‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales volume 13Chapitre 32 sur 64 · IG · texte numérisé non relu

IG

Giudiss

Ag-dagh

15' à l'ouest du Goktchaï.

Agmagan

Au sud du Goktchaï.

Eiivan

Kutchibilan-d: i;'i . .

Près d'Erivan.

Goklchaï

Niveau du lac.

Ararat

Tchin-gol

5280" ou 5510, d'ap. d'autres observateurs

Perli-dagli

Part, des eaux entre l'Arase et leMourad .

Alagôs-dagii

Bambach

Tesch-aschmed. . .

Bezobdal

Aglagan

Au nord-oueît du précédent.

Liavar

Cours moyen de la Bortschala.

Schindlar

Entre le Cliram et la Maschavera.

Utsch-tapaljar. . . .

Sur la frontière turque.

•il 2.J

Erableki

négion des petits lacs.

Abul,

Au nord du lac de Toporovan.

Godorebdi .....

A l'ouest du lac de Toporovan.

Iiidschasu

Sur la frontière turque.

Karakaja

Au nord-est du lac Tabischur.

INagebo

Dans les monts Adschara.

Mepiss-zcharo . . . .

. Id.

Taginauri. .'....

Id.

Ce taLleau renferme des indications qui se rapportent à toute la région du petit Caucase, circonscrite au S. par le cours de l'Araxe et s'étendant depuis son confluent avec le Kour au S.-E. jusqu'aux monts Adschara et Suram au N.-O. Au delà de cette chaîne, commencent les pentes qui descendent vers le bassin du Rion, exploré par le docteur Raddé, Ruprecht, etc., auxquels nous empruntons les indications hypsométriques suivantes, qui se rapportent à l'espace triangulaire formé par la côte, les monts Adschara et le versant méridional du système de l'Elbrousse.

Laïdacli], uiaiâon du chef de Letchkoum, 912 m.

Col d'Ourbelli, près de Mouri, 800 m.

Mouri, 498 m.

Lentecki, village de la partie la plus basse du Souanéthi (Mingrélie), 796 m.

Extrémité ouest du Lachkheti, 796 iri.

Lit du Tskénis-Tsquali, au pied du Dadiach, -(215 m.

Neiges permanentes sur le Dadiach, 28o8 m.

Col de Gueurgui, entre Tomiari et Tchitcliaro, 2776 m.

Col de Neuchka, entre les deux sources du Tskénis-Tsquali, 2577 m.

Col de Naksagar, conduisant à Quiriqui, 2590 ni.

Col de Karet, sur le chemiu d'Adich, au pied sud de la grande chaîne, 2956 m.

Limite inférieure du glacier d'Adich, 2480 m.

Oni, 40«10' est, 42°ôo' nord, 965 m,

Onseri, 41''13', 42°52' nord, 1070.

Magalkidi, confluent des deux sources du Rion, 1875 m.

Sommet du Goribolo, 2928 m.

Pont de Kutaïss, 158 m.

CAUCASIOUES ^provinces). 565

Géologie. Il résulte des observations du docteur Raddé, le savant explorateur du Caucase, que l'isthme, considéré au point de vue géologique, peut être divisé en cinq bandes, disposées presque verticalement. La bande centrale, dont la dimension en largeur est de 4 à 6 kilomètres, est surtout caractérisée par la présence des granités, dans certaines portions; dans d'autres par les porphyres, puis les gneiss, les amphiboles ; les porphyres dominent sur les flancs des principales vallées et couronnent les sommets les plus élevés. Dans cette chaîne centrale se rencontrent assez fréquemment des produits volcaniques, des basaltes, quoique cette chaîne, dans le voisinage de laquelle se trouvent encore quelques volcans en activité, n'en renferme pas elle-même. Entre cette chaîne centrale et les deux premières chaînes latérales, c'est-à-dire au delà de cette masse gigantesque, presque exclusivement formée de granités, de roches éruptives et de quelques produits volcaniques plus récents, sont des vallées escarpées dont l'agencement a été décri> plus haut, et qui, en partie, sont remplies par des glaciers ou des neiges éternelles; puis viennent au nord et au sud, deux immenses bandes à peu près parallèles, appartenant aux terrains schisteux. Au sud, ces couches schisteuses, qui occupent une étendue. de 10 kilomètres, en largeur moyenne, sont fréquemment disloquées et ouvertes, pour donner passage à des pics essentiellement composés de porphyres, lesquels forment parfois même d'énormes masses montagneuses; au nord, au contraire, ces schistes renfermant de grandes quantités d'argile, sont moins brisés, pltLS réguliers; on peut les suivre sur une largeur moyenne de 5000 à 6000 mètres, au delà desquels ils disparaissent, s'enfonçant sous des couches calcaires qui paraissent appartenir aux formations jurassiques ; enrichies de veines métallifères, ces couches calcaires régnent sans partage sur une étendue moyenne de 15 kilomètres environ; au delà commencent les couches de grès et de sable quartzeux, dont les bancs s'appuient partout sur le calcaire du côté de la chaîne centrale, et sont divisés vers le nord en larges contre-forts, par de vastes vallées sablonneuses qui débouchent dans la grande steppe de Kouma. Au sud, les couches calcaires sont plus étendues; elles occupent une bande d'au moins 20 kilomètres de large, l'argile y est plus abondante, elles sont plus riches en produits métalliques, mais de même qu'au nord, elles disparaissent sous des couches de grès et de sables; celles-ci, hachées en tous sens par des vallées d'érosion, alternent avec les argiles sablonneuses qui couvrent le fond des vallées. Plus loin, à l'occasion des sources minérales et de l'hydrographie générale de l'isthme, nous aurons à revenir sur les différences profondes qui distinguent, au nord et au midi de la chaîne, l'aspect que le pays offre à l'observateur. Après ce coup d'œil général, retournons sur nos pas pour étudier, à propos de chaque variété de terrain, sou importance dans la composition du sol, aussi bien dans la grande chaîne caucasique, que dans l'enchevêtrement montagneux du petit Caucase.

