‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales Volume 91Chapitre 4 sur 145 · O GO · texte numérisé non relu

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il s'agit, pour une lesion quelconque, d'enlever une portion d'os malade ou laisant office d'epine irritaate, ou de doaner issue a des liquides epanches ; c'est dans de pareils cas qu'elle trouve son indication.

Gette operation en elle-meme n'est pas dangereuse. On a pen a redouter la blessure de la mammaire interne ; celte artere ne pourrait etre atteinte, saut les cas possibles d'anomalie, que si on portait 1'instrument tres en dehors.

Nous ne tracerons pas les regies du precede operatoire. II consiste a faire une incision cruciale, relever les lambeaux, el appliquer la couronne de trepan. II sera decrit avec details a 1'article trepanation (voy. TREPAN, TREPANATION).

La resection du sternum a etc pratiquee tin certain nombre de fois. Par sa position, sa forme, sa texture, cet os se prete facilement aux manoeuvres operatoires ; mais 1'importance et la de'licatesse des organes qu'il recouvre doivent rendre tres-prudente et Ires-circonspecle la main qui se porte sur lui.

Nous avons de'ja cite 1'ope'ration bien connue de Galien, qui enleva a son malade une large portion cariee du sternum. La Martiniere apporte une obser vation de resection pratiquee par M. Ferrand, maitre en chirurgie, a Narbonne. Labissierc, J.-L Petit, Gcnouville, ttavaton, Cullerier, Boyer, Gilette, donnent des indications de la resection du sternum. LisIVanc dit que Percy citait souvent a ses eleves des operations de ce genre. II avait hu-meme enleve des pieces considerables de cet os. Larrey a excise la moitie du sternum ; Genouville et Boyer en out rese'que presque la totalite (Lislranc, Me'd. operatoire}. Clandin vit guerir en six semaines un bomme auquel il avait enleve (3 centimetres de sternum.

Le tableau des operations pratiquees sur la poitrine, dans YHistoire chirurgicale de la guerre de la rebellion aux Etats-Unis, par A. Otis, indique 84 resections partielles du sternum. Leur resultat se traduit ainsi : 24 morts ; 42 re'fonnes ; 18 propres au service. La mortalite a done c'te de 28,5 pour 100.

Les principals indications de cette operation sont d'abord les maladies organiques de 1'os, la necrose, la carie. 1'osteite; ce sont aussi des lesions traumatiques, des fractures compliquees, des plaies par armes a feu, 1'enclavement de corps etrangers ; ce sont des tumours implantees et developpces dans la substance osseuse, et qui ne peuvent etre enlevees qu'en eulevant 1'os luimeme ; puis ce sont enlin les affections des parties situe'es en arriere de lui, certaines tumeurs du mediastin, certains abces vers lesquels 1'ouverture faite par une couronne de trepan ne saurait creer une voie sufiisante.

Les resections du sternum peuvent etre superficielles, ou porter sur toutc 1'epaisseur de 1'os. On trouve dans les auteurs quelques rares observations des resections superficielles du sternum, pratiquees dans des cas de necrose ou de carie. J.-F. Heyfelder a enleve au devant du sternum toute une lamelle d'os carie, en respectant sa face profonde. Son opere a gueri. Fergusson, moins hcureux, perdit un malade auquel il avait fait la meme operation. De pareilles pratiques me semblent justillees, a la condition d'un diagnostic exact et complet. Je veux dire qu'il faut d'abord pouvoir determiner les limites du mal, son etendue et sa profondeur, et qu'il faut aussi, surtout peut-etre, connaitre 1'etat general dn sujet, afin de ne pas faire une grave operation pour 1'ablation d'un mal dont la recidive est probable. On sait que les maladies du sternum se developpent souvent sous TinHuence de la scrofule et de la syphilis.

Ilabituellement, dans les cas de lesions chroniques du sternum, la plevre ^paissie, resistante, peut etre respectee, de telle sorte que. malgre 1'ablation

d'une portion osseuse la cavite thoraciquc n'est pas ouverte a 1'air. Ces cas sont les plus heureux. Dans d'autres, ou il a lallu enlever la plrviv adlirrenle et une portion clu pericarde, ou le coeur a ete mis a no, on a vu les operes succomber.

La resection du sternum dans toute 1'epaisseur de 1'os, appliqnce a des lesions de diverse nature, a ete suivie d'assez de succes pour qu'on tienne grand compte de ce moyen de therapeutique operatoire. J'emprunte an Traite des resections de 0. Heyfelder un tableau ou sont reunies et indiquees les obser vations connues de cette operation. Ce tableau ne renferme pas toutes les resoctions du sternum qui ont ete pratiquees, mais celles dont I'liisloire a cle donnee avec quelques details.

