CH. ROBIN
BIBLIOGRAPHIE. — Elle a ete portee a celle de 1'article PEAU.
si B&OKIO5 i: (ACIDE). Acide qui, suivant Favre, ,'se trouve avec 1'acide tartrique dans la sueur. 11 est incrislallisable, ainsi quo ses differents sels. D.
SUE (LES). II a ete difficile a 1'autcur de ces notices d'etablir la filiation de ces membres de la profession : aussi croit-on utile de proposer d'abord le petit tableau suivant :
JEAN Sue eut pour frere cadet JEAN-JOSEPH Sue,
Ne le 10 decembre 1699 a La Colle (Var), mort le dit de la CharM; ne a La Colle, le 20 avril 1710; 3 novembre 1762. II fut prdvot du college de mort le 10 decembre 1792.
Saint- Come et membre de 1'Academie de chirurgie.
PIERRE Sue. JEAN-BAPTISTE Sue.
Bibliothecaire de la Faculte de medecine de Paris. Ne le 13 Janvier 1760, mort le 21 avril 1830. D'a- Pie le 28 decembre 1759, mort le 28 mars 1816. bord chirurgien miiitaire, il devint professeur
d'anatomie a 1'Ecole des beaux-arts, medecin consultant du roi, etc. II epousa Aimee-Marieise Roselle de Slilhau.
EUGE.NK Sue.
Celebre romancier. Ne le 10 decembre 1804, mort le 3 juillet 1857.
Sue (JEAN). Ce chirurgien est ne a La Colle, village du canton de Vence (Var), le 10 decembre 1699. On assure que ses parents peu aises ne purent lui donner qu'une instruction assez me'diocre. Envoye' a Paris, a l'age de seize ans, il fut place comme gargon ou frater chez un praticien du faubourg, et entra bientot chez le celebre Devaux. Sous un tel maitre il fit des progres rapides, et obtint la licence en 1727. Prevot du College de chirurgie depuis 1'anne'e 1744 jusqu'a 1'annee 1750, il fit partie de 1'Academie de chirurgie, et mourut a Paris, le 3 novembre 1762. Nous ne lui connaissons qu'un :
Discours prononci aux Ecoles de chirurgie, le 5 octobre 1750. Paris, 1750, in-8°. A. C.
70i SUE (LES).
Sue (JEAN-JOSEPH), qui prit toujours le litre de Sue le jeune, pour le distinguer de son frere, mais qu'on a eu 1'habitude d'appeler Sue de la Charite, naquit aussi a La Colle(Vav), le 20 avril 1710. Appele a I'age d'environ dix-neuf ans a Paris par son frere, il devint 1'e'leve de Verdier, et fut declare maitre en chirurgie, le 7 aout 1751, sous la presidence de Toussaint Bordenave. Plus tard il succeda a Verdier dans la chaire d'anatomie qu'il suivit pendant pres de quarante ans, se distinguant surtout par de belles preparations en cire, qu'il porta a un certain degre de perfection, et devint, en 1761, substitutdu cliirurgien de la Charite. L'Academie royalede chirurgie, la Societe royale de Londres, la Societe philosophique d'Edimbourg, 1'admirent dans leur sein. II fut, en outre, censeur royal pour les livres de chirurgie, el professeur d'anatomie a 1'Academie royale de peinture et de sculpture. II mourul le 15 decembre 1792. 11 a laisse :
I. De calaracta. These de maitrise chirurgicale, 7 aout 17M, in-4°. — II. Anthropotomie, on I'art de dissequer. Paris, 1750, 2 vol. in-*0. -- III. Elements de chirurgie. Paris, 1755, in-8°; ibid., 177 i, in-8°. — IV. Traite des bandages et des appareils. Paris, 1761, 2e edit., in-8°. — V. Dictionnaire portatif de ckirurgie. Paris, 1779, in-8°. — VI. Elements d'anatoinie a 1'usa.ije des peintres, des sculptcurs et des amateurs. Paris. 17XS. iu-4°, planches.