Les terrains d'éruption sont, en définitive, assez largement représentés, dans les montagnes caucasiennes, soit par les granités, soit par la diorite et la syénite, soit sous formes porphyroïdes, soit par les productions volcaniques plus modernes. Us forment, comme nous l'avons dit, l'arête médiane de la chaîne centrale; les roches granitiques sont moins répandues que les autres; c'est spécialement dans le grand Caucase, entre le mont Elbrousse et le Razbek, qu'on les rencontre abondamment, ainsi que dans la chaîne des monts Suram, laquelle, détachée du massif du Kazbek, s'étend au sud-est et relie la chaîne de l'isthme au petit Caucase, où le granité ne se retrouve guère que dans les cercles montagneux enserrant les sources de la Bortschala et du Ghram. Dans les autres régions de la crête médiane, les gra-

ôGi CAUCASIQUES (trovinces).

nites sont remplacés par les diorltes et les syéniles, ainsi que dansle petit Caucase, oià existent en abondance les productions volcaniques.

En relation directe avec ces formations, et disposées comme il a déjà été dit, sont les couches métamorphiques : schistes, etc.

Arrivons aux terrains de sédiment et constatons tout d'abord que les formations antérieures à l'époque jurassique ne se trouvent pas dans le grand Caucase; ce n'est que dans les masses de l'Ararat et de l'Alleghez que l'on rencontre les terrains paléozoïques.

Ainsi que nous l'avons déjà relaté, c'est dans les chaînes secondaires du grand Caucase que régnent, au nord comme au sud, les formations jurassiques. Elles dominent sur le versant nord du grand entonnoir de l'Elbrousse; là elles peuvent être observées aisément, et constituent les plus grandes masses. C'est à ces terrains qu'il faut rapporter les couches carbonifères qu'on exploite dans le bassin du Kouban ; c'est aussi par ces couches carbonifères seulement que l'on a pu jusqu'icj constater dans l'entonnoir du Daghestan, particulièrement dans le bassin du Kaïssou de Kasikoumuk, la présence de couches de ces formations. Sur le versant sud du grand Caucase, ces couches sont facilement observables près d'Oni, dans le bassin supérieur du Rion ; dans certaines parties de l'Imérétie, particulièrement dans le cercle d'Okriba, les couches carbonifères occupent une étendue très-remarquable; on les rencontre depuis les chaînes du mont Suram , non loin de la vallée du Kûur, jusqu'au bassin del'Ingoure, en Mingrélie.

Dans le petit Caucase, la présence des terrains jurassiques n'aguère été constatée que dans les chaînes secondaires qui s'entre-croisent dans la concavité de l'Araxe, et notamment dans les bassins du Bergouschet et de l'Akara.

Les terrains, appartenant à l'âge de la craie, présentent, étudiés dans le grand et dans le petit Caucase, où ils couvrent une étendue considérable, des différences très-importantes, qui ont été signalées par le célèbre géologue Abich. Tandis, en effet, que dans le grand Caucase, les couches crétacées, disposées en étages réguliers, ont conservé avec leur disposition primitive, tous les caractères de Ja formation géologique à laquelle elles appartiennent, ces mêmes couches, dans le petit Caucase, ont été, pendant la période de leur formation, tellement tourmentées par l'action incidente des forces volcaniques, tellement imprégnées et pénétrées par des éléments étrangers, que le savant Abich a proposé pour indiquer ces formations une dénomination spéciale, rappelant les débris volcaniques dont ils sont remplis. Le terrain crétacé occupe, dans le petit Caucase, de grands espaces. Il s'étend en une longue bande, qui circonscrit au nord, au delà du bassin de l'Araxe, les limites .septentrionales du petit Caucase, constituant presque en entier les collines qui dessinent les hautes vallées du Kour, Plus au nord-ouest, il entre en grandes proportions dans la constitution des monts Somscheti et Trialeti ainsi que des pays élevés entre le Karthli et l'Imérétie. Avec des caractères un pexi différents, on le retrouve couvrant une partie des monts Tscliaganli-dagh, au sud desquels, vers l'Ag-dagh, il s'y mêle des roches trachitiques ; près d'Ordubat, ces mêmes formations sont traversées par des coulées de basalte, et disparaissent par places sous des couches de grès nummuUque extrêmement tourmentées. Au sud-est de la concavité de l'Araxe, ils constituent les hauteurs qui séparent les petits bassins du Djandur, du Bergouschet et du Kapan.

