LOTION ANTISEPTIQUE (TROUSSEAU ET REVEIL
2f Sublime corrosif 8 crammes,
Alcool Q. S.
F. dissoudre dans :
Eau distillee 190 grammes.
De 154 cuillerees a bouchedans 500 grammes d'eau. Se servir d'une cuiller de bois, de verre ou de pprcelaine. FO.NSSAGRIVES.
SUBLINGUALE (GLANDE).
SDBL1NGUAL, (GANGLION). Voij. MAXILLAIRES (JVer/s), p. 261.
SUBLliMGIJAL,E (GLANDE). Deja signalee dans le Dictionnaire enct/clopedique, 5e serie, I. VI, cette glande fait partie du systeme extra-parietal des glandes salivaires, ainsi nominees par opposition aux glandules sous-muqueuscs des regions labiales, molaires, palatines et linguales, qni en forment le systeme parietal. Moinsvolumineuseque les deuxautres (la parotideetlasous-maxillaire), elle est situee en dedans dc cette tlerniere. On 1'a compare'e a une anianclc ; mais sa forme est plus exactement represenlee par un ellipso'ide parallele an corps de la machoire. Sa longueur est de 2 a 5 centimetres, sa largeurde i cen timetre, sur une epaisseur de 6 a 7 millimetres, son poids de 2 a T> grammes; elle presentc deux faces, deux bords et deux extrcmites. Sa face externe est logee dans la depression qu'on observe sur la face posterieure du corps de la machoire, au-dessus de la ligne myloidienne et en dehors du tubercule geni, plus en arriere, elle est en rapport avec le muscle mylo-byo'idien.
La face interne et posterieure touche les muscles lingual inferieur et genioglosse, le nerf lingual, les veines du meme nom et le conduit de M'barton ; le bord superieur, soulevant la muqueuse, forme une crete oblique d'avant en arriere et de dedans en dehors de chaque cote du frein de la langue ; c'cst sur ce bord qne s'ouvrent les conduits excreteurs de la glunde dont on pent quelquefois distinguer les orifices, soit a 1'oeil nu, soit a 1'aide d'une loupe. Le bord infe rieur est recu dans Tangle forme par la rencontre du mylo-hyoulien et du genio-glosse. L'extremite anterieure repose sur le tendon du genio-glosse et touche la glande du cote oppose. La poslerieure est en rapport avec la glande sous-maxillaire etavec des glandules qui se prolongent en serie jusqu'au niveau de la derniere grosse molaire.
VAISSEAUX. Les arteres proviennent le plus souvent d'une branche collaterale de la linguale, la sublinguale, qui, parallele au conduit de Wharton, se porte d'arriere en avant en decrivant des flexuosites entre les muscles mylo-hyoidien et genio-glosse, puiss'engage sous le bord inferieur de la glande a laquelle elle envoie de nombreux rameaux, fournit une petite artere qui s'anastomose par arcade dans 1'epaisseur du frein avec celle du cote oppose et dont la section accompagne ordmairement \" operation dile du filet.
Quelquefois c'est la sous-mentale, branche de la faciale, qui fournit ces vaisseaux arteriels.
Les veines se reunissent en plusieurs branches qui aboutissent a la veine ranine.
NERFS. On sait que le nerf lingual, entre les deux pterygoidiens, recoit du facial la corde du tympan, d'ou il resulte que dans sa partie anterieure il est compose de deuxordres de filets, les uns moteurs, les a litres sensitifs; les uns et les autres ont des representants dans la glande sublinguale. Suivant Blandin, ils contribueraient a former un petit renflement qui est place en has et en dehors de la glande, entre celle-ci et 1'os maxillaire inferieur : c'est le ganglion sublingual. « Son angle anterieur et interne, dit cet anatomiste, communique avec le nerf lingual par un filet court qui m'a paru avoir des rapports avec la corde du tympan. Son angle posterieur et externe recoit un filet qui se detache souvent du nerf lingual tres-haut pres du muscle pterygoidien interne ; enfin son angle anterieur produit un pinceau de filets qui vont a la glande sublinguale et s'unit au grand sympathique au moyen d'un filet plus grele qui se detache du plexus de 1'artere sublinguale. »
SUBLINGUALE (GLANDE).
