‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales volume 13Chapitre 15 sur 64 · TABLEAU SYNOPTIQUE DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE CATARACTES · texte numérisé non relu

TABLEAU SYNOPTIQUE DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE CATARACTES

Dures. Symptômes. Partage exclusif (les personnes âgées de plus de 40 ans; cristallin diminué do volume, à centre plus foncé que la Circonférence, ordinalroinenl d'un rouge liruii, à face antérieure aplatie. Oniljrc portée sur l'iris, qui est souvent attiré en arrière en foime d'entonnoir. Chambre postérieure conservée. Iris libre, son cercle uvécn peu visible. Les malades voient mieux à une lumière modérée ou quand la pupille est dilatée. Marche lenle. Pronostic réservé. Traitement : Extraction linéaire à incision proportionnée •lu volume du cristallin et avec irideclomic.

MoiLES. Peuvent se présentera tout âge, mais presque exclusivement avant celui de iO ans. Développement plus rapide que celui des cataractes dures, quelquefois subit.

Commence par la superlicie, sous la forme d'une ou de plusieurs stries qui, delà, gagnent le centre de la lentille et représentent difl'ërentes ligures triangulaires, etc. A mesure que la cataracte avance, ces figures disparaissent; couleur blanc bleuâtre, laiteuse ou grisâtre, parfois nacrée et brillanie.

Iris poussé en avant, pas d'ombre portée, plus de chambre postérieure; pupille souvent dilatée et moins mobile que dans l'état normal, quand la pupille est très-volumineuse, le bord de la pupille, ordinairement noir, se détache sur la cataracte. Vision très-altérée, se modifiant peu par la dilatation pupillaire et In lumière modérée.

Traitemenl : Discision et extraction linéaire.

1° Verte. Sa coloration n'est que le plus haut degré de la coloration normale jaune orangé du cristallin des individus âgés de plus de 40 ans. Elle se distingue du glaucome en ce que celui-ci offre des symptômes (dureté du globe, anesthésie de la cornée, dilatation impillaire, injection spéciale, etc.), qui manquent à la cataracte simple. Traitement : Extraction.

2° Noire. Paraît due à la présence de la matière colorante du sang qui a pénétré dans le système cristallinien. Se distingue des affections amaurotiques par des symptômes faciles à reconnaître à l'ophthalmoscope et à l'éclairage latéral et par l'épreuve des trois images (stries, absence de la 2° image, etc.). Traitement : Extraction.

3" Pierreuse ou plâtreuse. La lentille est comme pétrifiée; les diverses membranes de l'oeil sont ordinairement atteintes. Se rencontrent presfjue toujours chez les personnes âgées. Globe ordinairement atrophie. Traitement : Extraction,

1° Striées, étoilées, fenêtrées, barrées, déhiscentes, etc. Les stries, toujours régulières au début, se bi'isent de bonne heure et prennent, à la face antérieure ou postérieure du cristallin, des formes diverses. Des lignes opaques, convergeant vers le rentre de la lentille, partagent ce corps en morceanx triangulaires qui finissent par se dissoudre.

2° Disséminées ou pointillées. On ne voit aucune strie à la surface du cristallin, mais de petits points blancs diversement groupés dans les différents points du centre et de la surface de la lentille. Marche très-lente.

5" Diabétiques. Survient dans la période avancée du diabète, se développe avec rapidité, au point d'être quelquefois complète en quelques semaines. Opacité se manifestant sous forme de .stries occupant de préférence la face postérieure du cristallin, allant de la circonférence au centre et envahissant rapidement la lentille entière. Traitement : Extraction linéaire.

4» Traumatiques. Bésulte ordinairement de la rupture de la capsule ; peut se développer néanmoins sans cette rupture. Toujours molle et volumineuse. Compliquée le plus souvent de lésions des membranes externes, d'iiitis, d'hypopion, de corps étrangers, etc. Blessure de la capsule souvent appaiente et laissant échapper des fragments do inaliére leiiticulaiie. Se tenir en garde contre les accidents sympathiques. Traitement : Antiphlogistiques, émollients, mydiialiques, paracentèse, il ideclomie et extraction linéaire.

Stratifiée. L'opacité n'occupe qu'une zone, ordinairement régulière et centrale. Quand la pupille est largement dilatée, on aperçoit le fond de l'oeil tout autour de l'opacité, et le malade voit. Quand elle est contractée, on n'y voit que l'opacité et le sujet est complètement privé de la vision. Traitement : Iridec- 1 \ tomie ou iriddésis.

Deju-Molles. Combinaison de la cataracte molle et de la cataracte dure, couches corticales molles et noyau dur. Participe des propriétés des unes et des autres. Traitement : Extraction.

^OD ADHÉRENTES. Composées par des exsudations déposées sur la capsule antérieure par des inflammations de l'iris. Points isolés ou conglomérés, bruns, grisou blanchâtres, ou membranes grises, crayeuses, raboteuses, occupant le centre de la pupille ou la pupille tout entière, )iupille mobile. A. l'épreuve catoptriquo, absence des deux images postérieures. Etat stationnaire, à moins de persistance de l'inflammation productrice. Fréquemment état morbide de l'iris et déformation du bord pupillaire et phénomènes d'irido-choroïdite. Traitement : Iridectomie et extraction linéaire.

5° Congénitale. Couleur blanc bleuâtre, pupille mobile, sensation de la lumière conservée. Complète d'emblée et non progressive. Traitement : biscision ou extraction linéaire supérieure avec irideetomie étroite.

Centrale, pyramidale, végétante. Suite oïdinaire d'une ulcération perforante de la cornée, avec laquelle la capsule a contracté des adhérences. Opacité crayeuse centrale, souvent très-limitée, quelquefois reliée à la cornée par des filaments d'exsudat. Traitemenl :

h'idectomic ou iiiddésis.

Adhérentes. Fausse membrane adhérente à la pupille, d'une part, et, de l'autre, recouvrant toute la partie de la capsule qui s'aperçoit dans la pupille. Celle-ci est d'un blanc gris ou crayeux, irrégulière, immobile. Iris souvent saillant, bombé eu avant à la façon d'un turban, décoloré, ne tremblotant jamais. Vision non améliorée à un jour modéré. Pupille ne se dilatant pas par les mydriatiqucs. Etat stationnaire, Traitement : Large iridectomie et extraction par les curettes (Procédés Bowman et de Graîfe).

I i i£ ( Elles participent des caractères des deux espèces réunies et se rapprochent surtout des cataractes capsu- ; z f ! laires. Celles-ci, en effet, sont piesque toujours compliquées de l'opacité de la lentille. La cataracte capsulo- I S g lenticulaire est le plus souvent simple.

Des verres à cataracte. 1 . Un œil qui a été privé de son cristallin est daiu des conditions dioptriques différentes de celles où il se trouvait quand il en était encore en possession. La réfraction statique en est notablement diminuée et la réfraction dynamique (accommodation) entièrement abolie. Ou remédie d'une façon complète au déficit de la première, et d'une façon incomplète au défaut de la seconde, par l'usage de lentilles appropriées.

L'écart qui existe entre un œd emmétrope (celui oij, dans l'état de repos de . l'accommodation, les rayons parallèles viennent se croiser sur la couche des bâtonnets de la rétine) et un œil opéré de cataracte, au point de vue de la réfraction statique, dépend des conditions dioptriques dans lesquelles se trouvait ce dernier avant de perdre son cristallin. S'il était emmétrope, l'écart est représenté par la somme de puissance réfractive que possédait le cristallin éliminé ; hypermétrope, par cette même somme augmentée du chiffre de l'hypermétropie préexistante ; myope , par cette somme encore , mais diminuée du chiffre que mesurait la myopie.

Il en résulte que les opérés de cataracte, pour rentrer dans des conditions de réfraction emmétropique, doivent se servir de verres convexes de foyer différent, selon qu'ils étaient auparavant myopes, emmétropes ou hypermétropes. Ces verres seront de foyer plus grand pour les premiers, plus petit pour les seconds, plus petit encore pour les troisièmes.

2. La réduction de la réfraction par le fait de l'aphakie (absence du cristallin) n'est pas le seul résultat de cette absence. La cornée normale n'est pas, à proprement parler, symétrique ; sa surface n'est pas celle d'une partie de sphère, mais bien celle d'une partie d'ellipsoïde à trois axes inégaux. Souvent la réfraction qu'elle procure donne lieu à des images irrégulières, qu'une disposition en sens contraire du cristallin corrige plus ou moins complètement. Si cette correction n'est pas complète, si, au contraire, la forme du cristallin est asymétrique dans le même sens que celle de la cornée, cette réfraction est plus irrégulière encore et l'œil qui en est atteint est dit astigmatique. Dans le premier cas, la disparition du cristalHn crée l'astigmatisme s'il ne préexistait pas, ou l'augmente s'il préexistait ; dans le second, elle peut corriger cet astigmatisme.

D'autre part, l'opération peut avoir donné lieu à une déformation de la cornée, propre également à produire de l'astigmatisme.

II faut donc toujours examiner les yeux des opérés de cataracte dont la vision n'est pas parfaite, au moyen des verres cylindriques et, le cas échéant, leur faire construire des verres convexes cylindriques appropriés. Ce point de vue est encore fort négligé aujourd'hui, et il faut le regretter.

3. En général, le déficit de la réfraction est suppléé : pour la vision aux distances éloignées, par des lentilles convexes, piano-convexes ou ménisques, de 4 pouces J/2 de distance focale; pour les distances rapprochées, la lecture et les travaux à l'aiguille, par exemple, par des verres d'un foyer de 2 pouces 1/2. Toutefois, il n'y a rien de fixe à cet égard, et chaque opéré de cataracte doit être examiné séparément, un œil après l'autre, pour que l'un et l'autre reçoivent le verre qui leur convient. Si, pendant cette recherche, on s'aperçoit que la vision ne répond pas à ce qu'on est en droit d'en attendre, il faut essayer les verres cylindriques.

4. Nous avons dit que les verres convexes rre suppléent qu'incomplètement au défaut d'accommodation des yeux aphakiques. Cela est vrai d'une façon absolue. Un verre convexe placé à un demi-pouce de l'œil, distance habituelle, ne permet

CATARACTE (bibliographie). 207

que la vision d'objets placés à une distance fixe. Mais on peut, au moyen de la plus simple des manœuvres, retirer de son emploi d'autres services destinés à remplacer l'accommodation. Il sutfit, pour modifier la distance à laquelle les petits objets sont perçus, d'éloigner de l'œil le verre employé. Dans la position ordinaire, le verre est à environ un demi-pouce de l'œil , et les verres peuvent facilement descendre un pouce plus bas sur le nez. Si maintenant une personne, pour voir à distance, a besoin de lunettes de 3 'pouces d/2 de foyer placés à un demi-pouce de l'œil, le point de la vision distincte se trouve à 29", lorsqu'on recule les verres de 1/2", et à 17" 1/4, lorsqu'on l'éloigné d'un pouce entier. Si des verres de 3 pouces de foyer, placés à un demi-pouce de l'tEil, sont nécessaires pour la vision à distance, alors, en mettant les verres à un pouce, le point de la vision distincte sera à 22" ; en les mettant à 1V2", il en sera à 1372, et quelques personnes lisent alors extrêmement bien. Ces données résultent des calculs de M. Donders.

Ainsi, un opéré de cataracte peut suppléer à son accommodation, en éloignant ses lunettes de son œil. Pour lire ou écrire un instant, il lui suffit de déplacer, autant qu'il est nécessaire, les lunettes qu'il porte habituellement pour la vision à distance. Il n'en doit pas moins, et pour plus de commodité, avoir une seconde paire de lunettes destinée à la vision des objets rapprochés, pour les travaux un peu continus.

5. Les montures des lunettes à cataracte doivent être mesurées avec un soin particulier, afin que les centres des pupilles correspondent parfaitement avec ceux des verres. 11 faut se défier des montures de pacotille, que les opticiens donnent Irop négligemment à leurs clients.

Pour les lunettes destinées à la vision des objets éloignés, les verres doivent être dans une position sensiblement verticale, c'est-à-dire perpendiculaire à la direction de f axe visuel d'une personne tenant la tête droite. Pour celles destinées à l'écritiueou à la lecture, ils doivent être inclinés légèrement, de façon à être parallèles à l'objet sur lequel le regard doit se fixer. Cette inclinaison peut s'obtenir, soit en donnant au cadre de la lunette une position permanente dans ce sens, soit au moyen d'une articulation qui permette au cadre de s'incliner au degré voulu, de sorte qu'on puisse à volonté porter en avant le bord supérieur des verres et leur bord inférieur en bas, tandis que les branches des lunettes restent immobiles. La ligne d'inclinaison ou les axes des verres doivent former un angle de 50" avec la direction horizontale que prennent les yeux pour regarder au loin. Les verres à cataracte destinés à la lecture doivent toujours être placés dans un cadre présentant cette inclinaison.

6. Quand un opéré s'éloigne du lieu oii sa cataracte lui a été enlevée, il désire toujours être pourvu de lunettes convenables. S'il habite la campagne ou des endroits où il n'y a pas de bons opticiens, il n'est pas possible de les lui refuser. Il faut cependant lui recommander de ne s'en servir d'abord que pendant quelques séances courtes et de ne les tenir à demeure qu'après six semaines à deux mois au moins. Les verres n°^ 4^2 et 2^/2 sont ceux qui offrent le plus de chance de convenir : l'opéré devra être prévenu, néanmoins, qu'un nouveau choix pourra être fait utilement plus tard. Warloiiont.

BiBLioGRAMiiE. — De la cataracte, en général. — Franco (Pierre). Sur les cataractes. In Traité des hernies. Lyon, 1561, in-8°. — Arlum (J.-P.). De suffusione quam cataraclam appellant. Mediolani, 1650, in-fol. — Rolfink (G.). De cataracta. lena?, 1664, in-i". — BâRTUOLiN (Thom.). Oe ociiiorwm suffusione. Hafnice, 1669, in-4°. — Meiboh. De suffusione.

Helmstadt, 1670, in-4°. — Ai.cinus (Bern.). De cataracta. Francof., 1095, 111-4°; et Hallct. Coll. dissert, chir., t. II, n" 32. — Brisseau. Traité de la cataracte et du glaucome. Paris, 1709, in-12. — Dieterichs (G.-Andr.). Be cataracta. Wesel, 1710, in-4". — Heistep, (I.aur,). Dissert. I- III de cataracta in lente crystallina. Altdorfîi, 1711-13, in-i° ; et revues et augmenléei;, sous le titre : Tractatus de cataracta, glaucomate, etc. Altdorlîi, 1713, in-8°; et ihid., 1721, fig., in-S". — Wooluause (Thom.). Dissertations savantes et antiques sur laçataracte et le glaucome. Francfort, 1717, in-S"; et ihid., 1730, in-S". Trad. lat. par Christ Lecerf. Ibid., 1719, in-8°. — Benevoli (Ant.). Lettere sopra due osservazioni fatte intorno la cateratta. Firenza, 1722, in-i". — Plancus (Janus). Lctlera intorno alla cateralla. Rimini, 1720. — Freytag (Joh.-Hcnr.). de ccdaracta. Argeiitorafi, 1721, in-4°. — Hoffman.v (Fréd.). Resp. Henrici. De cataracta. Hal», 1729, 111-4°. — Taylor (J.). JYew Treatise onthc Diseuses ofCrijstalline Humour of the Eye, or of the Cataracta, etc. Lond., 1756, iii-8°. — FizES (-Ant.). De cataracta. Montpel., 1731, in-4°. — So.mjieb (J.-Casp.). Vom grauen Staar und Glaucoma. Berlin, 1743, in-4°. — Henckel (Joacli.-Frcd.). Prses. Cariheusei;. Dissert, de cataracta crystallina vera. Francof. ad Viadr., 1744, in-4°; et in Haller, Coll. diss. chir., t. II, n° 34. — Colombier.- /)e suffusione seii cataracta. Paris, 1765, in-12.— O'Halloban (Sylv.). A New Treatise on the Glaucoma or Cataract. Dublin, 1750, in-8°. — Du MÊME. On the Opération for a Cataract. In Transact. of Irish Acad., t. II; 1789. — Sue (J.-J.). De cataracta, posit. annt. et chir. Th. du Coll. de Chir. Paris, 1750, in-i°. — Feurein (A.]. Quinam sint prœcipui, quomodo explicenlur et curentur lentis cristallinœ morbi. Montp., 1752, in-4'>. — Andouillé. De cataracta. Th. du Coll. de Chir. Paris, 1757, in-4°. — Tenon (3.-R.). De cataracta; Thèses anal, et chirurg. Th. du Coll. de Chir., 1757, in-4». — HoiN. Lettre concernant quelques observations sur diverses espèces de cataractes, la Merc. de France; 1759 aoiil; et Seconde lettre à M. Daviel sur la cataracte radiée, etc. Ibid., 1760, mars. — Sauvages (B. de). De suffusione. Montp., 1760, in-4°. — Jani.v. (J.). Mém. sur la capsule du crystallin, etc., d'oît l'on déduit quelles sont les causes qui lui font perdre sa transparence naturelle, etc. In Mém. etohs. Lyon, 1772, in-S", p. 137. — Du même. Obs. et dissert, sur les cataractes. Ibid., 209. — Hellmann (J.-Casp.). Der graue Staar und des.Hn, Heraus7iehmung . Magdeburg, 1774. — Ciuubert. A Dissert, upon the Gutta Serena, and the Progress of Cataracta. I.ondon, 1774, in-8°. — Ghandler (G.). Treatise on the Cataract ils Nature, Spccies, etc. Lond., 1775, in-8°, pi. — Pott (Perciv.). Surgical Observ. relative to Cataract Lond., 1775, in-8»; et in Works, t. III, p. 211 ; 1790. — Mejan. De cataracta. Montpellier, 1776, in-4°. — Boeiijier. De nonnullis ad suffusionem in génère, et crystallinam veram in specie spectantibus. Hahc, 1779, in-4°. — Nan.voni. Dissert, sulla cateratta. Milano, 1780, in-S". — Lucas (J.). On Cataracta. In Med. Obs. and Inq., t. VI, p. 250. Lond,, 1784, in-S°. — Wathen (Jon.). ^ Dissert, on Theory and Cure of the Cataracta, in which the Praclice of Extraction is supported. Lond., 1785, in-8°. — Wenzel (Mich.-J.-B.), Traité de la ccdaracte avec des observations qui prouvent, etc. Paris, 1786, in-8°. Trad. angl. par Ware, avec des notes. Londres, 1793, in-8°. — Brunxer. De ccdaracta. Goettingaî, 1787, in-4°. — Ziegeniiagen (G.-J.). Vom Staar und dessen Heilverfahren, der Unterdruck, sowohlals Ausziehimg (d'après l'onvr. de Brunner). Strasb., 1788, in-8°. — Béer (G.-Jos.). Praktische Bemerkungen ûber clen grauen Staar, und ûber, etc. Wien, 1791, in-8°, pi. — ScHiFERLi(Rud.-Âbr.). Biss. inaug. med. chir. de cataracta. lense, 1796, in-8° ; et Theoreiisch-praklische Abhandlung iiber clen grauen Staar. Ibid., 1797, in-8°. — Kreïsig. De Cataracta. Vitebergse. 1801, in-4°. — Protat (E.j. Opuscule sur la cataracte. Dijon, an X, in-8°. — CoopER (Sam.). Critical Picflexions on Several Important Points relative to the Cataract. Lond., 1805, iii-8°. — Lusarli. Dissertation sur l'opacUé du cristallin et .sur l'opération de la cataracte. Gand, 1811, in-4». — Montain (G. -A. -Cl.) . Traité de la cataracte et des moyens d'en opérer la guérison. Lyon, 1812, in-8°. ^ Weinhold (K.-Aug.). Anleitiing den verdunkelten Kryslalkôrper im Auge des Menschen jederzeit bestimmt mit seiner Kapsel immilegen. 2° édit. Leipsig, 1812, in-8°, pi. 2, color. — Stevenson (John). A Practical Treatise on Cataract . Lond., 1813, in-8°. — Du même. On the Nature and Symptoms of Cataract and the Cure, etc. Lond., 1824, iii-8°, flg. — Travers (Benj.). Observ. on the Cataract. In Lond. Med. Chir. Trans., t IV, p. 281, 1813; et t. V, p. 391; 1814. — Benedict (Traug.-W.-G.). Monographie des grauen Staares. Breslau, 1814, iii-4°. — Guillié. Nom. recherches sur la cataracte et la goutte sereine. Paris, 1818, iii-8°. — Andre.e. Uebcr die Lelire vom grauen Staar und die Methoden denselben zu operiren. In Grœfes und Walther's Journ. der Chir., t. I, p. 480, 617; 1820. — Pugliatti (C). Reflessioni di ottcdmialria praltica che concernono la pupilla artificiale et la ccUeratta. iilessina, 1822, in-8°. — Laniscard (M.-N.). De la cataracte et des différentes méthodes de l'opérer. Thèses de Paris, 1822, n° 193. — Dugès. Piccherches expérimentales relatives à la cataracte. In Mém. des hôpit. du Midi, t. I, p. 255; 1829. — Fabini (Fr.). Beobachlungen iiber den grauen Staar. Il) Grœfes und Walther's. Journ., t. XIV, p. 545 ; 1830.— Ullm'anx. Art Cataracte. In Encijclopàd. Wôrterb, t. VII. Berlin, 1831. — Maunoir (Théod.). Histoire de la cataracte. Th de

CATARACTE (bibliographie). 209

Paris, 1853, n° 345. — Cloquet (J.) et Bébard (A.). Art. Cataracte. In Dict. en 30 vol.. t. VI; 1834. — SicHEL (J.). Traité de Vophlhalmie, la cataracte et Vamaurose, pour servir, etc. Paris, 1857, in-8°, pi. col. — Pauli (Friedr.). Ueber den graiien Staar, tind die Yerkriimmungen vnd eine neue Heilhart, etc. Stuttgart, 1838, in-12, pi. — Hoering (G.). Recherches sur le siège et la nature de la cataracte (Mém. cour, par les Ann. d'ocul., 1841-42). In Ann. d'ocul., t. VIII; 1842-45. Traduit en ail. par l'auteur. Ileilbrorm, 1844, in-8°. — Sanson (L -J.). Traité de la cataracte (d'après ses leçons, par MM, Barwnet et Pigné). ^« édil. Paris, 1842, in-8°. — Pamard. Sur la cataracte. In Mém. de chir. pi-atiguc. Paris, 1844, in-8°, pi. — Desmarres. Études pratiques sur la cataracte. In Jour des conn. méd. chir; 1845. Part. 2, p. 185, 255. — Brodhurst (B -E.). On the Crystallinc Lens and Cataract. Lond., 1850, in-8°. — Palucci. Hist. delà cataracte. Paris, 1850. — Richard (Ad.). Des diverses esiièces de cataractes et de leurs indications thérapeutiques spéciales. Th. de conc. (Agrég. chir.). Paris, 1853, in-i". — Jjîger von Jaxtthal (Ed.). Veber Staar imd Staaroperationen nebst anderen Beobachiungen iind Erfahrungen aus seines Vaters, elc. W'ien, 1854, in-8°, pi. — Stenzel (G. -G.). Ueber die Staarsteine. Bonn, 1854, in-4°, pi. — Wecber (L.). Recherches sur l'étiologie de la cataracte. In Ann. d'ocul., t. LIV, p. 16; 1865. — LiEBREicH. Art. Cataracte. In Nouv. dict. de méd. et de chir. prat., t. VI; 1867.

Anatomie pathologique et discussions sur le siège de la cataracte (cataracte lenticulaire membraneuse, etc.). — De la Hire (Ph.). Remarques et réflexions sur la nature des cataractes qui se forment dans les yeux. In Hist. de l'Acad, des se, 1706, p. 12; et in Mém., p. 20. — Méry (J.). Question : si le glaucoma et la cataracte sont deux affections différentes ou une seule et même maladie. Ibid., 1707, p. 491 ; et 1708, p. 241 . — Gastaldi (J.-B.). An cataraeta a vitio lentis. .\venione, 1718, in-8°. — Du même. An cataracta a vitio humoris aquei. vel cristaltini, oriatur, an a glaucomate. Parisiis, 1719, in-8°. — Cocchi (Ant.-Al.). Epist. ad Morgagnum de lente crystallina oculi humani vera suffusionis sede. Roma?, 1721, iu-8°. — Lapi (P. -P.). Che l'umor a-ystallino sia la vera sede délia suffusionc. Rimini, 1722, in-4°. — Bianchi. Lettera, etc. (réponse à l'écrit précédent). Ibid., 1722, in-4°; et 1740, in-4<'. — Morand. Sur les cataractes des yeux (cataractes membraneuses). In Acad. des se, hist., 1722, p. 15. — Heister (L.). Diss. lll de cataracta in lente crystallina. Altorfii, 1751, in-4°. — De la Faye (G.). Ergo vera cataractce sedes in lente. Paris, 1742, in-4>'. — Hoin. Sur une espèce de cataracte nouvellement observée (cataracte membraneuse). In Mém. de l'Acad. de chir., t. II, p. 425. Paris, 1753, in-4°. — Du même. Cataracte radiée. In Hist. de l'Acad. de Dijon, p. 104, 1769, in-S"; et voir in Merc. de Fr., août 1759, mars, 1760. — Théroulde. An sola lens crystallina cataractce sedes. Thèses de Paris, 1758, in-4°. — Chadssier. Observation sur une cataracte compliquée avec la dissolution du corps vitré . In Nouv. mém. de l'Acad. de Dijon, 1784,2° sem. — Thomassin. Obs. sur quelques points de la structure de l'œil, relativement à l'extraction de la cataracte membraneuse, etc. In Journ. de Méd., t, LXIV, p. 671; 1785. — Sch^effer (J.-Chr.). De cataracta membranea. Marburgi, 1787, in-8°, fig. — Cenehict (Tr.-W.-Gust.). Von den Verdunkelungen des Crystall-Kôrpers. In Handb. der jjvactischen Augenheilkunde, t. IV. Leipzig, 1824, in-8». — Bech iAug.-Casp.-.^ra.). De cataracta cen<m/i. Lipsiae, 1850, in-4'', pi. lith. — Malgaigne. Lettre... sur l'anatomie pathologique de la cataracte. In Gaz. méd., 1841, p. 142. — Du MÊME. Du siège et de la nature de la cataracte, Recherches historiques et critiques, etc. In Gaz. des hôp., 1841, p. 244. — Sichel (J.). Étuctes cliniques et anatotniques sur quelques espèces peu connues de la cataracte lenticulaire. In Ann. d'ocul., t. VIII, p. 127, 169, 242, 281; 1842-43. — Broca (P.). Mém. sur la cataracte capsulaire avec quelques réflexions, etc. In Bull, de la Soc. anat., 1854. — Robin (Ch.). Anatomie pathologique des cataractes, en général. In Arch. d'ophth., t. V, p. 177; 1855 (et Réclam, de Sichel, ibid., p. 264). — Do même. Opacité de la capsule du cristallin, constatée sous le microscope. Ibid., t II, p. 101; 1854. — Du même. Résumé d'un mémoire contenant la description anatomo -pathologique des diverses espèces de cataractes. In Bull, de l'Acad. de Méd., t. XXIV, p. 845; 1858-59. — Fôrster (R.). Zur pathologischen Anatomie dcr Cataract. In Arch. f. Ophthalm., t. III, 2» part., p. 187; 1857. — Mibault (G.). De la cataracte capsulaire, et particulièrement, etc. Angers, 18C1, in-8°. — Galigny de Bonneval. De la cataracte zonaire et de son traitement. Thèses de Paris, 1865, n'IlS. — Samelson [k.].A Case of Pyramidal Cataract with Microscopic Examinaîion. In Ophthalm. Hosp. Reports, t. V, p. 48; 1866. — Virollaud (Jos.). De la cataracte à noyau flottant. Thèses de Paris, 1867, n' 77 . — Fargues (Al.). De la cataracte adhérente à la capsule. Thèses de Paris, 1867, n» 220. — RoTHMUND (Aug.). Ueber Calaracten mit einer eigenthiimlichen Hautdegeneration. In Arch. f. Ophthalm., t. XIV, part. I, p. 159, pi.; 1868. Comme complément, voy. l'article Cristallin.

De quelques variétés de la cataracte. — Suivant la cause. — Dassit (F. -M.). Précis sur la cataracte rhumatismale. Paris, 1858, in-8°. — Stœber (V.). Obs. de cataractes traumatiques. In Ann. d'ocul., t. III, p. 164; 1840. — Grima (V.). De la cataracte traumatique,

DICT. ENc. XIII 14

210 CâTânïïUTrr~(TÎBrTÏÏGRÂPHTË7

Essai de description clinique. Th. de Paris, 1868, n" 69. — Lbcorché. Cataracte diabétique In Arch. gén. de méd., 5'= sér., t. XVII, p. 572, 725; et t. XVIII, p. 64; 1861. — MargossoffI Études sur la cataracte diabétique. Th. de Montpel., 1869. Cataracte noire. — Tbnka de Kkzowitz. Gescliichle des schwarzen Staars. Trad. du latin par Magalla. Breslau, 1795, in-8°.

Lefebire (de Saint-Ildephont). Ueber den schwarzen Staar. Trad. du français. Leipzio-

1801, in -8°, pi- — KiESEu (Dietr.-G.). Ueber die Natur, Ursachen, etc , des schwarzen Staars. Gotting., 1811, in-8°. — Riobé. Notice sur la cataracte noire. In Journ de Corvis. t. XXX, p. 207; 1814. — Walther (P. -F.). Die Lehre vom schwarzen Staar nnd seine Heil'-' art. In Grœfe's und Waîther's, Jour., t. XXX, 1841 ; et broch. Berlin, 1841, in-S". — Gerold (Hugo). Die Lehre vom schwarzen Staar und dessen Heilung. Nach, etc. Magdeburg, 1846 in-8°, pi. — Malfalti. Hâufige Entstehuny des schwarzen Staars ans dem Haphagra. Erkenntniss, etc. In Neue Heilversuche. Wien, 1847, in-8°. — Frachon (.\.-Ch.-H.-Vict.). Étude sur la cataracte noire. Th. de Paris, 4854, n" 41. — Siciiël (J.). Mém. sur la cataracte noire. In Arch. d'ophth., t. IV, p. 31 ; 1855. — Cataracte congénitale. — Bartolazzi. Dissert. sopra una cieca nata guerita. Verona, 1781. — Mvvfer. De utilitate belladonnœ... cum historia cataractce congenitœ quœ in membrana pupillari Wachendorfii sedeni habuit. ErlangEB, 1803. — Saunders (J -C). Author's Method of Curing the Congénital Cataract. Lond., 1811, in-S». — Lusardi (C.-M.). Mém. sur la cataracte congénitale. 5° édit. Paris

1827, in-8°. — Amuon (F.-A.-V.j. Ueber die angeborne Cataracta in jmthol.-anatom .-pathogenetischer und operativer Hinsicht. In Zeitschrift f. d. Ophlhal., t. III, p. 70; 1833. BiLLNiTZER (M.). Diss. de cataracta congenita. Pesth, 1844, in-S". — Desmarres. Réflex. sur les cataractes congénitales, leur diagnostic, etc. In Journ. des conn. méd. chir.; 1845. Part. 2, p. 51. — Critchett (G.). Practical Retnarks on Congénital Cataract. In Ophlh. Hosp. Rep., t. III, p. 147, 183; 1860-61. — Morand (Ch.-Aug.). Recherches sur la cataracte congénitale. Th. de Paris, 1858, n. 151. — Ruck. (Raph). Des cataractes congénitales. Tli de Paris, 1867, n. 233.

Traitement médical de la cataracte. Outre une foule d'observations, dans lesquelles la guérison d'une cataracte a été attribuée à l'emploi de telle ou telle substance, nous citerons les mémoires suivants : Gondeet (L.-F.). Mém. sur le traitement de la cataracte. Paris

1828, in-8°. — Du même. Du traitement de la cataracte sans opération. Paris, 1859, in-8° et quelques autres opuscules; 1825-35. — Laitier de la Roche. — Mém. sur la cataracte et la guérison de cette maladie sans opération chirurgicale, Paris, 1833, in-8°. — Du même. Suite au mém. sur la cataracte. Paris, 1835, ia-S». — Lombard (H. -G.). Considérations et observations sur la guérison de la cataracte et des affections de la cornée transparente par une méthode résolutive. Paris, 1839, in-8''. — Testeur (A.). De la cure de la cataracte sans opération. In Ann. d'ocuL, t. XXXIX, p. 5, 97; 1858. — Quaglino (Ant.). Sulla cura inedica délia cateratta e su gli effetti, etc. In Ann. univ. dimed., t. CLXXXI, p. 529; 186-2.

Traitement chirurgical, en général. — Discussions, critiques sur les diverses méthodes parallèles, etc. — Jussieu (de). An extractio lenlis polior depressione? Th. de Paris, 1752* in-4°. — Thurani). An in cataracta potior lentis cristallince extractio per incisioncm in cornea quani depressio pcr acum (Resp. affirm.). Thèses de Paris, 1752, in-4°; et in Haller, Coll. diss. Chir., t. II, n. 58. — Colombier. An pro multiplici cataractœ génère multiplex encheiresis (Resp. affinïi.). Thèses de Paris, 1768, in-4''. — Feller (C.-G.). De mefhodis

suffusionem oculorum curandi a Casaamata et Simone cultis. Lipsiœ, 1782, in-S". Will-

BURG (A.-K.). Betrachtung Uber die bisher gewôhnlichen Operationen des Staars, etc. Nûrnberg, 1785, in-8». — Reil (J.-Chr.). Diss. de oculi suffusionum curationibus antiquis et hodicrnis. Halœ, 1797.— Wardenburg (J.-G.-Ad.). Ncuigkeiten ans der Staaroperation. Gœttingen, 1801, in-8», pi. — Friedlander (M.). De optima cataractce medendi methodo chirurgica. Erfordiae, 1803. — L.acournère. Considérations sur V opération de la cataracte, et le parallèle entre le procédé de Scarpa et celui de Wenzel. Thèses de Strasbourg, 1805 in-8°. — Elsasser (H.-Fréd.). Ueber die Opération des grauen Staars. Stuttgart, 1804, in-8°. —

GuÉRiN (J.-B.). Sur l'opération de la cataracte. Thèses de Paris, 1806, n» 30. Muter (R.)

Practical Observations on Varions News Modes of operating on Cataract. V\'isbeach 1811 in-8°. — Tartra (A.-E.). De l'opération de la cataracte. Th. de conc. Paris, 1812 in-4°. — Maunoir (J.-P.). L opérât, de la cataracte est-elle convenable lorsque le malade a un œil bon ? Faut-il la faire à la fois sur les deux yeux ou sur un seul, lorsqu'ils sont tous deux malades? In Journ. de Corvisart, t. XXV, p. 19; 1812. — Muret (K.). Essai sur l'opération de la cataracte, suivi du jmrallèle entre les deux méthodes, etc. Th. de Strasbourg, 1813. — Pktit (Ét.-J.-M.). Parallèle entre les deux méthodes d'opération de la cataracte. Th. de Paris, 1815, n»78.— Adams. A Practical Inquiry into the Causes of the Fréquent Failure of the Opération of Dépression and of the Extraction of the Cataract. Lond., 1817, in-8». — QuADRi (G.-B.) Annot. intorno alVoperazione délia cateratta. In Annotazioni, etc.! p. 209. Napoli, 1818, in-4°, tabl.— Everard (Paul-Jos.). Inconvénients et avantages de l'extraction et de l'abaissement dans l'opération de la cataracte. Thèses de Paris 1818 n°98.

CATAfiACTE (ijii;liogi!apihe). 211

— FisciiEB. Einige Bemerkungen ûber das Verhâltniss der Extraction des graueti Staars zu Kemtonyxis IdnsichtUcli, etc. In ^eiie. Bibl. von Langenbeck, t. II, p. 155; 1819. — Lan- GENiiEcii. Bemerkungen, etc. Ibid., p. 177. — Andrew. Ueber die Lehre vom grauen Staar und die Methoden denselben zu operiren. In Grœfe's und Walther's J., t. I, p. 480, 613 ; 182(1. — Ammon' (Fr.-H.). Ophtlialmo-paracenteseos historia. Spécimen medico-historiciim quu commentatur, elc. Gœttingse, 1821, in-8°. — Cloquet (J.). An in curanda oculi suffusione lentis cristallinœ extractio hujus depressione prcestantior ? Th. de conc. (agrée-, cliir.)- Paris. 1823, in-4°. — Royer-Collard (Hipp). Sur l'opci-ation de la cataracte (Clin, de Dupiiytren). In Uepert. gén. d'anat., etc., t. II, p. 251, 1826; et t. III, p. 237. 18'27. — Cauron du Villards. Recherches pratiques sur les causes qui font échouer l'opération de la cataracte, selon les divers procédés. Paris, 1834, in-8'', fig. — Roeertson (A.), Qbs. on Extraction and Displacement of the Cataracl, ivith Tables show ing, etc. In Edinb. Med. and Surg. J., t. XLVIl, p. 378; 1837. — Grandboulogne (Alph. de). Mém. sur deux instrum. nouv., destinés à l'extraction et à V abaissement de la cataracte. Marseille, 1843 in-8°, pi- 1- — Watson (Al.). Historical and Critical Remarks on the Opérations for the Cure of Cafaract. In Edinb. Med. and Surg. J., t. LXIV, p. 389, 1845 ; et t. LV, p. 57, 347 ; 1846. — Furnari (S.). De la prétendue influence des climats sur l'opération de la cataracte,ou de l'innocuité, etc. In Ann. d'ocul., 3" sér., t. XIII, p. 158; 1845. — Sicuel. Études cliniques sur l'opération de ta cataracte. In Ann. d'ocul., 3° sér., t. XIV, p. 125; et t. XVI, p. 50, 84; 1845-46. — Nélaton (A.). Parallèle des divers modes opératoires dans le traitement de la cataracte. Th. de conc. Paris, 1850, in-8°. — Dingé (Jul.-Aimé). Statistique des résultats de l'opération de la cataracte, pratiquée d'après des indications rationnelles. Thèses de Paris, 1853, n" 294. — Matrion. Des indications de l'opération de la cataracte. Thèses de Paris, 1865, in-4°. — Ullebspebger. (J.-B.). Kleine Mittheilung fur die Geschichte der Opération des grauen Staars. In Archiv fur Ophth., t. XI, part. 2, p. 266; 1865. — FouiN (E.). Examen critique de quelques nouveaux pi-océdés opératoires dans le traitement de la cataracte. In Arch. gén. de méd., 6" sér., t. VU, p. 212; 1866. — Hasner (Jos.-V.). Die neueste Phase der Staar-Operation. Prag, 1868, in-8°. — Wecker. Des nouveaux procédés opératoires de la cataracte parallèle et critique. Paris, 1808, iii-8°, fig.

Abaissement, ponction, kératonyxis, broiement, discision, succion. — Petit (Etienne Pourfour du). Dissert, sur Vopiération de la cataracte. In Mém. de l'Acad. des se, 1725, p. 6, fig. — Du MÈJiE. Mém. dans lequel on détermine l'endroit où il faut piquer l'œil dans l'opération de la cataracte. Ibid., 1726, p. 262. — Du même. Dissert, sur une nouvelle méthode de faire Voj)ération de la cataracte. Paris, 1727, in-12. — Du même. Lettre, dans laquelle il est démontré que le cristallin est fort près de l'uvée, et où l'on rapporte de nouvelles preuves de l'opération de la cataracte. Paris, 1729, in-4°, iig. — Boyer (J.-B.). An deprimcndœ cataractœ cxpeclanda maturatio ? "ïïièses de Paris, 1728, in-i». — Lehoc (L.-P.). An prœcavendœ cataractce oculi paracentesis ? (Resp. affirm.j. Thèses de Paris, 1750, in-8°. — Du même. Pîws. et Col. de Villars (Abr.-Fr.-Léo). Resp, An oculi punctio cataractam 2}rœcaveat [R, alî.l. Thèses de Paris, 1742, iii-4''; et in Haller : Coll. disput. chir., t. II, n° 57. — Quel- MAU Depositionis cataractœ effectua. Lipsiœ, 1748, in-4°. — Pallucci. Description d'un nouvel instrument, propre à abaisser la cataracte. Paris, 1750, in-12. — Du mêjie. Histoire de l'opération de la cataracte faite à six soldats invalides, etc. Ibid., 1750, in-1^. — Du MÊME. Méthode d'abattre la cataracte. Paris, 1752, in-12. — Gentil (Cl.-Jos.). Pousse, prîes. An in deprinienda cataracta ipsius capsula inferne postice imprimis secanda est. Thèses de Paris, 1752; et in Haller: Coll. dissert, chir., t. II, n» 59. — Buchner. De cataracta omni tempore deponenda. Halœ, 1755, in. 4°. — Buddeus. De cataracta; depi-essioncm lentis una cum capsula pler unique prœ fer endam esse extraclioni. lenaî, 1776, in-i». — Caille. An depressioni cataractœ sua laus? (Resp. affirra.). Thèses de Paris, 1778, in-4°. — Ludwig (C.-F.). De suffusionis per actim euratione. Lipsife, 1785, in-4°. — Hartm.^nn. Emendatior cataractœ deponendœ methodus. Francof., 1785, 111-4°. — Weinhold (Karl.-Aug.). Anleitung dcn verdunkelten Rrystcdlkôrper im Auge des Menschen jederzeit bestimmt mit seiner Kapsel umzulegen. Meissen, 1809; Leipzig, 1812, in-8°, pi. 2, col. — BucHiior,:;. De keralonyxide. Halœ, 1806; et, avec addit. en allem. Die Kératonyxis, eine neue cjefcehrlosere Méthode den grauen Staar zu operiren. Magdeb., 1811, in-8°. — Langenbeck (C.-J.-M.). Ueber die Staar opération. In Lang's Bibl., t. I, p. 520; 1807. — Du même (C.-.l,-M.), Prûfung der Kératonyxis, einer neuen Méthode den grauen Staar durch die llornkaut zu recliniren oder zu zerstuckeln, nebst, etc. Gôttingen, 1811, in-8°. — Spoerl. Diss. inaug. de cataractœ reclinatione et de kératonyxide. Berol., 1811, in-8°. — Siebold [i.-B.-N.). Auch ein Wort ûber die Kératonyxis, eine neue Méthode, etc. In Salzb. med. Zeitg, 1812, t.' I, p. 275. — Haan (J.-H.-L.). Dissert, sur la kératonyxis. Méthode nouvelle d'opérer la cataracte par ponction de la cornée. Thèses de Paris, 1815, n° 1. — Defilippi (Gius.). Riflessi'oni sulla kératonyxis. In Ann. univ. di med., t, VI, p. 275; 1818. — Rust (Joh.-Nep.). Eine âcht lartarische Méthode den grauen Staar zu operiren. In Rust's Magaz., t. IX, p. 556: 1821.

212 CATARACTE (bibliographie).

— Fi>xK (J.)- De depressione catamctœ. Tmdohonai, 1822, in-8». — Paccini (Luigi). Disseit. de keratonyxide. Lucae, 1821, in-8°. — Du même. Lettere sulla lacerazione délia cristalluïdc. Ibid 1826, in-8°. fig. — Panizza. Annotazioni anatomico-patologiche... Sulla depressione délia cateratta. Pavia, 1821, in-4°, fig. — Bergeon (Gilb.-Cam.). De la réclination capsulolenticulaire, ou nouveau procédé d'abaissement de la cataracte. Thèses de Paris. 1855, n» 263, pi- 1- — Debrotj. Note sur le passage du cristallin dam la chambre antérieure pendant l'opération de la cataracte jmr abaissement. In Arch. gén. de méd, 4» sér., t. VII,

265; 1845. — Gosselin (L.!. Éludes sur l'opération de la cataracte par abaissement. In Arch. gén. de méd., 4=sér., t. X, p. 56, 178; 1846.— Boyer (Lucien-A.-H.). De l'entraînement des parties antérieures du corps vitré pendant l'opération de la cataracte par abaissement. Paris 1849, in-8°. — Laugier. Nouvelle méthode d'opérer la cataracte, ou méthode 2}ar asjjiration. In Ann. d'ocul., 5= sér., t. XVII, p. 29, 1847 ; et t. XX, p. 28, 1848. — ComER (FI.). Note pour servir à l'histoire de la succion de la cataracte. Ibid., t. XVII, p. 85; 1847. — SicHEL ( J . ) • Historische Notiz ilber die Opération des grauen Staares durch die Méthode des Aussaugens oder der Aspiration. In Arch. f. Ophth., t. XIV, part. 3, p. 1 ; 1868. — Vitrac (Em.- Matli.). Étude sur le traitement de la cataracte par discision. Thèses de Paris, 1866, n° 209.

Extraction. — Daviel (Jacques). Lettre... à M. de Joyeuse (sur l'extraction de la catai-acte) In Merc. de Fr., sept. 1748 ; et en br., p. 24, in-l2. — Du même. Béponse à la lettre critique de M. Roussille. In Journ. de Verdun, fév. 1749; et in Merc. de Fr., juillet, 1749; br., D 22 in-12. — Du même. Mém. sur une nouv. méthode de guérir la cataracte par l'extraction du crystallin. la Mém. de l'Acad. dechir., t. 11, p. 557, pi. Paris, 1755, in-4°.— Petit (François Pourfour du — le fils). Remarques sur l'opération de la cataracte par extraction In Merc, nov. 1752. — Hom (J.-J.-L.). Lettre concernant quelques observations sur diverses espèces de cataractes. In Merc. de Fr., août, 1759. — Du même. Seconde lettre à M. Daviel sur la cataracte radiée, sur la convexité du chaton du crystallin après l'extraction de celui-ci, etc. Ibid., mars, 1760. — Sigwart. De extractione cataractœ ultro perficienda. Tubin'^îe, 1750, in-4'>; et in Haller : Coll. diss. Chir., t. Il, n" 41. — Lafaïe (G. de). Mém. pour servir à per fectionner la nouvelle méthode. In Mém. de l'Acad. de Chir., t. II, p. 56.1. Paris 1753. — Daviel (J.-H., le fils). An cataixictœ tutior extractio forcipum ope (Resp. affirm.). Thèses du Coll. de Chir., 1757, in-4"'. — La Motte. Dissert, de cataractœ extrahendœ variis niodis . Paris, 1759. — Schurer. Nuni incuratione suffusionis lentis extractio depositioni sit prceferenda? Argent., 1760, in-4°. — Sabatier. Prœs. Mauti.v (D.). Sust. De variis cataractani extrahendi methodis. Th. du Coll. de Chir. Paris, 1759. — Coutocly (P.-V.). De cataracta nova ratione exlrahenda. Th. du Coll. de Chir. Paris, 1766, in-4°. — Reichen- BACH (J.-F.). Cautelœ et observationes circa cxtractionem cataractœ, novam methodum synezesin, operandi sistentes. Tubingse, 1767, in-4°. — Jerichow (F.-W.). Dissert, sistens modum sectionis oculi in cataracta instituenda, variasque, etc. Trajecti ad Rhen., 1767, iri-

40 RicHTER (\-G.). De variis cataractam extrahendi moJis. Goettingae, 1766, ii)-4».

Du i]È!iE. Operationes aliquot qiiihus cakiractam extraldt, dcscribit. Ibid., 1768, in-B». — Du MÊME. Abhandl. von der Ausziehung des grauen Staares. Ibid., 1775, in-S", pi. — De Witt. Vergleichung der verschiedenen Methoden den Staar auszuziehen. Giessen, 1775, ingo. — Jung (J.-H.). Sendschreiben an Hellmann die Lobsteinischen Staarmesser betreffend. Frankfurt, 1775, in-S". — Du même. Méthode den grauen Staar auszuziehen und zu heilen. Marburg, 1791, in-8°, pi. ; et ibid., 1798, in-8°, pi. — Vebmale. Letti-e sur l'extraction de la cataracte hors de la cha/nbre postérieure de l'œil. In Journ. de Méd., t. II, p. 418; 1755.