Sue (PIERRE). Fils de Jean Sue, et, par consequent, neveu de Jean-Joseph; il naquit a Paris le 28 dect-mbre 1759. Celui-la se fit aussi appeler Sue le jeune, cc qui fut cause pour les biographes de plusieurs confusions. G'est comuie litterateur, bibliographe, medecin, et chirurgien, le plus celebre des Sue. II fut recu maitre en chirurgie le 17 seplembre 1765, sous la presi dence de F.-G. Levacher. La these qu'il eut a defendre roulait sur 1'operalion ce'sarienne. Ses lalents lui valureut ensuite les plus grands emplois : chirurgien de la ville de Paris, professeur d'anatomie a 1'Ecole pratique (1787), professeur de therapeutique a la meme ecole (1790), secretaire par interim de 1 'Academic de chirurgie, prevot du College, commissaire pour les extraits et la correspondance, receveur de ses fonds, bibliothecaire et professeur de bibliographie a 1'Ecole de sante (1794), professeur demedecine le'gale (2 mars 1808). Ce savant est mort a Paris, le 28 mars 1816, honore et respecte de tous. L'Ecole de medecine lui rendit hommage en envoyant une deputation a ses obseques. Pierre Sue, en effet, rendit les plus grands services a la bibliotheque dont il fut rorgunisaleur et qu'il dirigea pendant quatorze ans. C'est a lui, seconde d'un aide-bibliothecaire, qui n'etait autre que Pariset, que Ton doit ramenagement de la grande salle actuelle de uotre Ecole da Paris, et le clussement me'thodique d'environ 15000 volumes, fonds primitif de ce beau depot bibliographique. Ce fut lui encore qui, le 25 vende'miaire an IV (18 octobre 1795), provoqua 1'ouverture officielle d'un service si important pour le bien de 1'Ecole, crea de magnitiques colleclions, parmi lesquelles il faut citer celle relative aux theses etrangeres. Pierre Sue a beaucoup ecrit. Voici la lisle de ses ouvrages que nous avoiis pu decouvrir :
I. Eloge historique de Jean Dcvaux, avec des notes et un e.r trait raisonne' de ses ou trages. Amsterdaiu et Paris, 1772, in-S". • - II. Eloge de Louis AT. Paris, 1774, in-8° de 52 pp. — III. Essaishisloriques, lilteraires ct critiques, sur I'art des accouchemenls, oa Eecherckes sur les coutumes, les mceurs, les usages des anciens et des modernes dans la accouche»ients, I'e'lat des sages- fe mines, des accoucheurs et des nourrices. Paris, 1779, 2 vol. in-8°. Trad, en allem., par K.-1I. Spohr. Altenburg, 1786-1787, in-8°. — IV. Discours prononce aux Ecoles de cliirurgie, le lundi, o octobre 1774 (s. 1. n. d.), in-8°, 32 pp. — V. Discours a la seance publique de I' Ecole de sante. Paris, an IV (1790), iii-8". —
"VI. Eloge de Pierre-Isaac Poissonnier, prononce a la seance publique de la Socicle de
me'decine. Paris, an VII, in-8°. — VII. Lettre aux membres du Corps le'gislalif. Paris, an VI
(1798), in-8°. — VIII. Apercu general, appuye. de quelques fails, sur I'origine el le siijet de
la medecine If gale. Paris, an VIII, in-8°. -- IX. Uemoire historique. Utter air e et critique,
sur la vie et les ouvrages, tant iniprhnes gue manuscrils, de Jean Goulin. Paris, an VIII,
in-8°. — X. ftlemoire sur I'e'tat de la chirurgie a la Chine. Paris, an IX, in-8°. —
XI. Eloge liistorique de Bichat. Paris, an XI, in-12. -- XII. Ilistoire du galvanismc, et
analyse des diffe'rents ouvrages publics sur cette decouverle, depuis son origine jusqu'u
nos jours. Paris, an X, 1802, 2vol. in-8°; ibid., an XIII, 1805, 4 -vol. in-8°. — \\lI.Examen
d'un ouvrage de medecine. Geneve, 1786, in-8°. — XIV. Anecdotes historiques, lilterairex
et critiques, sur la me'decine, la chirurgie et la pharmacic. Amsterdam et Paris, 1785T
2 vol. in-12; Bruxelles, 1789, 2 vol. in-12. - XV. Sur le reglemcnt qui etablit six
chirurgiens-majors pour les six divisions de la garde nationale. Paris, 1797, in-8°. —