Si nous examinons maintenant le même terrain dans le grand Caucase, nous observons un contraste complet. Ici, les couches régulièrement étagées, qu'elles appartiennent à la craie supérieure, au Grûnsand ou aux terrains néocomiens,

CAUCASIQUES (provinces). 365

couvrent un espace considérable, que les monts Suram divisent en deux parties diversement caractérisées. A l'ouest de ces monts, en effet, commencent les couches crétacées supérieures, lesquelles, dans presque toute l'Imérétie, semblent recouvrir les inférieures, tandis qu'à l'est régnent les couches inférieures de la craie, supportant, par places, les terrains tertiaires moyens, et reposant souvent elles-mêmes directement -sur le granit.

Les formations tertiaires inférieures ont été, dans le petit Caucase, le siège d'incidents géologiques, analogues à ceux qui ont altéré les couches secondaires, dans leur nature et dans leur disposition réciproque ; mêmes dislocations, mêmes mélanges d'éléments étrangers, empruntés aux produits volcaniques. Ces formations, qui se rencontrent un peu partout datis le petit Caucase, sont remarquables surtout dans la vallée de l'Araxe, près de Kulpi, dans le bassin de l'Arpa-tchaï, dans la vallée de l'Alindscha, près de Nachischevan, et au nord, dans les environs de Titlis.

Dans le grand Caucase, le terrain tertiaire inférieur a été constaté par Abich depuis Letschkum, au nord-ouest, jusqu'aux vallées de l'Alazane et de la Zora, au sud-est, sur le versant méridional de la chaîne ; sur l'autre versant ces couches quoique peu r'épandues, ne font pas complètement défaut.

De puissants bans de conglom rats et de grès, d'épaisses couches de marnes irisées, tantôt riches en gypses et en sulfate de magnésie, tantôt plus ou moins argileuses, renfermant d'abondantes mines de sels, et couvrant une partie du pays dans la grande concavité de l'Araxe, représentent dans le petit Caucase, avec quelques bans que l'on rencontre dans les vallées des monts Suram, les formations tertiaires moyennes.

Dans le grand Caucase, au contraire, ces formations couvrent des espaces immenses. Sur le versant sud, on les rencontre, puissamment développées, dans les montagnes qui séparent le bassin de la Jora de celui de l'Aragua. Dans les contre-forts des monts Suram, on les voit pénétrer jusqu'au fond des hautes vallées de rOssétie, oii les bans de grès alternent avec ceux de marne sablonneuse. Énormément développées dans le sens vertical, au delà des monts Suram, elles s'étendent tout le long des vallées du Rion, de l'Ingoura et de leurs affluents. Sur le versant nord, ces terrains n'occupent à l'ouest, ni les hauteurs au-dessus de 8 à 900 mètres, ni le fond des vallées ; la masse géante de l'Elbrousse a repoussé ces terrains autour d'elle et domine toute la contrée. A l'est, au contraire, dans le Daghestan, comme dans le bassin du Terek, les mêmes formations constituent des couches puissantes, mais ce n'est que (Jans le Tabassaran, qu'on les voit couvrir les vallées entières. A ces mêmes terrains appartiennent les longues et basses chaînes qui remontent vers Stavropol, entre les hauts bassins du Kouban et de la Kouma.

Les phénomènes divers, dont l'ensemble constitue les grands événements géologiques de l'époque quaternaire, ont laissé dans le petit Caucase des traces profondes. Vastes dépôts de détritus de toutes sortes, remaniement et altération des couches sous-jacen tes, éparpillement de blocs erratiques de nature diverse, grandes coulées de laves, etc., tout s'y retrouve. Ici des vallées de 150 mètres de profondeur ont été creusée i ir les eaux, là des amas détritiques ont transformé les vallées en plateaux élevés, en les comblant. Tout le système de l'AUeghez, les hautes plaines de Schuragel sur les bords de l'Ârpa-tcliaï, de Lori, de Karabag, etc. , ont été le théâtrp de ces faits relativement récents. Le grand Caucase a vu les mêmes faits, et dans certaines parties, l'observateur

en recueille des preuves identiques. Souvent aussi, ces dépôts quaternaires sont recouverts de torrents de laves, comme dans le bassin du Kouban, du Baksan, de la Malka, du Terek, au nord; de la Ljachwa, de l'Aragua, au sud de la chaîne C'est à cette période que Petzholdt, qui a si bien résumé l'esquisse géologique du pays, attribue, avec d'autres géologues, l'affaissement de la dépression aralocaspienne, et par compensation, l'élévation des plaines situées au nord du Caucase.

