Brest, 1785, in-8". Dans cet opuscule, il déclare que, « si le fluide universel peut être dirigé par quelque moyen que ce soit, et devenir un instrument de curalion, c'est surtout dans le globe de l'œil, dont toutes les parties sont organisées pour lui donner accès » ; les hynoptiseurs pourraient s'emparer de cette phrase. Élie de la Poterie a publié aussi : Recherches sur Vétat de la médecine dans les départements de la marine. Paris, 1791, in-4".
— Recherches sur Vétat de la pharmacie considérée dans ses rapports à la médecine des départements de la marine. Paris, 1791, in-4". 11 est mort à Brest, le 23 mai 1794. A. D.
Poterie (PiERRE DE la). Médecin du dix-septième siècle, né à Angers. Connu sous le nom de Poterius, il s'était fixé à Bologne, en Italie, et s'acquit une certaine réputation comme médecin spagirique. Plusieurs de ses ouvrages sont devenus très-rares, nous en donnerons les titres : Observationum et curationum insignium centuriœ III. Venise, 1615, in-S"; Cologne, 1022, 1625, in-12; 2« édit., Bologne, 1622; Cologne, 1623, in-12, 5^^ édit. 1043, in-4».
— Pharmacopœa spagirica nova et inandita. Bologne, 1622, iu-8", 1635, in-4"; Cologne, 1624, in-12. C'est dans ce recueil que se trouvent indiqués les remèdes dits secrets que l'auteur avait inventés. Ses œuvres complètes ont eu aussi plusieurs éditions : Opéra omnia medica ac chymica. Lyon, 1645, 1653, in-Ç"; Francfort, 1666, in-8", 1698, in-4°. On dit que Poterius périt assassiné par un ami jaloux de sa gloire. A. D.
POTUOS {Pothos L.). Genre de plantes de la famille des Aroidées et du groupe des Callacées. Ce sont des herbes asiatiques, vivant suspendues aux arbres au moyen de longs stolons très-résislants. Leurs feuilles sont alternes, simples, pétiolées, très-entières, à pétiole court, membraneux, dilaté au sommet. Les fleurs sont disposées en tète globuleuse sur un spadice latéral, pédoncule, enveloppé d'une spathe courte en capuchon. Elles ont un périanthe simple, tétramère, et quatre étamines opposées aux divisions du périanthe. Les fruits sont des baies globuleuses renfermant une ou deux graines sans albumen.
L'espèce principale, P. scandens L. ou Aparua de Bheede {Hort. malah., 7, tab. 40), croît sur les côtes du Malabar et aux Indes Orientales. Elle n'offre aucun intérêt au point de vue médical.
Le P. fœtida L., dont la souche est fréquemment employée en Amérique comme antispasmodique, appartient au genre Symplocarpus {voy. ce mot).
Ed. Lef.
POTIER (Michel). Connu sous le nom de Poterius, et qu'il ne faut pas confondre avec Pierre de la Poterie, était Français, mais a vécu en Allemagne. Tout à fait alchimiste, laborieux chercheur de lu pierre philosophale, il s'est vanté comme tous ses coreligionnaires es alchimie, d'avoir surpris les secrets de là
nature. Ses ouvrages sont nombreux et sont indiqués au t. III de YHistoire de la philosophie hermétique.
Nous citerons seulement les principaux :
I. Compendium philosophicum, materiam totamque miraculi lapidis philosophorum septlngenlis octoginta quatuor libros occuUolis processum demonstrans. Francfort. ItJlO, in-'12. — II. Veredarius hermetico philosopkus lœtum et inauditum nuncium adfereus^ scilicet revelationem secreti de couficlendo lapide philosophico. Francfort, 1822, in-8°. A. D.
POTIOX. La potion (de potare, boire) est une préparation magistrale, à composition variable, prescrite par le médecin au moment de l'emploi. Ce médicament est liquide et destiné à être pris par la bouche. On l'administre par cuillerées à des heures déterminées.
Le poids d'une potion est généralement de 50 à 500 grammes, mais le plus communément de 125 grammes. Cette quantité doit être absorbée dans les vingt-quatre heures, soit en une seule fois, soit par doses plus ou moins considérables.
Il entre ordinairement dans sa préparation : un sirop à la dose de oO à 60 grammes, des eaux distillées «u des infusions végétales à la dose de 60 à 120 grammes. Le sirop et les eaux distillées constituent souvent la base médicamenteuse (le la potion, mais fort souvent ils ne servent que de véhicules à des substances plus actives.
On peut établir que ce genre de préparation est constitué par :
Un véhicule. Partie destiuée à faciliter la prise du médicament.
Une base. C'est la substance active qui, dissoute ou tenue en suspension dans le véhicule, agira sur l'organisme.
Un adjuvant. C'est un médicament voisin de la base comme action, d'autre fois fort dissemblable, qui a pour propriété d'aider à l'action do cette base.
Un accessoire. On appelle ainsi la substance qui, ajoutée à la potion, en permettra l'absorption, soit qu'elle rende le médicament plus agréable, soit qu'elle lui donne une couleur convenable.
On distingue trois genres de potions : les juleps, les looclis, les potions proprement dites,
Juîep (du latin Julapium). On donne ce nom à une potion adoucissante composée de sirops, d'eaux distillées médicinales, auxquels on ajoute quelquefois des mucilages et des acides, mais jamais de poudres, ni de substances huileuses ou extractives capables d'en troubler la transparence.
On prépare les juleps par le simple mélange des substances qui les composent. Étant de nature fort altérables, on les renouvellera tous les jours. On les prescrira à la dose de 125 grammes environ et devant être pris par cuillerées d'heure en heure, de façon à être absorbés dans les vingl-quatre heures.
On a à peu près abandonné celte variété de la potion, cependant on prescrit encore certains juleps, à savoir :
Le julep gommeux du Codex dans la préparation duquel entrent :
Gomme arabique 8 grammes.
Sirop de guimauve 50 —
Eau distillée de fleurs d'oranger 13 —
Eau pure 90 —
Triturer dans un mortier de verre la gomme avec l'eau, ajouter le sirop et l'eau distillée. Il sert quelquefois de véhicule à des bases ou substances actives.
On emploie encore fre'quemment le jnlep calmant qui renferme :
Sirop d'opium 8 grammes.
Siroj! He Heurs d'oranger 2i —
Eau distillée de laitue 125 —
Ges préparations inscrites au Codex et dont la composition est bien établie permettront au médecin de simplifier sa formule magistrale. En effet, il prescrira simplement : julep gommeuv, ou julep calmant, en y ajoutant une substance active.
Looch. C'est un mucilage qui renferme, soit une émulsion d'amandes douces avec une ou deux amandes amères, soit une huile que l'on tient en susjjension par l'addition d'un jaune d'œuf. Il est toujours opaque, et a l'eau comme excipient. Etant donné sa composition, on peut comprendre combien il s'altère rapidement : aussi doit-on le prendre le plus rapidement possible. La pharmacopée donne la formule d'un certain nombre de loochs, nous allons transcrire la formule de quelques-uns :