‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.79Chapitre 12 sur 74 · POUMONS (anatomie · texte numérisé non relu

POUMONS (anatomie

Meissner, ulilisant les données fournies par le spiromètre à Ilulcliinson, Fabius, Arnold, Vierordt, Gréhant, a calculé que les poumons d'un homme fort et grand contiennent, après une inspiration ordinaire, 173 à 188 pouces cubes (3400 3700 centimètres cubes) d'air;

Après une expiration ordinaire, 165 pouces cubes (5200 centimètres cubes);

Après l'inspiralion la plus profonde (maximum pendant la vie), 250 à 510 pouces cubes (5000 à 6200 centimètres cubes);

Après l'expiration la plus profonde (minimum pendant la vie), 50 à 75 pouces cubes (1000 à 1500 centimètres cubes);

Après la mort, avant l'ouverture du thorax, 75 à 100 pouces cubes (1500 à 2000 centimètres cubes).

2» Puids. 11 est assez difficile de déterminer quel est le poids véritable des poumons, attendu que ce poids dépend en grande partie de la quantité de sang contenue dans leurs vaisseaux, et que cette quantité varie suivant une foule de circonstances.

D'après lluschke, le poids moyen du poumon est de 680 grammes. Suivant Krause, les poumons dont les vaisseaux sont modérément distendus pèsent, en moyenne, 44 onces, 5 (1424 grammes) chez l'homme et 35 onces (1 126 grammes) chez la femme. Suivant Suppey, le poids des deux poumons varie, chez l'adulte, entre 1000 et 1300 grammes.

Le poumon droit, plus volumineux que le poumon gauche, l'emporte aussi en poids sur ce dernier. La différence est de 60 à 70 grammes, chez l'adulte (Sappey).

Le poids absolu du poumon varie avec l'âge. Pendant la vie intra-utérine, il croît régulièrement à mesure que l'organe se développe. Au moment de la naissance, en même temps que la respiration s'établit, le poumon acquiert subitement un poids beaucoup plus considérable. Cette augmentation est due à l'énorme afllux sanguin déterminé par la première inspiration et venant distendre le réseau des vésicules pulmonaires. De 60 à 65 grammes que le poumon pesait avant la naissance, il passe à 110 grammes après quelques inspirations.

On a pensé qu'il n'était pas sans intérêt de connaître le rapport qui existe entre le poids du poumon et celui du corps entier, mais on comprend facilement combien il est difficile de déterminer une relation entre deux quantités extrêmement variables l'une et l'autre. Celle qui représente le poids du corps, en particulier, dépend de la stature du sujet examiné, de son développement musculaire, de son degré d'embonpoint, et de bien d'autres circonstances. Malgré toutes ces difficultés, Krause a estimé le poids relatif du poumon à 1/40, 1/50 du poids du corps, Quain à 1/37 de ce poids chez l'homme, et à 1/43 chez la femme.

Plus importante est la détermination du poids spécifique ou de la densilé du poumon, attendu qu'elle est d'une grande utilité en médecine légale. Vide d'air et tel qu'il se présente chez l'enfant mort-né, le poumon forme une masse compacte, plus lourde que l'eau, et qui, conséquémment, gagne le fond d'un vase rempli de ce liquide. Son poids spécifique est alors de 1,045 à 1,056, d'après Krause.

Quand l'enfant a respiré, au contraire, le poumon flotte sur l'eau; son poids spécifique, diminué considérablement par l'air qui a distendu ses vésicules, n'est plus que 0,5429. D'autre part, nous avons vu que son poids absolu a augmenté dans une grande proportion. Ces deux circonstances, nettement con-

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statées, permettent d'aflinner, en l'absence de toute lésion pathologique, que l'enfant a respiié pendant un temps plus ou moins long. Mais tout ce qui concerne cette constatation, ({ui porte le nom de doclmasie pulmonaire hydrostatique, a été étudié à l'article Iisfakticide, auquel nous renvoyons le lecteur.

Nous dirons seulement ici que les expériences instituées sur des animaux ont démontré que le poumon, abandonné à lui-même, ne peut, dans aucun cas, perdre spontanément assez d'air pour gagner le fond de l'eau. Quel que soit Ifr temps pendant lequel l'animal en expérimentation a respiré, ou lorsque le poumon a été insufflé, il faut soumettre cet organe à une pression énorme pour lui enlever la propriété de surnager dans l'eau. Ainsi, chez l'enfant qui a respiré vingt à trente minutes, il faut, pour atteindre ce résultat, une pression de 2 kilogrammes, 248 grammes par centimètre cube de poumon pendant neuf heures; chez l'adulte, il faut une pression de 9''e,228 pendant vingt-sept heures. Les poumons peu distendus par la respiration, mais insufHés apiès la mort, exigent une pression moindre que les poumons normaux.

