‹ Dictionnaire étymologique de la langue française (volume 2)Chapitre 10 sur 169 · V. arch-, archi-. Archives, archiviste, v · texte numérisé non relu

V. arch-, archi-. Archives, archiviste, v

Archer, archet, u. arc. arch-, archi-.

Archétype, archevêque, Archivolte, u. vouie i.

archidiacre, archiduc, ar- Arçon, v. arc.

chiépiscopal, archipel, archi-

Aretique, d'origine grecque, signifie proprt : de l'ours, du côté de la Grande Ourse, du côté du nord. Le grec arkton est le même mot que le latin ursum, français ours, d'où ourson, oursin. Le septentrion, c'est aussi le côté de la constellation aux sept étoiles, de la Grande Ourse.

— Avec le préfixe anti-, on a fait antarctique, opposé à arctique. Les noms du vent du nord, boreas, et du vent du midi, auster, ont servi à former les adjectifs boréal et austral, qui équivalent à arctique et antarctique. Hyperboréen, proprt au delà du nord, à l'extrême nord.

— Quant aux mots nord et sud, ce sont des mots germaniques. Sur midi et méridional, v. jour; le midi, point cardinal, c'est la direction d'où vient la lumière du soleil à midi. .

Ardent, ardeur, u. aride. Ardoise, ardoisière, origine

Ardillon, v. hart. inconnue.

Ardu, latin arduum.

Are, V. aire.

Arène, du latin arena, sable.

Aréopage, mot grec, qui signifie « colline d'Ares, de Mars », le tribunal suprême siégeant sur cette colline.

Arête, du latin arista, qui signifie : barbe d'épi, d'où, par comparaison, arête de poisson. Par une nouvelle comparaison, l'arête de poisson a engendré le sens d'arête de montagne.

Argent, du latin argentum. Dérivés : argenter^ argenterie, argentin (son), argentier.

Argile, argileux, latin argilla.

Argot, origine inconnue. Argousin, v. vizir.

Arguer, latin arguere, supin argutum. Le sens primitif est : indiquer, expliquer. Un argument (dérivé argumenter) est. une explication, un exposé, d'où, par restriction, le sens d'élément de discussion. Arguer, c'est s'appuyer sur un

32 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [ArmCf

argument. Des arguties sont des arguments subtils; rédarguer, c'est proprt rétorquer des arguments. Tous ces mots sont d'origine savante.

Argument, argumentation, argumenter, v. arguer.

Argus, personnage mythologique aux cent yeux.

Argutie, v. arguer.

Aride, latin aridiim, sec. Dérivés : aridité, ardent et ardeur. Ardent est originairement le participe présent d'un verbe qui avait passé en vieux français sous la forme ardre. On est allé par connexion de l'idée de desséché à l'idée de brûlé (cf. torride), et, par figure, à l'idée de passionné.

Ariette, v. air.

Aristocrate, aristocratie, aristocratique, sont formés de deux mots grecs : ariston = \e meilleur (équivalent du latin optimum, v. copie) et kratcin, gouverner. Le second élément se retrouve dans : démocrate, démocratie, démocratique; autocrate, qui gouverne par lui-même, sans contrôle, V. auto-; bureaucratie.

Arithmétique, v. nombre.

Arlequin, nom d'un personnage de la comédie italienne, vêtu d'un costume fait de pièces et de morceaux; dérivé arlequinade.

Armateur, armature, arme, armée, v. le suivant.

Armer, du latin armare (apparenté à art, v. ce mot), signifie proprt arranger, adapter, équiper, apprêter [armer d'armes défensives, armer un navire, armer un fusil). Substantif participial armée; substantif verbal arme; dérivés armateur (celui qui arme un navire), armement, armure (armes défensives, mais armurier, marchand d'armes de toutes sortes) et son doublet armature, assemblage de pièces de soutien, armoire, meuble destiné à contenir un équipement, des vêtements ou des objets quelconques; le vieux verbe armoyer, orner d'armes héraldiques, et son dérivé armoiries, sur lequel ont été faits armorier et armoriai; armistice {v. ester'').

— Composés : désarmer, d'où désarmement; alarme, d'abord exclamation, « aux armes! »; dérivé alarmer; cf. alerte.