Pellier de Quengsy (G.). Sur V extraction de différentes sortes de cataractes, et sur divers

accidents, ta plupart imprévus, survenus à la suite de l'opération, etc. In Becueil de mém. Montp., 1785, in-B", p. 217-564. — Siegerist (Franz). Beschreibung des Staar nadelmcssers und Gegenhalfers zur Ausziehung des grauen Staars. Wien, 1783. — Conradi (G.- Christ.). Bemerkungen ilber einige Gegenstânde der Ausziehung des grauen Staars. Leipzig, 1791, in-S". — Wy (G.-Jun. van). Niewe Manier van Cataract of Stairsnyding. Arnlieim, 1792, in-8°. Trad. alleni. ïnSammlung einiger ivichtiqer , etc. Stendal, 1793, in-8° (et anal, détaillée in Richter's Bibl. Chir., t. XIII, p. 254, 1793) — Bischoff ^A.). A Treatise on Ihe Extraction of the Cataract. Lond.. 1793, in-S". — Santerelli (Giov.-G.). Ricerche per facilitare il cateterismo e la estrazione délia cateratta. Wien, 1793. — V\'are (James). An Inquiry into the Causes wtiich hâve prevented Success in the Opération of extracling the Cataract, with an Accouni, etc. Lond., 1795, in-8°. 2=^ édit. Lond., 1804, in-8°. — Loder (J.-C). De curatione externa post cataractœ cxtractionem. lenœ, 1797, ia-4°. — Bartii. Etwas ûber die Ausziehung des grauen Staars. In Salzb. med. Ztg., 1797, t. II, p. 53. — Béer (Jos). Methode den grauen Staar sammt der Capsel auszuziehen. Wien, 1799, in-8°. — Jacoei (Ant.). Theoretisch-praktische Griinde gegen die Anwendbarkeit der von Béer erfundenen Méthode, den grauen Staar mit der Capsel auszuziehen . W'ien, 1801, in-B». — Earle (James). Account ofa New Mode of Opération for the Bemoval of the Opacity in the Eye called Cataract. Lond.. 1801, in-S". — lilARiEns (Fr.-H.). Abhandl. zur Prufung der Beerischen Me-

CATARACTE (bibliographie). 215

thode, den grauen Staar mit der Kapsel auszuziehen. Leipz., 1802, in-S». — Giradd (B.). Modification à l'opération de la cataracte pour la rendre plus simple et plus sûre. Paris, 1802, in-8°. — Ens (S.) Dissert, de histona extractionis cataraclœ. Francker, 1803, in-S", pi, 5. — Meyer. Dissert, sistens examen quarumdam optimarum calaractam extrahendi methodorum imprimis Wenzelianœ. Gryphiswaldise, 1772, in-4°. — Du même. Dissert, de- ■ scribens novani cataractœ extrahendœ methodum. Gœtlingae, 1804, in-4°. — Pfotenhauer (Ad.-Fr.). Diss.-cuUrorum, ceratomorum ad extraliendam calaractam historia. Witebergae, 1805, in-4°, — Gibson. Practical Observations on thc Formation of Artificial Pupil, and Remarks on the Extraction ofthe Soft Cataracta, etc. Lond,, 1811, in-8°. — Wardrop (James) . Obs. on a Mode of making the Incision of the Cornea for the Extraction of the Cataract. Lond., 1812, in-8°. — Langenbeck (G.-J.-M.). Ueber die Opération des yrauen Staares durch Vorziehen der Linse und Zerstûckelung eines weichen Staares. In JSeue Biblioth. etc., t. II ; p. 1 819. — GioRGi (Giuseppe) . Mem. sojira un nuovo stromento per operare le cateratte eper formare, etc. Imola, 1822. — Gatanoso (Nat.). Osservazioni cliniche sopra l'estrazione deir cristallino. Messine, 1825, in-S". — Gorgone (G.). Considerazioni pratiche suit' operazione délia cateratta, col metodo delV estrazione, etc. Napoli, 1824, in-S". — Bowen (J.). Practical Observ. on the Removal ofevery Species and Variety ofCataract by Hyalonyxis or Vitreous Opération, illustrated, etc. Lond. 1824, in-8°, flg. — Loudon. Short Inquiry into the Principal Causes of the Unsuccessful Termination of the Extraction by tlie Cornea, etc. Lond. 1826. — Grossheim (E.-L.). Doctors jàger's Méthode der Staar-Extraction iniltelst des Hornhautschnittes nach oben. In Grœfe's und Walther's Journ., t. IX, p. 541, 1826, flg. — Seeliger (J.-Nep.). Uebersicht der verschiedenen Staars-Ausziehungs-Met/ioden nebsl, etc. Wien, 1826, in-S». — Sciimidt (km.) . De keratotomia sursum vergente secundum Jœgeri methodum. IJerol., 1852, )n-8°. — Lachmaniv (Henr.). Instrumentorum ad corneœ scclionem in cataractœ extractione perfieiendam inventorum descriptio historica. BrunsvigEe. ]8ji, in-8°, pi. — GuTHEiE (G.-A.). On the Certainly and Safely with which the Opération of the Extraction of the Cataract froni the Human Eye niay be performed, with, etc. Lond., 18ji, in-8°. — Malfatti von Monteregio (J.). Gelungene VertUgung des grauen Staares durch eine neue âussere Heilmethode. In Neue Heilversuche. Wien, 1847, in-8". — Graefe A.-V.]. Ueber die Lineartxtraction des Linselstaars, nebst Bemerkungen, etc. In Arch. f. Ophth., t. r, part. 2, p. 219; 1854. — De même. Ueber zwei Modificationen der Staaroperation. Ibid., t. V, p. 158; 1859. — Du même. Notiz ûber Linsenentbindung bei der modificirten linearextr action. In Arch. f. Ophth., t. XIII, p. 549; 18B7. — Du même. Du traitement de la cataracte par l'extraction linéaire modifiée. In Cliniq. ophthalm. Édit. franc., publiée par le docteur E. Meyer. Paris, 1867, in-8°, fig. — Carton (G.). De l'opération de la cataracte par kératotomie supérieure. In Arch. d'ophth., t. III, p. 161; 1854. — Favre (Ch.- Ant-L.). Quelques considérations sur l'opération de la cataracte jjar extraction. Thèses de Paris, 1854, n» 27. — Doumic (Arth.). De l'opération de la cataracte par kératotomie supérieure. Thèses de Paris, 1855, n» 5. — France. On the Use of Forceps in Extraction of Cataract. In Ophth. Hospit. Reports, t. I(, p. 20; 1859-60. — Schuft (Ad.). Die Auflôffelung des Staares. Ein neues Verfahren. Berlin, 1860, in-S", fig. — Mooren (Alb.). Die verminderten Gefahren einer Hornhautvereiterung bei der Staarextr action. Berlin, 1862, in-S". — Jacobsok (Jules). Ein neues und gefahrloses Operationsverfahren ziir Heilung des grauen Staares. Berlin, 1863, in-8°. — Do même. Zur Lehre von der Cataract-Extr action mit Lappenschnitt. In Arch. f. Ophth., t. X, part. 2, p. 78, 1864 ; t. XI, part. 1, p. 114, et part. 2, p. 166; 1865. — BowMAN (Wm.). On Extraction ofCataract by a Traction- Instrument, with hidectomy, with Remarks, etc. In Ophth. Hospit. Rep., t. IV, p. 532 ; 1863-65. — Critcheit (G.). On the Removal Cataract by the Scoop-Methode, or the Method by Traction. Ibid., t. IV, p. 515; 1865-65. — Fabre (Aug.). Quelques considérations sur l'opération de la cataracte par extraction. Th. de Paris, 1865, n" 206. — Arguello (M.). De l'opération de la cataracte par l'extraction linéaire. Thèses de Paris, 1866, in-4°. — Pires. De l opération de la cataracte par l'extraction linéaire scléroticale. Paris, 1867, in-8°, flg. — Steffan (Ph). Erfahnmgen und Studien iiber dei Staaroperation, im Zeitraum der Jahre 1861-07. Ein Vorwort, etc. Erlangen, 1867, in-8°, pi. — Knapp (H.) . Rerickt ûber hundert Staarextractionen, nach der neuen v. Grcefe'schen Méthode ausgefiihrt. In Arch. f. Ophth., t. XIII, p. 85, 1867 ; t. XIV, p. 285, 1868, pi. — Weeer (Adolphe) . Z)ie normale Linsenentbindung der « modificirten JÂnear-extraction )) gewidmet. In Arch. f. Ophth., t. XIII, p. 187; 1867. — Theulet-Luzio (Marc.-.Ub.). Essai sur les nouveaux procédés opératoires de la cataracte par extraction scléroticale. Thèses de Paris, 1867, in^", n° 171. — Ruete (C.-G.). Uebersicht der in den Jahren 1862-64 in der Augenheilanstalt zu Leipzig verrichteten Lappen-Extractionen. Leipzig, 1867, iu-4"'. — Ferreika (Fera. Pires). De l'opération de la cataracte par l'extraction litiéaire scléroticale. Thèses de Paris, 1867, in-4'', fig., n" 136. — LucÉ (de). Des méthodes d'extraction de la cataracte et de l'extraction semi-elliptique (nouveau procédé). Paris, 1868, in-8°. — Taylob (Ch.-Bell.). Further Observât, upon an Improved Method of Extracting in

Cases of Cataracl (Résumé de la pratique de l'auteur). In Ophth. Hosp. Rep.,t. VI, p. 197; 1869. — HmscH (Â.1. Ein Wort zur Geschichte der Cataract-Extradion im AUheHhum. In Klin. Monals-Bl. f. Augenlieilk, 1869, p. 282.— Galezowski (Xav.). Sur le nouveau procédé d'extraction de la cataracte appelée extraction latérale sclérotico-cornéenne. In Gaz. ;ie6rf., 1871,p. 392.

Suites de l'opération de la cataracte. — Qdelmalz. Depositionis cataractœ effectus. Lipsise, 1748, in-8°. — De la Sone (J.-M.-F.). Praes. Aecelin (P.). Propon. Slarene potest visio absqiie cristallino (R. aff.). Thèses de Paris, 1748; et in Haller : Coll. disput. anat., t. lY, p. 157. — EscHENBACH (C.-Fr.). Bericht von dem Erfolg der Operationen des R. Taylor's. Rostock, 1752, in-8°. — Schmidt [Joh.-Ad.). Ueber Nachstaar und Iritis nach Staaroperationen. Leipzig, 1801, in-S". — Schinm.er. De iritide chronica ex keratonyxide suborta. In Langenbeck's Bibl., t. II, p. 401 ; 1820. — Langenbeck. Entzûndung nach Staaroperationen. Ibid., p. 674. — MoLiNARi. De scier onyxidis sequelis earumque cura. Pavia, 1823. — Closset (G.-A.). Quœnam de p>rœcipuis morbis quipost operationem cataractœ oriri possunt. Berol., 1830, in-8°. — Sœmmerring. Beobachtungen ûber die organischen Verànderungen im Auge nach Staaroperationen. Frankf. a M. 1828. in-S», pi. Trad. franc, par Cliambeyron. In Transact. med., t. IV, p. 545; 1851. — Eliason (Sal.). De morbis gravioribus cataractœ operationem excipientibus. Berol., 1832, in. 8°. — Bodisson (P.). Remarques sur l'insuffisance de l'humeur aqueuse qui se manifeste à la suite de l'opération de la cataracte et dans quelques autres cas. In Arch. gén. de méd., 4" sér., t. XIV, p. 1; 1847. — Massol (A.). Nouvelle méthode de traitement à suivre après l'opération de la cataracte. Paris, 1864, in-S". — Sichel (J.). Sur une espèce j^articulière de délire sénile qui survient quelquefois après l'extraction de la cataracte. In Union méd., 2' sér., t. XVII, p. 9 ; 1863. — Voir, en outre, les traités de chirurgie et d'oculistique, un grand nombre de dissertations et d'observations particulières, et les journaux consacrés à l'ophlbalmologie. E. Bgd.

CATARRHE. État et élément catarrhal. Fièvre catarrhale. Affections catarrhales (synonymie : hypercrinies, diacrises, liyperdiacrisies, augmentation plus ou moins considérable d'une sécrétion sans altération appréciable du tissu qui en est le siège ; évacuation constituant la crise distinctive d'une maladie déterminée, etc.). Si par le mot catarrhe on ne devait entendre que le coryza, la bronchite aiguë ou chronique, la trachéo-bronchite et les diverses localisations de la phegraasie ou de l'irritation sécrétoire des membranes muqueuses et des divers appareils qui en sont pourvus, nous n'aurions pas eu à inscrire ce mot ici, et nous aurions renvoyé simplement au mot Coryza, au mot Bronchite, où il a été traité déjà de l'inflammation catarrhale de la membrane muqueuse broncliique et de la bronchorrée, au mot Pneumonie, dont l'une des formes les plus communes, la pneumonie catarrhale, devra être l'objet d'une histoire distincte, ainsi qu'aux divers autres mots où il devra être traité spécialement des divers catarrhes locaux, tels que le catarrhe vésical, le catarrhe utérin, le catarrhe de l'oreille, etc., etc. Mais, sous le titre de catarrhe, d'état catarrhal, d'affection, de fièvre catarrhale, nous devons comprendre ce que présente de commun tout un groupe d'états morbides d'une extrême fréquence, et qui, sous dQs formes ou des expressions souvent trèsdiverses en apparence, paraissent procéder en réalité d'une même origine et de mêmes conditions étiologiques. A l'histoire de ce groupe qui comprend les maladies les plus communes sous nos climats, se rattache d'ailleurs une doctrine qui a de tout temps appelé l'attention des médecins, doctrine dont les fortunes ont été fort diverses, depuis la négation la plus absolue de tout titre pour le catarrhe à figurer comme espèce morbide ou comme état pathologique spécial dans le cadre nosologique, jusqu'aux exagérations les plus outrées de son importance et de sou rôle en pathologie générale, qui avaient dicté dans le temps le pamphlet de van Helmont intitulé : Catarrhi deliramenta.

En laissant de côté et ces exagérations et toutes les vaines hypothèses humorales, qui ont si longtemps défrayé la scolastique médicale, nms pensons qu'il ne sera pas sans intérêt néanmoins et même sans quelque utilité pour l'intelligence com-

plète du sujet, de rappeler les idées principales qui ont été successivement émises et soutenues sur le catarrhe, aux principales époques de notre histoire médicale, par les médecins qui ont surtout marqué leur trace comme observateurs et praticiens.

i. Historique, a. L'école grecque considère le catarrhe comme une fluxion susceptible d'envahir les divers organes de l'écouornie et ayant son origine ou son point de départ dans le cerveau. Cette fluxion restant dans le cerveau où elle s'est formée primitivement, donne lieu à l'apoplexie et à toutes les maladies de l'encéphale. Se l'ait-elle jour à travers la lame de l'ethnioide et tend-elle à se propager aux auties parties de l'organisme, elle détermine le coryza, l'ophtlialmie, l'angine, la pleurésie, la péripneumonie, l'astbme, la phthisie, la dysenterie, l'arthrite, les diverses obstructioiis viscérales, en un mot, une foule de lésions aiguës ou cbroniqiies, fébriles ou non. La matière de ces fluxions est une humeur pituitense, tantôt chaude, tantôt froide, douce ou acre, ténue ou épaisse, acide ou salée, etc. Les causes du catarrhe sont : en première ligne les vicissitudes de l'air, les brusques transitions de l'atmosphère, une constitution atmosphérique humide et froide. Le traitement consiste à éliminer l'excès d'humeur viciée ou à corriger ses qualités vicieuses, à fondre et résoudre ses collections. Les moyens conseillés sont la saignée, lorsqu'il y a de la fièvre, les émissions sanguines locales, les tempérants, les révulsifs, les évacuants. Tel est, en substance, l'ensemble de vues qui se trouvent éparses dans les écrits d'Hippocrate, de Celse et de Galien sur ce sujet.

Les médecins de la Renaissance n'ont guère fait autre chose que reproduire et développer ces idées sur le catarrhe. Fernel, Rouiller, Baillou considèrent également le catarrhe comme une fluxion, une distillation (destillatio) se propageant de la tète au reste du corps. C'est toujours la même humeur pituitense, tantôt aqueuse, douce, acre ou salée, provoquant toutes sortes de maladies diverses en raison des parties oii elle vient se déposer. Il n'est, pour ces auteurs, presque pas de maladies que cette humeur ne puisse produire. Catarrhes chauds, catarrhes froids, telles sont les deux grandes distinctions qu'ils établissent, lesquelles impliquent des différences corrélatives dans le traitement, qui doit être tantôt stimulant, tantôt relâchant.

Il faut arriver jusqu'au dix-septième siècle pour voir émettre pour la première fois des idées plus justes et des notions plus exactes sur le catarrhe. Schneider, grâce à des études anatoniiques plus précises sur les organes de l'olfaction, détruit l'erreur qui s'était propagée jusqu'à lui, relativement à l'origine et au point de départ des premiers phénomènes du catarrhe, qu'il rapporte comme à son origine la plus commune à la membrane muqueuse olfactive qui porte , depuis , son nom.

A dater de cette époque, l'idée que l'on se fait de l'affection catarrhale tend à s'élargir et à se présenter sous un nouvel aspect. Se fondant plus sur les conditions étiologiques que sur les caractères nosologiques, Fréd. Hoffmann confond et embrasse sous une dénomination commune, comme procédant du même ordre de causes, le catarrhe et le rhumatisme. Le catarrhe, pour lui, est une affection générale, produite par une altération de la sérosité, sous la dépendance des vicissitudes de l'air. Cette altération humorale provoque diverses maladies fébriles catarrhales et rhumatismales. Le catarrhe et le rhumatisme ayant la même origine, attaquent é^jalement l'ensemble et les divers organes de l'économie, constituant ainsi les fièvres et les localisations rhumatiques et catarrhales, aiguës ou chroniques, simples ou compliquées. Il faut ajouter qu'Hoffmann n'attribue pas exclusi-

vement le catarrhe ou le flux muqueux à cette altération primitive des fluides, mais il fait déjà la part de la lésion locale en rattachant en partie ces sécrétions morbides à une lésion spéciale de la muqueuse.

• Van Swieten professe et propage la même idée, groupant ensemble le catarrhe, l'arthrite et le rhumatisme dont il fait la vaste classe des fluxions ; leurs différences ne tiennent, suivant lui, qu'aux points de départ et aux lieux d'élection de la matière de la fluxion, le catarrhe alfectant de préférence les muqueuses, l'arthrite ei le rhumatisme attaquant, l'une les petites, l'autre les grandes articulations, ayant d'ailleurs toutes trois cela de comnmn, qu'elles peuvent envahir, soit de prime abord, soit consécutivement, les organes internes, le cerveau, le poumon, les viscères abdominaux.

Stoll, à Vienne, Barthez, à Montpellier, adoptent et propagent cette même doctrine, mais avec quelques différences, toutefois, qui tiennent plus à leur genre d'esprit qu'au fond même des choses.

Stoll, se laissant toujours entraîner à son penchant pour les hypothèses humorales, considère les catarrhes, les rhumatismes et les maladies pituiteuses, qu'il embrasse sous une acception commune, comme des états morbides congénères dépendant de la surabondance et de l'acrimonie des fluides lymphatiques, séreux ou muqueux, et se déclarant sous l'influence des vicissitudes atraospliériques et du froid humide, aidée de prédispositions natives ou acquises à la dépravation des humeurs ; d'oii trois espèces d'un même groupe patliologique pouvant se borner à quelques organes isolés, ou envahir l'économie tout entière et constituant alors les fièvres rhumatiques, catarrhales ou pituiteuses. Barthez, au contraire, portant partout son esprit analytique, ne se borne pas à attribuer une origine commune au catarrhe, au rhumatisme et à la goutte, la succession soudaine et souvent renouvelée du chaud au froid ; il décompose ces affections en leurs éléments communs qu'il considère comme également fondamentaux dans ces trois affections, dont il forme ainsi un groupe naturel, une fluxion plus ou moins intense, la douleur ou le spasme et une altération spéciale des parties lymphatiques du sang.

La thérapeutique de Stoll et celle de Barthez, conformes d'ailleurs à ce qu'il y avait de commun dans leur manière respective d'interpréter l'affection catarrhale et différant peu l'une de l'autre, consistent à conjurer les mouvements fluxioiinaires et à tempérer l'irritation nerveuse des premières périodes, afin de faciliter le travail de coction et les crises, enfin à fortifier en dernier lieu les organes affectés.

Plus près de nous, Hufeland a professé la même doctrine, considérant les catarrhes et les rhumatismes comme un même état morbide, tenant à la lois à des circonstances extérieures, vicissitudes atmosphériques et influences épidémiques, et à une condition diathésique liée à l'exaltation de la sensibilité et à une faiblesse générale ou locale.

Si nous voulions résumer en quelques mots, dans sa formule la plus générale, la doctrine traditionnelle restée longtemps classique de l'affection catarrhale, nous n'aurions qu'à reproduire l'exposé suivant, qu'en a fait le professeur Fuster, de Montpellier, dans un ouvrage spécial, sur ce sujet, auquel nous aurons plus d'un emprunt à faire dans cet article {Monographie clinique de F affection catarrhale, par J. Fuster, professeur dé clinique médicale à la Faculté de Montpellier, 1 vol. iii-S", Montpellier, 1861).

« Le diagnostic de l'affeclion catarrhale implique un groupe d'éléments bien définis. Il comporte toujours une fluxion ; une irritation spéciale, lésion nerveuse ou dynamique, point de départ de la fluxion suivant les uns, conséquence suivant

les autres ; une altération matérielle de l'humeur séro-muqueuse, altération de quantité ou de qualité de ce produit sécrétoire. Ses causes sont : au dehors, les grandes variations atmosphériques, le froid humide et une influence épidéraique ; au dedans, des dispositions naturelles ou acquises entraînant à la fois l'irritation du système nerveux, la variation des fluides lymphatiques et Thabitude des fluxions.

« Les alfections catarrhales ont deux périodes essentielles : la première, dite de crudité, d'irritation ou de spasme, dans laquelle les fluxions ou les congestions sont en pleine activité ; la deuxième, dite de coction ou de détente, caractérisée par l'apaisement de l'irritation et pai' la réaction fébrile, agent principal de la coction et les évacuations critiques qui lui succèdent, et qui ont lieu par la peau, par les voies urinaires et les ouvertures extérieures des mmjueuses.

« Il y a des catarrhes chauds et des catarrhes froids ; les premiers recoimaissablesà la rapidité de leur évolution et à l'activité de l'état fluxionnaire, les seconds, caiactérisés par la lenteur de leur marche et la prédominence de l'état lymphatique.

« Dans cette doctrine, le rhumatisme a les mêmes éléments, les mêmes causes, les mêmes périodes, les mêmes crises que le catarrhe. Tout est semblable dans ces deux affections ; elles ne diffèrent que par leur siège, le catarrhe affectant spécialement les muqueuses, tandis que le rhumatisme a plus d'affinité pour les tissus fibreux.

« Les catarrhes et les rhumatismes sont sous notre zone, la forme la plus féconde en maladies internes et externes, aiguës et chroniques, fébriles et apyrétiques. A l'état général, ils réalisent les fièvres catarrhales, rhumatismales et muqueuses ; à l'état local, ils donnent lieu à autant d'expressions morbides ditférentes que de localisations particulières.

« Toutes les affections étrangères aiguës ou chroniques peuvent les comphquer de mille manières.

« La thérapeutique des maladies catarrhales puisa ses indications principales •de l'altération des humeurs, de l'irritation et du mouvement fluxionnaire, enfin des complications et des symptômes prédominants. »

b. Une révolution profonde s'est produite dans cette manière d'envisager l'affection catarrhale, sous l'influence des recherches anatomo-pathologiques et, plus particulièrement, des idées de l'école physiologique de Broussais. Déjà les -voies avaient été préparées dans cette direction, d'abon! par les travaux de Schneider qui a fourni les premiers éléments de la véritable théorie du catarrhe des fosses nasales ; et aussi par ceux de Bâillon, Bonet, de Willis, de Sydenhara, de Boerhaave, de Morgagni, de van Swieten et de Sauvages, qui considèrent le catarrhe comme une maladie de nature inflammatoire, ou tout au moins comme ayant beaucoup de rapports avec les inflammations; par Bordeu, qui localise le catarrhe, à son point de départ, dans le tissu cellulaire, lequel serait le siège d'un engoigement ou d'une sorte de dépôt d'une matière morbide analogue au suc nourricier ; par Gullen, qui ne voit dans le catarrhe qu'une excrétion augmentée de la membrane muqueuse du nez, de la gorge et des bronches, accompagnée de pyrexie ; par Cabanis qui, se plaçant en quelque sorte dans une situation éclectitiue et jugeant beaucoup plus d après les conditions étiologiques et les effets du traitement que d'après les théories anatomiques ou humorales, reconnaît qu'il y a effectivement des catarrhes de nature inflammatoire qui demandent à être traités dès leur début par les méthodes aiitiplilogistiques et rafraîchissantes, mais en ajiportant toutefois à cette

sorte de concession une grande restriction fondée sur ce que le plus grand nombre des catarrhes se manifestent sous l'influence des temps et des pays humides, et qu'il n'est pas d'affection où l'emploi de la méthode antiphlogistique soit plus pernicieux.

Pinel et Broiissais complètent cette révolution, le premier en classant les catarrhes dans les phlegmasies, le secpnd en les rapportant à l'irritation ou à l'inflammation primitive ou sympathique des membranes muqueuses, avec hypersécrétion de mucus. A dater de cette époque, le catarrlie est généralement considéré comme une inflammation aiguë, ou chronique des membranes muqueuses. C'est à l'irritation des conduits excréteurs des glandules des muqueuses, qu'on attribue l'afflux plus abondant et l'excrétion des fluides muqueux, et c'est leur inflammation qui caractérise les rhumes, les fluxions, les écoulements muqueux, en un mot les maladies connues sous le nom de catarrhes. C'est dans cet esprit qu'est écrit tout entier l'article Catarrhe, du grand Dictionnaire des sciences médicales en 60 vol.

Le mot catarrhe avait été conservé, mais il était devenu comme synonyme de toute inflammation d'une membrane muqueuse ; l'ancienne notion qu'il rappelait ji" étqjit à peu près généralement méconnue. Laënnec lui-même, bien qu'il fit quelques réserves à l'égard de certains cas de catarrhes chroniques dont la nature inflammatoire lui paraissait très-douteuse, se servait de ce mot qu'il détournait ainsi de sa signification primitive, non-seulement pour indiquer une forme particulière de l'inflammation des membranes muqueuses, mais encore pour désigner les inflammations des bronches avec expectoration très-peu abondante ou même sans expectoration. Par une sorte d'abus de langage analogue à celui dont les médecins ili des siècles précédents avaient donné déjà l'exemple, en rangeant dans la fiimilie i des catarrhes des affections dans lesquelles il n'y avait pas place pour la moindre il excrétion, Laënnec, tenant moins compte du produit inflammatoire que de la lésion ta elle-même, n'a pas craint de se servir de l'expression de catarrhe sec pour désigner m l'asthme nerveux. Si bien, qu'en se renfermant dans la notion puiementanatomo- iù pathologique, le mot même.de catarrhe, comme l'écrivait M. Liltré dans le Die- ji tionnaire en 30 volumes (art. Catarrhes, Affections catarrhales) , ne ferait plus partie d'un système pathologique et n'aurait plus sa raison d'être. « Pour lui restituer la place qu'il a perdue, dit-il, il faudrait ou le considérer comme repré- m sentant l'idée collective des phlegmasies muqueuses, ou lui faire signifier la cause g|| qui détermine les épidémies catarrhales. » C'est à cette dernière acception, exprimant à ses yeux un fait réel et qui ne pourrait être remplacé que par une circonlocution, que M. Littré arrête son choix. Cela même était un commencement ou ^j un indice d'une réaction qui s'opérait à cette époque dans les esprits. u

Cette réaction n'a pas tardé à se faire, en effet, contre cette manière de voir i^ étroite qui, ne considérant qu'un des éléments du problème, ne s'appliquait tout ^ au plus qu'à un ordre de faits restreints, bien que très-communs encore, tels que ^^^ les catarrhes chroniques et quelques phlegmasies aiguës localisées, laissant en ^ dehors tout un ensemble de faits d'une importance considérable en pathologie. ^^ Nous voulons parler de ces affections constitutionnelles ou épidémiques si fré- ^ quentes, dans lesquelles l'élément phlegmasique ou inflammatoire ne joue qu'un ^ rôle très-accessoire, souvent tout à fait secondaire, et qui doivent leur autonomie à ^ un concours de conditions éliologiques tout autres que celles qui déterminent ^ habituellement les inflammations franches, conditions étiologiques qui, pour j, échapper souvent à l'analyse, ne s'en révèlent pas moins par des caractères tout à ^ fait spéciaux.

c. A mesure que la médecine se dégage de la double influence des idées systématiques de l'école physiologique de Broussais et des vues étroites de l'école anatomo-pathologique, aux tendances à la fois solidistes et localisatrices, on voit se produire et se répandre de plus en plus dans l'enseignement et dans les écrits de tous les médecins, qui prennent surtout pour base l'observation clinique, la double idée de l'indépendance du ca(anhe et de l'inflammation, et de la subordination du catarrhe à un état général de l'organisme.

Déjà, en 1821, Chomel admettait que l'augmentation de sécrétion dans une membrane ne constitue pas nécessairement une phlegmasie ; de la même manière, dit-il, que la sueur ou un écoulement abondant d'urine ne constitue pas une inflammation de la peau ou des reins. Cette comparaison n'était peut-être pas trèsexacte, mais elle était expressive.

Roche {Diction, de médec. et de chirurg. pratiques) se sert d'un mot nouveau pour mieux faire comprendre la séparation dont il s'agit, le mot hyperdiacrisie, comprenant dans cette acception les flux et catarrhes. « Toutes les sécrétions muqueuses, séreuses, glandulaires, sont susceptibles d'un accroissement insolite, qui peut s'élever à l'état morbide. Tantôt, et c'est le plus ordinaire, cet accroissement de sécrétion n'est que le symptôme d'une autre maladie, et n'a par conséquent d'importance que comme élément de diagnostic, et tantôt, au contraire, il constitue par lui-même un véritable élat morbide indépendant de toute autre affection, et auquel on doit par conséquent consacrer désormais une place et une étude spéciale. C'est à cet accroissement morbide de sécrétion d'un tissu, sans altération de texture, qu'on a donné le nom d'hyperdiacrisie. »

Andral dans son Précis d'anatomie pathologique, reproche à ses contemporains d'être allés trop loin en théorie, en regardant les flux muqueux comme de simples résultats d'un travail phlegmasique. « On peut concevoir, en effet, dit-il, une augmentation accidentelle dans la sécrétion des follicules muqueux, sans qu'ils soient le siège d'un travail d'hypérémie active... En accordant que, dans tout flux muqueux il y ait irritation antécédente, ce qui, dans bien des cas, est plutôt supposé que démontré, toujours faudra-t-il convenir que c'est là un mode spécial d'irritation ; car, après la mort, cette irritation ne se manifeste par aucune lésion appréciable. De plus, on ne peut nier que plusieurs de ces flux muqueux ne soient traités avec le plus grand succès par diverses substances plus ou moins stimulantes. » En conséquence, se fondant sur ces considérations, il admet sous le nom de flux, une classe de maladies dans lesquelles l'écoulement d'un liquide à l'extérieur est le phénomène le plus saillant, celui autour duquel se groupent tous les autres et contre lequel doit spécialement être dirigée la thérapeutique.

Monneret pénétrant plus à fond dans la question que ne l'avait fait son maître Andral, et rentrant à cet égard dans la manière de voir des auteurs anciens, exprime son étonnement de ne pas trouver dans la plupart des nosologies modernes une classe à part pour les maladies catarrhales. Sous ce nom, il comprend un ensemble de maladies fébriles qui dépendent d'un état général de l'organisme, d'une affection appelée fièvre catarrhale, et auxquelles il assigne pour cai^actères principaux : de procéder d'une cause commune, action épidémique ou altération physique de l'air, de se ti'aduire par une sécrétion plus ou moins abondante, par un profluvium auquel s'ajoutent plusieurs autres éléments morbides, entre autres le spasme, les douleurs vagues erratiques, un état fébrile à type rémittent, dont l'intensité est souvent hors de proportion avec les lésions locales, enfin par l'indi-

cation d'un traitement différent de celui qui réussit habituellement dans les inflammations communes. Ce groupe comprend les angines pharyngées, les congestions, les phlegmasies de la tunique interne du larynx, celles des bronches, du nez, des yeux, des oreilles, les exsudais phlegmasiques pseudo-membraneux de ces mêmes tuniques, comme dans la diphlhérite, la coqueluche, l'asthme, la laryngile striduleuse, enfin la fièvre catarrhale proprement dite, épidémique ou sporadique, grippe, follette, rhume, bronchite épidémique, synoque catarrhale.

Comme toutes les maladies générales, la fièvre catarrhale se compose, à ses yeux, de plusieurs éléments morbides distincts : 1° des signes d'une névrose delà sensibilité; 2" d'une altération du sang; 5" d'un exanthème catarrhal qui siège sur les voies respiratoires plus spécialement. Il y distingue deux périodes, la période d'invasion, mouvement fébrile d'invasion avec frissons erratiques, accélération du pouls, chaleur sèche de la peau, céphalalgie, douleurs sourdes, conlusives, parfois vives des membres, prostration, toux, coryza, larmoiement. La deuxième période, qu'il appelle catarrhale, et qui comprend elle-même deux phases, la phase d'hypérémie et de trouble nerveux, sans sécrétion (période de crudité des anciens), la phase du flux ou de coction. L'affection catarrhale, par les éléments nombreux qui la traduisent, par les diveïs ordres de troubles nerveux qu'elle présente, céphalalgie, abattement des forces, troubles des sens, douleurs vagues erratiques, et par le caractère rémittent de la fièvre, dont l'intensité est souvent hors de proportion avec les lésions locales, se rapproche de l'affection rhumatismale {Pathologie générale et pathologie interne).

Pour Grisolle, le catarrhe est un flux muqueux survenant indépendamment de tout travail inflammatoire appréciable. « Dans l'état actuel de la science, dit-il, le mot catarrhe doit donner l'idée d'une augmentation accidentelle de la sécrétion des follicules muqueux, sans que ceux-ci soient actuellement le siège d'un travai' inflammatoire i» {Traité de pathologie, t. l").

Gintrac professe sur ce sujet une opinion quelque peu éclectique entre les deux doctriiies.Pour lui les aifections catarrhales sont des inflammations de membranes muqueuses aiguës ou chroniques, se rapprochant, dans ce dernier cas, des flux muqueux qui ne sont pas nécessairement liés à l'état phlegmasique. « Les phénomènes généraux et sympathiques des muqueuses, dit-il, dans son Cours théorique et clinique de pathologie interne, t. II, peuvent être assez développés. Il n'est pas 'lare de les voir précéder les symptômes locaux. C'est ce qui a pu faire considérer le catarrhe comme le résultat d'une disposition maladive de tout l'organisme, comme la suite d'un état fluxionnaire, dont les symptômes locaux étaient la suite et non la cause. »

Une doctrine mixte, dans laquelle il est également tenu compte et de l'élément phlegmasique et de l'élément nerveux et de l'état pyrétique, est née de la discussion et surtout de l'étude analytique attentive des faits. Elle n'est explicitement formulée nulle part, mais on en trouve maintes traces dans les auteurs contemporains. On vient de voir déjà que Gintrac était manifestement dans cette tendance. Mais c'est surtout dans un travail de Dngès, trop peu connu peut-être, qu'on en trouve l'énoncé le plus clair. Aux yeux de Dugès, entre l'opinion de ceux qui voient dans l'état catarrhal une disposition sui generis, un état maladif de tout l'organisme, un état fluxionnaire dont les symptômes locaux sont la suite, l'effet et non la cause, et appartiennent à un ordre particulier, distinct et différent de l'inflammation, et l'opinion de Pinel et de Broussais, qui en font une inflammation d'oià dérivent les symptômes généraux comme phénomènes syHi-

nathiqiies et secondaires, il n'y aurait rien de contradictoire ; et c'est en les faisant concorder qu'on se rend mieux compte des faits.

Pour lui, le catarrhe consiste principalement dans l'état inflammatoire d'une ou de plusieurs, ou même de toutes les membranes muqueuses

Celte inflammation est rarement idiopathique, même quand elle est bornée à une membrane peu étendue, et elle ne l'est jamais quand elle occupe la totalité de la membrane gastro-pulmonaire, ou la majeure partie de cette membrane; dans ce cas, l'inflaniaialion est la suite, l'elfet d'un état général, d'un état fébrile ou iBolimen analogue, si l'on veut, à celui qui précède les hémorrhagies actives, mais bien plus analogue encore à celui des fièvres exanthématiques.

Cet état général est constamment sthénique, mais il peut passer à l'adynamie, ou du moins à un collapsus voisin; l'inflammation elle-même passe de la période sthénique à une période adynamique ou de collapsus (chronicité), qui nécessite, ainsi que celui de l'état général, l'emploi des toniques, des astringents, des stimulants même.

D'où il suit que la saignée générale convient au début de tout catarrhe avec fièvre, et peut nuire à la fin ; que la saignée locale n'est efficace que dans le catarrhe idiopathique ; qu'elle n'est qu'adjuvante dans le catarrhe avec moliraen général; et qu'employée seule elle peut être nuisible au début par l'irritation que causent les piqûres, et à la fin, parce qu'elle favorise l'état chronique.

Les stimulants, les toniques, les dérivatifs, nuisent au début, en accroissant l'excitation locale et générale, et sont utiles à la fin, en prévenant ou dissipant l'adynamie et la chronicité.

La plupart des fièvres pestilentielles, la majeure partie même des fièvres graves, sont accompagnées d'affections catarrhales, c'est-à-dire d'un état inflammatoire dans la plupart des muqueuses. Les fièvres catarrhales composent la majeure partie des fièvres ataxiques ou adynamiques. Les inflammations de la conjonctive pituitaire, gutturale, de la vessie, de l'urèthre, loin de précéder la fièvre, ne paraissent que lorsqu'elle acquiert une grande intensité ; souvent elles disparaissent avec elle. Enfin, les catarrhes de ce genre, fréquemment accompagnés de phlegmasies cutanées (variole, rougeole, exanthème du typhus, miliaire, etc.), dépendent de la même origine.

Nature inflammatoire du catarrhe, dépendance de cet état inflammatoire d'un état général, telles sont, en un mot, les deux propositions dans lesquelles se résument les idées développées par Dugès.

Les auteurs du Traité de thérapeutique, Trousseau et Pidoux, se tenant dans l'observation pure des phénomènes, mais les analysant en véritables cliniciens, nous paraissent avoir nettement défini l'affection catarrhale, en distinguant, d'une part, l'état catarrhal de l'état inflammatoire, et, d'autre part, la fièvre catarrhale de la fièvre éphémère. L'état catarrhal se distingue de l'état inflammatoire, disent-ils, non-seulement par l'absence de suppuration, mais surtout par le caractère de superficialité, de mobilité et de diffusion des irritations qui l'accompagnent. Les différences ne sont pas moins accusées entre la fièvre catarrhale et la fièvre éphémère, bien qu'on pût les confondre jusqu'à un certain point, l'une et l'autre survenant ordinairement dans des conditions assez semblables, c'est-à-dire à la suite d'une suppression soudaine ou plus ou moins brusque de la sueur. Que, chez un individu, en effet, ayant la peau échauffée et couverte de sueur, une impression In-usque de froid vienne à déterminer une suppression soudaine de l'edialation cutanée, on verra bien survenir un mouvement fébrile plus ou moins

intense, souvent violent même, avec céphalalgie, mjection des tissus, turgescence générale, et sensation de brisement douloureux de tout le corps. Mais il suffit le plus souvent, dans ce cas, d'un simple mouvement de diaphorèse, provoqué par quelques boissons chaudes et légèrement stimulantes, ou survenue même spontanément, pour voir cesser aussitôt cet appareil fébrile, qui semblait annoncer l'invasion d'une affection pyrétique ou inflammatoire grave.

Que s'est-il passé dans ces cas-là? Sueur supprimée, fièvre à la faveur de laquelle la sueur supprimée s'est rétablie. Tout se réduit à cette sorte de balance physiologique. Il n'y a eu là ni prédisposition, ni diathèse morbide, imprimant un caractère et un cours déterminés à l'impulsion fébrile donnée par la perturbation physiologique de refroidissement.

Que se passe-t-il, au contraire, dans les fièvres catarrhales proprement dites et en quoi diffèrent-elles de la fièvre éphémère, dont on vient de voir un des mille exemples que présente journellement la pratique? Il se passe ce fait important, qu'ici la maladie, soit qu'elle se manifeste à la suite d'un refroidissement et; d'une suppi'ession brusque de la transpiration, comme dans le cas précédent, soit qu'elle survienne sans cause déterminante appréciable, et sans qu'il y ait eu préalablement aucune impression vive de froid, ni perturbation violente des fonctions perspiratoires de la peau, se forme et se développe lentement, précédée le plus souvent de quelques symptômes avant-coureurs, et n'arrive à son summum qu'à travers des phases plus ou moins régulières, dont l'évolution peut être prévue, absolument comme toutes les affections pyrétiques à incubation et à développement spontané. Tout indique, en effet, ici, nous ne dirons pas une prédisposition, bien qu'elle puisse y avoir sa part, comme on le verra quand nous parlerons de la diathèse catarrhale, mais une préparation lente et graduelle, due à l'influence plus ou moins prolongée et continue d'une constitution atmosphérique spéciale.

Enfin, le système nerveux joue un très-grand rôle dans les fièvres catarrhales, aux yeux de IVM. Trousseau et Pidoux. C'est là, suivant eux, une des raisons capitales pour lesquelles la médication antiphlogistique n'est qu'incidemment réclamée dans le traitement de ces fièvres. On peut juger, disent-ils, jusqu'à quel point l'élément nerveux prime l'élément sanguin et plastique, par l'appareil symptomatique lui-même, par l'intensité de l'oppression, par les douleurs thoraciques, les angoisses, la dyspnée, la fréquence et l'intensité de la toux, et, à une certaine époque, par l'abondance de l'expectoration, tandis que l'auscultation est muette ou à peu près ; tous ces désordres morbides se passent beaucoup plus dans les éléments nerveux de l'appareil respiratoire que dans ses éléments plastiques, etc. La fièvre catarrhale épidémique, la grippe, se fait remarquer surtout par cette prédominance de l'élément nerveux.

Dans ces dernières années, le professeur Fuster (de Montpellier) a tenté une véritable restauration de l'ancienne doctrine de l'affection catarrhale, en groupant systématiquement dans une classe nosologique distincte toute la tribu des maladies appelées diversement fluxionnaires, séreuses, aqueuses, lympliatiques, catarrhales, rhumatiques, muqueuses, etc. Loin de considérer du même œil le cattirrhe et l'inflammation, et de réduire le catarrhe à l'inflammation des muqueuses, M. Fuster est d'avis que ce ne serait qu'en subtilisant qu'on pourrait faire rentrer les perturbations nerveuses et les dépravations des sécrétions séi o-muqueuses dans la classe des phlegmasies, même en les qualifiant d'une épithète distinctive. « On ne trouvera jamais, dit-il, dans cet ensemble de phénomènes, le point de départ ni les attributs indispensables d'un état inflammatoire légitime, d'une véritable

inflammation. » L'état inflammatoire n'a, au fond, suivant lui, que des rapports apparents avec l'étal catarrlial. «Ici, l'irritation initiale affecte principalement le système nerveux, et se traduit tantôt par les signes d'un éréthisme plus ou moins douloureux, tantôt par ceux d'une faiblesse profonde ou d'un grand accablement. L'altération humorale atteint spécialement les liquides lymphatiques ou séro-muqueux. La fluxion que l'irritation soulève se fait surtout aux dépens de celle espèce de liquide. Le système sanguin ne tarde guère, il est vrai, à prendre part à ce mouvement, ce qui donne lieu à une fièvre plus ou moins vive. Cette fièvre, toutefois, ne règle pas, comme pour l'état inflammatoire, les degrés de i^i'avité de l'affection catarrhale; elle n'est très-fréquemment -qu'une réaction médicatrice, facilitant la résolution des spasmes et l'élaboration de l'altération humorale.

En mi mot, pour M. Fuster, l'affection catarrhale est une affection sui generis, caraclérisée par ses causes : vicissitudes réitérées des qualités physiques de l'atinosphêre, agissant profondément sur les individus et les populations; par ses symptômes : irritation spéciale du système nerveux, souvent associée à une dépression des forces; état lluxionnaire, affectant préférablement les tissus mucosofîbreux ; altération des liquides lymphatiques, etc. ; par sa marche : trois périodes d'irritation, de réaction fébrile, de détente et crise; par son type : continu rémittent, avec redoublement à la chute du jour, aggravation nocturne et relâchement le matin; par ses suites : débilité physique et morale, langueur des organes digestifs, bronchite, rhumatisme chronique, névralgies, névroses, engorgements viscéraux, collections séreuses, aboutissant souvent à la phthisie pulmonaire et à la cachexie séreuse ; par ses lésions cadavériques : stases sanguines, collections et suffusioiis lymphatiques, formations plastiques de toutes sortes. Les indications thérapeutiques consistent à réprimer l'éréthisme des premiers temps, à régulariser la réaction consécutive, à soutenir l'organisme dans la détente et les crises.

Enfin, l'affection catarrhale, et c'est encore là un de ses caractères, s'observe chaque joisr sous l'une de ses expressions ou de ses formes diverses, fébrile ou locale, aiguë ou chronique, bénigne ou maligne, chez des sujets disséminés, dans sa condition de maladie sporadique, et très-communément sous ses expressions multiples, parmi les masses, lorsqu'elle prend les proportions d'une constitution médicale ou d'une épidémie de grippe.

Ces caractères conviennent à toutes les maladies catarrhales, et ne conviennent qu'à elles ; mais, identiques au fond, elles offrent des différences considérables dans les rapports et les combinaisons de leurs éléments. D'où plusieurs groupes ou genres : affection catarrhale type ou vulgaire; affection catarrhale rhumatique ; affection catarrhale muqueuse ou pituiteuse ; affection catarrhale muQOso-vermineuse.

Ces trois ou quatre genres peuvent être sporadiques ou populaires, aigus ou chroniques, fébriles ou apyrétiques, généraux ou locaux, s'attacher à tous les organes, s'associer à toutes les maladies, se présenter à tous les degrés (espèces, ■variétés et nuances) .

Nous verrons plus tard tout ce qu'il y a de bon et de vrai à emprunter à cette doctrine, quij au milieu de beaucoup d'idées surannées, renferme des faits et des considérations très-justes, particulièrement en ce qui concerne l'histoire des catarrhes épidémiques.

Enfin» tout récemment, il s'est produit une nouvelle doctrine sur le catarrhe,

224 CATAKKUhi.

qui en est restée jusqu'à présent à l'état d'essai. M, le docteur Bailly, pratiquant dans un pays où régnent fréquemment des épidémies du genre catarrhal (à Bains, dans les Vosges), a observé, en 1866, une épidémie, dans laquelle il a pu distinguer trois catégories de faits : des fièvres catarrhales proprement dites, des pneumonies et des suettes, dépendant toutes trois du même principe morbide, et qui lui ont paru constituer, par leur réunion, un groupe naturel, auquel il a cru devoir donner le nom de « typhus catarrhal. » ïl est parti de cette observation pour proposer une réforme dans" la doctrine étiologique et nosologique du

Ne voyant pas de corrélation rigoureuse entre les causes auxquelles on est généralement convenu d'attribuer les maladies catarrhales, les refroidissements lirusques et les vicissitudes atmosphériques et leurs effets présumés, M. Bailly a cru découvrir la cause réelle du catarrhe dans un miasme, un contagium, un ferment spécial, qui se développerait sur place, qui naîtrait du sol ou des conditions particulières de l'habitat, et qui serait indépendant de toute modification générale et intrinsèque de l'air. Il a tenté ainsi de faire rentrer les affections catarrhales dans le camp des maladies infectieuses et spécifiques ; il a cherché à substituer l'idée de ce ferment spécial à 1 idée, généralement admise, d'influence saisonnière, de constitution médicale. Suivant notre confrère, les trois formes sous lesquelles s'est montrée cette épidémie, peuvent être regardées comme les éléments dissociés d'un composé pathologique ternaire, analogue à celui qui constitue les fièvres exanthématiques. L'affection catarrhale se rapprocherait ainsi de la rougeole, de la scarlatine, de la variole. Dans la fièvre catarrhale, comme dans chacune de ces fièvres éruptivcs, l'un des éléments constituants peut se manifester seul ou combiné en proportions variables avec l'un dés deux autres. Ainsi, dans la fièvre catarrhale, la fièvre peut apparaître seule ou combinée avec une phlegmasie des muqueuses, ou c'est l'éruption exanthématique, pétéchie, miliaire ou suette, qui se montre. Le type normal complet, suivant M. Bailly, pourrait bien être le typhus exanthématique, la suette miliaire, ou quelque aulre forme ancienne dégénérée, démembrée dans la succession des temps. Les cas si graves de pneumonie miliaire, ou de pneumonies ataxiques, que l'on voit se produire assez souvent encore, seraient peut-être les derniers représentants de ce genre de typhus. Il n'en resterait que les éléments épars : d'un côté, des pyrexies-, des fièvres muqueuses et catarrhales; de l'autre, des angines, des bronchites, des grippes, des pneumonies, et enfin des suettes et des fièvres miliaires.

M. Bailly ne s'est pas borné à tenter ce rapprochement et cette fusion des fièvres catarrhales et des fièvres exanthématiques, et à substituer aux anciennes notions étiologiques du catarrhe l'idée d'un agent spécifique, d'un miasme ou ferment catarrhal ; il est allé phis loin, il a voulu supprimer le mot lui-même de catarrhe, et réunir les affections catarrhales avec les nialadies infectieuses en un siège commun, l'élément épithélial, ces affections ayant ainsi même cause, même nature et siège commun; d'où la dénomination proposée, pour exprimer ce fail, de fièvre épititéliale. « Nous voudrions, dit M. Bailly, nous servir du terme de fièvre épithéliale, pour remplacer le catarrhe des anciens et désigner cette maladie constitutionnelle, infectieuse, épidémique, qui comprend les espèces très-varites des fièvres exanthématiques, catarrhales, muqueuses, arthritiques, séreuses, suettiques, pneumoniques, érysipélateuses, etc. Le mot fièvre indique tout d'abord l'élément général primitivement atteint, la dyscrasie et le trouble nerveux, ce qui classe l'affection dans les pyrexies. La qualification d'épithéliale indique

ensuite l'éléraeiit histologique spécial, dans lequel se passe l'évolution morbide, tout en réservant l'idée secondaire de localisation... »

Il y aurait beaucoup d'objections à faire à l'essai de théorisalion nouvelle de l'affection catarrliale, dont M. Bailly a puisé les éléments dans des faits qu'il a observés, d'ailleurs, avec une très-grande sagacité et un grand sens clinique. Les objections principales ont été faites déjà dans un rapport remarquable de M. Ghaullard, à l'Académie de médecine, sur ce travail. Elles portent sur deux points : sur l'étiologie que M. Bailly assigne aux fièvres catarrhales ; et sur l'assimilation qu'il fait de cette affection avec les maladies infectieuses, pour en déduire la constitution d'une entité morbide nouvelle, sous le nom de fièvre épithéliale.

M. Bailly conteste toute valeur étiologiqiie à l'action de l'air, du froid et cbaud, et des vicissitudes atmospbériques. Mais, comme l'a fait remarquer avec bea\iconp de raison M. Chauffard, et nous aurons à revenir sur ce point quand nous traiterons particulièrement de i'étiologie , il n'y a pas à considérer seulement dans l'action de l'air ses conditions de température, et dans les influences saisonnières les vicissitudes atmosphériques ; et de ce que le passage du chaud au froid ne suffirait certainement pas toujours pour expliquer le développement d'une alfection catarrbale, il n'en faut pas conclure qu'elle ne puisse résulter, en effet, d'un ensemble d'action de conditions atmosphériques autres que la température, qui pour n'être pas toutes connues, n'en manifestent pas moins leur existence par leurs effets. Il n'était donc pas nécessaire de recourir à l'hypothèse toute gratuite d'un agent spécifique, d'un miasme ou ferment spécial, dont rien jusqu'à présent ne démontre l'existence. En refusant à M. Bailly son étiologie, on lui refuse aussi naturellement son programme d'assimilation de la fièvre catarrbale et de constitution d'une entité morbide nouvelle, fondée sur cette assimilation.

Nous rappellerons enfin, pour mémoire, la doctrine moderne des médecins allemands sur le catarrhe. On sait que, pour les Allemands, qui en cela, comme pour tant d'autres questions, n'ont fait que reprendre, commenter et développer les idées de la doctrine physiologique française, le catarrhe reste une inflammation ; c'est avec le croup et la diphthérie une des trois formes ou des trois espèces d'inflammation des membranes muqueuses ; c'est l'inflammation superficielle avec simple hypersécrétion delà muqueuse, dont le produit est un exsudât séreux ou muqueux, tandis que dans l'inflammation croupale il y a sécrétion d'un exsudât fibrineux, et dans l'inflammation diphthéritique infiltration du tissu conjonctif sous-épithélial par des cellules de nouvelle formation, qui en comprimant les vaisseaux frappent de mort les tissus qu'elles envahissent.

Ce sont ces mêmes idées, rajeunies, que nous retrouvons encore dans les ouvrages et traités classiques français les plus récents, notamment dans le Traité de pathologie interne de M. Jaccoud; mais hàtons-nous de dire que pour M. Jaccoud' l'inflammation superficielle, épithéliale, n'est pas tout dans le catarrhe, la prédisposition y jouant un rôle prépondérant, non-seulement par rapport à l'affection elle-même, mais aussi par rapport à ses localisations.

II. Division. On vient de voir par quelles phases a passé l'histoire des affections catarrhales. Si nous voulons essayer maintenant de débrouiller un peu ce chaos et d'en faire sortir toutes les vérités cliniques et pratiques utiles, qui s'y trouvent confondues, mêlées et plus ou moins adultérées par l'esprit de système, nous devrons commencer par distinguer dans l'ensemble des affections catarrhales ou dites telles : les affections locales, apyrétiques, aiguës ou chroniques ; les alfections fébriles, générales, sporadiques ou populaires et épidémiques ; enfin les maladies que nous

mcT. ENC. Xlll. 15

appellerons connexes ou collatérales de l'alfection catarrhale, soit qu'elles en procèdent comme une des conséquences immédiates ou éloignées, soit que, lui étant étrangères étiologiquement, elles lui empruntent quelques-uns de ses traits, ou présentent, à titre de complication ou d'élément, quelques-uns de ses phénomènes essentiels. Quitte, après avoir établi cette distinction, pour relier ensuite toutes ces affections, non pas en un type commun et unique, ce qui serait remettre la confusion là oii nous aurions cherché à rétablir l'ordre, mais en un groupe naturel en raison, soit du lien étiologique qui les relie ensemble, soit des ressemblances et des analogies symptomatiques qu'elles présentent.