XVI. Discours sur Vinfluence de I'liygiene dans la cure des maladies cltirurgicales. Paris,
1790, in- 8°. — XVII. Seance publiquc de V Academic de chirurgic, du 11 avril 1793,
Van II dc la Re/niblique francaisc. Discours I. Annonce de prix. II. Discours hislonque sur
la vie et les ouvrages du ciloyen Louis. III. Discours sur la vie et les ouvrages des ciloycns
Sue freres. Avecdes notes. Paris, 1793, in-8". — XVIIF. Seance publique de I'Ecole desanle,
du 25 vendemiaire an IV. Discours sur la bibliographic medicale. Paris, in-8°. —
XIX. Observations, remarqucs et reflexions sur quelques maladies des os. Paris, 1803,
in-8°. — XX. Tables chronologiques et alpliabetiques des theses in-$°, soutenues a I'Ecole
de medecine de Paris, au noinbre de 406, depuis le 28 frimaire an VII jusques el compris
le 6 floreal an XII. Paris, 1800, in-8". — XXI. Eloge hisloriquc de Lassus, prononce a la
seance publique de I'Ecole de me'decine de Paris. Paris, 1808, in-8°. — XXII. Notice
historiquc sur Chopart. Paris; 1812, in-8°. — XXIII. Notice sur quelques manuscrits de
feu Bernard Peyrille. Paris (s. d.), in-8° de 24 pp. — XXIV. Notice sur un ouvrage tres-
rare : Historic^' hodii-rnce medicinal ralionalis verilatis ).o-/o;, par Bouvard, in-8°. —
XXV. Coinmenlafrcs litteraires sur quelques passages des Icltres de Seneque le p/iilosop/te,
relalifs a la medecine (s. 1. n. d.), in-8° de 30 pp. A. G.
Sue (JEAS-BAPTISTE). Fils de Jean-Joseph; il naquit a Paris le 15 Jan vier 1760. Eleve de son pere, il fut recu maltre le 16 juin 1781, apres avoir defendu cette these : De cesophayotomid (in-4° de 8 pages). Chirurgien-major de la garde nationale (1792), pnis du 105e de ligne, il lut ensuile attache a 1'hopital militaire de Courbevoie, ct devint en 1809 medecin en chef de la garde impeiiale. G'est en cette qualite qn'il fit en 1812 une partie de la campagne de Rnssie, mais une maladie grave le contraignit de revenir en Fraiu-e, ou il ne pvit reprendre ses travaux qu'a I'epoque de la Restauration. Sue fut successivement norame medecin en chef de la maison militaire du roi (1814), chevalier de Saint-Michel (1817), professeur a 1'ecole d'anatomio des Beaux-Arts (1819), me mbre'de 1' Academic de medecine (1821), medecin consultant du roi (1824). II mourut a Paris, rue du Rempart, le 21 avril 1830. Possesseur de la magniiique collection anatomique cornmencee par son pere, il en fit don, en octobre 1829, a I'Ecole des Beaux-Arts. Jean-Baptiste Sue avail epouse Aimee- Marie-Francoise Roselle de Milhau. C'est de ce mariagc qu'est ne le 10 decembre 1804 notre celebre romancier Eugene Sue, lequel, apres avoir tente les etudes medicales, se lanca dans une litterature oil il devait s'illustrer, et mou rut exile, en Savoie, le 5 juillet 1857.
Jean-Baptistc Sue s'est fait aussi connaitre par les publications suivanles :
I. Rechercltes pliysioloyiques ct experiences sur la vitalilc'. Paris, 1797, in-8?. — II. Essai sur la physiognomonie des corps vivants, depuis I'homme jusqu'a la plante. Paris, 1797, in-8°. — 111. Opinion du cit. Sue sur le supplice de la guillotine (s. 1. n. d.), in-8°, 16 pp.
Nous connaissons encore quatre Sue, qui appartiennent evidemment a la meme famille, mais dont la filiation n'a pu etre determinee :
Sue (J.-ANT.). Fut recu] docteur a Paris, le 30 ventose an XIII. Sa these
DICT. ENC. y S. XII. 45
porte ce litre : Sur I'he'patite on inflammation dn foie. II s'y declare membre du College de cbirurgie d'Orle'ans, professeur d'anatomie a 1'Ecole de dessin, chirurgien de la Maison de detention, professeur d'accouchement a 1'Hotel-Dieu d'Orleans. Les memoires de la Societe d'emulation (t. IV, an IX (1801), p. 28) renferment un me'moire de lui : Reflexions sur les corps e'trangers arretes dans I'cesophage.
