‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales Volume 91Chapitre 40 sur 145 · L. HN · texte numérisé non relu

L. HN

Stromeyer (CiiRisiuN-FRiEDRicH). Ne en 1761, termina ses etudes en aigleterre et vint se fixer a Hanovre, sa patrie, apres avoir servi dans 1'arme'e, t fut pen apres nomme chirurgien de la cour royale. II devint chirurgien du oi en 1802, puis premier chirurgien de 1'hopital de Hanovre. Vers la fin de sa arriere, retire de la clientele, il s'occupa particulierement de 1'organisation du ervice sanitaire de 1'armee hanovrienne.

II avait rapporte de 1'Angleterre la pratique de la vaccine et institua des accinations en Allemagne des 1799.

II publia plusieurs memoires sur ce sujet avec son ami Ballhorn qu'il de'terlina du reste a traduire 1'ouvrage de Jenner.

Citons seulement :

Traite de I' inoculation de la vaccine, avec lexpose fait sur cet objet a Hanovre. Leipzig, 801, gr. in-8% fig. L. HN.

Stromeyer (GEORG-FRiEDRicH-Locis) . Celebre chirurgien allemand, le medecin nihtaire le plus eminent de 1'Allemagne. II naquit a Hanovre le 6 mars 1804; PICT. ENC. 3e s. XII. 24

370 STROMEYER (LES).

fils du precedent, il etait d'une famille ou la vocation medicale e'tait en quelque sorte here'ditaire. II y avait eu du cote paternel liuit medecins, dont un professeur de medecine, et deux medecins du cote de la mere, qui etait d'origine francaise, de la famille Louis de Lescure, pres de Nimes.

Apres avoir termine ses humanites, le jeune Stromeyer commen^a 1'etude de la medecine et de 1'histoire naturelle sous la direction de son pere; il etudia ainsi deux ans a 1'Ecole de chirurgie de Hanovre, puis il continua ses etudes a Gottingue et a Berlin, ou il obtint le diplome de docteur en 1826 apres la soulenance d'une dissertation intitule : De hydroceles cura per injectionem (Berolini, gr. in-8°).

Desireux de se perfectionner dans 1'art de guerir, il entreprit un voyage de plusieurs annees (1826-1829) et visita les principales universites de 1'Allemagne, ainsi que les ecoles de Londres et de Paris. A Londres, oil il sejourna un an, il fut 1'eleve de Lawrence, de Charles Bell, de Brodie et de Guthrie; il arriva a Paris en 1828, et la ce fut Dupuytren qui exerca sur lui le plus grand attrait.

De retour dans sa patrie, il commenca a y exercer son art. La lecture d'un ouvrage de Delpech, de Montpellier, sur le traitement des difformites, 1'avait beaucoup impressionne, et c'est en s'inspirant de cc livre qu'il praliqua, en 1831, sa premiere section sous-cutanee du tendon d'Achille; robservation n'en fut publiee qu'en 1855; les Allemands sont d'autant moins fondes a revcndiquer pour lui la creation de la tenotomie sous-cutanee, qu'il reconnait lui-meme ea avoir puise la premiere idee dans Delpech ; nous dirons, avec Rochard : « C'est a Delpech et a Dupuytren qu'il 1'aut faire remonter la tenotomie; rAlIemagne n'a fait qu'en feconder les germes, Stromeyer et Dieffenbach ne sont venus qu'en second lieu. »

Stromeyer persevera dans cette voie et, entre autres decouvertes,realisacellede la strabotomie : « C'est dans ses Contributions a I" orthopedic que Stromeyer avait public la fameuse notice de vingt lignes ou il parle de la possibilite de guerir le strabisme par la tenotomie des muscles de 1'oeil, et ou il indique, en merae temps, le precede operatoire a suivre,procede auquel ses successeurs immediats ne changerent presque rien. Peu de questions chirurgicales out provoque' une aussi grande masse d'ecrits ; 1'operation fut executee dans des milliers de cas, parmi lesquels il y eut tant d'insucces qu'elle finit par etre a peu pres abaiv donne'e. Et cepcndant Stromeyer avait raison ; seulement la realisation de son idee, 1'application exacte du principe qu'elle renferme, ne pouvaieut avoir lieu qu'apres des etudes physiologiques destinees a repandre la lumiere sur le strabisme en general et sur les conditions de sa guerison.