Relativement a sa gravite, nous pouvons dire de la resection du sternum ce que nous avons dit de sa trepanation : en elle-meme ce n'est pas une operation bien grave, et les accidents ou la mortalite qui la suivcnt dependent surtout des circonstances dans lesquelles on la pratique, dcs lesions qui ont necessile son intervention.

Je ne parlerai pas nonplus de son execution, pour laquelle on se conformera aux regies generates, en se pliant aux neccssites particulieres que cliaqiir cas pourra imposer. On fcra uue incision en T ou cruciale, on sc servira de la gouge, de la scie, de la rugine, du trepan.

11 conviendra, apres la guerison, de protegcr et soutenir la cicatrice ct les parties interessees par une plaque de corne, de metal, de cuir bouilli.

Nous avons vu, en etudiant les difformites que peut presenter le sternum, comment Linoli avail ete appele a pratiquer la resection del'appendice xiphoide. Ce fait de Linoli est, je le crois, unique. L'operation qu'il pratiqua scmblc justified par les circonstances de la maladie du patient et, en realite, elle Test un peu par le succes qui 1'a couronnre. On ne peut pas demander a un fait isole de solidcs enseignemcnts ; ce serait une observation a consulter, un pareil cas e'cheant. SERVIER.

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STERXUTATIOX. La sternutation consiste dans une expiration brusque et violente qui chasse tout a coup et avec force une colonne d'air par la bouche et les fosses nasales, entrainant souvent les matieres contenues dans ces cavites. L'expiration est preceJee d'une contraction des muscles du front et de la face (principalement des sourciliers) et d'une inspiration profonde. Get acte est le resultat d'une action refle.ve dont le point de depart est dans une excitation de la muqueuse nasale, amenant la contraction des muscles expirateurs. Le mecanisme du mouvement reflexc a pour agents les filets pituitaires du trijumeau, qui fournit une partie des fibres sensitives dunerf diapliragmatique. On sail que 1'excitation du ncrf ophthalmique, brancbe du trijumeau, augmente la secretion des larmes, et c'est ce qui explique le larmoiement dont s'accompagne ordinaiiement la sternutation.

Quand le sujet laisse toute voie libre a la sortie de 1'air, i'eternument est accompagne d'un bruit plus ou moins eclatunt qui est produit dans le larynx, renforce et prolonge dans les fosses nasales. Mais souvent, pour eviter le bruit desagreable et aussi le rejet de mucosites ou de debris d'aliments, le sujet ferme bermeliquement la boucbe. Alors le bruit etout'fe se change en une sorte de sifflement.

L'eternument est un symptome frequent de certaines maladies, notamment du coryza ct de la rougeole. Joint a la rougeur des conjonclives et au larmoie ment, il annonce quelquefois 1'eruption rubeolique plusieurs jours avant son apparition et devient ainsi un element de diagnostic. A. DECHAMBRE.

STER\'[JTATOIRE§>. L'eternument, ce petit accident respiratoire special que tout le monde connait (voy. STERKOTATION), a ete souvent mis a profit dans un but tberapeutique par les medecins, et c'est plus particulierement aux agents de notre matiere medicale qui le provoquent qu'on a donne le nom de sternutatoires.

Jadis tres-employes , les medicaments qui font eternuer ent aujourd'hui

beaucoup perdu deleur importance et sont rarement presents. Ils offrent cependant d'utiles ressources anx praticiens dans bien dcs cas que nous enumererons tout a I'lieure, anssi bien devons-nous ne pas les oublier completemeut.

Autrefois on les rangeait dans la grande classe des errhins, qui comprennit 1 'ensemble des substances medicamenteuses destinees a etre introduites dans la cavite des fosses nasales pour y produire des effets therapeutiques, de tclle sorle que ces deux mots : stermitaloires et errhins, ne sont pas absolument synonymcs, car ceux-ci ne provoquent pas tous la sternutation. En revanche, il y a une synonymic complete entre les termes sternutatoires et plarmiques, de jrraipw, j'eternue, employes indistinctement dans le memc sens par la plup:>rt des auteurs. Mais il faut convenir que Tun et 1'autre laissent beaucoup a desircr sous le rapport de 1'euphonie.

Hippocrate connaissait la valeur medicale de l'e*ternument, comme on pent en juger par cet apborisme :

Midieri ab ulerina passione vexat(c aut difficulter parienti sternulatio superveniens bonum (aphor. XXXV, sect. 5), dont 1'exactitude a ete* sou vent verifiee.

Avec 1'introduction du tabac a priser dans les babitudes europt'ennes vers la tin du seizieme siecle et le commencement du dix-septieme, 1'etude des sternu tatoires repvit faveur. On attribuait alors volontiers des vertus curatives a cette pratique degoutante des priseurs, admise tout d'abord sous le convert de la medecine.