Suivant, Longet 1'cxistcnce de cc ganglion est Join d'etre constante.
A sa place, M. Sappey (Traite d'anat. descript., t. Ill, p. 529) n'a trouve qu'un petit plexus dont les divisions se repandent dons la glande. Quoi qu'il en soil, il est elabli que cellc-ci regoit : 1° des filets moteurs venant de la corde du tyinpan, branclie du facial; 2° des filets sensitifs du maxillaire inferieur et des filets du grand sympathique. Les seconds portent a la moelle allongee 1'excitalion centripete, les premiers reflechissent 1'action excitante soit sur les vaisseaux suivant le mode des vaso-moleurs, soit sur les cellules des culs-de-sac terminaux de la glande, les filets sympathiques agiraient comme vaso-moteurs (Did. encyclop., oe serie, t. VI, art. SALIVAIRE).
Structure. La glande sublinguale est depourvue d'enveloppe fibreuse et entouree d'untissu cellulaire tres-lache; elle est composee de lobes, lobules et granulations, coimiie toutes les glandes en grappe; leur couleur est d'un blanc terne. Des granulations partent des canalicules qui, en sereunissant les uns aux autres, finisscnt par former les conduits excreteurs. L'interieur des granulations est creux et renferme des cellules d'epithelium dont le ramollissemcnt et la fontc forment la salive. Par analogic avec ce qui existe sur la glande sousmaxillaire, on pent supposer que les conduits excreteurs sont tapisses d'epiihclium pavimenteux ct que leurs parois se composcnt de fibres lamineuscs, de fibres elastiques et de fibres musculaires lisses entre-croisees.
('.IIIKIIIX excreteurs. Leur connaissance cxacte ne date que de ces dernieres annees.
Rivinus, en 1679, a signale le premier, cbez le veau, 1'existence d'un conduit provenant de la glande sublinguale marcbant au-dessus du canal de Wharton, mais ne communiquant pas avec lui.
Bartbolin, le fils, mentionne ce meme canal quelques annees plus tard, et 1' observe non-seulement sur le veau, mais encore sur la brebis, Tours et la lionne; il crut pouvoir s'en altribuer la decouverte.
Jusqu'en 1724 on ne put les voir cbez 1'homme et Ton supposait qu'ils s'ouvraient dans le canal de Wharton, mais a cette date Frederic Walther, dans un travail tres-remarquable (Sappey, Traite d'anat. descriptive], annonca que la glande sublinguale elait pourvuc de quatre conduits independants qui s'ouvraient sur son bord superieur; mais ce travail resta ignore. En 1857 M. Sappey se livra a de nouvelles recherches et constata que la glande sublin guale se com'posait toujours de plusieurs glandules dont le conduit excreteur propre a chacune d'elles monte vers son bord superieur ou il s'ouvre : « J'ai cstime leur nombre, dit-il, a quatre ou cinq ; mcs rocberclies, en un mot, viiirent confirmer celles de Walther ; jcreconnus en outre que jamais aucun conduit de cette glande ne se rendait dans le canal de Wharton. En 1858 (ajoute M. Sappey) M. Tillaux a complete nos connaissances sur celte glande en demontrant que le nombre des glandules etait plus considerable que nous ne 1'avions pense ; qu'il s'eleve en inoyenne a 15, a 20, et pent attteindre jusqu'a 25 ou 50. L'immersion suffisamment prolongee dans 1'acide lactique est le proce'de que cet auteur avail mis en usage. » Ce nombre des canalicules etait naturellement le meme.
Fonctions(voy.\"?c[i\c\& SALIVAIRE auquel ilrestebien peude chose a ajouter). Suivant Claude Bernard, le produit de secretion de la sublinguale est surtout destine a la deglutition, tandis que la salive de la parotide se rattache a la mas tication et celle de la sous-maxillaire a la gustation. Mais, en somme, le principal role de la salive mixte consiste a saccharifier les matieres amylace'es des aliments
en les transformant d'abord en dextrine, puis en sucre, grace a 1'action de la plyaline ou diastase animale.
