SES
FOUGUES (Ealx iii>ÉR.i.LES de). Athermale^, bicarbonatées calciqnes moyennes, ferrugineuses faibles, carboniques fortes. (Départ^' nient de la Nièvre, airondissement et à 12 kilomètres de Nevers, à 195 mètres au-dessus du niveau de la mer. Chemin de fer d'Orléans, ligne de Nevers, à 241 kilomètres de Paris.) La saison commence le Ib mai et finit le i" octobre. Deux sources, émergeant d'un terrain jurassique, ont reçu les noms de source Saint- Léger et de puits du Couchant.
1" Source Saint-Léger. C'est la plus importante de cette station. Elle est située dans la cour qui précède le parc. L'eau de son griffon y arrive après avoir travei se les mailles d'une grille de fer qui garnit le fond de son bassin. Une belle galerie sert de promenade aux buveurs. L'eau de la source Saint- Léger n'est pas complètement limpide, elle n'a aucune odeur et elle est recouverte par une pellicule irisée d'une coloration qui rappelle celle de la rouille Son goût est piquant et sensiblement ferrugineux. Des bulles d'un gros volume et très-nombreuses la traversent et viennent s'épanouir à sa surface et se mêler à l'air sans occasionner de bruit. Par moment cependant elles éclatent de façon à être entendues à plusieurs mètres de distance. Le gaz contenu dans ces bulles est principalement composé d'acide carbonique qui ne doit pas être pur, car.il n'éteint pas les corps en combustion qui y sont plongés. L'eau de la source Saint-Léger tache promptement l'intérieur des vases qui la contiennent, et, lorsqu'on l'examine à la lumière, on voit qu'elle tient en suspension des corpuscules très-ténus qui se déposent à son fond, et qu'elle est traversée par des bulles très-fines qui s'attachent en perles aux parois intérieures des verres. Son goût est cependant agréable. Les préparations de tournenesol sont promptement rougies dans cette eau, dont la température est de 12 degrés centiorade, l'air extérieur étant à 27^5 centigrade. Sa densité est de 1,005. Boullay et Ossian DICT. EUC. 2' s. XXYIJ. i
i FOUGUES (Eaux minékales de).
Henry ont fait en 1857 l'analyse de l'eau île la source Saint-Léger et ont trouvé dans 1000 grammes d'eau les principes qui suivent :
Bicarboiiale de chaux 1,5-2(Î9
— magnéî-ie 0,.7702
— soude 0,6362
— fer 0,0206
— potasse.. . traces.
Chlorure de magnésium 0,3500
Sulfate de soude 0,2700
— chaux 0,1900
Acide siljcique et alumine 0,0350
Matière organique soluble. 0,0300
Phosphates de chau.\ et d'alumine traces.
Total des matièiies hxes 3,8549
Gaz acide carbonique libre 0t",ô3
2'J Puits du Couchant. Il est situé à 20 mètres environ de la fontaine Saint-Léger, et reçoit l'eau d'une seconde source qui est beaucoup moins minéralisée et moins gazeuse. Elle se mêle à l'eau de la source Saint-Léger avant d'être conduite à une chaudière où la température est élevée pour l'usage des bains et des douches chaudes. Elle arrive à sa température native au robinet d'eau froide des baignoires et des doudies. L'analyse chimique n'en a pas été publiée.
ÉTA.BfjssEMENT. L'ctablissenieut de Fougues est très-bien aménagé et contient des cabinets de bains et de douches pourvus des appareils perfectionnés de la balnéation moderne, mais la cure intérieure est la plus importante à Fougues, et la source Saint-Léger est surtout fréquentée aux heures de la buvette.
Mode d'administration et doses. L'eau de Saint-Léger se prend ordinairement en boisson de quart d'heure en quart d'heure le matin à jeun. Les malades boivent au début un ou deux verres, et dépassent rarement quatre ou cinq. Ce n'est que par exception que l'eau de la source Saint-Léger est ingérée pure ou coupée de vin pendant les repas. Elle est, en général, conseillée à la dose d'un ou deux verres, une ou deux heures avant le dîner. La durée des bains est la plupart du temps d'une heure; celle des douches tempérées est de dix à vingt minutes; celle des douches en jets ou en pluie avec l'eau minérale à la température de la source est d'une à trois minutes.