C'est pour avoir méconnu ces distinctions et ces ressemblances à la fois, qu'on a vu alternativement rejeter le genre catarrhe du cadre nosologique ou lui donner une importance et une portée exagérées. L'une des grandes raisons, en effet, qui ont longtemps divisé les auteurs sur ce point, c'est que les uns, en traitant du catarrhe, n'ont considéré que les affections sporadiques, soit aiguës, soit chroniques, telles que le coryza, la laryngo-trachéite, la bronchite commune, les divers catarrhes locaux et circonscrits à la membrane muqueuse de tel ou (el viscère, le ca. tarrhe intestinal, le catarrhe vésical, utérin, etc., qui présentent tous, en effet, au moins à leur origine, si ce n'est pendant tout le cours de leur durée, un élément phlegmasique évident ; tandis que les autres ont visé surtout et pris particulièrement pour type de l'affection les catarrhes épidémiques, les fièvres catarrhales proprement dites, la grippe. Ce sont là de véritables pyrexies, dont les apparences ou les formes symptomatiques peuvent varier souvent elles-mêmes suivant les constitutions atmosphériques et les conditions étiologiques accessoires qui ont pu s'associer à la grande cause générale sous l'influence de laquelle elles ont pris naissance, mais dont la nature est au fond la même et dont le phénomène principal est toujours le catarrhe lié à un ensemble de symptômes nerveux plus ou moins graves. Or, dans ces pyrexies, l'élément phlegmasique fait souvent défaut, ou du moins, s'il existe, il est tellement subordonné et effacé en quelque sorte par la prédominance de l'élément catarrhal et de l'éiément nerveux, qu'il n'y a le plus ordinairement, à en tenir aucun compte dans la prise en considération des indications thérapeutiques, comme on le verra plus loin.

Cela est si vrai que ceux-là même qui déclarent tout d'abord ne faire aucune distinction entre les catarrhes et les phlegmasies, ces deux faits phle^masie et catarrhe s'impliquant l'un l'autre et étant inséparables à leurs yeux, se trouvent amenés par une sorte d'inconséquence forcée et qui tient à la nature même des choses, à se déjuger en quelque sorte, quand ils se trouvent placés sur le terrçiindu catarrhe épidémique.

• D'un autre côté, Targument des médecins qui veulent séparer absolument le catarrhe delà phlegmasie des muqueuses, repose évidemment sur une fausse interprétation de la notion de la phlegmasie ou de l'inflammation.

« Dans l'inflammation proprement dite, la seule inflammation réelle et admissible, dit M. Fuster, tous les actes pathologiques émanent et relèvent du jeu ibrcé des rouages de la machine, grâce à la stimulation d'un sang trop riche ou exubérant. Us naissent en vertu de cette effervescence, marchent et grandissent d'après ses progrès, déchnent et s'éteignent à mesure qu'elle décroît et cesse. Les inflammations locales subissent cette loi comme les fièvres inflammatoires. C'est par l'excès d'énergie ou de ton que les organes s'enflamment ; c'est aux dépens du sang, aliment de leur irritation, qu'ils s'engouent, se congestionnent, passent à la suppuration, se détruisent, se mortifient, etc. »

C4TARRHE. 227

C'est, comme on le voit, en donnant de i'inflamniation une caractéristique qui la'circonscrit dans ses phénomènes les plus saillants et les plus apparents, qui la la montre comme étant toujours l'effet ou la marque d'un excès de ton et d'énerffie des organes, d'une richesse exubérante du sang, ce qui par parenthèse est loin d'êlve exact, au lieu de l'embrasser dans tous ses degrés et dans toutes ses nuances • c'est, en un mot, en substituant à la notion clinique tt physiologique vraie de l'inflammation, une notion faus?e, incomplète et hypothétique, qui entraînerait toujours avec elle l'idée d'un traitement spoliatif et déprimant, et mettrait toujours la lancette aux mains du médecin, qu'on est parvenu à la considérer,non-seulement comme étrangère, mais même comme opposée au catarrhe.

Mais qu'est-ce, donc, d'autre part, que cette irritation, que cet afflux d'humeurs, cette fluxion qui précède et prépare le phénomène catarrhe proprement dit? qu'est-ce que celte fièvre locale qui complique l'état catarrhal aigu, localisé, comme la fièvre générale accompagne l'élat catarrhal généralisé? Et en quoi cette irritation , cette fluxion et cette fièvre locale diffèrent-elles beaucoup des attributs de l'inflammation ? Il y a là évidemment beaucoup plus de différences nominales que de différences effectives.

Et d'ailleurs que sait-on au fond d'assez précis sur la physiologie de l'inflammation pour en faire ainsi comme le pivot de la nosologie et s'en servir comme terme d'une distinction radicale, d'après laquelle on rangerait d'un côté toutes les maladies inflammatoires, de l'autre toutes celles qui ne le sont pas? N'a-t-on pas été, dans ces derniers temps, jusqu'à en nier l'existence? Si bien, que parodiant un mot célèbre on pourrait dire: qu'était l'inflammntion il y a un demi-siècle? Tout. Qu'est-elle aujourd'hui? Rien. Si l'on veut bien se renfermer dans ce que montre de plus clair la cUuique éclairée par l'anatomie et la physiologie pathologique et ne voir dans l'inflammation que ce qui y est en réalité, c'est-à-dire une série d'actes morbides ayant leur analogie physiologique et leur fondement dans l'acte normal de la nutrition et de la dénutrition, dont elle n'est en quelque sorte qu'un des modes déviés, commençant par la fluxion ou l'hypérémie déterminée elle-même par une cause d'afflux, une iriitation quelconque ou même, comme l'a établi la pathologie expérimentale par une paralysie vaso-motrice, et se terminant par des ncoformations, des exsudais de produits inassimilables, qui varient suivant la nalure des tissus, ou par une véritable désorganisation, nue dénutrition de ces mêmes tissus, oncesseia de la considérer comme en une sorte d'antagonisme nécessaire avec les affections d'origine et de nature débilitantes, et on ne devra pas s'étonner d'en trouver des manifestations un peu partout, soit comme [phénomène nécessaire et faisant indissolublement partie de l'état morbide, soit comme épiphénomène ou état puiement contingent.

Ceci nous conduit à dire quelques mots de ce que nous ont appris les recherches les plus récentes sur l'histologie du catarrhe.

111. Histologie du catarrhe. Lorsque, dans les doctrir.es anciennes, on veut bien ne prendre certaines idées que comme des images et certains mots comme des expressions figurées, employées pour mieux fixer un fait dans l'esprit, on ne trouve plus qu'elles soient aussi dénuées de justesse et de sens pratique, ni aussi éloignées même qu'on semble le croire généralement de nos théories modernes. Ainsi, lorsque les anciens désignaient le catarrhe sous le nom de destillatio, ils pouvaient bien sans doute partir d'un point de vue physiologique erroné, mais ils exprimaient du moins par là un fait indéniable, celui de la transsudation d'une partie des éléments fluides de l'économie à travers les membranes muqueuses, fait dont la physiologie donne

aujourd'hui une explication plds scientifique et plus vraie. Il y a cette différence toutefois que cette distillation n'est réelle que pour quelques-uns des éléments seulemerft qui sont déversés à la surface des membranes rimqueuses et non pour tous, comme paraissaient le croire les anciens. Ainsi, par exemple, on sait que les produits excrétés des surfaces muqueuses qui sont le siège d'un état catarrhal, variables à certaines égards et pour quelques-uns de leurs éléments seulement suivant les fonctions spéciales de ces muqueuses, se composent eu général, en proportions souvent très-inégales, de mucus et de sérum. Or personne n'ignore aujourd'hui que le mucus, formé principalement par des cellules, appelées corpuscules muqueux, par de nombreux débris d'épithélium résultant du mouvement incessant de régénération de la surface muqueuse épithéliale, et par une substance protéique qui, sous le nom de miicine, donne la viscosité à ce liquide, n'existe point en nature dans le sang. On sait qu'il est un produit sécrétoire de la membrane muqueuse elle-même et qu'il est versé à la surface de cette membrane au fur et à mesure de sa formation. Il n'en est pas de même du liquide séreux qui se trouve toujours plus ou moins abondamment mêlé au mucus, dans les premières périodes surtout delà phlegmasie ou affection calarrhale. Celui-ci provient, comme nous venons de le dire, par voie de transsudation des vaisseaux sanguins (c'est la distillation des anciens).

Au degré de simple irritation sécrétoire, de diacrise, ces deux sortes d'exsudats ne diffèrent pas beaucoup de ce qu'ils sont à l'état physiologique. L'exsudat niuqu3ux est identique au mucus normal-, sauf qu'il est tantôt plus épais et tantôt plus fluide. L'exsudat séreux ne se distingue pas essentiellement des produits de la transsudation ; comme ceux-ci, il possède toutes les propriétés du sérum du sang, contenant seulement un peu moins d'albumine et un peu plus d'eau.

Mais, au degré véritablement inflammatoire, membrane sécrétante et produits sécrétés présentent des altérations qui ont été étudiées avec soin par les histologistes.

D'après Rindfleisch (Virchow's Arch. Bd. XXI), au début de l'inflammation les cellules épilhéliales tendent d'abord à prendre la forme sphérique par le fait du gonflement du protoplasma ; quelques-unes disparaissent ; la substance intercellulaire devient liquide, et les cellules tendent à se séparer. Puis le noyau des cellules se gonfle et se divise. La cellule elle-même peut se segmenter, mais seulement après la segmentation du noyau. Les cellules épithéliales ainsi modifiées se détachent facilement de la surface qu'elles recouvraient, se mélangent au produit séro-muqueux de l'hypersécrétion glanduleuse. Les vaisseaux les plus superficiels de la muqueuse se laissent traverser par des globules blancs, d'où des globules purulents qui se mêlent bientôt aux cellules épithéliales désagrégées et sont entraînés avec elles, mélangés au produit séro-muqueux des glandes.

L'inflammation acquiert-elle un plus haut degré d'intensité, ce ne sont plus seulement les globules blancs, mais les globules rouges jqui sortent des vaisseaux, et il se fait de petites hémorrhagies capillaires. C'est alors qu'on voit les sujets atteints de bronchite catarrhale rendre des crachats striés de sang, ou de coryza avoir de petites épistaxies. L'examen microscopique montre alors mélangés aux globules de pus des globules rouges du sang intacts ou déformés.

Ces altérations de l'épithélium présentent, dans les muqueuses des différents organes, quelques particularités spéciales relatives aux différences d'organisation de ces membranes.

L'inflammation superficielle des muqueuses introduit dans l'étal du mucus

quelques modifications qu'il est utile de connaître. Le mucus qui, à Fétal normal, est alcalin et renferme un acide mal déterminé et de la soude libre unie à la mucine, contient, lorsqu'il vient à s'altérer par le fait du catarrhe, un corps nouveau, Valbumine, avant même qu'il y ait du pus en plus ou moins grande quantité mélangée au mucus. Eniin on a trouvé au nombre des substances inorganiques des cracliats du catarrhe, des chlorures et des phosphates en grande proportion.

Le mucus nasal renferme un excès de chlorhydrate d'ammoniaque qui lui donne cette saveur salée et cette action irritante que tout le monde connaît.

Tels sont les phénomènes intimes qui se passent dans les affections phlegmasiques catarrhales de toutes les muqueuses, dans le coryza, dans la bronchite, dans la conjonctivite, à quelques nuances près, soit dans la rapidité de l'évolution, soit dans l'iulensité de la dégénérescence graisseuse, d'où résultent les modifications que l'on observe dans l'abondance, dans la consistance, la couleur et les divers aspects des sécrétions morbides.

Ainsi l'ensemble et la succession des phénomènes intimes qui se passent dans une membrane nmqueuse siège d'un catarrhe aigu, peuvent se résumer comme i! suit : inflammation sécrétoire, exsudative, dans laquelle il y a exsudation de liquide venant du sang (sérum), mélange de ces liquides avec les produits de l'inflammation parenchymateuse (mucus) et excrétion de ce mélange à la surface de l'organe.

Nous venons de voir quel est le processus de l'inflammation catarrhale, mais nous avons vu que si la phlegmasie superficielle d'une portion plus ou moins étendue d'une membrane muqueuse était la condition initiale du plus grand nombre des catarrhes locaux aigus, l'observation nous montrait à côté de cet ordre de faits, une série d'autres dans lesquels la phlegmasie ne joue qu'un rôle très-secondaire, trèseffacé. Telles sont ces phlegmorrbagies chroniques oii la sérosité forme la majeure partie des matières sécrétées, et où l'irritation sécrétoire prédomine sur l'irrit-ition phlegmasique, si même celle-ci existe. Tels sont surtout les cas assez nombreux de simples diacrises, caractérisées tout au pins par des phénomènes de turgescence ou d'orgasme sécrétoire, indiquant un trouble fonctionnel ou un certain degré d'hyperstimulation des organes sécréteurs. Ces faits doivent évidemment rentrer dans l'histoire du catarrhe.

Les flux muqueux ou séro-muqueux, comme toutes les autres diacrises, peuvent avoir lieu, eu effet, sans le concours d'un état inflammatoire, sous la seule influence d'une irritation sécrétoire , d'un état fluxionnaire ou hypérémique ou même d'une simple hypérémie mécanique. «Partout où les vaisseaux des muqueuses sont gorgés de sang, djt Niemeyer {Patholog. interné), il se produit un catarrhe, en d'autres termes, une sécrétion anormale, une turgescence et une imbibition de tissu, accompagnées d'une formation plus ou moins exagérée déjeunes cellules. Même les hypérémies mécaniques des muqueuses donnent lieu au catarrhe. Les catarrhes gastro-intestinaux proviennent assez fréquemment d'une compression de la veine porte, et le catarrhe bronchique est le résultat d'un obstacle au retour du sang des veines bronchiques et pulmonaires dans les maladies du cœur. »

Ces hypersécrétions sont souvent liées à une disposition constitutionnelle, à une sorte d'état diathésique; on les observe fréquemment chez les sujets scrofuleux sous la forme de diarrhée, d'écoulements séreux ou séro-muqueux par le nez, par les yeux, par les voies sexuelles ; chez les sujets hermétiques, et parfois chez les goutteux, sous la forme de pituites. Ces sortes de llux ne sont jamais accompagnés de signes de phlegmasie. 11 convient toutefois de faire ici une distinction utile:

aSO CATARRHE.

sans doute, on trouve souvent, dans les cas de ce genre, des traces éparses de plilegmasies superficielles sur les parties ou dans le voisinage des parties qui sont le siège de ces hypersécrétions, mais elles en sont le résultat et non la cause; elles sont pro' duites par ririitatioii que détermine sur les tissus et particulièrement sur les cri fices des muqueuses, le passage incessant de ces liquides altérés.

Il est un troisième ordre de faits qui doivent trouver leur place également dans la grande famille des catarrhes ; ceux-ci sont essentiellement liés à un état inflam^ matoire des membranes muqueuses, mais à un état inflammatoire spécial, nous avons presque dit spécifique : nous voulons parler des phlegraasies catarrhales, néoplasiques ou pseudo-membraneuses des membranes muqueuses, telles que la diphtliérie, le croup, la bronchite couenneuse, la forme aiguë de la bronchite pseudo-membraneuse dont M. Fauvel a fait l'histoire dans ses recherches sur la bronchite capillaire purulente et pseudo-membraneuse chez les enfants, et qui constitue une variété du catarrhe suffocant.

Enfin l'ordre de faits le plus important pour l'histoire de cette affection est celui (pii comprend la fièvre catarrhale proprement dite et les épidémies ou fièvres catarrhales épidémiques, dans lesquelles la phlegmasie ne joue, lorsqu'elle est manifeste, qu'un rôle tout à fait secondaire et subordonné, la pyrexie ayant ici le rôle prédominant.

IV. Classification. Si nous voulons maintenant essayer de résumer et de classer par groupes naturels les faits nombreux et variés que nous venons de passer en revue, comme faisant partie de la grande famille des catarrhes, nous serons conduits à distinguer les groupes suivants :

1° Déterminations catarrhales locales aiguës. Le catax'rhe aigu localisé, dont les types sont \k coryza, vulgairement rhume de cerveau, la laryngo-trachéite d la trache'o-bronchite apyrétique, rhume de poitrine, maladies dans lesquelles il est impossible de méconnaître une phlegmasie superficielle de la membrane muqueuse, mais qui présentent toujours ce caractère particulier (alors même qu'elles ne sont point liées à un mouvement fébrile, soit primitif, soit secondaire, qui en règle en quelque sorte la marche), qu'elles suivent généralement, et dans une même période de temps, une même évolution dans laquelle on distmgue deux périodes principales : la période d'iiypérémie avec turgescence, irritation plus ou moins vive et sécheresse de la portion de membrane muqueuse affectée (période de crudité des anciens) ; la période de détente avec exhalation plus ou moins abondante de hquide principalement séreux d'abord, puis séro-muqueux et plus tard muco-purulent (période de coction).

En progressant en étendue et en profondeur, dans l'appareil des voies aériennes, ainsi qu'en gravité dans le caractère de l'afieclion, nous trouvons la bronchite catarrhale aiguë fébrile, la bronchite capillaire des enfants, le catarrhe suffocant ; enfin h pneumonie catarrhale ou broncho-pneumonie.

Dans le même ordre de localisations du catarrhe aigu, nous devons mentionner: l'angine catarrhale, inflammation catarrhale de la muqueuse de l'arrière-boucbe, du pharynx, des piliers, du voile du palais, de la luette et des amygdales, avec trouble de sécrétion et congestion plus ou moins vive de la totalité de cette membrane ou de ses appareils sécréteurs ; le catarrhe œsophagien ; le catarrhe de la muqueuse buccale (stomatite catarrhale) rarement idiopathique, presque toujours symptoniatique, soit de la dentition chez les enfants, soit d'une inflammation de voisinage, soit de l'action irritante ou spéciale de certains médicaments (mercure), etc. Le catarrhe stomacal (embarras gastrique, état gastrique, gastricisme) ; le ca-

arrhe gastro-duodénal ; le catarrhe intestinal (embarras intestinal, coliques diarrhéiiiues, dysenterie), déterminé souvent par des obstacles à la circulation du foie ou se joignant aux catarrhes et autres affections des voies aériennes ; le ca- Utrrhe des voies biliaires, suite d'hypgrémie hépatique ou extension du catarrhe "astio-duodénal et donnant lieu à un ictère dit catarrhal, par suite de l'obstruction des conduits biliaires par les mucosités ; le catarrhe des voies génitales, catarrhe urélhral, catarrhe vaginal non virulents, catarrhe utérin et utero -vag inal ; catarrhe vésical (cystite catarrhale), autre que la cystite cantlia.'idienne. Enfin le catarrhe des muqueuses oculaires, la conjonctivite catarrhale, et de la muqueuse du conduit auditif {otorrhée).

2° Déterminations catarrhales locales chroniques. La plupart des appareils et organes que nous venons de passer en revue comme pouvant être le siège de l'affection calarrhale aiguë, peuvent ar.isi devenir le siège du catarrhe chronique soil d'emblée, soit consécutif au catarrhe aigu.

Le type du catarrhe chronique est la bronchite catarrhale chronique, la bronchorrée, si commune que c'est elle que l'on désigne lorsqu'on se sert du mot générique de catarrhe, sans le faire suivre de l'adjectif désignant l'organe affecté ou d'un qnalilicatif quelconque.

Après le calarrlie chronique des bronches, les affections catarrhales chroniques les plus fréquentes sont celles des muqueuses olfactives (coryza chronique), de l'oreille (otorrhée), du vagin (leucorrhée), des membranes muqueuses stomacale et intestinale (embarras gastrique chronique, gastrorrhée, etc.).

0" État catarrhal, élément catarrhal et complications catarrhales. Jusqu'ici iious n'avons envisagé que les catarrhes locaux simples ou idiopathiques. Le catarihe est un des phénomènes morbides les plus communs et les plus répandus, soit comme complication, soit comme l'un des éléments constituants d'un grand nombre de maladies complexes et de groupes morbides déterminés. Le catarrhe sous sa forme phlegniasique et avec tous ses caractères d'acuité les plus accusés est un des éléments les plus constants des fièvres éruptives (variole, rougeole, scarlatine). Le calarrhe bronchique est un des phénomènes les plus communs dans la fièvre typhoïde et dans le typhus exauthématique ou pétéchial. Dans la fièvre typhoïde l'affection catarrhale est presque généralisée dans toutes les membranes muqueuses, elle commence souvent dans le larynx, dès le début de l'alfection, pour s'étendre de là dans la trachée et dans les broiiches, dont elle atteint même souvent les ramifications les plus fines. Le catarrhe bronchique de la fièvre typhoïde n'est le plus souvent accompagné que de très-peu de toux et d'expectoration, aussi le méconnaîtrait-on bien des fois si l'on n'avait pas recours à l'auscultation qui en révèle les signes physiques. II aide au diagnostic dans les cas douteux, et il n'est pas sans importance au point de vue du pronostic, sa persistance et son extension aux petites bronches, alors que l'état de prostration des malades les met presque dans l'impuissance d'expectorer , constituant par son propre fait un danger sérieux.

Quant au catarrhe gastro-intestinal, tous les médecins savent qu'il fait partie intégrante et en quelque sorte essentielle de la fièvre typhoïde.

Dans le typhus, le catarrhe bronchique entraîne avec lui les mêmes suites que dans la fièvre typhoïde, en particulier l'accumulation des sécrétions bronchiques, les pneumonies lobulaires partielles , l'hypérémie généralisée du poumon , les hypostases. Il y acquiert même généralement une intensité plus grande que dans la fièvre typhoïde.

4" Relation de l'état cntarrhal avec d'autres états morbides. Ou a vii, pai^ ce qui précède, que l'idée de catarrhe ne se limite pas aux phlegmasies superficielles exsudatives, aux hypérémies des membranes muqueuses et aux divers flux, diacrises ou hypercrinies dont ces mêmes organes peuvent devenir le siège sous des influences éliologiques communes ou semblables que nous aurons à examiner tout à l'heure; que l'état catarrhal, l'un des plus communs, entre pour une part plus ou moins importaule dans un grand nombre de maladies diverses et surtout de pyrexies. Nous allons montrer encore les relations fréquentes et souvent très-étroites, qui rapprochent le catarrhe de plusieurs affections, que leurs apparences symptomatiques extérieures sembleraient au premier abord en éloigner beaucoup. On a vu déjà que la plupart des anciens auteurs, en se fondant soit sur la communauté d'influences étiologiques, soit sur une concomitance fréquente, une succession ou une alternance que rendent surtout appréciable les épidémies et les constitutions médicales , avaient compris dans un seul et même ordre nosologique les l'humatismes, un grand nombre d'affections névralgiques, diverses dyscrasies, voire même la goutte avec le catarrhe. Nous dirons plus tard ce qu'il faut penser de ces rapprochements, vrais dans un certain sens et tant qu'on se tient dans les limites de la communauté d'origine et d'une espèce de prenté nosologique, mais forcés et même faux, quand on veut tenir compte des caractères propres, de la marche naturelle de l'affection et de la nature de la lésion. Nous nous bornons pour l'instant à constater cette relation. Restant dans ces limites, nous admettrons, avec les relations déjà signalées et à côté d'elles, celles sur lesquelles a insisté particulièrement notre collaborateur, le docteur Delioux de Savignac, dans un mémoire intitulé : Des relations qui existent entre les affections herpéticpies, nerveuses et catarrhales. On connaît déjà très-bien les rapports du catarrhe avec les affections nerveuses; on sait combien il est fréquent de voir dans les fièvres catarrhales épidémiques, dans la grippe par exemple, survenir des douleurs névralgiques, variables d'intensité, de durée, de siège, qui viennent s'ajouter aux tourments des malades, et, par leurs caprices et leurs bizarreries, aggraver et embarrasser souvent le pronostic. On sait combien il est commun de voir le catarrhe nasal s'accompagner d'une céphalalgie intense, qui a tous les caractères névralgiques et quelquefois d'une véritable névralgie de l'un des nerfs de la face, de voir le catarrhe bronchique se compliquer de névralgies intercostales, de pleurodynie indépendante de toute participation inflammatoire de la plèvre. A côté de ces faits que M. Delioux de Savignac n'a pas manqué de rappeler, il a fait remarquer que rien n'est plus commun aussi, que de voir dans le cours des affections catarrhales et particulièrement à leur déclin, se développer en plus ou moins grande abondance sur la face des vésicules d'herpès , qui ont un caractère critique bien manifeste. « L'éruption herpétique, dit-il, a d'autant plus de chances d'apparaître, de s'étendre en surface et de susciter l'inflammation, que la maladie a revêtu un caractère catarrhal plus prononcé, s'est accompagnée de fièvre, de brisement des forces, de sécrétions excessives, ou s'est rapprochée de l'état nerveux en provoquant une céphalalgie parfois des plus douloureuses, etc.» C'est surtout le zona qui a donné lieu à cette observation. L'analyse clinique qu'en a faite M. DeUoux de Savignac, l'a conduit à y reconnaître trois éléments : une lésion cutanée, à forme spécifique constante, un catarrhe plus ou moins prononcé des voies digestives, une névralgie.

5" Diathèse catarrhale. Nous avons prononcé plus haut le mot de diathèse.

E\iste-t-il une diatlièse catanliale? Et d'abord entendons-nous sur ce que l'on désigne aujourd'hui par ce mot. Si, pour constituer une diatlièse, il suffit qu'une maladie déterminée revienne spontanément, d'une manière eu quelque sorte intermittente, après des intervalles de disparition plus ou moins longs, revêtant soit la même forme, soit des formes diverses, affectant pour siège le même organe, le même tissu ou des organes et des tissus différents ; mais de manière que la succession, le déplacement et l'alternance de ces formes morbides attestent que c'est toujours le même principe qui est au fond de ces diverses transformations, on ne peut refuser ce caractère aux affections catarrhales.

En effet, dans les climats, les localités et les habitations où règne habituellement une température froide et humide, ou voit l'affection catarrhale devenue endémique, se montrer quelquefois à l'état diathésique chez certains individus, et cite disposition peut même se transmettre par voie d'hérédité. Tel est évidemment le cas des individus qui ont, soit les membranes muqueuses des voies aériennes, soit les téguments externes d'une telle sensibilité, que sous l'influence de la moindre impression d'un air froid, et sans qu'on puisse faire intervenir l'action de grandes vicissitudes atmosphériques ou d'une constitution médicale catarrhale, quelquefois même tout à fait spontanément et sans aucune cause occasionnelle appréciable, sont pris de catarrhes des plus intenses, interminables, ou qui ne cessent que pour se reproduire presque aussitôt. Cette disposition se voit surtout chez les individus à la fois faibles et irritables, lymphatiques, mal nourris, cacltectiques, qui ont une tendance à des transpirations abondantes et vivent, en général, à l'état sédentaire. L'extrême facilité qu'ont ces individus à s'enrhumer s'accroît incessamment, à raison même du nombre et de la fréquence de leurs rhumes, leurs membranes muqueuses devenant plus vulnérables, à mesure qu'elles ont été plus attaquées. C'est ainsi que s'établit la diathèse. Il serait presque oiseux d'en citer des exemples. 11 n'est pas de médecin qui n'en ait rencontré souvent dans sa pratique ou dans le cercle habituel de ses relations. Combien ne voit-on pas de ces sujets chez qui la diathèse catarrhale s'est établie dès l'enfance, oii elle se manifeste surtout par des mouvements fluxionnaires fréquemment répétés sur la muqueuse des yeux, du nez, des oreilles, pour se localiser plus tard, soit sur la muqueuse digestive, soit et surtout sur la muqueuse bronchique, oii elle élit, en quelque sorte, domicile chez les vieillards ? Qui n'a connu de ces individus constamment enchifrenés, voués durant presque toute leur existence au coryza et aux mille tourments presque incessants qu'il engendre? Le docteur Dumont (de Monteux) a tracé, il y a quelques années, dans YVnion médicale àeïSè'ô, la lamentable histoire d'un véritable martyr du coryza invétéré.

Mais quand l'affection catarrhale est élevée à ce point, il est rare qu'elle ne soit pas elle-même l'expression d'une autre diathèse, telle que la diathèse herpétique, par exemple, ou d'un de ces états morbides diathésiques complexes et protéiformes, qui se traduisent alternativement, tantôt par l'expression herpétique, tantôt par l'expression catarrhale ou par l'expression rhumatique. Les faits de ce genre ne sont pas rares, ils se présentent même assez fréquemment aux médecins qui s'occupent spécialement des maladies chroniques, et particulièrement à ceux qui pratiquent auprès des stations thermales. 11 nous a étédonné,pournotrepart, de voir fréquemment, soit la concomitance, soit l'alternance, chez le même sujet, des manifestations catarrhales avecl'arthritismeetavecrherpétisme. L'un des exemples les plus récents et les plus frappants à la fois, que nous ayons vu, est celui d'un directeur d'usine, qui ayant été pendant presque toutesa vie tourmenté par des alternatives d'eczémas, debron

chites catarrlmles et de douleurs rhumatismales, fut pris dans ces derniers temps, toutes ces manifestations ayant cessé, d'un état catarrlial de l'estomac, d'une gastrorrhée d'une telle abondance, qu'il faillit succomber sous nos yeux, par suite de l'inanition forcée où il était réduit, si nous n'avions été assez heureux pour soutenir et relever la vie par l'alimentation rectale, durant cette longue et cruelle crise.

6° Fièvre calarrliale. Nous avons vu, jusqu'à présent, toute la série des états catarrhaux localisés, aigus ou chroniques, nous en avons indiqué les degrés vatiés, nous en avons montré jusqu'aux nuances qui forment, à leur tour, comme autant de degrés de transition, depuis la phlegraasie avec sécrétion morbide la mieux accentuée et la plus évidente jnsqu'à la simple diacrise par hypércmie passive, ou mécanique ; nous avons fait voir la iréquence et la dilfusion de l'état catarrhal s'élendant sur un grand nombre de maladies complexes ; nous en avons montré les relations, les affinités pathologiques avec d'autres états ou éléments morbides très-diflérents d'apparence et de caractères. Il nous faut parler maintenant de la lièvre catarrbale proprement dite.

Et d'abord, en deliors des maladies épidémiques si communes, caractérisées par une prédominanco marquée des phénomènes de catarrhe et auxquelles on ne saurait par conséquent refuser ce nom, existe-t-il une maladie sporadique ayant son ctiologie, sa symplomatologie spéciale, sa marche et sa solution, à laquelle on doive réserver la dénomination de lièvre catarrhale ? Malgré les dénégations que pourraient nous opposer encore, peut-être, quelques auteurs, malgré l'autorité en pathologie de Forget, refusant leur autonomie propre aux fièvres catarrhales, comme aux fièvres bilieuses, qu'il faisait rentrer ainsi que les anciennes fièvres muqueuses, dans le moule commun de la fièvre typhoïde, dont elles constituaient à ses yeux autant de formes particulières, nous n'hésitons pas à admettre une fièvre catarrhale. Le type le plus simple est le rhume fébrile, c'est-à-dire cette affection si fréquente, presque toujours déterminée par un refroidissement brusque et subit, mais t[ui suppose toujours une aptitude, une prédisposition morbide spéciale, qui débute par du malaise général, de petits frissonnements répétés, suivis d'un mouvement de fièvre, de la céphalalgie frontale gravative, quelquefois trèsaiguë, l'enchifrènement en même temps qu'une vive irritation du gosier, bientôt suivis de coryza, de toux sèche et fatigante d'abord, à laquelle succède bientôt une expectoration muqueuse trachéo-bronchique, plus ou moins abondante, s' accompagnant presque toujours d'état saburral ou même d'un certain degré d'embarras gastri({ue ou gastro-intestinal, et se terminant le plus ordinairement par des hypersécrétions critiques sudorales et urinaires, indépendamment de celles qui ont eu lieu déjà pendant le cours de la maladie dans presque toutes les membranes muqueuses. A un degré plus intense, le mouvement fluxionnaire initial, au lieu de se borner aux membranes muqueuses des voies aériennes supérieures, la membi'ane olfactive, celle de l'arrière-gorge, de la trachée et des grosses bronches, s'étendanl, soit d'emblée, soit consécutivement et par voie de progression à toute la surface muqueuse des bronches jusqu'à ses dernières divisions capillaires, et même jusqu'à des portions du tissu pulmonaire, la fièvre catarrhale comprend alors les divers états dont nous n'avons parlé jusqu'ici que sous les noms de bronchite aiguë, de broncho-pneumonie, de pneumonie catarrhale.

Faudrait-il ne voir dans ce que nous venons de désigner sous le nom de fièvre catarrhale, autre chose que l'une des localisations catarrhales que nous avons décrites ou indiquées plus haut, qu'un coryza, qu'une bronchite avec fièvre sympto-

matique? Quelque désir que l'on ait de simplifier, de rameuer toutes les maladies à des types simples représentés par des lésions organiques locales et par les perturbations physiologiques qu'elles peuvent entraîner, on ne peut cependant pas s'empêcher d'être frappé de la différence qu'il y a entre une diacrise purement irritative d'une membrane muqueuse, telle qu'en produirait, par exemple, l'inspilation d'un gaz irritant dans la cavité olfactive, dans la trachée ou les bronches ou le contact d'un liquide irritant sur des points de la surface gastro-intestinale et. celle qui survient spontanément à la suite d'une impression brusque de froid ou de l'influence prolongée d'une température froide et humide ou de telles autres conditions atmosphériques plus ou moins bien déterminées et quelquefois même inconnues ou inappréciables.

L'état catarrhal et l'état inflammatoire, malgré quelques points communs de ressemblance symptomatique et même d'analogie phénoménale, diffèrent en réalité étiologiquement et nosologiquement. C'est assez pour que nous nous attachions à les distinguer. En effet, tandis que l'inflammation selon son degré d'intensité parcourt suivant un certain ordre ses phases régulières vers l'une de ses solutions ordinaires, larésofution, le ramollissement, l'induration ou la suppuration et ne provoque la réaction inflammatoire qu'en raison de son étendue et de son intensité, dans l'éLit catarrhal la lésion des membranes muqueuses est toujours superficielle, diffuse et niobde et n'aboutit jamais, du moins dans l'état aigu, à la suppuration.

Le catarrhe a aussi ses évolutions et ses périodes, mais qui diffèrent de celles de l'iiiflaramation franche, surtout par leur solution ; et il présente, comme particularité, un désaccord fréquent, un défaut de concordance entre l'intensité de ses principaux symptômes et l'intensité de l'état fébrile, qui, dans l'inflammation franche, est presque toujours proportiomielle à l'intensité du travail phlegmasique. Enfin, et c'est là un des caractères nosologiques les plus importants, dans la fièvre calarrhale, la fièvre n'est point secondaire et symptomatique comme dans l'inflammation, mais bien primitive, initiale, et l'état général de malaise et de courbature qui, comme la fièvre, a souvent précédé les premières manifestations catarrhales, indique sulfisamment cette perturbation générale de l'économie qui est le propre de toutes les pyrexies.

En un mot la fièvre catarrhale, de même que la fièvre bilieuse, est une de nos grandes pyrexies saisonnières. Elles participent l'une et l'autre des constitutions médicales les plus communes dont elles forment un des caractères propres.

La fièvre catarrhale sporadique — nous verrons plus tard que la fièvre épidémiqne présente de nombreuses variétés dans ses formes, comme dans ses couiplications et sa gravité, — débute ordinairement par un sentimentde malaise et de lassitude générale ou de courbature, par un mouvement fébrile d'invasion, frissons erratiques revenant à plusieurs reprises et suivis d'accélération du pouls, de chaleur sèche ; céphalalgie intense sus-orbitaire, quelquefois générale; douleurs contusives, quelquefois assez vives dans les membres. Tous ces symptômes s'exacerbent le soir, Ils s'accompagnent d'une prostration souvent extrême et qui contraste avec la faible intensité du mouvement fébrile. Ce mouvement fébrile, peu intense le matin et dans la journée, redoublant toujours dans la soirée et pendant une partie de la nuit, est un des symptômes les plus constants et les plus caractéristiques de la fièvre catarrhale, si bien que plusieurs auteurs, Frank notamment, en font une véritable fièvre rémittente.

Tels senties phénomènes du début, delà première période de la fièvre catarrhale. Bientôt survient une toux sèche avec une douleur légère d'abord, puis de plus ne

plus vive au gosier et un sentiment d'oppression à la poitrine, en même temps qu'une sensation de picotement, de sécheresse et de chaleur incommode dans les fosses nasales, accompagnée souvent de rougeur des conjonctives, chaleur sèche de la bouche, en un mot tons les symptômes du rhume, du coryza et de la laryngobronchite à leur début ou à leur période de crudité.

La maladie suivant son cours naturel, cette deuxième péi-iode, qui se confond quelquefois avec la première, tant leur succession est rapide chez certains individus, fait place à une nouvelle série de phénomènes qui constituent ce que les anciens appelaient la coction. La toux de sèche qu'elle était devient humide, l'expectoration s'établit avec ses modifications graduelles, habituelles, d'abord séreuses, filantes, glaireuses, transparentes, puis muqueuses plus épaisses, plus oumoinsvisqueuseset enfin puriformes oumuco-purulenles vers la fin. La sécheresse des fossrs nasales fait aussi place à, un écoulement également séreux au début, puis épais, tenace et quasi concret vers la fin. A catte période se manifeste presque loujours un élat saburral plus ou moins accusé avec inappétence allant quelquefois jusqu'à la perte complète d'appétit et au dégoîit pour tous les aliments. Un dépôt sédimenteux des urines, quelques sueurs et souvent un peu de diarrhée sont la solution critique la plus ordinaire.

Telle est la fièvre catarrhale sporadique dans ses éléments les plus simples et dans sa marche la plus commune. On en aura le tableau à peu près complet si l'on y ajoute quelques troubles du côté du système nerveux, une céphalalgie intense persistante, quelques vertiges, des douleurs vagues dans les membres (myalgie), et quelquefois dans les articulations et enfin des névralgies.

La fièvre catarrhale n'est pas toujours aussi simple. Sans parler des complications qui peuvent en prolonger et en aggraver singulièrement la marche, telle que la bronchite capillaire, la pneumonie catarrhale, la pleurésie, elle revêt quelquelois, indépendamment de toutes complications de ce genre, une forme grave. Dansée cas, aux symptômes que nous venons d'énumérer, se joignent ceux d'une grande prostration, d'un trouble nerveux considérable qui se traduit par une altération de presque tous les organes des sens, des bourdonnements d'oreille, et une seniisurdilé, un coryza extrêmement pénible avec écoulement abondant d'une sérosité acre qui irrite les lèvres, des éternuments violents accompagnés quelquefois ^ d'épistaxis, d'une sensation d'ardeur et de douleur vive à la gorge avec difliculté très-grande de la déglutition, dyspnée et anxiété précordiale ; le pouls fréquent est mou et quelquefois petit ; il y a anorexie presque complète avec épigastralgie, nausées et parfois des vomissements ; alternatives de constipation et de diarrhée ; insomnie et agitation la nuit avec exaspération fébrile nocturne ; urines troubles épaisses, dont l'émission est suivie d'un sentiment d'ardeur pénible dans le canal, allant même quelquefois jusqu'à la dysurie. La durée de la maladie qui dans la forme simple, bénigne, n'est le plus ordinairement que d'une semaine, est de trois semaines et plus quelquefois. Le déclin de la maladie, dans ce cas, est fréquemment marqué par des mouvements critiques beaucoup plus accusés, des sueurs profuses, des urines fétides, de la diarrhée, des furoncles, quelquelois même des abcès.

Il est rare dans les conditions ordinaires, c'est-à-dire sous la seule inflnencedes constitutions catarrhales saisonnières habituelles, de voir cette affection atteindre ce degré d'intensité qui semble la rapprocher des fièvres graves. Elle est presque toujours alors l'indice d'une influence épidémique sur laquelle elle doit donner l'éveil et dont on ne tarde pas, dans cecas, à suivre la trace.

'* Mais on a admis d'autres formes de l'affection catarrhale fébrile dont nous n'avons pas encore p;irlé, et qui seraient comme autant d'espèces distinctes dans le genre ; ce sont la forme muqueuse ou pituiteuse, la forme vermineuse et la forme '"'!■ rhiimatique.

Dans ce que l'on a désigné sous le nom d'affections muqueuses ou pituiteuses, P- nous ne saurions voir une forme spéciale ; elles ne sont autre chose, en réalité, '^ que l'expression peut-être exagérée de l'affection catarrhale elle-même chez des '*!• sujets faibles, lymph:\ tiques, que leur constitution molle et atonique prédispose "^1 d'autant plus à subir toutes les influences pathogéiiiques de l'affection catarrhale, ^^ et livre, en quelque sorte sans résistance comme sans réaction, au prolongement indéfini de ses évolutions, à tous ses reliquats et à toutes ses conséquences possi- *. blés immédiates ou éloignées.

«t,|i îsous en dirons autant de la prétendue fièvre vermineuse que l'on a voulu ad- Irt mettre aussi comme une des formes types du groupe catarrhal, en se fondant sur 4j la relation de quelques épidémies oii l'on a constaté la présence fréquente de lom- ^i bries en plus ou moins grande quantité dans les selles. ill Les auteurs du siècle dernier ont fait fréquemment mention d'épidémies de fièvres verniiiieuses. Les lombrics, qui jusqu'alors avaient été regardés comme une complication ou un accident des maladies, furent considérés au dix-huitième siècle comme des causes ou des éléments d'épidémies propres. Témoin les relations des m épidémies de Farnèse en 1705 (pleurésie vermineuse), par Pedratti, cité {)ar MorbI' gagni; celle de Bergerac, en 1731, par Vieussens ; de Modène, en 1759, p;ir Moreali ; l'épidémie de dysenterie vermineuse décrite par Pringle pendant la campagne de Flandre, en 1743 ; l'histoire de la constitution médicale vermineuse de 1760, décrite par van den Bosch et qui paraissait se lier à la fameuse épidémie de fièvre muqueuse de Gœttingue en 1 760 et 1 761 , de Rœderer et Wagler, où, d'ajirès ces auteurs, les lombrics jouaient également un grand rôle; enfin l'épidémie de fièvre putride vermineuse observée par Lcpecq de la Clôture en 1769, et connue sous le nom d'épidémie du Gros-Theil. Témoin encore le chapitre consacré par Frank à l'histoire de la fièvre vermineuse. Il faut, sans doute, faire la part de ce qui a pu s'introduire d'erreurs dans les déterminations qui ont été laites de ces diverses affections et dans les qualifications qu'on leur a données, erreurs provenant soit de l'exagération des doctrines très en faveur à cette époque de la pathologie animée, soit de l'incertitude des signes et des éléments de diagnostic. Mais celle part faite, il restera encore le fait réel de lu très-grande fréquence des entozoaires lombricanx constatée pendant le cours de plusieurs épidémies de fièvres muqueuses et catarrhales de cette époque. De nos jours, soit que les lombrics soient devenus beaucoup moins communs qu'ils l'étaient alors, soit qu'ayant mieux apprécié le rôle secondaire et tout à fait adventif qu'ils jouent dans les affections pyrétiqnes, surtout depuis le beau travail de M. Davaine sur ce sujet, il n'est que très-rarement et très-accessoirement question de ces entozoaires dans les affections catarrhales. L'admission d'une fièvre catarrhale vermineuse, comme espèce particulière, ne serait donc tout au plus fondée aujourd'hui que sur la coïncidence de l'ariection vermineuse, commune encore chez les enfants dans certaines contrées, avec la disposition catarrhale qu'elle tendrait elle-même à entretenir et à accroître. Il est évident, d'ailleurs, que Ja présence ou l'absence de lombrics n'est pas de nature à changer le caractère de la maladie, pas plus ici que dans la fièvre typhoïde, où on en constate souvent aussi sans y attacher d'autre importance ni d'autre caractère que celui d'un simple épiphénomène.

Il n'en est pas de même de l'affection rhumatinue. Ici il s'tigit réellement d'une forme morbide spéciale et distincte, mais qui a avec le catarrhe une relation, une connexité étroite, qu'il est impossible de méconnaître. Rien d'aussi dissemblable, en apparence, rien d'aussi rapproché, en réalité, que le rhumatisme et le catarrhe. Rien d'aussi dissemblable, en effet, si l'on ne s'en rapporte qu'aux caractères mêmes des symptômes qui les constituent l'une et l'autre comme espèces morbides distinctes : l'une affectant spécialement les tissus fibreux et ne produisant aucun exsudât, ne donnant naissance à aucun produit morbide éliminable ; l'autre ayant son siège dans les membi ânes muqueuses et se caractérisant surtout par une hypersécrétion avec altération plus ou moins appréciable des produits sécrétés. Mais rien d'aussi rapproché, en réalité, si l'on considère, d'une part, les causes générales qui les provoquent, les rhumatismes et les catarrhes se manifestant presque toujours dans les mêmes climats, aux mêmes époques de l'année, sons l'influence des mêmes perturbations ou des mêmes qualités atmosphériques plus ou moins anormalement prolongées ; si, d'autre part, on compare les phénomènes du début et de l'invasion, consistant, dans un cas comme dans l'autre, en un mouvement fluxlonnaire consécutil à une concentration, à une sorte de retrait ou de ralentissement momentané dans l'activité circulatoire péiiphérique. Le principe initial étant le même dans les deux cas, le résultat ne diffère que suivant le système organique, qui est l'aboutissant de cette espèce de choc en retour et du mouvement fluxionnaire qu'il détermine.

11 y a mieux, d'ailleurs, que toutes les théories et toutes les hypothèses possibles, c'est l'observation journalière elle-même, nous montrant la concomitance fréquente, la succession ou l'alternance de ces deux ordres de phénomènes, comme témoignage de leur communauté d'origine et de nature. Il est, en effet, certains catarrhes bronchiques qui sont manifestement sous l'influence d'un principe ihumatismal, comme il existe des diarrhées rhumatismales. De là à admettie l'existence d'une variété de la fièvre catarrhale que l'on désigne sous le nom de rhumatique, il n'y a qu'un pas. Les connexions étroites qui existent entre les rhumatismes et le catarrhe, appréciables dans les affections catarrhales sporadiques, ressortent d'une manière bien plus manifeste encore, ainsi qu'on va le voir, de l'étude des épidémies et des constitutions catarrhales. Si bien que pour quelques auteurs, le catarrhe et le rhumatisme ne sont même pas séparables et constituent les deux aspects d'une seule et même affection qu'ils désignent sous le nom de fièvre rhumo-catarrhale. Le rhumatisme catarrhal a d'ailleurs ses caractères propres qui le distinguent du rhumatisme inflammatoire proprement dit et qui tiennent de ceux du catarrhe ; consistant dans la mobihlé des douleurs, dans leur recrudescence facile, dans l'abattement qui les accompagne habituellement, dans la petitesse et la mollesse du pouls, l'absence de rougeur au niveau des articulations douloureuses, dans la concomitance fréquente d'éruptions cutanées diverses (roséole, herpès, urticaire), la rareté des complications cardiaques, et, enfin, dans cette circonstance particuhère que cette forme de rhumatisme se complique souvent de pleurésie.

V. CoNSTiTDTioNs ET ÉPIDÉMIES CATARRHALES. On u'auiait de l'affectiou qui nous occupe qu'une idée bien incomplète, si on la bornait à la notion de la fièvre catarrhale vulgaire sporadique, dont nous venons d'esquisser rapidement l'histoire. L'affection catarrhale est surtout une maladie collective, qui atteint et frappe simultanément les populations en masses dans certaines régions du globe et à de certaines époques de l'année, sous des influences atmosphériques ou cosmiques multiples et

combinées que nous aurons à examiner plus tard. C'est une maladie populaire, annuelle, comme le disent les épidémiologistes, essentiellement climatérique et saisonnière. 11 n'est pas d'année, en effet, dans nos climats, qu'on n'observe simultanément, principalement pendant la période hivernale, mais surtout aux deux époques extrêmes de cette période, un grand nombre d'affections catarrhales tantôt simples et apyrétiques, coryzas, laryngo-trachéites et trachéo-bronchites, angines, etc., tantôt pyréliques, à forme ordinairement rémittente et s'accompa- (^nant presque toujours alors d'un état gastro- intestinal, de céphalalgie intense et souvent de douleurs névralgiques et rhumatoïdes. En même temps, les afiections phlegmasiques pulmonaires, ainsi que presque 'toutes les maladies aiguës saisonnières concomitantes, telles que les fièvres éruptives, revêtent d'une manière plus ou moins manifeste le caractère catarrhal ; tandis que, d'un autre côté, les affections catarrhales chroniqiies, plus ou moins assoupies pendant la période estivale, se réveillent et entrent dans une nouvelle période de recrudescence.

Voilà, en deux mots, l'histoire de ce qui se passe à peu près invariablement tous les ans, sous les conditions atmosphériques habituelles à nos climats et dans les années régulières. Dans de certaines années, soit sous l'influence de l'exagération des qualités ordinaires de l'hiver ou de leur prolongation insolite, soit à la suite de grandes perturbations atmosphériques, ou même sous l'influence de causes inconnues, comme on le verra plus loin, la constitution catarrhale s'accuse avec une plus grande intensité, imprégnant en quelque sorte toutes les maladies aiguës de son caractère dominant ets'accompagnant, comme d'autant de satellites, d'une foule de maladies congénères bien que dissemblables par leur fond ainsi que par leurs symptômes, contractant enfin dans sa forme même la plus commune une gravité insolite.

Cependant, si le plus souvent nées d'un ensemble de conditions propres à des lieux et à des temps déterminés, les fièvres catarrhales ne dépassent pas habituellement les limites de séjour et de durée que leur assignent leurs causes mêmes, on les voit, à de certaines époques, outre-passer ces limites et se répandre au delà des lieux où elles ont pris naissance, franchissant même parfois dans l'espace les zones que semblent leur opposer les climats, comme elles franchissent dans le temps les hmites des saisons qui les engendrent. Ce sont alors de véritables épidémies dans l'acception réelle et complète du mot, c'est-à-dire des maladies qui nées sur un point s'étendent, se propagent, gagnant de proche en proche les populations, comme si elles obéissaient à une impulsion inconnue, jusqu'à ce qu'elles aient fourni la carrière qui leur aurait été tracée. C'est dans ces constitutions spéciales et dans ces épidémies de fièvres catarrhales que se montre d'une manière évidente le caractère pyrétique de la maladie, et qu'on peut voir toutes les variétés de formes et d'expression, tous les degrés d'intensité dont elle est susceptible. C'est surtout dans l'histoire de ces épidémies qu'on trouve la succession et l'enchaînement de tous les faits qu'on n'a vus jusqu'ici qu'épars et isolés les uns des autres.

