CATAPLASME DE CHLORE
Solution d'hyperchlorite de soude (chlorure d'oxyde
de sodium) 60 grammes.
Farine de lin.' 120 —
Eau bouillante 240 —
Mêlez la farine à l'eau et ajoutez le chlorure.
Brochin.
CATAPUCE. Voy. Euphorbe. L'E. Epurge {Euphorbia Lathyris L.) est assez souvent appelée Grande-Gatapuce. H. En.
CATARACTE. Synonymie : 7ia0zwf/a, Hippocrate ; <jivàx>Ji'-«. -h vTvàyyan; xjypoû, Galien; suffusio, Celse ; gutta opaca; aqua; aqua descendens in oculo, vel catarada, traducteurs latino-barbares des œuvres d'Albucasis et autres Arabistes; Caligo lentis, Cullen ; der graue Staar, Allemands.
Définition. On doit entendre par « cataracte » toute opacité, spontanée ou traumatique, des parties normalement situées entre la pupille et le corps vitré. Ces parties sont : la lentille cristalline et sa capsule. Quand l'opacité siège dans le cristallin, ou lorsqu'elle est située dans l'épaisseur de la capsule ou à la face ialerne de celle-ci, on dit que la cataracte est vraie. Elle est dite fausse, quand l'opacité résulte de produits épanchés ou déposés sur la face externe de cette même capsule.
I. Cataracte vraie ou cataracte lenticulaire. Division. Beaucoup d'auteurs divisent la cataracte vraie en cataracte lenticulaire et cataracte capsulaire, selon que l'opacité occupe le cristallin lui-même ou son enveloppe. Cette division doit être abandonnée. La capsule, en effet, n'est pas susceptible de perdre sa transparence, si ce n'est par le dépôt de produits morbides à l'intérieur de sa cavité ou à sa face externe. Dans le premier cas, l'opacité de la capsule ne fait qu'accompagner celle de la lentille [cataracte lenticulaire, cataracte vraie) ; dans le second, elle appartient à la catégorie des cataractes fausses {caiaracta spuria). Par le mot « cataracte, » nous désignerons donc toujours la cataracte lenticulaire.
La cataracte est le résultat , tantôt de l'induration du cristallin , tantôt du ramollissement de ce même organe ; d'oii les cataractes dures, d'une part, les cataractes molles et liquides, de l'autre.
1. Cataracte dure. La cataracte dtire est le partage exclusif des personnes ayant dépassé l'âge de quarante ans. Le cristallin y est diminué de volume; ie centre, ou noyau, en est plus foncé que la circonférence. .lamais il n'est blanc; ordinairement, il est d'un jaune brun. Sa face antérieure est aplatie, et l'espace qui la sépare de la pupille, agrandi, ce qu'on reconnaît à l'ombre portée sur lui par l'iris, au moyen de l'éclairage latéral. Parfois même, l'iris est attiré en arrière en forme d'entonnoir, ce qui indique que la diminution de volume du système cristallinien est très-prononcée. Le noyau est d'autant plus dur que la coloration en est plus foncée et le volume plus petit.
Le cristallin peut accuser, surtout chez les vieillards, une couleur brun foncé, sans être pour cela opacifié : ce caractère ne suffit donc pas au diagnostic de la cataracte, et il importe de se tenir en garde contre cette cause d'erreur.
Quelquefois la cataracte, au lieu d'ofirir une couleur brune, est verte ou bien noire. La cataracte verte n'offre de particulier que sa coloration, qui semble n'être qu'un haut degré de la couleur normale jaune orangé du cristallin des vieillards. La cataracte noire paraît due à l'infiltration de la matière colorante du sang dans le système cristallinien. Naguère encore, on la considérait comme étant d'un diagnostic difficile ; depuis la découverte des nouveaux moyens d'exploration, elle n'a plus à revendiquer, à cet égard, de mention spéciale.
Le développement des cataractes dures est toujours assez lent.
Une variété de la cataracte dure est constituée par un état dans lequel le cristallin a pris la dureté de la pierre ou l'aspect du plâtre. De là, les cataractes pierreuses et plâtreuses, qui s'accompagnent habituellement de l'atrophie du globe.
2. Cataracte molle. Dans cette espèce de la cataracte lenticulaire, le cristallin a augmenté de volume; l'opacité a ordinairement commencé par les couches
DICT, EHC. XIII. 8
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corticales, sous la forme d'une ou de plusieurs stries, pour de là gagner le centve de la lentille. Quand ces stries n'occupent que la face antérieure du cristallin, on slIsl cataracte corticale antérieure; on l'appelle cataracte corticale postérieure, quand c'est la couche postérieure du cristallin qui est intéressée. Avec le temps, les couches, divisées en lambeaux triangulaires, se confondent entre elles, et prennent peu à peu une teinte uniforme; la couleur ordinaire est le blanc bleuâtre laiteux, quelquefois un peu grisâtre. Quand le ramollissement n'est pas encore complet, la cataracte paraît nacrée et brillante.