II. Co;xFORiiATiOi\ EXTiîiiiEURE. fl. La surfuce extérieure du poumon distendu par l'insufflation est lisse et brillante, ce qui lient au revêtement épilhélial qu'elle présente ; revenu sur lui-même, le poumon est légèrement ridé et d'un aspect mat.

h. La couleur du poumon dépend de trois cléments, dont les proportions variables expliquent les différences de coloration qu'il présente aux divers âges et dans les diverses conditions physiologiques ou pathologiques ; ces éléments sont le sang contenu dans les vaisseaux du poumon, Vair qui remplit les vésicules pulmonaires, et le pigment déposé dans le tissu conjonctif interstitiel.

Chez le fœtus, et chez le nouveau-né qui n'a pas respiré, le poumon est d'un rouge lie de vin; son tissu, homogène, présente la même coloration sur une section, oii les bronches se montrent sous la forme de tractus blanchâtres.

Chez l'enfant qui a respiré, la couleur du poumon est d'un rouge plus vif, et, quand l'organe a été insufflé, il est blanc rosé.

C'est aussi celte dernière couleur, avec une teinte grisâtre, que présente le poumon à un âge un peu plus avancé. Chez l'adulte, le pigment est généralement assez abondant pour donner au poumon une couleur bleuâtre ou ardoisée. A partir de la trentième ou trente-cinquième année, le pigment noir s'accumule graduellement dans le tissu conjonctif interstitiel, où il forme des lignes plus ou moins nettes, circonscrivant les bases polygonales des lobules, et aussi dans le tissu conjonctif sous-pleural, où il constitue des marbrures ou taches irrégulières.

En examinant attentivement la surface du poumon, on y distingue, en effet, à travers une pellicule très-mince formée par la plèvre, un système de lignes noirâtres plus ou moins accentuées, qui s'unissent entre elles à angle obtus et circonscrivent des champs polygonaux, d'environ 0'^'",5 à 1 centimètre de diamètre. Ces champs répondent à des segments de substance pulmonaire appelés lobules du poumon, et les lignes qui les séparent sont des sillons ou interstices interlobulaires, remplis d'un tissu conjonctif, tantôt lâche, tantôt serré, dans lequel cheminent des vaisseaux sanguins et lymphatiques, et qui se charge, à partir d'un certain âge, de granulations pigraentaires de couleur foncée.

Quand les vaisseaux sont gorgés de sang, le poumon affecte une teinte violette ou livide ; c'est ce qui se voit particulièrement dans les parties déclives, et à la suite de certaines maladies.

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Le pigment pulmonaire augmente généralement avec l'âge, mais sa quantité varie beaucoup chez des sujets également âgés. Il se dépose de préférence dans les interstices conjonctifs qui séparent les lobules pulmonaires. Souvent aussi il s'accumule en forme de taches occupant la partie centrale de la base des lobules. Huschke a fait remarquer que la surface pulmonaire présente parfois, particulièrement sur le lobe supérieur, des parties plus foncées répondant soit au trajet des côtes, soit aux corps de verlèbre.

Au point de vue chimique, le pigment pulmonaire dilfère notablement des pigments qu'on rencontrera l'état normal, dans divers organes, tels que la choroïde et l'iris, et dans divers étals pathologiques, comme dans la mélanose. Ces derniers pigments, qui dérivent très-probablement des globules sanguins, sont décolorés par la potasse caustique el le chlore. Aucun réactif, au contraire, ne peut décolorer complètement les dépôts pigmentaires du poumon, dans lesquels Hoppe trouva 76 pour 100 de carbone. Déjà Laennec avait pensé que le pigment du poumon pourrait bien provenir de la fumée de nos appareils d'éclairage et de chauffage. La pénétration dans les petites bronches des particules de charbon suspendues dans l'air est bien établie par la coloration noire des crachats des personnes qui ont respiré dans un air chargé de la fumée d'une lampe. D'autre part, la grande abondance du pigment noir pulmonaire chez les ouvriers des mines ne laisse guère de doute sur l'origine extérieure et la nature de cette substance. Une preuve décisive de celte origine, enfin, a été fournie par Traube, quand il a reconnu au microscope, dans quelques particules de matière noire prises dans les poumons d'un charbonnier, les cellules et les canalicules ponctués du Pinus sylvestris.

Du reste, les expériences de Huppert sur des animaux auxquels on faisait respirer des poussières de charbon ont montré surabondamment que le mode de pénétration de ces poussières est le même que celui que nous observons dans l'intestin et dans la peau, c'est-à-dire qu'elles entrent dans l'organisme par effraction, comme on a dit, grâce à leurs angles aigus et à leurs arêtes tranchantes ; qu'arrivées plus ou moins profondément dans les bronches avec l'air inspiré elles se fixent d'abord sur les cellules épilhéliales, puis s'introduisent dans leur intérieur et dans les interstices du derme muqueux, d'où les courants lymphatiques les entraînent dans le tissu conjonctif interlobulaire et souspleural, ainsi que dans les ganglions.

