‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales Volume 91Chapitre 72 sur 145 · DANS 1 LITRE D'EAU, COMBIEN DE SEL MAR IN · texte numérisé non relu

DANS 1 LITRE D'EAU, COMBIEN DE SEL MAR IN

Grammes.

Mer du >'ord 35

Golfe de Bothnie, au nord, a la surface 3,4

au sud, a la surface 4,8

Baltique, au nord, a la surface 7,4

au sud, a la surface 16,2

Kattegat, a la surface 19,1

a 30 metres 30,2

Skager Rack, a la surface 23,8

a 20 metres 31,2

On voit que, plus la mer Baltique s'enfonce profondement dans les terres, et moins elle est salee. Dans ses parties profondes, le Skager Rack est justement Jlussi sale que la mer du Nord.

La quantite d'eau douce que recoil la Baltique determine un courant remar-

quable profond d'environ 2 metres, qui sedirige du golfe de Bothnie vers la mer. En soiie qu'on pourrait (par une forte cxageration) considerer cette mer comme etant un vaste fleuve. Ce courant atteint 5 a 6 kilometres a 1'heure, mais 1'action des vents peut le retarder et meme le tourner en sens oppose, du moins a la surface.

La Baltique n'a pas de maree sensible. Dans le Kattegat, la maree n'est que de quelques centimetres.

Le golfe de Bothnie gele tous les hivers, parfois a un degre tel qu'on peut aller en Finlande en traineau. Les eaux n'y sont libres que cinq mois. La glace atteint le long des rivages une epaissenr de 1 a 2 metres; il en resulte de petits icebergs qui floltent sur les eaux et genent la navigation jusqu'au milieu de 1'ete. Ces glaces se rencontrent jusqu'en mars jusque dansle Kattegat.

Le port de Stockholm est libre de huit a neuf mois.

La Basse Baltique ne gela jamais totalement, mais souvent la glace s'etend a quelques dizaines de kilometres de son rivage. Le detroit de Kalmar (entre 1'ile d'CEland et le continent suedois) peut souvent etre traverse par des attelagcs pendant Timer. Le Sund gele de temps a autre par des hivers exceptionnellement froids; on se rappelle qu'il livra passage a 1'armee de Charles XII.

Mer du Nord et Ocean. Les cotes de Norvege sont bien plus decoupces que celles de Suede. Les fiords se divisenf, et se subdivisent a 1'infini, s'avancant, quoique tres-etroits, fort loin dans les lerres. Les rochers escarpes de la montagne les dominant immediatement.

Nous n'entreprendrons pas de les decrire, meme sommairement. Les fiords de Norvege sont, en effet, innombrables ; ils sesuccedent immediatement 1'un a 1'autre; presque tous se divisent en plusieurs autres, et leur ensemble forme une sorte de dentclle qui frange les bords de la peninsule.

Le plus profond d'entre eux, le Sognefiord, est situe au nord de la ville de Bergen. 11 s'enfonce a 145 kilometres dans 1'intericur des terres (de Test a J'ouest); de plus, il donne naissance a neuf embrancliemeiits principaux, dont plusieurs ont 25 a 40 kilometres de long. Malgre 1'enorme longueur du Sognefiord, sa largeur, qui est assez uniforme, n'est que de 5 kilometres pres de la mer; elle est moindre encore (5 a 4 kilometres) dans 1'interieur des terres. De chaque cote, il est surplombe par des montagnes escarpees, qui ne laissent qu'un rivage etroit propre a etre habile. Sa profondeur est enorme (900 et 1000 metres ; a son embouchure, elle atteint 1240 metres). II faut citer encore le Hardanger fiord, situe un peu au sud de Bergen. Il s'enfonce dans une des parties les plus admirees de la Norvege, et le Trondhjemfiord, situe tout au nord dans une region ibrestiere. Ces deux fiords sont un peu moindres que 1'immense Soynefiord que nous venons de decrire.

A vrai dire, peu de fiords ont ces proportions etranges. Mais il suffit d'un regard sur une carte bien faite pour voir que beaucoup d'entre eux s'enfonceiil presque autant dans les terres; la profondeur est tantot de 50 kilometres, tantot de 50, quelquefois meme de 100 kilometres. Combien un tel pays est pittoresque, c'est ce que les touristes commencent a apprccier depuis quelques annees ; c'est, dit-on, « la Suisse au bord de la mer. » Si seulement a cote de ces fiords elegants et des monlagnes rocheuses qui les entourent il restait quelque place pour la culture ! Malheureusement ces beaux pays sont incapables de nourrir la moindre population.

Depuis Christiania jusqu'au cap Lindesnoes, la cote est d'une elevation assez

egale et, en somme, peu considerable; les navigateurs n'y trouvent meme que des points de repere assez espace>.

I. a mer voisine offre un courant assez fort (5 kilometres a 1'heure) quand le temps ne le contrarie pas, et qui se dirige vers 1'ouest; il sc fait sentir surtout a IT) ou 50 kilometres des cotes. On y peche en ete une grande quantite de maqnereaux.