Les cataractes molles, par leur volume, refoulent l'iris en avant, et ne permettent pas à la pupille de porter son ombre sur elles, comme il arrive dans les cataractes dures ; la chambre antérieure est complètement effacée par ce contact, qui, quelquefois, quand le cristallin est très-développé, donne lieu à une mydriase permanente. Le bord de l'iris, habituellement noir, se détache sur le fond nacré de ces sortes de cataractes.
La cataracte molle appartient à tous les âges ; on la rencontre che? le vieillard comme chez le nouveau-né. Cependant, elle ne frappe, dans l'immense majorité des cas, que des sujets n'ayant pas atteint l'âge de 40 ans. Elle se développe, en général, beaucoup plus rapidement que la cataracte dure, quelquefois presque subitement, surtout quand elle se produit sous l'influence d'une maladie générale, telle que le diabète. Le ramollissement, qui peut aller jusqu'à une complète liquéfaction {cataracte liquide), commence le plus souvent par l'opacification de quelques fibres cristalliuiennes superficielles, qui se manifestent sous l'aspect de figures représentant la direction de ces fibres, et divisant la cataracte en un certain nombre de triangles à base périphérique et à sommet central. A mesure que le ramollissement augmente, ces dessins disparaissent; les divisions fondées sur eux [cataractes striées, étoilées, fenêtrées, barrées, déhiscentes, à trois branches, disséminées, pointillées, etc.) sont sans grande importance pratique.
Dans les premières (cataractes striées, étoilées, fenêtrées, barrées, déhiscentes, à trois branches), les stries, toujours régulières au débnt, se brisent de bonne heure et prennent, à la face antérieure ou postérieure du cristallin, des formes diverses. Des hgnes opaques, convergeant vers le centre du cristallin, partagent ce corps en morceaux triangulaires qui finissent par se dissoudre. Dans les secondes (cataractes disséminées ou pointillées), on ne voit aucune strie à la surface du cristallin, dans l'épaisseur duquel des points blancs très-petits apparaissent sans ordre et sur tous les plans du noyau et des couches corticales. La marche en esttrès-leute.
La cataracte diabétique, les cataractes traumatiques et les cataractes congé' nitales appartiennent à la classe des cataractes molles.
Cataracte diabétique [voy. Causes). Elle se développe avec rapidité, surtout vers la fin de la vie des malades atteints de diabète, est un indice sérieux delà gravité de cetl.e dernière, et comporte des indications thérapeutiques particulières.
Cataracte traumatique. Elle est toujours molle et le résultat ordinaire, sinon obligé, de la déchirure de la capsule du cristalhn ; si celui-ci se trouve, par ce fait, au contact de l'humeur aqueuse, il s'en imprègne, se gonfle plus ou moins notablement, et se trouble. La cataracte traumatique est le jihis souvent accompagnée de désordres des membranes formant la coque oculaire, de blessures de l'iris, et quelquefois de la présence de corps étrangers siégeant soit dans la lentille, soit en d'autres points de l'organe. Il est rare qu'elle se présente à la façon des cataractes spontanées, où la capsule a conservé toute son intégrité : ici, la capsule antérieure est lisse et intacte ; là, on la voit souvent en-
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tr'ouvei te, et la plaie dont elle est le siège donner issue à des fragments du cristallin, ressemblant à des grumeaux d'amidon cuit; parfois, la chambre antérieure est occupée par quelques-uns de ces fragments, qui, lorsqu'ils se sont complètement séparés de la lentille, viennent tomber entre la cornée et l'iris, et tourmenter ces parties. L'iris, comprimé soit par de tels fragments, soit par le système cristalliiiien gonflé dans sou entier, est souvent altéré, décoloré; la pupille est frano^ée, contractée et adhérente à la capsule, ou largement dilatée et, dans chacun de ces cas, irrégulière. Des symptômes de cyclite, de choroïdite, ou d'un état glaucomateux, accompagnent fréquemment la cataracte traumatique soit dès le début, soit plus tard. Toutes ces circonstances sont de la plus haute importance au point de vue du pronostic et à celui du traitement à instituer, soit pour la conservation de l'œil frappé, soit pour la préservation de son congénère, menacé d'irritation sympathique {voy. Causes).
