‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales volume 13Chapitre 34 sur 64 · QDAKTITE MOYENNE DE L E.VD TOMBÉE PAR · texte numérisé non relu

QDAKTITE MOYENNE DE L E.VD TOMBÉE PAR

année.

hiver.

printemps. été. automne

Ce que nous avons dit plus haut, à propos des glaciers, est également applicable aux neiges éternelles ; leur limite est plus élevée qu'on ne l'avait cru jusqu'à ces dernières années. On pensait que la ligne des neiges perpétuelles est en moyenne au Caucase, entre 3,000 et 3,350 mètres; mais il résulte d'observations plus récentes que cette ligne moyenne est plutôt entre 3,550 et 3,600 mètres, et même cela ne s'appliquerait pas à toutes les parties occidentales du Caucase. En voici une preuve : la Hmite inférieure des neiges coïncide nécessairement avec la limite supérieure de la végétation. Or un observateur attentif, Moritz, put recueillir sur le flanc sud de l' Ararat, à 3,900 mètres, une collection de 30 plantes; et dans son ascension de l' Ararat, M. Petzholdt arriva à 4,000 mètres sans rencontrer de neige. Nous devons dire pourtant que les observations multiples du D'' Radde tenrlraient à rapprocher cette limite du chiffre admis autrefois. Ici encore, les faits varient considérablement selon les lieux, et l'étude de la flore du pays fournit de nou- Teaux éléments à la question .

Flore. La flore du Caucase, une des plus attrayantes, incontestablement, à

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cause de l'infinie variété de ses repvésentants, due à l'extrême diversité des conditions climatologiques du pays, est depuis quelques années l'objet des plus importants travaux. De là sortiront incontestablement une revue d'ensemble et des résultats scientifiques de premier ordre. C'est grâce à l'activité intelligente du gouvernement russe qui, comme on l'a dit, sait servir la science en même temps que sa politique, que les études caucasiennes sont entrées dans cette nouvelle voie. Après les travaux de Marsliall et de Meyer, qui avaient signalé chacun une richesse de 2,000 espèces environ qu'ils décrivirent, il y eut un long repos, pendant lequel ne parut aucune œuvre importante. Il était surtout à désirer que, dans un pays aussi divers à tous les points de vue, la flore pût être étudiée dans ses rapports avec les terrains, les altitudes, les saisons, la température moyenne, etc., de toutes ces conditions, en un mot, qui constituent la géographie botanique bien entendue. C'est aux noms de Ruprecht, de Koch, du D' Radde et de quelques autres que se latlachent les résultats partiels déjà obtenus, et que nous devons de pouvoir esquisser ici, en quelques lignes, la physionomie générale de la flore du Caucase.

Le contraste le plus frappant existe entre la flore des régions du Caucase intérieur, c'est-à-dire, du versant méridional du Caucase, des hautes vallées et des bassins supérieurs des fleuves, et du petit Caucase d'un côté, et la flore du versant septentrional du Caucase et des plaines qui font suite aux pentes. La flore des steppes ne se compose guère que de plantes salines et de hautes herbes accompagnéesde quelques arbustes rabougris ; c'est seulement sur le flanc des montagnes que la végétation devient plus active, la variété de plantes plus grande, leur porl moins chétif. Et encore, cette flore misérable s'étend-elle plus loin que la disposition topographique ne le ferait supposer. Les montagnes qui, déterminant le passage des eaux entre le Rion et le Kour, relient la grande chaîne du Caucase au Caucase arménien, forment, d'après le D' Radde, le savant et infatigable explorateur du Caucase, la limite naturelle entre la flore des steppes, à l'est, et la flore méridionale, qui, sur les bords de la mer Noire, reprend le caractère méditerranéen. Au delà de cette limite, à l'est, le caractère de pauvreté et d'uniformité, particulier à la flore des steppes, se prolonge, en s'aggravant, jusque sur les rives de la Caspienne; c'est à peine si, dans la partie est, ces grandes plaines sont animées par places, par une végétation de prairie qui puisse reposer agréablement la vue. Il est à remarquer que, même dans la vallée moyenne du Kour, jusqu'au pied est des chaînes merghiennes, ce caractère reste marqué, pendant que, à la même latitude, la Colchide, pays voisin, a une flore très-riche et très-vivace, grâce à l'humidité de l'atmosphère et du sol.

Dans les plaines basses du Daghestan, sur les pentes est du Caucase, d'immenses étendues de terrain sont dépourvues de forêts ; les azalées et les rhododendrons, si caractéristiques de certaines flores locales dans le Caucase, y sont rares, mais la sécheresse du climat, la hauteur de la température de l'été, qui donne pour la masse une grande somme de chaleur, sont des conditions suffisantes pour y permettre la culture des céréales; on les rencontre jusqu'à des points très-élevés. Sur la pente est de rUsti-Ssalu, au village d'Uchucha, à 2,257 mètres d'altitude, on cultive le froment ; dans les mêmes régions, au village de Fit, le seigle est cultivé à 2,407 mètres. Ruprecht signale même dans la grande chaîne, non loin du mont Schachdagh, au village de Chinalug, près duquel sont des sources de pétrole enflammé, la culture des céréales à une hauteur de 2,546 mètres; mais il se demande s'il ne faut pas attribuer le fait à une température exceptionnelle du sol.