Il faudrait un volume pour reproduire l'histoire des constitutions et des épidémies catarrhales dont les auteurs nous ont transmis les relations. Elles sont en grande partie résumées dans le tableau que Saillant a tracé des épidémies qui ont régné depuis 1510 jusqu'en 1780, dans l'histoire des maladies épidémiques d'Ozanam. M. Fuster, dans sa monographie du catarrhe, déjà citée, en a rapporté un très-grand nombre parmi les plus saillantes, et il a dressé le tableau synoptique le plus complet qui existe jusqu'à présent, car il comprend à la fois les tableaux

dressés par Cullen, par Saillant, par Ozanam, par les auteurs du Compendium de médecine, par Dunglison, Gluge, etc., qu'il a contrôlés et complétés par un grand nombre d'additions, et en particulier par l'addition de toutes les épidémies observées dans le dix-neuvième siècle, de 1800 à 1860. .Ce tableau de la monographie de M. Fuster ne renferme pas moins de 92 épidémies.

Que toutes ces épidémies justifient le titre qui leur a été donné, qu'elles aient été toutes effectivement des fièvres catarrhales, il est assurément permis d'en douter pour un certain nombre. On peut positivement l'infirmer pour quelquesunes. Plusieurs de ces relations se rapportent manifestement à la coqueluche. Nous ne les récusons pas, la coqueluche faisant partie du groupe des affections catarrhales, bien qu'il y ait une tendance générale aujourd'hui à l'en séparer et à la classer dans les affections spasmodiques à cause de la prédominance marquée des phénomènes de cet ordre qui la caractérisent spécialement. Nous pourrions jusqu'à un certain point en dire auLant de certaines épidémies de croup et d'angines que l'on classerait aujourd'hui dans les affections diphtliériques, mais qui ont aussi en réalité des affinités avec l'affection catarrhale, comme nous avons déjà cherché à l'établir. Mais, ces réserves faites, il est certainement dans les relations des meilleurs auteurs plus d'une détermination erronée à redresser. Qu'est-ce, par exemple, dans celte collection si précieuse d'ailleurs des épidémies et des éphémérides oii Baillou nous a transmis l'histoire de toutes les épidémies qu'il a observées de 1570 à 1578, que ces maladies prétendues catarrhales de l'hiver 1574, où l'on observait: ici des lassitudes, des dyspnées, des douleurs à l'épigastre, aux articulations, avec des coliques d'apparence néphrétique, des tranchées; là des pleurésies sèches ou humides, des douleurs latérales, des toux, des ophthalmies, des pesanteurs de tête, et, par-dessus tout, des parotides ; ailleurs des phénomènes cérébraux, céphalalgies excessives avec la bouche sèche, les yeux rouges, un battement des artères temporales, des douleurs pongiLives et lancinantes, des éruptions aux membres inférieurs analogues au feu sacré? Qu'est-ce que cette constitution de 1575. caractérisée par une irritation accentuée des systèmes sensitifs et moteurs, se concentrant en été dans le cerveau et faisant prédominer les formes méningitiques, autour desquelles se groupent des lassitudes, des torpeurs et des douleurs vives au côté, à l'estomac, aux lombes, aux jointures, etc. ? Nous trouverons encore les mêmes motifs de doute à l'égard de l'épidémie de 1580, qui sévit particulièrement dans le midi de l'Europe, pendant un été extrêmement chaud et sec, et qui dépeupla, au rapport des historiens, une partie de Rome et de Madrid. Dans les constitutions de Modène de 1690 et 1691, décrites par Ramazzini, ne pourrait-on pas voir aussi bien des fièvres intermittentes avec des symptômes de catarrhe que des fièvres catarrhales proprement dites? Et qu'est, enfin, l'épidémie de Piymouth de 1753, relatée par Huxham et citée dans la monographie comme un exemple de catarrhe, si ce n'est une épidémie d'angines malignes, gangreneuses?

Nous n'en finirions pas si nous voulions relever une à une les confusions et les équivoques de ce genre. Mais élimination faite des relations douteuses et des étiquettes suspectes, il reste encore dans cette collection un bon nombre de spécimens de fièvres catarrhales vraies, et qui, rapprochées de celles dont la génération médicale actuelle est journellement témoin, légitiment parfaitement la place que nous entendons maintenir à ce groupe spécial de maladies saisonnières annuelles et épidémiques, et permettent d'en esquisser la physionomie et la caractéristique générale. Telle est, entre autres, la constitution de 1578 décrite par Baillou, où l'on voit dominer par leur fréquence tous les degrés et toutes les nuances de

LAlAKntlJi. 241

l'affection catarrhale, depuis ses expressions les plus affaiblies, le coryza, Taiigine, le rhume de poitrine, les ophthalniies, jusqu'à ses formes les plus graves, la coqueluche chez les enfants, les catarrhes pulmonaires les plus violents chez les adultes, avec flux de ventre, céphalalgie intense, douleurs rhumatiques, et parfois des névralgies, ensemble de phénomènes, caractérisé, en général, par la brusquerie de leur apparition, par la facilité avec laquelle ils se substituaient les uns aux autres. Telle avait été, quelques années auparavant (1510), l'épidémie désignée par Ferncl sous le nom de corjza suffocant {gravedo anhelosa), coqueluche, catarrhe ou toux épidémique, qui se répandit à peu près universellement de Testa l'ouest, en Italie, en France, en Espagne, et dans laquelle les malades éprouvaient de la fièvre, une violente céphalalgie gravative, de la toux, de l'oppression, des vertiges, de l'inappétence, des douleurs aux membres et à l'épigastre et ultérieurement des parotides. Telle aussi la maladie de Paris de 1557, décrite par Pasquier, sous le nom de coqueluche, et qui consistait en un mal de tête intense avec une distillation permanente de pituite par le nez, jointe à une fièvre de 12 à 15 heures, maladie qui paraît avoir coïncidé avec l'épidémie de Padoue, en la même année, décrite par Most, celle d'Alcmaër dont Forestus s'est fait l'historien, et l'épidémie d'Angleterre que Skenchins a décrite sous le titre de catarrhe céphalique, et qui ont toutes présenté, au degré d'intensité près, les mêmes symptômes : céphalalgie intense, enrouement, difficulté de respirer, toux violente, sèche d'abord, puis catarrhale. On ne saurait davantage contester la qualification de fièvre catarrhale à l'épidémie de 1580, signalée et décrite par les auteurs les plus recommandables, tels que Bœckel, Zacutus, Mercado, Cornaro, Wier, Forestus, Sennert, etc., en Allemagne, en Hollande, en Angleterre, en France, en Italie, en Portugal, en Espagne; épidémie qui paraît s'être étendue aune grande partie du monde connu et a présenté sur quelques points un caractère particulier de malignité, (|ui l'a rendue très-meurtrière, tout en conservant partout, au milieu des plus nombreuses vicissitudes et des plus grandes variétés de degrés et de formes, le même ensemble de phénomènes principaux accusant l'identité de son fond commun. Nous dirons de même de l'épidémie de Londres de 1658, décrite par Willis, de l'épidémie générale de 1675, qui régna notamment en Angleterre, en Allemagne et en France, et qui a eu pour principaux historiens Sydenham et Ettmûller ; de l'épidémie de Rome de 1709, décrite par Lancisi ; des épidémies de 1709, 1720 et J728 décrites par Fr. Hoffmann, de 1752 par Huxham.de 1752 et 1760 par Storck, de 1764 par Sarcone, de 1775 et 1777 par Sloll. Nous rappellerons enfin, comme un des types du genre, l'épidémie de fièvre catarrhale de 1780, en Italie, qui avait pris, au rapport de Borsieri, vers la fin du printemps de cette année, une telle expansion, qu'à Jlilan, à Turin et en d'autres pays, presque personne ne l'évita. La maladie se déclarait par une lassitude de tout le corps, coryza, toux, grande chaleur, avec exacerbation fébrile tous les soirs, et elle se terminait ordinairement du troisième au quatrième jour par des sueurs, par l'expulsion d'urines épaisses et une expectoration cuite et puriforme ; il ne subsistait seulement qu'un peu de toux les jours suivants.

On vient de voir, d'une part, la confusion qui a été faite entre des maladies de nature différente sous le même nom de fièvres ou d'affections catarrhales, d'autre part, l'identité d'un assez grand nombre d'épidémies décrites sous les noms différents et plus ou moins bizarres de coqueluche, de follette, de petite poste, de coquette, etc., et qui se rattachent toutes, en réalité, au catarrhe. Devons-nous comprendre dans le genre catarrhe et mettre au rang des fièvres catarrhales les

mcT.EM Xin. 16

ijaiAmniii.

épidémies si Iréquentes dans le siècle dernier et de nos jours, désignées plus particulièrement en Angleterre sous le nom à'infiuenza, et en France sous celui de grippe ? Nous n'ignorons pas qu'à plusieurs époques, des auteurs fort recommandables se sont efforcés de séparer l'influenza et la grippe des fièvres catarrhales et d'en faire une espèce morbide à part. Sauvages, qui s'est l'un des premiers servi du nom de grippe, ou qui tout au moins l'a introduit dans la langue médicale usuelle voulait qu'on distinguât cette affection des catarrhes de divers genres désignés sous les noms de catarrhe bénin, catarrhe serin, coqueluche, etc., et de la fièvre catarrhale elle-même, qu'il séparait également du rhume fébrile de poitrine. Graves ne veut pas que l'on confonde l'influenza, maladie qui envahit en peu de temps toutes les contrées du globe, sans acception de climat ni de saison, avec les affections catarrhales qui se rencontrent presque toutes les années dans les climats tempérés. « La grippe, suivant lui, ne provient pas de l'action du Iroid, ou, comme on le dit vulgairement, d'un coup de froid. » La même opinion a été soutenue par le docteur Gottlieb Gluge, dans un traité sur la grippe {De la grippe, considérée historiquement et médicalement). Enfin M, Raige-Delorme, dans son article Grippe, du Dictionnaire de médecine, si remarquable d'ailleurs à tous égards a émis une opinion analogue. Se fondant sur l'ensemble des symptômes de la grippe, son développement sous la forme exclusive d'épidémie, la marche des épidémies qui se propagent à une grande étendue de pays, quelquefois même à des parties considérables du globe, il incline à y voir une maladie sui generis, produite comme la peste noire du quatorzième siècle, comme le choléra de notre siècle, par une cause inconnue, mais générale. Admis ce point de départ et cette assimilation, M. Raige-Delorme ne voit dans les symptômes locaux, importants sans doute comme caractères spécifiques, l'inflammation des membranes muqueuses naso-bronchiques, que les signes d'une condition organique purement accessoire et secondaire, ne pouvant à elle seule constituer la maladie, que les effets d'une cause ou d'une altération plus profonde, etc.

Les motifs allégués pour faire de l'influenza et de la grippe une maladie à part distincte.de la fièvre catarrhale commune, sont loin d'être suffisants à notre avis pour justifier cette séparation. L'une des raisons principales que l'on invoque est déduite de la différence d'origine et de l'obscurité de l'étiologie de ces épidémies. Nous verrons, en traitant de l'étiologie des affections catarrhales en général, que la question pour le catarrhe commun lui-même, n'est pas si simple qu'elle se réduise à l'action seule du froid, comme on paraît l'admettre en général trop facilement. Et d'un autre côté, si l'on s'en tient à la symptomatologie, aux caractères et aux phénomènes principaux de la maladie et à sa marche ordinaire, on ne voit que des motifs bien fondés, au contraire, pour ranger toutes les épidémies de grippe dans les fièvres catarrhales. Stoll avait déjà parfaitement établi cette identité. Après sa description du catarrhe épidémique de 1775, qu'il rapproche des épidémies semblables de 1557, de 1580, de 1735 et de 1737, il fait remarquer avec raison que ceux qui voient dans la grippe une maladie nouvelle spécifique, sont étrangers à l'analyse et à la philosophie médicales. « Le catarrhe, dit-il, tient du vice de la saison où il règne, il se complique avec les maladies ordinaires dans cette partie de l'année.. . Toutes ces épidémies étaient de la même nature quant au fond, si ce n'est, ajoute-t-il, qu'elles sont plus ou moins inflammatoires. »

Forget a fait remarquer depuis, avec beaucoup de sens, à cette occasion, qu'on ne se fondait, pour établir la spécialité distincte des diverses épidémies, que sur ce que les unes étaient plus inflammatoires que d'autres, comme celle de 1762,

par exeniplr, [lar rapport à celle de j 743 ; que d'autres se distinguaient par de légers exauthènies cutanés, connue celle de 1775 ; que celle-ci était plus particulièrement caracLérisée par un plus grand affaissement (celle de 1830), celle-là (1837) par la fréquence des pneumonies, cette autre (1853) par une prédominance nerveuse. Mais qui ne voit que ce ne sont là en réalité que des nuances, que des épipbéiioraènes qui peuvent bien; en se groupant autour des symptômes fondamentaux delà maladie, imprimer à chaque épidémie un cachet ou un caractère particulier, sans en changer le fond, qui est la pyrexie catarrhale gastro-pulmonaire. Un grand fait ressort effectivement de l'analyse, poursuit Forget, c'est la coïncidence des symptômes d'altération des voies respiratoires et des symptômes d'altération des voies digestives ; c'est l'affection généralisée de toute la muqueuse gastro-pulmonaire dans les cas de grippe bien constituée.

De nos jours, Monneret fait de la grippe l'une des trois manifestations principales du groupe des fièvres catarrhales, qui comprend, suivant lui : la grippe, la coqueluche et la dipbthérite, et qui confine d'une part aux diverses pyrexies phlegmasiques et exanthcmatiques avec lesquelles elles ont plus d'un point de contact, et d'autre part, à l'affection rhumatismale par les douleurs vagues, erratiques, et par une fièvre souvent hors de proportion avec les lésions locales. Nous nous expliquerons ailleurs sur l-'opporlunité de considérer à part et comme affections distinctes, la coqueluche et la diplitliérie, tout en reconnaissant leurs affinités nombreuses et intimes avec le catarrhe ; nous n'y insisterons pas ici. Quant à la grippe, loin de la séparer du groupe pour en faire une espèce à part, sous le prétexte qu'elle se montre toujours sous la forme épidémique et que les phénomènes pi'incipaux du catarrhe, les symptômes combinés des voies gastriques et des voies aériennes, y sont presque toujours associés à des troubles plus ou moins prononcés du système nerveux, nous n'hésitons pas à la considérer comme le type le plus complet et le plus accusé de la pyrexie catarrhale. L'affection catarrhale vulgaire, les constitutions catarrhales et la grippe sont identiques à nos yeux , comme elles le sont aux yeux de M. Fuster et pour les mêmes raisons qu'il invoque, leurs caractères étant semblables, leurs symptômes, leur marche, leur type, leurs crises, leurs indications curatives, leurs suites étant les mêmes aux différences de degrés près. Une seule chose, en ellet, distingue en général le catarrhe épidémique de l'aftectiou catarrhale commune, sporadique, c'est le concours ordinaire dont nous venons de pailer d'un ensemble de phénomènes nerveux et de complications fréquentes qui ne sont pas la conséquence habituelle et nécessaire du fait même du catarrhe, et surtout le rôle important qu'y joue le mouvement fébrile dont l'intensité semble si souvent disproportionnée avec les phénomènes de phlegmasie superficielle ou d'hypérémie et d'hypercrinie dont ces membranes muqueuses sont le siège.

Nous ne reviendrons pas sur les nombreuses et interminables descriptions de constitutions et d'épidémies des derniers siècles et des premières années du siècle actuel. Nous trouverons dans Fépoque présente assez d'exemples récents de constitutions médicales et d'épidémies catarrhales pour nous dispenser de remonter dans le passé. Nous y verrons, en effet, à peu près tous les degrés et toutes les nuances de ces sortes de lièvres, les unes simples, de forme commune, comme celle que nous voyons tous les ans sous l'influence de la constitution saisonnière de l'automne et du printemps, les autres plus ou moins générales et moins uniformes dans leur expression, bien que présentant toujours ie même fond commun, comme les épidémies de grippe proprement dite qui se manifestent à des époques variables ; d'autres enfin, petites épidémies locales, plus ou moins cir-

244 \jn. 1 iiii ;iiii:i.

conscrites, paraissant dues à des causes spéciales et pi'ésentant parfois, bien qu'avec le fond commun qui les rattache au groupe, des caractères particuliers qui leur impriment un cachet spécial et leur assigne une place à part dans l'histoire des épidémies.

Cet exposé rapide que nous allons faire des constitutions et épidémies récentes, toutes postérieures à la publication des dernières grandes collections classiques, nous dispensera, en outre, de présenter ici une description générale, qui a été si bien faite d'ailleurs par nos prédécesseurs, et pour laquelle nous ne saurions mieux faire que de renvoyer à l'article Grippe, déjà cité, de M. Raige-Delorme, dans le Dictionnaire de médecine.

Disons un mot d'abord, en termes très-généraux, de nos constitutions catarrliales annuelles communes, dont nous aurons à citer tout à l'heure quelques exemples particuliers.

On peut dire, d'une manière générale, que les constitutions catarrliales embrassent presque toute la période hivernale. Sauf des exceptions, telles que des perturbations atmosphériques considérables ou une véritable interversion dans les qualités des saisons, ou bien encore des conditions organiques individuelles qui donnent lieu à une affection d'ordre catarrhal toute spéciale, dont nous parlerons plus tard, on ne voit guère, en effet, de maladies catarrhales régnantes dans la période estivale. Mais les maladies que nous circonscrivons à la période hivernale, débordent en deçà et au delà des limites de l'hiver proprement dit. Bien mieux, c'est surtout aux deux extrêmes de l'hiver, c'esl-ù-dire dans les périodes automiiohivernale et hiverno-printanière, correspondant à peu près aux équinoxes, qu'on voit le plus habituellement se manifester les fièvres catarrhales et le caractère catarrhal dans un grand nombre des maladies aiguës de cette époque. Ainsi, c'est surtout dans cette période automno-liivernale comprise entre la mi-octobre environ et le milieu de décembre, que se produisent le plus généralement les coryzas, les angines, les bronchites, les broncho-pneumonies primitives ou secondaires, enfin les rhumatismes aigus, tandis que les rhumatismes chroniques, comme les vieux catarrhes, se réveillent et subissent un mouvement de recrudescence. La période hiverno-|)rintanière, c'est-à-dire l'espace de temps compris du miheu de lévrier à la fin d'avril, voit souvent aussi renaître ces mêmes affections catarrhales, en même temps que régnent habituellement à cette é[)oque des maladies propres de la saison, qui ont, comme on le sait, plus d'une affinité avec le catarrhe, telles que le croup, la rougeole, la scarlatine et la coqueluche chez les enfants. Quant à l'hiver proprement dit, c'est-à-dire la période comprise de décembre à février, on y voit fréquemment aussi dominer l'élément catarrhal, surtout si l'hiver est moins froid qu'humide ; mais les affections thoraciques qui sont si communes à cette époque, revêtent en général un caractère plus franchement inflammatoire, notamment dans les hivers froids et secs.

Tous les ans ces mêmes affections se montrent à peu près invariablement aux mêmes époques. L'habitude les fait passer presque inaperçues. A certaines années, la constitution médicale catarrhale prend une intensité plus grande, un caractère plus accusé et toutes les maladies i-égnantes s'imprègnent alors plus ou moins du caractère de la maladie dominante. Enfin, de loin en loin, elle revêt le caractère épidémique et entraîne en quelque sorte, dans son orbite, comme autant de satel-

* Il faudrait faire une exception pour le catarrhe d'été, l'asthme de foin, qui se rattaclie évideninient par ses symptômes au groupe de l'affection catarrliale, mais qui s'en sépare par sonéliologieet par (luelques-uns de ses caractères spéciaux [ijoy. le mot Asthhe).

lites, tout un cortège d'affections connexes. C'est ce qne nous allons retrouver dans les constitutions et épidémies dont il nous reste à esquisser l'histoire.

Grippe de 1857. La dernière grande épidémie de grippe générale que nous ayons eue est celle de 1837, qui paraît s'être montrée d'ahord à Londres, vers la fin de 1836, puis s'être répandue successivement, mais avec une telle rapidité, qu'on pourrait presque dire simultanément dans toute l'Angleterre, dans le Danemark, la Suède, l'Allemagne, la Suisse et la France. Elle se montra à Paris dès les premiers jours de janvier 1837, et gagna de là d'abord l'Ouest, puis plus tard le Midi. Elle parcourut, à quelques localités près qui eurent le privilège d'en être exemptées, presque toute la France. Elle a eu de nombreux historiens qui nous ont laissé à cet égard les renseignements les plus précis ; il suffira de citer Bouillaud, Récamier, Piorry, Hourmann, Sandras, Piedagnel, Nonat, Grisolle, Fuster, à Paris, Caizergues, à Montpellier, Gintrac, Ducasse, à Bordeaux, Brachet, Pétrequin, à Lyon, Bessières, à Toulouse, Toulmouche, à Rennes, etc.

Voici quels ont été les caractères pathologiques principaux de la grippe de

La maladie débutait par des frissons, entrecoupés de bouffées de chaleur, les malades éprouvaient une grande anxiété, des vertiges, de la pesanteur de tête, une céphalalgie frontale intense, parfois les douleurs de tête se faisaient sentir plus particulièrement aux tempes, au vertex ou à l'occiput, des douleurs contusives aux lombes et aux membres, une faiblesse profonde, une grande inertie intellectuelle et morale, enfin une impressionnabilité extrême au froid. Bientôt après survenait le coryza avec larmoiement, injection et picotement des conjonctives, l'enrouement avec une sensation de gêne douloureuse à la gorge et au cou, une toux quinteuse, saccadée, sonore, opiniâtre ; une sensation d'ardeur douloureuse derrière le sternum, de l'oppression avec un sentiment de constriction précordiale. Il s'écoulait incessamment des narines une sérosité claire et limpide; chaque quinte de tou.v, après des secousses réitérées, fatigantes et arides d'abord, finissait par amener péniblement une expectoration séreuse analogue à l'écoulement nasal. La respiration était difficile, pénible. L'auscultation ne révélait dans la poitrine que quelques râles muqueux, sibilants, sonores; quelquefois même on ne percevait aucun bruit anormal. La face était grippée; le pouls petit et fréquent; la bouche pâteuse ; la langue jaunâtre ou blanche ; l'appétit nul. Tous ces symptômes présentaient un redoublement d'intensité le soir et s'amendaient dans la matinée.

A cette période d'éréthisme et de concentration, succédait quelquefois brusquement en quelques heures, au bout de 2 ou 3 jours au plus, une période de réaction. Le pouls s'élevait et devenait fort, et acquérait même parfois de la dureté ; la face s'animait, les traits s'épanouissaient, la peau devenait chaude et halitueuse, elle se couvrait même parfois d'une sueur abondante. Le flux des narines s'épaississait et prenait une teinte safranée ; la toux, moins pénible, devenait plus grasse et amenait des crachats jaunâtres, bien liés. 11 survenait, chez quelques malades, des hémorrhagies nasales ; les urines présentaient un sédiment briqueté. Assez souvent, il se joignait à ces symptômes des selles bilieuses, qui paraissaient, avec les urines sédimenteuses, concourir à la solution spontanée de la maladie, ou du moins en être l'indice. A cette deuxième période, le type fébrile qui avait été continu, rémittent, prenait le caractère plus franchement rémittent et quelquefois même devenait intermittent.

L'évolution complète de la maladie s'opérait généralement entre 7 et 10 jours

environ. Dans les cas les plus bénins, elle s'eifectuait en 4 jonrs senlement.

Mais si la durée de la maladie était courte, il n'en était pas de même de la convalescence ; elle se prolongeait quelquefois au point de faire croire qu'une sorte d'état chronique apyrétique allait succéder à 1 état aigu. La plupart des malades conservaient durant plusieurs semaines et même des mois entiers, une toux rebelle, de la céphalalgie, des douleurs dans les membres, de l'inappétence, une faiblesse extrême et une sensibilité exagérée avec une propension aux rechutes. Quelques sujets, en effet, étaient repris jusqu'à 2 et 5 fois et quelquefois même davantage de la même série d'accidents.

Telle était la grippe de 1 857, dans sa forme et dans son expression les plus ordinaires. Mais, autour de ce type, en quelque sorte moyen, se groupaient des cas d'une intensité moindre et des cas d une intensité beaucoup plus grande, avec toutes les nuances intermédiaires possibles, depuis les degrés les plus simples et en quelque sorte rudimentaires où les malades ne présentaient, pendant 2 ou 3 jours, qu'un peu de courbature avec quelques accès de toux, de l'enchifrènement et quelques douleurs vagues, jusqu'aux degrés les plus élevés en gravité, c'est-àdire jusqu'à ceux qui entraînaiont la mort, les malades succombant soit à un accès de catarrhe suffocant, soit à une véritable pneumonie, soit, mais ceci est moins péremptoirement établi, à la violence des phénomènes nerveux qui auraient pris chez quelques sujets les caractères de la méningite cérébrale ou cérébro-spinale. Nous reviendrons tout à l'heure sur ce point.

La grippe de 1857 ne variait pas moins dans ses formes que dans ses degrés. On a voulu la retrouver sous les apparences de certaines éruptions aiguës, spécialement de l'érysipèle, de lu miliaire, de la scarlatine, de l'urticaire. Nous croyons qu'il y a là un abus de langage et qu'il est plus rationnel d'admettre que ces diverses éruptions ont l'evètu plus ou moins quelques-uns des caractères de la constitution catarrhale régnante, comme nous l'avons vu depuis si souvent et d'une manière si générale pendant l'hiver, à tant d'égards funeste, de 1870-71. On lui a attribué aussi une foule d'accidents morbides dont vui grand nombre n'ont dû être évidemment que l'effet de pures coïncidences, tels, que le délire, des convulsions, l'apoplexie, l'aliénation mentale. 11 n'en est pas de même des douleurs névralgiques et rhumatismales, des ophthalmies, des otites, des angines, des pleurésies et des diarrhées qui ont pu effectivement se rattacher plus ou moins directement comme épiphénomènes ou comme manifestations secondaires au fond commun de la constitution régnante. Mais, parmi les phénomènes graves qui tantôt compliquaient la grippe, d'autres fois la continuaient et la complétaient, en quelque sorte, faisant corps avec elle et en étant la manifestation locale la plus élevée, nous devons signaler particulièrement les pneumonies.

Les pneumonies observées pendant l'épidémie de grippe présentaient des caractères distinctifs. Voici ceux que leur assignait plus particulièrement M. Piorry. Elles succédaient, en général, à la bronchite ou à la bronchorrée ; leur point de départ était dans les bronches; leur invasion était lente, successive. Les phénomènes stéthoscopiques présentaient aussi quelques différences avec ce que l'on observe ordinairement dans les pneumonies franches. Il y avait d'abord faiblesse, puis absence de respiration ; on ne trouvait alors ni ronchus crépitant, ni matité ; la respiration devenait très-promptement tubaire, sans être précédée de râles. Les crachats avaient d'abord l'apparence salivaire, spumeuse, d'une teinte légèrement rouillée, et ce n'était que plus tard qu'ils devenaient opaques et ressemblaient aux crachats arrondis des phtbisiques. L'hématose était proraptement gênée et incom-

])Iète; il survenait très-promptejnent une oblitération d'un grand nombre de tuyaux bronchiques, soit par des mucosités claires ou spumeuses, soit par des mucosités épaisses et opaques dont la forme se moulait sur celle des bronches. Le siège de la pneumonie était presque constamment à la partie déclive du poumon. La nécropsie y démontrait, indépendamment des lésions ordinaires de la pneumonie, l'oblitération d'un grand nombre de bronches par du mucus plus ou moins modifié et une bronchite plus ou moins intense.

Enfin, une différence non moins grande entre ces pneumonies et la pneumonie commune était le résultat du traitement. On n'y réussissait que fort peu par les saignées; le tartre stibié, les purgatifs n'y avaient pas beaucoup plus d'action. Ce qui la caractérisait surtout, c'était sa très-grande léthalité. La proportion de la mortalité qui, dans les pneumonies ordinaires, était en moyenne de 1 sur 8 dans le service de M. Piorry, était de 4 sur 8 ou 50 pour 100 dans le même service, pendant la durée de l'épidémie.

M. Nonat a cru devoir diviser les pneumonies qui ont régné pendant cette épidémie en deux catégories. Dans l'une, il a rangé les pneumonies avec forme adyiiamique ou maligne ; dans l'autre, il réunit les pneumonies qui, modifiées par la cause épidémique, étaient exemptes de phénomènes adynamiqucs et se rapprocliaienl des pneumonies qu'on observe chaque aimée. Les pneumonies de la seconde catégorie étaient elles-mêmes moins franchement inflammatoires que dans les temps ordinaires ; l'engorgement du poumon passait rapidement à l'hépatisation ; le râle crépitant était difficile à saisir ; le pouls était moins développé, moins plein, moins résistant que de coutume. Les malades supportaient moins bien la saignée ; en un mot, toutes les pneumonies avaient le cachet de l'épidémie régnante.

M. Nonat a constaté, sur les malades qui ont succombé à cette pneumonie, la présence dans les bronches de fausses membranes molles, entourées d'une matière purulente et paraissant infiltrées de la même matière. Ces cylindres pseudo-membraneux s'irradiaient vers les parties du poumon frappées d'hépatisation grise. Quelques bronches ne renfermaient qu'un liqiiide puriforme, sans fausses membranes. Enfin, dans les points oii le poumon était le siège d'une simple hépatisalion rouge, les rameaux bronchiques étaient remplis de cyhndres pseudo-membraneux blanchâtres, solides et non infiltrés d'une matière purulente. Dans tous ces faits, les pseudo-membranes se retrouvaient exclusivement dans les bronches des lobes hépatisés, et même plus particuHèrement dans les petites divisions bronchiques que dans les grosses bronches.

Ces faits n'ont pas été confirmés, toutefois, par tous les observateurs. Il est vrai de dire que les sujets observés n'étant pas partout les mêmes, les observations elles-mêmes ont pu changer en raison des circonstances particulières oii ils se sont trouvés. Ainsi, pendant cette même épidémie, alors que MM. Piorry, Nonat et quelques autres signalaient les particularités que nous venons de faire connaître, Hourmann, alors médecin de la Salpêtrière, observait, sur les vieilles femmes de cet hospice, des cas très-fréquents de bronchites suraiguës, entées, pour la plupart, sur des bronchites chroniques, et qui ne tardaient pas à se compliquer des signes de la pneumonie, si bien qu'à un moment donné, toutes les malades présentaient cette double phlegmasie pulmonaire. Eh bien, ces pneumonies ne différaient en rien des caractères qu'elles présentent généralement chez les vieillards. Hourmann dit avoir cherché, avec une minutieuse attention, les fausses membranes que d'autres médecins avaient trouvées au milieu du parenchyme pulmo-

naire enflammé et n'en avoir trouvé aucune trace. Les lésions anatomiques des poumons enflammés étaient en tout semblables à celles qu'il avait constatées de tout temps chez les vieillards, depuis l'engouement simple jusqu'à l'hépatisation rouge et grise. De même encore, a]oute-t-il, les troubles fonctionnels n'ont offert aucun caractère anormal qu'on pût rapporter à une constitution médicale particulière. La seule différence a été dans le nombre des malades reçus dans les salles, et qui a été presque double de celui de l'année précédente pour la même époque.

Nous avons parlé plus haut de malades qui, durant celte épidémie, auraient succombé à l'intensité extrême des phénomènes nerveux ou ataxo-adynamiques, à des accidents ou des complications du côté des organes céphaliques, des méningites. Mais on a été plus loin, on a voulu voir dans la méningite cérébro-spinale épidémique, qui a régné coin cidem ment chez les militaires dans plusieurs garnisons du midi de la France et qui a été observée plus tard (en 1847) au Val-de- Grâce, une des manifestations protéiformes de l'épidémie de grippe, au moins une sorte d'émanation du génie épidémique alors dominant. C'est étrangement abuser, à notre avis, de ce principe déjà très-exagéré lui-même par la plupart des épidémiologistes, qui veut qu'en présence de la suprématie d'une épidémie régnante presque toutes les maladies coexistantes soient portées à son compte. Nous sommes loin de méconnaître l'influence des maladies régnantes sur la physionomie et la marche d'un certain nombre des maladies coexistantes, influence d'autant plus appréciable qu'il s'agit d'affections qui ont, avec la maladie dominante, des affinités plus ou moins étroites, soit sous le rapport étiologique, soit sous le rapport des symptômes ou des lésions principales. Nous en avons cité d'assez nombreux exemples pour la fièvre catarrbale épidémique. Nous ne méconnaissons pas davantage ces combinaisons morbides, ces sortes d'associations qui résultent quelquefois du voisinage de deux épidémies, parfaitement distinctes d'ailleurs par leur nature comme par leur étiologie. Mais quaml on rapproche, à ces divers points de vue, la grippe de la description de la méningite cérébro-spinale épidémique qu'ont laissée Cas. Broussais, Boudin, lourdes, Faure, Gasté, Martin, Malapert et notre savant et si regrettable collaborateur Michel Lévy, on est beaucoup plus frappé des différences profondes qui les éloignent que des quelques ressemblances qui pourraient les rapprocher. Si bien qu'il n'y aurait pas plus de raison pour rattacher l'épidémie de méningite cérébro-spinale qui a régné en 1857 à la grippe de cette année, que pour rattacher l'épidémie observée au Val-de-Gràce en 1848 et 1849 au clioléra de cette époque. Il nô faut voir, croyons-nous, entre ces affections, qu'une coïncidence, comme celle qui eut lieu entre lès épidémies de grippe de 1830 et 1833 et le choléra et qui fit croire un instant à un lien, à un rapport étiologique qui n'existait pas en réalité. Tout ce que l'on pourrait dire en faveur de ce rapprochement quelque peu forcé, c'est que la grippe, la méningite cérébrospinale, le choléra, les fièvres typhoïdes, les fièvres éruptives, les phlegmasies ellesmêmes, qui ont régné simultanément ou se sont montrées du moins avec une certaine fréquence dans cette période, ont toutes présenté à des degrés divers ce cachet commun d'adynamie, qui a été signalé avec raison comme le fond de toutes les constitutions médicales de notre époque. Ces épidémies concomitantes ou successives auraient ainsi toutes ce principe commun, indépendamment des conditions étiologiques propres qui leur impriment leur caractère spécial; et, procédant en partie de ce principe, elles auraient toutes aussi ce résultat de prédisposer les organismes débilités par l'épidémie qui s'éteint, à subir d'autant plus facile-

CATAHRHE. 2i9

ment l'influence de celle qui s'allume, de s'engendrer ainsi en quelque sorte les unes les autres'.

Nous ne dirons que très-peu de chose des traitements qui ont été mis en usage dans cette épidémie, la question de thérapeutique des fièvres catarrhales, en général, devant être traitée plus loin. La thérapeutique de l'épidémie de 1857, a été, il faut le dire, un peu à l'aventure, comme dans les épidémies précédentes, livrée à peu près au gré ou aux inspirations de chacun. Il est vrai de dire que, comme dans toutes les épidémies de cette nature, les indications variaient en raison des complications. Cependant, on peut dire d'une manière générale que les moyens le plus communément employés et qui se sont montrés les plus utiles, ont élé les boissons chaudes et légèrement diaphorétiques associées à quelques sédatifs dans les cas simples, les évacuants gastriques et les narcotiques dans les cas plus graves et plus compliqués. Quant aux antiphlogistiques et particulièrement aux saignées, Tusage en était le plus souvent nuisible, non-seulement contre les pliénomènes habituels de la grippe elle-même, mais encore contre celles de ses localisations qui semblaient, au premier abord, les réclamer le plus impérieusement, la pneumonie, par exemple. Si l'on se reporte par le souvenir aux épidémies précédentes, on verra presque toujours, en tout temps et en tous lieux, la contre-indication des émissions sanguines expressément formulée par la généralité des praticiens.

Grippe de 1842. En 1842, une nouvelle grippe s'est montrée à Paris. Voici en quels termes Récamier la signalait dans une des leçons cliniques qu'il taisait

* Le D' Liegey, de Rambervillers, qui a vu un grand nombre de fièvres calarrhales en Lorraine, où elles se produisent sous toutes les formes, dit en avoir observé sous la tonne choléiique. Chez plusieurs malades dont il a rapporté l'histoire dans son Coup d'œil sm- la conslitution médicale d'une contrée de la Meurt lie et des Vosges de 1837 à 1860, ou observait d'abord pendant les huit premiers jours tous les symptômes d'une grippe, brisement général et fièvre, coryza avec céphalalgie frontale vive, angine pharyngienne , enfin toux accompagnée de douleurs racliidiennes et de points pleurodyniques. A cette grippe qui semblait ouvrir la scène pathologique, succédaient les symptômes d'un véritable choléra: déjections alvines et vomissements, crampes, refroidissement et sécheresse de la peau, effacement du pouls, etc. Ces symptômes cholériques cédaient sous l'influence d'une médication stimulante active, mais pour reparaître quelques heures après leur cessation. La médication quinique prévenait un nouveau retour des accidents cholériques, auxquels succédait un étal fluxionnaire sur la peau sous forme de sueur abondante avec éruption de miliaire rouge et des douleurs névralgiques , erratiques et intermittentes. Après une huitaine de jours de durée de ces phénomènes morbides, successil's et transformés, la scène se terminait par le retour des symptômes de grippe, d'un peu de coryza, d'angine et de toux bronchique qui semblaient être la crise de la maladie, comme ils en avaient été les prodromes.

M. Liegey ajoute avoir vu maintes fois les phénomènes fluxionnaires de la grippe ou de la suette servir de crise à la fièvre cholérique et vice versa; rien n'était plus commun que la solution de ces états morbides complexes par des sueurs plus ou moins abondantes, souvent accompagnées d'éruption miliaire et des douleurs périphériques propres à la suette.

De son côté M. le D' Corne, médecin militaire, qui a étudié la fièvre catarrh^le pendant plusieurs années, dans diverses garnisons du Nord, a signalé, parmi les cas insolites développés sous des influences écologiques complexes, comme on en observe souvent au déclin des épidémies, des accidents péri-encéphaliques et pleuro-cardiaques, ainsi que la coexistence de la méningite cérébro-spinale, qui vient traverser l'apogée et le déclin de l'épidémie. Sans vouloir forcer l'assimilation entre la méningite cérébro-spinale et la fièvre catarrliale, M. Corne ne peut s'empêcher cependant de faire cette remarque, que l'irruption brusque, l'acuité de la marche des désordres et la mort , et chez les plus heureux, les irrégularités, les paroxysmes dans la période d'état, les rechutes atténués dans la convalescence et l'abattement, ressemblent fort aux accidents des fièvres pernicieuses catarrhales et aux récurrences inévitables qui en sont un des caractères distinctifs. La médication par le sulfate de quinine et l'opium, à haute dose, dont elles sont toutes tributaires, contribue encore à ses yeux à les rapprocher étiologiqueraent.

alors à l'Hôtel-Dieu. Nous observons, disait-il, sous l'influence des variations atmosphériques et des alternatives de froid et de chaud, de séclieresse et d'Iiumidite de la saison, un grand nombre de rhumatismes, de névralgies et de grippes avec des caractères particuliers. On constate chez la plupart des malades un état nerveux général, des spasmes, des crampes, des névralgies, celles-ci offrant des caractères insolites, n'ayant point le caractère franchement périodique des névralgies ordinaires. Chez quelques malades, ces états nerveux allaient jusqu'à produire un affaiblissement notable, et même une perte momentanément complète de la sensibilité et du mouvement. En analysant et en rapprochant ces phénomènes, en apparence si variés, i"! était aisé de se convaincre qu'ils avaient tous une origine commune, qu'ils n'étaient que des manifestations plus ou moins différentes d'un même état morbide. Un autre caractère propre à cette épidémie, était d'aggraver, en général, la marche naturelle et la convalescence des maladies intercurrentes.

Grippes et constitution catarrhale de 1847. Il faut arriver de 1842 à 1847 pour assistera une nouvelle épidémie de grippe, l'épidémie de 1847, qui paraît avoir été très-grave à Londres et à Genève. Marc d'Espine, l'historien de l'épidémie de Genève, la place parmi les plus fortes grippes de ce pays, à côté de celle de 1837. Elle a été sans gravité à Paris et dans la plupart des parties de la France an elle s'est montrée.

Cependant si elle n'a pas frappé beaucoup l'attention des médecins et si elle n'a eu, en tant qu'épidémie proprement dite, que de rares historiens, nous ne laisserons pas passer sous silence une très-bonne description de la constitution catarrhale de cette année à Paris, faite par M. Lamaëstre (Dissertation inaugurale sur la pneumonie catarrhale. 1848). Voici quelles ont été les conditions atmosphériques qui l'ont précédée et préparée : L'hiver s'est fait remarquer par un Iroid plus grand que dans les années précédentes, par les variations fréquentes et brusques de la température, la fréquence des brouillards et la prédominance des vents du nord. Durant cette époque, les maladies ordinaires de la saison, en même temps qu'elles sont devenues plus fréquentes, ont revêtu un caractère spécial et commun. Coryzas, maux de gorge, bronchites, pneumonies, diarrhées, rhumatismes, toutes ces affections se présentaient avec un caractère commun, affaissement prononcé de l'organisme, bouffissure de la face, douleurs générales, pouls mou, dépressible, rémittences et intermittences fréquentes dans la plupart de ces affections, disproportion entre les symptômes généraux et les symptômes locaux, enfin tendance aux récidives.

Chez quelques malades, l'affection se présentait sous la forme d'une sorte de névrose, céphalalgie frontale s'irradiant dans les globes oculaires et les joues, avec étourdissements, vertige, face bouffie, frissonnements répétés, irréguliers, erratiques, accablement, malaise général, douleurs vagues, contusives, rhumatoïdes dans les membres, perte de sommeil avec agitation nocturne, grande anxiété, fièvre légère, pouls petit et irrégulier, mal de gorge, sans rougeur ni gonflement. Tous ces phénomènes présentaient une exacerbation vers le soir.

Cette forme de la maladie, limitée à des troubles généraux oii dominait l'élément nerveux, s'observait surtout dans la pratique civile, particulièrement chez les femmes et les enfants.

Le plus généralement la fièvre catarrhale présentait quelque localisation, tantôt des coryzas, tantôt des angines avec enrouement et parfois une extinction de voix presque complète.

Une forme plus avancée et plus fréquente a consisté dans une bronchite très-

différente de la plilegmasie pure et simple de la muqueuse pulmonaire, caractérisée par une toux très -fréquente, restant longtemps, quelquefois pendant tout le cours de la maladie, sèche, nerveuse, spasmodique, avec une anxiété et une oppression remarquables; nul rapport delà lésion locale avec ces désordres généraux. L'examen de la poitrine ne faisait souvent constater aucun râle.

Chez d'autres malades, au contraire, chez qui l'irritation catarrhale était plus prononcée, la toux s'accompagnait d'une abondante expectoration, constituée par un liquide aqueux que recouvrait une couche de mousse blanchâtre, épaisse.

Chez la plupart de ces malades, il est survenu quelque phénomène critique, tels que sueurs, herpès aux lèvres.

A côté de cette forme morbide, on observait des diarrhées séreuses accompagnées de coliques, seules ou avec la bronchite, et s'accompagnant quelquefois d'accès fébriles quotidiens assez réguliers, avec ou sans frisson.

Enfin M. Lamaëstre a observé plusieurs fois des névralgies (temporale, susoibitaire), dont les accès ont revêtu souvent le type périodique.

Les rhumatismes se sont souvent présentés avec des caractères particuliers, douleurs très-vives, très-mobiles, témoignant plutôt d'un élément nerveux qu'in- Baniinatoire; recrudescences faciles, abattement prononcé, face bouffie, fièvre modérée, pouls petit, mou, comme dans toutes les autres formes de l'affection catarrhale ; éruptions cutanées diverses (roséole, herpès, miliaire, urticaire), peu ou point de rougeur au niveau des articulations ; complications rares du côté du cœur. — Chez quelques rhumatisants, il est survenu une pleurésie avec épanchement.

La (orme dominante a été la pneumonie catarrhale,non point la pneumonie grippale qu'ont décrite la plupart des auteurs classiques d'après les types de l'épidémie de 1857, mais la pneumonie catarrhale simple dont M. Lamaëstre a distingué plusieurs variétés, savoir : la pneumonie catarrhale d'emblée, à début brusque comme dans h pneumonie franche, nulle affection n'en ayant précédé l'invasion, et n'en ayant pas moins la forme catarrhale ; la pneumonie consécutive, la variété qui s'est montrée de beaucoup la plus fréquente, apparaissant chez des sujets déjà atteints depuis quelques jours de bronchite catarrhale et dans quelques circonstances survenant à la suite d'une atteinte de rhumatisme ou d'une diarrhée, manifestement liées l'une et l'autre à la constitution médicale régnante ; la pneumonie féraittante, avec rémiltences ou intermittences fébriles marquées ; la pneumonie songestive, dans laquelle l'inflammation du tissu pulmonaire est à peine appréïiable, presque nulle, bien qu'il y ait une anxiété, une dyspnée extrêmes qui ne pouvaient s'expliquer que par une congestion. Il n'a pas eu l'occasion d'observer la forme ataxo-adynamique, qui a été constatée dans les épidémies véritables de grippe.

Au début de cette constitution médicale, le traitement ne s'écarta pas sensiblement de ce qu'il est, en général, dans la pneumonie franche ; on eut recours souvent à la saignée, même répétée, mais l'on ne tarda pas à s'apercevoir que ce traitement n'amenait pas les résultats favorables qu'on en attendait. Les préparalions antimoniales produisirent de meilleurs effets, mais on dut les donner à plus forte dose que dans la pneumonie franche. Les vésicatoires se sont montrés aussi 'lun effet très-puissant. Enfin, il fallut, au début de la maladie, recourir de bonne heure aux toniques et à une alimentation reconstituante.

Pendant que la grippe ne dépassait pas en France les proportions qu'on vient de voir, en Angleterre elle sévissait avec une intensité au moins égale à celle de

l'épidémie de 1837, et elle avait les mêmes allures, sauf cependant que la prostration des forces était plus profonde, tandis que les phénomènes fébriles étaient moins accentués. Mais en 1847 comme en 1837, la grippe se compliquait souvent de bronchites et de pneumonies graves, elle était peut-êlre moins aiguë et frappait moins vivement le système nerveux que les épidémies précédentes et en particulier celle de 1834, mais elle avait beaucoup plus de tendance à devenir chronique, au dire de Graves.

Dans la grippe de 1847, poursuit cet auteur, il n'y avait quelquefois que peu ou pas de fièvre. Lorsque la fièvre survenait, elle était caractérisée par les symptômes ordinaires de lapyrexie, sensation de froid surtout dans la région lombaire, par des frissons violents, douleurs fugaces dans les membres et les articulations, céphalalgie. Dès le début on observait de l'agitation, de la jactitation et de l'insomnie. Ces derniers symptômes étaient les plus saillants dans les cas graves, et ils paraissaient indépendants de la fièvre. Le pouls conservait rarement des caractères identiques dans le cours d'une grippe, il était soumis à de fréquents changements coïncidant avec des modifications dans la température et la sécheresse de la peau ; ses variations dépendaient de l'irritation du système nerveux bien plutôt que d'un état inflammatoire général.

Peacook, qui a publié l'histoire de cette maladie à Londres, y a distingué une forme élémentaire, sous le nom de fièvre catarrhale simple, et une forme compliquée. La durée de la forme simple était en moyenne de trois à cinq, et de sept à dix jours au plus. La maladie finissait fréquemment par des douleurs rhumatiques intermittentes, surtout de la face et de la tète. La diarrhée se mêlait quelquefois à ces symptômes. L'auscultation faisait percevoir des signes de bronchite.

Dans la forme dite compliquée, les principales localisations se faisaient sur la gorge, au larynx, aux bronches, aux poumons, à la plèvre ou au péricarde. A Londres, il y eut une très-grande fréquence de bronchites capillaires, tandis que les pleurésies et les péricardites furent rares. Cette épidémie détermina aussi, au dire de cet observateur, des névralgies, des congestions cérébrales, des érysipèles faciaux, des méningites.

Les bronchites capillaires très-fréquentes à Londres, qui offraient en commençant les caractères de la fièvre catarrhale simple, marchaient presque toujours avec une pneumonie lobulaire ou même lobaire et une phlegmasie générale des grosses bronches et de la trachée.

Enfin cette grippe laissa fréquemment après elle des reliquats rhumatiques, et elle fut, chez un grand nombre d'individus, le point de déport d'autres maladies graves, maladies secondaires, qui paraissaient dues à la dépression considérable du système nerveux. .

La saignée réussit peu dans cette épidémie, si ce n'était au début. Les médecins anglais eurent utilement recours d'abord aux contro-stimulants, aux antimoniem, à J'émétiqueet au mercure poussé jusqu'à une salivation modérée, et combiné avec l'opium. Dans une période plus avancée, ils employaient les anodins, les antispasmodiques et les stimulants diffusibles. La convalescence réclamait l'usage des toniques et des alcalis joints aux expectorants et aux anodins.

En 1852, d'après le rapport sur les épidémies, à l'Académie de médecine, il avait régné, en mars et avril, une grande quantité d'affections catarrhales dans une petite localité de l'arrondissement de Marmande, sous la double influence d'un vent d'ouest persistant et de pluies froides, et des conditions topographiques de cette localité, située dans un vallon étroit et sinueux, dont le sol marécageux

était couvert en plusieurs endroits de flaques d'eau qui ne se desséchaient que pendant les grandes chaleurs de l'été.

En 1855, le rapport annuel signalait la fréquence des angines, des coqueluches, des bronchites et des pneumonies catarrhales dans Farrondissement de Chàteaudun, attribuées à la suppression de la transpiration insensible ou de la sueur, par l'ac • tion d'un froid plus ou moins vif et surtout d'un froid humide. Ces diverses affections ne paraissaient être que des localisations de la lièvre catarrhale, fréquente dans cette contrée, surtout en janvier, mars et mai.

Grippe de 1858. Au commencement de l'année 1858, après une prédominance très-marquée et prolongée de fièvres typhoïdes qui par leur fréquence et leur caractère particulier de gravité formaient le trait principal de la constitution médicale, un changement assez subit s'opéra dans l'état de la santé publi(|ue à Paris, et aux fièvres typhoïdes se substitua une constitution médicale nouvelle se résumant dans la grippe. Voici en quels termes l'auteur du présent article l'annonçait dans la Gazette des hôpitaux du 16 janvier.

« A la suite des brouillards du mois de décembre, la grippe s'est abattue sur Paris, à un tel point, que, depuis un mois bientôt, il n'est pas de maison où elle n'ait fait invasion. Et une fois entrée dans une maison, rarement elle se borne à frapper un seul individu. Presque tous les membres de la famille payent successivement leur tribut.... Une épidémie meurtrière, ajoutions-nous, qui sévirait avec celte géiiéraUté, laisserait à peine un tiers ou un quart de la population debout.... H ne s'agit pas de ces bronchites simples et de ces coryzas si commuas à l'entrée de riiiver, et auxquels on a donné depuis quelques années, par une extension abusive, le nom de grippe. 11 s'agit bien réellement de la grippe épidémiqne, telle qu'on l'a vue sévir avec une grande intensité à Paris en 1832, avant la grande épidémie de choléra, et plusieurs fois depuis, c'est-à-dire de cette fièvre catarrhale dans laquelle la bronchite n'est qu'une des locahsations les plus habituelles, et qui est principalement caractérisée par un état général de courbature avec accélération du pouls, chaleur de la peau, céphalalgie intense, continue, gravative et persistante, état saburral des premières voies, et enfin un état général de prostration qui es' en quelque sorte comme le caractère propre, le cachet de toute maladie épidémique... »

Déjcà à cette époque, l'affection avait revêtu, chez quelques malades, un caractère grave. Plusieurs cas s'étaient terminés par une pneumonie mortelle. Nous avions été frappé surtout de la multiplicité et de la diversité des formes symptomatiques, tpii ont été remarquées depuis, par plusieurs observations.