Tout ces faits concordent parfaitement avec cette observation que, parmi les animaux, les seuls qui présentent du pigment noir dans leurs poumons sont ceux qui vivent autour de nous, dans nos appartements.

Mais il est bien certain qu'il existe aussi du pigment pulmonaire d'origine interne, probjblement patliologique ; ce sont de petites masses noires, qui pâlissent sous l'action de la potasse et du chlore. Ce pigment, qu'on peut considérer comme de la mélanine, se développe à la suite des congestions pulmonaires, et particulièrement dans l'hyperémie chronique.

c. La consistance du poumon est molle, spongieuse et élastique. Quand on comprime le tissu pulmonaire avec le doigt, on perçoit et l'on entend une crépitation très-fine, due à l'air qu'on expulse des vésicules ; la région déprimée garde l'empreinte du doigt et ne revient que lentement à sa forme primitive. Les sections pratiquées sur le poumon laissent échapper un sang rouge et spumeux.

d. Forme. On ne peut bien apprécier la forme des poumons qu'après avoir

distendu ces organes par l'insufflation. On reconnaît alors qu'ils représentent deux cônes irréguliers, à sommet arrondi, à base oblique, et dont on aurait enlevé près de la moitié interne par une section antéro-poslérieure parallèle à leur axe. La surface qui résulte de cette section est profondément excavée, pour faire place au cœur. Les coupes horizontales des poumons faites au niveau du cœur ont la forme d'une palme, à pointe dirigée en avant et en dedans (llenle) ; pratiquées au-dessus du cœur, elles se rapprochent de la forme circulaire.

Cette conformation extérieure permet de considérer aux poumons une face externe, une face interne, un bord antérieur, un bord postérieur, une hase et un sommet.

La face externe, ou costale, est convexe et s'applique exactement contre la paroi thoracique, qui semble moulée sur elle. Elle répond à la face concave des côtes et aux muscles intercostaux, dont elle n'est séparée que par le feuillet pariétal de la plèvre.

On y remarque une scissure profonde, scissure interlohaire ohlùjue, dirigée obliquement de haut en bas et d'arrière en avant, comme les côtes, et qui divise les poumons en deux portions ou lobes, l'une supérieure et antérieure, l'autre inférieure et postérieure, La scissure interlohaire oblique traverse toute l'épaisseur des poumons, jusqu'à leur pédicule; elle commence, en arrière, un peu au-dessous du sommet, et se termine à la base de l'organe, un peu derrière le bord antérieur de cette dernière. Elle empiète un peu plus sur la base à droite qu'à gauche. Le lobe supérieur du poumon comprend donc tout le sommet de l'organe et une très-petite portion de sa base, qui appartient presque tout entière au lobe inférieur. Rarement la scissure oblique du poumon gauche se termine au-dessus du bord antérieur de la base, ce qui exclut le lobe supérieur de toute partipation à la formation de la face inférieure.

Le lobe supérieur gauche est indivis ; celui de droite est subdivisé par une scissure parallèle à la base {scissure horizontale) en deux lobes secondaires, que l'on appelle lobe supérieur et lobe moyen. Le poumon droit a donc trois lobes : c'est le lobe inférieur qui est le plus volumineux; le moyen est le plus petit.

Les faces par lesquelles les lobes pulmonaires se correspondent sont planes, tapissées par la plèvre, et disposées pour glisser les unes sur les autres. Mais très-souvent des adhérences, provoquées par l'inflammation, les unissent entre elles dans une portion variable de leur étendue.

On a rencontré de nombreuses anomalies dans la disposition des lobes pulmonaires. 11 arrive quelquefois que les scissures sont incomplètes ; elles ne vont pas jusqu'à la racine du poumon et s'arrêtent à une profondeur variable. Ce fait s'observe particulièrement pour la scissure qui limite en haut le lobe moyen du poumon droit, dont la conformation se rapproche ainsi de celle du poumon gauche. Mais on l'a constaté également à gauche. « Dans un cas, dit Gruveilhier [Anat. (léser., t. 11, p. 281, 1874), le poumon gauche présentait, sur son bord postérieur, la scissure accoutumée, mais cette scissure ne dépassait pas le bord, et le reste du poumon en était dépourvu. » D'autres fois, au contraire, on trouve trois lobes à gauche comme à droite.

Il n'est pas rare de voir, sur l'un ou l'autre poumon, des scissures plus ou moins profondes partir de leur bord antérieur ou de leur face externe. On a vu le poumon droit divisé en quatre lobes, la scissure horizontale qui subdivise le lobe supérieur se continuant en arrière, sur le lobe supérieur.

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