« L'inventeur de la tenotomie oculaire pouvait-il se douter alors que cette operation servirait plustard, non-seulement a re'tablir 1'expression regulieredela physionomie — son but primitif — mais encore a etendre le champ de la vision binoculaire normale, a combattre la diplopie, a restituer 1'equilibre rclatif des muscles oculaires, lorsque 1'action excessive de Tun d'eux produit des troubles fonctionnels dangereux : toutes questions a peu pres inconnues a 1'e'poque ou Stromeyer jetait dans les esprits 1'ide'e de la strabotomie, dont 1'elaboration a peut-etre provoque, plus tard, les travaux classiques auxquels se rattache un nom inseparable de 1'ophthalmologie moderne, celui d'Albrecht deGraefe? »

La reputation qu'il avait acquise procura a Stromeyer. des 1858, la chaire de clinique chirurgicale a 1'Universite d'Erlangue; il avait ete auparavant charge

STROMEYER (LES). 371

u cours de pathologic externe a 1'Ecole de chirurgie de Hanovre et s'en etait cquitte a son honneur. Pendant son sejour a Erlangue, il fit ses premieres ^sections articnlaires. On sait que Tun des premiers il appliqua plus tard cette peration aux fractures par armes a feu, et c'est un de ses plus beaux litres de loire.

En 1841, il passa comme professeur de chirurgie a 1'Universite de Munich et n 1842 accepta la meme chaire a Fribourg, ou il resta jusqu'en 1848. Ce fut 'une des epoques les plus florissantes de sa vie que ces six annees qu'il passa :ans la belle vallce du Rhin ; de tous les pays limitrophes, Wurtemberg, Suisse, Jsace, on 1'appelaiten consultation. C'est a 1'occasion des combats de 1'insurrecion badoise qu'il fit ses premieres observations sur les fractures par armes a feu 2000 observations personnellcs).

Lors de la guerre du Danemark, il accepta le poste de chirurgien en chef de 'armee du Slesvig en meme temps que celle de professeur de chirurgie a Kiel. )ans cette nouvelle position, il monlra une capacite remarquable pour 1'orgalisation du service militaire en temps de guerre et une grande habiletc pour itiliser et former les jeunes chirurgiens militaires ; parmi ceux-ci, il rencontra in aide de grande valeur, Esmarch, qui, par la suite, devint son ami et son i;endre. En 1854, il prit les fonctions de chirurgien en chef de 1'armee de ianovre et reforma de fond en comble le service me"dical de cette armee ; ses nstructions au sujet du recrutement du corps sanitaire, de 1'organisation du nateriel du service medical en campagne, de la construction des casernes et les hopitaux, des conditions hygieniques a observer autant en temps de paix [u'en temps de guerre, sont de vrais modeles du genre, et Ton peut dire qu'avec Jtromeyer cesserent en Allemagne les anciens errements, qu'avec lui 1'Allenagne cessa d'etre tributaire de 1'etranger pour tout ce qui concerns I'organi- .ation de la medecine militaire.

A plusieurs reprises, Stromeyer accepta des missions scientifiques dans le mt d'etudier les epidemics, et il rendit des services signales dans cette direcion, surtout en ce qui concerne le cholera et 1'ophthalmie purulente.

Apres 1'annexion du Hanovre, en 1859, Stromeyer quitta le service actif. ^ous le retrouvons lors de la guerre franco-allemande en qualite.de chirurgien xmsultant au grand hopital etabli a Versailles. En reconnaissance des services ju'il avait eu 1'occasion de rendre aux blesses franQais, le gouvernement franjais apres la guerre lui envoya une decoration.

En 1872, il fit un voyage en Angleterre ou il fut accueilli avec enthousiasme, ;t en 1876 il celebra la cinquantaine de son doctorat. Quelques mois apres, le 15 juin 1876, il succomba a une attaque d'apoplexie.

Entre autres honneurs, Stromeyer avait obtenu en 1844, de 1 'Academic des sciences de Paris, un de ses premiers prix pour ses travaux sur la strabotomie.

Citons de ce savant chirurgien :

I. Skizzen und Bemerkungen von einer Reise nach Danzig und (lessen Umgegend (au sujet du cholera). Hannover, 1832, in-80. — II. Ueber die Paralyse der Inspirationsmuskeln. Hannover, 1836, gr. in-8°. — III. Orthopadische Erfahrungen und Operationen. Hannover, 1838, gr. in-8°. — IV. Beitrdge zur operativen Orthopddik oder Erfahrungen uber die nibcutane Durchschneidung vcrkilrzter Muskeln und der en Sehnen. Hannover, 1838, gr. n-8°. — V. De combinatione actionis nervorum moloriorum et sensoriorum. Erlanjjse, 1839, jr. in-8". — VI. Das Korektom, ein neues Instrument fur die kunslliche Pupillenbildung und fur die Extraction des ausgewachsenen Staares. Augsburg, 1842, gr. in-8°, pi. — fll. Handbuch der Chirurgie. Freiburg im Breisg., 1844-1868, '2 vol. in-8° (paru en 9 livraiions, dont la 5' publiee s6parement sous le titre : Ueber die bei Schusswunden rorhommen-