Les phénomènes modernes sont aussi très-intéressants à observer dans le Caucase; ceux surtout dont les embouchures des fleuves sont le théâtre. De grandes masses de dépôts d'alluvion, de nature diverse, ici sablonneuse; là purement fangeuse, modifient plus ou moins rapidement le relief du terrain, et créent des deltas considérables. Les embouchures du Kouban et du Terek, du Kour et du Rion en fournissent des exemples remarquables. Le Kour surtout a vu, dans l'espace de trehte ans, les contrées voisines de son embouchure subir des modifications très-notables, par la création d'un nouveau delta, dont Petzholdt a tracé la carte d'après un travail intéressant de Toropoff.

De grandes richesses minérales, de nature variée, sont renfermées dans le sein de ces innombrables montagnes, qui constituent les deux Caucases. C'est ainsi que le général Khodzko signale treize gisements de charbon et de lignite, gisements dont une partie, divisée en trois groupes, se trouve dans le grand Caucase. Il n'entre pas dans notre plan de fournir de longs détails sur ces sujets ; nous nous contenterons donc de signaler, dans le grand et le petit Caucase, plus de vingt gisements de cuivre, d'argent, de plomb, de fer, d'alun. Les gisements de cuivre sont les'plus nombreux, ceux de plomb, argentifère ou non, viennent après, puis seulement, et en bien moins grand nombre, ceux de fer. Jusqu'ici, dans ce pays qui fut, dit la légende, le théâtre de l'expédition de la Toison d'or, la présence de ce métal n'a pas été incontestablement prouvée. Signalons encore plusieurs dépôts de soufre, ainsi que de grandes et importantes mines de sel gemme, dont les principales se trouvent dans la vallée de l'Araxe, par 4û"13'5" nord, 40°46' esc, 1,164 mètres d'altitude, et par 40«2'7" nord, 41''20'7" est, 1,091 mètres d'altitude, ainsi que près de Nakhichévan, par 394 7'6" nord, 42°53'2" est, et 790 mètres d'altitude. A côté des gisements de sel gemme, siguidonsles sources salées, formant par leur ensemble une sorte de groupe, enfermé entre 42''20' et 43"30' nord, et situées presque toutes entre 41" et 42» est.

Au nombre des productions minérales les plus intéressantes et les plus caractétistiques du pays que nous étudions, se trouvent les sources de pétrole, les puits de gaz enflammés, dont le feu perpétu'el a attiré, par son symbolisme, une colonie de Parsis établis non loin de Bakou et les volcans de boues, si nombreux dans les districts de Schemakha et de Bakou. Toutes ces sources gazeuses, ces puits de feux, ces fontaines de naphte sont, à quelques exceptions près, situées dans le grand Caucase; les quelques autres se trouvent dans la grande chaîne des monts Souram qui relient, comme on sait, le grand et le petit Caucase à l'ouest, vers. 41° est. Le général Khodzko, dans son remarquable mémoire sur la triangulation du Caucase, énumère quarante-cinq de ces sources soit liquides, soit gazeuses, dont il donne la position géographique, ainsi que celles d'une vingtaine de puits de naphte, soit naturels, soit artificiels. 11 résulte de ces documents que ce n'est pas précisément la chaîne centrale qui donne passage à toutes ces sources, mais bien plutôt les contre-lorts du nord et du sud, et qu'on les rencontre non-seulement dans les vallées étroites, mais aussi, et très-fréquemment, au milieu des

CAUCASIQIJES (provinces). 567

pinines basses, dans les bassins secondaires du Kour et du Terek, et de leurs allluenls.

Hydrographie et eaux minérales. Nous avons dit plus haut qu'on peut se représenter l'ensemble des régions caucasiques comme formant une sorte de losange ayant sa grande diagonale dirigée du nord-ouest au sud-est et sa petite diagonale dirigée du nord-est au sud-ouest. Considéré au point de vue hydrographique, c'est-àdire, en tenant compte des inclinaisons en masse des terrains, abstraction faite des accidents locaux, ce losange nous apparaît comme la [irojection d'une pyramide àbase losangique, et dont la crête, étendue de l'Elbronsse au Kasbek ou aux points élevés qui l'avoisinent au sud, serait le soramet. Envisagé ainsi, le Caucase se trouve divisé en quatre bassins, tributaires deux par deux de la mer Caspienne et de la mer Noire, et représentant les quatre faces de la pyramide. Sur le versant nord de la grande chaîne caucasique, orientée nord-ouest sud-est, la petite diagonale se trouve [lar l'abaissement assez rapide des contre-forts, et leurs subdivisions nombreuses et parallèles, qui donnent passage vers l'est à d'innombrables rivières, fortement inclinée vers l'ouest.