Nous ajouterons quo cette proprie'le saccharifiantc de la salive n'existe pas a toutes les epoques de la vie et que chez les enfants en has age elle manque presque completement ; que, pendant les premiers mois, de petits sacs pleins de bouillie d'amidon, places clans la bouclie, ne subissent pas la transformation sucre'e; c'est seulement vers le douzieme mois que le ferment salivaire se revele (Parrot, Court de clinique sur V alimentation des nouveau-nes, lec.on du 7 mars 1885), d'ou decoule cette consequence : que la bouillie et les autres substances fe'culentes donne'es si souvent premature'ment anx nourrissons ne peuvent subir la transformation chimique ne'cessaire a la digestion et quelles doivent etre bannies de leur regime alimentaire. J. Auimv.
MEDECINE LEGALE. HYGIENE rrnnouE. La submersion, submersio, sommersione,sumercion, drowning, Toddurch Ertrinken, Ersticken in Fliissigkeit, est, suivant la definition de Littre, « 1'action de plongcr ou d'etre entitlement plonge dans un liquide. » C'est a la fois le fait de 1'immcrsion et 1'etat du corps submerge. L'usage a restreint ce mot a la situation d'un etre anime plonge dans un liquide et qui |>ar ce fait ne communique plus avec 1'air exterieur. Dans le langage medical, c'est I'immersion assez complete pour mcnacer la vie ou pour 1'eteindre, 1'idee de mort s'y rattacbe. L'bomme meurt par sub mersion, que la totalitc du corps ou une partie sculement soil plonge'e dans le liquide, pourvu que ce soil 1'entree des voies respiratoircs ; I'immersion de la face suffit, lorsqu'on ne peut ou ne veut pas la degager, quelles que soient la nature et la densite du liquide.
La mort par submersion est celle des noye's; noyer, « c'est faire perir, causer une suffocation dans 1'eau (Academie). Le noye, mersus, submersus, antici/ato, affogato, drowned, ertrankt, est celui qui a perdu la vie par submersion ou qui est menace de la perdre. » Entre 1'etat d'un noye qui revient a la vie et celui d'un noye dont la mort est irrevocable, la difference sera difficile a e'tablir » (Cabanis). La noyade, action de noyer quelqu'un, se dit surtout quand on noie plnsieurs personnes a la fois. « On appelle noyee, dit Fodere, toute personne qui, ayant e'te suifoquee par 1'eau ou par un liquide quclconque, y a perdu la vie, ou se trouve dans un pc'ril imminent de la perdre. L'etat du noye est une veri table asphyxie produite par le cbangement du milieu dans lequel la respiration ne peut plus s'entretenir, et peut-etre aussi par la viciation de 1'air renferme dans la poitrine de la personne qui se noie. »
I. HISTORIQUE. Ge genre dc mort est un des plus frequents ; il est en pre miere ligne parmi les accidents et les suicides; c'est un moycn d'homicide, il figure parmi les supplices. Son bistorique remonte baut; les anciens auteurs ne manquaient pas d'y rattacher les souvenirs de la fable, Palinure et Sapbo. L'idee de se debarrasser des gens en les jetant a 1'eau est tellement naturelle, dit Larousse, que la noyade comme supplice a du exisler de tous temps. D'apres TiteLive, un noble Romain, couvert d'une claie cbargee de pierres, fut jetc dans le fleuve, pour s'etre eleve contre 1'arrogance de Tarquin. Caceron, dans le plaidoyer pour Roscius, parle de la peine du parricide, cousu dans un sac et jete dans le Tibre. Dans les Institutes, on indique cet ancien usage emprunte, dit-on, a la legislation des Douze Tables : « Ge ne sera ni parle glaive, ni par le ieu, ni par aucune autre peine ordinaire, que le coupable ser?. puni, mais