Effets physiologiques et thérapeutiques. Les premiers effets physiologiques qu'éprouvent les buveurs consistent en une augmentation d'appétit, une constipation et une diurée notable. La sécrétion des intestins revient à son état normal au bout de quelques jours. Il arrive même, exceptionnellement, il est vrai, que quelques personnes éprouvent un elfet laxatif. Cependant la source Saint- Léger est promptement reconstituante, agit comme analeptique, excite la circulation sanguine et stimule l'irritation nerveuse assez sensiblement pour contraindre à diminuer la dose ou arrêter tout à fait l'usage de l'eau. Les malades dont le système nerveux est très-irritable sont loin d'être tous éprouvés au même degré; quelques-uns même supportent parfaitement la cure. L'action la plus habituelle de l'eau de Fougues se montre sur presque toutes les membranes muqueuses, mais elle diffère suivant les organes. Ainsi, elle a un effet peu prononcé sur la membrane qui tapisse les voies aériennes ; elle moditie et diminue pourtant l'expectoration dans la laryngo-bronchite chronique ; elle possède, en un mot, la vertu de toutes les eaux fortement carboniques. Elle excite la tonicité
POUGUES (Eaux hiinérales de). 5
de la membrane muqueuse stomacale, augmente ses sécrétions ou en change la nature, de façon que non-seulement l'appétit est plus vif ou devient moins capricieux, mais encore que la digestion est rendue plus prompte et moins liiborieuse. L'action physiologique ou plutôt physiologico-pathologiquc spéciale de cette eau se porte sur la membrane muqueuse qui tapisse les voies urinaires, lorsque surtout ces voies ont perdu leur intégrité et sécrètent anormalement du mucus ou du pus. L'eau de la source Saint-Léger est indiquée en effet dans toutes les affections des voies uro-poétiques caractérisées par l'émission de sables ou de petits graviers, par un catarrhe simple ou purulent. Il convient alors d'avertir les buveurs, si on ne veut pas les voir abandonner leur cure, qu'ils doivent éprouver du douzième au quinzième jour une aggravation de leurs accidents. Que la gravclle soit urique ou phospbatique, l'eau de la source Saint- Léger arrête ordinairement les douleurs le plus souvent rénales que cet état pathologique entraîne presque toujours. L'usage des bains et des douches chaudes sur les lombes doit être associé au traitement interne dans la gravelle, le catarrhe, la suppuration des calices, des bassinets et de la vessie. L'eau, en boisson surtout, doit encore être prescrite dans les accidents de l'estomac accompagnés d'une sécrétion anormale de sa membrane interne, dans la dyspepsie flatnlente avec pituite et vomissements, se renouvelant presque tous les jours, soit à l'heure du lever, soit après les repas. L'eau de Pougues agit d'autant mieux dans cette circonstance qu'elle occasionne d'une manière plus accentuée la période d'exacerbation que nous avons notée en parlant de la gravelle el des affections de l'appareil urinaire. L'eau de la source Saint-Léger, prise en boisson, guérit promptement les dyspepsies produites par un embarras gastrique, mais dans les difficultés de digérer accompagnées de gastralgies ou d'entéralgies elle n'a en boisson, en bains et en douches, qu'une efficacité trèscontestable. Comme toutes celles qui contiennent du gaz acide carbonique en excès, elle agit utilement contre les catarrhes des voies aériennes, mais cette action ne se prolonge guère au delà du traitement hydrominéral. Aussi elle n'a pas la prétention de rivaliser avec l'eau de certaines sources bicarbonatées thermales fortement carboniques, et surtout avec les eaux thermales sulfuriques, si favorables dans les catarrhes laryngés et bronchiques, alors surtout qu'ils existent chez les personnes qui ont ou qui ont eu des affections cutanées. L'eau de Pougues en boisson, en bains, en douches froides ou chaudes, appliquées concurremment avec le massage, donne encore de très-bons résultats dans l'hypertrophie congestive du foie, et même dans le diabète. Dans ce