L'étude hydrographique du Caucase comprend ainsi quatrç bassins. L'ensemble de ces bassins révèle, pour ces régions, une extrême richesse en eaux. C'est un fait que nous avons déjà signalé, en parlant de l'Arménie, avec laquelle elles ont plus d'une analogie.

Mentionnons tout d'abord comme appartenant à peine au Caucase, et le limitant plutôt administrativement que physiquement, laManytsch, qui coule transversalement de l'est à l'ouest, et dont le cours moyen, au milieu des steppes, est périodiquement presque à sec ou étalé en lacs, en étangs et en marais; à l'est, la Jega, une biiurcalion de la Manytsch, sert de frontière aux provinces caucasiques.

Mais le cours d'eau qui, par excellence, représente le bassin nord-ouest, c'est le Kouban, grand fleuve aux riches et nombreux affluents, qui se dégage modestement des pentes nord-ouest de l'Elbrousse en deux ruisseaux bourbeux. Son cours, bientôt grossi par de nombreux ruisseaux et rivières, se dirige sensiblement vers le nord à travers toute la région montagneuse. Il atteint ainsi, au delà de la chaîne secondaire, ses confluents avec la grande et la petite Selenjuk, dont les cours lui sont parallèles, puis, par 44°58' nord, il se dirige vers le nord-ouest. Après un trajet d'un peu moins d'un degré, il rencontre des ondulations de terrain qu'il ne franchit pas, et qui le rejettent directement à l'ouest par 45°25' nord et 38°40' est. Son cours, retardé par le défaut de pente, devient tortueux ; déjà grossi par de nombreux affluents, il reçoit encore la Laba, affluent considérable, qui résume elle-même de nombreuses rivières venues de la chaîne centrale, la Biélaja ou rivière blanche, le Pschisch, le Pschekups, etc., etc., et, presque sans changer de direction, va se jeter dans la mer Noire, par 45»10' nord et 34°50' est. Plusieurs bras se détachent et forment dans la mer d'Azof d'autres embouchures aussi importantes que la première. Dans tout son cours transversal, le Kouban ne reçoit à droite aucun affluent notable. Les rivières qui prennent leur source dans son voisinage, séparées de lui par des bas coteaux calcaires, se dirigent individuellement vers la mer d'Azof, à travers les plaines marécageuses et les lacs temporaires qui couvrent une partie du pays.

Au nord de l'Elbrousse, entre les bassins d'origine de la Malka, affluent du Terek et du Kouban, descendent du versant nord de la chaîne latérale septentrionale plusieurs cours d'eau, circonscrivant ensemble un bassin élevé, au milieu duquel se trouve englobé le mont Besch-tau ; le plus septentrional de ces cours

568 LAUi^AMOUts (provinces),

d'eau est la Kouma; tous les autres sont ses affluents gauches; ils appartiennent au bassin nord-est. Ils se dirigent vers le nord-est jusqu'à leur confluent (44°20'). La Kouma continue encore à suivre la même direction ; mais déjà son cours, à partir de son entrée dans la steppe, devient lent et tortueux. Elle ne reçoit plus aucun affluent sur sa rive droite ; sur la rive gauche, elle reçoit la Karamyk, la Tumuslu, la Buiwala; à partir de là, elle serpente à travers la steppe, divisée en un grand nombre de bras qui s'éloignent, se refondent, puis se subdivisent sans cesse. Tous ces courants, toujours plus ou moins bourbeux, s'infléchissent vers i¥W nord, pour se diriger vers l'ouest-nord-ouest. Plus loin, ils se réunissent en un seul cours d'eau, sinueux et chargé de limon, lequel, avant son entrée ' dans la mer Caspienne, s'éparpille en une masse de lacs marécageux, que le printemps dessèche presque régulièrement.