Art] DU FRANÇAIS. 33

Armet, y. heaume. Arraistice, armoire, armoi-

ries, V. armer.

Armoise, grec artemisia, proprt plante d'Artémis.

Armoriai, armorier, armure, armurier, y. armer.

Arnica semble être une déformation du grec ptarmikê, latin ptarmica = qui fait élernuer.

Arôme, aromate, grec arôma, gé'nitif arômatos, dérivé : aromatique.

Arpège, v. harpe.

Arpent, d'où arpentage, arpenter, arpenteur, d'origine gauloise.

Arquebuse, arquer, u. arc. Arrérages, v. re- ou ré- 3.

Arracher, u. rapt. Arrestation, arrêt, arrêter,

Arranger, u. rang. v. ester-.

Arrhes, latin arrhas, mot d'origine grecque ; accaparer, que nous avons emprunté aux Italiens, se compose du mot arrhes, du préfixe ad- et d'une racine cap- qui introduit l'idée de prendre {v, capable^); c'est proprt s'emparer d'avance en donnant des arrhes.

Arrière, v, re- ou ré-. Arrondir, arrondissement,

Arriver, v. rive. v. roue^.

Arrogance, arrogant, s'ar- Arroser, arrosoir, v. rosée. roger, v. rogations.

Arsenal, mot dorigine arabe, dont le sens propre est « construction », et qui nous vient par l'italien ; de même darse.

Arsenic, grec arsenikon, d'origine persane.

Art, latin artem, proprt combinaison (cf. armer). Le latin a aussi artum, de même racine, apparenté au grec arthron (d'où arthritique) et qui signifie : jointure de membre.

— A ce dernier se rattache le dérivé article, dont le sens propre s'est conservé, avec une spécialisation, dans la forme populaire orteil pour arteil, mais qui sous la forme savante ne s'emploie plus qu'au figuré, au sens de partie composante d'un traité, d'un journal, d'un dictionnaire, d'un commerce, de la durée (exclusivement aujourd'hui dans la locution « à l'article de la mort ») et aussi élément de la désignation des objets dans le langage (mot qui indique la détermination du nom). Autres dérivés : articuler (com-

DICT. KTYM. FRANC. 3

34 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [AsSaUt

posés désarticuler, inarticulé), articulaire, articulation, où l'on retrouve le sens propre.

— Dérivés de art : artiste, artistique; artifice, procédé ingénieux [v.faire'^)^ d'où artificiel, artificieux, artificier; artisan (qui nous vient de l'italien) ; le vieux verbe artiller (reforination d'atiller, d'origine inconnue), munir d'engins de guerre, d'où artilleur, artillerie. Composés : inerte, inertie, proprt manque d'art, d'initiative.

Artère, du latin arteria, d'origine grecque, qui a d'abord désigné la trachée-artère {trachée est un adj. qui signifie raboteuse), et qui s'est ensuite appliqué aux vaisseaux où circule le sang sortant du cœur. Dérivé : artériel; composé artériosclérose, v. sclérose.

Artésien, v. noms propres Arthritique, v. art.

(Mots tirés de).

Artichaut, de l'italien articiocco, qui parait être d'origine arabe.

Article, articulaire, arti- lerie, artilleur, artisan, aroulation, articuler, artifice, tiste, artistique, v. art. artificiel, artificier, artil-

As, latin assem, unité.

Ascendant, ascenseur, ascension, v. échelle.

Ascète, ascétique, du grec askêtên, « pratiquant ». Asile, latin asylam, d'origine grecque, proprt inviolable. Aspect, V. épice^.

Asperge, du latin asparagum.

Asperger, v. épars. Aspersion, v. épars.

Aspérité, u. âpre.

Asphalte, du grec asphalton, bitume.

Asphodèle, du grec asphodelon.

Asphyxie, du grec asphuxia [a- privatif), proprt arrêt des battements du pouls; dérivé : asphyxier.

Aspic, latin aspidem. Le mot aspic, terme culinaire, présenté comme d'origine inconnue par le Dictionnaire Général, peut être un emploi figuré de aspic =■ serpent (comparaison avec un serpent enroulé).