Sue (B.-P.). Docteur en medecine de 1'Ecole de Paris. Aperpu general sur les fractures, tel fut le sujet qu'il choisit pour sa these soutenue le Jer de'cembre 1812. Son pere avail ete maitre enchirurgie a Nanles, chirurgien-major du chateau el de 1'arsenal de cette ville.
Sue (J.-J.). Soutint egalement sa these a Paris, le 10 decembre 1812 : Sur les calcuh biliaires. 11 e'tail alors chirurgien aide-major du corps royal des grenadiers de France, chevalier de la Legion d'honneur.
Sue (GEORGES-ANTOINE-THOMAS). Sa these, soutenue a Paris le 4 avril 1816, avail pour sujet les pneumatoses intestinales. II etail de Cannes, en Provence, el chirurgien de I'infirmerie de la maison du roi. II a publie :
I. Examen critique des « Observations sur la fievrejaune importc'e de Malaga a Pomegue et au lazaret de Marseille en septembre 1821 » ..... par SI. Robert. Marseille, 1822, in-8°. — II. Expose" des travanx de la Soc. de med. de Marseille, 1826, in-8°. — III. Discours sur le maynetisme animal. Slarseille, 1827, in-8°. A. C.
Si EOE ET XORVEGE. Quoique la Suede el la Norvege forraent deux peuples hien distincts, par la langue, par I'liistoire et meme par les constitutions politiques actuelles, cependant il a paru utile de confondre leur description sous un meme litre. Leur comparaison deviendra ainsi plus facile, et bien des redites seronl evitees.
Apres avoir decrit la constitution physique de la presqu'ile scandinave, nous eludierons successivemenl la demographic des deux nalions qui 1'habilenl.
phie physique. « A de rares exceptions pres, on peut admettre comme regie generale que les presqu'ilesdu globe terrestre : 1° sont conligues au conti nent par le cote septentrional ; 2° qu'elles ont une direction qui s'ecarte peu du meridien, et 5° qu'elles se terminent au sud par une extremite plus ou moins aigue. Ces regies se verifient aussipour la presqu'ile scandinave)) (Broch).
La jonclion de celle presqu'ile avec le continent se fait sur une largeur de plus de 4 degres latitude (du 66*- au 70e degre). Puis la presqu'ile s'elargit 1 entement el progressivemenl el semble se dedoubler a sa parlie oues t, qui constitue la Norvege, se termine au sud par un angle oblus dont le cap Lindesnaes (57°,59' lat. et 24°, 21' long, de 1'ile de Fer) constitue la partie la plus saillante.
L'aulre moitie de la presqu'ile descend, comme on le sail, plus au sud, et la province de Scanie qui la termine constitue une veritable pointe donl le point extreme est le cap Falslerbo (55°20' lat.; 20°, 42' long, de 1'ile de Fer1). Du cap Nord au cap Falsterbo, c'esl-a-dire dans la plus grande longueur de la
* Nous avons deja explique pourquoi nous preferons 1'usage des longitudes de 1'ile de Fer, point de repere que toutes les nations peuvent admettre, et dont on s'est longtemps servi, a tout autre systeme. L'ile de Fer est precisement a 20 degres W. de 1'observatoire de Paris.
presqu'ile scandinave, il y a nne distance de 1887 kilometres. Sa plus grande largeur, qui se trouve au 60° degre latitude, est de 780 kilometres. Elle se retrecit lentement du sud au nord jusqu'au 64e degre latitude, ou sa largeur est encore de 530 kilometres, largeur qui n'augmente que de fort peu dans les latitudes superieures a ce point.
En somme, 1'etendue de la presqu'ile scandinave est de 758190 kilometres carres. G'est moitie plus que la France, c:est-a-dire que ce double royaumc est, apres la Russie, 1'Etat le plus vaste de 1'Europe.
La Suede et la Norvege se partagent presque egalement cette vaste etendue (58 pour 100 sont a la Suede et 42 a la Norvege) ; ces deux Etats paralleles ont presque exactement la meme longueur, car, si la Norvege descend moins au sud que la Suede, elle remonte plus au nord que ce royaume. 11 est vrai que le territoire etroit de la Norvege est presque entierement occupe par des montagnes tres-pittoresques, mais parfaitement inhabitables. Les terres cultivees sont reservees en bandes tres-etroites le long des fleuves. Elle n'a pas de province aussi fertile que celles de la Gotbie en Suede, ce qui nous explique pourquoi sa population est trois fois moins nombreuse que celle de la nation voisine, quoique les deux territoires soient en apparence presque egaux en surface.