On peut voirdans la partie bibliographique de cet article que de 1678 a 1779 1'usage medical des sternutatoires fut 1'objct d'un certain nombre de travaux ou de dissertations. A partir de cette derniere date on ne s'occupe plus guere de cette question therapeutique. Et si, a 1'heure actuelle, il est fait mention des sternutatoires dans les traite's de matiere medicale et de therapeutique, c'est a titre de renscignement historique sur une melhode qu'on dit etre a pen pres abandonnee.

I. USAGES. On attribuait autrefois aux agents capables de determiner 1'eternument un grand nombre de vertus. C'est ainsi qu'on les conseillait dans les maladies soporeuses, les syncopes, les affeclions convulsives, les douleurs de tete, les maladies catarrhales du nez, des yeux, des oreilles et de la gorge; puis ils passaient pour arreter le hoquet ; pour favoriser 1'expulsion du foetus et du placenta; pour faire crever les abces de la gorge, de la tete, etc., etc.

II est bien certain que, si plusieurs de ces applications sont d'une utilite douteuse, il en est quelques-unes qui ont leur valeur. Etudions ces applications satisfaisantes, et nous verrons que les medecins d'aujourd'hui pourraient encore puiser dans ce cbapitre d'une vieille pharmacopee de bonnes inspirations.

Schwilgue a classe les indications des sternutatoires sous differents chefs, et c'est cette division, qui me semble tres-rationnelle, que je veux reproduire ici. Suivant cet auteur, ils sont indiqucs :

1° Pour re'tablir la respiration suspendue. Nul ne contestera sans doute la valeur des ptarmiques dans les cas de syncope ou de lipothymie. Avant tout traitement plusenergique, lorsqu'il s'agit de secourir unepersonne quise trouve mal, on commence d'abord par lui chatouiller 1'interieur du nez avec un crin, une barbe de plume, ou bien Ton place sous ses narines un flacon de sels cu d'ammoniaque liquide, de maniere a irriter la pituitaire et a determiner par action reflexe cette contraction particuliere du diaphragme qui donne lieu a

rcternument ou excite simplement {'inspiration. L'air pcnetre alors plus ou moins brusquement dans les voies respiratoires ct le patient se raninie sous 1'influence de cette petite excitation. Je n'ai pas a m'etendre ici sur 1'usage, 1'abus, dirai-je volontiers, quo font les dames nerveuses du flacon de sels anglais, lequel agit par les vapeurs de sous-carbonate d'ammoniaque ou d'acide ace'tique qu'il laisse se degager; comme on le sait, il rie quitte guere ces mallieureuses femmes qui 1'ont toujours pres d'elles, nuit et jour.

Dans des cas plus graves, dans I'asphyxie cause'e par des yaz me'phitiques, ou par les vapeurs des anesthe'siques chirurgicaux ordinaires, on commence toujours le traitement par 1'emploi d'un ptarmique. C'est que meme alors, au milieu de cette anesthesie profonde et generate ou le patient est plonge, la muqueuse pituitaire conserve seule un reste de sensibilite, qu'on peut metlre a profit avec succes pour rctablir 1'acte respiratoire. Sans doute, il y a des moyens plus cnergiques : 1'electricite, la respiration artificielle particulierement, mais il n'en existe pas de plus simple, de plus rapide dans ses effets, de plus inoffensif.

Les sternutatoires usites en pareilles circonstances sont les agents qui irritent legerement, clrtitouillent la muqueuse nasale : les vapeurs d'ammoniaque, d'acide acetique, et tous les excitants mecaniques.

2° Pour expulser les corps e'trangers des voies ae'riennes. C'est encore une des bonnes applications des sternutatoires. II est positif que sous {'influence de 1'expiration brusque, violente, de 1'eternument, qui chasse a travers les voies acriennes une masse d'air souvent considerable, on peut voir des corps etrangers inlroduits dans les broncbes, le larynx ou le nez, etre expulses au debors. Tout le monde a sans doute verific cet effet pour le mucus accumule dans les voies aeriennes, lequel est souvent projete fort loin du sujet lors d'un eternument.

Les exemples ne sont pas rares non plus dans la science de corps etrangers plus consislants, debris d'aliments ou autres, de corps tout a fait durs : pieces de monnaie, boutons, etc., qui, introduits dans la trachee, le larynx ou la cavite des fosses nasales, ont pu etre rejetes au debors sous 1'influence de la detente d'un violent eternument, provoque ou spontane.