A Touest ilu cap Lindesnaes, la cote devient plus haute et plus escarpee; au sud de Stavanger, il existe pourtant quelques plages basses; c'est le pays de Listerland et le bane de Jo?deren. Maisau nord de cette ville le pays reprend son aspect escarpeet pittoresque ; les fiords semultiplientindefiniment, et deviennent tres-profonds. Les iles deviennent prodigieusement nombreuses; quoiqu'elles soient genera lement extremement petites, il en est quelques-unes qui offrent one I'tendue notable. L'ile dc Karmce est depourvue d'arbres, mais tres-peuplee.

Sur toule cette cote, se pechait en Janvier, fevrier et mars, le hareng d'hiver; depuis 1870, cette peche diminae, et en 1874-1877 elle cessa meme completement; 1878 a ete plus favorable.

Pres de I' immense fiord de Trondhjem, le pays perd un peu de son aspect monlagneux ct presente quelques valle'es relativement larges et fertiles.

\(»us ne pouvons nous attarder a decrire les innombrables replis de la cote qui sY'temt entre 1'important fiord de Trondhjem et 1'archipel des iles Lofoten. Mais ces iles celebres meritent une description.

Sorties du milieu des eaux a quelque distance dc la cote, elles se suivent suivant une ligne droite qui fait un angle tres-aigu avec la terre fernie. A mesure qu'ellos s'en approchent elles s'elargissent. Enfiu la chaine de montagnes qa'elles constituent rcjoint la cote, sur laquelle les Kjffilen eleveut leurs pics pittoresques, et se confontl avcc ces montagnes.

Le versant occidental des montagnes de Lofoten est, d'apres M. Broch, ce que la Norvege peut offrir de plus sauvage, de plus dechiie, mais en meme temps lie plus grandiose et de plus pittoresque. Cette rude et severe nature aurait son frappant contraste justement sur le versant oriental des memes iles.

« Lescourantsquigeneralement sont assez uniformes depuis le cap Lindesnses, <;n allant vers le nord, prennent aux iles Lofoten un caractere si etrange qu'ils meritent un chapitre special. L'ne grande partie des masses d'eau considerables <jue charrient le /lux et le reflux etant obligees de franchir les passes etroites des i!es Lofoten, y determinent des courants plus forts qu'ailleurs. Le plus fort est le Malstr&m entre le promontoire Lofotodde et 1'ile Mosken. Sans avoir Y importance que lui attvibue la tradition, le Malstrcem cependant peut parfois •eu hiver et par les tempetes d'ouest touruer en puissants tourbillons animes d'une rapidite de 10 a 12 kilometres a 1'heure. Le courant qui, dans cette saison, avec les tempetes d'ouest, sc dirige vers Test, quelle que soil la maree, peut violemment agiler la mer, surtout lorsque dans les circonstances ci-dessus le vent de terre traverse le Vestfiord. Le courant tout entier ne forme alors qu'un seul biisant, et ce phenomene se presente surtout au bas fond de Ilorgan, avec 12 ou 15 metres d'eau, ou meme par un temps calme la mer eoume et bouillonne continuellement » (Broch).

G'est aux iles Lofotm qu'a lieu, de Janvier a avril, la peche de la morue. La peche, qui monle aunee moyenne a 17 millions de morue, a atteint 50 mil lions en 1877.

La cote conserve au nord des iles Lofoten son caractere escarpe pittoresque

et profondement decoupe. Jusqu'au point septentrional de 1'Europc, Ic celebrc cap Nord situe dans Tile Mayerce, qu'un canal etroit (1 kilometre) separe du continent. Cctte ile montagneuse presente deux caps, dont le plus septentrional n'offre aucun inleret; le cap Nord (71° 10' 15"), un peu moins avance vers le nord, merite sa reputation par son aspect imposant : c'cst un gigantesquc roclier de 300 metres de haul qui se precipite verticalement dans la mer et me me la surplonibe un peu par un rocher detache ct pointu (la « corne »).

A parlir de cc point, la cote norvegienne est baignee par 1'Ocean glacial; elle perd le caractere montagneux; le Skjcergaard ou ceinture d'ecueils disparait complelement, la cote s'abaisse, s'aplatit, devient deserte, uniforme et laide. Sur la frontiere russe, il existe pourtant quelques parties accidentees et relativement fertilcs.

Cette cote fournit environ 10 millions de morues par an.

La maree cst, en general, assez peu accusee en Norvege. Au sud surtout, ce mouvement des eaux est gene par la presence de 1'AnglcteiTe. Aussi a Stavanger la maree n'est quede 1 metre; clle est de lm,30 a Bergen. Mais au nord du cap Stat 1'ilc britannique cesse d'exercer son inQuence, et la maree atteint 2"', 50 a Trondlijcm; elle atteint 3 metres sur d'autres points.

lies. Parmi Ics iles innombrables qui enlourent la presqu'ilc scandinave, deux meritent une mention speciale : ce sont Gottland et (Eland, dans la mer Baltiqne ; toutes deux sont des iles suedoises (pour Aaland, qui cst pcuple par des Suedois, votj. FINLANDE). Gottland mesure 5070 kilometres carres, et est peuple de 54028 habitants (1870); (Eland a une etenduc deux fois moindre.

Les iles de Norvege sont extremement nombrcuses, mais aucune n'a 1'importance de ces deux iles. Nous nous contentons de donner leur etendue et leur population.

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