Quelques jours après, M. Gendrin, dans une leçon clinique faite à l'hôpital de la Pitié et reproduite par le même journal, à la date du 26 janvier, signalait les mêmes faits et insistait en particulier sur ce fait général que l'épidémie alors régnante présentait un état bronchique, puis des signes de la broncho-pneumonie, des preuves de phlogose du parenchyme pulmonaire sur un ou plusieurs points. 11 signalait, en outre, cette circonstance que l'influence de la constitution médicale était si grande qu'on la voyait retentir d'une façon très-intense sur la période finale des fièvres typhoïdes,

M. Emond a décrit dans sa thèse la grippe de 1858 ; il a constaté aussi dans cette épidémie que bien que la bronchite ait été une des localisations les plus fréquentes de la grippe, elle n'a pas été la localisation constante et caractéristique ; que des malades, au lieu d'une bronchite, avaient une angine, d'autres un état gastrique seulement, d'autres une pneumonie catarrhale. — - Une seule circons-

254 • CATARKHE.

tance commune ra[)pi'ochait tous ces faits, c'était l'identité des phénomènes d'invasion, soit qu'il s'agît de névralgies, de rhumatismes, d'affections des séieiises, d'épanchements, qu'au premier abord on n'aurait pas été disposé à rapprocher; on voyait , en effet, y survenir un de ces états morbides, soit simultanément avec les symptômes les plus ordinaires de la grippe, soit pendant son cours et comme complication soit isolément, à la suite du frisson initial, de la courbature, et des autres phénomènes prodromiques, qui annoncent d'ordinaire l'invasion de cette maladie.

Comme tous les épidémiologistes qui ont remarqué, avant l'explosion de chacune des épidémies qu'ils ont décrites, une série de phénomènes pathologiques tendant à ceux de la maladie épidémique elle-même, M. Emond a observé que, celle-ci une fois réalisée chez quelques individus, on voyait concurremment les phénomènes prodromiques se manifester chez ceux dont l'organisme avait le mieux résisté d'abord jusque-là ou sur lesquels, par des circonstances indéterminées, la cause épidémique avait eu moins de prise.

Cette année, ajoute M. Emond, la constitution médicale s'est complètement modifiée au moment oii la grippe a fait son apparition ; les diverses maladies qui régnaient à Paris ont paru revêtir une physionomie particulière et offrir des caractères spéciaux, le nombre des fièvres typhoïdes a diminué de beaucoup ; les maladies aiguës de poitrine qui se sont développées étaient un mélange de catarrhe pulmonaire, de pleurésie et de pneumonie ; la lenteur des convalescences a surtout frappé. L'influence catarrhale de la constitution médicale imprimait à toutes ces maladies son cachet spécial ; elle se manifestait dans les bronchites chroniques en modifiant la quantité et l'apparence extérieure de la sécrétion des mucus bronchique, etc.

La grippe de 1858 n'a pas été grave, mais elle a sévi sur un nombre considérable d'individus, sans distinction d'âge, de sexe, de tempérament ou de condition sociale, procédant surtout par groupes, atteignant la grande majorité de ceux qui se trouvaient dans les mêmes heux et dans les mêmes conditions d'habitation, etc.

Paris ne fut pas seul à ressentir les eifets de cette constitution. Des lettres reçues de divers points de la province nous informèrent que cette influence avait été générale et qu'elle s'était appesantie sur presque toute la France. Elle a fait son apparition dans les campagnes les plus salubres, au milieu des plaines, dans les forêts, sur les montagnes, enfin elle laissait à celui qui en avait été atteint une susceptibilité particulière qui lui donnait une aptitude à la contracter do nouveau. Les récidives furent, en effet, fréquentes. Ce fut à l'occasion de cette épidémie que le professeur Forget, traça dans la Gazette médicale de Strasbourg, une histoire clinique complète et très-bien faite de cette affection, d'après les épidémies de 4831 et 1837, avec laquelle celle de 1858 ne lui parut différer en rien.

Grippe de 1860. En 1860, les grandes et brusques variations du thermomètre qui eurent lieu vers la fin de l'hiver, amenèrent un grand nombre de cas de grippe pendant le premier trimestre de l'année. M. le docteur Maximin Legrand, qui s'est fait l'historien de cette petite épidémie d'après les laits qu'il eut l'occasion d'observer dans le service de clinique médicale de la Charité, n'y a rien trouvé à signaler de particulier et qui la fît différer sensiblement dans ses principaux phénomènes des épidémies précédentes, si ce n'est peut-être une plus grande bénignité. La pneumonie grippale y fut heureusement une complication exceptionnelle. Et dans les cas rares oii elle exista, elle ne différa pas de la broncho-pneumonie ordinaire.

A dater de 1860, il n'est presque pas d'année que l'on n'ait eu à signaler ou de petites épidémies de grippe ou des constitutions médicales auxquelles nous verrons donner presque généralement désormais cette dénomination, abusivement sans doute comme nous l'avons déjà fait remarquer, mais en réalité comme un témoignage de l'identité de nature, au fond, des épidémies de grippe et des fièvres catarrhales saisonnières annuelles.

Nous voyons signaler, en eifet, dans les rapports annuels de l'Académie de médecine, pour l'année 1862, coïncidemment avec une constitution météorologique humide et froide, une constitution médicale catarrliale, dont toutes les maladies épidéraiques, les affections diphthéritiques comme les autres, se ressentent plus ou moins. De presque toutes les parties de la France, les médecins des épidémies signalent la fréquence des affections catarrhales, des bronchites, -des coqueluches, de la grippe. Dans un grand nombre de départements, c'est la coqueluche qui règne épidémiquement, concurremment avec le croup, la fièvre typhoïde, la rougeole et la petite vérole. Dans plusieurs localités, c'est la fièvre muqueuse catarrhale, ici compliquée d'angines couenneuses, là existant simultanément avec les fièvres typhoïdes.

C'est dans cette même année 1862 qu'eut lieu à la Société médicale des hôpitaux de Paris une discussion importante sur les constitutions médicales en général, et en particulier sur la constitution catarrhale qui régnait alors, à l'occasion d'un très-remarquable mémoire de M. Chauffard sur ce sujet ; c'est même de cette époque surtout que date la publication régulière des excellents rapports mensuels de cette Société sur les maladies régnantes.

En 1863, les rapports signalent les bronchites et les grippes comme moins fréquentes et plus bénignes que dans les années précédentes.

En février 1864, la grippe qui régnait déjà à Paris au mois de décembre 1863, prit à dater du 2 janvier, jour oij eut lieu un abaissement subit et considérable de température, une grande extension et un caractère véritablement épidéraique. Elle régnait encore avec une intensité croissante au mois de mars avec le cortège ordinaire des bronchites et des pneumonies, greffées sur des catarrhes chroniques, et des phénomènes généraux. Il y eut quelques cas de pneumonie avec symptômes ataxiques, adynamiques et ataxo-adynamiques.

Pour les déparlements, nous ne voyons mentionner que des épidémies partielles de grippe à Saint-Quentin, à Cherbourg et à Toul.

En 1865, MontaubanetVilleneuve sont seuls indiqués comme ayant eu la grippe. Dans la même année au Vernet il y eut une épidémie d'abord franchement catarrhale et qui se transforma bientôt en une épidémie d'ophthalmie purulente grave.

L'année 1866, qui a été peu chaude et assez humide, a donné naissance à une constitution médicale catarrhale pendant laquelle les maladies des organes de la respiration ont tenu le premier rang, tandis que les affections des organes digestifs leur ont été subordonnées. Durant cette année, les affections pseudo-membraneuses se sont multipliées. Enfin les fièvres typhoïdes ont le plus souvent revêtu la forme muqueuse.

Lesûèvres catarrhales, les bronchites communes, ou épidémiques, ontété observées en grand nombre à Paris pendant le courant des mois de mars et d'avril. La grippe qui fra[)pait alors presque toute la population de Paris, était signalée dans la plupart des rapports et des comptes rendus des médecins des hôpitaux, avec tout le cortège de la fièvre catarrhale, embarras gastriques, courbature, fièvre remit*

tente le plus souvent, intermittente dans quelques cas plus rares. Elle présentait' cela de remarquable que la trachéo-bronchile avec pleurodynie en était le caractère le plus important, ce qui lui a fait donner le nom de grippe pectorale. Au mois d'ùvril, M. Moissenet signalait un cas particulier de grippe ayant présenté des manifestations morbides complexes, rappelant à certains égards, chez un malade, quelques traits de l'ancienne épidémie d'acrody nie. La bronchile ayant cessé brusquement pour faire place aune diarrhée séreuse et biheuse abondante, avec refroidissement cyanique des extrémités et de la face, il survint à la suite une contracture douloureuse des extrémités, que les boissons chaudes et les stimulants diifusibles n'ont fait disparaître complètement qu'au bout de 3 ou 4 jours, en même temps que les symptômes abdominaux.

Yoici, pour cette même année, en quels termes Mi le docteur Guignon, dans un excellent rapport sur les maladies régnantes du département de l'Aisne, résumait les relations de l'état météorologique avec la constitution médicale de l'année et l'ordre de succession des maladies régnantes avec prédominance catarrhale.

« A un hiver modéré, traversé par de faibles variations dans la température, ont correspondu des maladies peu intenses, telles que des affections catarrhales des organes de la respiration.

« A un printemps pluvieux, fréquemment troublé par des vents alternativement chauds et froids et par des changements de température, ont succédé des affections encore catarrhales, mais déjà mêlées d'accidents bilieux.

« A un été chaud et humide, ont correspondu les différents troubles morbides qui relèvent de l'ensemble des viscères abdominaux, tels qu'embarras gastriques, diarrhées, embarras hitestinaux, dysenteries.

« A un automne qui présentait un temps pluvieux et des variations brusques du chaud au froid et vice versa, on a vu succéder des troubles du tube digestif avec un caractère bilieux plus prononcé qu'avant, des fièvres rémittentes franchement périodiijues; puis, à mesure que la température s'abaissait, on a vu reparaître des atfections des organ.es de la respiration.

« Puis l'hiver arrivant a ramené avec lui les affections qui dépendent du froid et de Thumidité. »

C'est dans cette même année 1866 que M. Bailly a observé l'épidémie de Bains, dont nous avons déjà parlé dans les généralités de cet article, et qui mérite d'avoir ici sa place et sa description spéciale.

Épidémie de Bains en 1866. M. Bailly a distingué dans cette épidémie trois groupes de faits ou trois formes de la maladie suivant son degré d'intensité : une forme bénigne, une forme réactionnelle et une forme typhique. 51 malades sur 2,500 habitants, dans l'espace de 15 jours, furent pris tous de la même façon, c'est-à-dire brusquement, en pleine santé apparente, par des frissons, des vomissements, des points de côté et un violent mal de tête. A partir de ce début, la fièvre s'établissait, mais avec des symptômes fonctionnels différents.

La fièvre bénigne, que M. Bailly a appelée abortive se manifestait suivant deux modes différents. Dans le premier, on observait un état de langueur, de courbature et d'inaptitude au travail, une tendance au refroidissement sans fièvre proprement dite, de l'inappétence et souvent de la céphalalgie. Les malades traînaient ainsi pendant plus ou moins de temps, de 8 à 15 jours, et la santé revenait sans crises.

Dans la seconde forme, l'explosion de la maladie était subite et violente, mais la solution suivait de près. Le malade était pris tout à coup de frissons, devenus-

setnents, de point de côté, d'anxiété, la réaction succédait vivement, et piis au bout de 2 ou 3 jours, tout cet appareil disparaissait, laissant à peine un peu de toux, quelque courbature, une tendance au frisson ou à la sueur. M. Buiily a donné à celte seconde forme le nom de forme réactionnelle. A ce degré, dit-il, la maladie était franchement déclarée, la réaction vive ; nulle localisation morbide ; on s'attendait à une fièvre typhoïde, mais l'absence des signes caractéristiques et la courte durée vous reportaient à une pyrexie spéciale, à une fièvre péripneumonique sans pneumonie. Le mode d'invasion était identique avec celui des pneumonies observées pendant l'épidémie; la lièvre, les symptômes généraux, la durée étaient les mêmes ; une seule chose différait, l'absence d'inflammation au

poumon.

Dans la troisième forme de cette fièvre catarrhale épidémique, à laquelle M. Bailly a donné le nom de forme lyphique, la localisation morbide apparaissait, mais légère et hors de proportion avec la gravité des symptômes généraux. La broncho-pneumonie observée était tout au plus, comme lésion, la congestion piopre aux fièvres grates. La prostration, les épistaxis, le délire, l'intensité de la fièvre, montraient le génie typhique de la maladie. Cette forme se rapprochait, d'ailleurs, des pneumonies déclarées, en ce que dans celles-ci on observait aussi les symptômes ataxo-adynamiques, et une pareille allure générale, comme si, en effet la maladie eut été identique dans l'un et l'autre cas, sauf le degré d'infarctus pulmonaire.

Les pneumonies et les suettes complétaient le tableau de l'épidémie de Bains. Les pneumonies extrêmement graves étaient caractérisées par la prédominance des phénomènes généraux sur la lésion pulmonaire que souvent ils précédaient. La violence du fiisson et des autres symptômes initiaux mesurait ordinairement la dépression consécutive. Bientôt apparaissaient le délire, la prostration générale et surtout la dépression des puissances respiratoires.

La suette a été le trait majeur de l'épidémie. On retrouvait des tendances sudovales accusées dans la plupart des cas relatés de fièvre catarrhale ; et parmi les faits de pneumonie M. Bailly en a désigné sous le nom de pneumonie miiiaire. Quant aux suettes pures, non compliquées d'inflammations locales, elles se sont montrées chee des adultes de 40 à 50 ans. M. Bailly les considère comme ayant été pour beaucoup par leur association aux pyre.des catarrhales qu'il a décrites, dans le caractère ataxique et gra\e qu'ont souvent présenté ces fièvres.

En 1867 (février) tous les médecins des hôpitaux signalaient, au rapporteur de la commission des maladies régnantes, les bronchites au premier rang des affections des voies respiratoires, tandis que les pneumonies et les pleurésies étaient relativement rares, surtout à l'état primitif. Le caractère général de ces phlegmasies bronchiques n'était autre que celui qui appariient aux phlegmasies catarrhales en général, et pour le plus grand nombre des médecins, il se rapportait entièrement à la bronchite épidémique, à la grippe. M. HomoUe, en faisant remarquer l'influence épidémique franchement accusée par celte circonstance que la maladie ne frappait jamais un seul individu dans une famille ou dans une maison, résumait ainsi les principaux caractères de la maladie : « Brusquerie du début et apparence grave des premiers accidents ; intensité de la céphalalgie et de la courbature ; sensation pénible d'arrachement que les malades rapportaient à la région sternale, et rapidité avec laquelle la sécrétion bronchique révélait l'aspect muco-purulcnt ; durée relativement courte, surtout chez les adultes ; gravité exceptionnelle chez les enfants. »

DICT. ENC. XIII. 17

D'après M. Hérard, bon nombre de grippes observées dans le mois de janvier de cette année, présentaient des traits de ressemblanca avec la fièvre typhoïde. On y trouvait, comme dans cette dernière affection, un grand abattement, de la céphalalgie, de la fièvre, quelquefois de la diarrhée, de la toux, des épistaxis. Dans les cas douteux, c'était l'existence de coryza souvent extrêmement intense coïncidant avec une expectoration un peu abondante, et avec des frissons plus ou moins réguliers, qui montrait qu'on avait affaire à la fièvre catarrhale, plutôt qu'à l'affection typhoïde.

La même observation a été faite par M. Moutard-Martin qui a vu à l'hôpital Beaujon et rapporté plusieurs cas dans lesquels il a fallu une véritable attention et une analyse pathologique rigoureuse pour discerner la grippe. Au milieu d'un appareil de symptômes qui simulait une fièvre typhoïde, tels que stupeur, étourdissements , céphalalgie, insomnie , affaiblissement des jambes, diarrhée, gargouillement, empâtement de la bouche, soif. Il fallait se reporter surtout au début et se rappeler qu'il y avait eu tout d'abord un long frisson en même temps que se montraient la toux, de l'enrouement et une courbature générale, pour se convaincre qu'on avait bien affaire en réalité à une fièvre catarrhale.

M. Moutard-Martin a constaté, chez la plupart des malades qu'il a eu à traiter dans son service de l'hôpital Beaujon, des symptômes communs et constants et des symptômes particuliers à chacun. Parmi les symptômes communs, au début, frissons, fièvre, point de côté, sans cependant qu'il y eut lésion du poumon ou de la plèvre, coryza, enrouement, céphalalgie, faiblesse extrême persistante, expectoration abondante et état saburral, enfin râle muqueux et sibilants s'entendant dans toute la poitrine.

Comme symptômes particuliers, il a remarqué chez plusieurs malades une oppression excessive, et chez quelques-uns, de véritables accès d'asthme qui n'existaient pas avant. Un des points sur lesquels il a insisté, est la persistance chez tous les malades, même après la guérison, d'une faiblesse et d'un état d'adynamie remarquables. Il a signalé, enfin, plusieurs exemples de développement de la phthisie, suite de grippe et quelques cas de grippe quasi chroniq.ue, ayant duré plusieurs semaines.

D'autres observateurs, M. Moissenet, entre autres, ont noté que la plupart des grippes de cette époque avaient commencé par une fièvre intense, qui au bout de 2 ou 3 jours, prenait le type intermittent quotidien nocturne, le plus souvent et plus rarement diurne. Un grand nombre de ces affections catarrhales ont revêtu, à un degré plus ou moins manifeste, le caractère gastrique et bilieux.

En même temps on observait beaucoup de pneumonies catarrhales ou de pneumonies bâtardes à forme adynamique ou atonique, tandis que les pneumonies franches étaient rares, circonstance négative qui a toujours sa valeur, les maladies qui manquent, ainsi que le faisait remarquer justement à cette occasion, M. Chauffard, servant souvent à marquer le caractère vrai de celles qui existent.

Enfin dans le mois d'avril suivant, le rapport de la commission des maladies régnantes constatait que l'élément catarrhal avait encore joué un certain rôle dans la plupart des maladies du mois de mars. Plus des deux tiers des malades qui s'étaient présentés à la consultation du bureau central, étaient atteints de diarrhée catarrhale ou d'état bilieux.

Constitutions catarrhales de 1868, 1869 et 1870. En 1868, les mois de janvier, février, mars et avril sont particuHèrement signalés par tous les rapports

partiels des médecins des hôpitaux pour la fréquence des affections catarrhales des voies aériennes.

En janvier, M. Bourdon constatait; à l'hôpital de la Charité un grand nombre d'entrées pour bronchites épidéraiques frappant particulièrement les femmes récemment accouchées et surtout celles qui présentaient quelque accident puerpéral. Elles se compliquaient fréquemment de pleurésie. En même temps, M. Barthez déclarait qu'à l'hôpital Sainte-Eugénie, les bronchites plus graves et de plus longue durée que d'habitude, avaient une tendance spéciale à gagner les petites bronches, et que là, comme à l'hôpital des enfants malades, les coquehiches étaient nombreuses et donnaient lieu à une mortalité considérable. Mais ce qu'il y a eu de particulièrement remarquable à cette époque, c'est l'unanimité avec laquelle on a remarqué sous l'influence d'une modification brusque et profonde survenue dans la température, la transformation des maladies catarrhales saisonnières «impies en grippes caractérisées. Voici en quels termes M. Hérard signalait cette transformation : « Pendant les onze premiers jours de janvier, disait-il, malgré unfroid persistant de 6, 8 et même 10" au-dessous de 0, je ne constatais que des rhumes simples, des bronchites , quelques pneumonies, lorsque le dimanche 12 janvier, la température change au point que le lundi 15, le thermomètre marquait de -+-8 à 10'. Dès ce moment, la grippe faisait invasion; elle n'a pas cessé depuis, et l'on peut dire qu'il n'y a presque pas de famille qui n'ait payé sou tribut... »

Les grippes n'ont pas cessé de régner en grand nombre pendant tout le mois de février et une partie du mois de mars. Les bronchites épidémiques, signalées par M. Bourdon dès le commencement de janvier, étaient devenues en février des grippes sous toutes les formes. M. Chauffard fut frappé aussi de ce changement qu'il reporta seulement un peu plus tard. D'après ces observations, le mois de janvier, malgré la rigueur de la température, n'avait présenté que des affections catarrhales plus ou moins aiguës, mais simples, sans état général concomitant autre que celui qui se proportionnait à l'intensité de la phlegmasie locale. « Rien d'anormal ni de spécifique, disait-il, dans les bronchites a fri^ore observées alors; souvent absence de tout état fébrile brusque ; la phlegmasie demeurait peu étendue et peu profonde, lorsque la pneumonie franche ne se substituait pas à l'inflammation catarrhale des muqueuses. La scène morbide a changé tout à coup. Dès le milieu de février, une épidémie de grippe s'est rapidement propagée, avec des caractères tranchés : accès de fièvre ordinairement intense et subit ; douleur profonde dans l'arrière-gorge, avec sécheresse et douleur dans la déglutition ; larmoiement et coryza, se montrant parfois comme phénomène du début, souvent comme phénomène succédant à ceux de la période d'invasion ; céphalalgie, courbature générale avec endolorissement du tronc et des membres, faiblesse excessive, anorexie souvent accompagnée d'un véritable état gastrique, douleurs intestinales et musculaires parfois très-vives, névralgies, fièvre prenant le type rémittent, etc. »

En mars,-les choses furent à peu près les mêmes qu'en février. En avril, la grippe était toujours l'affection aiguë dominante, seulement sa physionomie différait un peu de ce qu'elle avait été dans les mois précédents. Elle était surtout remarquable par les déterminations morbides vers le poumon, par les bronchopneumonies, comme sila constitution épidémique qui régnait depuis le milieu de janvier, faisait remarquer M. Hérard, avait été modifiée par la constitution saisonnière, en vertu de laquelle les pneumonies sont surtout fréquentes au mois

d'avril de chaque année, « Ce qui caractérise ces pneumonies catarrhales, ajoutait M. Hérard, c'est la nature des crachats beaucoup moins sanguinolents et visqueux, la fugacité des phénomènes locaux, souffle tubaire et râles crépitants et sous-crépitants; l'existence pendant plusieurs jours de petits frissons, au lieu du grand frisson initial de la pneumonie ; le type rémittent de la fièvre, l'abondance des sueurs ; la fréquence de la diarrhée, l'intensité des douleurs musculaires ; l'anéantissement des forces, si prononcé dès le début et si persistant; enfin l'apparition simultanée ou tardive des diverses irritations des muqueuses, particulièrement de la muqueuse nasale. »

La même observation a été faite à cette époque par M. Moutard-Martin, qui a constaté dans son service de l'hôpital Beaujoii, que les grippes et les bronchites simples qui avaient conservé les caractères de la période précédente dans la première moitié d'avril, s'étaient modifiés à cette époque. Les inflammations profondes du tissu pulmonaire étaient deveimes plus fréquentes.

— Les grippes et les affections secondanes sous leur dépendance disparaissent eu mai, pour reparaître en novembre et décembre et se continuer en janvier, février et mars et une partie d'avril 1869. Les affections catarrhales des bronches, les grippes et les phlegmasies secondaires des bronches se sont montrées dans celte période en grand nombre, avec leurs formes et leurs variétés diverses, mais avec une gravité variable suivant le moment où elles se produisaient et en général beaucoup moins grande que dans la période correspondante de l'année précédente. L'épidémie de grippe de cette année a eu des alternatives d'aggravation ou d'amendement qui paraissent avoir suivi les variations de la température. Voici le tableau qu'en a tracé M. Moissenet : « Les grippes caractérisées d'abord par la fièvre avec coryza, angine catarrhale et bronchite, n'ont pas tardé à se compliquer de bronchites capillaires et de broncho-pneumonies. Celles-ci, graves pendant les premiers froids, sont devenues extrêmement bénignes à mesure que la température s'est adoucie. Alors l'embanasgastrique et gastro-intestinal a dominé tous les autres symptômes de l'état muqueux. En même temps des vomissements muqueux ou mucoso-bilieux, des diarrhées muqueuses, bdieuses, séreuses même, et quelques dysenteries sont survenues tantôt comme crise de l'affection catarrhale généralisée, tantôt semblant constituer une maladie particulière et isolée chez les sujets atteints. Pendant la fin de janvier et la première moitié de février, nous avons eu à soigner beaucoup de gastralgies, de gastro-entéralgies, parfois très-intenses. D'autres névralgies ont compliqué l'état catairhal, les otalgies, les hémicranies, les névralgies orbitaire , occipitale , intercostale , lombo -abdominale et sciatique. Souvent ces névralgies, comme la fièvre catarrhale elle-même, ont revêlu le type intermittent. » Enfin M. Moissenet signalait plusieurs cas de congestions pulmonaires généralisées et d'apoplexies pulmonaires coïncidant avec les états morbides précédents.

M. le docteur Corne, médecin principal de l'armée, a décrit en ces termes une endémo-épidémie de fièvres catarrhales qu'il a observée pendant plusieurs hivers successifs à l'hôpital militaire de Thionville (de 1868 à 1870). C'est -une endémoépidémie qui règne pendant plus de six mois de Tannée, qui a des manifestations mobiles et infinies et des degrés extrêmes, depuis la fièvre bénigne éphémère, occasionnée par le simple refroidissement, jusqu'aux fièvres continues graves, avec paroxysmes pernicieux (pseudo-continues). Le type le plus habituel est le type rémittent, qui arrive par dégradation au type intermittent à la lin de la saison endémo-épidéniique, c'est-à-dire en avril et au commencement de mai. La répercus*

sion de la sueur, le refroidissement par une basse température, par un air froid et humide, en un mot les vicissitudes et les perturbations de ce climat y engendrent une fièvre rhumo-catarrhale, essentielle, a frigore.

Parmi les formes graves, il y a les manifestations cérébrales, délirantes et comateuses, véritables accès pernicieux, qui se présentent dès le début et quelquefois après un ou deux accès ou de simples rémissions, alors qu'on pensait toucher à une vraie défervescence. M. Corne dit avoir rencontré le même retour dans les formes moins graves : récurrence dans le premier cas et rechute dans le second, qui donnent à cette maladie un caractère d'opiniâtreté très-accentué. Dans la Tribune médicale de 1871 (n° 175), cet observateur a rapporté plusieurs exemples de lièvres pernicieuses db cette première catégorie, avec délire, ataxie, coma et congestion cérébrale. Tantôt la scène de retour de la fièvre pernicieuse avait lieu vers les poumons et le cerveau, — c'était le cas le plus fréquent, — tantôt elle avait lieu vers le tube digestif. Un autre mode de la fièvre catarrhale à type rémittent consistait dans un état de souffrance de toutes les muqueuses, sans détermination spéciale, avec abattement, céphalalgie, courbature, petitesse du pouls, bronchite et gastrite. La convalescence était longue, les retours ou rechutes avec mouvement fébrile étaient fréquents, toujours suivis de prostration et d'anémie. Le type intermittent n'était pas rare. Il se rencontrait surtout à la fin de la saison endémo-épidémique .

Une physionomie commune à toutes ces manifestations était l'altération de la face, l'affaissement des traits, la dépression de l'économie, l'inertie des fonctions de la peau et du tube digestif, et un état de souffrance de la nutrition qui aboutissait souvent à une anémie notable et à des engorgements splénic[ues.

Le type intermittent simple, sans organopathie, servait de trait d'union aux maladies du semestre d'hiver et à celles du semestre d'été, pour disparaître complètement pendant cette dernière saison.

Ainsi, pendant le premier trimestre de 1 868, très-nombreuses fièvres catan'hales de forme rémittente grippale et rhumatismes articulaires, fièvres intermittentes au printemps et point en été ni en automne.

Pendant l'hiver 1868-1869, nombreuses fièvres catarrhales rémittentes, broncho-pneumonies, frèvre typhoïde, érysipèles et rhumatismes articulaires; au printemps 1869, dès le mois de mars, méningites, fièvres intermittentes rebelles trèsnombreuses. A, dater du mois de juillet, ces dernières maladies disparaissent complètement. Le même ordre de faits, les mêmes retours d'accidents, les mêmes maladies se reproduisent pendant l'hiver 1869-70, et sont suivis dès le printemps des mêmes états morbides que l'année précédente; de la pseudo-continuité grave, on passe à la rémittence pour arriver à l'intermittence simple.

— En 1870, M. le docteur Louis Gros signalait pour son service du chemin de fer du Nord, pendant le mois de février, un chiffre extraordinaire d'affections catarrhales portant moins exclusivement sur les voies aériennes que les mois précédents. A côté d'un nombre assez considérable de bronchites catarrhales, M. Gros a observé assez souvent le catarrhe intestinal allant, dans certains cas, jusqu'au flux sanguinolent, dysentérique. Ce qui, pour lui, distinguait ces affections de la dysenterie proprement dite, c'était le début tout à fait analogue à celui de la grippe, avec courbature, fièvre, symptômes passagers du côté des muqueuses nasale et pharyngienne , suivis presque immédiatement de symptômes intestinaux : selles fréquentes, muqueuses, puis sanguinolentes. Le traitement a consisté presque invariablement dans l'emploi des diaphorétiques et d'r.n ou plusieurs

laxatifs. Dans quelques cas, un éméto-cathartique a été donné au début, quand l'état de la langue paraissait en indiquer Topportunité.

Pendant l'hiver de 1870-71 (siège de Paris), sous la double influence de la température extrêmement rigoureuse, d'un froid d'une intensité et d'une persistance exceptionnelles, qui n'a pas duré moins de trois mois sans discontinuer, et des conditions non moins exceptionnelles dans lesquelles se trouvait placée alors une population agglomérée de plus de deux millions d'habitants dans l'enceinte murée de Paris, la constitution médicale a présenté, indépendamment des affections épidémiques qui étaient déjà en puissance auparavant, telles que les lièvres éruptives, la variole, la rougeole, les fièvres typhoïdes et de celles qui ont été produites par les conditions spéciales du siège, comme le àcorbut, un ensemble de caractères qui m'ont fait lui assigner le nom de constitution catarrhale ataxoadynamique (voir Gaz. des hôpitaux n"' 114, 120, 126, 152, 137, 143 et 151 de l'année 1870 et plus particulièrement le n° 9 de 1871). Les maladies qui traduisaient d'une manière plus spéciale cette constitution étaient des angines, des laryngo-trachéites, des bronchites, des pneumonies, des broncho-pneumonies surtout, avec leur cortège obligé de rhumatismes articulaires et musculaires, de diarrhées, d'embarras intestinaux et de [ihthisies aiguës ou galopantes qu'elles déterminèrent chez un grand nombre de jeunes soldats chez qui la disposition tuberculeuse était jusque-là restée latente. Mais en même temps que la constitution catarrhale était nettement accusée par la prédominance ma»'quée de ces affections, par leurs associations, leur mélange, leurs combinaisons diverses, ces maladies n'étant presque jamais simples, mais presque toujours compliquées de quelques phénomènes typhoïdes, d'embarras gastro-intestinal, prostration, délire, etc. Elle se révélait aussi d'une manière non moins manifeste dans toutes les maladies régnantes concomitantes, dans les fièvres typhoïdes qui présentaient presque toujours à leur tour une prédominance de symptômes thoraciques, dans les fièvres éruptives, dans la variole, dans la rougeole et la scarlatine qui semblaient s'imprégner à la fois du voisinage et de l'influence de l'affection catarrhale et de l'alfection typhoïde.

La rougeole, notamment, d'après M. Colin, rappelait traits pour traits les affections décrites dans la médecine militaire sous les noms de catarrhe suffocant, de bronchite capillaire épidémique, de concrétions polypiformes du cœur, observées surtout en 1840, 41 et 42, dans les garnisons de Nantes, de Paris, de Lyon, puis en 1854 au camp de Boulogne.

A ces dilférentes époques, comme en 1870-71, le catarrhe suffocant s'était développé au milieu de trois circonstances spéciales : 1** hiver extrêmement fioid, 2° appel suivi d'un grand nombre de recrues, 3° constitution médicale caractérisée par la prédominance des fièvres éruptives. La prédominance des complications thoraciques amenait en quelques heures l'asphyxie.

Nous ne poursuivons pas plus loin cet exposé des constitutions catarrhales régnantes que nous avons pu suivie d'année en année, depuis l'époque que nous avons fixée comme point de départ de ces recherches. Nous n'y ajouterions que peu de chose en disant qu'au moment même où nous écrivons ces lignes, la grippe, mais la grippe mitigée que nous appelerons désormais endémique pour la distinguer des grandes grippes épidémiques, semble s'abattre encore une fois sur notre population.

Fièvres catarrhales des pays chauds, petites épidémies locales. Notre tableau de l'alfection catarrhale ne serait pas complet, si, à côté de ces constitutions mé-

(licales annuelles qui en sont comme l'expression régulière, de ces grandes épidémies générales qui en sont l'expression exagérée et souvent inégale par les combinaisons, les associations pathologiques diverses qui entrent dans leur constitution, nous ne rappelions ici quelques exemples de ces petites épidémies locales, circonscrites, souvent réduites à un petit groupe de symptômes, d'autres fois au contraire complexes, comme celle de Bains, rapportée plus haut, et qui soit par leur circonscription même, soit par leur physionomie spéciale, soit par les lieux et les climats où elles se sont produites, peuvent et doivent non-seulement entrer dans l'histoire générale de l'allection qui nous occupe, mais encore nous aider à en étudier la nature et l'étiologie.

On est convenu généralement d'assigner à l'affection catarrhale de certaines limites de temps et de lieu. 11 n'y a rien d'absolu à cet égard. Nous venons de voir que si l'affection catarrhale commune se manifeste généralement dans nos climats aux deux époques extrêmes de la période hivernale, on peut l'observer exceptionnellement à d'autres époques, particulièrement dans les saisons anormales ou irrégulières. 11 en est de même pour les limites géographiques qu'on a voulu lui imposer. S'il est vrai qu'elle affecte plus particulièrement les contrées froides et tempérées, on la voit aussi quelquefois, bien que plus rarement il est vrai et avec quelques caractères particuliers, dans les pays chauds.

«A certaines époques de l'année, aux Antilles, écrit M. Saint- Vel dans son Traité des maladies des régions inter tropicales, la constitution médicale devient catarrhale. Dans les mois qui correspondent à l'hiver, la température élevée tant que le soleil est sur l'horizon, s'abaisse pendant la nuit ; l'atmosphère est souvent agitée et rafraîchie par des brises de nord-est chargées de fines ondées. Les inflammations catarrliales régnent alors épidémiquement; et bien qu'elles occupent tout l'arbre bronchique, elles sont généralement sans gravité. Elles ont un caractère spécial qui varie et souvent les rapproche de la grippe. Quelquefois l'état fébrile est hors de toute proportion avec la bronchite ou bien la fièvre est plus ou moins franchement intermittente. Le sulfate de quinine devra être administré dans ces cas, surtout s'il s'agit d'un entant ou d'un vieillard, dont la résistance est moindre aux influences palustres. On a vu des malades dont la fièvre semblait symptomatique de la bronchite et qui ont été rapidement emportés par im accès pernicieux .

« Aux époques fraîches de l'année, le coryza que caractérise un flux très-abondant d'un mucus limpide, devient une affection fréquente, suivie d'otite ou de bronchite dans quelques cas. Le coryza est moins grave pour l'enfant nouveau-né qu'il ne l'est au même âge dans les pays froids ou tempérés. Il existe une forme spéciale de coryza causée par l'insolation, et dont le siège semble être dans les sinus J'rontaux. Le malade, souvent pris de fièvre, épiouve une céphalalgie gravative et des épistaxis suivies, au bout de deux ou trois jours, d'un écoulement de mucosités épaisses qui se détachent en morceaux compacts, verts, jaunes, souillés ou mêlés de sang vif. C'est une maladie, d'ailleurs, sans gravité.

« Résultat d'une impression de fraîcheur sur le corps en transpiration, la oronchite aiguë se contracte aisément sous ce climat. La bronchite caoillaire ne s observe guère que sur de jeunes enfants. Pour les vieillards, la bronchite chronique n'entraîne pas les conséquences fâcheuses qu'elle présente en Europe. Liée à l'asthme, la bronchite chronique leur laisse passer des jours ordinairement calmes et ne précipite pas leur fin.

« A la broncïiite aiguë succède, dans quelques circonstances, une forme spéciale

264 LAlAUKHiv

et très-rare de bronchite chronique, très-rebelle, peu grave au fond et d'une durée indéterminée ; — presque exclusivement chez les femmes — c"est un étal apyrétique. Les crachats abondants, visqueux, filants, aérés, incolores, mêlés à un liquide mousseux, sont expectorés à la suite de quintes pénibles et longues, plus ou moins répétées dans les 24 heures, mais revenant régulièrement le soir au moment du coucher, ou la nuit et le matin au réveil. Ces crachats sont fréquemment mélangés de sang vif, les malades ont souvent de légères hémoptysies. Cependant, à l'auscultation, il n'existe aucun signe qui révèle la présence des tubercules. L'expectoration est une simple hypersécrétion broncliique, à laquelle les glandules doivent contribuer. La toux et l'expectoration sont accompagnées quelquefois d'un peu d'asthme; elles augmentent avec la température. Cet état est constamment lié à un certain degré d'anémie. Les médications spéciales, les balsamiques (terébenth. goudron, tann., les eaux sulfur.), ne donnent que desdemirésultats. »

Un médecin exerçant dans la Louisiane, M. le docteur Faget, a décrit en 1859 une épidémie paludéenne de forme catarrhale, qui a sévi à la Nouvelle-Orléans, particulièrement sur les enfants, pendant l'épidémie de fièvre jaune de J858. M. Faget se fonde en partie, pour distinguer cette épidémie de la fièvre jaune alors régnante, sur ces deux motifs : que cette épidémie a sévi particulièrement sur des enfants qui ne sont pas sujets à la fièvre jaune, et que tandis que la fièvre jaune est d'origine animale, cette épidémie n'a paru qu'à la suite de l'inondation du fleuve et était d'origine végétale. Il se fonde enfin, pour établir cette distinction, sur les caractères mêmes qu'a présentés la maladie. Ainsi, dit-il, la marche du mouvement fébrile qui est progressivement décroissant? dans la fièvre jaune, était rémittente ou exacerbante. Parmi les symptômes, le vomissement noir était plus muqueux qu'hémorrhagique , et souvent suivi de guérison ; l'ictère n'était qu'une pâleur jaunâtre, et jamais le véritable ictère de la fièvre jaune ; les hémorrhagies se bornaient le plus souvent à l'épistaxis, tandis qu'on observait des excrétions muqueuses abondantes par les autres voies ; il y avait absence presque constante d'albumine dans les urines; on voyait des éruptions variées. Comme caractères anatomiques , on trouvait la rate grosse le plus souvent, le foie rarement pâle et surchargé de graisse. Le pronostic fut favorable en général (6 morts sur 248 malades), et le succès du sulfate de quinine très-marqué. La fièvre dégénérait souvent en intermittente réguhère ou récidivait.

On peut rapprocher cette épidémie de la fièvre pernicieuse catarrhale de Torli et de Morton, qui était caractérisée par des accidents survenant du côté des poumons, respiration difficile, gênée, anxieuse, voix altérée, face turgide, yeux injectés, sueur couvrant le front et la poitrine, expectoration abondante muqueuse et sanglante.

Un médecin de la marine, M. Barthe, a observé à bord de la Sibylle, pendant la campagne de cette frégate dans l'Inde, la Chine, le Japon, la Manche de Tartarie, de 1854 à 1856, une espèce de grippe larvée ou de pseudo-grippe ayant régné en même temps qu'une épidémie de variole. La grippe lui a semblé être le résultat d'un ensemble de causes appartenant à des génies épidémiques divers qui, existant à l'état latent, enveloppent dans des symptômes complexes les populations en produisant chez elles, en même temps, le choléra, la variole, la rougeole, la fièvre typhoïde ; elle serait souvent la compagne ou la suite des grandes épidémies; elle tiendrait de toutes, mêlerait leurs symptômes et se ferait remarquer par l'absence d'une prépondérance bien accentuée de chacune d'elles. La marche

concomitante de la grippe larvée et de la variole rendit le diagnostic de cette dernière parfois assez obscur ; souvent les deux épidémies parurent se confondre ; les symptômes de la grippe furent quelquefois les mêmes que ceux de certaines varioles, moins l'apparition des pustules.

Voici un exemple d'une épidémie de fièvre catarrhale beaucoup plus franchement caractérisée, développée aussi à bord parmi les hommes de l'équipage pendant un voyage de long cours dans les mers du Sud.

Le 18 février 1863, le vaisseau le Duguay-Trouin revenait de station des mers (lu Sud (côte occidentale d'Amérique), après une campagne de plus de 3 ans, se dirigeant vers Brest, lorsque 4 jours après avoir quitté la rade de Gorée, le vaisseau se trouvant en pleine mer par le 19" 88' de latitude du nord et le 19° 14' (le longitnde ouest, c'est-à-dire à peu près à 43 lieues au vent de l'île Saint- Vincent et 157 sous le vent du continent africain, éclatait tout à coup à son bord une épidémie de fièvre catarrhale. La rareté des épidémies de cette nature à bord des bâtiments, fait remarquer l'auteur de cette relation, M. le docteur Chaumezière, son explosion soudaine sous des latitudes si élevées, au milieu de conditions météorologiques en apparence si favorables, le portèrent à étudier attentivement ses caractères et sa marche et à les noter soigneusement.

M. Chaumezière a distingué dans cette épidémie trois périodes : une première période d'invasion ou de concentration, une deuxième période de réaction fébrile et congestion et une troisième période catarrhale. Presque toujours les symptômes caractéristiques de la fièvre catarrhale ont été annoncés et précédés par des troubles variés, prodromiques : pâleur de la face, malaise indéfinissable, grand découragement, grande faiblesse et lassitude portées parfois à un degré extrême, et nullement en rapport avec les travaux antérieurs ; frissons vagues, irréguliers, parcourant tout le corps ; bouffées de chaleur alternant avec des sensations de. froid partielles ou générales, douleurs passagères ou tenaces dans les muscles et dans une ou plusieurs articulations ; pouls petit, peu fréquent, concentré ; peau sèche, aride, conservant sa température normale; peu de gêne dans la respiration; chez quelques-uns anxiété précordiale, palpitations intermittentes ; soif peu vive, dégoût pour les aliments.

Après quelques heures, dix au plus de ces prodromes, la deuxième période se manifestait par les signes d'une réaction fébrile générale, accompagnée de phénomènes congestifs vers plusieurs organes. Face rouge animée, turgescence des veines du front et du cou, yeux larmoyants, conjonctives plus ou moins rouges; vertiges, bourdonnements d'oreilles, sensation de chaleur brûlante répandue par tout le corps; et par-dessus tout, une céphalalgie très-vive, occupant toute la tête parlois, mais le plus souvent localisée, soit à la région occipitale, soit à la région Irontale ou sous-orbitaire, accompagnée de battements douloureux ; encbifrènement avec rougeur et boursouflure douloureuse de la muqueuse nasale; douleur ou tout au moins picotement au fond de la gorge et au larynx, enrouement très-prononcé ; rougeur érythémateuse plus ou moins vive de la bouche et du pharynx ; diminution et parfois perte complète de la sensibilité gustative ; dans quelques cas engorgement des ganglions sous-maxillaires ; enfin toux pénible quinteuse, sans expectoration, avec oppression, chaleur vive et sensation de déchirure sur le trajet des grosses bronches et endolorissement des muscles du thorax et de l'abdomen; sonorité normale de la poitrine, d'ailleurs; on n'entendait autre chose à l'auscultation que des râles ronflants et sibilants disséminés. Chez quelques malades, violent lombago, tiraillements, crampes ou douleurs con- .

tusives violentes dans quelques autres muscles du corps ; surtout ceux de la région cervicale postérieure et des membres inférieurs ; fièvre très-intense (p. 100 à 110), peau sèche, très-chaude, siège de rougeurs diffuses disparaissant à la pression, soif vive et inappétence, insonniie. Plus tard, quelques heures en général après le début de cette fièvre intense, le pouls perdait peu à peu de sa fréquence, la peau . se couvrait d'une sueur généralement abondante, et tous les symptômes s'amendaient. Dans quelques cas, la maladie se terminait là, par cette crise sudorale naturelle ou provoquée par l'usage de bains chauds et légèrement stimulants, sans laisser d'autres traces de son passage qu'une faiblesse excessive, hors de proportion avec la durée et la gravité de l'affection. Chez d'autres, la fièvre reparaissait à différents intervalles, une, deux ou plusieurs fois, le soir ou pendant la nuit. Enfin, chez le plus grand nombre, la fièvre a continué avec des exacerbatious marquées, surtout le soir, pendant 2 ou 3 jours, accompagnée ou suivie de symptômes nouveaux.

C'était le début de la troisième période ou de la période d'hypersécrétion, pendant laquelle on observait un flux, en général très-nbondant, du côté des muqueuses qui, pendant la période précédente, avaient été le siège d'une congestion plus ou moins vive.

Telle était la forme la plus générale. Mais en dehors de ces cas communs, M. Ghaumezière en a observé d'autres dans lesquels la marche ou la prédominance de certains symptômes, l'apparition insolite de certains autres donnaient à la maladie une physionomie spéciale. Il en a distingué deux groupes qu'il a désignés par les noms de forme gastro-intestinale et de forme nerveuse, tout eu reconnaissant que par leur cause comme par leur nature, ces deux groupes ne se séparaient pas de la maladie commune.

' Dans la forme gastro-intestinale, comme son nom l'indique, les voies digestives étaient principalement le siège de la congestion et de l'hypercrinie, qui chez les autres malades s'étaient manifestées du côté des voies respiratoires.

Cette épidémie a été caractérisée par quelques éléments morbides principaux : fièvre, congestion, hypersécrétion des muqueuses, troubles nerveux. Les muqueuses affectées ont été, par ordre de fréquence, les muqueuses des voies respiratoires, de l'intestin, de l'œil. Dans quelques cas, la prédominance de certains symptômes du côté du tube digestif et du système nerveuXj a donné à la maladie une physionomie toute spéciale, digne d'être notée.

Elle s'est montrée à l'état épidémique, c'est-à-dire sous l'influence d'une cause générale spécifique, inconnue dans son essence, indépendante de toutes conditions climatériques ou météorologiques appréciables.

L'influence de l'épidémie a été très-générale, ayant atteint plus de la moitié de l'équipage. Elle a été d'une grande bénignité dans son évolution rapide, elle a été exempte de toute complication et de toute conséquence grave.

Le traitement fut très-simple et laissa en définitive la plus grande part à la nature.

— Parmi les petites épidémies catarrhales circonscrites et localisées autre part que sur les voies aériennes, nous citerons, entre autres, comme les plus communes, les conjonctivites ou ophthalmies catarrhales. De véritables épidémies d'ophthalmies catarrhales ont été observées en 1865 dans plusieurs communes de l'arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne. Dans quelques-unes de ces localités, la maladie atteignait la plupart des enfants ; tant que l'ophthalmie restait franchement catarrhale, elle était sans gravité, mais dans quelques cas, elle se trans-

formait en ophthalmie purulente dont les dangers ne pouvaient pas toujours êlre conjurés à temps.

En 1867, M. Desnos, dans une note communiquée à la société médicale des hôpitaux, signalait une épidémie de conjonctivites catarrhales qui avait sévi pendant les mois de janvier et août dans un quartier de Paris, quartier Popincourt, où elle paraît s'être circonscrite et qui atteignait principalement les individus de la seconde enfance.

Quelques auteurs, Ozanam entre autres, rapportent des exemples de blennorrhao'\es épidémiques se manifestant sous l'influence de certaines constitutions médicales épidémiques ou saisonnières, et consistant en des écoulements qui duraient quelques jours et guérissaient en général spontanément. Il y a lieu de faire des réserves à cet égard.

VI. Résumé analytique. De cet exposé rapide des principales épidémies et constitutions catarrhales relevées sur le compte de ces trente dernières années, il ressort deux sortes de faits principaux que nous tenons à constater ici, à cause des lumières qu'ils se prêtent mutuellement et des déductions que nous aurons à en tirer au point de vue de l'étiologie et de la nature des affections catarrhales, dont nous allons avoir à nous occuper tout à l'heure.

De ces deux ordres de faits, l'un est général et constant, c'est le retour périodique annuel et aux mêmes époques de l'année, à quelques légères oscillations près, des affections catarrhales aiguës simples. L'autre variable, inconstant, irrégulier, est la manifestation, à certaines époques plus ou moins éloignées, souvent distantes les unes des autres d'un grand nombre d'années, d'épidémies catarrhales. Ces épidémies , tout en tenant manifestement par leurs expressions symptomatiques principales de l'affection caLarrhale simple ou commune, se présentent sous des variétés infinies de degrés et de formes, depuis le plus simple rhume en apparence jusqu'à ces fièvres catarrhales ataxo-adynamiques qui confinent, d'une part, par l'extension et la profondeur qu'acquiert parfois la lésion locale des membranes muqueuses aux^ffections diphthéritiques, de l'autre, par l'intensité de l'état fébrile et des phénomènes nerveux qui le compliquent ou par l'association de la phlegmasie catarrhale avec un élément septique connu ou inconnu, aux affections méningitiques cérébro-spinales ou à certaines fièvres d'apparence putride et infectieuse auxquelles on les a quelquefois assimilées.

Enfin un ordre de faits non moins important en ressort, c'est le lien de connexité qui rattache le catarrhe à une foule d'autres affections diverses.

L'histoire des épidémies et des constitutions catarrhales nous montre, en effet, à chaque pas, l'influence qu'elles exercent momentanément sur la plupart des maladies communes coexistantes, qu'elles compUquent souvent ou auxquelles elles donnent en quelque sorte l'empreinte de leur caractère. Elle nous montre aussi, ce que nous avons à signaler particulièrement en ce moment, les influences diverses que peut exercer la fièvre catarrhale soit sporadique, soit épidémique, sur les uialadies chroniques dont peuvent être atteints lés individus au moment de son invasion. Nous signalerons enfin les dispositions ou les états morbides qu'elle peut dans quelques cas susciter et laisser après elle, maladies connexes, maladies consécutives et reliquats.

Influence de la fièvre catarrhale sur les affections chroniques concomitantes. Parmi les affections chroniques qui sont de nature à faire redouter le plus l'invasion d'une fièvre catarrhale, avec localisation bronchique prédominante, l'affection tuberculeuse occupe, sans contredit, le premier rang. Il est même des cas où la

fièvre catarrliale a paru être, sinon la cause, tout au moins le point de départ d'une phthisie tuberculeuse probablement latente. Il y a, en effet, un point d'affinité, un point de contact par lequel peut se faire le passage insensible de l'inflammation catarrhale de la muqueuse des bronches à cette forme, encore mal déterminée, de la phthisie ti;'jerculeuse, que l'on désigne sous le nom de phthisie caséeuse et que M. Pidoux appelle muco-tuberculeuse. Le catarrhe bronchique guérit ou s'amende, dit M. Jaccoud, mais les lésions pulmonaires qui en ont été la suite ou la conséquence subsistent. Il se fait une transformation caséeuse des produits phlegmasiques occupant les lobules, qui peut être une des origines de la phthisie pulmonaire. D'après Niemeyer, cette forme de phthisie commencerait toujours par la membrane muqueuse des bronches capillaires et des vésicules, présentant au début une forme et une toux catarrhales, ce qui ne veut pas dire, par parenthèse, que les bronchites capillaires répétées doivent toujours aboutir à ce résultat. Il doit rester, en effet, bien entendu, ainsi que l'a très-justement fait remarquer M. Pidoux dans ses Nouvelles études sur le tubercule et la phthisie, que si le catarrhe joue parfois effectivement le rôle prodromique par rapport à la forme spéciale de phthisie dont il s'agit, le catarrhe, si répété qu'il soit, ne suffirait jamais à lui seul pour produire la phthisie, si le malade n'en portait déjà en lui le germe, ou s'il n'était pas, du moins, par sa constitution ou par ses conditions générales de milieu et d'existence, à l'état de prédisposition. On doit reconnaître, toutefois, que la grippe détermine bien plus souvent l'explosion des tubercules qu'une maladie franchement inflammatoire.