Aspiration, aspirer, v. Assaisonner, v. saison,

esprit. Assassin, assassiner, v.

Assaillir, v. saillir. hachisch.

Ass'Unlr, u. sain. Assaut, v, saillir.

Assouvir] du français. 35

Assemh'aae, assembler, v. Assermenté, v. sacrer,

sembler. Assertion, v. série.

Asséner, v. seing. Asservir, v. serf-.

Assentiment, v. sentir. Assesseur, v. seoir ^. Asseoir, v. seoir ^.

Assez, formé avec le préfixe ad- sur Tadverbe latin satis, qu'on retrouve comme préfixe dans satisfaire (d"où satisfaisant, satisfaction, et satisfecit, mot tout latin, qui signifie : il a satisfait). Dérivés ou apparentés : satiété, saturer (d'où saturation), saoul (d'abord sadoul), dont le sens propre est (( qui en a assez », et son dérivé saouler. Composés : rassasier, et le mot savant insatiable.

Assidu, assiduité, v. seoir ^. Assolement, v. sol.

Assiéger, v. seoir ^. Assombrir, v. sombre.

Assiette, v. seoir ^. Assommer, assommoir, v.

Assignation, assigner, v. somme 3. seing. Assomption, v. exempt^.

Assimiler, v. sembler. Assonance, v. sonner.

Assise, V. seoir 3. Assortiment, assortir, u.

Assistance, assister, v. sort, ester -i. Assoupir, v. assouvir.

Association, associer, v. Assouplir, v. plier 2.

suivre 3. Assourdir, v. sourd.

Assouvir, d'où inassouvi, est le doublet d'assoupir, et signifie proprt endormir, calmer (en donnant satisfaction). Il se rattache à un substantif latin soporem, qu'on retrouve dans le mot savant soporifique = qui produit le sommeil {v. faire ').

— La racine latine sop- a formé *sopnam, devenu ensuite somnum, qui a produit notre mot somme (faire un bon somme), dont sommeil (dérivé sommeiller) est un diminutif, et le mot savant somnifère (apportant le sommeil, V. olfrir^), qui exprime la même idée que soporifique. Autres dérivés : somnolent, somnolence; somnambule {v. ambulant); insomnie, formé avec in- privatif. Enfin le dérivé latin soninium a produit le français songe et songer, songeur. Il est remarquable que songer soit arrivé à signifier u imaginer », en éliminant l'idée de sommeil exprimée par la racine.

— Le grec hnpnon, sommeil, d'où hypnotique, hypnotisme, hypnotiser, est apparenté à somnnni. Les mots faits sur hupnon ayant été employés pour désigner un sommeil

36 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Atrc

d'une nature spéciale, « sommeil hypnotique » ne constitue une locution pléonastique qu'au point de vue de l'étymologie.

Assujettir, assujettisse- Assurance, assurer, v.

ment, V. jeter ^. cure^.

Assumer, v. exempt 2. Astérisque, v. astre.

Asthme, d'où asthmatique, grec asthma, gén. asthmatos.

Asticot, asticoter, origine douteuse.

Astiquer semble fait sur l'anglais stick, bâton, qui aurait produit astic, polissoir, d'où le verbe. Cf. stimuler.

Astracan, v. noms propres (Mots tirés de).

Astragale, grec astragalon, vertèbre, osselet, d'où, au figuré, petite moulure.

Astre, grec astera et astron, latin astrum. Dérivés : astérisque (d'origine grecque), signe en forme d'étoile, astral. Composés : malotru, proprt né sous un mauvais astre; désastre (préfixe dés-, marquant séparation), proprt le fait d'être abandonné par son étoile, avec le dérivé désastreux; astrologie, astrologue, astronomie et astronome [v. logique^ et autonome), avec leurs dérivés astrologique, astronomique. Parmi tous ces mots, malotru est le seul d'origine populaire.

— La racine indo-européenne d'astre se retrouve dans le latin Stella [v. étoile).

Astreindre, astringent, v. astrologue, astronome, asétreindre. tronomie, astronomique, v.

Astrologie, astrologique, astre.

Astuce, astucieux, latin astutia.

Atavisme, v. aïeul.