OROGRAPHIE ET H\PSOMETIUE. « La Peninsule scandinave est un corps rocheux nllonge qui, au sud et surtout au sud-est, s'eleve lentement et progressivement au-dessus du niveau dc la mer, et presente de ce cote une surface relativement unie. Vers 1'Ocean glacial arctique et la mer du Nord, au contraire, elle se dresse tout d'un coup, de toute sa hauteur, avecses bords deehires, et ses flancs -crevasses. Ces escarpements de 1'ouest et cette pente douce de Test se reunissent pour former un plateau qui accompagne la ligne de faite. »
Cette ligne de faite des montagnes scandinaves est un prolongemcnt des faibles collines d'Olonetz qui parlagent en Russie le bassin du golfe de Bollmie de celui de 1'ocean Arctique. Les monts Kjoelen, dont ils sont la suite, commencent au nord de la Norvege, presque sur le bord de la mer, et deja ils ont environ I millier de metres de haul. Memo les lies qui sont en face sont herissees de montagnes dont quelques-unes depassent 1000 metres. Les monts Kjoelen suivent presque exactement le bord de la mer en conservant cette hauteur. Chacune des innombrables rivieres qui descendent de leurs flancs pour traverser la Suede et se jeter dans le golle de Rotlmie est, en regie generate, entouree de deux petites chaines de montagnes d'altitude assez faible (toujours inferieure a 500 metres), en sorte que lesysteme de montagnes de la presqu'ile ressemble assez a un peigne dont la branehe serait represented par la chaine des Kjoelen.
Au sud du 64e degre, la presqu'ile s'elargit du cote de la Norvege et, tandis que les Kjoelen, poursuivant leur direction primitive, vont s'eteindre en se (livisant au milieu des terres vers le 61 e degre latitude, d'autres montagnes plus elevees se dressent en Norvege dont elles envahissent et ste'rilisent presque toute la surface. On pent diviser ces innombrables escarpements en trois groupes : au sud, les Langfjelde dont le domaine s'etend jusqu'au niveau d'un fiord extremement profond, le Nordfiord; au nord de ce fiord, se dressent les pics du Dovre (ou Dofrines); enfin a I'est du Dovre, entre ces montagnes et la chaine affaiblie des Kjoelen, on marque le plateau des Oplande, qui est beaucoup moins eleve que les deux autres groupes de montagnes que je viens de nommer.
Ces trois pates de montagnes (car elles constituent un ensemble trop large et trop court pour meriter le nom de chaines) absorbent presque toute la partie
meridionale cle la Norvege. II ne reste a 1'agriculture que le Lord des rivieres quand elles ne sont pas Irop encaissees, et surtout le pays qui entoure Christiania et qui est relativement assez uni.
On voit, qu'en general la Norvege est un haul pays, rocheux, sauvage, inculle et nu; ses vallees sont tres-elroites, ses rivieres torrentielles; les enormesrochers qui la couvrent prennent en certains endroits les formes hardies des Alpes; le pays ost tres-pitloresque, maisil est pauvre.
La Suede est, en general, bicn moins montagneusc et moins elevee au-dessus dc la mer que la Norvege. Elle sedivise, sous le point de vue orographique, en deux regions bien distinctes qui sont a peu pres bornees par les grands lacs Veuor, Vetter et Mcclar. Au sud de ces lacs, le pays est plat et relativement uni; 1'ensemble de cette region conslitue la Gothie; c'est la parlie la plus fertile et la plus peuplee de la Suede. Une grande partie de la Golhie est constitute par un vaste plateau central, peu fertile, eleve d'environ 300 metres au-dessus de la mer, dans ses parlies les plus eleve'es; c'est le Smaaland; au pied de ce plateau sont les parties les plus fcrtiles de la Suede qui se rapprochrnt, par leur structure et par la nature de leur surface, des lies danoises.
Au conlraire, loute la parlie de la Suede qui s'etend au nord des grands lacs est roclieuse et escarpeo, quoiqu'elle le soit moins que la Norvege. Les valle'es se retrecissent a mesure que Ton avance vers le nord, elles sont dominees par les hault'urs que nous comparions tout a 1'heure aux dents d'un peigne. D.ms le sud, ccs montagnes sont couronnees de forets. Dans le nord, et surloul a 1'ouest, dans le voisinage des Alpes Scandinaves, elles se denudent souvent et ne sout alors que des rochers ste'riles.