Entre la Kouma et le Terek existe un vaste espace presque dépourvu d'eau, et absolument privé de grand courant permanent. Le Terek, en effet, qui a sa source au pied du mont Tepli, et qui, après avoir contourné le Kazbek et traversé le col de Dariel et Vladicaucas, se dirige vers le nord-nord-est, en recevant sur sa gauche une énorme masse d'eau, fournie par d'innombrables affluents venant des hautes vallées de la chaîne centrale, change subitement de direction par 43"45' nord et se dirige exactement de l'ouest à l'est. A partir de ce moment et jusqu'à son embouchure, il ne reçoit aucun affluent sur sa rive gauche, et circonscrit ainsi, avec la Kouma, un espace aride. Sur sa rive droite, par 43°48', le Terek reçoit les eaux de la Sundscha, grande rivière dont le bassin renferme de nombreux cours tributaires, depuis Vladicaucas jusqu'au Koïssu, descendant des vallées pittoresques des Tschetchènes. Le Terek se dirige ensuite vers le nord, mais bientôt (par 44°20' est) il commence à se diviser et à former un large delta, dont les nombreuses bouches s'ouvrent dans la mer Caspienne,- depuis 44"25' nord, 44»!20' est, jusqu'à 43»48' nord et Ab^îO' est.

Dans ce même bassin, indépendamment du Koïssu ou Soulak, grand et beau cours d'eau qui, parti de la chaîne centrale par quatre branches diverses, rassemble toutes les eaux septentrionales du Daghestan, et les porte dans la mer Caspienne, par deux bouches qui circonscrivent des lacs, après un cours de 10 milles, ous n'avons plus à signaler que des cours d'eaux nombreux, mais sans importance, excepté la Samur, dont le cours s'étend du mont Sori à la mer, en suivant une vaste courbe à concavité méridionale.

Dans le bassin sud-ouest, nous ne rencontrerons aucun de ces grands fleuves, semblables à ceux que nous avons décrits, et qui caractérisent toute une contrée. Delà presqu'île de Taman jusqu'aux frontières du Souanéthi, s'étend sur le versant sud du Caucase, une longue bande de terrain incliné, arrosée par une masse de petits fleuves, tous parallèles ou à peu près dans leur cours perpendiculaire à la côte, et ne présentant à noter rien de remarquable. 11 faut arriver à l'Ingoura, qui longe toute la frontière nord-ouest du Souanéthi et de la Mingrélie, pour trouver un cours d'eau de quelque importance. Plus au sud, coule le Rion, le Phase des anciens. Formé tout d'abord par plusieurs torrents qui, descendant des flancs de la chaîne caucasique, à l'ouest duKasbek, se réunissent en un seul cours près d'Oni, dans le P»atscha, le P»ioa coule de l'est à l'ouest le long d'une vaste vallée, aux riches paysages, jusqu'au niveau du méridien de Kutais ; arrivé In, il contourne • les monts, et, brusquement, se dirige vers le sud, jusque près du 42* parallèle; après avoir reçu divers affluents, la Quirila, le Ghani, il reprend de nouveau la direction de l'ouest, et la conserve jusqu'à son embouchure dans la mer Noire.

tiAUUAOïyurjO ^PKOVINCES). 369

Dans cette dernière partie de son cours, il reçoit, surtout sur la rive droite, d'assez nombreux affluents. Le Rion, qui arrose toute l'Iniérétie, sépare la Mingrélie du Guriel, lequel ne renferme aucun courant d'eau important.

Au sud de la grande chaîne du Caucase, dans un vaste espace, limité au nordest, par celte chaîne et au nord-ouest, par les derniers contre-forts des monts Surara, s'étend le grand bassin, dans lequel se déversent, à la fois, toutes les eaux provenant du versant méridional du Caucase et de tout l'inextricable réseau des montagnes du petit Caucase. C'est le bassin du Kour. Son principal affluent, l'Araxe, qui recueille toutes les eaux de la moitié méridionale du petit Caucase, est une rivière arménienne ; elle a été décrite (voy. Arménie). Le Kour lui-même, par son bassin supérieur, appartient à l'Arménie turque. Ce fleuve, le Cyrus des anciens, appelé aussi la Kura par les Russes, le Mikiiari par les Turcs, est formé, à son origine, par une réunion de torrents, qui descendent des monts Saghanli et Kanti, et d'une chaîne peu connue dans ses détails, qui sépare, à l'ouest, ses eaux de celles du Tchorok. A travers ces hautes vallées, sinueuses et encaissées, oà chaque pli de terrain lui fournit un affluent, il se dirige vers la frontière russe, qu'il traverse par 4'3"18' nord et -40° 50' est; puis vers le nord, jusqu'à Achalzich, où, par 43° 35' noi'd et 40° 40' est, il reprend sa première direction, à travers les vallées abruptes et sauv;iges, limitées par les monts Persathi, au nord-ouest, et par les hauteurs escarpées des Kedian-dagh, au sud-est, et gagne ainsi le pied des contre-forts du Caucase. Arrivé là, vers 42°5' nord, et après avoir recueilli quelques torrents sur sa rive gauche, il se dirige brusquement vers le sud-est, et longe la fertile et gracieuse vallée, qui va de Gori à Tiflis. C'est pendant ce trajet que la Liachwa, l'Aragua, et d'autres cours d'eau de moindre importance, à travers de hautes plaines splendidement arrosées et bien cultivées, viennent lui apporter le tribut de leurs eaux. Au delà de Tiflis, la vallée qui séparait'à peine, jusque-là, le grand du petit Caucase, s'étend rapidement ; le niveau général du pays s'abaisse, et du grand au petit Caucase s'étale un vaste espace, formé alternativement de hautes vallées et de petits chaînons. Les affluents, au lieu d'être brusquement jetés dans le fleuve, peuvent suivre la pente générale ; il en résulte que la Géorgie, la Kachetie, sont arrosées par trois grands courants presque parallèles : l'.Alazan, la Jora et le Kour, qui ne se réunissent que par 44° 23' est, et 40° 50' nord. Les deux grands affluents descendent des montagnes de Barbela. Au delà du confluent, le cours du fleuve devient limoneux; à travers la plaine de Schirwan, il descend, Ipnt et tortueux, jusqu'à son confluent avec l'Araxe. Puis, après une courbe convexe dans la steppe de Moughan, il va se jeter dans la mer Caspienne, divisé en trois branches principales.

