‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales Volume 91Chapitre 105 sur 145 · MILES · texte numérisé non relu

MILES

(y compris Stockholm).

CAMI'AGXES.

SUEDE

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L'inegalite entre la ville et la campagne eclate ici dans tout son jour. Presque regulierement (surtout apres le quatrieme mois), la campagne a une mortalite double de la mortalite de la ville et triple de celle de Stockholm.

II nous reste a etudier 1'influence du sexe sur la mortalite infantile.

Le tableau de la page 766, qui presente la mortalite infantile depuis le milieu du siecle dernier, montre par sa derniere colonne que la difference entre la mortalite des deux sexes a sans cesse etc en s'accentuant depuis cette epoque reculee, les petits garcons proutant moins que les petites filles du degrevement de la mortalite : tandis qu'au siecle dernier le rapport des deux mortalites i oscillait autour de 110 (c'est-a-dire que la mortalite des petites filles etait a celle des petits gargons comme 100 est a 110), ce rapport s'est eleve progressivement pendant un demi-siecle, et voici trente-cinq ans qu'il est d'environ

1 Ce que nous etudions ici, c'est, comme le voit, le rapport des probabilite's de mort et non le rapport des nombres de decedes de chaque sexe. Ce dernier rapport ne signifierait j>as grand'chose : les petites filles etant moins nombreuses que les petits garcons, il ne serait jpas remarquable qu'elles fournissent moias de deces.

117, chiffre qui ressemble assez a celui qu'on observe en France. La difference «ntre les deux epoques est, on le voit, assez considerable.

Nous avons encore etudie comment ce rapport varie avec 1'habitat dans le tableau (p. 766) consacre a 1'influence de 1'habitat sur la mortalite infantile, et nous avons montre que la encore c'est sur les petites lilies que porte surtout 1'aggravation de la mortalite des grandcs villes. Dans les campugnes, ou la mortalite est des plus faibles, la chance de mourir des gargons est a celle des petites filles comme 117 est a 100; mais dans les villes ou la mortalite des enfants est grande, 1'inegalite des deux sexes devant la mort est deja moindre; a Stockholm, elle est moindre encore.

Les documents suedois ne donnent malheurcusement aucun renseignement sur la mortalite des enfants illegitimes.

Mortalite aux autres age?.. Le tableau suivant (p. 772) montre que la mortalite suedoise n'a guere cesse de decroitre depuis le milieu du siecle dernier. Les lecteurs de 1'article FRANCE ont pu voir qu'il en a etc de meme dans notre pays. Mais, tandis que chez nous et chez toutes les nations de 1'Europe ces sortes de calculs restent a 1'etat de conjectures tres-probables, la Suede a le privilege de pouvoir les faire reposer sur des documents indiscutables, car ce pays a 1'honneur d'avoir compris le premier 1'inte'ret des statistiques de population.

11 est facile de voir par ce tableau qu'a chaque age sans exception la mor talite n'a cesse de decroitre avec regularite; surtout depuis que la paix a regne sur la Suede, c'est-a-dire depuis 1814, ce niouvement n'a subi aucune exception notable.

Un autre fail digne d'etre remarque, c'est que la mortalite des hommes 1'emporte a tons les ages sur celle des femmes. Eu France, en Belgique et dans plusieurs autres pays, il n'en est ainsi que dans la premiere enfance et dans la vieillesse. Cependant en Suede cette regie de la supe'riorite du sort des femmes n'a pas souffert unc seule exception depuis 125 ans. La mortalite peut monter ou baisser, toujours celle des femmes monte et baisse avec celle des hommes, mais en lui restant inferieure.

II nous reste a etudier la mortalite a 1'epoque presente. Je ne puis faire mieux querenvoyer le lecteur aux deux tableaux que 1'article MORTALITE (p. 747 et 772) consacre specialement a la Suede. Le tableau de la page 765 lui montrera en outre de combien la mort est moins cruel le en Suede que dans aucune autre nation dc 1' Europe. La France qui, pour la plupart des ages, suit immediatement les trois nations scandinaves, ne les suit pourtant que d'assez loin. La comparaison du tableau II et du tableau III de 1'article MORTALITE met cette difference dans tout son jour.