dernier cas, l'eau de Saint-Léger agit à la fois comme une bicarbonatée calcique fortement carbonique, et comme une bicarbonatée ferrugineuse qui reconstitue une éco nomie profondément débilitée. Les succès de l'eau de Pougues dans la diathèse lymphatique et scrofuleuse, accompagnée même de caries ou de nécroses osseuses, s'expliquent par ce fait qu'à l'intérieur elle est analeptique, et qu'à l'extérieur ses douches froides et courtes, en jet ou en pluie, ont une action reconstituante. Nous devons répéter que les eaux thermales fortement chlorurées bromo-iodurées, conviennent alors beaucoup mieux que Pougues. L'eau bicarbonatée ferrugineuse de la source Saint-Léger est très-utile contre la chlorose cl l'anémie consécutives à une maladie aiguë, qui a exigé une diète prolongée el des émissions sanguines. Elle est indiquée encore dans les cachexies consécutives à un empoisonnement paludéen, à une fièvre intermittente, ou à un étal antérieur du sang dont les globules rouges ont été diminues ou altérés.
-4 POUJOL.
L'emploi intérieur ou extérieur de la source Saint-Léger est contre-indiqué dans la phthisie pulmonaire à toutes ses périodes, et surtout lorsque les crachements de sang sont à redouter ; dans les maladies du cœur ou des gros vaisseaux, lorsqu'il faut éviter avec grand soin d'activer la circulation et d'augmenter la plasticité du sang.
La durée de la cure est de vingt à vingt-cinq jours.
On exporte sur une grande échelle l'e^^u de la source Saint-Léger, après l'avoir chargée de gaz acide carbonique, recueilli sous un gazomètre établi sur la source. A. Rotureau.
POUILLOI^I (Ead minérale et bodes de). Eau protothermale, chlorurée sodique moyenne, carbonique faible. Département des Landes, arrondissement et à 13 kilomètres de Dax. Une seule source très-abondante émerge à Pouillon, mais on ne peut creuser à une profondeur qui varie de 4 à 10 mètres sans trouver un suintement d'eau minéiale tiède. Le griffon de cette source est reçu dans un bassin à ciel ouvert dont l'eau est claire et limpide, quoiqu'elle laisse déposer une couche notable d'une boue brunâtre. Sa réaction est légèrement acide, et son eau est traversée par des bulles gazeuses, grosses et se renouvelant à intervalles assez éloignés. Elle est inodore et son goût est légèrement salé. Sa température est de 20 degrés centigrade. Meyrac, qui en a fait l'analyse approximative, a trouvé dans 1000 grammes d'eau les principes suivants :
Clilorure de sodium 1,359
— inagnéjium 0,0i5
Sulfate (ie chaux 0,492
liicarbonate de chaux 0,057
Total pes matières fixes 1,951
L'eau de Pouillon se prend a la dose de deux à trois verres dans la matinée, et alors elle n'a aucune action physiologique appréciable. En plus grande quantité, elle est laxative et même quelquefois purgative. Les malades de la contrée se baignent dans le bassin que nous avons décrit et obtiennent en général une action favorable dans les affections rhumatismales chroniques, les névralgies et les vieux ulcères. Cette eau est en outre i éputée dans les suites de fièvres intermittentes et toutes les manifestations de la scrofule. La dissemblance des états pathologiques que nous avons énumérés indique que de nouvelles études thérapeutiques sont nécessaires avant que les médecins éloignés puissent avoir une opinion exacte des propriétés réelles de la source de Pouillon. A. Rotureau.
pOfJOL (Félix-Aa'dré-Auguste). Né à Montpellier en 1795, fut reçu docteur en médecine à la Faculté de Montpellier en 1822, agrégé de cette Faculté en 1825, puis nommé professeur de médecine pratique en ISoO. Nous citerons seulement de lui : Dti choléra morbus et de ses méthodes curatives. Paris, 1842, in-8°. — Essai de thérapeutique, basée sur la méthode analytique (suivi d'une notice sur le choléra morbus et ses méthodes et d'un conp-d'œil sur l'emploi des antiphlogistiques). Paris, Montpellier, 1833, in-S". — Sur Vemploi du polypode de chêne dans le traitement de Victère simple. In Journ. de la Soc. de méd. prat. Montpellier, t. III, 1841.