Lacs. Il n'existe pas, à proprement parler, de lacs, dans la Ciscaucasie, car on ne peut raisonnablement accorder cette dénomination aux grandes masses marécageuses, que le printemps dessèche presque toutes, et qui occupent, soit les plaines basses du gouvernement de Stavropol sur la mer d'Azof, soit les rives de la Caspienne, entre Kisliar et les bouches de la Kouma, soit encore le cours de la Mî^lî|tsch, aux limites nord des régions caucasiennes. Dans la Transcaucasie, et dans le petit Caucase spécialement , uDus n'aurons à citer, indépendamment du Goktcbaï ou Sewan, que les petits lacs sans importance, enfermés dans les hauts plateaux qui dominent les sources de Chram, depuis le mont Enleki, jusqu'à la vallée du Kour. Quant au Goktchaï, il en a été dit quelques mots ailleurs (voy. Arménie).

Sources minérales. L'observation, qui a été faite plus haut, relativement à h

CICT. liNC. Xlll. 24

position topographique des sources de naphte et de pétrole, ne s'applique pas complètement aux nombreuses sources minérales que l'on rencontre dans le Caucase; celles-ci s'avancent bien plus loin dans la chuîne, et on en trouve un certain nombre jusque dans les vallées de l'arête centrale. Quand on ne parle qu'au point de vue de la clinique, et des a-pplications actuelles à la thérapeutique, on désigne ordinairement, sous le nom d'eaux minérales du Caucase, le groupe très-intéressant et très-nombreux, qui a pour centre Piatigorsk, dans le district de ce nom, au milieu du bassin supérieur des premiers affluents de la Kouma, par 44° nord, et 40° 30' est, en moyenne. Mais ce n'est là qu'une petite fraction des immenses richesses thermo-minérales de la région caucasique, qui possède plus de deux cents sources, aussi variées dans leur température que dans leur composition chimique. Beaucoup d'entre elles n'ont encore été, pour ainsi dire, l'objet d'aucun examen; quelques-unes ont été superficiellement analysées par les géologues et les ingénieurs qui ont exploré la contrée; pour d'autres, on ne connaît que la température. Nous allons dire quelques mots des groupes les plus connus.

Sur le versant nord-est de la grande chaîne, le plus riche en sources, on rencontre tout d'abord, en partant de l'ouest, une source sulfureuse peu connue, située sur un affluent gauche du Kouban. Plus à l'est, au pied du mont EIbrousse, dans la vallée de la Malka, à 2,380 mètres d'altitude, se trouve une source considérable, sulfatée magnésienne, très-riche en acide carbonique, d'une température de 21° centigrades. Non loin de là, dans la même vallée, dans le bassin d'un affluent voisin, le Baksan, jaillissent d'autres sources froides, appartenant au même groupe, ainsi qu'une source chaude, située tout près de la source même du Baksan, sur le versant sud de l'Elbrousse, et en relation géologique, probablement étroite, avec les sources du Souanéthi et du Letschgum, presque toutes froides, et appartenant au versant sud de la chaîne. Au nord-ouest de ce groupe, par 44° nord et 44° ofr' est, en moyenne, on rencontre le groupe de Piatigorsk, que nous venons de signaler, groupe extrêmement remarquable, et que leur facile abord, du moins relativement, a aisément signalé aux géologues qui les ont étudiées soigneusement, aux médecins qui les appliquent avec succès, et au gouvernement russe qui a prodigué à l'administration locale les ressources de toute espèce. Qu'on se représente, dans un espace de 10 ou 12 kilomètres, quatre groupes de sources, extrêmement variées dans leur composition et dans leur température, et pouvant répondre à presque tous les besoins de la thérapeutique, soumis tous à la même direction médicale, à la même administration. C'est d'abord le groupe de Piatigorsk, au pied du mont Machouka, composé de sources sulfure\ises, puis sur la Montagne-de-Fer, au nord-ouest de Piatigorsk, le groupe de Géleznovodsk, composé de sources ferrugineuses, variant de 15° à 50° centigrades; puis celui des sources froides alcalines et alcalines sulfureuses d'Essentouki, sur les bords de la rivière Bougountha; puis encore, au sud, et à une altitude un peu plus élevée que les autres, le groupe des eaux acidulés de Kisslovodsk; et, entin, autour de ces quatre groupes, à quelques kilomètres de distance, diverses sources que l'on transporte à Piatigorsk, ou près desquelles se rendent les malades pour les boire, ces dernières n'ayant pas été jusqu'ici aménagées pour l'usage externe. Ces eaux, qui ont été, de la part du docteur Smirnow, directeur, l'objet d'un important travail, sont, avec quelques sources, situées dans le bassin du Terek , presque les seules , dont la thérapeutique ait tiré parti.

