PYROPHORE
PYROMÉCOXIQUC (Acide). C-'H'O''. Isonu'rique avec l'acide pyromucique et l'anliydride cilraconiquc. En chaufl'ant l'acide méconique à 220 degrés, on obtient l'acide coméniquc, qui, par la distillation, se décompose à son tour en acide pyroméconique. II constitue des cristaux de saveur très-acide, avec arrièregoùt amer, fusibles à 121", 5, distillables de 227-228 degrés, sublimables, trèssolubles dans l'eau et l'alcool. Ses sels sont très-instables et se colorent à la lumière. L. Hn.
PIRO^IELMQL'E (Acide): C'^II^'O^ Isomérique avec l'acide peclinique et l'acide mellophanique. S'obtient par distillation de l'acide mellique; cristallise dans l'eau avec deux molécules d'eau en prismes incolores, peu solubles dans l'eau froide, dans l'eau cliaude et l'alcool, fusibles à 264 degrés; il donne à la distillation l'anbydride, C'II-O''', en cristaux volumineux, fusibles à 286 degrés. ' L. Un.
PYRo:viORi\TA]\^'iQL'E (Acide). Voy. Pyuocàtéchine.
Pi'ROlirCAMlDE. C'^II'.Az.O-. Produit de l'action de l'ammoniaque sur le cliloropyromucyle. Klle forme des cristaux incolores, fusibles à 150 degrés, sublnnables dès 100 degrés en Unes aii^uilles, solubles dans l'eau et dans l'alcool. L. lI-\.
PYROSirciQL'E (Acide). C"H'0\ Prend naissance dans la distillation sèche de l'acide mucl(jue. Il est en lames ou aiguilles incolores, très-soluble dans l'eau et l'alcool, fusibles à 134 degrés; il se sublime dès 100 degrés.
L'acide pyromucique est monobasique. Son sel de baryum, chauffé avec de la chaux sodée, donne du tétraphénol , C*H^O, liquide incolore, bouillant <à 52 degrés. L. H>.
PYROAÉE (la) (Eau minérali: hf.). Voy. La. Pyronée.
PYROPECTIQUE (Acide), Nom donné par Frémy à un produit noir, insoluble dans l'eau, soluble en brun foncé dans les alcalis, se formant dans la distillation sèche des acides pectique, métapectique et parapectique, 11 est peu connu. L. Un.
PYROPHORE. Nom donné à diverses préparations pulvérulentes jouissant de la propriété de prendre feu à l'air. Tel est le /èr pyrophoriqiie de Magnus, qu'on obtient en chauffant à une température modérée de l'oxalate de fer dans un courant d'hydrogène ou en réduisant par ce gaz, à une basse température, le sesquioxyde de fer précipité : il en est de même du nickel, du cobalt et du manganèse réduits par l'hydrogène. Tel est encore le pyrophore de Gay-Lussac, qui consiste en sulfure de potassium obtenu en réduisant le sulfate par le noir de fumée; les autres sulfures alcalins sont également pyrophoriques. Le pyropyore de Homberg s'obtenait en calcinant de l'alun avec du noir de fumée, de l'amidon, du miel ou du sucre.
Tous ces corps s'enflamment à cause de l'énorme surface qu'ils présentent à l'action oxydante de l'air comparativement à leur faible masse et à leur faible conductibilité. L. H.\.
PYROSIS. 959
Pl'ROPiiOSPHiiiviiQUE (Acide). Vh^-O'^MP) (0H)\ Syn. : Acide azophosphorique. Se forme aux dépens de la solution de l'acide pyrophosphodiamique, Pll-0^(Âz^-)-(OH)^ sous l'inlluence de la lumière. Ce dernier acide se produit lui-même eu traitant le chlorazoture de phosphore acide par la potasse alcoolique. Il existe en outre un acide pyrophosphotriamique, Pli^O''(Azir^)''(OH) qui se forme en saturant d'ammoniaque l'oxychlorure de phosphore. L. Un.
PYROFIIOSPIIATE.S. Voy. PHOSPHATES.
PYROPHOSPIIORIQUE (Acide). Voij. Phosphorique [Acide). PYROR.ACÉnilQUE (âcide). Voy. Pyruvique (Acide).