Ataxie, ataxique, grec ataœia, irrégularité, v. syntaxe.

Atelier, v. haste. Athée, athéisme, v. dieu *.

Atermoiement, v. terme.

Athlète, grec athlêtên, lutteur.

Atlas, Atlantique, v. noms Atone, v. ton.

propres (Mots tirés de). Atour, v. tour.

Atmosphère, atmosphéri- Atout, v. tout.

que, V. sphère. Atrabilaire, v. bile.

Atome, atomique, v. tome.

Atre, d'origine germanique, cf. allemand estrich, proprt sol dallé.

Attraper] du français. 37

Atroce, d'où atrocité, latin atrocem.

Atrophie (dérivé : atrophier), grec atrophia, composé de a- privatif et d'une racine grecque ayant le sens de nourrir, qu'on retrouve dans limitrophe; « pays limitrophe » a d'abord signifié, croit-on : pays assigné aux troupes de frontière pour leur nourriture, puis simplement : pays qui touche la frontière; hypertrophie équivaut à suralimentation, tout en ayant l'acception connexe de : accroissement excessif.

Attabler, v. table.

Attacher, d'origine incertaine. Adjectif participai attachant, uniquement employé au figuré; substantif verbal attache; dérivé : attachement; composé avec un autre préfixe détacher, d'où détachement; surcomposé rattacher, d'où rattachement.

— Les verbes attacher et attaquer sont le même mot, la seconde forme, d'origine italienne, ayant le sens de s'attacher à un adversaire, le joindre, prendre contact pour le combat. Substantif verbal attaque; dérivé : attaquable, d'où inattaquable.

— Le substantif taquet se rattache au même radical.

Attarder, u. tard. Atteindre, atteinte, v. tan-

gent 2.

Attelage, atteler, formé avec le préfixe ad- et le latin teliun qui signifie «. trait » (qu'on lance) et qui est arrivé à désigner le timon, par une figure semblable à celle qui a donné à flèche le sens de « flèche de voiture )>. Composé avec un autre préfixe : dételer.

Attenant u. tenir-. Atténuer, v. ténu.

Attendre, v. tenir ^. Atterrer, atterrir, v. terre.

Attendrir, v. tendre, adjec- Attester, v. témoin i.

tif. Attiédir, v. tiède.

Attentat v. tenir 3. Attifer, origine inconnue.

Attente, attentif, attention. V. tenir *.

Attique, nom donné à un petit étage au-dessus des autres, à la manière attique.

Attirail, attirer, u. tirer. Attouchement, v. toucher.

Attiser, v. tison. Attraction, attrait, v.

Attitré, V. titre. traire *.

Attitude, u. apte^. Attraper, v. trappe.

38 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [AumÔnC

Attrayant, v. traire *. Attrouper, v. troupe.

Attribuer, attribut, attri- Aubade, u. aube.

bution, V. tribu. Aubaine, v. autre 3.

Attrister, v. triste.

Aube, moment où l'horizon blanchit, et tunique blanche des officiants, vient du féminin alba de l'adjectif latin qui signifie blanc. Dérivés : aubade, chant du matin (nous vient du provençal), aubépine, proprt blanche épine, aubier, couche blanche du bois de certains arbres, et obier, arbre à bois blanc.

— Nous avons emprunté l'adjectif latin tel quel sous sa forme neutre dans notre mot album, proprt cahier de feuilles blanches. Du substantif latin albumen^ génitif albuminis, substance blanche, nous avons tiré albumine, blanc dœuf. De l'adjectif latin les Portugais avaient tiré un nouvel adjectif, albino, dans la locution negros albinos, proprt nègres blancs. Lhabitude d'entendre cette locution au pluriel nous a fait dire un albinos (au lieu de : un albino) pour désigner un de ces hommes. Pour une confusion semblable, v. alcarazas. Autre dérivé : ablette (pour *alblette]f petit poisson blanc. — Cf. candide.

Auberge, aubergiste, v. héberger.

Aubergine, mot d'origine arabe, emprunté au catalan.

Aubier, v. aube. Aucun, v. autre ^.