CAUCASIQUES (provinces). 371

Le Kasbek, comme l'Elbrousse, est le centre d'un groupe considérable de sources minérales chaudes, disséminées entre les vallées de l'Ardon et celle du haut Terek. La plus connue est la source alcaline, située dans la vallée du Genaldon, 35° centigrades. Dans ce groupe, nous comprenons les sources qui bordent, au nord et au sud, le plateau de grès tertiaire, enfermé entre le Terek et la Sundscha, et parmi lesquelles se trouvent les sources les plus chaudes du Caucase. Les sources situées au nord du plateau, sont alcalines et peu minéralisées; celles du sud, sur la Sundcha, sont sahnes et très-chargées ; même opposition dans la température, celles du nord atteignent, d'après Abich, 89" centigrades à Stara-Jurt, 96° centigrades à Braguni, et ne descendent guère au-dessous de 60° centigrades, tandis que celles du sud ne dépassent pas 65° centigrades, et descendent jusqu'à 36° centigrades.

Le Daghestan proprement dit paraît beaucoup moins riche que les autres parties du Caucase en sources minérales; nous aurons à signaler surtout un groupe considérable de sources sulfureuses chaudes, situées dans les vallées basses, le long de la mer Caspienne, entre Derbent et le bassin inférieur du Terek, peu connues chimiquement, et dont la température varie de 35° à 50° centigrades ; puis les sources alumineuses d'Achti, sur la Samur (53° centigrades), les sources alcahnes de Kunachkent (49° centigrades), et les eaux sulfureuses tièdes de la péninsule d'Âpschéron, d'une température moyenne de 25° centigrades.

Avant de passer au versant sud du Caucase, nous devons faire connaître les nombreuses et remarquables sources salines qui se trouvent jusque dans les parties élevées de la chaîne centrale, sources froides, très-nombreuses et très-riches, dont les plus remarquables se rencontrent entre l'Elbrousse et le Kasbek. Sur le versant sud, les sources minérales sont moins nombreuses et moins connues que sur le versant nord ; elles sont assez rares dans la vallée du Kour et de ses affluents, et semblent accumulées dans les bassins supérieurs des cours d'eau de rimérétie, de l'Ossétie, etc. Presque toutes ces sources sont chaudes, mais on n'en connaît guère la composition chimique. Celles du petit Caucase sont un peu mieux connues, et quelques-unes mêmes, utilisées au point de vue médical, ont été l'objet d'aménagements de quelque importance. C'est ainsi qu'à Tiflis, sont des sources chaudes sulfureuses, à 46°,50 centigrades, assez fréquentées; il en est de même de celles de Abast-Tuman (48° ou 49° centigrades), oii se trouve une sorte d'étabhssement militaire; celles de Borschom (30°, 50 centigrades). Petzholdt, que nous avons suivi dans cette revue rapide, regarde les ressources thérapeutiques que recèlent ces thermes, comme très-grandes, et fait des vœux pour qu'elles soient un jour plus efficacement utilisées.

Les renseignements que nous possédons sur les admirables richesses thermominérales du Caucase sont, comme on le voit, très-restreints et très-insuifisants ; il y aurait là matière à des études sérieuses. Le général Kbodzko, qui, pendant plus de vingt ans, a consacré ses forces et sa science aux travaux de triangulation du Caucase, a donné sur l'orographie du pays des mémoires précieux ; l'un d'eux, très-important, et pourtant très-rare (il n'a pas été mis dans le commerce), contient, dans un tableau, la position géographique de toutes les sources gazeuses, minérales, de pétrole, de naphte, etc. Nous croyons utile d'en extraire, et de reproduire ici quelques notes relatives aux sources minérales les plus importantes. L'extrême difficulté que nous avons eue de nous procurer un exemplaire du mémoire autographié, nous décide à lui faire cet emprunt.

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