Toutefois, si les succes ne se comptent plus pour les corps etrangers du nez, ils sont beaucoup plus rares quand il s'agit de ceux du larynx et de la trachee, a moins, je le repcte, qu'on ait affaire a du mucus concrete, a du sang coagule, a des fausses membranes, ou bien enfin a un corps mou ou tres-petit. Pour reussir dans ces diffe'rents cas, il est necessaire de s'adresser a un stenmtatoire e'nergique : tabac", muguet, ellebore blanc, asarum, etc.

J'omets ici une des indications des sternutatoires fournie par Schwilgue, celle qui a trait a leur emploi pour prevenir {'invasion des maladies dangereuses. Jamais quelques secousses d'eternument ne pourront avoir d'effet prophylactique contre une maladie infectieuse ou inflammatoire. C'est la une idee fausse, qui derive sans doute de certaines conceptions superstitieuses de la science antique.

5° Pour augmenter la 'secretion du mucus nasal et des larmes, on faire sortir le mucus amasse dans les sinus. Ces differents effets peuvent etre evidemment demandes aux sternutatoires. Autrefois on les mettait a profit dans le traitement de certaines ophthalmies super ficielles ou profondes, parce qu'on les considerait comme pouvant etablir dans les fosses nasales une secretion de fonticule capable de bons effets revulsifs.

Je rappelle a ce sujet que 1'un des plus violents parmi ces agents, 1'ellebore

blanc, a longtemps joni d'une grande reputation dans le traitemcnt de r rose. On pensait alors que 1'irritation produile par lui sur la membrane de Schneider se transmeltait par 1'intermediaire clu lilet nasal du trijumeau, sympathiquement, jnsqu'au ganglion ophthalmique, etstimulait la les nerfs ciliaii'es affectes d'atonie.

Cette maniere de voir, qni a ete soutenne cependant par nn chirurgien dis tingue, Mannoir (de Geneve), parait aujourd'hni bien peu justifiee, naive, dirai-je presque, en presence des progres de I'ophthalmologie qui out singulierement bouleverse le champ des amauroscs.

Laissons done de cole cette application des errhins dans ce groiipe morbide designe sous cette expression terminologique, qui n'a plus grande signification pour nous aujourd'hui, et bornons-nous a dire que les ptarmiques, le tabac specialement, usites autrefois dans certaines ophthalmies congestives, ne sont plus guere employes actuellement qu'empiriquement dans la medecine populaire. Cependant, en raison de 1'irritation qu'ils produisenl a la surface de la pitnitaire et du larmoiement qni accompagne leur action, je ne les crois pas absolument depourvus d'effets curatifs dans les ophthalmies chroniques snperficielles a forme congestive. Quelques malades al'iinnrnt s'etre bien trnuves de 1'usage du tabac a priser en pareils cas. J'ai souvcnt enfendu des recits de cct ordre, faits avec bcaucoup de conviction, mais absolument hors du terrain scientifiquc, et d'ou il rcssortait que le 'tabac s'etait montre puissant pour « eclaircir la vue ».

Pourrait-on compter sur celfe action quelqne peu irritante des sternutatoires pour faire avorter un coryza an debut Y C'est possible. Ici nous assisterions a des phenomenes de substitution. Ce moyen a cte conseille anciennement par Hoffmann. On a beaucoup vante il n'y a pas tres-longtemps les inhalations iode'es dans ce cas, lesquelles sont bien sternutatoires. Je crois, en eifet, que la sternutation est plutot indique'e au debut du rhume de ccrveau que dans le de'cours de celte indisposition assez desagreable. On 1'a cependant encore mise t> profit dans quelques cas chroniques; le remcde pent etre bon.

3'ajouterai que, de memeque les expectorants ont leur utilite dans certaines affections catarrhales des voies respiratoires , de meme les sternutatoires, en debarrassant les cavites des fosses nasales et leurs annexes, les sinus, des secre tions inflammatoires qui les obstruent, peuvent aussi enrayer la marclie, hater la guerison d'un coryza et retablir 1'integrite de 1'olfaction.

4° Pour reveiller Faction de Uencephale, des sens et de ruler us. La secousse de 1'eternument cause manifestement 1'afflux clu sang au cerveau, par action meeanique, aussi bien est-il utile de la provoquer dans 1'etat de syncope par anemic cerebrale et dans les cephalees qui reconnaissent pour originc cette meme anemie. D'autre part, la contraction brusque du diaphragme et cet etat convulsif des muscles intrinseques et extrinseques de la respiration qui s'observent lors de 1'eternument peuvent aussi bien agir sur 1'ulerus par 1'intcrmediaire du paquet intestinal d'nne facon toute meeanique, c'est-a-dire ebranler fortement cet organe. Or c'est precisemcnt cet ebranlement qui parfois a ete recherche dans nn but therapeutique. Voyons quelques applications derivees de ces differents faits.