Les bronchites catarrhales répétées peuvent encore avoir un retentissement fâcheux sur les sujets déjà atteints d'autres lésions pulmonaires, telles que l'emphysème, l'asthme, le catarrhe bronchique chi'onique , qu'elles tendent manifestement à aggraver, et enfin sur certaines lésions organiques du cœur. On a vu la grippe rappeler des accès d'asthme disparue depuis longtemps, dans d'autres circonstances en être la cause déterminante. On trouve dans le Traite, des maladies du cœur de W. Stokes, l'histoire d'un homme qui n'avait jamais offert jusque-là aucun symptôme d'une affection cardiaque, et chez lequel un accès de grijîpe donna lieu au développement brusque de troubles fonctionnels considérables du côté du cœur, battements violents et tumultueux se percevant dans une grande étendue de la poitrine et s'accompagnant, en outre, d'un bruit de souffle au premier temps. Ce malade étant mort subitement trois jours après la manifestation de ces symptômes, on trouva dans l'orifice de l'aorte des dépôts de matières ossifiées qui l'obstruaient au point que toute voie de communication avec le cœur semblait, au premier abord, avoir disparu et ne consistait en réalité qu'en un petit pertuis. Graves avait déjà rapporté un fait analogue.

On peut, à côté de la phthisie tuberculeuse, placer l'affection scrofuleuse au nombre de celles qui peuvent être influencées par les affections catarrhales ou les influencer elles-mêmes. Ainsi, c'est par des fluxions catarrhales multiples, et répétées sur presque toutes les membranes muqueuses, que se manifestent souvent les débuts de la scrofule.

Maladies secondaires ou reliquats de la fièvre catarrhale. . On a placé parmi les reliquats de la fièvre catarrhale diverses affections dont quelques-unes peuvent effectivement en être des conséquences plus ou moins directes. Nous ne considérerons pas comme reliquats certains phénomènes qui sont contemporains de l'affection catarrhale et qui n'en sont, par conséquent, que des symptômes que l'on peut tout au plus considérer comme secondaires ; tels, par exemple, que l'ictère

symptomatique du catarrhe des voies biliaires sur lequel les Allemands ont particulièrement appelé l'attention dans ces derniers temps. Les reliquats les plus communs du catarrhe aigu négligé ou mal jugé, comme disaient les anciens, sont les catarrhes chroniques. Non que nous regardions le catarrhe chronique comme une suite nécessaire du catarrhe aigu. 11 n'est pas rare, d'une part, de voir des sujets atteints très-fréquemment de catarrhes aigus dans le cours de leur vie, sans que le catarrhe chronique se soit jamais établi; et, d'autre part, on sait que le catarrhe chronique, comme beaucoup d'autres affections, du reste, peut s'établir d'emblée. Mais à côté de ces deux faits, il est certain que la répétition fréquente de plilegmasies catarrhales aiguës sur la même muqueuse amène quelquefois l'état catarrhal chronique. C'est ce que l'on voit notamment pour les catarrhes bronchiques, pour les coryzas, pour les conjonctivites, pour les vaginites.

On a observé aussi comme reliquats assez fréquents de la grippe épidémique soit l'aggravation, soit le développement de diverses maladies des centres et des appareils nerveux. Pendant l'épidémie de grippe de 1857, il a été observé des taits qui ont porté à penser que plusieurs maladies du système nerveux et surtout de la moelle épinière étaient aggravées par l'influence de la grippe. Rayer a cité le fait d'un individu sujet depuis plusieurs années à des accidents qui semblaient se rapporter à une affection de la moelle épinière ou de ses enveloppes, qui, ayant été pris de la grippe, éprouva à la suite de cette maladie une exacerbation telle, dans sa maladie primitive, qu'en peu de jours, après avoir présenté une paralysie des membres supérieurs, il succomba avec des phénomènes d'asphyxie, comme si on eût coupé la moelle épinière au-dessus de l'origine des nerfs diaphragmatiques. Ce sont des faits de ce genre, sans doute, qui ont pu conduire au rapprochement que nous avons signalé plus haut entre la grippe et la méningite cérébro-spinale.

Parmi les maladies secondaires qui peuvent être rapportées à la dépression con sidérable ou à l'état de souffrance du système nerveux. Graves a cité trois cas d'aliénation mentale survenue à la suite d'une rechute de grippe chez des sujets qui s'étaient exposés au froid pendant la convalescence.

Enfin on peut considérer comme des reliquats du catarrhe répété ou longtemps prolongé, un certain degré d'anémie résultant, dans quelques cas, de l'exagération de la sécrétion de mucus longtemps continuée, ainsi que les nombreuses dispositions morbides qui y sont inhérentes.

La grippe, complicalion fâcheuse dans le plus grand nombre de cas, peut-elle avoir une action favorable dans quelques cas? Cette question peut paraître singulière ; on se demandera tout d'abord en quoi un état morbide quelconque peut exercer une influence favorable sur la santé. D'une manière directs et absolue non sans doute, mais indirectement et en modifiant certaines dispositions morbides antérieures, on ne saurait le contester. Voici, en ce qui concerne la grippe, un exemple qui tendrait à le démontrer : Pendant l'épidémie de 1837, le docteur Vingtrinier, de Rouen, a recueilh deux faits de gastrites chroniques existant chez deux femmes, lesquelles en ont été aussi promptement guéries que de la grippe, malgré leur ancienneté.

Maladies congénères. Au premier rang des maladies connexes ou congénères du catarrhe, nous devrions placer l'affection rhumatismale. Nous avons vu que dans la doctrine traditionnelle l'affection catarrhale est un groupe morbide qui, s' étendant au delà de ses manifestations les plus habituelles, embrasse dans sa plus grande généralisation des affections collatérales que leur concomitance habituelle et leur communauté d'origine font considérer comme appartenant à la même

famille pathologique, telles que les affections dites muqueuses ou pituiteuses, les affections vermineuses et le rhumatisme.

Ce que nous avons dit plus haut des liens étiologiques étroits qui lient le rhumatisme au catarrhe, des rapports nombreux de ces deux affections entre elles, de leur coïncidence fréquente et de l'espèce de solidarité qui les enchaîne au point d'avoir pu faire dire que le rhumatisme est comme le verso du catarrhe, justifiant jusqu'à un certain point l'admission de l'entité morbide désignée sous le nom de fièvre catarrhale rhumatismale ou rhumatique , dont nous avons parlé en son lieu, nous n'avons rien de plus à en dire ici.

Quant aux affections pituiteuses et vermineuses , 'nous nous en référons également à ce qui a été déjà dit.

C'est le cas de rappeler ici et de mettre au nombre des maladies connexes ou congénères du catarrhe, les pleurésies signalées par Huxham , Stoll et beaucoup d'autres observateurs après eux. Ces sortes de pleurésies, auxquelles on a donné le nom de pleurésies catarrhales, de grippes pleurétiques, de bronchopleurésies, et qui, ainsi que l'indique ce dernier nom, ont pour caractère principal d'être ordinairement consécutives à une bronchite catarrhale, ont été signalées récemment par MM. Bourdon, Besnier et Bucquoy dans les rapports sur les maadies régnantes, comme constituant un des traits de constitutions médicales des hivers de 1869, 1870, 1871 et 1872. Elles se distinguent généralement des pleurésies communes en ce qu'elles n'ont point de tendance aux grands épanchements et que la résolution en est ordinairement rapide.

Nous mentionnons ici pour mémoire les névralgies comme faisant partie du cortège pathologique du catarrhe, particulièrement les névralgies fronto-orbitaires et faciales. Le caractère de ces névralgies liées à l'affection catarrhale est de se manifester par des accès revenant périodiquement, plus particulièrement dans la soirée, d'être précédées chaque fois de frissons et de se terminer par une sueur plus ou moins abondante.

La coqueluche, si souvent confondue avecles fièvres catarrhales par la plupart des épidémiologistes et que quelques auteurs maintiennent encore aujourd'hui dans ce groupe, mériterait d'y être maintenue, en effet, comme représentant la fièvre catarrhale de l'enfance. Mais en raison de son caractère spasmodique spécial, de sa marche à plusieurs égards différente de celle du catarrhe commun, de ses conditions de transmissibilité et des indications thérapeutiques particulières qu'elle suscite, nous avons cru devoir l'en séparer. Devant être l'objet d'un article à part, nous avons dû nous borner à la mentionner ici parmi les maladies congénères du catarrhe.

Devons-nous considérer la diphthérie comme faisant partie du groupe catarrhal? Il est des médecins qui regardent la diphlhérie comme une affection catarrhale modifiée. Cette opinion a, comme on le sait, d'assez nombreux partisans en Allemagne. D'après Rindfleisch, il n'y aurait entre le catarrhe et la diphthérie qu'une différence quantitative. Le catarrhe, suivant Virchow, commence toute diphthérie; il en serait, pour ainsi dire, l'antécédent obligé et le premier degré. D'un autre côté, on voit assez souvent les épidémies catarrhales et les épidémies de diphthérie se succéder ou marcher parallèlement. Dans quelques-unes des rela^ tions anciennes, on les a même quelquefois confondues ; et il estasse^ commun de les voir rapprocher et signaler encore simultanément dans les rapports récents des médecins des épidémies. Ainsi, dans le rapport général sur les épidémies de 1862, hous voyons indiquer, pour plusieurs localités, comme un des caractères de la

constitution médicale de cette époque, la manifestation simultanée de bronchites catarrhales, de coqueluches, de croups et d'angines diphthéritiques. D'ailleurs, les angines simples, sans exsudation, et les angines catarrhales que l'on observe également dans les épidémies de grippe et dans les épidémies de diphthérie sembleraient former le lien de transition entre ces deux affections, dont elles seraient en quelque sorte les satellites. Dans l'épidémie de diphthériede Carignan, décrite par M. Gintrac, ce médecin a remarqué que les pères qui restaient hors du lo'^is pendant toute la journée, n'avaient, pour la plupart, que des angines simples ou au moins sans exsudation, tandis que les mères et les enfants, qui vivaient avec les malades, présentaient des angines diphihéritiques.

Ainsi, au point de vue anatomo-pathologique, on peut ne voir, entre l'inflammation superficielle épithéliale qui constitue anatomiquement le catarrhe et l'inflammation interstitielle qui constitue la diphthérie, que deux degrés ou deux phases d'un même processus. Au point de vue nosologique, on peut voir aussi dans la série des degrés décroissants des deux affections, dont les épidémies présentent de si fréquents exemples pour l'une comme pour l'autre, des points de contact oij leurs limites respectives se confondent. Mais si l'on considère les deux affections dans leur évolution complète, dans leurs conditions pathogénétiques et dans leurs caractères spécifiques, on est forcément conduit à les séparer.

Il en est de même pour la dysenterie, que l'on a aussi voulu rapprocher du catarrhe par une analogie également forcée. Sans doute nous trouverons dans la diarrhée simple, catarrhale, un lien semblable à celui des angines simples par rapport à la diphthérie. L'analogie sera plus complète encore si, avec Bamberger et toute l'école de Virchow, nous voyons dans la dysenterie une inflammation superficielle (catarrhe) et une inflammation interstitielle (diphthérie), deux phases d'un même processus, portant leur action destructive sur tous les éléments de la muqueuse : épithélium, glandes en tubes, follicules clos, etc., avec une intensité et une extension variables suivant leur degré et leur profondeur. Mais par des raisons semblables à celles qui nous ont fait séparer la diphthérie du catarrhe, notre conclusion sera la même par rapport à la dysenterie.

Nous avons déjà signalé les relations intimes qui lient le catarrhe avec les névralgies. Les affections convulsives et la paralysie elle-même ne sont pas étrangères aux effets du catarrhe. L'état catarrhal aigu détermine parfois des convulsions chez les enfants. On a vu quelquefois aussi à sa suite survenir des phénomènes paralytiques. D'après Fuchs, cité dans la thèse de M. G. Bergeron sur les caractères généraux des affections catarrhales, 1 872, on voit apparaître de temps en temps, dans les zones froides du nord de l'Europe, des catarrhes bronchiques, avec rhume de cerveau, céphalalgie, etc., suivis de faiblesse des membres et même de paralysies complètes. Les auteurs citent aussi des ;as d'hémiplégie, mais il faut se défier des coïncidences lorsque les liens des faits ne ressortent pas manifestement et qu'on en est réduit pour les rattacher les uns aux autres à la seule circonstance de leur succession.

Parmi les maladies congénères ou connexes, nous devons encore rappeler ici ces associations, que nous avons déjà signalées dans plusieurs épidémies, de l'élément catarrhal tantôt avec l'élément paludéen, tantôt avec le principe infectieux suettiqueou avec les diverses pyrexies exanthématiques. Enfin, parmi les affections spécifiques dans lesquelles l'élément catarrhal joue un rôle plus ou moins important, il faut indiquer encore la syphilis et la morve.

Vil. Amtomie pathologique. Dans l'inflammation catarrhale, la muqueuse

d'abord rouge, sèche, luisante, tendue, turgescente, plus ou moins sensible et surtout extrêmement impressionnable à l'action de l'air, devient plus tard le siège de l'hypersécrétion que l'on connaît. Si, par le fait d'une complication ou d'une circonstance fortuite,, un individu atteint de catarrhe aigu vient à succomber, on trouve généralement à l'autopsie une injection plus ou moins vive des membranes muqueuses qui ont été le siège des localisations catanhales. S'il s'agit du coryza aigu, par exemple, on trouve la muqueuse nasale rouge et tuméfiée par la fluxion et l'imbibition œdémateuse, et tapissée des produits de la sécrétion muqueuse fluide, incolore si la maladie était à ses débuts, opaque et visqueuse si elle était plus avancée. Dans les cas oii 1 inflammation catarrhale de la muqueuse nasale a acquis une grande intensité, il n'est pas rare de trouver cette membrane dépouillée de son èpithèlium, et d'y constater quelques légères excoriations ou exulcérations superficielles. Dans ce cas-là, les mucosités qui les tapissent sont sanguinolentes. Des lésions semblables se rencontrent dans la muqueuse trachéo-bronchique. Dans l'une comme dans l'autre, on trouve quelquefois de petites ecchymoses.

Les lésions anatomiques sont peu importantes dans la grippe, elles pourraient à peine, à supposer qu'on en fût réduit à leur seule considération pour reconstituer un diagnostic rétrospectif, en faire soupçonner la nature. Aussi leur histoire ne nous occupera-t-elle pas longtemps. 11 ne faut pas remonter au delà de 1835 pour trouver des relations quelque peu précises d'autopsies de sujets ayant succombé à la grippe. A cette époque, Gaudet, alors interne des hôpitau.K de Paris, étudia sur 50 malades du service de Lerminier, les lésions des voies aériennes, depuis leur plus simple expression, l'angine gutturale, jusqu'à la forme la plus complexe, la double pneumonie. Il a constaté que les pneumonies, très-fréquentes pendant l'épidémie de grippe de 1853, au lieu d'être des complications comme on était généralement disposé à le croire alors, n'étaient autre chose que la grippe elle-même élevée à sa plus haute puissance. Depuis cette époque les lésions du poumon ont à peu près seules fixé l'attention, par la raison toute simple d'ailleurs que la grippe ne fait le plus ordinairement mourir que par la pneumonie. On a vu, par les détails que nous avons donnés plus haut à l'occasion des épidémies de 1831, de 1833 et de 1837, l'importance qui a été attachée aux lésions pulmonaires. Ce qui a été fait depuis n'a que fort peu ajouté à ce que nous ont appris sur ce sujet les études nécropsiques de MM. Piorry, Nonat et quelques autres. Nous n'avons à signaler, depuis cette époque, dans cet ordre de recherches, que les observations faites par Georges Greene et rapportées par Graves et celles de M. Maximin Legrand, dans le travail cité plus haut (grippe de 1860, etc.). Voici les principales lésions constatées par Greene pendant l'épidémie de 1837.

Dans tous les cas, la muqueuse bronchique était plus ou moins congestionnée et enflammée. Très-souvent l'inflammation occupait à la fois la trachée et les bronches des deux poumons ; dans d'autres cas, elle était limitée à un seul. Des mucosités spumeuses et sanguinolentes remplissaient la cavité des tuyaux bronchiques ; elles étaient plus abondantes dans les petites divisions. Le parenchyme pulmonaire était d'un rouge sombre ou violet. Son poids spécifique était augmenté, il ne crépitait plus ou que très-faiblement sous la pression des doigts. La surface des coupes laissait écouler sous l'influence de la compression une assez notable quantité de mucosités. Chez les gens âgés, la partie postéro-inférieure du poumon était le siège d'un ramollissement résultant d'une sorte de pneumonie hypostatique. En général il était rare de trouver chez les sujets âgés les lésions de la

CATAKKHK. 275

pnciiinonie franche, tandis qu'on les rencontrait assez fréquemment combinés avec l'inflammation de la muqueuse bronchique chez les sujets jeunes et robustes. Chez la plupart des individus avancés en âge, le sang était foncé en couleur et fluide soit dans les cavités du cœur, soit dans les vaisseaux. Ce n'était qu'exceptionnellement et chez les sujets jeunes et adultes, que l'on trouvait des concrétions librineuses dans les cavités cardiaques. Chez les sujets âgés, les poumons paraissaient quelcpiefois œdémateux. Dans quelques cas, il y avait un épanchement séreux considérable dans les plèvres. Cette infiltration séreuse et cet état œdémateux des poumons ont été constatés aussi pendant lu vie et signalés par Graves. u Lorsque les petites bronches étaient prises depuis quelque temps, dit-il, les poumons congestionnés finissaient par devenir le siège d'un œdème plus ou moins . considérable qui aggravait encore la dyspnée et la toux. On percevait alors à l'auscultation des i^âles humides disséminés dans dilïérents points de la poitrine. »

Les recherches cadavériques de M. Maximin Legrand ont été faites pendant la petite épidémie de 1860, très-peu meurtrière à Paris, comme on le sait. Chez les sujets (jui, atteints de la grippe, ont succombé à d'autres affections, il a trouvé, indépendamment des lésions ayant occasionné la mort, une injection très-prononcée dans quelques cas, et, dans d'autres, à peine sensible, de la muqueuse des fosses nasales, du voile du palais, du pharynx, de l'œsophage, de l'estomac, du larynx et des bronclies. Cette injection, à des degrés divers, s'est montrée constante, relativement à l'estomac et aux bronches, l'estomac était marbré de rougeurs arborisées, pointillées, plaquées, etc. La rougeur des bronches était aussi disposée par plaques, en arborisations, en zones, en piqueté. Le tissu de la membrane nmqueuse, sans être précisément augmenté d'épaisseur, était onlinairement ramolli et comme gianulé. Ces caractères se retrouvaient dans les deux poumons, mais ils étaient limités à un certain nombre de ramifications bronchiques, et non point également répandus dans toute l'étendue des organes respiratoires.

Ces caractères, d'un état inflammatoire passé, se rencontraient quelquefois dans les "ros tuyaux bronchiques ; d'autrefois, au contraire, dans les ramifications les plus déliées; et dans ce dernier cas, les lésions rappelaient celles que l'on constate dans les bronchites capillaires. En incisant avec précaution les petites bronches, on les trouvait ordinairement remplies par une substance formée de mucosités et de muco-pus qui les oblitérait souvent d'une manière complète. Au delà de ces oblitérations, les vésicules pulmonaires étaient, en général, dilatées et constituaient des emphysèmes partiels.

Vlll. Étiologie. Étant donné l'enchaînement de faits que l'on connaît maintenant et que rattache et groupe ensemble l'analogie des caractères nosologiques, voyons si nous trouverons dans l'étude de l'étiologie des raisons de les dissocier ou de les resserrer, au contraire, plus intimement entre eux.

Si, pour simplifier la question, nous n'envisageons d'abord à ce point de vue que les faits les plus simples et les plus communs, nous trouvons dans les auteurs anciens comme dans les modernes ainsi que dans les observations journalières que chacun de nous peut faire, un accord à peu pi es unanime pour attribuer le catarrhe commun, quelle que soit sa localisation, coryza, laryngo-trachéite, Irachéobronchite, à l'action de l'air froid ; ou pour parler plus exactement à un refroidissement général ou partiel plus ou moins brusque et subit sous l'influence du pas- S3,"e d'un milieu chaud ou tempéré dans un milieu froid, ou d'une impression de froid plus ou moins prolongée suivant les conditions physiologiques ou l'état spécial de prédisposition où se trouve le sujet au moment oir il y est exposé.

IJICT. EXC. Xill. 18

274 UAlAKKHfi.

L'action d'un air fioid n'est sans doute pas la seule condition étiologique du catarrhe, comme nous le verrons tout à l'heure, mais elle est, dans le plus grand nombre des cas, aussi évidente que possible. Un air froid agit, en effet, de plusieurs manières, suivant ses degrés therraométriques et suivant qu'il est plus ou moins chargé d'humidité. Très-froid et sec, il peut agir en provoquant une réaction rapide et intense sur les parties mêmes qu'il frappe directement; mais dans les conditions les plus communes, il agit en refoulant le sang du point ou de la surface qui en reçoit l'impression dans les vaisseaux des parties plus profondément situées, en suspendant par là la fonction perspiratoire de la peau et en déterminant par voie de solidarité fonctionnelle une irritation hypersécréloire dans le tégument interne ou une fluxion sur d'autres tissus, tels que les tissus séro-fibreux des articulations. Mais c'est surtout le froid humide qui réduit la transpiration cutanée à son minimum, augmentant d'autant la disposition hypersécrétoire des membranes muqueuses. C'est à l'action habituelle et prolongée du froid et de l'humidité combinés finissant par produire un relâchement de tous les tissus et une dépression de toutes les fonctions, que tous les médecins s'accordent à attribuer ces dispositions, nous avons presque dit ces diathèses, en vertu desquelles certains individus, sous l'influence de la moindre cause, du moindre refroidissement ou de la plus légère transition, contractent ces affections catai rho-rhumatismales interminables ou à accès si répétés, qu'à peine quelques intervalles de santé les séparent. Voici en quels ternies M. Marchai (de Calvi), dans la Tribune médicale, résume la pathogénie de la lièvre catarihale commune ou rhumo-catarrh;de. Le froid de l'automne et de l'hiver accumule les matériaux de la transpiration cutanée et établit ou accroît la diathèse catarrhale ; à un moment donné, un refroidissement agit occasionnellement, et la maladie passe de la puissance à l'acte. Quelquefois il y a une série de refroidissements occasionnels. L'appareil, l'organe actuellement le moins bien disposé, localise, fixe la lièvre : les bronches, l'intestin, l'axe cérébrospinal, les nerfs périphériques, les muscles, les tissus fibreux. La localisation gutturo-bronchique, si commune, s'explique par la fait local de l'action de l'air sur la muqueuse de la gorge et des bronches, s'ajoufant au fait général de l'accumulation des matériaux de la transpiration dans le sang. Souvent il n'y a pas de localisation; du moins l'acte morbide ne sort pas de l'appareil circulatoire, qui réagit avec plus ou moins de violence; une forte transpiration s'ensuit, et l'organisme se délivre de lui-même, en 24 ou 30 heures.

N'est-ce pas, en effet, dans les saisons froides et humides que se montre le plus habituellement l'affection catarrhale aiguë, et que les catarrhes chroniques subissent leurs exacerbations habituelles? N'est-ce pas dans les contrées froides et humides et pendant les saisons où dominent particulièrement ces qualités de l'air, que s'établissent annuellement ces constitutions catarrhales saisonnières, si communes qu'elles ne provoquent presque plus l'attention des médecins qui savent avoir à compter à peu près constamment sur leur retour périodique aux mêmes époques de l'année? N'est-ce pas, enfin, dans ces mêmes pays froids et humides que l'on voit plus particulièrement ces états diathésiques catarrho-rhumatiques susceptibles de se propager par voie d'hérédité, et qui finissent par caractériser certaines populations entières ?

Voilà assurément des faits incontestables. Et cependant nous avons vu mettre en doute cette étiologie de l'affection catarrhale commune, éliologie banale à force de vérité. C'est qu'il est un autre lait, non moins incontestable, dont on a abusé pour en faire uû argument contre la doctrine étiologique généralement admise, ce

CATAUUiiE. 275

qui n'est point un motif pour n'en point tenir compfe. Assurément un coup de froid, l'action iiliis ou moins prolongée du froid hunnde, le passage rapide d'un milieu chaud dans un milieu froid, ne suffisent pas toujours pour donner lieu au catarrhe. Plus d'un y résiste, et tel qui en subit l'inlluence aujourd'hui a pu la braver vingt fois impunément. Enfin on voit souvent un refioidissement brusque de la peau ne déterminer qu'un mouvement fébrile suivi d'une crise sudorale qui sulfira seule à rétablir l'équilibre physiologique. C'est qu'il faut autre chose pour produire une fièvre catarrhale ; il faut, avec le concours de cet élément déterminant, cet état particulier de l'économie qui constitue la réceptivité ou la prédisposition, que cette prédisposition soit accidentelle, acquise, ou qu'elle soit habituelle et diathésique. ,

11 en est de même pour les collections d'individus, A moins d'une de ces perturbations météorologiques violentes qui secouent et ébranlent brusquement tous les organismes, de manière à y faire naître presque instantanément et simultanément les mêmes modifications, il faut, en général, avant qu'il s'établissç une constitution médicale déterminée sous l'influence de certaines qualités atmosphériques, que la population entière ait été impressionnée, modifiée par l'action continue, incessante et prolongée de ces conditions atmosphéri{jues, et que chacun des individus qui la composent ait acquis cette sorte de réceptivité ou de disposition diathésique. Cela revient à dire que, comme tous les problèmes étiologiques, le problème étiologique du catarrhe est complexe, et comprend au moins deux éléments, l'élément extérieur ou le milieu, et l'état du sujet lui-même, la causalité proprement dite et la réceptivité. Fernel, qui a donné des preuves d'une si grande sagacité, a compris ainsi la complexité de l'étiologie des catarrhes lorsqu'il l'a formulée en ces termes : h Causœ générales : Immidior victus, intempéries frigidior, capitis imbecillitas. Causœ movenles : copia gravans, frigus exprimens, œstus colliquefaciens, perturbans exercitatio vel animœ pathetna. »

La part à faire à la réceptivité individuelle est d'ailleurs si manifeste, qu'il n'est pas de médecin qui n'ait reconnu que la fièvre catarrliale a des préférences marquées, qu'elle se manifeste principalement chez les sujets faibles et délicats, chez les enfants, les vieillards et les individus d'un tempérament lymphatique ou plus ou moins épuisés.

Quant à spécifier quelles sont les qualités de l'air, quels sont ceux des éléments de l'atmosphère oii réside exclusivement ou spécialement l'action pathogénique, si c'est même dans quelques-uns d'entre eux seulement ou dans tous indissolublement qu'il faut la chercher ; nous avouerons ici, sans détour, notre ignorance. Quelques recherches ont été faites dans cette direction, mais elles n'ont conduit encore à rien de positif.

Deux influences principales ont été étudiées sous ce rapport ; l'action de la température et celle de l'humidité de l'air.

Nous avons dit plus haut comment on entend généralement qu'agit le froid. Voyons ce que donnent à cet égard les observations climatologiques et météorologiques.

Au sujet de la température, on a dressé un certain nombre de statistiques. Hirsch, entre autres, a établi que les affections catarrhales des organes de la respiiation sont d'autant plus fréquentes, qu'on avance des tropiques vers les latitudes plus élevées ; qu'elles ont leur maximum de fréquence dans divers points de la zone Iroide et de la zone tempérée ; enlin, que ce maximum se trouve en général dans les régions dont le climat est froid et humide, et qui, en outre, sont

276 uAi^nnuij.

exposées à de grandes variations de température. Il ressort de ces diverses recherches, d'après M. Hayem qui les a réunies dans sa thèse de concours sur les bronchites, que la loi de fréquence relative à la latitude n'est vraie que d'une manière o-énérale. La température moyenne ne donne pas la mesure exacte de la fréquence de ces maladies ; on voit, par exemple, dans quelques-unes de ces statistiques que la bronchite et le catarrhe sont beaucoup moins fréquents dans le sud de Ja France, dans la basse Egypte et au Gap, que sur la côte ouest de l'Âtrique, au Brésil, au Pérou. Comparée ensuite au mouvement des températures extrêmes de l'année, dans certaines contrées, cette fréquence varie dans le même rapport que les extrêmes de température dans une même contrée et pour une même année. Mais, a fait remarquer M. Hayem, lorsqu'on pénètre dans le détail des faits, on voit que les différences paraissent tenir surtout à la plus ou moins grande humidité de l'air, qui vient compliquer le problème des variations thermométriques. Eu effet, les affections catarrhules des bronches dominent surtout dans les contrées oij l'air e^t constamment chargé et presque saturé d'humidité, particidièrement à l'époque où, sous l'influence de vents froids et de changements de température, il se produit des brouillards et de la rosée.

Le fioid humide, dit Michel Lévy, a été le caractère dominant de l'hiver de 1854-1855 en Crimée comme à Constantinople ; de là l'énorme proportion de rhumatismes, de névralgies, d'acrod^joies ; de là, avec l'accession d'autres causer, telles qu'une nourriture salée, etc., etc., des états morbides oii l'anémie, les liydiopisies, l'épuisement du système nerveux, des complications catarrhales pulmonaires, des diarrhées chroniques interminables, etc., s'entremêlaient et finissaient par déterminer une cachexie profonde, expression sommaire de la combinaison des influences morbifiques du climat et de la saison, avec celles qui sont inhérentes aux grandes agglomérations militaires en campagne et dérivent des conditions de la guerre. On a pu remarquer, à court intervalle, en Crimée, les effets du froid humide et ceux du froid sec. En novembre et décembre 1 854, pluies froides et abondantes, sol détrempé, tranchées pleines d'eau, soldais encore mal vêtus, toujours mouillés. On observe alors, dit M. Quesnoy [Recueil de mémoires de médecine militaire, 2^ série, t. XXIÎ), des embarras gastriques, des diarrhées cholériformes, de la faiblesse générale, des douleurs dans les membres, une coloration rouge, etc.

Un rôle a été attribué dans ces derniers temps à l'ozone. Pendant l'épidémie de grippe de 1847, le docteur Spengler a constaté, à Roggcddorf, la subordination des phases de l'épidémie aux degrés d'ozonisation de l'atmosphère de ce pays. Pendant l'épidémie de grippe qui a régné à Gênes en !i858, le doctem' Granara a fait des recherches sur l'état de la constitution atmosphérique et il a lait, en particulier, des expériences sur l'état ozonoraétrique de l'air, qui l'ont conduit à des résultats intéressants. M. Granara a constaté qu'à la fin de décembre 1857, la proportion d'ozone était à peu près normale ; au commencement de janvier 1858, elle faiblit notablement et elle atteignit son minimum au moment où la grippe sévissait avec plus d'intensité. A partir du 1^'" lévrier, les conditions thermoélectriques et hygrométriques de l'atmosphère furent modifiées, et il y eut une élévation subite de 7 degrés dans les indications ozonométriques ; ce fut alors que la grippe disparut.

Schœnbein a noté l'existence d'une forte quantité d'ozone dans l'air de Berlin pendant une épidémie de grippe, sous une constitution médicale qui prédisposait aux affections de poitrine, et un état inverse de l'air sous le règne d'une constitution gastrique. Enfin des observations de Bœckel, de Strasnourg, tendraient à

démontrer : 1" que l'ozone en quantité normale ne donne lieu à aucun phénomène pathologique; 2° qu'en excès il impressionne d'abord les vo'es respiratoires, et que les bronchites se multiplient jusqu'à former une véritable épidémie. Que cette excitation continue, qu'elle soit renforcée par d'autres circonstances météorologitiues, telles que vents du nord, nord-ouest, chute de neige, il s'établit une constitution médicale iuila.iimatoire avec le cortège de ses maladies caractéristiques. Ces faits ont besoin encore de nouvelles conQrmations.

Nous n'entendions parler jusqu'à présent que du catarrhe commun, et nous sommes insensiblement et comme mvolontairement arrivé, tant la pente est naturelle et'irrésistible, sur le terrain du catarrhe épidémique. C'est presque préjuger la question que nous voulons cependant examiner maintenant sans prévention.

Ce que nous venons de dire des conditions étiologiques générales de la fièvre catairhale commune est-il vrai des épidémies catarrhales en général, et peut-il s'a[)pliquer, en particulier, à la grippe épidémique de notre temps? Si l'étiologie du catarrhe commun et des fièvres catarrhales saisonnières paraît simple et s'impose en quelque sorte par la répétition annuelle constante des mêmes rapports, il n'en est plus de même, comme on va le voir, pour les épidémies. Ici le problème se complique manifestement. Nous allons nous trouver en présence de difficultés plus sérieuses. On a vu par le peu de mots que nous avons dit des principales épidémies catarrhales des quinzième, seizième et dix-septième siècles, combien d'obscurité plane encore, non-seulement sur l'étiologie, mais aussi sur la détermination de la nature même de quelques-unes d'entre elles. Dans les constitutions médicales de Bâillon, par exemple, on voit la première constitution catarrhale qu'il décrit, celle de 1570, se développer au milieu de l'été, sous l'influence d'une constitution atmosphérique nébuleuse, pluvieuse, très-humide, mais d'une chaleur suffocante. Mais étaient-elles bien réellement des affections catarrhales, ces maladies qu'il décrit si incomplètement d'ailleurs, et qu'il caractérise par de la céphalalgie, des douleurs lombaires, de l'anxiété, avec fièvre double-tierce, se terminant par l'bydropisie lorsqu'on n'intervenait pas à temps par les purgatifs, et dans lesquelles il n'est question ni de toux ni de coryza? Nous trouvons mieux et le caractère catarrlial et son lien étiologique naturel avec la constitution atmosphérique dans les maladies du printemps de 1571, survenues après un hiver très-rigoureux, remplacé par une température australe et phivieuse, accompagnée de grandes inondations, et qui consistaient en fluxions {rheumata) du côté des poumons et de la gorge, toux, douleurs latérales, angines, amygdahtes, etc. Mieux encore dans la constitution automnale de 1574, où une atmosphère pluvieuse, australe, irrégulière et très-humide avait fait naître une foule de coryzas, d'ophthalmies, de toux, de fluxions de poitrine, de pleurésies, de douleurs fugaces aux épaules et à la poitrine ; dans celles de 1674 et 1675, oià, pendant que régnaient un grand nombre de catarrhes, on observait des variations atmosphériques fortes, brusques, insoUtes.

On est frappé tout d'abord du contraste qui existe sous ce rapport entre les épidémies des années 1690 et 1('>91 , décrites par Ramazzini, l'une développée sous l'influence d'une jtrédominance de pluies et de froid relatif, l'autre après une sécheresse exagérée suivie de chaleurs brûlantes. Mais les descriptions nous laissent dans les mêmes doutes sur le vrai caractère de ces affections ; ou plutôt on ne doute plus, quand on voit qu'il s'agit de maladies évidemment complexes dans lesquelles le catarrhe joue un rôle, sans doute, mais dont l'élément principal est sous la dépendance d'une influence palustre.

Le rapport entre les maladies catarrhales et les intempéries est manifeste et évident dans la plupart des grandes épidémies et des constitutions du dix-huitième siècle, notamment dans les constitutions de 1709, 1720 et 1728 décrites par Hoffmann; dans celles de 1759 et 1760, de Storck; dans celles de Sarcone en 1764, de StoU en 1777, et dans la grande épidémie générale de 1780. D'un relevé que nous avons fait à ce point de vue de toutes les épidémies ayant véritablement le caractère catarrhal et dont il a été possible de connaître l'origine et le [loint de départ, il résulte que la maladie s'est presque toujours produite à la suite de grandes perturbations ou de grandes vicissiludes atmosphériques, dans lesquelles a dominé surtout le fait d'une" grande humidité.

La question sera-t-elle simplifiée et plus facile à résoudre en la restreignant dans le cercle des épidémies contemporaines, de celles que nous avons tous pu voir ou sur lesquelles, du moins, nous avons pu recueillir des renseignements directs de leurs témoins ? Les difficultés, pour être moindres, ne sont [>as encore complètement aplanies, comme on va le voir.

Nous avons déjà dit qu'on avait contesté l'identité d'origine et de nature de l'influenza ou de la grippe épidémique avec la fièvre catarrhale commune. Ce sont surtout les médecins anglais qui ont le plus insisté sur les différeacys étiologiques du catarrhe commun et de l'influenza. « Il est vrai, dit HoUand, que quelques auteurs, se conformant en cela à l'opinion générale, ont attribué ces épidémies aux variations de l'atmosphère et à l'influence qu'exercent sur l'orgïmisme humain les saisons irrégulières. Il faut reconnaître que les saisons pendant lesquelles ont régné ces épidémies ont été quelquefois remarquables par leurs anomalies ; de plus, dans le catarrhe commun qui résulte des perturbations atnaosphéiiques bien évidentes, nous rencontrons plusieurs symptômes qui rappellent les manifestations de la grippe dans les formes atténuées et passagères. Mais il y a bien certainement ici quelque chose de plus que cette relation de causalité apparente. L'influenza se montre dans toutes les saisons, pendant les chaleurs de l'été aussi bien que durant les rigueurs de l'hiver ; elle traverse le monde, et pours\iivant sa marche pendant des mois entiers, elle suit quelquefois une direction déterminée; elle envahit à des époques distinctes deux localités immédiatement voisines, et présente dans chacune d'elles une sévérité différente; elle séjourne dans le même lieu pendant des semaines et des mois, sans être modifiée par les variations atmosphériques; elle sévit sur la population d'une cité, et les habitants de la ville voisine restent complètement indemnes. Or une maladie qui présente un tel ensemble de caractères ne peut pas être rapportée aux. vicissitudes atmosphériques, etc. »

Graves fait à l'étiologie de l'influenza par le temps, des objections qui n'ont pas moins de portée. Il montre l'épidémie de 1837 se propageant au même moment dans les directions les plus opposées, et sévissant sous les températures les plus diverses, à la fois dans la ville du Cap et à Londres. « Il est bien évident, dit-il, que l'influenza ne dépend pas uniquement des changements de température, car nous avons eu maintes fois des saisons très-variables, sans voir survenir d'épidémie de ce genre. En outre, on sait que la grippe parcourt les climats les plus divers, en restant constamment et partout identique avec elle-même... On ne peut soutenij- qu'elle est favorisée par l'abaissement de la température; car, en 1762, elle s'est développée dans le mois de juin. Au cap de IJonne-Espérance elle s'est montrée au milieu de l'été... L'influenza n'est poiut modifiée par les dispositions topographiques, elle ne suit ni les côtes, ni le cours des grands fleuves ; elle n'attaque pas

les contrées marécageuses plutôt que les pays secs et élevés. Elle ne dépend pas davantage de la piédominaace de certains vents, etc. »

Graves ne se borne pas à ces différences dans les conditions étiologiques pour séparer la grippe de la fièvre catarrhale commune. II fonde encore cette séparation sur ce que dans la grippe, la dyspnée est loin d'être proportionnelle à l'affection des bronches, qu'elle se manifeste alors même que les voies bronchiques ne sont point obstruées par des mucosités, enfin sur ce que la médication antiphlogistique, expectorante et dérivative ne produit pas les mêmes effets que dans la bronchite simple. La grippe serait due, suivant lui, à un poison qui agirait sur le système nerveux et tout particulièrement sur les nerfs des poumons, de façon à produire des phénomènes d'irritation bronchique et de la dyspnée, auxquels symptômes primitifs viennent s'ajouter souvent, mais non constamment, la congestion et l'inllammation des bronches.

M. Raige-Delornie, dans l'article Grippe du Dictionnaire de médecine, déjà cité, soutient la même thèse, par des arguments semblables. « Si la cause de la grippe, dit^il, est dans quelque condition de l'atmosphère, ce n'est pas l'une de celles qui ont été signalées qu'on peut accuser, puisque les épidémiesse sont développées indistinctement au milieu de chacune d'elles, et qu'aucune de ces conditions n'a paru communément avoir d'influence sur sa marche et sur son intensité. L'extension de la grippe à de nombreuses et vastes contrées est encore ime des raisons qu'on oppose à ceux qui voudraient trouver dans ces conditions particulières de localités la raison de son développement...

« Si nous considérons l'ensemble des symptômes de la grippe, poursuit M. Raige- Delorme, son développement sous la forme exclusive d'épidémie, la marche des épidémies, qui s'étendent à une grande étendue de pays, quelquefois même à des parties considérables du globe, nous ne pouvons nous empêcher d'y voir une maladie sui generis produite par une cause inconnue, mais générale; une maladie affectant les fonctions vitdes ; une maladie générale, en un mot, qui se traduit par quelques symptômes locaux importants comme caractères spécifiques, mais qui sont l'effet d'une cause ou d'une altération profonde dont il n'est pas possible de déterminer la nature, mais dont on ne peut pas contester l'existence, etc. »

Nous avons vu plus haut que M. le docteur Bailly, dans sa relation de l'épidémie de Bains, avait cherché ailleurs que dans les conditions atmosphériques la cause probable de cette épidémie, et qu'il avait cru la trouver dans un agent infectieux, un miasme, un contage lui paraissant naître plutôt du sol que de l'atmosphère. Quant à cette cause banale, suivant lui, les refroidissements brusques pour les cas isolés, les vicissitude? atmosphériques pour les cas multiples, il la combat expressément : K J'ai été frappé pour moi-même, dit-il, combien je me refroidissais sans être grippé, et combien je me grippais sans avoir été refroidi ; puis j'ai observé les variations de température les plus brusques et les pins réitérées sans catarrhe épidémique, et j'ai vu survenir celui-ci au milieu d'une saison très-régulière ; il est enfin des épidémies qui se prolongent une partie de l'année, et les changements météorologiques qui se produisent pendant tout ce temps ne les influencent en rien... Les observations comparatives du temps et des maladies n'ont pu établir autre chose que ce rapport vague et général de prédominance des affections de la muqueuse pulmonaire en hiver et de la muqueuse intestinale en été, etc.. » Ce qui, par parenthèse, est déjà bien quelque chose.

Une idée analogue à celle de M. Bailly, sur la provenance tellurique du miasme originaire des catarrhes épidémiques, avait déjà été émise par le docteur Fau-

280 CATARRHK.

connet, de Lyon, à propos de la grippe qui a régné presque fous les hivers dans celte ville, pendant une t:érie d'aimées, et que ce médecin a attribuée aux grands mouvements de ten-ain qui avaient eu lieu à cette époque et particulièrement aux fouilles qui avaient été pratiquées dans un sol riche en débris végétaux et animaux.

Enfin, dans un essai d'étiologie de la bronchite épidémique émané de la rédaction de la Gazette médicale de Paris, à l'occasion de l'épidémie de 1847, il est posé en principe que ce n'est point à l'action du froid proprement dit qu'il faut attribuer l'origine des épidémies de grippe, mais à l'action de principes ou de miasmes inconnus contenus dans les brouillards et provenant soit des nuages, soit de l'évaporation des eaux déposées à la surface du sol, et dont l'air ne serait ainsi que le véhicule. La coïncidence assez fréquente de l'explosion des épidémies catarrhales avec les temps brumeux et les brouillards, rapprochée des résultats des observations et des expériences de Malaguti et de Gaspariii sur certaines substances malfaisiuites extraites des bi'ouillaids et des rosées, donnent à cette hypothèse un certain degré de vraisemblance. Ainsi s'expliqueraient jusqu'à un certain point, par la variété même des principes morbigènes inconnus que peut renfermer l'atmosphère chargée de vapeur, les variétés de formes et de degrés que présente la maladie.

Hypothèse pour hypothèse, celle-là en vaudrait sans doute une autre. Mais mieux vaut peut-être s'en abstenir et, devant l'inconnu, faire l'aveu simple et sincère de notre ignorance.

S'ensuivrait-il de ce que l'étiologie des épidémies de grippe nous échappe, qu'il fallût leur donner une place à part dans la nosologie? Nous ne le pensons pas. Par l'ensemble de ses symptômes, la grippe se rapproche trop de la fièvre catarrhale commune, elle se confond trop avec elle dans ses formes et ses degrés les plus simples, pour qu'on ne soit pas suffisamment fondé par ce fait seul à les considérer comme des maladies de même nature. Il y a d'autres motiis, d'ailleurs, pour ne point séparer nosologiquement ces affections. Deux faits sont de nature cà frapper particulièrement à ce point de vue, dans l'histoire générale des épidémies de grippe, c'est que, d'une part, dans les épidémies qui semblent, lorsqu'elles sont arrivées à leur apogée, s'éloigner le plus, par l'intensité et par la complexité de leurs symptômes, du type catarrhal simple, ce type se retrouve presque toujours dans toute sa pureté soit au commencement de l'épiilémie, soit à sa fin, comme un témoignage en quelque sorte qu'elle n'en est elle-même qu'une aggravation passagère, due à une intensité exagérée des causes communes de l'affection catarrhale ou à une combinaison de ces causes avec d'autres éléments étiologiques qui leur sont liabiluellement étrangers. Ce sont, en effet, comme le dit justement M. Fuster, ces combinaisons, ces complications d'éléments étiologiques multiples, variés, qui en venant associer leur action aux causas habituelles des alCections calarrhales, en altèrent, en compliquent l'expression, la forme et la marche, jusqu'à les rendre méconnaissables aux yeux des observateurs superficiels qui ne tiendraient pas compte de la filiation et de l'enchaînement des faits qui se sont succédé et déroulés devant eux.

Mais est-il vrai que les causes qui donnent annuellement lieu sous nos yeux aux constitutions médicales catarrhales commîmes soient aussi étrangères qu'on ledit à la production des épidémies de grippe ? Est-il vrai qu'on doive en chercher l'origine dans des causes occultes, dans des conditions spécifiques qui nous échapperaient? Enfin, s'il est vrai que les qualités appréciables de l'air et leurs variations,

que les vicissiliulcs el les brusques ou profondes variations du temps sont impuissantes pour produire les épidémies de grippe, doit-on du moins leur refuser toute participation, toute influence excitatrice ou toute action modificatrice soit sur leur manifestation, soit sur leur marche et leurs caractères?

Nous ne le pensons pas. Il suffit de jeter les yeux sur la plupart des descriptions d!épidémies et de constitutions catarrhales dont nous avons tait le relevé depuis l'épidémie de 1837, pour voir à peu près constamment signaler les perturbations atmosphériques et particulièrement les temps froids, humides et biumeux, les brouillards, parmi les circonstances qui les ont [irécédéeset qui ont manifeslement concouru à leur développement. Que s'il y a des l'éserves à iaire pour certaines épidémies, telles que celles de 1805, de 1850 et 1831, de 1855 et 1857, il faut bien dite qu'on n'a peut-être pas parfaitement connu leur point de départ et que leur marche expansive à travers toute l'Europe a pu altérer qucl([ue peu leuis origines.

M. Maximin Legrand, dans son Histoire de la constitution médicale du l" trimestre de 1860, déjà citée, nous paraît avoir très-bien fait sentir le lien étiologique qui unit les catarrhes simples au catarrhe épidémique, lorsqu'il fait remarquer qu'entre les symptômes d'irritation générale des voies respiratoires, l'enchifrènement, l'angine, la toux, qui se manifestent à peu près universellement tous les ans lors de l'apparition des premiers froids et des premiers brouillards, et la grippe, il n'y a de dilférence léelle qu'en ce que les premiers étant généralement des accidents légers, passent le plus souvent inaperçus, tandis que dans le second cas, les symptômes plus ou moins graves revêtent, en raison de leur universalité, le caractère épidémique. « Toujours, ajoute-t-il, les épidémies do grippe ont coïncidé avec des variations brusques et considérables dans la température. Je pourrais établir ce point en m'appuyant sur les faits mêmes que relatent ceux des auteurs qui sont d'une opinion contraire à la mienne. Ce qui les a trompés, c'est que la grippe, dans les épidémies dont l'histoire nous a été conservée, n'a pas lait son apparition toujours dans la même saison ; mais on comprend que les conditions pathogénésiques propres à une saison, peuvent exceptionnellement se produire dans une saison autre, et quand on examine de près les documents qui nous ont été conservés à cet égard, on voit que c'est, en effet, ce qui est arrivé.

(( Ce que je dis des saisons, peut s'appliquer aux climats, qui sont des saisons en grand. La grippe, propre aux climats septentrionaux, peut, par exception, se montrer dans les pays chauds, quand les conditions momentanées de ces climats se rapprochent de celles du Nord. »

Les affections sont identiques dont tous les caractères sont semblables, a dit M. Fuster, c'est le cas de l'affection catarrhale vulgaire, des constitutions catarrhales et de ta grippe. Et si, aux observations très-justes de M- Maximin Legraud sur la similitude de leur étiologie, à travers même les circonstances qui ont pu la faire méconnaître, nous ajoutons ce fait, qui n'a pu échapper à l'attention d'aucun observateur, savoir la décroissance manifeste dans l'intensité des épidémies de grippe, et cette sorte de fusion qui semble s'être faite depuis la grande épidémie de 1837 et qui se renouvelle tous les ans, à l'occasion du retour périodique des mêmes conditions climatériques, entre les caractères des anciennes grippes épidémiques et ceux du catarrhe commun, au point de rendre très-difficile toute démarcation entre eux, ce dernier rapprochement achèvera de démontrer à nos yeux leur identité de nature et leur communauté d'origine.

Si nous ajoutons à ces données et aux exemples que nous avons cités plus haut

les rcsiiltats des recherches qui ont élé faites sur la distribution géographique des affections catarrhales à la surface du globe, nous verrons qu'en définitive le catanhe se monlre à peu près partout, à toutes les latitudes et à toutes les altitudes, sous des influences analogues relativement aux diversités des climats, mais avec une physionomie et des caractères diflérents. D'après Alexandre de llamljoldt, les affections catarrhales régnent à Santa-Fé de Bogota qui est à 8,000 pieds au-dessus du niveau de la mer; elles ont été observées, au dire d'Archib^ld Smith, dans la petite ville de Cerro di Pasco, à 13,000 pieds d' altitude. On sait que rien n'est plus commun que les adeclions aiguës, inflimmatoires et catarrhales des organes respiratoires sur le plateau élevé de la Caslille.

Voici, d'après Seilz, comment se distribuent les déterminations locales du catarrhe suivant les climats : dans les zones polaires, les catarrhes des yeux et des voies re^piraloires s'observent plus fréquemment, et plus fréquemment, dans la zone tropique, sous l'équateur, on observe les catarrhes gastro-intestinaux.