cousu dans un sac avec un chien, un coq, une vipere et un singe, il sera jete dans la mer ou dans le fleuve voisin, afin que tons les elements commencent a lui manquer, meme avant la mort, que le ciel soil derobe a ses yeux et la terre a son cadavre » ; c'etait la crainte de rester sans sepulture qui faisait tant redouler aux Remains de perir dans un nauirage. Les Burgondes noyaient les femmes adulteres dans la boue ; le mahometan iaisait jeter a la mer la femme infidele renfermee dans un sac. Autrefois en Angleterre les voleurs etaient noyes dans un fosse. La submersion figurait parmi les cpreuvesjudiciaires du moyeniige. L'accuse, le bras droit lie a la jambe gauche, le bras gauche a la jambe droile, etait jete dans une cuve pleine d'eau et, s'il surnageait, c'etait la preuve de son innocence. Une ordonnance du prevot de Paris, du 25 juin 1495, enjoint aux malades forains, atteints de la grosse verole, de quitter la ville et les fau bourgs de Paris, et de retourner aux pays et lieux ou il sont nes, sous peinc d'etre jctes a la riviere, s'ils sont pris le jourd'hui passe. Sous la minorite de Charles VI, pendant les troubles de cette epoque, un certain nombre de seditieux, lestement enlcves par les archers royaux, t'taient jetes au fleuve dans des sacs de cuir, portant cette etiquette : Laissez passer la justice du roi. Les fauxmonnayeurs etaient etouffe's dans 1'eau bouillante. Un supplice de ce genre eut lieu a Rouen en 1521. Sous Henri IV, le 2 aout 1589, un jacobin, declare coupable d'assassinat, ful condamne a la noyade. La constitution criminelle de Charles-Quint, en 1532, etablissait que quelques crimes seraient punis de la mort par submersion. Des indications analogues se retrouvent pour desordonnances de Styrie, en 1585, du Tyrol, en 1605. Les noyes etaient nominativement designcs dans Iss peines dont etaient 1'objet les cadavres des suicides. Enrappelant les malheureux jete's dans la Seine et dans le Rhone, pendant les emeutes, et les noyades de Nantes, en 1795, avec le bateau a fond mobile an milieu du fleuve, on constatera que ce genre de mort a eu sa place dans les supplices modernes.
La submersion a elii employee comme moyen de traitement. Ce remede a ete conseille centre la rage, des la plus haute antiquite. Celse le constate en ces termes : « Sed unicum tamen remedium est nee inopinantem in piscinara, non « anteeiprovisam, projicere. Et si natandi scientiam non habet, modo mersum « bibere pati, modo attollere; si habet, interdum deprimere, ut invitus quoque (( aqua satialnr ; sic enim simul et sitis et aquae metus tollitur. » Diogene de Laerce mentionne la meme pratique : ce n'e'tait pas le bain de surprise, le plongeon medical, mais la submersion avec 1'eau avalee, avec la respiration attaquee et interrompue. On appliquait ce moyen a la manie, aux passions invincibles, comme dans le saut de Leucade. Tulpius aflirme les bons resultats de ce trai tement centre la rage: a Amsterdam, dit-il, celui qui avail ete mordu etait jete sans pitie dans la mer, ct on le faisait plonger jusqu'a un commencement de suffocation, avertissant que ceux qu'on ne faisait pas baignernegue'rissaientpas. Van Helmont vante aussice remede: un vieillard hydrophobe, garrotte, unpoids aux pieds, est jete dans une eau profonde, pendant le temps necessaire pour dire le psaume Miserere ; on le croyait mort, mais il revint a lui et gue'rit; un autre malade, charge de liens, s'e'chappe, se jette dans un etang, en est retire comme mort et se retablit. Boerhaave, dans I'aphorisme 1 125, a dit pour la manie: « Praecipitatio in mare, submersio in eo continuata, quandiu ferri potest, princeps « remedium. » « La submersion prolongee jusqu'a 1'asphyxie, dit Fodere, peut devenirun remede, comme la syncope dans les hemorrhagies et les convulsions;
nous ne pretendons pas pour cela recommander ce remede, que nous n'aurions jamais le courage d'employer, parce que nous ignorons le point precis qui separe la vie de la mort; nous ne conseillerons jamais de prolonger cette asphyxie au dela de cinq a six minutes dans 1'eau pure. » Gette prudence serait une temerite inouie, la limite indiquee dcpassant le temps necessaire pour causer la mort. On pent voir dans ces tentatives le prelude de 1'anesthesie appliquee a la therapeutique.
L'historique de la submersion a un developpement considerable au point de vue de 1'hygiene publique, de la medecine legale et de la physiologic pathologique.
La statistique montre toute la frequence de ce genre de mort pour les acci dents comme pour le suicide. Le compte rendu de la justice criminelle donne les resultats suivants pour toute la France, de 1875 a 1881, avec la comparaison du nombre des noyes et des pendus :