II y a bien longtemps qu'on a preconise les sternutatoires contre les cephale'es et contre certaines somnolences, essentielles, pourrait-on dire, ou mieux noa symptomatiques de lesions nerveuses. Max Simon rapporte que tel aurait ele

particulierement le cas de diaries IX, qui fut gueri d'nne ceplialal^ie intense par 1'usage du tabac a priser. Depuis lors tous les auteurs de traites dc matiere medicale ont signale cette application. Je la crois bonne aussi, mais je dois declarer que 1'empirisme est ici le seul guide du medecin. II est bien difficile souvent de determiner quelle est la nature d'une cephalee,' quelles en sont ia cause et la maniere d'etre.

11 a'est pas moins difficile encore d'expliquer 1'action des ptarmiques en pareils cas. Agissent-ils en congestionnant mecaniquement 1'encephale ou bien en etablissant a la surface de la pituitaire une irritation revulsive, en produisant 1'epistaxis? Ce sont la des questions a resoudre.

Les medicaments a prescrire sont les agents ptarmiques peu violents : tabac, muguet, asarum, etc. Max Simon s'est bien trouve chez trois malades de conseiller une poudre sternutatoire composee de parties egales de marjolaine, muguet et cabaret.

La poudre Saint-Ange, inventee par un empiriquede ce nom,jouit longtemps d'une grande reputation centre les douleurs de tete. Elle se composait, dit-on, mais il y a diverges interpretations, de :

Poudre de feuille de cabaret .......... 1 once. 30 grammes.

li.-u-me d'ellebore blanc ............ 1 scrupule. Is'.iO

Essence de girofle ou poudre d'iris, pour aroma-

tiser ................... Q. S.

Elle est tres-irritante, agit violemment, au point de determiner des epistaxis, et elle a ete accusee de produire de la congestion cerebrale.

Recamier, qui se servait volontiers des sternutatoires dans certaines cepbalalgies, prescrivait 1'association betoine, asaret et ellebore blanc. Voici deux examples qui montreront la tactique dece medecin ingenieux.

Un enfant de deux a trois ans, atteint de gourme, eprouva, apres la disparition de cette dermatose, des maux de tete, de la somnolence, des vertiges et des elourdissements. Recamier conseilla de le trailer par sa poudre sternuta toire, a la dose de 10 a 12 prises pour commencer, et le lendemain on 1'administrait toules les demi-heures. Bientot il se prodnisit un e'coulement nasal abondant et 1'enfant cessa de souffrir de la tete. La medication n'avait trouble ni son appetit, ni ses digestions.

Dans le second cas il s'agit d'une dame, a la menopause, qui se plaignait de cephalalgie cruelle, avec vertiges, battements violents dans la tete. Recamier lui ordonna une prise de sa poudre sternutatoire toutes les beures d'abord, toutes les demi-beurcs ensuite, enfin tous les quarts d'heure. La guerisou fut obtenue en trois semaines.

Voici maintenant la formule exacte de cette poudre sternutatoire :

de feuillcs de betoine .......... | ,

aa 3* crammcs.

— d asarel ........... 1 •*

Poudre d'ulk'bore blanc ............. 4 —

On pulverise assez grossierement les feuilles bien secbes de betoine et d'asaret melangees, et 1'ou ajoute la poudre d'ellebore.

La migraine simple est assez souvent encore aujourd'hui traitee par les sternutatoires, surtout par le tabac. Nombre de personnes prisent sa poudre, disent-elles, pour combattre cette desagreable infirmite. Le succes est souvent t«l, que les patients poursuivent toute leur vie la cure et ne parviennent pas a

se debarrasser de cette habitude repugnante qui consiste a se bourrer le nez de poudre de tabac.

C'est a ce type des sternutatoires, le plus usite malheureusement, qu'on a altribue le merite de stimuler le cerveau et de rendre le travail de 1'esprit plus facile et plus prompt.

A supposer que la remarque soit exacte, ce qui n'est pas demontre scientiliquement, il resterait a rechercher si le labac agit ici en tant que sternutatoire, ou bien s'il ne produit pas son effet a la suite d'une absorption de cerlains de ses elements par la muqueuse. Cette absorption est reelle, car on a vu des cas de nicotinisme chez les priseurs (Pereira).

II est line autre substance sternutatoire qui a pu menacer un moment le tabac dans cet usage special, je veux pailcr du camphre, qui sous 1'impulsion des doctrines de Raspail fut aussi prise a tilre de cepbalique. Je reconnais qu'il peut etre de quelque utilite au debut d'un rhume de cerveau et je 1'associe d 'habitude au sous-nitrate de bismuth porphyrise, dans la proportion de 1 gramme centre 5 de ce dernier pour enrayer ce catarrhe.