A. Bureau.
POULE. La Poule appartient, comme chacun sait, à l'ordre des Gallinace's et à la famille des Phasianidés, dont les caractères ont été indiqués dans une autre partie du Dictionnaire {voij. Faisan et Gallinacés). Elle est répandue acLuellement sur la plus grande partie du globe et se présente sous diverses formes qui correspondent soit à d'anciennes variétés d'un seul et même type, propagées et fixées par l'éducation, soit à des espèces distinctes, croisées, dans la suite des temps, les unes avec les autres. L'origine de la Poule, comme celle de la plupart de nos animaux domestiques, est en effet encore entourée d'un certain mystère. Naguère encore les naturalistes croyaient avoir trouvé la souche de toutes les races de Poules dans une espèce de Pliasianidé qui vit à l'état sauvage dans l'Inde et en Malaisie, et que Temminck a nommé Gallus Bankiva, mais aujourd'liui leurs convictions se trouvent fortement ébranlées par la découverte de restes fossiles ou subfossiles de Coqs sur divers points de l'Europe et notamment dans les dépôts d'Olmûtz en Moravie et dans les grottes de Gourdan, de Lherm et de Bruniquel, dans la France méridionale. Ce Coq, qui vivait sans doute à l'état sauvage sur notre sol, en même temps que l'Ours des cavernes, le Lion et le Rhinocéros, a pu évidemment donner naissance à quelques-unes de nos races modernes et, par exemple, de notre Coq de ferme, tandis que le Coq de Binkiva, réduit en domesticité, produisait de son côté d'autres races qui par la suite se sont alliées avec les races européennes. Celle muUiplicilé d'origine expliquerait d'une manière assez satisfaisante la grande variété d'aspect que présentent les Poules élevées dans nos basses-cours et exhibées dans les expositions agricoles.
Le Coq Bankiva occupe aujourd'hui une aire géographique extrêmement vaste. On le trouve en effet non-seulement dans l'Inde et dans l'Indo-Ghine, mais dans les îles de la Sonde, aux Moluques, aux Philippines, à Célèbes, dans l'archipel des Carolines et jusqu'en Nouvelle-Calédonie. Il est probable toutefois que dans quelques-unes des contrées que nous venons de citer ce Coq n'est pas autochthone, mais qu'il a été introduit par les Malais à une date assez récente. C'est un oiseau^de taille moyenne, mesurant environ 50 centimètres du bout du bec à l'extrémité de la queue et ]par conséquent un peu plus petit que notre Coq de ferme, dont il se distingue également par les nuances du plumage et la forme de la crête. Celle-ci est en effet fort petite en avant et va en s'élevant graduellement du côté de l'occiput qu'elle dépasse notablement. Elle est colorée en rouge vermillon, de même que les barbillons, tandis que les joues sont d'une teinte moins vive. La tète est fine, portée sur un col droit et élancé, le corps svelte, assez haut monté, la queue en partie cachée par des faucilles, c'est-à-dire par des plumes recourbées et retombantes moins longues que chez le Coq de ferme, mais également d'un vert bronzé. Le camail de plumes effilées qui couvre le cou et la partie antérieure du corps du mâle est d'un roux brûlé très-vif, passant au jaune doré eu arrière ; le dos est d'un brun pourpré ; les ailes sont variées de brun, de vert et de pourpre, et les pattes, armées d'éperons aigus et terminées par quatre doigts grêles, sont d'un gris foncé, ^tandis que le bec est d'uu bran jaunâtre.
