PULVÉRISATION
L'intervention de cette méthode thérapeutique est l'œuvre en grande partie de Sales-Girons, dont les opinions ont été vivement discutées en 1862 et 1863. les uns, avec MM. Pietra-Santa, Ghampouillon, Briau et Fournie, mettant en doute l'efficacité de ce mode d'administration des médicaments liquides, les auti'es, avec Auphan, Demarquay et Trousseau, affirmant les avantages de cette méthode. Une commission académique fut nommée et Poggiale rédigea un rapport qui, à l'heure actuelle, reste encore le plus important des documents relatifs à cette question.
I. Technique des pulvérisations. Le principe des appareils pulvérisateurs est très-simple. Il consiste à ohtenir un jet de liquide qui se brise sur une lentille métallique. La poussière est d'autant plus fine et d'autant plus abondante que la compression de l'air est plus considérable.
Les modèles de ces appareils varient d'un fabricant à l'autre, mais tous sont construits d'après ces principes et s'emploient d'une manière identique. Le malade se place de façon à recevoir la poussière liquide sur les lèvres et de face, et d'autant plus près de l'appareil qu'il devra inhaler une plus grande quantité de cette poussière ou qu'il faudra la faire pénétrer plus avant dans les voies respiratoiies. De plus, après quelques séances, la tolérance s'établit et le malade pc^ut prolonger ces dernières.
Pendant la pulvérisation, le malade respire la bouche ouverte et «ans effort, en inspirant par la bouche et non par le nez; de plus, il évite les inspirations de Irop grande amplitude, surveille la pureté du liquide, dont les corps étrangers peuvent obstruer le tube, et ne quitte pas des yeux le manomètre dont la colonne doit librement fonctionner.
Les pulvérisations se pratiquent avec un liquide tiède. 11 faut donc en maintenir la température entre 25 et 30 degrés.
II. Indications thérapeutiques. Des pulvérisations sont nombreuses dans les cas d'angines, de pharyngites et de laryngites. On les a aussi prescrites dans la tuberculose pulmonaire et les bronchites. C'est donc par l'histoire de ces maladies qu'on en appréciera les indications, les contre-indications et la valeur.
Néanmoins il y a lieu de rappeler ici les arguments que les partisans et leurs adversaires font valoir contre leur emploi. Sales-Girons admettait que le liquide pulvérisé pénétrait non-seulement dans le larynx et la trachée, mais bien jusque dans les rameaux de l'arbre bronchique. Ses adversaires le niaient et, de plus, objection capitale que Demarquay et Giraud-Teulon formulaient, ce procédé aurait l'inconvénient d'abaisser la température du liquide médicamenteux, désavantage incontestable, s'il s'agit d'eaux minérales, et d'en modifier notablement la composition. De là une enquête académique dont Poggiale fut le rapporteur.
Pour vider ce différend scientifique, on eut recours à l'expérimentation et on pulvérisa dans les voies aériennes du lapin une solution de perchlorure de fer. La présence du fer dans les petites bronches fut mise en évidence par la réaction du cyanoferrure de potassium; dès lors, on ne pouvait douter de la pénétration de la poussière liquide dans l'arbre respiratoire ; les recherches de Moura, Tavernier, Henry et Fournie, étaient donc confirmées.
Le refroidissement des eaux minérales pulvérisées n'était pas douteux : aussi