En definitive, les sternutatoires peuveut rendre quelques services dans cer tains cas de cejihalee opiniatre, dans la migraine et dans le coryza, au debut ou dans !a forme chronique de cette derniere affection, el il n'est pas impossible que quelques-uns, le tabac surtout, agissent comme stimulants du cerveau et favorisent 1'acte intellectuel de cet organe.

Enfm, j'ajouterai, et c'est par la que je lermine ce paragraphe, qu'on s'en est servi avec succes dans certains cas de surdite et pour agir mccaniquement sur 1'uterus. Voici dans quelles conditions : lorsque la trompc d'Eustache est obstruee par des bouchons de mucus, a la suite d'une affection catarrhale de 1'arriere-gorge qui s'est propageea ce conduit, on concoit que, lors de 1'expiration brusque causee par I'eternument, 1'air soit refoule jusque dans la caisse du tympan ct rende a cette cavite son fonctionnement normal. 11 se passe la ce qu'on observe lors du calbeterisme de la trompe dans les affections catarrhales de 1'oreille moyenne : le canal est desobstrue et 1'air peut arriver dans cette cavite.

C'est de cette facon qu'on peut expliquer, suivant moi, le succes rapporle par Oberstadt, la guerison d'un cas de surdi-mutite accidentelle par la poudre sternutaloire de llufeland. Il s'agissait d'un garcon tailleur qui, arrete par suite d'une meprise, fut enl'erme pendant dix-huit hcures dans un cacliot humide. La frayeur le rendit muet et sans doute 1'humidite sourd; toujours est-il qu'il sortit de la ne pouvant plus parler et n'entendant plus. Oberstardt lui fitmettre un vesicatoire derriere 1'oreille, prescrivit I'usage du calomel associe au soufrc dore et la poudre sternutatoire de llufeland, dont voici la formule :

Marjolainc, lavande, sucre blanc aa ^ grammes.

Fleur de muguet en poudre ? ~> a

I'omlre de savon medicinal ^ aa

Essence d'oeillet et de bergamoUe aa 2 gouttes.

Un beau jour, apres un eternument, le patient sentit un bouillonnementdans la tele et il recouvra aussitot 1'ouie.

Chez un de mes malades aiteint de surdile d'origine catarrhale, pareille action se produisit apres un eternument dans la rue. L'ouie se retablit entierement durant liuit jours, puis s'affaiblit ensuite, pour reparaitre enfin sous 1'influence d'un traitement approprie.

58 STERNCTATOIRES.

Cette application est ancienne d'ailleurs, car Fourcroy ecrivait en 1795 : « On se sert des sternutatoires pour degorger les parties voisines des differentes cavites nasales : les yeux, la gorge ct les oreilles » ; et j'ajoute qu'elle est rationnelle.

La secousse de 1'eternument a pu egalement activer par action toute mecanique un accouchement laborieux et hater une eruption difficile des regies. Ce sont la des fails d'observation ancienne, antique, devrais-je dire, curieux, mais sans porte'e pratique.

Je doute fort qu'un accoucheur songs aujourd'hui a prescrire unc poudre sternutatoire dans un cas de travail laborieux. Si le col est dilate ou dilatable, il fera une application de forceps, et tout sera dit.

Pas davantage le medecin de nos jours ne remettrait a une de ses clientes atteinte de dysmenorrhee la prescription d'une poudre sternutatoire.

5° Pour faire cesser xn c tat convulsif ou spasmodique de lappareil respiratoire. Le Iloquet, ce spasme si fatigant ct desagreable du diaphragme, a souvent cede a 1'action d'un sternutatoire. C'est la une ressource a utiliser dans certains cas qui resistent aux moyens empiriques ordinaires : le morceau de sucre vinaigre, 1'arret voulu de la respiration, 1'eau froide bue lentement, etc.

Cette application me semble fort rationnelle, et, a coup sur, elle est inoffen sive (voy. Foreslus, Opera, lib. V, obs. 15).

Dans le sjtasme simple de la glotte, les sternutatoires me paraissent egalement pouvoir rendre des services et aussi dans Vasthme essentiel, soit qu'il s'agisse de faciliter 1'enlree de 1'air dans les voies aeriennes, soit pour hater 1'expulsion des mucositcs obstruant les conduits ac'riens et genant mecaniquement 1'acte respiraloire, soit enfm pour decongestionner par expression mecanique les poumons ou les autres organes contenus dans le thorax, car on n'ignore pas que 1'obstruction des voies respiratoires par du mucus ou du muco-pus, que les stases sanguines dans 1'appareil cardio-pulmonaire, favorisent singulierement 1'etat spasmodique d'ou derive la dyspnee.