Audace, audacieux, se rattachent au verbe latin audere, supin auswn, dont le sens primitif est : être désireux de (même racine que dans avare). C'est d'un nouveau verbe dérivé du supin que vient le verbe français oser, adjectif participial osé.

Audience, auditeur, auditif, audition, auditoire, v. oreille.

Auge, du latin alveum, creux, dont le diminutif alveolum est passé en français sous la forme savante alvéole.

Augmenter, v. auteur. Aujourd'hui, v. jour.

Augure, augurer, auguste, V. oiseau^.

Aumône, jadis almosne, du mot grec eleêmosunê, dont la racine est le verbe qui signifie avoir pitié et qu'on trouve à l'impératif dans l'invocation Kyrie eleison, Seigneur, aie pitié {v. kyrielle). Dérivés : aumônier, proprt chargé de faire

Automne] du français. 39

l'aumône, ou disposé à la faire; aumonière, proprt bourse de l'arg-ent des aumônes.

i. Aune, arbre, latin alnum, v. vergue.

2. Aune, ancienne mesure de longueur, de l'ancien haut allemand e///m = avant-bras (comparez coudée). Dérivés : auner, aunage.

Auparavant, v. ant- ou Auriculaire, v. oreille,

anté-. Aurifier, v. or.

Auprès, V. près. Aurone, v. ambroisie.

Auréole, v. or.

Aurore, latin aurora.

Ausculter, v. oreille. Aussi, aussitôt, u.si adverbe,

Auspice, V. oiseau^. et tôt.

Austère, latin austerum, emprunté au grec, dérivé : austérité. Sens grec primitif : desséché.

Austral, V. arctique. Autant, y. tant.

Autan, V. aliment 3. Autel, v. aliment 3.

Auteur se rattache au verbe latin augere, supin auctum, (dérivé aiigmentum sur lequel a été fait notre verbe augmenter, d'où augmentation). Vauteur est proprt celui qui augmente, d'où celui qui produit, ou celui qui concède un droit. Au dernier sens se réfèrent les acceptions des dérivés savants autoriser, autorité, autoritaire. Le doublet d'autoriser est octroyer, d'où octroi. Autre dérivé : auxiliaire, proprt qui apporte une augmentation, une aide.

Authenticité, authentique, authentiquer, se rattachent au grec authentikon, qui agit de lui-même (v. le mot suivant), qui fait autorité.

Auto-, préfixe d'origine grecque signifiant « même, luimême, par lui-même », Cf. tautologie, au mot logique *.

Autochtone, v. terre. Autocrate, v. aristocrate.

Autodafé, locution portugaise, proprt acte de foi, supplice ordonné par l'Inquisition.

Autodidacte, v. didactique. autographier, autographi- Autographe, autographie, que, v. graphie -.

Automate, automatique, automatisme, préfixe autoot verbe grec ayant le sens de se mouvoir.

Au.toiQédon,v. noms propres Automobile,»', mouvoir^.

(Mots tirés de).

Automne, latin autamnum.

40 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [AutrC

Autonome, proprt qui vit d'après la loi qu'il fait luimême, préfixe auto- et nomon, loi. Dérivé autonomie.

— L'idée de loi se retrouve dans les mots suivants : économe (v. ce mot), proprt qui fait la loi de la maison ; dérivés ; économie, économiser, économiste, économat; astronome, agronome, où le second élément -nome équivaut à : personne qui étudie les lois (de la course des astres, de la culture des champs, v. astre et agraire); l'astronomie et l'agronomie sont les sciences de ces lois; adjectifs dérivés : astronomique, agronomique. — Antinomie, contradiction entre deux lois (préfixe anti-). — Le métronome règle la mesure, V. mesure. — Anomal, v. ce mot.

— La même racine grecque nom- exprime l'idée de partager (d'où monôme pour *mononôme^ cf. tragi-comédie, binôme, polynôme, v. multi-) et celle de faire paître (d'où nomade, proprt qui change de pâturage) ; v. aussi numismate.

Autopsie, u. voir ^. 1. Autour, préfixe et adv.

Autorisation , autoriser , v. tour. autoritaire, autorité, v. au- 2. Autour, oiseau de proie,

leur. V. noms pj'opres (Mots dérivés

de).

Autre, cas régime autrui (qui continue à ne jamais s'employer comme sujet).