PYROSIS. Pyrosis suesica. Pyrosie, Crcmason (Sauvages); cardialgia spectatoria (de Linné); Soda (des Allemands) ; Der Sod (de Sennert); Oraxie (Ferchaud). Ces divers noms ont été donnés à une maladie, ou plutôt à un phénomène morbide qui se rattache à la dyspepsie et qui consiste en une sensation douloureuse de brûlure dont le siège ou le point de départ est à l'épigastre et qui s'étend le long de l'œsophage jusqu'au pharynx, s'accompagnant d'éructation gazeuse et de vomiturition d'un liquide acide, acre et brûlant. Sauvages admettait plusieurs espèces de pyrosis : 1" le pyrosis vulgaire, connu encore sous le nom d'aigreurs d'estomac ou de fer chaud, durant peu, produit par les aliments ascescenls, difficiles à digérer, notamment ceux qui contiennent beaucoup d'huile ou de graisses, et les boissons fermentées, se dissipant dès que la digestion est faite, se reconnaissant au sentiment d'aigreur et de chaleur qui se fait particulièrement sentir dans la gorge et se répand dans tout l'œsophage et à l'excrétion d'une salive acide, etc.; 2" le pyrosis produit par la conception, qui dure quelquefois jusqu'au moment de l'accouchement; le pyrosis bilieux, accompagnant souvent la fièvre et la cardialgie, se reconnaissant au défaut d'appétit, à l'amertume de la bouche et aux vomissements bilieux; le pyrosis produit par l'infliimmatiou des viscères du bas-ventre (la gastritis, ïhépatitix, la cystitis, Vhysteritis) ; le pyrosis ulcéreux entretenu par l'ulcère du pylore, se traduisant par une douleur brûlante des plus vives dans l'épigastre, vers le pylore, accru par les aliments salés ou acres, le vin, le bouillon, etc.
Pour Cullen, le pyrosis est une maladie idiopalhique, fréquente parmi le bas peuple, commune en Ecosse et beaucoup plus encore en Laponie, au rapport de Linné; elle affecte assez généralement les individus au-dessous de l'âge moyen et rarement ceux qui n'ont pas encore atteint l'âge de puberté. Quand on en a été une fois atteint, la moindre cause la fait facilement revenir. On l'observe cependant rarement chez les personnes très-avancées en âge. Elle affecte les deux sexes, mais plus fréquemment les femmes que les hommes. Elle attaque quelquefois les femmes grosses ; quelques-unes mêmes ne ressentent cette indisposition que pendant la grossesse. Les filles en sont plus souvent affligées que les femmes mariées.
C'est ordinairement le matin et avant midi, lorsque l'estomac est vide, que les accès de cette maladie paraissent. Le premier symptôme est une douleur au creux de l'estomac, jointe à un sentiment de constriction de ce viscère. La douleur augmente pendant la station debout : aussi la plupart des malades.
940 l'YROSlS.
pendant les accès, se tiennent-ils penchés en avant. Cette douleur, souvent trèsvive, est suivie, après quelque temps de durée, de l'expulsion d'un liquide clair, quelquefois acide, mais plus souvent insipide. Cette expuition met un terme au bout de quelque temps à l'accès.
D'après Cullen, les accès de pyrosis surviendraient communément sans être déterminés par aucune cause appréciable ; il ne lui a pas paru qu'il dépendît absolument d'une manière de vivre particulière. 11 lui a semblé être souvent déterminé par l'action du froid aux extrémités inférieures, ou par une 'vive émotion, sans aucun symptôme de dyspepsie.
Quelle est la nature de cette affection? C'est, de l'aveu de Cullen, ce qu'il n'était pas focile de connaître. 11 en cherchait l'explicatioa dans un spasme des fibres musculaires de l'estomac, se communiquant aux vaisseaux sanguins et autres v;iisseaux exhalants, d'oii l'impétuosité avec laquelle les fluides se portent dans ces vaisseaux, tandis que leurs extrémités sont dans un état de constriction, etc. La plupart des auteurs (|ui ont écrit depuis sur ce sujet avouent leur ignorance des conditions organiques de l'estomac auxquelles est lié le pyrosis, ainsi que des causes qui y donnent lieu. Les plus avancées se bornaient à constater que cette sensation était en rapport avec l'aridité extrêmement prononcée des sécrétions salivaires et gastriques et que c'était le passage de ces liquules acides dans l'œsophage et le pharynx pendant les vomissements et les régurgitations auxquels sont sujets les dyspeptiques que se produit celte impression douloureuse.
M. G. Sée, dans son Traité des dyspepsies, a donné la théorie des sensations douloureuses des dyspeptiques, qui s'applique aussi bien au sujet qui nous occupe qu'aux autres sensations douloureuses ou anormales de même origine pré ou post-digestives, telles que les régurgitations, les voraituritions, la llatulence, la cardialgie, etc.
