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Mais les resultats observes a I'article MAIUAGE devaient faire attendre que la mortalite des veufs depasserait encore celle des celibataires. Ce n'est pas tout a fait ce qui arrive. Les veufs suedois out une mortalite constamment iutermediaire entre celle des gargons et cellc des maries, qui toujours conservent 1'avantage.
II n'en est pas de meme pour les femmes : les femmes suedoises comme les Irangaises ne tirent benefice du manage qu'au bout de quelques annees, et cet avanlage, quoique constant apres 55 ans, n'est jamais aussi notable que pour les homines. Cela rentre absolument dans la regie. Mais la morlalite des veuves suedoises est plus constamment mauvaise que celle des veuves francaises ; des les premiers ages, cetle inferiorite se fait sentir, et elle ne fait que s'accentuer avec 1'age.
On voit qu'en somme la Suede fournit un nouvel appoint aux regies formulees dans I'article MARIAGE. Le Bureau royal a expose a 1'exposition des sciences anthropologiques de Paris en 1878 un diagramme ou les memes resultats etaient representes grapbiquemeut et qui e'tait tres-demonstratil.
Causes de deces. Tandis que la France et la plupart des pays de 1'Europe ne font encore aujourd'hui aucun effort pour connaitre les causes de deces dans les campagnes, c'est depuis 1749 que cette etude est poursuivie en Suede! II est vrai que pendant fort longtemps on ne s'est guere occupe que des maladies er.demiq..es, et cette recherche elle-meme a subi un loug temps d'arret entre 1830 et 1860; aujourd'hui encore, ce sont ces sortes de maladies qui attirent surtout 1'attention de la statistique suedoise 1.
De 1749 a 1850, on a questionne le clerge, charge de la tenue des registres, sur 55 causes de deces. Malheureusement les nombreux documents recueillis pendant cette longue pe'riode n'ont pas ete publics. En 1850, on se limita a des indications sur les epidemics regnantes, et a trois causes de mort : la variole, 1'accouchement et les morts violenles. En 1855, on resolut de revenir sur ces
Yoy. a ce sujet Annal. de demographic, 1878, p. 167.
regret tables changements. Depuis 1'nnnee 1860, la cause tie deces doit etre relevee simultanement par le pasteur qui inscrit le deces (et qui assigne la cause qui lui parait la plus probable), et par le medecin traitant, en vertu de cet article de 1'ordonnance royale : « Tout medecin pratiquant sera oblige, lorsque le malade qu'il soigne viendra a mourir, d'en faire la declaration avec la cause, sans delai et sans frais ». En de'pit dc cet ordre, il existe des lacunes nombreuses dans les declarations des medecins, tandis qu'on doit regarder comme suffisamment exactes et completes les declarations du clerge : « Quinze annees d'experience, dit le rapport au roi de 1875, nous permettent de dire que ces donne'es numeriques out fourni dans leur ensemble des resultats tout a lait satisfaisants ». Le rapport reconnait d'ailleurs que les chiffres donne's pour les campagnes doivent etre considered comme des minima, mais qu'il n'a pu elaborer, faute de temps (c'est-a-dire iaute d'argent), qu'unepartie minime des renseignemcnts recueillis. Profltons toutelbis des donnees qu'il nous fournit. Les lacunes les plus regrettables sont assurement le defaut de distinction des ages; quoique precieuse, la distinction des deces avant et apres 10 ans cst absolument insuffisante. En second lieu, on doit regretter que les publications se restreignent aux maladies epidemiques (dont plusieurs sont assez rares), tandis que la frequence des maladies les plus frequentes, telles que la pneumonic ou la phthisic, rcste inconnue. L'adminislrytion suedoise devrait avoir present a 1'esprit combien il est important pour cette nation de savoir pourquoi la mortalite de ses villes 1'emporte si considerableinent sur celle des campagnes, surlout en ce qui concerne le sexe masculin.
SUR 100000 INDIVIDUS DE CHAQUE GROUPE D'AGES ET DE CHAQUE HABITAT, COMBIEN DE DECES