1 . Le latin avait deux mots pour rendre l'idée de cet adjectif : alium et alterum. Le second, d'où vient autre, étant une forme comparative par rapport au premier, s'employait spécialement en parlant de deux, et cette valeur s'est conservée dans la sous-famille alterner, venir l'un après l'autre, d'où alternance, alternatif adj., alternative subst., subalterne, placé sous un autre. Autre dérivé : altérer, proprt rendre autre, corrompre (aussi modifier, affecter par la soif, sens auquel se rattache désaltérer), d'où altération, altérable, inaltérable. Dans adultérer, le préfixe najoute rien à l'idée d'altérer, de corrompre; mais le substantif et l'adjectif adultère et le dérivé adultérin se sont spécialisés dans le sens de violation de la foi conjugale. Altercation, proprt réplique, échange de propos violents.

2. Le latin alium n'est resté en français que sous la forme de dérivés et de composés. Aliéner, céder à un autre, laisser aller à un autre (d'où perdre une affection), détourner vers autre chose, égarer (d'où : un aliéné); dérivés d'aliéner :

Avarie] du français. 4i

aliénation (vente), aliénable, inaliénable, aliénation mentale, médecin aliéniste.

3. Le latin aliorsum, pour *alioversum [v. vers *) a produit ailleurs, autre part. — Alibi, mot tout latin, formé comme ibi [u. idem), avait le même sens qu'aliorsum; sur ce mot, avec le suffixe -ain, a été fait albain, aubain, « qui est d'ailleurs », étranger, d'où aubaine, d'abord succession détranger, puis profit inattendu. — Le sens propre de aussi, autant (v. si adverbe et tant) est : une autre fois ainsi, une autre fois tant, d'où : pareillement. — Le mot aucun signifie proprt quelqu'un d'autre, quelqu'un, et n'a pris la valeur négative que sous l'influence de la négation ne : ce mot se compose de aa := autre, de c, seul reste de qui indéfini au sens de « n'importe qui », enfin de l'indéfini un. L'analyse étymologique de je n'en ai aucun est donc : je n'en ai pas un autre n'importe lequel. — Algo, forme espagnole de auc-, signifie « quelque chose » : hidalgo, fils de quelque chose, de bonne race.

4. La forme grecque de alium est allon, que l'on trouve dans allopathe {v. pâtir ^), médecin qui traite par les contraires, par des effets autres que ceux de la maladie, et dans allégorie (v. ce mot). Parallèle est formé avec un mot grec où allon est répété, et signifie proprt à côté l'un de l'autre; dérivés : parallélisme; parallélogramme, proprt dessin de lignes parallèles, v. graphie^; sur parallélipipède, V. pied *.

— Le mot grec qui correspond à alierum est heteron, d'où hétéroclite {v. cligner), hétérodoxe {v. dogme), hétérogène [v. génital^).

Autrefois, v, autre ^ et fois. Auxiliaire, u. auteur.

Autrement, V. autre ^. Aval, avalanche, avaler,

Autruche, v. oiseau *. v. val.

Autrui, V. autre. Avance,avancement,avau-

Auvent, v. vent. cer, v. ant-, anté-.

Avanie, origine orientale non précisée; le mot a eu d'abord le sens restreint de : vexation imposée par les Turcs aux Chrétiens.

Avant, avantage, avantageux, v. ant-, anté-.

Avare, d'où avarice, comme avide, d'où avidité, se rattache au verbe latin avère [v. avé) dont le sens primitif est se plaire à, et, par suite, désirer ardemment, v. aussi audace.

Avarie (d'où avarier), mot italien d'origine arabe, s'est

^2 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Avoîr

d abord appliqué spécialement aux navires et aux marchandises.

Avatar, sanskrit avatâra, incarnations successives de la divinité, dans la religion de l'Inde.

Avé, nom d'une prière latine qui commence ainsi. Ce mot a d'abord signifié « réjouis-toi », formule de salut. C'est l'impératif du verbe avère, v. avare.

Avec, d'abord adverbe, proprt près de cela, v. ce, pronom ^ Dans ce mot, av- est un préfixe spécial, venant de la préposition latine apud, qui signifie près de.