« Le dyspeptique, dit M. Sée, commence par se plaindre de douleurs stomacales ou d'un malaise dans la région derestomac, principalement pendant la digestion.
« Lorsqu'on cherche à déterminer d'abord le siège précis de ces sensations anormales, puis leur nature, le moment de leur apparition, leur durée, on parvient par une exploration exacte, un interrogatoire précis, à s'assurer de leur siège dans l'intestin et surtout dans le colon transverse. Elles occupent manifestement toute la région comprise entre la pointe du sternum et de l'ombilic, qui correspond au côlon transverse ; la palpation et la percussion permettent même de délimiter cet intestin lorsqu'il est distendu par les gaz, ce qui arrive généralement.
« De temps à autre, et cela surtout sous l'influence d'une mauvaise digestion, par l'ingestion d'un aliment gras ou acide, ou bien encore à la suite dune constipation prolongée, les malades sont pris de douleurs très-vives, qui peuvent durer plusieurs heures et rappellent de tous points les douleurs gastralgiques, les crampes d'estomac. Dès que ces paroxysmes douloureux commencent à se manifester, les gaz distendent le côlon, puis l'intestin grêle; ils Unissent, en raison de leur dilatabilité, par gagner l'estomac, et leur expulsion par la cavité buccale marque ordinairement la diminution ou même la un du paroxysme. Les malades accusent à ce moment une sensation de fer chaud, de pyrosis le long de l'œsophage. Ces sensations sont dues au passage de gaz irritants (CO- ou C-H') à travers l'ouverture du cardia.
« Ces gaz consistent : 1" dans les gaz de l'atmosphère, qui s'introduisent avec
PYROSOME. 9M
les aliments ; 2" dans les gaz II et CO^, provenant de l'intestin, gaz qui n'ont ni odeur ni goût acide. Les gaz acides, fétides, sont formés par le gaz des marais, par IIS, qui proviennent surtout des gros intestins; si à ces gaz, qui sont la cause principale de la sensation de pyrosis, se joignent des produits volatils, comme les acides valérianiqne, caprique, c'est qu'il s'agit de décompositions transitoires, accidentelles, des aliments, décompositions qui ont lieu précisément par la prolongation de leur séjour dans l'intestin. »
Comme traitement de cette affection, Cullen, qui était d'avis (ju'il était aussi difficile que sa théorie, ne voyait pour remplir l'indication de modérer le paroxysme que l'usage de l'opium, toujours eflicace, et des autres antispasmodiques tels que l'étlier vitrioliquc et l'alcali volatil, (juelquefois utiles, mais, si l'opium et les autres antispasmodiques calmaient les accès, ils n'avaient pas la vertu d'en empêcher les retours.
Le champ de la thérapeutique des dyspepsies et des divers accidents qui s'y rattachent s'est considérahlement élargi aujourd'hui, grâce surtout au rôle important qui a été assigne au régime alimentaire et à l'usage des eaux minérales dans ce groupe d'affections. Pour rester dans les limites de notre sujet, nous trouverons dans la médication et le régime pro])res à la dyspepsie acide, dont le pyrosis est l'un des symptômes les plus habituels, plus d'une indication utile à remplir.
L'une des premières règles du régime consistera dans l'ahslentioii des aliments sucrés, des vins et des alcools, qui tendent à accroître le pyrosis, ou du moins on ne fera usage que de vins naturels et peu alcoolisés ou de vins blancs légers, coupés les uns et les autres avec une eau alcaline (de Vichy ou de Vais). On fera usage d'aliments azotés, apprêtés le plus simplement possible, les condiments devant être autant que possible exclus ou n'être employés, du moins, qu'avec une extrême modération.
La médication alcaline, neutralisant l'excès d'acidité du suc gastrique, est surtout indiquée contre le pyrosis (bicarbonate de soude, magnésie, eaux artificielles ou mieux naturelles alcalines). Elle sera utilement secondée par l'addition des poudres dites absorbantes administrées au moment des repas : sousnitrate de bismuth, le phosphale ou le carbonate de chaux, etc. Comme moyens adjuvants, pour combattre les douleurs aiguës, on pourra y joindre l'usage des substances calmantes, l'opium en tête, la morphine en injections hypodermiques, la belladone, la jusquiame, l'aconit. Enfin le for réduit ou la limaille de fer, qui, en même temps qu'ils sont des absorbants mécaniques au même titre que les substances signalées ci-dessus, peuvent agir utilement, ainsi que les oxydes, à titre d'absorbants chimiques, non-seulement pour les acides de la dyspepsie ascescente, du pyrosis, mais encore comme exerçant une action tonique, récorporante. Brochin.