Le tableau 111 montre par sa 10e colonne sur quels ages pese surtout la difference deja signalee entre la mortalite des hommes et celle des femmes. C'est surtout aux ages de travail, o'est-a-dire de 20 a 60 ans, que les hommes sont plus durement frappes que leurs compagnes. Tandis que tant que dure 1'enfance ou 1'adolescence la mortalite des femmes est a celle des hommes comme 100 est a 105 environ (109 de 15 a 20 ans), 1'ecart s'agrandit subitement de 20 a 25 ans, et monte d'emblee a 130, chiffre qui s'abaisse ensuite pour remonter plus tard, mais qui permet de dire, en general, que la mortalite des hommes suedois aux ages de travail depasse de pres d'un tiers celle des femmes du meme age. Apres 60 ans, 1'ecart diminue et tombe assez

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rapidement a 116; d'ailleurs a cet age la mortalite plus grandc des hommes ^esse d'etre un fait aussi remarquable, car on 1'observe generalement ; cepen- •dant 1'ecart enlre les deux sexes n'est nulle part, je crois, aussi grand qu'en Suede.

Cet ecart entre la mortalite des deux sexes est plus grand encore a la ville <ju'a la campagne (voy. tableau VI de 1'article MORTALITE, p. 772, col. 6, 12, 13 et 14, et le commentaire, p. 775 et suiv.). Au lieu de se produire a 20 ans, •comme a la campagne, c'est de 15 a 20 ans que la mortalite des hommes s'accroit brusquement, et de plus 1'ecart entre la mortalite des deux sexes, au lieu de rester, comme a la campagne, toujours au-dessous de 150, atteint 150 •entre 50 et 55 ans, puis augmente encore, en sorte qu:entre 45 et 60 ans on peut dire que dans les villes de Suede la mortalite des hommes est double de •celle des femmes ! L'inegalite entre les deux sexes diminue ensuite, mais treslentement, et entre 75 et 85 ans nous voyons encore la mortalite des hommes 1'emporter du tiers sur celle de Tautre sexe.

D'ailleurs hommes et femmes, enfants et adultes, tous souffrent plus ou moins du sejour a la ville : c'est un point que les colonnes 15 et 14 du tableau VI de 1'article MORTALITE font clairement ressortir; la mortalite des enfants de moins de 5 ans est augmentee de plus de moitie (165 pour 100 aa moins), et cela aussi bien pour les filles que pour les gargons. Entre 10 et 15 ans, 1'aggravation descend a 120, puis remonte pour les garcons. Ainsi que nous venous d'ailleurs de le voir sous une autre forme, ce sont les hommes surtout qui patissent des travaux de la ville : leur mortalite, dcpuis 25 jusqu'a 45 ans, est doublee ou plus que doublee dans les villes (228, puis 195 pour 100), tandis que celles des femmes aux memes ages n'est augmentee que du tiers, •ce qui est deja enorme. II n'est pas temeraire de croire que si les villes suedoises presentent cette mortalite si superieure a celle des campagnes environnantes, elles le doivent surlout a ce qu'elles sont mal entretenues; les latrines des habitations et les moyens d'evacuation des matieres sont surtout defectueux .

Mortalite suivant I'etat civil. Mon pere a demontre dans son article MARIAGE (p. 45 et suiv.) que, en regie generale, la mortalite des celibataires l'emporte sur celle des gens maries du meme age, et que celle des veufs l'emporte meme sur les celibataires du meme age. Ses recherches s'appliquaient aux trois seuls pays pour lesquels elles fussent alors possibles : la France, la Belgique et les Pays-Bas. Depuis, plusieurs bureaux statistiques prirent la decision (a laquelle ces resultats ne furent pas etrangers) de recueillir dans leur pays les elements d'un semblable calcul; partout des resultats analogues furent rencontres. Telles furent 1'Italie, la Baviere, et avant elles la Suede.

Notre tableau donne les resultats de deux annces d'observation. II donne lieu a quelques remarques importantes. La comparaison des celibataires et des maries hommes (col. 1 et 2) montre que les gargons out une mortalite considerablement plus forte que les hommes maries des memes ages : presque regulierement cette difference est du simple au double. Apres 60 ans, elle diminue un peu, mais reste tres-elevee.

MORTALITE PAR AGES ET PAR ETATS CIVILS (l&70-187l)

SUR 1000 V1VANTS DE CHAQUE AGE, HE CHAQUE SEXE ET DE CHAQUE ETAT CIVIL,

COMBIEJf DE DECES AKSUELS ?

HOSI.MI:S.

FK.MMES.

AGES

Celib.ilahes.

Marii-s.

Veufs et divorces.

Celibataires.

Mariees.

Veuves et divorcees.

in. 7

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