Plus on se rapproche des climats extrêmes, plus on voit prédominer les formes du catarrhe respiratoire si l'on se rapproche du nord, celles du catarrhe intestinal si l'on se rapproche des zones équatoriales ou torrides.

Dans les climats tempérés, les affections catarrhales constituent les maladies les plus communes ; on observe indifféremment les catarrhes des voies respiratoires ou ceux des organes digestifs, suivant les saisons.

Les catarrhes des voies respiratoires sont plus fréquents dans les lieux élevés; ils sont fréquents aussi dans les îles et le long des côtes qui descendent en pente douce vers la mer (Seitz et Hirsch. Thèse de M. G.Bergeron sur les affections catarrhales, 1872).

IX. Traitement. On a vu dans la partie historique de cet article, que, conformément aux doctrines humorales de l'école grecque, partant de l'hypothèse que les catarrhes avaient leur source dans des fluxions constituées par une humeur pituiteuse spéciale, la thérapeutique des maladies catarrhales tirait ses indications principales de l'altération des humeurs, de l'irritation et du mouvement fluxionnaire. Le traitement consistait principalement à éliminer l'humeur viciée ou à corriger ses qualités vicieuses, à fondre, résoudre ses collections, ce qu'on faisait au moyen de la saignée générale et des émissions sanguines locales, des tempérants, des révulsifs, des évacuants. Si l'on ajoute quelques moyens spéciaux propres à combattre les complications et les symptômes prédominants, on aura l'ensemble des indications qui dirigeaient la thérapeutique des anciens dans les aflections catarrhales. Nous voyons, en effet, dans toutes les époques intermédiaires, jusqu'à la réforme médicale du commencement de ce siècle, tous les médecins s'attacher au même but ; évacuer la pituite surabondante et l'éloigner des viscères nobles. C'était pour atteindre ce dernier résultat qu'Aétius, et, plus tard, Fernel, à son exemple, prescrivaient des frictions avec l'eau chaude ou l'huile aromatisée sur les parties engorgées et des frictions sèches sur les parties éloignées; qu'ils employaient en même temps, et suivant les circonstances les sternulatoires, les phénigmes, les diaphorétiques légers, les purgatifs, les vomitifs, etc.

L'es médecins naturistes, moins engagés dans les théories humorales, déduisaient leurs indications de la marche naturelle de la maladie et de ses procédés habituels de solution. S'attachant avant tout à imiter la nature et considérant comme des crises les sueurs, l'expectoration, l'excrétion des mucosités nasales, l'écoulement sanieux par les oreilles, les urines sédimenteuses, les selles glaireuses, les hémorrhagies chez les sujets jeunes, ils cherchaient à provoquer ces

mouvements critiques ou à les imiter. Le premier but de la nature, disiiient-ils, était de rétal)lir la transpiration sii|»piimée, de débarrasser l'estomac et les intestins de la surcharge de mucosités, de favoriser le travail de digestion ou de coction qu'ils supposaient s'opérer dans les vaisseaux. Telles étaient aussi à leurs yeux les sources des indications thérapeutiques.

' C'est surtout dans les auteurs du siècle dernier rpie nous voyons formuler les vrais principes de la thérapeutique du catarrhe, fondés sur la considération des troubles fonctionnels qui le constituent et sur la nécessité d'en rétablir l'équilibre.

Voici en quels termes Borsieri formule le traitement de la fièvre catarrhale : rétablir l'équilibre dans les fonctions (circulation, transpiration cutanée, sécrétion); résoudre les congestions ; exciter les énionctoires ; porter l'activité vitale à la péiiphérie ; ce qui s'obtient par le repos, la chaleur, les boissons tièdes abondantes, par les émissions sanguines secondées par les délayants et les diurétiques, lorsque la fièvre est in'ense.

Lepecq de la Clôture, l'un des médecins de cette époque qui ont le mieux étudié cette alfeetion, reprochait à ses contemporains de commettre deux fautes dans le traitement des catarrhes, d'abuser de la saignée et de négliger l'évacuation de l'estomac ou d'en ajourner trop longtemps l'exécution. Nous reviendrons sur ces deux points qui trouveront surtout leur application quand nous parlerons en particulier de chacun des principaux éléments du tiaitement. Lepecq formulait ce traitement de la manière suivante, qui ne diffère pas beaucoup quant aux indications principales de celui de Borsieri. Les premiers effets de la suppression de la transpiiation insensible (cause commune du catarrhe) étant, d'une part, un état d'orgasme ou trouble nerveux, et, d'autre part, un engouement fluxionnaire, le premier ])ut à atteindre est de rétubhr la transpiration, le second de débarrasser l'estomac et les intestins de leur surcharge, le troisième de détruire l'engorgement ou l'épaississemeut morbificjue fixé sur quelque organe important. La première indication est remplie par la diète et les boissons légèrement diaphorétiqiies; la seconde par les purgatifs et les vomitifs ; la troisième par les sucs des plantes savonneuses et nitreuses, les balsamiques et enfin les révulsifs cutanés.

Joseph Frank qui distinguait avec soin la hèvre catarrhale simple ou ordinaire de la fièvre catarrbale inflammatoire et des lièvres catarrhales épidémiques, réfliiisait le traitement de la première au silence et aux règles du régime diététique (îiourriture légère végétale, lactée, boissons mucilagineuses, émollientes, tièdes et légèrement diaplioréliques, chambre échaullée et vêtements chauds, etc.), abandonnant d'ailleurs la maladie à son cours naturel.

Dans la fièvre catarrhale inflammatoire, il préconisait la saignée même chez les enfants à la mamelle, l'usage du nitre à petites doses dans un véhicule mucilagineux. Dans les catarrhales inflammatoires insolites, nom sous lequel il désigne l'influenza, il conseille encore la saignée, mais avec plus de circonspection, et seulement chez les sujets robustes et pléthoriques ; la saignée du bras, dans les autres circonstances, étant le plus souvent suivie d'une prostration considérable, il conseille de lui substituer l'usage des ventouses scarifiées et des sangsues autour de la poitrine. Il constate l'utilité des vomitifs dans les fièvres catarrhales insolites gastriques, et même dans les catarrhales gastriques sporadiques. Il condamne les purgatifs, comme détruisant les forces, et n'admet dans les circonstances ou il est utile de provoquer des évacuations alvines que les laxatifs. Il ne conseille les excitants qu'avec une grande circonspection, dans la crainte, tout en remplissant

l'indication de combattre la débilité, d'agpfiaver les accidents inflammatoires-. Aussi recommande-t-il de les faire précéder de l'application d'un large vésicatoire sur la poitrine, et de l'usage du petit-lait légèrement vineux et d'une infusion de sauge; et ce n'est qu'après un ou deux jours de repos à la suite de cette médication, et après s'être assuré que la pblo^ose pulmonaire n'est plus à craindre, qu'il propose l'emploi de quelques toniques excitants joints aux expectorants.

L'époque du règne de la doctrine physiologique de Broussais a été, pour la thérapeutique du catarrhe comme pour celle de tant d'autres maladies , une sorte d'éclipsé. La fièvre catarrhale étant méconnue en tant qu'entité morbide spéciale, la thérapeutique n'avait plus à se prendre qu'aux diverses localisations de l'inflammation catarrhale, et ne pouvait que leur opposer les médications topiques antiphlogistiques et révulsives.

Examinons ce qu'est aujourd'hui et ce que doit être le traitement des principales manifestations de l'affection catarrhale ; d'abord du catarrhe aigu simple et de la fièvre catarrhale commune, et puis des formes si multiples et si variées des fièvres catarrliales épidémiques.

Traitement du catarrhe aigu simple. Dans le catarrhe aigu commun, soit qu'il se borne à un coryza ou qu'il envahisse à la fois les membranes muqueuses nasales, gutturales et trachéo-bronchiques, si l'irritation est peu vive, l'affection est tellement simple qu'elle guérit d'elle-même en quelques jours, sans le concours (l'aucune médication, ou qu'elle réclame à peine quelLjiies mesures de précaution, telles que de se tenir mi peu plus chaudement couvert qu'à l'ordinaire, de rester une heure ou deux de plus couché, dans la matinée, et de prendre quelques béchiques ou quelques boissons mucilagineuses ou légèrement diaphorétiques.

Lorsque sans arriver encore à l'état fébrile, le catarrhe préseule une intensité plus grande, qu'à un enchifrènement pénible se joint de la céphalalgie, une vive irritation à la gorge et une toux sèche, répétée et fatigante, le séjour à la chambre devient alors utile, aidé par des pédiluves irritants, des sinapismes aux extrémités pour décongestionner les organes supérieurs, des boissons chaudes aromatiques additionnés de quelques agents diffusibles, comme le sous-acétate d'ammoniaque, pour provoquer la diaphorèse. C'est dans cette période d'éréthisme ou d'irritation qu'une pratique vulgaire, l'application de topiques chauds et onctueux sur la poitrine et des onctions avec des corps gras dans le voisinage des orifices et dans ces orifices mêmes des muqueuses in itées, trouve son utilité.

Au sujet de ces premières prescriptions- qui sont si généralement admises, rappelons une observation restrictive très-juste que fait Cabanis sur les inconvénients qu'il y aurait à insister trop longtemps sur l'usage des moyens diaphorétiques, ainsi que sur un séjour trop prolongé au lit ou dans lathambre, au milieu d'une atmosphère chauffée artificiellement. « Rien n'est plus énervant, dit-il, et ne dispose d'une manière plus infaillible à des rechutes réitérées que ces excitations factices à la sueur ; rien n'est plus capable de prolonger le rhume lui-même que la privation d'exercice et d'air frais. » Il n'est personne, qui n'ait éprouvé, en effet, combien dans le catarrhe aigu non fébrile, la toux est plus iriitante et plus persistante dans l'atmosphère confinée et chaude d'une chambre à coucher qu'au grand air, et combien un exercice modéré qui active la circulation périphérique est préférable au repos et à l'inaction forcée dans des appartements clos oii l'air est à peine renouvelé. 11 faut donc mettre un ternie et un tempérament convenables dans la prescription de ce premier ordre de moyens.

Quant à une trachéo-bronchite d'une certaine intensité, se joint un état fébrile

(JATAKRHE. 285

presque toujours précédé et accompagné de courbature générale, l'indication sans •changer précisément s'élargit ; car, à la nécessité de combattre l'irritation qui s'est déjà propagée sur une grande étendue de surface muqueuse, de diminuer l'érétliisme nerveux qui en est presque inséparable, se joint la nécessité de surveiller et de prévenir l'extension de cette irritation aux petites bronches ou au tissu piilmonaire lui-même. Ici s'ajoute donc aux indications précédentes la nécessité plus urgente de garder la chambre et même le lit, d'uuposer au malade une diète légère avec le repos et le silence, de m lintenir autour de lui une atmosphère douce, une température chaude et légèrement humide, d'ajouter aux boissons béchiques et légèrement diaphorétiques, les juleps diacodés ou morphines ou de patites doses répétées d'extrait gommeux d'opiiim pour calmer à la fois l'éréthisme nerveux et les quintes de toux, et procurer un peu de sommeil. C'est ici, entiii, que se pose pour la première l'ois la question de la saignée.

La saignée tenue en si grand honneur chez nos devanciers, et par des considérations quelque peu différentes de celles qui en ont fait presque une panacée plus tard sous le règne de la doctrine de l'irritation, était souvent mise en pratique dans le traitement de l'affection catarrhale dès que celle-ci dépassait les proportions du catarrhe simple apjrélique. On a vu les meilleurs praticiens du temps, Fernel, Rivière, Baillou n'en condamner que l'abus seulement, et y recourir eux-mêmes dans certains cas spécitiés. Lepecq, qui, ainsi que nous l'avons dit, reprochait aussi à ses contemporains l'abus de la saignée , déclarait qu'elle lui avait paru rarement utile, et phis souvent il en a constaté l'insuccès et même les effets pernicieux. Elle lui paraissait utile tout au plus chez les sujets robustes, pléthoriques, à constitutioîis inflammatoires et sous rinflaence d'une constitution atmosphérique froide et sèche Mais dans les conditions opposées qui étaient les plus habituelles dans la contrée où il e.ierçait, eile était presque constamment mal supportée et nuisible.

Dans le catarrhe offrant un caractère véritablement inflauunatoire , Cabanis conseillait de faire de bonne heure une saignée, mais de ne la réitérer qu'avec beaucoup du réserve. Dans le cas où la violence du catarrhe aurait déterminé une métastase rhumatismale, il conseille d'être moins timide sur les émissions sanguines, pourvu toutefois que l'état du pouls et celui des forces le permettent. Dans ce cas, dit-il, les irritants révulsifs ou dérivatifs n'agissent d'une manière utile qu autant qu'oii a, auparavant, débarrassé suifisanmient par une saignée l'appareil sanguin puimonaire.

Nous avons vu Frank la préconiser également dans les fièvres catarrhales inflamniatou'o ; et cette indication a été suivie jusque dans ces derniers temps. Trousseau et Pidoiix, tout en déclarant que la médication antiphlogistique n'est pas le traitement naturel de la fièvre calarrhale, reconnaissent cependant implicitement qu'elle y est quelquefois indiquée, en spécifiant les cas qui l'excluent. «Lorsque ia lièvre est simple, disent-ils, sans prédominance d'un élément inllammatoire ou pléthorique prononcé, sans congestion pulmonaire trop violente ; que les frissons vagues et irréguiiers sont incessants, et qu'il n'y a pas cet endolorissement général avec oppression des forces, gonflement de la lace, toux déchirante sentiment de tension et de plénitude générale, la saignée est inutile certainement et peut être nuisible. La superticialité, la mobilité et la diffusion des irritations repoussent en général les émissions sanguines. Les cas où une saignée met fin à une fièvre dont le début paraissait devoir être redoutable, n'appartiennent pas à la classe des affections catarrhales proprement dites. »

L'usage do ia sdiguée si restreint aujourd'hui après avoir été si abusif, est à

peu près complètement exclu du traitement du catarrhe soit sporadique, soit épidémique, comme nous le verrous tout à l'heure.

Une médication qui a survécu auv vicissitudes des systèmes et des théories thérapeutiques, parce qu'elle a ses indications réelles et son utilité pratique démontrée, c'est la médication vomitive. La médication vomitive est indiquée non-seulement par l'embarras gastrique qui est un des éléments les plus constants de la fièvre catarrhale simple, comme de la fièvre épidémique, mais encore par la nécessité de donner mie secousse favorable à l'économie. On voit souvent, en effet, ces fièvres catarrhales même sporadiques auxquelles la prostration des forces semble imprimer dès le début un certain degré de gravité, prendre tout à coup le caractère bénin et la marche simple qui leur sont haliituels, après deux ou trois vomissements, qui exercent presque toujours une action avantageuse sur les fonctions d.e la peau en même temps qu'ils détruisent la surcharge de l'estomac et facilitent l'excrétion des mucosités bronchiques.

Enfin les toniques sont généralement indiqués et il est utile d'y recourir presque aussitôt après que l'on a débarrassé l'estomac par un vomitif Les mieux appropriés sont les préparations de quinquina, la thériaque trop négligée peut-être de nos jours et les balsamiques.

L'action des balsamiques, dont l'utilité a été reconnue de tout temps, a été le sujet d'interprétations très-diverses. Tantôt on les a considérés comme exerçant une action de stimulation sur la contraction des fibres intrinsèques des bronches, tantôt comme ayant une action fluidifiante sur le mucus dont ils rendraient ainsi l'excrétion beaucoup plus facile. D"apiès des recherches récentes, les balsamiques paraîtraient agir surtout eu supprimant ou diminuant les sécrétions iiiuqueuses, en tarissant en quelque sorte la m"atière de l'expectoration. Les expériences faites sur l'action des balsamiques dans le traitement des catarrhes des muqueu^^es génito-uréthrales, qui ont conduit à penser qu'ils agissent principalement en réduisant l'hypérémie et conséquemment l'exsudat albuminoïde, de manière à permettre la formation d'éléments épithéliaux capables de constituer une couche continue et adhérente, ont paru à M. Gubler de nature à éclairer d'un jour noyiveau la médication balsamique appliquée aux affections catarrhales des muqueuses en général et de celles des voies respiratoires en particulier.

D'après M. Gubler, il faudrait mettre au rang des agents de la médication anticatarrhale l'Eucalyptus globulus sur lequel ce savant professeur a appelé récemment l'attention des praticiens. Les expériences qu'il a faites avec les préparations de feuilles d'Eucalyptus ou leur essence, lui ont donné des succès dans un grand nombre d'affections palmonaues et bronchiques. Il a vu réussir cette médicatiui contre les bronchites simples arrivées à la période dite de coction, avec sécrétion muqueuse plus ou moins opaque ; contre les bronchites chroniques, avec ou sans emphysème pulmonaire ; chez les tuberculeux, pour modifier l'état catarrhal.

Il faut placer à côté de ces moyens la gomme ammoniaque ou gomme armoriaque, comme M. Delionx de Savignac veut que l'on dise. Nous l'avons plusieurs fois employée, à l'instigation de ce médecin^ avec des avantages marqués, dans des cas d'asthme avec élément catarrhal, à titre d'expectorant et de sédatif a la fois.

Traitement de la fièvre catarrhale e'pidémique. Lorsque la fièvre catarrhale épidémique est simple, bénigne, sans aucune complication, son traitement est très-simple aussi ; dans sa forme la plus légère elle guérit presque toujours d'ellemême en quelques jours, et n'exige guère d'autres moyens que le régime de la

CATARRHK. 287

fièvre catarrhale commune sporadique. Lepecq, en parlant de l'une des constitutions épidéniiques catarrhales, bénignes, qu'il a décrites, disait : « On doit avouer que ceux qui n'ont pas fliit de remèdes en ont été quittes plutôt et plus sûrement; les saioiiées ont été contraires, les purgatifs inutiles et les délayants insuffisants. » Trois quarts de siècle environ après, le docteur Vingtiiuier exerçant dans la même localité et dans les mêmes conditions, pendant l'épidémie de grippe de 1837, faisait la même observation. « Tant que j'ai observé de la fièvre, dit-il, je me suis renfermé dans la prescription des délayants béchiques et calmants opiacés, et aussitôt que la fièvre a cessé, malgré la persistance de quelques autres symptômes, j'ai donné du vin de Bordeaux et des aliments... »

Si, comme le dit M. Maximin Legrand, dans sa Relation de la constitution médicale de 1860, les malades consentaient, aussitôt qu'ils ressentent les premières atteintes du mal, à garder la chambre, le repos, au besoin le lit ; s'ils se condamnaient momentanément au silence ; s'ils buvaient quelques boissons chaudes et lé"èrement diaphorétiques et qu'ils voulussent à ces moyens, ajouter un ou deux pédiluves, des laxatifs pris par la bouche ou en lavements, et appliquer sur la poitrine, principalement en arrière et en haut, des révulsifs légers ; tout rentrerait bientôt dans l'ordre. Tels sont, en effet, les moyens simples qui conviennent au début de toute atteinte de grippe et qui suffiraient le plus souvent pour les grippes légères. Mais soit qu'ayant négligé d'y avoir recours dès le début, ce qui a lieu le plus généralement, soit que, les ayant employés, la marche de la maladie n'a point été enrayée, on va. se trouver alors aux prises avec un appareil de symptômes assez pénibles et parfois même assez sérieux, pour nécessiter une médication plus active.

Il n'y a, à proprement parler, ni un traitement spécifique, ni un traitement uniforme de la fièvre catarrhale épidémique. 11 ne nous serait pas plus possible de formuler ici les préceptes d'un traitement régulier et méthodique qu'il ne l'aurait été d'exposer une description générale de la grippe pouvant comprendre toutes les formes, tous les cas, et s'appliquer à toutes les épidémies. Nous devrons ,donc procéder ici, comme nous l'avons fait pour l'histoire des épidémies elles-mêmes, exposer historiquement pour chacune d'elles les méthodes et les moyens principaux qui ont été mis en usage avec les plus grands avantages apparents.

La saignée se trouvera encore ici jouer le principal rôle, pour arriver, après bien des controverses et des débats, à en proclamer l'inutilité à peu près absolue. Il n'est presque pas une relation d'épidémies catarrhales, depuis le quinzième siècle jusqu'à nos épidémies de grippe contemporaines, où la saignée n'ait eu ses partisans et ses adversaires. La saignée condamnée, comme nous l'avons vu, par Femel, Rivière, Baillou, Hoffmann, était préconisée par Sydenham, Lancizi, Stoll, de Haën, Sauvage, Franck, etc.

D'après Ozanam, sur un relevé de 52 épidémies catarrhales, la saignée se serait montrée utde dans 39, inutile dans 5 et nuisible dans 10. Déduire de là, comme le fait Ozanam, que, en théorie générale, la saignée est utile deux fois sur trois, serait tomber dans un de ces pièges si fréquents que nous tend la statistique. Mais il y échappe immédiatement en ajoutant que cela dépend souvent des climats, des saisons et delà constitution des individus, comme aussi de la véhémence et de l'intensilé de la maladie. Aussi la réserve-t-il pour les sujets pléthoriques jeunes et robustes, pour les épidémies qui se déclarent sous l'influence de la constitution " inflammatoire du printemps, pour les fièvres catarrhales où dominent l'angine,

la pleurésie ou la pneumonie. Raige-Delorme, dans l'article Grippe, condamne la saignée, mais en la reconnaissant utile cependant dans un certain nombre de cas, chez les sujets adultes, pour combattre une céphalalgie tiès-intense et les symptômes d'un catarrhe très-prononcé.

Nous allons voir les résultats quelle a donnés dans les épidémies de ces trente dernières années ; et en revenant sur la série de ces épidémies depuis celle de d 857, nous passerons en revue les diverses méthodes qui ont été mises en usage et nous verrons quels ont été, soit les nouveaux moyens proposés, et ceux qui, anciens ou nouveaux, ont donné généralement les meilleurs résultats.

Au commencement de l'épidémie de grippe de 1837, Piedagnel, qui en a été l'un des premiers historiens, n'avait eu recours dans aucun cas à la saignée; des tisanes aljondantcs et chaudes, quelques opiacés, des dérivatifs lui avaient toujours paru suffire pour apporter de l'amendement dans les symptômes. Quand, au début, on pouvait établir des sueurs, la maladie était promptement arrêtée. Rayer n'a pas constaté les contre-indications de la saignée, mais il convient avoir eu plus de succès avec les vomitifs et les purgatifs, avec ces derniers seulement au déclin de l'épidémie.

Mais ces praticiens avaient-ils eu affaire à des grippes pneumomques? C'est pour les faits de ce genre surtout que se pose la question de la saignée.

Les essais comparatifs les plus sérieux de la saignée qui ont été faits pendant le cours de cette épidémie, ont été recueillis par Landau, alors intei'ne à IHôtel- Dieu de Paris. Il a relevé quarante faits qu'il a divisés en deux catégories, les uns pourlesquels on a eu recours à. la saignée, les autres où l'on a employé la méthode contro-stimulante (il s'agissait dans toustces faits de pneumonies). On faisait toujours deux saignées le premier jour, avec une application de ventouses ; la saignée était répétée le lendemain matin et elle était ensuite proportionnée à l'intensité des symptômes locaux, à l'âge et à la force des malades. Sur 24 malades qui composaient la première catégorie, 15 guérirent et 9 moururent. Une aussi grande proportion d'insuccès détermina à abandonner les émissions sanguines, et à dater de ce moment tous les sujets entrants et atteints de pneumonie furent traités par l'émétique à haute dose. Sur 15 malades traités ainsi, un seul succomba. Cependant, parmi les malades guéris par l'émétique, plusieurs étaient entrés dans un état alarmant et paraissaient devoir infailliblement succomber, si l'on eût employé chez eux la saignée générale. L'émétique les guérit avec une grande rapidité. Au bout de deux outrois jours de son administration, les symptômes généraux avaient généralement disparu, et les symptômes locaux s'étaient considérablement amendés. En comparant le temps qu'avait duré la maladie chez les malades traités par ces deux méthodes, on trouvait encore que l'avantage était pour la méthode rasorienne. Ceux qui avaient été traités par l'émétique étaient guéris, en moyenne, en neuf jours, tandis que les malades saignés en mettaient généralement treize pour arriver à guérison. Pour la méthode des émissions sanguines, le minimum de la durée de la pneumonie, à partir du jour oii commençait le traitement, a été de douze jours. Pour la méthode émétique il a été de huit jours.

Dans cette même année, le docteur Toulmoucbe, qui a eu à combattre une épi' demie de grippe très-intense à la maison centrale de détention de Rennes, a saisi cette occasion pour constater par quelles médications exclusivement employées il abrégerait davantage la durée de la maladie. Il était, à cet égard, dans des condi- " tiens d'expérimentation excellentes, les sujets de ses observations étant tous placés dans des conditions de milieu, d'existence et de régime identiques. M. Toulniouclie

liATAHKHE. 289

a divisé en sept classes les malades trail.és. Voici un tableau qui résume [jaij'aitenienl les résultats des divers tiaitements employés.

1» Par l'expectalion io cas durée. ... 4 à 5 jours.

2° Par les purgatifs "iS — — .... 4 à 5 jours.

y Par les vomitifs 59 — — ....5â1 jours.

4* Par les vomi-purgatifs .. » — — ....5à6 jours. 5° Par les opiatiques .... » — — plus de 3 jours.

6° Par les émissions sanguines » — — de 5 à 15 jours et convalescence

plus longue.

7° Par les aspirations de chlore, tantôt seuls, tantôt unies aux vomitifs ou aux purgatifs ilo 5 à 6 jours.

D'où l'on voit que la durée de la maladie la plus courte correspond à l'expectaliou et à l'usage des purgatifs, la plus longue à l'emploi des émissions sanguines el la durée moyenne aux vomitifs, aux vomi-purgatifs, aux opiatiques et à la combinaison du chlore avec les vomitifs et les purgatifs.

Ces résultats comparatifs peu favorables aux émissions sanguines n'ont pas peu contribué à en faire de plus en plus abandonner l'usage en France. Eu effet, pendant la fin de l'épidémie de 1837 et depuis, dans les autres épidémies successives, nous voyons généralement les traitements se résumer à peu près dans l'emploi des diaphorétiques, des éméto-cathartiques ou du tartre stibié à hautes doses, des purgatifs vers la fin de la maladie ou lorsqu'il y a particulièrement une localisation intestinale et utilité de provoquer une décharge de ce côté, enfin des narcotiques, et, comme nous le verrons par la suite, à mesure que nous approchons de l'époque actuelle, du sulfate de quinine et des alcooliques .

En Angleterre les choses se sont passées à peu près de la même manière.

On augura d'abord très-bien des émissions sanguines générales, dit Graves à propos des épidémies de 1837 et 1847. Néanmoins, les résultats de la saignée étaient le plus souvent peu satisfaisants. Vainement y avait-on recours dès le débat de la, maladie. Vainement l'état couenneux du sang paraissait-il en justifier l'emploi, on n'en obtenait aucun avantage durable, aucun amendement dans les symptômes. Les médecins de Dublin en sont venus à regarder la saignée comme un moyen douteux, sinon nuisible. Pour moi, ajoute Graves, je pense que les émissions sanguines, à moins qu'elles ne soient pratiquées dans les vingt-quatre premières heures, font plus de mal que de bien. Au deuxième ou au troisième jour, la saignée est inadmissible, sauf les cas de congestion générale des poumons.

Mais si Graves considère la saignée générale comme très-rarement indiquée dans le traitement de la grippe, il n'en est pas tout à fait de même des émissions sanguines locales. Si, dit-il, appelé auprès d'un malade souffrant depuis deux ou trois jours, vous jugez à propos de tirer du sang, vous vous trouverez bien de faire mettre huit à dix sangsues au bas du cou, immédiatement au-dessus de la fourchette sternale, et de laisser saigner les piqûres pendant quelque temps.

Le docteur Holland est plus explicite encore et plus absolu que Graves dans son appréciation des émissions sanguines. « De toutes les questions auxquelles peut donner lieu le traitement de la grippe, dit-il, il n'en est pas de plus délicate que celle de la médication antiphlogistique. La saignée est pour tous les praticiens un sujet d'hésitation et de doutes. On ne peut donner ici de règle absolue; mais en tenant compte de tous les éléments du problème, on arrive à poser en principe que les émissions sanguines générales ne doivent pas faire partie du traitement ordinaire de la maladie. » Holland s'appuie, pour repousser la saignée, sur la prédominance de la forme adynamique, le faible degré d'intensité réelle des symptô-

DICT. E^C. XllI. 19

mes inflammatoires opposé à leur gravité apparente, l'impuissance de la saignée pour calmer cette toux douloureuse et pénible qui semble tout particulièrement en réclamer l'emploi, les fréquents succès d'une médication tout opposée. Enfin, les mêmes raisons qui font proscrire les émissions sanguines du traitement de la coqueluche, sont, suivant lui, entièrement applicables à la toux et à l'irritation de l'iiitluenza. Dans l'une comme dans l'autre la force et la fréquence du pouls ne sont point une indication de la saignée, et la dyspnée, loin d'en justifier l'emploi, augmente, au contraire, le plus souvent après l'évacuation sanguine et en est une contre-indication formelle.

Aussi, dans les deux épidémies de 1857 et de 1847, qui ont été à peu près également violentes en Angleterre, les émissions sanguines n'ont-elles été pratiquées que très-rarement, et seulement dans les cas oii il y avait quelque complication ou une disposition inflammatoire spéciale. Les moyens le plus généralement employés ont été, avec les diaphorétiques, les narcotiques unis aux stimulants ; ce sont ces moyens qui paraissent avoir eu le plus de succès, surtout chez les personnes nerveuses, et dans les cas oii la prostration était très-prononcée et la toux opiniâtre. Quelques médecins anglais ont dit s'être bien trouvés, dans les cas graves, d'une combinaison de calomel et d'aloès ou d'une mixture composée de tartre émétique et de sulfate de magnésie.

Dans l'épidémie de 1847, nous voyons encore reparaître la question delà saignée. Tant que l'affection reste générale, les médecins se bornaient à provoquera diaphorèse et à administrer quelques opiacés, et lorsque la [guérison se faisait attendre, à administrer un laxatif répété plusieurs fois si cela était nécessaire. Lorsque les voies respiratoires étaient engagées, il donnaient des éméto-cathartiques ou le tartre stibié à haute dose. Jusque-là les émissions sanguines n'avaient que faire, elles n'étaient ni indiquées, ni pratiquées. Mais, en présence de la pneumonie catarrhale qui se montrait fréquemment, soit seule, soit combinée avec les autres éléments de la grippe, la question de la saignée, quoiqu'elle semblât avoir été résolue par les expériences comparatives que nous venons de rappeler plus haut, se présentait de nouveau. Au début de la constitution catarrhale de cette année, le traitement des pneumonies ne s'écartait pas sensiblement de ce qu'il était, alors, en général, dans la pneumonie franche. On traitait encore la pneumonie par les saignées. Elle fut pratiquée et répétée quelquefois dans les premiers cas, mais on ne tarda pas à s'apercevoir que ce traitement n'amenait pas les résultats rapides et francs qu'on en attendait. Les malades traités ainsi étaient trèslents à se rétablir. On se modéra alors. On reconnut qu'une seule saignée suffisait pour calmer l'état inflammatoire, et après cette émission sanguine unique faite quelquefois de préférence par une application de sangsues ou de ventouses scarifiées sur la poitrine, on avait recours aux préparations antimoniales, au tartre stibié ou au kermès. Les larges vésicatoires sur la poitrine avaient aussi leur utile emploi. Enfin on recourait de bonne heure à un peu de vin et de bouillon. La toux, la dyspnée et l'insomnie, qui fatiguaient beaucoup les malades, étaient calmées à l'aide d'une ou deux pilules d'opium données dans la soirée.

Les phénomènes ataxo-adynamiques de la pneumonie catarrhale étaient combattus avec avantage par les stimulants unis aux révulsifs. C'est dans cette forme que M. Nonat donnait avec succès du vin de Malaga à ses pneumoniques.

C'est dans cette constitution catarrhale de 1847 que nous voyons appeler sérieusement l'attention sur une circonstance commune à presque toutes les épidémies de grippe et qui avait été trop négligée jusque-là, nous voulons parler du caractère

rémittent de la fièvre catarrhale et de l'utilité de lui appliquer la médication quiuique.

C'est, en effet, dans cette même année et pendant l'épidémie de grippe qui régna à Condé, que le docteur Bourgogne mit en usage comme traitement abortif de cette maladie le tannate de quinine. Dès que les prodromes de la grippe se présentaient, il faisait avaler au malade 60 à 70 centigrammes de tannate de quinine divisés en trois paquets, tenus chacun en suspension dans une cuillère à bouche de cafésucié et pris à un quart d'iieure d'intervalle. Cette dose était répétée pendant trois jours au moins. Pour les enfants, la dose était de 15, 25, 30 centigrammes. Quelques tasses de tisane de lichen tiède, édulcorée avec un mélange de sirop d'écorces d'oranges, de tolu et de quinquina complétaient^le traitement. Quand la maladie n'avait pas été enrayée dans ses prodromes et que la fièvre devenait intense et la gêne de la respiration extrême, on pratiquait une saignée. Dès que les symptômes fébriles étaient apaisés, on balayait les voies digestives par un purgatif, on donnait quelques cuillerées de looch kermétisé, et on revenait à l'administration du tannate de quinine et à une alimentation tonique.

Nous verrons un peu plus tard la médication quiuique élevée à la hauteur d'un principe et d'une méthode régulière dans le traitement de la grippe.

Ce n'était pas la première fois, sans doute, que le fait de la périodicité, de la rémittence ou de l'intermittence frappait l'attention des observateurs. On a déjà vu que les épidémies décrites par Lancisi, par Morton, n'étaient autre chose que des fièvres catarrhales pernicieuses, ou, si l'oi-i aime mieux, des fièvres intermittentes pernicieuses de foi'me catarrhale. Ce n'était pas la première fois non plus que les préparations de quinquina et ses dérivés étaient mis à contribution, liais ce fait est beaucoup plus généralement remarqué, à mesure que l'on s'approche de l'époque actuelle. Depuis l'épidémie de grippe de 1847, les épidémies se multipliant et se rapprochant de plus en plus au point de se reproduire à peu près régulièiement tous les ans dans nos climats, on y signale de plus en plus fréquemment cette circonstance de la périodicité ; si bien que l'idée d'assimiler les fièvres catarrhales aux fièvres paludéennes et de les rattacher les unes et les autres à des conditions étiologiques ou à des causes cosmiques communes, gagne de plus en plus de terrain dans les esprits.

Deux médecins placés dans des localitéset dans des conditions d'observation différentes, l'un, le docteur Ed. Carrière, exerçant partie de l'année dans les environs de Vienne, partie à Venise, l'autre, le docteur Liegey (de Rambervillers), exerçant dans la Lorraine, oîi les fièvres catarrhales endémiques se présentent sous toutes les formes, ont très-activement concouru à préconiser et à vulgariser l'usage du sulfate de quinine dans le traitement de la grippe. M. Liegey ayant observé, en 1848, à Rambervillers, une épidémie de grippe qui, même dans les cas bénins, prenait communément le type rémittent et quelquefois même le type intermittent, et pendant le cours de laquelle il se produisit quelques cas de forme pernicieuse suivis de mort, eut recours dès cette époque aux préparations de quinquina. Un peu plus tard, dans un mémoire sur la Constitution médicale d'une contrée de la Meurtheetdes Vosges, inséré dans ajournai de la Société des sciences médicales et naturelles de Bruxelles (1852-1853), il signalait, au milieu d'une foule d'observations de névralgies, de suette, de fièvre cholérique, de fièvres analogues au typhus ayec rémittence ouintermittence,une variété de cas de grippe intermittente revêtant les formes bronchiques, pneumoniques, pleurétiques, etc., dans lesquels il a employé généralement avec succès la médication quiuique, tantôt seule,

tantôt aidée des éméto-cathartiques et des moyens propres à favoriser la crise sudorale.

De son côté, le docteur E. Carrière, également frappé des exacerbations si fréquentes dans le cours de la grippe comme de la plupart des maladies épidémiques hivernales, et croyant voir qu'elles étaient engendrées par le concours des conditions habituelles de l'atmosphère hivernale dans nos climats, grande mobilité et oscillation incessante sur un fond d'humidité permanente, avec cet ensemble d'éléments propres aux grandes villes, la maVaria urbana, a saisi dans ce rapprochement l'indication de l'emploi du sulfate de quinine, qu'il a prescrit plusieurs fois avec succès et dont il s'est fait depuis l'un des plus ardents propagateurs (De l'intermittence dans la»grippe et du traitement rationnel de celte affection épidémiqiie, in Union médicale, 1864).

Enfin le docteur Schaller, dans un article publié dans la Gazette médicale de Strasbourg du 22 mars 1858, avait émis des vues semblables sur la grippe, qu'il désignait sous le nom de catarrhe épidémique ou paludéen, et sur son traitement, dans lequel il donnait la première place au sulfate de quinine. « Le traitement de la grippe par le sulfate de quinine, écrivait-il en 1864 dans Y Union médicale, à l'occasion du travail de M. Carrière, où il trouvait une confiruiation de ses vues sur la grippe et de sa pratique, est suivi par la plupart des médecins de notre ville (Strasbourg), et n'est modifié que dans des situations exceptionnelles.

Tout récemment, M. le docteur Corne, dont nous avons exposé plus haut les intéressantes observations sur l'endémo-épidémie de fièvres catarrhales de Thioiiville, a traité par le sulfate de quinine tous les malades dont il a rapporté l'histoire et qui présentaient les formes rémittentes ou intermittentes pernicieuses plus ou moins accusées.

S'ensuit-il, de ces faits, que le sulfate de quinine doive être considéré, ainsi que le voudraient quelques-uns des médecins que nous venons de citer et particulièrement le docteur Schaller, comme le vrai traitement, le remède spécifique de la grippe? Non, sans doute. Ce serait tout à la fois méconnaître la multiplicité et la variété des éléments pathogéniques qui entrent dans la constitution de la fièvre catarrhale, la diversité des formes et des types fébriles qu'elle peut revêtir suivant les temps etsurtout suivant les contrées, et le principe des indications multiples et variées qui s'en déduit et que nous avons posé tout en commençant. En reconnaissant pour parfaitement exacts et fondés les faits que nous ont fait connaître nos confrères, et pour très-légitimes les déductions pratiques qu'ils en ont tirées, eu égard aux temps et aux lieux où ils ont vu et pratiqué, nous devons faire des réserves sur une application trop générale. Sans doute la fièvre, dans la grippe, affecte partout le type rémittent d'une manière plus ou moins marquée; mais il s'en faut qu'elle se présente partout avec ce caractère de rémittence ou d'intermittence pernicieuse si accusé qui fait incontestablement de la médication quinique l'indication dominante. Cela est vrai pour les contrées où les deux éléments étiologiques, paludéen etcatarrhal se combinent pour produire cet état mixte que l'on a justement proposé de désigner sous le nom de fièvre catarrhale paludéenne. Mais ce ne l'est point pour d'autres contrées, pour Paris en particulier, où, avec le plus grand soin, depuis plus de trente ans, et particulièrement depuis que notre attention a été appelée là-dessus, nous avons très-souvent cherché, mais vainement, l'indication formelle d'administrer le sulfate de quinine chez les sujets atteints de grippe. Nous l'avons donné plusieurs fois, notamment pendant l'hiver de 1870-71, où nous avons été à même de traiter un grand nombre d'affections

catarrliales se préseiitant sous toutes les formes ; mais ce n'a été qu'à titre, exceptionnel et dans quelques circonstances assez rares, où le type rémittent était plus particulièrement accusé.

La médication quinique, excellente incontestablement, dans les conditions que nous avons spécifiées, ne saurait donc être considérée comme méthode régulière et surtout exclusive du traitement de la fièvre catarrhale épidémicjue. Nous ajouterons que dans les circonstances même oii elle est indiquée, elle n'exclut pas l'adjonction d'autres moyens et en particulier celui des diaphorétiques et des opiacés au début, des révulsifs, et des toniques vers la fin de la maladie. Cela est si vrai que M. Liegey, l'un des plus grands partisans du sulfate de quinine dans le traitement de la grippe, a le soin d'ajouter qu'il ne prescrit point cet antipériodique seul, mais qu'il lui adjoint presque toujours le quinquina sous diverses formes, comme tonique, et qu'il administre ces deux substances dans du vin, du kirsch, du rhum ou du café.

Dans ces dernières années, M. Mariette a proposé de remplacer le sulfate de quinine parle chlorhydrate d'ammoniaque dans le traitement des diverses manifestations de l'affection catarrhale. 11 appartient à l'expérimentation de déterminer le degré relatif d'utilité de l'un et l'autre de ces médicaments pour remplir les mêmes indications. Nous ne pouvons faire intervenir ici notre expérience personnelle.

Nous ne croyons pas devoir nous arrêter sur les indications si communes et si fréquentes de l'emploi des opiacés dans le traitement des diverses formes de la fièvre catarrhale. Ces indications sont présentes à l'esprit de tous les praticiens. On emploie aussi, utilement, l'aconit aux mêmes doses que l'opium dans le but de produire une détente et de provoquer une légère moiteur à la peau. L'emploi de l'aconit, très-usité dans la pratique des médecins de l'Algérie, a été particulièrement préconisé tout deiinèrement par M. le docteur Corne, qui le prescrit à l'état d'alcoolature et à la dose progressive de 10 à 30 gouttes.

11 est une autre médication dont l'introduction dans le traitement de la fièvre catarrhale est récente, nous voulons parler de l'alcool. Depuis que l'usage de l'alcool potable a été introduit dans le traitement des maladies fébriles et des plilegmasies aiguës, et qu'à l'exemple de Todd, M. Béhier s'est fait chez nous le propagateur de cette méthode, dont l'efficacité dans le traitement de la pneumonie notamment, nous a tous frappés après nous avoir étonnés d'abord, il était naturel d'en faire l'essai dans la fièvre catarrhale, et en particulier dans les bronchites et les pneumonies qui en dépendent. Bien que la fièvre catarrhale ne figure pas nominativement, à notre connaissance du moins, dans les nombreux ouvrages et articles qui ont été publiés dans ces dernières années sur ce sujet, tant en Angleterre qu'en France, et qui ont été presque tous résumés dans l'article Alcool (Thérapeutique) de notre collaborateur, M. Béhier, il nous a paru d'autant plus indiqué d'appliquer la médication alcoolique à certaines formes de cette fièvre, que les bons effets en avaient été constatés déjà dans les affections phlegmasiques des voies aériennes, d'une part, et de l'autre dans les affections rhumatismales, deux états morbides élémentaires extrêmement voisins, quand ils ne sont pas même constitutifs de l'affection catarrhale. Pendant la constitution médicale catarrhale si accusée de l'hiver 1870-71, nous avons eu recours à cette méthode avec d'autant plus de confiance, qu'à l'indication de cet état catarrhal dominant, s'ajoutait fréquemment un état ataxo-adynamique qui imprimait à cette constitution son cachet particulier. Les résultats ont répondu à notre attente. Chez la plupart des malades at-

teints de broncho-pneumonies catarrhales, qui étaient si fréquentes â cette époque, après l'administration d'un ou deux vomi-purgatifs presque toujours indiqués au début, quelquefois d'une application de ventouses scarifiées sur les points douloureux de la poitrine quand il y avait une vive pleurodynic,ce qui avait lieu souvent, nous prescrivions les potions alcooliques, quelquefois d'après la formule de M. Béhier, mais plus souvent sous la forme de thé au rhum, qui était généralement préférée par les malades. Et dans presque tous les cas les malades étaient promptement relevés et la durée de leur maladie et surtout de leur convalescence en paraissait sensiblement amoindrie.

Nous avons appris depuis qu'à Lyon, en février 1872, M. le docteur Fonteret avait eu beaucoup à se louer de l'emploi de la médication alcoolique dans les pneumonies catarrhales, qui y régnaient en très-grand nombre, et que cette médication y était presque universellement indiquée.

Nous avons parlé des convalescences souvent prolongées des fièvres catarrhales, des reliquats qu'elles laissent après elles, du passage à l'état chronique de quelques-unes de leurs localisations, des transformations qu'elles peuvent subir » enfin (les affections graves dont elles sont quelquefois le point de départ, telles que l'asthme, le catarrhe bronchique et les diverses localisations catarrhales chroniques, des pleurésies chroniques, la phthisie, la cachexie séreuse que quelques auteurs leur ont attribuées, enfin la diathèse catarrhale proprement dite. La plupart de ces états morbides qui ont leur source ou leur origine dans l'affection catarrhale, ayant été traités ou devant être traités ailleurs, il serait superflu de nous y arrêter ici. Nous ne pouvons cependant nous dispenser d'indiquer au moins sommairement les médications communes que présente en général le traitement de ces affections consécutives qui conservent le plus ordinairement le cachet de leur origine.

Une alimentation tonique et reconstituante, l'exercice dans un air pur et révivifiant, la continuation pendant un certain temps de l'usage des balsamiques et des toniques amers, sont toujours utiles et suffisent le plus souvent pour abréger la convalescence, assurer et raffermir la guérison. Mais quand la diathèse est établie ou l'affection consécutive affirmée, c'est, indépendamment des moyens spéciaux que peuvent réclamer chacune des diverses localisations, aux moyens hydrothérapiques surtout qu'il faut demander leurs puissantes ressources ; à l'hydrothérapie proprement dite, quand il n'y a point de contre-indication formelle et qu'il ne s'agit que de raffermir l'état physiologique de la peau, d'imprimer une activité nouvelle à ses fonctions, tout en la rendant capable de résister à l'avenir aux influences des intempéries et de la prénumir contre l'impression trop vivement sentie du froid humide, qui est une des causes les plus générales et les plus imminentes des récidives catarrhales ; à l'usago des eaux thermales, dans la plus grande généralité des cas, et notamment à celles du Mont-Dore ou des Eàux-Bonnes, qui sont le plus communément indiquées dans ces cas. L'usage des eaux du Mont-Dore, surtout, telles qu'elles sont administrées, en boisson sur place, en bains et douches chaudes, en inhalation, soit sous la forme de vapeurs, soit à l'état de pulvérisation, est on ne peut mieux approprié à l'ensemble des indications que présentent en général la diathèse catarrhale et les états morbides consécutifs ou reliquats de la fièvre catarrhale. Il nous faudrait prendre une à une toutes ces affections, depuis les coryza chroniques ou à fréquentes répétitions, les angines tonsillaires, pharyngiennes, les laryngites, jusqu'aux bronchites chroniques les plus invétérées, aux différentes espèces d'asthme, aux pleurésies chroniques et à certains degrés de la phthisie tuberculeuse, celle surtout qui procède par son origine ou par ses complications

CATARRHE (bibliographie). 295

de l'affection catarrhale, et rappeler tous les souvenirs d'une pratique thermale déjà longue, pour donner une idée de tout le parti utile que l'on peut tirer de ce mode de médication et des bienfaits considérables qu'en ressentent annuellement un grand nombre de malades.

Nous avons insisté sur le sujet de cet article au delà peut-être des limites qu'il eût été convenable de lui donner, assurément au delà de ce que nous pensions faire en commençant. Mais notre excuse est dans l'importance même de ce sujet, importance beaucoup plus grande qu'on ne l'a cru à l'époque où les idées doctrinales avaient en quelque sorte effacé le groupe des affections catarrhales en les absorl;ant dans d'autres affections, ou en les disséminant dans des divisions plus ou moins arbitraires, plus grande que beaucoup de médecins ne semblent le ('roire même encore aujourd'hiii, les affections catarrhales constituant en réalité l'une des deux grandes endémies dominantes de nos climats, l'endémie hivernale. Or, comme nous le disait un de nos plus distingués confrères, dans une correspond;mce échangée entre nous sur cette question : Dans les épidémies, bénignes ou dangereuses, il ne s'agit pas d'un homme, mais de la cité et même de tout un pays. Civitatem non virum curabis. Brochin.

BiBLioGiiAPHiE. — IIn'PocRATE. Dbs aivs, clcs eaux et des lieux, t. II. — Epidcmies, liv. III, t. III. — Aphoristnes, t. iV. Des lieux dans l'homme, t VI. — Des glandes, t. VIII. — Des chairs, t. VllI, éd. Littré, 1846 à 1861. — Celse. De medic., lib. IV, cap. ii. — De distillatione ac gravadine. (Encydop. des se. Medic. 1857) et trad. Des Étangs. Paris, 1859. — Galien. De symptom. causis, lib. III, ch. ii. — De locis affectis, l. III, c. vu. — Epit. commetitarior., etc., in-S". Lyon, 1516. — Cslius Aueelianus. Morb. chron., lib. XI, c. vu. — Libri très. in-S". Parisiis, 1533. — Aétius. Tetrab. II [Medicœ artis principes, etc. Paris, 1567. — Alexandre (de Tralles). Lib. V. Parisiis, 1567, in-fol. (avec ies medicœ artis principes). — Paul (d'Égine). De re medica libri septem, liv. III, in-fol. Parisiis, 1552. — Avi- CENNE. Lib. III, Canon, etc., ia-8°. Parisiis, 1570.

BuoNi Segni. Ejnd. catarrh. de 1523 en Italie. — Schn'urrer. Epid. catarrh. de 1335 en

Allemagne. — Marchesi. Toux épidém. de 1587 dans Ici Romagne (cité par Morgagni). —

Valescus de Tarinte. Practica, t. II, catarrhe de Montpellier en 1587. — Oper. de Signis

catarrhi. Venise, 1523. ^Epid. de 1410). — Pasquier (Etienne). Recherches de la France.

liv. IV; Paris, 1643. (Epid. de 1403 et de 1411). — Mémoires pour servir à l'histoire de

France et de Bourgogne, pour les règnes de Charles VI et Charles VII (épid. de 1411 et de

1427.) — Caeli. Hist. de Vérone, épid. catarrh. en Italie 1438.— Fernel. De ijarlium mor-

bis; excrementorum cerebri symptomata, in-fol. Paris, 4554. — Mézeray. Abrégé chronolog.

de l'histoire de France, t. III. Amsterdam, 1696 (épd. de 1414, de 1482, de 1510 etdel557).

De Thou. Historias, lib. XXI, Epidémie de coqueluche de 1510. — Paulmier (Julien le). De

morbis contagiosis, in-4° ; Parisiis, 1578 [catarrh. épidem. en France rfe 1551 à 1555). —

Valleriola. Loc. med. comm. append [épid. catarrhale en France ibbl). — Cardan (Jer.)

Opéra omnia. Lugd. 1665. (Épid. de 1557 en Lombardie). — Rivière. Praxcos medicœ, de

catarrho et de arthritide et de rheumatismo, 1640-47. Opéra omnia. Lyon, 1663 (épid. de

Nîmes, 1557). — Ingrassias (J.-Ph.). Informa-àone ciel pestifero morbo, etc. (épid. de 1557 à

PalermeetdeloOSen Sicile). — Bauhin (J.) Épid. de Râle, 1563.— Baillou. Ephémérid. et

épidem. Genève, 1762. (Epid. de 1570,1571, 1574, 1578). — Camekarius (.Toacliim). Constitu-

tiones, leges et edicla tempore piestis, 1576-1577, publice Veneliis et alib. proposita. —

Dœckel (J.). Sytiopsis novi morbi qiieni plerique catarrhum fcbrilem, vel febrem catarrhosam

vacant, etc. (Epid. de 1580). Helmsladt, 1580. — Brunner (B.). Kurzer Bericht von derjetzt

regicrenclen Hauptkrankheit , etc. Leipzig, 1580. — Sporisch. De febre epidemica, an 1580.