Dans les parties montagneuses de l'ile de Ceylan on trouve une autre espèce de Coq sauvage qu'on désigne sous le nom de Coq de Lafayette ou de Coq de Stanley [Gallus Lafayetti Less.) et qui diffère du précédent par sa crête moins développée, par son plastron d'un brun rougeàtre strié de brun foncé, par ses faucilles les unes bleues, les autres violacées, et, dans les forêts des montagnes
de Chattes et de l'Inde orientale, on rencontre une troisième espèce, le Coq de Sonnerai [Galliis Sonnerati Tem.), qui se dislingue par la forme des plumes de son cou, munies d'une baguette élargie et terminées par une sorte de palette émaillée; enfin dans l'île de Java habite le Coq Ayam-alas {Gallus varius Shaw.), facilement reconnaissable grâce à sa crête simple, nuancée de verdàtre, de jaune et de rouge, à Son barbillon unique, teinté comme la crête, et à son caraail de plumes gaufrées, d'un vert métallique. Ces caractères, de même que ceux que nous avons indiqués pour le Coq de Sonnerat, le Coq de Lafayette et le Coq Bankiva, ne se rencontrent que ckez les mâles, il est presque inutile de le dire, et les femelles portent toutes à peu près la même livrée brunâtre, rayée ou maculée de fauve.
Telles sont les principales ou peut-être même les seules espèces sauvages du genre Gallus, le Gallus Temmincki Gr. et le G. œneus Tem. n'étant probablement que des formes hybrides. Quant aux races domestiques, elles sont aujourd'hui tellement nombreuses qu'il nous est impossible de les examiner en détail et que nous devons nous borner à en citer quelques-unes. Nous mentionnerons d'abord le Coq de ferme, au plumage varié de fauve, de jaune doré, de rouge et de vert métallique, à la crête droite et fortement découpée, à la queue recouverte de longues plumes recourbées en faucilles. A côté de cette race, qui descend peut-être du Coq préhistorique et qui tend à disparaître devant des races étrangères, se placent la race espagnole et la race anglaise, dite Dorking, remarquable par ses pieds penladactyles. Une race à cinq doigts plus ou moins semblable à la précédente est fort répandue en Belgique et dans le nord de la France, en même temps que la race de Carapine, au plumage tacheté de blanc et de noir. Tout près de celle-ci, ou même à titre de simple variété, quelques auteurs rangent les Poules de Hambourg, à la tête déprimée, à la crête hérissée de petites papilles pointues, au plumage tantôt noir, tantôt marqueté de noir sur fond blanc ou jaune.
Les Poules cochinchinoises, qui depuis une trentaine d'années se sont répandues dans toute l'Europe et qui en dépit de leur nom sont originaires, non de l'Indo-Chine, mais de la Chine méridionale, atteignent une très-grande taille et portent une livrée noire, blanche ou fauve uniforme. Elles sont fort appréciées, non-seulement pour la délicatesse et l'abondance de leur chair, mais aussi à .cause de leurs qualités de couveuses et de la saveur de leurs œufs. Des qualités analogues sont l'apanage de la race Brahmapoutra et de la race de Langshan, qui ressemblent du reste à la race de Shangaï ou race cochinchinoise par quelques-uns de leurs caractères extérieurs. Au contraire la race de Yokohama et surtout la race Phénix, qui sont originaires du Japon, appartiennent décidément à la catégorie des oiseaux d'agrément. Les Coqs Phénix, en effet, plus encore que les Coqs Yokohama, réclament des soins particuliers et ne peuvent être exposés aux intempéries sans perdre de leur beauté et sans souiller leurs faucilles, qui atteignent parfois une longueur démesurée.
La race de Bréda que l'on élève principalement dans les Pays-Bas s'éloigne beaucoup des précédentes par sa taille plus faible, sa tête dépourvue de crête, son cou arqué et sa queue bien fournie. Elle porte une livrée d'un blanc pur, d'un noir pourpré, d'un blanc gris, d'un gris uniforme ou varié de blanc.