572 STRONGLE.

den Knochen-Verletzungen. Freiburg i. Br., 1850, in-8°). — VIII. Ueber den \erlauf des Typhus iinter dem Einflusse einer methodischen Ventilation. Hannover, 1855, 1870, o-r.

in-8°. — IX. Maximen der Kriegsheilkunst. Hannover, 1850, 1860, 1801, gr. in-8°.

X. Erfalirtiitgen iiber Sc.husswunden im Jaltre 1866 als Nachtrag zu den Maximen der Knegslieilkunst. Hannover, 1807, gr. in-8°, pi. — XI. Erinnerungeii eines deutschen Antes. Hannover, 1875, 2 vol. in-8°. L. H.\.

STROXGLE. Sous )e nom de Strangle ge'ant, on designe un Yer parasite, le plus grand des Nematoides connus, qui vit, sinon cxclusivement, du moins le plus ordinairement, dans I'interieur du reiu chez divers Marnmiferes, et peut-etre meme chez 1'homme.

Malgre la variele des animaux chez lesquels il a etc renconlre, cet entozoaire est relativement rare. Son existence parait avoir ete signalee pour la premiere fois, en 1585, par Jean de Glamorgan, qui, dans son Traite de la chasse du loup, dit 1'avoir trouve dans les roins de ce carnassier, puis par Boeihaave et par Andre Ce'salpin. Mais ces auteurs 1'avaient pris pour uu reptile, et c'est la I'origine de la fahle de serpents trouves vivants dans le venire des Loups. Plus tard, Th. Bartliolin, Charles Rayger, de L'Etang, Redi, Vallisneri, ^atlerer, etc., reconnurent, il est vrai, que c'etait un Yer, mais Collet-Mevret. en 180*2, le designa, le premier, d'une maniere positive, sous la denomination de Dioctophyme du chien. Rudolph! le placa ensuite dans le genre Strongylus, d'ou Diesing le retira pour en ibrmer le type de son genre Eustrongylus, et c'est sous le nom de Eustrongylus gigas Dies, qu'il figure maintenunt daus tous les Iraites d'helminthologie.

Le Strangle yeant se reconnait aux caracteres suivants : Corps cylindrique, de couleur rougeatre, regulierement attenue a ses deux extremiles, parcouru en dessus par des stries rapprochees, transverses, qu'interrompent des stries longitudinales profondes, et pourvu de huit faisceaux de fibres musculaires longitudinales. Extremite anterieure en forme de cone tres-surbaisse, presentant un orifice buccal arrondi, eutoure de six papilles labiales; 1'une de ces papilles est situee auniveau de la ligne dorsale mediane; de chaque cote, deux papilles correspondent aux lignes laterales, el, en has, deux autres papilles sont placees de chaque cote de la ligne mediane inferieure. Sur chacune des deux lignes laterales s'elevent, en outre, des papilles lactiles verruciformes, disposees en une rangee qui s'etend sur toute la longueur de ces lignes; vers la region mediane du corps, ces papilles sont plus ecartees que vers les extremites, ou elles se rapprochent les unes des autres; enfin, au voisinage de 1'anus, existent deux anneaux de papilles faisant suite aux rangees laterales et disposees sur un epaississement en forme de demi-lune qui entoure 1'orifice de 1'anus.

Le male, long de 15 a 40 centimetres, large de 4 a 6 millimetres, a la queue obtuse, terminee brusquement par une cupule copulatrice, du centre de laquelle sort un long spicule depourvu de gaine.

Chez la femelle, qui est longue de 40 centimetres a I metre et large de 4 a 12 millimetres, 1'anus est situe sous 1'extremite caudale et la vulve tres-rapprochee de 1'extremite anle'rieure du corps. Kile est ovipare. L'ovaire et 1'oviducle sont replies longitudinalement ; la matrice est oblongue.

Les observations de Schneider (Monogr. der Rematoden), de Leuckart (Die menschlichen Parasiten], et plus recemment de G. Balbiani (in Journal de I' anatomic et de la physiologic, publie par Robin, t. VII, p. 180, 1870-1871), ont fourni quelques donnees precises sur le mode de developpement du Strangle

Page 1