On trouve pourtant un pays relativement uni autour d'Umeaa; il constitue une partie de la province d'Angermanie.
Neiges eternelles. Les limites des neiges eternelles sont, sur le versant ouest des Langfielde, beaucoup plus basses que sur le versant est. Le voisinage de la mer et 1'abondance des pluies sont causes de ce phenomene, car les pluies se translbrment en neige tombant sur les montagnes. Sur la cote ouest, en effet, la limite des neiges eternelles s'abaisse a 900 metres en Laponie, et, si Ton se dirige vers le sud, elle reste a 1200 on 1400 metres, quelquefois moins encore (800 ct 1000 metres). Qu'on tourne vers le cote est de la montagne, on voit que les neiges perpetuellcs s'e'leveut a 1600 et 1700 metres au-dessus de la mer.
Yoici quelques hauteurs des neiges eternelles sous differentes latitudes :
Folgebonn. — 59°, .'Jo' lat. (versant o'ipst), 23°, 52' long. J 1233 metres.
60" lat. (versant est), 24°, 5' long 1500
Jcetunfielde. —61°, 40' lal.; 27° long 1450
Dovre. — 62°, 20 lat. ; 27° long 1630
Kjoelen. — 67« lat. ; 54' long • 1170 —
Ve-t-Pinmark. — 70° lat. ; 40°, 28' long 900 —
Une serie de glaciers remarquables se rencontrent entre le Sognefiord et la province de Romsdal. Le plus etendu se trouve au fond et au sud du Nordfiord : c'est le Jostedalsbrce, il couvre 900 kilometres carre's de superficie, c'est le plus grand de 1'Europe. On en trouve aussi quelques-uns au niveau du Hardanger -fiord (pres Bergen) ; cette contree passe pour la plus pittoresque de la Norvege.
1 He de Fer.
SUEDE ET ISORVEGE. 709
II exisle encore de grands glaciers dans la province de Norland, mais nous ne nous y arrelerons pas. II faut pourtant citer le Svartiven, qui a une etendue presque aussi considerable que le Jostedalsbrao.
HYDROLOGIE. Mers. Le fond des cotes de la presqu'ile scandinave ressemble exactement au pays lui-meme. Dans les regions ou celui-ci cst rocheux et herisse d'asperites, il existe d'innombrables montagnes sous-marines, dont les unes emergent hors de 1'eau et y forment des iles extremement nombreuses, mais tres-pelites. Giles sont d'aulant plus nombreuses qu'ellcs sont plus pres du rivage. D'autres eminences situees plus loin du continent n'atteignent pas la surface dc 1'eau, et constituent alors des rochers et des bas-fonds dangereux pour les navires. Get ensemble constitue les Skjdrgaardar qui entourent presque toute la presqu'ile. Tel est le nombre de ces petites iles, qu'on evalue la surface totale de celles qui bordent la Suede a pres de r>r>00 kilometres carres. Celles de Norvege sont plus nombreuses encore.
La largeur de cette ceinture d'ecueils avait entre 20 et 50 kilometres. Elle ne disparait que sur quelques points exceptionnels. Toutefois, lorsque le pays est relativement plat (ce qui n'arrive guere qu'a 1'extreme pointe merklionale, en Scanie et Helland), le fond de la mer est egalement moins illegal et la cein ture dc rochers s'intcrrompt sur quclque distance.
Cetle ceinture de rocbers et d'ilots rend la navigation difficile; cependant les auteurs scandinaves assurent qu'elle n'est pas sans avantage, qu'elle protege I curs cotes centre les fureurs de la haute mer et qu'elle forme souvent d'excellents ports naturels.
Le long de la cote de Norvege s'etend, en debors de cette ceinture d'ecueils, un fosse extremement profond, large d'une centaine de kilometres, et aussi long que cette longue presqu'ile. Ce fosse separe la Norvege du plateau sous-marin ou mieux de la terrasse qui constitue le fond de la mer du Nord.