Dans une autre catégorie se place la Poule de La Flèche, que l'on élève dans tout le département de la Sarthe et sur d'autres points de notre territoii-e et qui, soumise à un engraissement méthodique, produit les fameuses poulardes
du Mans. Elle se reconnaîl laeilemenl à son plumage d'un noir velouté e(, à sa crête double ou triple, formant des cornes écarLiles au-tlessus des yeux et un tubercule de même couleur au-dessus du bec. On dit ({u'elle résulte d'un croisement entre la race espagnole et la race de Padoue. Cette dernière ne peut guère être considérée que comme une race d'agrément, car, abandonnée à ellemême, elle aurait beaucoup de peine à découvrir la nourriture qui lui convient. Le sommet de la tète du Coq et de la Poule de Padoue est en effet surmonté d'une huppe touffue qui retombe au devant des yeux et gêne considérablement la vue. Cette huppe semble s'être développée aux dépens de la crête et des barbillons qui sont atrophiés. Elle offre les mêmes teintes que le reste du plumage, c'est-à-dire du blanc pur, du noir intense, du fauve clair ou du gris argenté, régulièrement marqué de noir. La Poule de Crèvecœur, originaire d'un village du Calvados, et la Poule de Houdan, appartiennent également au groupe des Poules huppées.
Tout autre est l'aspect des races dites de combat, dont la taille varie dans des limites fort étendues et dont le plumage est tantôt maillé, tantôt teint de couleurs vives et juxtaposées. L'un des représentants les plus distingués de ce groupe est le Coq malais qui, j)ar ses formes générales et son système de coloration, rappelle le Coq Bankiva, mais qui a la tète ornée d'une triple crête, très-basse. Cette race, qui paraît descendre du Coq sauvage de l'Inile et de la Malaisie, est celle qui fournit les plus nombreux champions pour les combats de Coq aux Philippines et en Chine. Elle a probablement donné naissance au Coq de combat anglais et, par des croisements ou par la sélection, à la petite race Bantam.
Enfin, pour terminer cette énumération déjà trop longue, nous citerons encore parmi les races domestiques d'agrément la Poule de soie, qui se distingue entre toutes par son plumage blanc, d'aspect soyeux et clairsemé, et par la couleur noire de sa peau, de sa chair et de ses os.
L'origine de (juelijues-unes de nos races de Poules est certainement fort ancienne. Cependant, quoi (ju'on en ait dit, il n'est pas absolument sur que le Coq dont il est question soit dans les hymnes religieux des Véilas, soit dans le Code de Manou, ait été réellement un oiseau domestique. En revanche, il est démontré que dans l'Extrême-Orient, et particulièrement en Chine, le Coq a été domestiqué plusieurs siècles avant l'ère chrétienne. Dans le Zend-Avesta le Coq est cité parmi les oiseaux dont Ormuzd a fait présent à l'humanité, et la religion mazdécnne prescrit à tout fidèle de nourrir dans sa demeure un Boeuf, un Chien et un Coq, représentant du salut matinal. Le Coq devait être également en grande vénération dans l'ancietme Babylone, puisque M. A. H. Layard a trouvé dans les ruines de cette ville un cône d'agate sur la base duquel est gravée une figure d'homme ailé en adoration devant un Coq placé sur un autel : mais, chose curieuse, on ne trouve aucune image de Coq sur les monuments égyptiens, et il n'est point question de Gallinacés de basse-cour dans l'Ancien Testament. En revanche, le Coq et la Poule sont cités à plusieurs reprises dans les Évangiles selon saint Marc et saint Luc. De même, dans l'antiquité grecque, le Coq n'est point mentionné dans les poëmes d'Homère, tandis qu'il figure dans les écrits d'Aristophane. On peut en conclure que cette sorte de Gallinacé ne fut domestiqué ou introduit dans l'Europe méridionale et dans le nord-est de l'Afrique qu'après les temps héroïques. D'autre part qu est conduit à penser, d'après le surnom de perdais donné au Coq par quelques auteurs grecs, que cet oiseau