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Malheureusement les dernieres annees sont les seules pour lesquelles les docu ments nous perrnettent d'user de nos methodes ordinaires de calcul. Le receiisement de 1870 est en effetle premier qui, en Suede, distingue a la fois I'age el 1'etat civil. On trouve, d'apres ce recensement, les chiffres suivants pour la periode 1865-1875 :
Manages annuels.
Pour 1000 hommes mariables (celibataires et veufs de 15 a 60 ans). , 46,5 Pour 1000 femmes mariables ( ). . 40,8
Pour 1000 mariables des deux sexes 44,5
Tels sont les chiffres qui doivent figurer dans le tableau I de 1'article MARIAGE. A 1'epoque ou cet article a ete ecrit, il n'etait pas possible de les calculer.
Si Ton compare ces nombres aux analogues que tburnissent la plupart des nations europeennes, on trouve que la Suede est une de celles ou Ton se marie le moins. La Belgique et la Suisse offrent encore moins de manages (mais leur inferiorite cesserait d'etre apparente, si nous comparions le nombre des manages a 1'ensemble de la population sans distinction de sexe ni d'age, au lieu de ne nous attacber qu'aux seuls mariables.)
Nuptialite par provinces. Si nous conside'rons la nuptialite dans les differentes provinces de Suede (comparaisonqui a ete faitedans les Ann. de demogr. Internationale, 1878), nous trouvons une distribution geographique tres-facile a caracte riser : les provinces du Norrland presentent une forte nuptialite qui semble valoir celle de 1'Angleterre. II parait que dans ces solitudes la vie du celibataire est assez insupportable. Dans la Suede propre, la nup tialite est moindre ; cependant, elle depasse notablement la moyenne de 1'ensemble du pays. Mais, en Gotbie, la nuptialite est tout a fait insuffisante. Les riches gouvernements cotiers de Karlskrona, de Malmo et de Gotembourg, out une nuplialite un peu moins faible que leurs voisins (il est remarquable que ces trois provinces sont les plus peuplees de la Suede) ; partout ailleurs en Gothie on trouve une nuptia lite deplorablement faible.
Ainsi, en these generale, on peut dire qu'en Suede la nuptialite diminue assez regulierement du nord au sud.
Mouvements de la nuptialite. La fixite de la proportion des enfants dans la population suedoise que nous avons remarquee tout a 1'heure rend beaucoup moins mauvaise en Suede 1'evaluation ordinaire de la nuptialite. Cette methode, ^eneralement condamnable, consiste a comparer les manages a 1'ensemble de la population, absolument comrne si les enfants a la mamelle etaient aptes a contracter mariage. II en resulte qu'on abaisse ainsi artificiellement la nuptialite des pays dans lesquels les enfants sont nombreux, ou que, lorsque dans un meme pays le nombre des enfants augmente, on trouve que par cela meme la nuptialite est decroissante. II faut done rejeter en general cette maniere de cal culer. Toutefois, en Suede, elle presente moins d'inconvenients qu'ailleurs, puisque la proportion des enfants au-dessous de quinze ans est a peu pres fixe. Nous comparons aussi, dans le tableau suivant, le nombre des mariages a la population agee de plus de vingt ans pour les hommes, et de plus de quinze ans pour les femmes. Ce second mode de calcul est loin d'etre irreprochable, car, outre que nous n'y separons pas des adultes les vieillards qui, en fait, ne se marient jamais, nous commettons une erreur plus grave encore en supposant mariable meme la population qui est deja mariee.
Tel qu'il est, ce tableau nous montre que la nuptialite suedoise a une ten-
dance tres-constante abaisser, nolammentdepuislSll. Et cependarit, cette ten dance funeste serait plus visible encore, si nous eliminions les gens maries de notre calcul, puisque nous avons vu que leurnombre relatif va sans cesse diminuant.
AMEES.