POUDRES (P1IA.RMAC0L0GIE
ainsi dans la partie inférieure du tamis. Lorsque les substances que l'on pulvérise sont des matières acres comme l'euphorbe, les gommes-résines, les cantharides, les racines de jalap, d'ipécacuanha, les fleurs d'arnica, etc., il faut recouvrir le mortier d'un sac de peau par une ouverture circulaire duquel passe le pilon solidement attaché au sac. Lorsqu'on fait de la poudre d'une matière composée de tissus de moins en moins friables, il est bon d'en mélanger les diverses parties à la fin de l'opération. Si la partie active se pulvérise la dernière, on rejette la première poudre; c'est ce qui arrive pour le quinquina gris, la cascarille, la gomme adragante. Les feuilles, les racines fibreuses, les tiges, laissent à la fin de la pulvérisation un résidu inerte.
Modes de divinion. La pulvérisation s'opère avec divers instruments, la râpe, la lime, les meules, le pilon, etc., etc. On pratique ainsi la conhision, la trituration, la mouture, puis la pulvérisation par frottement (carbonate de magnésie), la pulvérisation avec la molette sur le porphyre ou porphijrisation, puis la diUition, qui donne les poudres de diverses grosseurs, enfin \di pulvérisation par intermède. C'est ainsi que le soufre, le protoclilorure de mercure, en arrivant en vapeurs dans un vaste récipient plein d'air froid, s'y déposent en poudre fine sur les parois du récipient; on arrose le campine avec de l'alcool pour en faciliter la pulvérisation; la vanille, les semences émulsives, se réduisent mieux en poudre en se servant du sucre comme d'un intermède.
Conservation. Il faut préserver les poudres des altérations provenant de la lumière; pour cela le mieux est de les enfermer dans des vases fumés ou totalement opaques, ou encore dans des vases de la même couleur que les poudres à conserver.
Il est de plus nécessaire que ces vases soient bien secs et bien clos, pour préserver les poudres de l'action de l'humidité et de celle de l'oxygène. Lorsque les poudres ne sont pas très-hygrométriques, des boîtes en fer-blanc suffisent.
On distingue les poudres en simples et en composées: les premières sont de nature minérale, végétale (poudre de racine, d'écorces, de feuilles, de fleurs, de fruits, de semences, etc.) ou animale (poudre de castoréum, de cantharides, d'yeux d'écrevisses, etc.); nous avons vu plus haut comment on les obtient. Les poudres composées résultent du mélange de plusieurs poudres simples.
Quelques règles sont à observer pour leur préparation. Ainsi il faut autant que possible réduire chaque substance en poudre séparément, donner à chaque poudre le même degré de ténuité pour que le mélange devienne bien homogène, pulvériser à l'aide des autres substances les matières molles telles que la muscade, la vanille, le castoréum, la myrrhe, etc., enfin mélanger avec grand soin dans un mortier toutes les poudres simples, puis les passer à travers un tamis peu serré [Codex], enfin renouveler le tamisage de temps en temps pour rétablir l'homogénéité de la masse (Huguet). Lorsque les poudres composées renferment des substances hygrométriques, il ne faut les préparer qu'en petites quantités à la fois et même au moment du besoin.
L'usage des poudres composées est de plus en plus restreint. On peut citer parmi elles :