Francof., 1582. — Coenaro. Observation, médicinal., in-i" (épid. de 1580). — Wierus (J.). De

pestilentiali et epidemica tussi, quœ an. 1580, universam fere Europam invasit. Oper. omnia

Amstelod, 1660. (Epid. du Rhin de 1565-64). — Stengel (L.). Thèses de natura, causis et

curatione morbi epidemici. Augustse Vmdelicor, 1580. — Mercatus ou Mercado. Institut.

medicœ. Matriti, 1594 ; œuvres complètes, en 3 vol., in-fol. Pinciae, 1605, 1511, 1613; Franco-

i'urti, 1608, 1614, 1620; Venetiis, 1609. — Sennert (Daniel). Opéra de febrib., lib. IV et

medicinœ practicœ, lib. I de catarrho. Wittebergfe, 1628, 1636 et in-4'', Parisiis, 1633. —

Helmont (Van). Ortus medicinœ. in-4<>. Amsterd., 1648. — Salius Diversus (Pierre). De febr

pestilent. in opusc. med. Harderwoch, 1656. — Schneider. De catarrhis., lib. V. Witteb.,

1660-62. — Du MÊME. Lib. de catarrhis specialissimus. ïb., 1664, m-i", — Hou^ibids (Jacq.).

'290 CATARRHE (bibliographie).

Opéra omnla. Paris, 1664. (De morbis inlernis ; de catarrho. Paris, 1664). — Ephémerid. Gebman. Rmjger, Sortait. (Epid. de 1675). — Crause. Dissert, de fehribuscatarrhaUh. len., 1676, — ETTMiiLLER (Mich.). Febres et morbi catarrhales epidemici. Leipsic, 1683; Lugduni, 1690.— Péchlin. 06s. phijs. med. Hambourg, 1691. — Merguriali. Medicina jiracUqua. Lugduni, 1618. (Epid. de Naples 1617). — Zacchias. Ejnd. de 1627 à Naples. — Wilus. Oper. omn. [defebribus], 1. 1; Amsterdam, 1682. (Epid. de 1658 en Angleterre;. — Raïger. (Ch.). Mise. cur. med. phijs., etc. Francfort et Leipzig, 1677, an VI et \II (Epid. de 1675). — Ramazzini. Constitutiones epidemicce mutinenses et constitutio epideniica ruralis, an. 1690, urbana an. 1691, in-4°. Modène, 1691. — Short. Grippe génér. de 1695 à Londres. — Bagijvi (G.). Opéra omnia, m-¥ ; Parisiis, 1711. (Epid. de 1695 en Italie, à Rome en 1702). Adoi-phi. Dissertât, de febre catarrhali ultraj...,\Wi. — Stahl. Dissertât, de febre catarrh. maligna. Hal., 1708. — Médical Review. (Epid. de 1708-09). — Schrœk. Les fièvres catarrhales de 1708. In Epheni. nat. curies. — Lancisi. Opéra. Epidemia rheuvialica quœ cum acutis febribus Romce pervagata est. hyeme prœsertim anni 1709, in-i°; Rome. 1717. — Camerabius. Tûbing., 1712. — Eysel. Dissertai, de febre catarrhali. Erf., 1714. — Decker. Dissertât, de febre catarrhali benigna seu quotidiana continua veterum. Erf., 1724. — Sydenhasi. Oper. Lugd., Batav., 1726. Toux épidémique de 1675. Trad. franc. Pai'is, 1816. — Hoffmamy (Fréd.) Medicina rationalis systematica ; febres catarrhales epidemicœ; de febribus epidemicis, exanthcmaticis, catarrhalibus , etc. Historia febris petechialis, etc., an. 1683. Synocha catarrhalis epidemica anni 1729. — Muhpaner. Dissertât, de febre epidemica catarrhali. Altdorf, 1750. — lluxHAM (J.). Observ. de aère et morb. epidem. ab. a. 1728 ad finem 1737; Plymulh. fact. in opp., édit. Reichel. Lips., 1764. — Hancii (J.-G.). Febriiim continuarum, quœ an. 1729. Vratislavi?e, 1751. — Dern. Dissertai, de febre catarrhali petechizante, etc. Giessen,

1732. — Affortï (L.). Quœstio med. « an catarrhis epidendcis theriaca? » Paris, 1733. — Essais et observât, de médecine de la société d'Edimbourg (Trad. franc., t. II). Epid. de 1752-33. — De Gorter (J.). Morbi epidemici brevis descriptio et curatio, etc. Harderovic,

1733. — Kœfferle. De febre catarrhali epidemice grassante. Basil., 1733. — Jdssied. Thèse med. Parisiensis an. 1733. — Van Svvieten. Constitutiones epidemicœ, etc. Cologne, 1753. — Low (C.-F.). Historia febris catarrhalis, quœ an. 1729 per Europam epidemice grassala est. In Act. acad. natur. curios., vol. III. Worimb., 1733. — Bcccarius (J.). Commentatio de quadam peculari constitutione epidemica et speciatim de catarrho epidemico anno 1730. In Act. acad. nat., etc. Norimb., 1733. — Scheuchzer. Observât, meteorolog. medic, p. an. 1730. (Ibid.), — Lœw. Historia febris catarrhalis, etc. (Epid. de 1753 à Vienne). — Carl (J.-S.) Comniercium litterai'ium. Nuremberg, 1733, t. III. — Storch. Ibid. — Schdlze. Dissertât de febre catarrhali benigna. Hal., 1736. — W'edel. Dissertât, de febre catarrhali. len., 17.")8. — Gœlieke. Dissertât, de febre catarrhali petechizante, etc. Francf., 1741. — ZuBERBDHLER. De fcbrc catarrhali epidemica, etc. (Epid. de 1743). — Herhann (P.-S.) et ZuBERBUHLER (J.-S.). De fcbrc catarrhali epid. cum tussi et coryza compUcata, etc. Erford, 1745. — Buchner. Dissert, de febre catarrhali maligna epidemice hactenus grassante. Erford., 1742, et Diss. historia et curatio febris catarrhalis inter milites epidemica. Erford., 1745. — Malodin. Histoire des maladies épidémiq. de 1746, observées à Paris. In Mém. de l'Acad. des sciences, il iQ. (Fièvr. catarrh. épid. à Paris 1748.) — Sauyaoes. Nosologie, cl.V, anhelationes, Rheuma epidem., an 1743. (Epidémie de Condôm, 1750).— Targioni-Tozzetti. (J). Prima raccolta d'osservazioni mediche. (Epid. observées à Florence de 1528 à 1752.)— Pringle (Jean). Maladies des armées. Paris, 1755, 1771, 2 vol. in-12. — Fordyce. De catarrho. Edimb., 1758. — Mofgagni. De sedib. et caus. morb. Venetiis, 1760, epist. 13-21. Traduct. franc. Encycl. des sciences médic. Paris, 1837. — Storck. Antius medicus secimdus;de febre continua arthritica et rheumatica, etc. Vindobonse, 1761. — Bordeu. Recherches sur le tissu muqueux ou l'organe cellulaire et sur quelques maladies de poitrine. 1765. Journal de médecine de Brest, 1765. — Fothergill (Jean). Esquisse de la malad. épidém. qui parut à Londres en 1775. — Whytt. Épidém. de 1758 en Ecosse. — Monro. Médecine d'armée. Trad. ; Paris, 1769, t. II. (Épid. de 1743 et de ITôS. — Macbride. Introd. meth. ad theor. et prax. med. (Epidémies de Dublin de 4729 à 1762). Id. Traduct. Paris, 1787, t. IL (Epid. de 1775). — 'Watson. Philosoph. transact. (Epid. de 1762). — Eurmann (J.-Th.) Dissert, de morbo catarrhali benigno, etc. Argent., 1762. — Gilchrist (Eben.). Obs. ontheCas. Epid. ofllê'î. In Ess. and Obs. Phys. and Lit. Edimbourg, 1771, t. III. — Razoux. Mém. sur les rhumes épidémiq. In Journal de Roux. Paris, 1765. (Epid. de Nîmes de 1762). — Baker (G.). De catarrho et dysentena londinensi, ejndemicis utrisque an. 1762, libellus. London, 1764. — Huxham (J.). Essai sur les fièvres (de peripneumonia nota, etc., p. 268). Paris, 1764. — S.4RC0ne. Histoire raisonnée des maladies observées à Naples pendant l'année 1764. Naples, 1765. — Heberden. The Eindemical Cold, in June andJuly 1767 (Medic. Transact.]. — Bœhmer. Dissert, de febre catarrhali maliqna epide7nica, angina gangrenosa stipata. HaL 1768. — Pison (Ch. Le Pois.). Selectiorum observationum et consiliorum de prœtervisis hactenus morbis affectibusquc prœter naturam, ab aqua seu serosa colluvie et

CATARHRI': (bibliographie). 297

(hhtvie ortis. Amsterdam, 1708. — Vilalba. Epidémiologie d'Espagne. (Epidém. de Madrid, '17ti7). — Lepecq de la, Clôture. Observations sur les maladies épidémitjucs, ah. illO, in-i°. Paris, 1776. — Adt. Dissertât, de febre catarrhaliepidem. malicjna. Giers 1772. — Boekhaave. Aphorism. de cognoscendis et curand. morb. Paris, 1773. — Grant. Recherches sur les fièvres. Trad. franc., 1. 1, Paris, 1775, in-12. — Macbride. Introduct.method. et pars altéra pradica, cap. vi. (Epid. de 1762 et 1775). — Lorry. Constit. des années 1775 eM776, observées à Paris. In Mém. de la Soc. roy. de méd., an 1776. — Moneta. Abhandlung iiber das warme und das kalte Wasser in Katarrhalkrankheiten, etc., 1776. — Peukins. Sur la nature et l'origine des fièvres catarrhales épidémiques. In Hist. de la Soc. R. de médecine de Paris, an. 1776. — Grant (G.). A. Short Account of the Epidémie Cough and Fever 1775 in a Letter to Dr. Delacour of Rath. London, 1776. — Stoll. Medic. pratiq., an. 1776 (constitut. de ann. 1775 et 1776). De la nature et du caractère de la dysenterie. (La fièvre pitutieuse). Trad. franc, de l'Encyclop. des sciences méd. Paris, 1837. — Weikard. Vermischte medlcinische Schriflen. Francf. 1778. — Mudges. Treatise on the Médical and Expéditions Cure fora Récent Catarrhus. Cough. London, 1779. — Badmer. De febre catarrhuliepid. maligna obs. Giess. 1775 et 1780. — Saillant. Tableau historique et raisonné des épidémies catarrh., vulgairement grippe, depuis VôlO jusques et y compris celle de 1780. Paris, 1780. — Saal- MANN (Fred.) Descriptio febrium malignarum in génère, et spcciatim sic dictœ catarrhalis malignœ. Miinst , 1781. — W'ittwer. Ueber den jiingsten epidemischcn Katarrh. Nurnberg, 1782. — MuMSEN [].).- Kurze Nachricht von der epidemischcn Schnupfenkrankheit und der Beschaffenheit der Luft, 1781-1782. Hamb. 1782. — Battini (D. !h). Saggio sopra il catarro russo, etc., an. 1782. — Metzger (J.-D.). Reitrâge zur Geschichte der Friililingsepidemic im J. 1782. Kœnigsberg, 1782. — Gbay (F..). An Account of the Epidémie Catarrh of the Year ilS2(Mcd. Communications). — Orsi (B.). Ragguaglio délie febri epidemici catarrhali etc. an. 1782. In Raccolla di opuscoli medico-pratici. Firenza, 1785. — Cullen. Synopsis nosologice methodicœ, edit. tertia, t. II, class. I ord. V. Profluvia yen. Catarrh. catarrhus a conlagio. Edimbourg, 1780. Trad. franc. Bosquillon. Paris, 1785. — Rosa (M.). Scheda ad catarrhum seu tussini, guam russam nominant. Modène, 1782. — GEorrRov. Mém. de la Soc. Royal, de médic. an. 1782-83. — Hamilton (R.). Some Remarks of the In/ïuenza that appeared in Spring, 1782. In Mémoirs ofthe Médical Society of Lond.) . — Warren (J.). Description of the Influenza of America Y. 1782. ïnMe77ioiis ofthe Med.Soc. of. Lond.). — Falconeb (G.). Account of the Epidémie Catarrhal Fever cnlled the Influenza. Lond. 1782. (Ibid.). — Smyth (J.-M.). Remarks on the Influenza of tlie Y. 1782. (Ibid.). — Straek. Dissert, de catarrho cpidemico an. 1782. Mogunt., 1782. — Reimarus. Med. communie, t. I. (Epid. de Hambourg en 1782). — Ranœ (A. B.). Symbola ad historiam catarrhi vere an. 1782. In Acla. R. Soc. med. havnisensis. Copenhague, 1783. — Crell. Historia catarrhi epidemici an. 1782. Helmst., 1782. — Mertens (C). Observât, medicce de febribus putridis, etc. Febris catarrlialis putrida an. \1%% et febris catarrhalis epidemica a. 176i Viennœ observata.y'màohonsi, 1778. (et Epid. de 1782. — Stback (Charles). Di.çseî'/d^. de catarrho epidemico ann. 1782. Mayence, 1784. — Wegener. Dissert, de febre maligna catarrhali per Slesvici et Holsatiœ loca maritima grassnnte. Hil., 1789. — Currie (G.), A Short Account ofthe Influenza which prevailed in America in the Y. 1789. — Gluge (Gottlieb). De la grippe considérée historiquement et médicalement, 1799. Annales de Vinfluenza. Watson lettre à Jean Huxham. Gilchrist, etc. (Epidém. de 1762). — Annales de Vinfluenza par Th. Thompson, Pringle, Hebebuen, Baker, Revell, Reynolds, Cdming, Glass, Wittre, Ash, Haygarth, etc. (Epid. de 1775). — Annales de Vinfluenza (Graï, Leith, Houlston, Cleghorn, Henry, Carmicaël Smtth, Haygarth, etc. (Epidém. de 1782). — Warren (John). (Epid. de 1789-90). — Frank (J. P.). De curandis homin. morb. [de profluviis). Venetiis, 1797, in-S".

Desessauts. Epid. de 1800 à Paris. — Gilibert. Résumé des observations des médecins de Lyon sur la fièvre catarrhale qui a régné dans cette ville en vendém., brum et frim., an I\. In Recueil des actes de la Société de santé de Lyon. — Metzger (J.-D.). Reitrâge zur Geschichte der Friilûings-Epidemie, anno 1800. Altenb , 1801. — Pujol (Alexis). Œuvres diverses de méd. pratique (maladies lymphat., affect. catarrheuse) , t. I. Castres, 1801. — Taranget. Observât, sur Vaffection catarrhale qui a régné dans quelques départements du nord de la France dans les premiers mois de Van XL In Annales de la Soc. de médcc. de Montpellier. Mein. of the Medic. Soc. of London. (Epid. de grippe de 1803j, vol VI. — Brown. A'ofJce on the la Influenza, etc. (Epid. de 1803, In Ediiib. Med. and Surg. Journ. 1855. — Charpentier. Observ. sur le catarrhe épidémique, qui a régné à Niort en Van XI. In Ann. de la Soc. med. de Montpellier. — Yimont. Réflexions sur lesmaladies catarrh. qui ont régné iiendant Van XI à Château-Salins. In An. de la Soc. med. de Montpellier. — Rajjport fait à la Soc. méd. de Ghics, sur Vépid. catarrhale qui a régné dans la Ligurie en 1803, par Defferrari, Lanueau et J. Mojoîî In Annales de la Soc. de méd. de Montpellier, t. VU. — Mojon. Mém. sur Vépid. catarrh. qui a régné à Gênes en 1803. In Mém. de la Soc. méd. d'étnulat. de Paris 1805. — Ptéponses de 59 médecins aux questions proposés par la Société médicale de Londres. In

298 CATARRHE (niBLiocRAPHiE).

Mém. of the med. Soc. of London. (Epid. de 1803). — Roux. Notices sur les maladies catarrhales qui ont régné à Seurrc, 1803. In Bullet. des sciences médicales, t. II. — Hoeste. Grippe de 1803. In Hufeland's Journal. — Jonas. Ibid. — Kortum. Ibid. — Klees. Ibid. — WiTTMANN. Sur les tnaladies nouvelles qui ont régné sur le Rhin, 1805. In Bihl. médic. t. LXIII. — Pleindoux (Al.). Observât, sur l'emjoloi du quinquina dans les fièvres catarrhales 1803. In Annal, de la Soc. de médec. de Montpellier, t. VII. — Double. Réflexions sur la jualadie catarrhale régnante, 1803. In Journal de médec., t. XVI. — Du même. Rapport fait à la Société de médecine de Paris sur l'affection catarrhale régnante. In Ibid. — Favart. Mém. sur les fièvres catarrhales graves et rémittentes pernicieuses . In Actes de la Soc. de méd. pratiq. de Montpellier, 1804-1806. — Jacobs (J.-C.). Dissert, de febribus pernicios. rémittente et catarrhali gravi. In Ibid. — Gaillard. De febrium catarrhalium cum remittcntibus perniciosis comparatione. In Ibid. — Gasc (J.-C). Mém. sur une fièvre catarrhale maligne observée à Tonneins en 1805 et 1806. In Anncdes de la Soc. de méd. de Montpellier. — Rapjiort sur l'épidémie régnante (fièvi'e catarrhale) an, 1805 et 1800, à Marseille. In Annal, de la Soc. de méd. de MontjielUer. — Bodkjat.. Rcflex. sur les causes matérielles et efficientes du catarrhe épidcmique. In Annuaire de la Société de méd. du département de l'Eure, an. 1806. — Hortet. Histoire des fièvres catarrhales qui régnent à Planores, dans le val de Ri bas, en Espagne. In Journ. gén. de méd., t XVIII, p. 3, 1806. — Lafont-Godzi. Les fièvres catarrhales graves diffèrent-elles essentiellement des fièvres rémittentes pernicieuses ? (mém. de la Soc. médic. d'émulation, t. Yl, p. 32'2. Paris, 1806). — Valentin. Epid. des Etats-Unis en 1807. — Cabanis. Observations sur les affections catarrhales en général et particulièrement sur celles connues sous les noms de rhumes de cerveau et de rhumes de poitrine. Paris, 1807, in-S". — Barbey. Rapport sur une épidémie de fièvre catarrhale qui a régné dans le village de la Tour- de-Serre en 1807. In Annal, de la Soc. de méd. de Monljiellier. — Villaine. Observation sur une fièvre catarrho-gastrique avec malignité. In Annal, de la Soc. de méd. de Montp., t. XH, p. 325; 1808. — Pinel. Nosographic philosophique. Classe II, art. Catarrhe pulmon. et grippe de 1780. Paris, 1810. — Maïnce. Mém. sur la fièvre catarrhale qui a régné dans le département du Lot en 1810. In Annal, de la Soc. méd. de Montpellier. — Pï. Mémoires sur le catarrhe épidémicjue qui a régné à Narbonne; sur la fièvre catarrhale grave; histoire d'une fièvre catarrhale pleurétique qui a régné à Narbonne en 1810. In Annales de la Société de médecine de Montpellier. — Vabin. Observations cliniques sur les catarrhes épidémiques qui ont régné à Tours en 1815. In Annales de la Société de médecine de Montpellier- — Renauldin. j^rticle Catarrhe du Dictionn. des sciences médicales. Paris, 1813. — Petit. Art. Grippe du Dictionnaire des sciences médicales. — Grimaud. Cours de fièvres (fièvre catarrhale ou pituiteuse, etc., t. IV) Montpellier, 1815. — Lacordaire. Obs. sur une afjeclion catarrhale épidémiq. In Bullet. de la Soc. de méd. de Paris, 1815. — Bertrand (J.-G.j. Mémoire sur un typhus catarrhal qui a régné en Lithuanie. In Mém. de la Soc. de médec. piratiq. de Montpellier, an. 1816. — Selle. Pyrétologie méthodique. Trad. franc, de Kauche, Fièvres catarrhale, bénigne, épidémique, maligne, etc. 2« édit. Paris, 1817. — Trannoï (d'Amiens, P.-A.-J.-P.). Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populaires (catarrhes ; fièvre muqueuse, épidémique, etc.). Amiens, 1819. — Luia Leitas . Notice sur l'influenza (fe 1817 à Lisbonne. In Médical Rcview, t. VII. — Barthez. Traité des maladies goutteuses [des maladies congénères avec la goutte des articulations). Montpellier, 1819. — Most (J.-F.). Influema europœa, oder die grôsste Krankheitsepidemie der neiien Zeit fur Aerzte und Nichtârzte. Hamburg, 1820. — Lombard et Marc d'Espine. Genève, 1820. — Chojiel. Des fièvres et des maladies pestilentielles Paris, 1821, — Stores. Gripipe d'Anglet. en 1822-23. — Fodéré. Leçons sur les épidémies et l'hyg. pitbliq., 1822, 1823 et 1824. — Dugès. Considérations sur le catarrhe et l'état catarrhal. In Revue médic., t. III, 1825. — Turnbull Christie. Observ. on Nature and Treat. oj Choiera and on the Pathology of Mucous Membrane. In Archiv, t. XXII. Edimb. 1828. — Galet. Epid. de 1828-29 à Montpellier. — Andbal. Précis d'Anat. pathol. Paris, 1829. — Broussais. Annal, de la Médecine physiôlog., novembr. 1829. — Roche. Diction, de méd. et de chirurg. pratiq. Art. Catarrhe, 1830. — Ward. Transact. of the Media, and Physical Society of Calcutta, t. VI. Calcutta, 1835 (Epid. de 1830). — Laënnec. Traité de l'auscultation. t. I, ch. VI, in-S"; 1831. — Lombard. Quelques observ. sur la grippe qui a régné à Genève en 1851 . In Gaz. méd. de Paris, 1833. — Histoire de la grippe qui a régné en 1831-32, dans le comté de Burke. — Société Roy. de méd. de Toulouse, 1832 et 1837. — Constitution médicale observée à Tours pendant l'année 1835. In Recueil des travaux de la Société médic. d'Indre-et-Loire, 1855. — Liitré ^E.). Diction, de médec. en oOvol. Art. Catarrhe et affections catarrhales, 1834. — Pfeuffer (Chr.). Die influenza vom Jahre \8Zl . In Medizinische Ann., 1836.— Chevalley. Not. sur l'épid. de gi'ippe qui a régné à Naples en 1833. In Gaz. méd. de Paris 1854. — Lemercier. Note sur une affection catarrhale épidémique avec angine couenneiise In Bull, génér. de Thérapeut., 1853. — Gabdet. Recherch. anat. et patholog. pour servir à l'histoire de la grippe de Paris de 1833. In Gaz. médic. de Paris, 1835.— Gabganico

CATARRHE (bibliographie). '^M

Die influenza, etc. In Riist's Mag., 1853. — Sinogowitz. Mittlieilungen ûher das im Frûhjahre 18ô3. In Rusfs Mag., 1833. — Gaîli (A.). Del grippe che domino in Navara nell'anno 1833. In Repert. med. chir. del Piemonte, 1855. — Ozanam. Eidoire médicale générale et particulière des maladies épidémiques, etc. Lyon, 1855. — Richelot. Reckerclies sur les épidémies de grippe et en particulier sur l'épidémie qui a régné «11833 à Paris. In Archiv. générales de médecine, 1835. — Bœrsch. Essai sur la mortalité de Strasbourg , 1856. — Raige-Delobme. Art. Grippe du Dictionnaire de médecine, t. XIV, 1856.

DusGLisoN. Tableau synopitique des épidém. catarrh. de 1239 à 1837. In Med. Review, t. XX, 1" série. — Thompson (Tliéophile). Annales d' influenza ou fièvres catarr haies épidémiques dans la Grande-Rretagne, depuis 1510 jusqu'en i8'31- — Otto. De l'influenza à Copenhague, pendant l'année 1856-37. In Médical Review, t. V. — Toblmouche. Relation de l'épidémie de grippe de la maison centrale de Rennes en 1837. In Gaz. méd. de Paris, 1837. — Delaberge et MoNNEKET. Compend. de Med. .4rt. Catarrhe. Paris, 1837. — Gouraud. Des épidémies catarrhales, de la grippe et de l'épidémie régnante. In Journal des connaiss. médico-cidrurg., 1837. — Legrand. Note pour servir à l'histoire de la grippe de Paris. In Gaz. méd. de Paris, 1857. — Piedagnel. Note sur l'épidémie régnante. In Gaz. méd. de Paris, 1837. — Société de médecine de Paris; discussion sur la grippe. ïn Revue médicale, i8'51 . — Piokry. Lettre sur les caractères distinctifs des pneumonites observées pendant V épidém. de grippe. In Gaz. méd. de Paris, 1837. — Nonat. Recherches sur la grippe et sur les pneumonies observées en février 1837, broch., in-8°, 1837. — Landau. Mémoire sur la grippe de 1837 et sur la pneumonie considérée comme symptôme essentiel decette épidémie. In Arch. de méd., 1837. — IIouriiANN. Influence de la grippe sur les vieilles femmes de la Salpêtrière. In Archiv. générales de médecine, 1837. — Sandras et Landouzy. Mém. sur la grippe observée à V Hôtel-Dieu de Paris en 1837. In Journ. des connaiss. médico-chirurg . , 1857. — Sandras. Note sur la nature et le traitement de la pneumo-bronchite épidémique qui a accompagné la grippe. In Rull. général de thérap . , 1837. — Do même. Considérât, sur la pneumonite qui a régné à Paris, conjointement avec la grippe et sur son traitement. (Ibid.). — CaizerGues. Rapport sur l'épidémie vulgairement connue sous le nom de grippe, qui a régné à Montpellier en 1837, in-S", 1837. — Pétrequin. Recherches pour servir à l'histoire générale de la grippe de 1837, en France et en Italie. In Gaz. méd. de Paris, 1837. — Montain. Note sur l'épidémie de grippe à Lyon. Ibid., 1857. — Lombard (de Genève). Note sur l'épid. de grippe qui a régnéàGenève en 1837. In Gaz. méd. de Paris, 1857. —Landau. Anat.pathol. de la grippe. In Archiv. de médecine, 1837. — Meïniek. Epid. de grippe d'Ûmans [Doubs] en 1837. In Gaz. médic. de Paris, \%'ol.-~ Valentini. Institut, medicince praticce. Romse, 1857 t. VI. — Vigla. La grippe, etc. In Archiv. deméd.,l8Zl. — Bessières. Rapport sur la constitution médicale observée à Toulouse de 1836 à 1837. In Société roy. de méd. de Toulouse, 1837 et 1838. — Hufeland. Manuel de médecine jiratique [fièvre rhumatismale, catarrhale, etc.). Paris, 1838. — ViDEcoQ. Art. Catarrhe du Diction, des Etudes médical, pratiq., t. III. Paris, 1839. — Monneret et Pleurï. Compend. de méd. pratique, 1841. — Broussais (Casimir). Histoire des méningites cérébro-spinales qui ont régné épidémiquement dans différentes garnisons en France, depuis 1837 jusqu'à \MZ [leurs rapports avec la grj-yjpe). — Récamiek, Grippe de 1833, de 1837 et de 1842. In Rulletin de l'Acad. de Médecine de 1833, Archiv. de Médecine de 1837 et Gaz. des hôpitaux de 1842. — Frank (Joseph). Pathologie )interne des fièvres catarrhales), ch. m. Traduct. de i'Enctjclopédie des sciences médicales, 1835-1845. — Piorry. Traité de médecine pratique [ch. angiairite, t. llî, Paris, 1845. — Hardy (A.) et Béhier (J.). Traité élémentaire de Pathologie interne: [Rronchite épidémique, t. II, p. 558) , Paris, 1846. — Bolillaud. Traité de nosographie médicale, 1846, t. II. Art. iv, p. 445. — DwAKom. Bronchites fébriles épidémiques. (Tiiéses de Paris, 1847.) — Boorgogne. Traitement delà grippe. In Gaz. des hôpitaux, 1847. — Médical Review, t. VII. Art. Influenza. (Epid. de 1782; épid. de 1830-31, rie 1837 et de 1847). — Marc d'Espine. De lagnppe à Genève en 1848, comparée aux épidémies précédentes. In Gaz. médic. de Paris, 1848. — Simonin (père). Résumé de la constitution médicale de 1847 et 1848 à Nancy. In Mém. de la Soc. des scien., lettres et arts de Nancy an. 1847 et 1848. — Peacock de l'influenza ou de la fièvre catarrhale épidémique en 1847-48. In Médical Review, 2» série, t. IV. — Lévy (Michel). Histoire de la méningite cérébro-spyinale observée au Val-de-Grâce en 1848 et 1849. [l',apports avec la fièvre catarrhale). In Gaz. médic. de Paris, 1849. — Vingtrinier, Des épidém qui ont régné dans l'arrond. de Rouen de 1814 à 1850. Broch. in-S»; Rouen, 1850. — Guérin (J.). Quelques remarques sur la grippe. In Gaz. médic. de Paris, 1851. — Requin (A. P.). Éléments de pathologie médicale. Art. Grippe, t. lII, p. 474. Paris, 1852. — Simonet. De la rémittence dans les maladies catarrhales, 1853. — Liegeï (de Rambervillers) . Coup d'œil sur lacon~ stitution médicale d'une contrée de la Meurthe et des Vosges. In Journal de la Société des sciences médical, et naturell. de Rruxelles. 1852-53. — Baumes (P.). Précis théoriq. et pratiq. sur lesdiathèscs [Diath. catarrh.], p. 297, Paris, Lyon et Montpellier, 1853. — Delioux HE Savignac. Des relations qui existent entre les affections herpétiques, nerveuses et catar-

300 CATARRHE (bibliographie).

rhales. In Gazette médic. de Paris, 1855. — Borsieri (J.-B.). Instit. de médecine pralirjue. (Trad. E. Chauffard). Fièvre catarrhale. t. 1, p. 459, Paris, 1856. — Bavle (A. L. S.). Eléments de pathologie médicale [fièvre catarrhale, etc., t. I, p. 531), Paris, 1856. — Quissac. De la doctrine des éléments inorbides et de son application à la média, pratique. Chap. Elément catarrhal, t. I", p. 510; Paris et Montpellier, 1857. — Bouchut. Traité de pathologie générale et séméiologie (élément catarrhal). Paris, 1857. — Schalleb. De la grippe on catarrlie paludéen. In Gaz. méd. de Strasbourg 1858. — Fauconnet. î^ote sur les causes de la grippe, etc. In Gaz. méd. de Lyon, 1858. — Granae\. Délia grippe dominante in Genova nel gennaja 1858. In Annali U7iiversali,^S58. — Forget (G. P.). Grippe de 1858. In Gaz. m'éd. de Strasbourg, 1858. — Du même. Pi'incipes de thérapeutiq. générale et spéciale, etc. (fièvre catarrhale ou muqueuse). Paris, 1860. — Ferrier. De la grippe. Thèse 1858. — Emond. De la grippe. Thèse, 1858. — Gendbin. Traité phitosoph. de médec. praliq. Paris, 1S39. [Diacrisies, t. II), Grippe de 1858. In Gaz. des hôpitaux, 1858. — Faget. Epidémie paludéenne de forme catarrhale à la Nouvelle-Orléans, etc. en 1858. Broch. in-S". Nouvelle- Orléans, 1859. — Blanc. Grippe. Nature contagieuse. In Un. médic. 1860. — Legrand (Maximin). Sur la grippe. Constitution médic. du 1" trimestre de 1860. Broch. in-8°. Paris, 1860. — Fuster (J.). Monographie clinique de l'affection catarrhale. Montpellier,

1861. — HiRscH. Handbuch der historisch-geographischen Pathologie. Erlangen, 1862. — Graves (R. J.). Leçons de clinique médicale. Traduct. de Jaccoud. Influenza. t. I. Paris,

1862. — Grisolle. Traité élément, etpratiq. de pathologie médic. (Gh. Grippe et Catarrhe), 1" édit. ; Paris, 1846. — Du même. Traité de la pneumonie [Pneumon. catarrhale), 1" édit. Paris, 1864. — Carrière (Ed.). Traitement de la grippe. In Union médic. et Gaz. des hôpit., 1864. — Chaumezière. Fièvre catarrhale épidémique à bord du vaisseau le Duguay- Trouin. Thèse 1865. — Seitz. Bericht iiber die Leistungen in der medizinischen Géographie, in CanstatV s Jahresbericht. Wiirzburgr, 1865. — PiDonx. Considérations sur les variétés de la phtliisie, 1864 et Inlroduct. à une doctrine nouvelle de la phthisie piilmon. In Un. médic.

1865. — Trousseau. Leçons de clinique médicale (du catarrhe dans l'asthme, dans la rougeole, dans la phthisie; péripneumonie catarrhale, etc., t. I et II), Paris, 1865. — Monneret (Ed.). Traité de Patholog. générale. Paris, 1857 et Traité de Pathologie interne, t. III; Paris, 1866. — Rindfleisch. Virchow's Archiv. Bd. XXI et Lehrb. d. path- Geivebslehre, I,

1866. — GuiGNON. Rapport sur les maladies régnantes du départ, de l'Aisne en 1800. lu Recueil des Mémoires de l'Acad. de médecine. — Luton (A.). Art. Catarrhe du Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. VI, 1867. — Moutaed-Martin. Épidémie de grippe à l'hôpital Beaujon. In Gaz. des hôpit., 1867. — Marrotte. Noie sur l'e7nploidu chlorhydrate d'ammoniaque dans le traitement des affections catarrhales . In Bulletin de l'Académie de médecine, 4867. — Bailly. Relation d'une épidémie de fièvres catarrhales, de pneumonie et de sueltes suivie de considérations sur le caractère infectieux de ces affections, etc. In Bull, de l'Acad. de méd., mai 1868. — Saint-Vel (0.). Traité des maladies des régions intertropicales (fièvres catarrhales des Antilles, 1 vol., in-8°; Paris, 1868. — Mémoires de l'Académie de médec. In Rapports généraux sur les épidémies de 1857 à 1868. — Chauffard (P.-E.). Etude clinique sur la constitution médicale de l'année 1862. In Archives générales de médecine, 1863. — Du même. Rappoi't à l'Académie de médecine sur un mémoire de M. Bailly, etc. In Btdl. de l'Académie de médecine, février 1869. — Trousseau et Pidoux Traité de thérapeutique, 8" édit., fièvre catarrhale, t. I, 626 et t. II, 518. Paris, 1869. — GiNTRAC (E.). Cours théoriq. et cliniq. de Pathologie interne. Paris, 1853-1869. (flux., t. III, p. 130). — Hayem. Des bronchites. Th. de concours. Paris, 1869. — Niemeyer. Pathologie interne. Hypérémie et catarrhe de la muqueuse de la trachée et des bronches, etc., t. I, (traduct.), Paris, 2« édit. 1869. — Brochin. Grippes de 1858 et de 1867, et affections catarrhales de l'hiver 1870-71. Jn Gaz. des hôpitaux, 1858, 1867, 1870 et 1871. — Jaccoud. Traité de Pathologie interne, t. II, 1872. — Comptes rendus mensuels de la commission des maladies régnantes à la Société médicale des hôpitaux de Paris de 1802 à 1872. — Besnier. Comptes rendus mensuels des maladies régnantes, etc., de 1868 à 1872. — UfiLEet Wagner. Nouveaux éléments de pathologie générale, publiés par Ernest Wagner. Traduct. de Ch. Delstanche et Eug. Mahaux; Métamorphos. muq. et exsud. muqueux, p. 338 et 553. Paris, 1872. — Fonteret. Trait, de la grippe. In Gaz. méd. de Lyon, 1872. — Marchal (de Caivi). Etiologie de la fièvre catarrhale. In Tribune médicale, 1S72. — Corne. Fièvre catarrhale. In Tribune médicale, 1872. — Bergeron (G.). Caractères généraux des affections catarrhales. Thèse de concours, 1872. Brochin.

CATE. Voy. Cachou.

CATÉCHIIVE. Acide cachulique, acide catéclnitique ou acide tanningénique. Substance retirée du cachou, et dont il a été déjà question à ce mot {voy. Cachou).

CATESB/EA. 501

Il résulte de travaux récents que le cachou serait essentiellement composé de catécliine, d'acide cachoutaninque et de principe extractif.

La catéchine se présente sous l'aspect d'une matière blanche, composée d'aiguilles soyeuses très-fines; elle est très-peu soluble dans l'eau froide (1/1137), mais elle se dissout dans trois parties d'eau bouillante ; sa solution est dépourvue de saveur. Elle est soluble dans l'alcool, et moins soluble dans l'éther. A l'air humide, elle s'altère vite et se translorme en acide cachoutannique et en une matière rouge extractive ; en présence des carbonates alcalins, la catéchine donne de l'acide rubiniqiie qui est soluble, et avec les hydrates alcalins, l'acide japonique qui est insoluble.

Suivant Strecker, la catéchine du cachou est formée par la réunion de deux acides qu'il nomme : l'un, acide deutérocatéchique, G"H^O^-t-lPO^; l'autre, acide tntocatéchique, C'WO'-\-}lW.

Lorsqu'on soumet à la distillation sèche la catéchine, elle donne un produit pyrogéné remarquable, Yacide oxyphénique ou pyrocatéchine, dont la composition est exprimé par la lormule C^^H^Û*. L'acide oxyphénique se présente sous la forme de petites lames prismatiques incolores; son point de fusion est à -h 110'', et son point d'ébullition à +240". L'acide oxyphénique se dissout dans l'eau, l'alcool et l'élher ; sa solution est neutre au papier de tournesol, mais cet acide foime des sels avec les bases. L'acide oxyphénique est un produit constant de la distillation du cachou.

La catéchine se trouve dans le résidu que laisse le cachou épuisé par l'eau froide, et on extrait celui-ci en le faisant bouillir avec huit parties d'eau. Elle cristallise par le refroidissement de cette solution, mais il est très-difficile de l'obtenir à l'état de pureté. On la rencontre surtout dans les cachoux de ÏAreca.

h'acide cachoutannique ou mimotannique est le tannin du cachou. 11 a une grande analogie avec le tannin de la noix de Galle; il donne avec les sels ferriques une coloration verte, mais il ne précipite ni les sels ferreux concentrés, ni l'émétique. On peut l'obtenir en traitant directement par l'éther le cachou, et en évaporant la dissolution dans le vide; à l'air, il s'altère promptement en donnant naissance à un composé oxygéné, coloré en rouge brun et insoluble dans l'eau {voy. CiCHOu). T. G.

CJLTECHIJ. Nom spécifique qui s'applique à plusieurs espèces fournissant du Cachou, notamment à un Acacia et à un Areca. Dans plusieurs pharmacopées, Catechu est le nom en quelque sorte officiel de Cachou. H. Bn.

CATESB^A L. Genre de la famille des rubiacées. Les plantes qui appartiennent à ce groupe sont des arbrisseaux, munis d'épines supra-axillaires, à feuilles opposées, petites, glabres, ovales, souvent fasciculées, munies à leur base de stipules caduques. Les fleurs sont solitaires sur des pédoncules placées à l'aisselle des feuilles supérieures. Elles ont un calice à tube obovale, quadridenté ou quadripartite ; un corolle infundibuliforme, à tube très-long, grêle à la base, s'élargissant vers le sommet et se terminant par un limbe à 4 lobes. Les étamines, au nombre de 4, sont insérées à la base de la corolle. Le fruit est une baie globuleuse ou oblongue, couronnée par les dents du calice, à deux loges, contenant chacune un placenta fongueux, sur lequel sont attachées un certain nombre de graines comprimées squamiformes, pendantes, imbriquées les unes sur les autres, sur deux séries. Elles contiennent un petit embryon dans un albumen chanm.

509 CATHARTINE.

La seule espèceintéressante de ce genre est le catesbœa spinosa L. , dont on mange les fruits aux Antilles, où la plante croît spontanément. C'est un petit arbrisseau de 12 à 14pieds de haut, à espèces droites, opposées, à fleurs pendantes de 5 à 6 pouces de long, de couleur jaunâtre. Les fi uits sont ovales, de la grosseur d'un œuf de poule. Ils contiennent, sous un épicarpe jaune et uni, une pulpe semblable à celle d'une pomme mûre. La saveur en est acidulé et l'odeur agréable.

Linné. Gênera, 130; et Species, 159. — Jussieu. Gênera, 199. — Lamaek. Illustrations des qenres, pi. 67. — De Candolle. Prodromus, IV, 400. — Endlicher. Gênera, n" 3286.

Pl.

CATESBY (Marc) . Célèbre naturaliste anglais né en 1680 ; il montra de bonne heure un très-vif penchant pour les sciences naturelles, et fit successivement deux voyages d'exploration dans la partie méridionale de l'Amérique du Nord ; il visita d'abord (1712-19) la Virginie, puis (1722-26) la Caroline, la Géorgie, la Floride et les îles Baliama. A son retour, il s'occupa à mettre en ordre et à publier les résultats de ses importantes et nombreuses recherches; son talent de dessinateur et de graveur lui permit d'en faire lui-même les planches, qui furent coloriées sous sa direction. Catesby mourut le 3 janvier 1750 ; il était membre de la Société royale de Londres, et Linné a donué son nom à un genre de rubiacées.

On a de lui :

I. The natural History of Carolina, Florida and the Bahama Island, containing , etc. Lond., 1731-43, in-fol., 2 vol. ; Appendix, ibid., 1748, in-fol.; autres édit. plus complètes, ibid., 1754, in-fol.; 2 vol., ibid. 1771, etc. — II. Hortus Britannica- Amcricatius. Lond. 1763, in-fol. et 2"' édit. sous ce titre: Europce Americanus or a Collection of, etc. Lond., 1767, iii.4i>. — ni. Divers mém. dans les Pliilosopliical Transactions. E. Bgd.

CATHA (Forsk.). Genre de plantes, de la famille des Célastracées, dont les fleurs penlamères sont construites à peu près comme celles des Fusains, et dont l'ovaire triloculaire, entouré d'un disque, renferme dans chaque loge deux ovules collatéraux, ascendants. Le fruit est une capsule allongée, trigone, loculicide, renfermant de une à trois graines qui, au dire d'Hochstetter, sont ailées à la maturité. Le C. edulis, seule espèce du genre, est un arbuste glabre, à feuilles opposées, lancéolées, coriaces, dentelées, et à fleurs disposées en cymes courtes, axillaires, dichotomes. 11 croît en Abyssinie, à Zanzibar, en Arabie. Là, on le cultive dans les plantations de café, pour ses feuilles, qui ont des propriétés assez analogues à celles qu'on attribue à la Coca (si elles ne sont pas imaginaires). En les prenant, les Arabes pensent accroître leurs forces, supporter facilement les fatigues, les veilles. C'est aussi, assurent-ils, un excellent préservatif de la peste. On les mâche, ou on Ics-emploie en infusion, sous le nom de Khât. A Moka, l'arbuste se nomme Tchdi. On dit qu'il a été apporté d' Abyssinie dans l'iémen, vers 1425, par le cheik Abou- Zerbiu. Les habitants se donnent des insomnies en le mangeant ; et le prix en est élevé, d'aprèsM. Rochet d'IIéiicourt, à cause de la grande consommation qu'ils en font. H. Bn.

FoRSKHAL, FI. ^(jijpt.-Arab., 63. — Méb. et Del., Dlct. Mat. méd., II, 140. — Rosenth., Sijn.pl. diaphor., 792. — H. Bn, in Payer Fam. nat., d'à.

CAlTHARTINE (de zâÔapiTtç, purgation). Ce nom a été donné par Lassaigne et FeneuUe à une matière incristaUisable, d'une saveur amère et nauséabonde, soluble dans l'eau et dans l'alcool, purgative et vomitive, qu'ils oi:t retirée du séné.

CATHETER. 505

La cathartine ne constitue pas un principe immédiat ; elle est formée par la réunion de plusieurs substances. Nous reviendrons sur ce sujet en parlant de la composition chimique du séné, et des travaux récents de MM. Bourgoin et Bouchut sur le séné et la cathartine {voy. Séné.) T. G.

CATHARTIQUES (de xudap(7iç, évacuation, purgation). On donne ce nom à des purgatifs d'activité moyenne, placés, sous ce rapport, entre les laxatifs ou miiioratifs et les drastiques. Le jalap et la scammonée Ibnt partie des cathartiques, et servent même à composer une poudre dite cathartique, dont voici la formule.

Jalap, 1; scammonée, 1; crème détartre, 2. Mêlez, dose, de2 à 4 grammes.

hi. poudre de Tissot se compose de ; jalap, rhubarbe, séné, crème de tartre, par parties égales. Dose : de 4 à 6 grammes.

On ajoute quelquefois du sulfate de potasse ou du sulfate de soude à ce mélange, dont les proportions d'ailleurs peuvent varier {voy. Pcrgatifs). D.

CATHARTOCARPCS. On donne généralement ce nom à une section du genre Cassia, que quelques bot^anistes ont regardé comme un genre distinct. Les caractères de ce sous-genre et des espèces qu'il fournit à la médecine ont été suffisamment indiqués ci-dessus {voy. au mot Casse.)

CATHÉRÉTIQCES (de xaôafpeiv, détruire). Ce sont des caustiques peu énergiques. Exemples : l'alun calciné, les acides minéraux ou l'ammoniaque affaiblis, la pierre infernale, etc. {voy. Caustiques et Cautérisation). D.

CATHÉTER Uo^tx-hp , de z«9isvai, plonger). Les anciens désignaient sous ce nom des instruments assez divers et, le plus souvent, des tiges métalliques propres à explorer la cavité d'un conduit quelconque. Du temps de Celse, ce nom était plutôt réservé aux algalies ou sondes qu'on introduit dans la vessie. C'est encore l'acception qu'on lui donne en Angleterre et quelques autres pays ; mais il doit être employé dans un sens plus restreint pour désigner un instrument métallique, plein, se rapprochant par la forme d'une sonde ordinaire, et faisant l'office d'une sonde cannelée, dans la plupart des tailles sous-pubiennes, pour guider le lithotome jusque dans la vessie.

Marianus, le premier, a décrit sous le nom à'itinerarium cet instrument qui joue peut-être le rôle le plus important dans l'opération de la taille. Si la description qu'il en fait manque de détails, elle est du moins très-exacte dans les principaux points, et diffère très-peu de celle que nous donnerons.

Ainsi que nous l'avons dit, le cathéter est une tige métallique en acier, pleine, longue de 25 à 35 centimètres, courbée à une de ses extrémités, et d'une foi me se rapprochant beaucoup de celle d'une sonde.

Sa partie antérieure, longue de 17 à 18 centimètres, est droite, cylindrique, du volume de 5 milhmètres 2/3, terminée par une plaque large de 2 centimètres qui est disposée transversalement à la courbure de l'instrument. La partie postérieure ou vésicale, longue de 15 à 47 centimètres, un peu plus volumineuse que la précédente, présente une courbure d'un peu plus d'un tiers de cercle. Cette courbure n'est point régulière dans toute son étendue ; elle se termine par une partie droite, dans la longueur de 3 à 4 centimètres.

Toute cette seconde moitié du cathéter doit présenter en arrière, du côté de la convexité, une cannelure profonde, large, carrée dans son fond, à perois très*

304 CATHETEKISME,

polies, et se terminant, près du bec de l'instrument, par un cul-de-sac creux de 5 à 4 millimètres.

Nous avons décrit le cathéter dont on se sert pour pratiquer la taille chez l'adulte, mais il est nécessaire d'en avoir plusieurs appropriés, par leur volume et leur longueur, à l'âge des sujets qu'on doit opérer. Voillemier.

CATiiÉTÉRii§il»iE (xaeeTyypto-poî). On donne ce nom à une opération qui consiste à introduire un instruisent de forme assez variable, une tige métallique de petit volume, plus ou moins longue, pleine ou creuse, courbe ou droite, dans un conduit ordinairement étroit, naturel ou accidentel, afin de constater sa direction, l'allération de ses parois, la présence d'un corps étranger, ou pour donner issue au liquide renfermé dans sa cavité. Ainsi, on pratique le cathétérisme de la trompe d'Eustache, du conduit auditif, des voies lacrymales, de l'œsophage, du rectum, des fistules, d'une plaie même récente, etc., etc., etc. Mais, par suite de l'usage, celte expression, employée seule, sert à désigner l'introduction d'une sonde dans la vessie. Notre sujet, quoique très-circonscrit, a été encore envisagé sous des points de vue très-différciils. On a admis :

1" Un cathétérisme évacuatif, quand il s'agissait de vider la vessie;

2" Un cathétérisme exploratif, quand on se proposait de constater dans la vessie la présence d'un corps étranger ;

0° Un cathétérisme curviligne, lorsqu'on le pratiquait avec une sonde courbe;

4° Un cathétérisme rectiligne, si l'on se servait d'une sonde droite.

Ces distinctions sont peu importantes. Sans trop nous occuper de la forme des instruments qu'on emploie ou du but qu'on se propose en introduisant une sonde dans la vessie, nous admettrons plusieurs espèces de cathétérisme, établies uniquement sur le manuel opératoire, dont les principales règles ne changent point.

I. Cathétérisme chez l'homme. 11 existe trois procédés pour pratiquer le cathétérisme sur l'homme :

1" Cathétérisme ordinaire, dit par-dessus le ventre ;

2" Cathétérisme par-dessous le ventre, dit tour de maître ;

5" Cathétérisme par-dessus l'aine, tenant à la fois des deux procédés précédents.

A. Cathétérisme par-dessus le ventre. C'est celui qu'on emploie le plus souvent. Supposons un cas des plus simples : Le canal de l'urèthre est libre; il existe une rélentiou d'urine et il s'agit de vider la vessie. Voici les dispositions à prendre avant de commencer l'opération. — Le lit doit ètre'de hauteur ordinaire; on le garnit d'un drap tout plié pour qu'il ne soit pas souillé par l'urine, et surtout pour combler le creux qu'il présente ordinairement dans son milieu. Un vase est préparé pour recevoir l'urine; sans être plat, il ne faut pas qu'il ait des bords trop élevés, afin de ne pas arrêter l'abaissement du pavillon de la sonde au moment oîi celle-ci entrera dans la vessie. Le chirurgien choisit une sonde d'argent ayant une longueur, un calibre et une courbure convenables. 11 la trempe dans de l'eau tiède ou la chauffe entre ses mains avant de l'enduire d'huile ou de cérat. Cette précaution est utile, surtout quand on a affaire à un sujet irritable chez lequel l'impression du froid pourrait déterminer des contractions spasmodiques de l'urèthre.

Ces préparatifs terminés, on procède au cathétérisme.

L'opération se compose de deux temps :

Premier temps. Le malade est couché sur le dos, la tête et la poitrine légèrement élevées et fléchies en avant, le bassin dans une position horizontale, les

CATHÊTERISME.

cuisses et les jambes un peu pliées. Le chirurgien se tient debout à sa gauche. 11 saisit la verge au-dessous du gland et sur les côtés entre l'annulaire et le médius de la main gauche, tournée en supination, tandis qu'avec l'index et le pouce il reloule légèrement le prépuce en arrière et entr'ouvre les lèvres du méat urinaire. Avec les trois premiers doigts de la main droite il prend la sonde près de son talon, le pouce placé en travers du côté de la convexité de l'instrument, et les deux

A. Rectum ouvert dans sa longueur.

B. Vessie et urèthie

coupés sur

leur partie

médiane.

Page 1