« La nature, dit Fourcroy, qui, dans les maladies catarrhales, excite souvent elle-meme ce mouvement convulsif du diaphragme, annonce que 1'eteniument est un moyen tres-propre a degorger toutes les membranes situees au-dessus de cette cloison musculaire. »

Par consequent, les sternutatoires peuvent soulager certains etats de dyspnee, tout comme ils viennent en aide aux sujets atteints de syncope on d'asphyxie.

6° Applications diverses. Quelques medecins ont prescrit ou prescrivent meme encore aujourd'hui les sternutatoires pour faire rompre un abces des amygdales. Ce pent etre une ressource, en effet, chez les sujets qui redoutent le bistouri, ou bien dans les cas ou les malades ne peuvent ouvrir la bouche.

Lorsque la diphtheric a envahi le larynx et les bronches, quaud les iausses membranes sont flottantes dans ces conduits ou dans la trachee, une secousse d'eternument les expulsera parfois ou en facilitera le detachement.

D'autre part, Guersant est d'avis que les sternutatoires devraient etre employes pour eclairer un diagnostic dans le cas de lesions de 1'encephale ou du poumon. Au moment de 1'eternument la douleur sera ressentie au point lese, ce qui permettra au medecin de circonscrire ses recherches.

La sternutation a meme ete indiquee comme un moyen a essayer dans cer tains cas de cholera, pour ranimer la respiration sur le point de s'arreter et stimuler la circulation languissante. Jolly avail conseille cette pratique dans son travail sur le cholera. Mais Roger, de 1'Orne, le premier, publia des fails en

faveur de ce traitement, qui lui avail etc rcvcle par un hasard singulier. Un jour qu'il avail etc appele pres d'un cholo'rique dans un rial grave, a la periode d'algidile, il lui prescrivit 1 gr. 50 de poudre d'ipeca, en trois prises. Par suite d'une dc ces interpretations etranges qu'on voil quelquefois dans la pratique im'dicale, on introduisit le remede dans les narines du palient, qui ful pris aussilot d'elernuments repetcs cl violents. A la suile de ces secousses il y eut une reaction Tranche, ce ful le salul du malade.

On a encore prevenu quelquefois les atlaqnes dlt/jsterie ou d'cjiilr^ie a 1'aide de poudres slernutaloircs.

Felix Plaler avail remarque que la crise d'epilepsie se tcrmiifc assez souvent par un etenmmenl : Sternufatio nt casum epileptic tun iiilerdinn [tra'cnl/l, ita nonnunquam einndem fin/1.

D'ou 1'idee naturelle de fairc cternucr un epileptique qui a une atlaquc, pour hater sa delivrance.

Recamier, qui cul egalemcnt cetle mcme idee, la concul pour d'aulres raisons. Ayanl a trailer une jeune fille atteinte de cette nevrose, il observa quo loutes ses atlaques elaient precedees de lourdeur de lete, d'clourdissemenls, de vertiges, de tintemenls d'oreille et de troubles de la vue. 11 pensa que ces symptomes disparailraient sous 1'influence de sa poudre sternutatoire et la fil prendre a la malade pour la soulager. Or il advinl que non-sculeineiit ce soulagement fut oblenu, mais encore que les crises nerveuses s'eloignerenl de plus en plus.

Les hysteriques retardent ou empechent leurs altaques en respirant des sels, et elles peuvent sorlir plus vite d'une crise grace a 1'action d'un sternutatoire. C'esl la un fait bien connu, meme du vulgaire, sur lequel je n'ai pas a insister.

On peut voir par ce qui precede que les sternutatoires out quelques merites. Petits moyens, dira-t-on. Soil, mais actifs, inoffcnsifs, rapides dans leur aclion et toujours sous la main du medecin.

II. CONTRE-INDICATIOKS. II esl bien evidcul que 1'effort violent qu'entraine la sternutation peut avoir dans cerlaines circonstances de graves inconvenienls. Aussi bien est-il prudenl de cboisir les cas avec discernemenl quand il s'agil d'en prescrire 1'usage. On evilera, par exemple, de les recommander aux sujets alteinls de hernie irreductible ; a ceux qui sonl affecles d'anevrysmc ou de dis position a 1'apoplexie; aux femmes grosses; aux blesses qui ont des fractures ou des plaies saignant facilement ; aux cnfants Irop jeuues (je ne parle ici que des sternulaloires irrilanls), el, d'une facon generale, aux sujels ple'thoriques, et a ceux, enfin, qui ont facilement des epistaxis.