Aveline, espèce de noisette, proprt d'Abella (en Gampanie) ; Abella est elle-même la ville des pommes, cf. angl. applCf ail. apfel, pomme.

Avenant, avènement, ave- Avide, avidité, v. avare.

nir, avent, aventure et ses Avilir, avilisseinent, v. vil.

dérivés, avenue, v. venir. Aviné, v. vin.

Avéré, V. voire. Avion, v. oiseau^.

Averse, v. vers'^. Aviron, v. virer. ♦

Aversion, avertir, v. vers^. Avis, aviser, aviso, v. voir^.

Aveu, V. vœu. Aviver, v. vivre 2.

Aveugle, v. œil. Avocat, v. voix.

Aviation, aviateur, aviculture, V. oiseau 1.

Avoine, latin avena.

Avoir (d'où ravoir), latin habere, supin habitam, dont le sens primitif est « tenir » et aussi « se tenir ».

1. Mots formés sur les dérivés latins : habit, proprt tenue, puis vêtement; habitude, propt manière de se tenir, et habituel, habituer, déshabituer ; habile, proprt qui peut se tenir, d'où : qui peut ou sait s'adapter (dérivés : malhabile, habileté, habiliter, réhabiliter), et habiller (d'où habillement, déshabiller, rhabiller, rhabilleur), proprt adapter, puis vêtir. Il y a deux formes négatives de l'adjectif habile, Vnne avec le préfixe in-, l'autre avec le préfixe dé-, qui marque éloignement : inhabile, dont le sens est exactement le contraire de celui d'habile, et débile (d'où débiliter, débilité), qui se rapproche du sens primitif : « qui ne peut se tenir ». Malade, * malehabilum : qui se tient, se trouve, dans de mauvaises conditions; dérivé maladie.

2. Le mot étique (pour heclique) est formé sur le verbe grec ekhein, qui a la même valeur que le latin habere, de sorte que « élique » est la traduction grecque de « habituel » ;

Axonge] du français. 43

on a dit d'abord « fièvre étique », fièvre, continuelle, sans répit, puis étiqae (doù étisie) a servi à désigner l'état de ceux qui sont minés par la fièvre. Cachexie (y. cacochyme) est la traduction grecque de maladie, le second élément du mot dérivant aussi du verbe grec ekhein. V. aussi époque et ennuque.

3. Le fréquentatif de habere a produit habiter, proprt se tenir usuellement, demeurer dans. Dérivés : habitant, habitable, inhabitable, inhabité, habitation, habitacle, habitat.

4. Les composés de habere avaient un i à la place de Va : -hibere, supin -hibitum. De là : exhiber, proprt tenir en dehors, dérivé : exhibition; prohiber, proprt tenir en avant, écarter, empêcher, dérivés prohibition, prohibitif; rédhibitoire (idée de tenir à nouveau, de reprendre), dont le sens propre est : qui donne lieu à la reprise d'un objet vendu, à l'annulation d'un marché; prébende, et sa forme populaire provende, proprt ce qui doit être tenu devant, fourni.

5. Le latin debere (pour * dehibere), supin debitum, d'où vient devoir, est aussi un composé de habere et signifie proprt « dés-avoir », ou encore : tenir de quelqu'un, avoir à rendre; surcomposé redevoir, d'où redevance, redevable. Adjectif et substantif participial dû, d'où dûment, indu. Dette est la forme populaire de l'ancien participe passé féminin, et débit (au sens de compte de ce qui est dû), la forme savante du participe passé masculin, l'une et l'autre employées substantivement. Dérivé : débiteur. L'autre mot débit, au sens de « action de détailler » est le substantif verbal de débiter, qui lui-même dérive de débit 1. Débiter, c'est proprt ouvrir un compte de débit, d'où vendre au détail, puis, par extension, détailler (débiter un chêne), puis, par comparaison, détailler un récit.

Avoisiner, v. voisin, Avouable, v. vœu.

Avortement, avorter, avor- Avoué, subst., v. voix.

ton, V. orient. Avouer, v. vœu.

Avril, latin aprilem, d'après une ingénieuse hypothèse, signifierait « le second »; c'est le second mois de l'année romaine.