Ccla nous entraine a donner quelques explications sur 1'orographie sousmarine de cette grandc mer. On sait combien est douce et insensible la pente du nord de 1'Allemagne et des Pays Bas. Pour etre recouverte par la mer du Nord cette pente ne devient pas plus rapide, en sorte que la mer du Nord n'a pas plus de 50 metres de profondeur sur la ligne qui joint I'embouchure du fleuve anglais Ilumber a I'exlremite du Jutland. Cette pente insensible ne descend pas plus rapidement en allant au Nord. Elle gagne les iles Shetland sans depasser 150 metres de profondeur1, en sorte que, si le niveau de la mer s'abaissait de celte hauteur, 1'Angleterre et I'Allemagne y gagneraient toute 1'etendue de la mer du Nord jusqu'au niveau des iles Shetland. Pourtant le continent ne rejoindrait pas la Norvege; il en serait separe par 1'enorme fosse dont je parlais tout a I'heure.
Au nord du cap Stat (62 degres lat.), le fond de ce canal est a peu pres au niveau du fond de I'Oeean : on peut done considerer qu'il commence lorsqu'il rencontre la terrasse sous-marine que je viens de decrire et qu'il separe de la
1 Et Ton doit meme ajouter qu'elle se prolonge toujours aussi douce jusqu'en Island. ISulle part sa prot'on'Jeur ne depasse 603 metres. La monotonie de la vaste plaine sous-marine qui s'etend d'Allemagne en Island n'est inierrompue que par la colline a penles douces dont le sommet constitue les iles Faarce. De chaque cote de la ligne qui reunit les iles la mer et beaucoup plus prol'onde. — La prol'ondeur plus grande de la mer au dela des iles Shetland vient peut-elre de la presence du Gulf Stream. On sait en effct que, en general, les mers sont plus profondes dans les endroits ou leurs surfaces sont entrainees par un courant marin.
Norvege. A ce point, il a environ 100 kilometres de large et 300 metres de profondeur. Saprofondeur diminue legerement an niveau deStavanger (2 40 metres), puis augmente de nouveau. Lorsque, contournant 1'extremite sud de la Norvege, il entre dans le Skager Rack (dont il creuse la partie nord), il n'a plus que 60 kilometres de large, mais il acquiert 501 metres de profondeur et meme 700 sur certains points ; sa profondeur diminue rapidement en approchant de la cote suedoise, ou il se termine.
Dans Texcellent ouvrage qu'il a consacre a 1'etude de son pays, M. le professeur Broch assimile ingenieusement les quatre grands lacs de Suede ace canal. II considere le Vener, le Veter, le Hjelmar et le Mrelar, comme le prolongeraent de ce canal. II va plus loin, et tend a y rattacher le golfe de Finlande auquel on peut joindre sans doute les lacs Ladoga et Onega. La carte hypsometrique donnerait raison a cette seduisantc conception. Nous verrions ainsi cet immense fosse separer netlement une contree montagneuse et rocheuse (la Norvege, la Suede centrale et septentrionale, la Finlande) d'une region au contraire plane et peu inclinee (terrasse sous-marine de la rner du Nord, Jutland, provinces gothiques de Suede et provinces haltiques de Russie).
Au nord du cap Stat, la ceinture d'ecueils s'elargit notablement et englobe les iles Lofoten, etc., qui s'elevent sur cette cote. Une terrasse sous-marine s'e'tend depuis le cap Nord jusqu'au Spitzberg.
Ces indications generates sur la constitution des mers scandinaves etaient ntiles avant d'entrer dans 1'etude plus particuliere des cotes.
Golfe de Bothnia et mer Baltique. Quoique tres-de'chiquetees, les cotes de Suede le sont notablement moins que celles de Norvege, mais elles le sont autant que les rivages de la Finlande. On appelle en suedois Qvarken les deux retrecissements que ce golfe presente, 1'un au niveau de la villed'Umeaa, 1'autre au niveau des lies d'Aaiand, plus au sud, et qui, si Ton compare les mers qui separent la Suede et la Russie a la silbouette d'un homme a genoux, constitueraient son cou et sa taille. On appelle le premier Qvarken septentrional et celui des iles d'Aaiand Qvarken meridional.
Comme un certain nombre de mers interieures, la mer Baltique et ses dependances sont moins salees que 1'Ocean. Mais ces mers doivent a la quautite de tleuves qu'elles recoivent de Suede et de Russie d'etre beaucoup moins salees encore que la Mediterranee, que la mer Noire ; elles n'ont guere qu'une eau saumatre, ce que demontre le tableau suivant :