III. MA.TIERE MKDICALE. FORMULAIRE. Le nombre des sternutatoires est consi derable, c'esl pourquoi les auleurs, pour plus de facilile dans la descriplion, adoplenl des divisions el partagenl ce groupe d'agenls ou de moyens en plusieurs classes. Je suivrai cet exemple et je les rangerai sous trois chefs dit'fcrents : 1° agents me'caniques; 2° sternutatoires ve'ge'taux; 5° sternutatoires mineral/ >•. La classification basee sur le plus ou moins d'irrilalion qu'ils delermincnt ne me scmble pas admissible, ou mieux possible a etablir dans des conditions d'exaclitude suffisante.

a. Les sternutatoires mecaniques son t ceux qui, comme les barbes de plume, le crin, la feuille de papier roulee en eslompe, un brin de charpie, elc., viennent chatouiller la muqueuse pituitaire et provoquer 1'acte reflexe qui aboutil a la

sternutation. A proprement parlcr ce ne sont la que des accessoires dans le groupe des stern utatoires, — des moyens de causer 1'eteraument.

C'est mecaniquement aussi qu'agit sans doute le rayon lumineux lorsqu'il produit 1'etermiment. Gall, a la verite, croit que la lumiere impressionne alors les tilets du trijumeau qui sont dans 1'iris et secondairement ceux qui se rendent dans la pituitaire (Anat. et physiol. du systemenerveux).

Mais ne pourrait-on pas dire plus simplementque la lumiere qui frappe 1'oeil inopinement produit le larmoiement et que ce sont les larmes, arrivant en abondance dans le nez par le canal nasal, qui chatouillent la muqueuse pituitaire et font eternuer? J'ai quelquefois observe ce fait sur moi-meme.

b. Sternutatoires ve'yetaux. G'est surtont la famille des Labiees qui nous fournit le plus grand nombre de ces agents et, certainement, tous tres-inoffensifs. Je citerai les suivants, dont on peut utiliser les feuilles, les fleurs, les seraences et les racines :

Hyssope officinale Ilyssopus officinalis.

LavanJe (fleurs) Lavandula vera.

Marruba (fleurs) Marntbium vulgare.

Melisse Melissa o/ficinalis.

Menlhe pouliot Menlhti pnle//ium.

verte — viridis.

poivree piperi/n.

Origan-marjolaine Origanum majorana.

— vultraire vuli/nri'.

Sariette Sntitrcin hortensis.

liomarin Rnsnifirinus officinalis.

Sauge Sali'ia o/ficinalis.

Petit chene (ou germamlre'e) Teiicritun chamaednjs.

Teurrium marum — mnriim.

Betoine officinale • . . Belonica officinalis.

La famille des Solanees nous fournit le type des Sternutatoires et le plus usite, le tabac, Nicotiana tabacum, et celle des Colchicacees les plus violents : le Veratrum album et le V. nigrum.

Enfin je citerai le cabaret, Asarum Europccum (Aristolochees) et le muguet commun, Convallaria majalis (Asparaginees), assez usites; la staphisaigre, Delphinium staphisagria (Renonculacees), YAchillcea ptarmica, la cevadille, la scille, le sene, le poivre, la moutarde, le gingembre, la girofle, la poudre d'iris dont tout le monde a pu apprecier les efiets Sternutatoires, etc. J'omets a dessein 1'euphorbe dont 1'action trop \iolente ne doit jamais etre ulilisee.

c. Sternutatoires miner aux. lls sont tres-rarement employes et n'offrent aucun avantage sur les pre'ce'dents. On cite generalement les carbonates alcalins, le chlorure de sodium, le chlorhydrate d'ammoniaque, les oxvdes de cuivre, de zinc, de mercure, de fer; le bisullure de mercure.

Enfin je rapprocherai de ces agents inorganiques le sucre, la manne, le clilore gazeux, le gaz ammoniaque ou 1'alcali volatil, 1'acide acetique, etc. Cadet- Gassicourt avail propose autrefois une sorte de tabac artificiel prepare de la facon suivante : on arrose d'eau salee un melange de tan en poudre et de sucre, puis on laisse s'etablir la fermentation. Le produit ainsi obtenu est un puissant sternutatoire. En 1'impregnant d'une teinture de tabac, il se rapproche tellement du tabac a priser que des amateurs s'y sont trompes, dit 1'auteur.

Formulaire. Lorsqu'on prescrit une poudre slernutatoire un peu energique, telle que celle d'ellebore blanc, il est bon de 1'associer a une autre moins stimulante : celle de muguet, de sucre ou d'une des labiees que nous avons enu-

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merees. De cetle facon on arrive a bien graduer 1'action du remede. Yoici, du reste, quelques formules qni indiquent comment on peut proceder :

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