Cataracte congénitale. Elle n'ofl're rien de particulier, est presque toujours exempte de complications, et, le plus souvent, complète dès la naissance ; elle a ordinairement une couleur blanc bleuâtre, semblable à celle de l'amidon préparé, sans stries opaques ni tranches triangulaires, ni rien de jaune ou de blanc mat. Tout le cristallin a la même teinte et la même densité, aussi bien au centre qu'à la surface, et n'est pas plus volumineux qu'à l'état sain ; la pupille y est mobile; l'enfant recherche la clarté du jour, et peut suivre des yeux la flamme d'une bougie qu'on promène devant eux. Quand elle est incomplète dès l'abord, il est rare qu'elle se développe par la suite.
On distingue, dans la cataracte congénitale, deux variétés oià le cristallin n'est opaque que dans certaines de ses parties : ce sont les cataractes dites stratifiées ou zonulaires, et les cataractes pointille'es.
a. Cataracte stratifiée ou zonulaire.
taie, oii le ramollissement partiel n'occupe qu'une zone, ordinairement régulière, du cristallin, et située au centre de ce dernier. Vue de face, cette zone paraît circulaire; de profil, au contraire, la zone opaque affecte la forme d'un triangle, à bords courbes et à angles arrondis, entouré de la périphérie transparente du
C'est une variété de la cataracte congéni-
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Pig. 1.
cristallin, et ayant, à son centre, un noyau de substance également transparente de la lentille. Les parties transparentes et les parties opaques sont donc disposées de la sorte, en procédant d'avant en arrière : 1° une couche transparente, 2"* une couche opaque, 3° un noyau transparent (entouré de toutes parts de couches ramollies), 4° une zone opaque, 5* une partie, la partie postérieure du cristallin, transparente (fig. 1, A).
Indépendamment de ces opacités, il peut s'en rencontrer d'autres dans des cou-
ches plus périphériques ; mais il est très-rare qu'une seconde couche entièiement troublée entoure la première, séparée d'elle par une partie transparente (fig, 1, G). Plus souvent, ce sont des opacités dans l'axe du cristallin, qui compliquent cette espèce dé cataracte (fig. 1, B). Quelquefois le volume du cristallin diminue, le diamètre antéro-poslérieur ainsi que le diamètre transversal sont raccourcis, principalement dans les cas exceptionnels oîi le centre transparent du cristallin a disparu, transformant ainsi en un disque la zone opaque qui l'entourait (fig. 1, D) (Liebreich).
Quand la pupille est à son degré normal de dilatation, elle encadre habituellement toute l'opacité, de façon que la vision se trouve aussi complètement entravée que si la cataracte occupait tout le cristallin. Si, au contraire, la pupille est largement dilatée, les parties périphériques de la lentille qui ont échappé au ramollissement sont mises à découvert; la lumière pénètre alors, à travers ces parties, jusqu'au fond de l'œil, et la vision s'effectue avec plus ou moins de netteté.
Cette variété de la cataracte molle est intéressante à connaître, parce qu'elle réclame des procédés opératoires particuliers.
b. Cataractes pointillées. Gomme leur nom l'indique, les opacités y sont disséminées sous forme de points, ordinairement si petits, que le hasard seul les fait apercevoir, tant ils gênent peu la vision. Elles sont habituellement plus nombreuses versl'équateur, et parfois forment, aux pôles antérieur et postérieur, une figure triangulaire composée de lignes courtes, se rencontrant au centre sous des angles de 120". Fortement éclairés, les points opaques paraissent d'une couleur bleuâtre, et ont l'aspect de petites gouttes rondes ou ovales, quand on les examine à un fort grossissement.
3. Cataracte demi-molle ou mixte. Ainsi que l'indique son nom, cette cataracte est la combinaison de la cataracte molle et de la cataracte dure ; les couches externes ou corticales en sont molles et le noyau dur; c'est celle que l'on rencontre le plus fréquemment chez les sujets d'un âge avancé. Elle demande à être examinée avec soin, au point de vue opératoire à lui appliquer. On comprend, en effet, que, plus le noyau est volumineux, plus grande doit être la plaie destinée à y donner issue, le noyau n'étant guère susceptible d'être morcelé, les parties coi'ticales, au contraire, pouvant être enlevées après coup. Les parties molles et les parties dilres se présentent, dans cette variété, qui est la plus fréquente, sous le même aspect que lorsque chacune d'elles constitue isolément l'opacité.
4. Cataracte liquide. C'est le plus haut degré du ramollissement du cristalhn. Les cataractes liquides sont volumineuses et offrent une opacité générale, dont la couleur blanc sale prend mie teinte d'autant plus jaune que la hquéfaction est plus avancée. La marche en est très-lente. Quand le cristallin est complètement liquéfié et que la capsule n'est plus qu'un kyste renfermant du liquide, la cataracte est dite cystique. Les cataractes dites purulentes et fétides rentrent dans cette variété.