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Si nous nous transportons de l'aulre côté de la chaîne, dans la Kachetie, ou sur les flancs de la grande chaîne, an milieu des innombrables affluents qui se déversent dans l'Alazan, la scène change. Ici, les pluies sont fréquentes, le sol est abondamment arrosé, la végétation est active. Partout, dans les lieux élevés, de grandes forêts, tantôt de hêtres et de chênes, tantôt de pins et de sapins ; sur les lisières et dans les clairières, les rhododendrons couvrent de leurs buissons les champs entiers, ainsi que les azalées, rares encore pourtant dans la Tuscbetie. Là, les céréales sont cultivées jusqu'à des hauteurs considérables; néanmoins, dans ce pays, comme dans les bassins des sources de la Jora , et de l' Aragua, chez les Ghewsures et les Pciiawes, les troupeaux de moutons font les richesses principales des habitants dont la plupart, pendant Thiver, sont obligés de venir habiter les vallées.

A Kolji, au pied du Kasbek, il n'y avait encore aucune culture commencée le 24 mai, quand Ruprecht y arriva, et pas la moindre trace de végétation. Au delà de l'Aragua, dans les régions occidentales du Caucase, l'épicéa {picea orientalis) devient l'arbre par excellence, qui constitue les forêts. Celles-ci, non-seulement couronnent les crêtes, mais s'étendent sur les flancs, en longues bandes sombres, jusqu'à des centaines de mètres au-dessous. Puis, viennent de vastes taillis, formés de petits arbustes toujours verts, oii dominent le prunus lauro-cerasus, le buis, le rhododendron caucasicum. Dans toutes ces contrées, où la température est souvent fort basse, oij la neige et la pluie sont si fréquentes et si prolongées, la culture est trèsrniisérable ; le voisinage des grands glaciers contre-balance trop fréquemment l'action bienfaisante des rayons solaires.

Dans la Mingrélie et l'Abchasie, le versant méridional dugrand Caucase etdes montagnes qui s'y rattachent, sont couvertes de forêts de chênes, dont les lisières et les clairières envahies par de vastes parterres depteris aquilina, rappelaient au docteur Radde, les belles forêts de la Roumélie. Plus près de la mer, les ormeaux sont très-nombreux, sinon dominants. Les clématis et les smilax mélangent à leurs branches les lacis de leurs longs rameaux, au point de rendre les bois presque impénétrables. Les arbres y sont énormes, et la végétation, dans la basse Abchasie surtout, est d'une vigueur sans pareille, mais d'une fatigante uniformité. Les torêts s'étendent jusqu'à une moyenne de 2,145 mètres. Au delà commence un cordon d'arbustes rabougris, presque uniquement formé de bouleaux. Des pins de diverses .espèces (pinus orientalis et pinus normanniana) constituent les dernières forêts, celles qui commencent quand les hêtres disparaissent. Le maïs dans l'Abchasie est cultivé jusqu'à 780 ou 800 mètres; l'orge jusqu'à 1,160 mèti'es. Sur les flancs •de l'Elbrousse, d'après Ledebour, les dernières phanérogrammes ont été rencontrées à 3,660 mètres; c'était le cerastium latifolium et une variété de lamium maculatum, le lamium tomentosum.

La riche et forte végétation des vallées méridionales, qui rappelle les plus belles contrées de l'Asie moyenne, contraste avec la sévère uniformité des montagnes. La vigne y donne d'abondants produits, les coignassiers, les poiriers, les abricotiers, garnissent les jardins et les champs, les amandiers, les figuiers, les pêchers, les jujubiers, les dattiers, témoignent de la douceur du climat qui y règne ; dans les hautes vallées, les lilas et les roses mêlent leurs parfums à ceux des jasmins ; les champs d'olivier donnent au cultivateur une ressource utile ; les grands platanes ombragent les chaumièies.

Il faut observer, selon la remarque judicieuse de Ruprecht, que la limite des torêts ne coïncide pas avec celle de la culture des céréales; celle-ci est en moyenne de 2U0 mètres au-dessous de la première. De plus, et dans beaucoup de localités»

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les forêts s'arrêtent bien au-dessous de la ligne moyenne, tandis qu'ailleurs on voit des champs pi'oduire des récoltes à une altitude ou non loin de là, les forêts ont déjà disparu.

Petzholdt a eu l'heureuse pensée de réunir toutes les observations relatives aux limites des cultures des forêts et des prairies faites par Ruprecht, Koch, etc., aux siennes propres. Nous lui empruntons les éléments du tableau suivant.

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