PYROSOME (Pyrosoma Pér.). Genre de Tuniciers, du groupe des Thaliacés, qui paraît établir le passage entre les Ascidies et les Salpes.
Ce sont des animaux marins, dont les individus forment, par agrégation, un polypier gélatineux cylindro-conique, creux intérieurement. Les ouvertures buccale et anale sont diamétralement opposées. L'orifice buccal est entouré d'une couronne de lobules. Les sacs branchiaux, dirigés au dehors, forment des cercles irréguliers à la surface de la colonie, et tous les cloaques débouchent dans la cavité centrale commune.
942 PYROVINIQUE (Acide).
Les Pyrosomes doivent leur nom aux organes phosphorescents dont ils sont pourvus et qui sont constitués par des cellules arrondies baignant dans des lacunes remplies de sang. On en connaît seulement trois espèces. L'une, P. allanticiun Pér., se rencontre dans l'Atlantique; les deux autres, P. elegaiis Les. et P. giijanteinn Les., dans la Méditerranée. Ed. Lef.
PYROSORBIQL'E (Acide). L'un des noms de l'acide maléique {voij. ce mol). L. Hi\'.
PYROTARTRIQUE (Acide). C^H^O''. Isomériquc avec les acides glutarique, élliylmalonique et dimélhylmalonique. Se forme dans la distillation sèche de l'acide tartrique, par action de l'hydrogène naissant sur les acides ita-, citra-et mésaconique, en chauffant le cyanure de propylène avec les acides ou la potasse caustique, etc. Il forme de petits cristaux translucides, très-solubles dans l'eau, l'alcool et l'éther, fusibles à H2 degrés, se transformant à une haute température en eau et en anhydride pyrotarlrique, C^IFO'', qui bout à 245 degrés. L'acide azotique et l'acide sulfurique froid ne l'attaquent pas; sa solution aqueuse concentrée n'est pas précipitée par l'eau de baryte, de strontiane et de chaux, le nitrate et l'acétate de plomb neutre. Avec le sous-acétate de plomb il donne un précipité blanc caillebolté, insoluble dans l'eau, mais soluble dans un excès des deux réactifs.
Il donne des dérivés chlorés, bromes et iodés. L. H.\.
PYROTÉRÉBIQUE (Acide). CH'^O". L'un des produits de lu distillation sèche de l'acide térébique. C'est un liquide huileux, plus léger que l'eau, insoluble dans ce liquide, doué d'une odeur pénétrante; il ne se solidifie pas à — 15 degrés; par la distillation sèche il se transforme partiellement en son isomère, la lactone oxyisocaproique, liquide bouillant à 206-207 degrés. L'acide iodhydrique transforme à 190 degrés, en tubes scellés, l'acide pyrotérébrique en acide isocaproïque. L. H>.
PYROTIIO^'IDE. Huile empyreumatique se formant dans la combustion dans des vases en cuivre des tissus de chanvre, de lin et de coton. Il est employé comme succédané du goudron. L. H.\,
PYROTRiTARiyi'E (Acioe). C'H^O". Syuon. Acide uvique. S'obtient en faisant bouillir au réfrigérant ascendant de l'acide pyruvique avec de l'eau et un peu de baryte, ou bien en chauffant à i40 degrés, pendant 5 heures, un mélange de 1 j). d'acide pyruvique, do 1 p. d'acétate de sodium sec et de 2 p. d'anhydride acétique, puis versant dans l'eau.
L'acide pyrotritarique forme des aiguilles ou des prismes fusibles à 135 degrés, presque insolubles dans l'eau froide, assez solubles dans l'eau bouillante, très-solubles dans l'alcool et l'éther. Par oxydation il donne de l'acide acétique et de l'acide carbonique, ou de l'acide oxalique. La fusion avec la potasse le transforme en acide benzoïque. L. Hs.
PYROi'RIQUE (Acide). L'acide cyamoHque {voy. ce mot). L. H>.
PYROVixiQL'E (Acide). Voij. Pyroiartriqce (Acide).
PYRUVIQUE (Acide). 943
PYROXA.M. Voy. Xyloïdine.
PYROXAi^THii^E. Matière qui souille l'acide pyroligneux. Elle forme des aiguilles orangées, à reflets bleuâtres, insolubles dans l'eau et les alcalis, solubles dans l'alcool, l'éther et l'acide acétique, lusibles à 162 degrés; il n'est pas distillable, mais se s-ublime quand on le chauffe dans un courant d'air.