Axe, V. ais.

Axiome, grec axiômay proprt croyance.

Axonge, v. ais.

44 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Bachelier

Azalée, du grec azaleon, sec.

Azote, V. zoologie.

Azur et le mol du moyen âge lapis-lazuli (qui commence par un mot latin signifiant pierre, v. pierre) viennent l'un et l'autre d'un mot persan qui désigne une pierre précieuse bleu clair. Dérivé : azuré.

Azyme» origine grecque, a- privatif et zamê, levain.

Baba, nom d'un gâteau, mot polonais.

Babil, babillage, babillard, sont tirés de babiller, onomatopée.

Babine, origine inconnue, peut-être même racine que dans babouin et dans bâfrer.

Babiole, italien babbola, d'origine douteuse.

Bâbord, V. bord.

Babouche, origine persane par l'intermédiaire de l'arabe, proprt ornement du pied.

Babouin, v. babine.

Baby, mot anglais prononcé bébé, et qu'on trouve souvent écrit phonétiquement.

Bac, du néerlandais bak, auge, d'où bateau. Diminutifs : bachot, baquet. Bassin et bâche (caisse à châssis et, par extension, couverture) semblent se rattacher au même mot; dérivés de bassin : bassinet, bassinoire, et bassiner, qui signifie humecter, et chauffer à la bassinoire.

Baccalauréat, u. bachelier. Baccara, origine inconnue.

Bacchanales, latin bacchanalia, fêtes en l'honneur de Bacclîus, d'où au singulier orgie bruyante, et, au masculin, bacchanal, tapage désordonné. Chanson bachique, chanson à boire.

Bâche, V. bac. Bachelette, v. bachelier.

Bachelier, mot d'origine incertaine, désigne un jeune gentilhomme, d'où, par figure, un étudiant pourvu du premier grade universitaire. Dans le dernier sens, par fausse

Paie] DU FRANÇAIS. 45

étymologie ou par plaisanterie, le latin du moyen âge traduisait bachelier par baccalaureum, mot formé avec les mots latins qui signifient baie et laurier, et le grade s'appelait haccalaureaiiim, d'où le français baccalauréat. Diminutif féminin de bachelier : bachelette.

B?. chique, v. bacchanales. Bachot, v. bac.

Bacille, du latin bacillum petit bâton ; bactérie, d'origine grecque, a la même racine et la même valeur, tandis que microbe signifie « être à petite vie, à vie courte » [v. microscope et vivre^) et qu'un vibrion est proprt animé de mouvements vibrants. Imbécile (préfixe in-) signifie proprt qui nest pas appuyé sur un bâton, d'où faible, puis faible d'esprit. Dérivé : imbécillité. Baguette, qui nous vient de l'italien, a la même racine et la même valeur que bacille, et a conservé son sens propre.

— On retrouve la même racine dans bâcler, qui signifie « arrêter comme avec un bâton », d"où obstruer le courant d'une rivière, en parlant des glaces; la débâcle est la rupture de cet obstacle. Un travail bâclé est proprt un travail arrêté, interrompu, avant d'être achevé, d'où le sens de : fait précipitamment.

Bâcler, bactérie, v. bacille. Badaud, u. bayer.

Baderne, bas breton badern, tresse de vieux cordages, d'où le sens figuré.

Badigeon, badigeonnage, Badin, badinage, badine,

badigeonner, origine incon- badiner, v. bayer. nue. Bafouer, origine incertaine.

Bâfrer, v. babine.

Bagage se rattache au vieux mot bagues, d'origine germanique, qui signifie bagages.

Bagarre, origine inconnue. Bagne, v. bain.

Bagatelle, v. baie i.

Bagou, mot d'argot.

Bague, v. baie i. Baguette, v. bacille.

Baguenauder, origine in- Bahut, origine incertaine,

connue.

Bai, rouge-brun, latin badium, même sens.

i. Baie, fruit, du latin baca, qui signifie baie, perle et anneau, et qui nous a donné aussi, par l'intermédiaire du provençal, le mot bague, et par l'intermédiaire d'un diminutif

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italien, le mot bagatelle (qu'on a rattaché aussi à bagues = bagage, v. bagage).

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