‹ Dictionnaire étymologique de la langue française (volume 2)Chapitre 111 sur 169 · Patiner, et patineur, v. patte · texte numérisé non relu

Patiner, et patineur, v. patte

Pâtir se rattache par l'italien au latin pafi, souffrir, participe passé passum.

1. Dérivés : patient, celui qui souffre et celui qui supporte sans se plaindre, d'où patience, patienter, impatient, impatience, impatienter ; passif, qui supporte sans réagir, d'où passivité; passible, proprt qui peut souffrir (puis : qui peut être frappé dune peine), d'où impassible, qui ne peut pas souffrir, insensible à la douleur et à l'émotion; passion, souffrance, supplice (la Passion, dans l'Évangile), et mouvement de l'àme, d'où passionnel, passionner.

— Il faut rattacher aussi à patl l'un des deux verbes passer (l'autre se rattache à pas, v. ce mot), qui signifie subir, dans « passer un examen », tolérer, accepter, permettre, dans « passer une faute à quelqu'un, se passer une fantaisie », et aussi, intransitivement,, être accepté, dans « passe encor de bâtir, passer pour compétent », d'où passable; forme pronominale se passer de, tolérer une privation.

2. Composés de pâtir : compatir, proprt souffrir avec, d'où compatissant, compassion, et aussi compatible (d'où incompatible, incompatibilité), dont le sens propre est : « qui peut être toléré, accepté, en même temps qu'autre chose », conciliable.

3. Le mot grec pathos, auquel nous avons donné le sens péjoratif de « pathétique affecté » (cf. ithos au mot mœurs)^ mais qui avait la double signification de souffrance et de passion, appartient à la môme famille ; compassioAi et sympathie, compatir et sympathiser sont étymologiquement synonymes, le préhxe latin com- et le préfixe grec syni-

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ayant la même valeur. Dérivés de paf/ios au sens de passion, émotion : pathétique ; apathie, absence démotion, d'où apathique ; sympathie et sympathique ; antipathie et antipathique; télépathie, émotion à distance. Dérivés de pathos au sens de souiïrance, maladie : pathologie, d'où pathologique, V. logique''; homéopathie, proprt traitement des maladies par le semblable, v. homéo-, d'où homéopathe, homéopathique; allopathie (d'où allopathe), traitement par le contraire, V. autre''.

Pâtisserie, pâtissier, v. cien, patrie, patrimoine, pa-

nâte. triiïionial, patriote, patrioti-

Patois, V. père. <ïue, patriotisma, patrologie,

Patraque, origine incon- patron, patronage, patronal,

nue. patronat, patronner, patron.

Pâtre, V. paître^. nesss, patronyniique, u. père

Patres (ad), patriarcal, Patrouille, patrouiller, v.

patriarcat, patriarche, patri- le suivant.

Patte, origine douteuse, à rapprocher de l'allemand p/ofe. Dérivés : pattu; pataud, proprt lourd de pattes, doù patauger; patouiller, patrouiller, patauger, d'où patrouille, ronde de nuit, où Ion patauge, et tripatouiller (fusion de tripoter ei de patouiller), tripatouillage, action de remanier un texte en l'altérant; patin, proprt chaussure, d'où patiner, patinage, patineur. Composé : épater, proprt aplatir en faisant fléchir les pattes, d'où écraser au figuré (nez épaté), renverser au sens moral, dérivés : épatant, épatement.

Patte-pelu, v. poil. Paume, v. palme.

Pâturage, pâture, pâturer, Paupérisme, v. parent 3.

paturon, u. paître^. Paupière, v. palper. Paulownia, v. acacia.

Pause vient du latin paasa, cessation, d'origine grecque. Sur pausa, le latin populaire avait fait pausare, d'où notre verbe poser. Ce verbe signifie proprt faire une pause, cesser d'aller, s'arrêter, se tenir immobile. Dans reposer intransitif, se reposer, et dans le substantif repos, le préfixe re-, marquant réaction sur l'état antérieur, a introduit l'idée de délassement. Le substantif verbal de poser, pose, a encore son sens primitif, arrêt de mouvement, quand on l'applique à une danseuse; on comprend fort bien que poser et pose aient pu s'appliquer aussi à l'immobilité d'un modèle, puis à une attitude aflectéc.

— Mais la ressemblance de poser avec position, qui vient

Peau] DU FRANÇAIS. 439

du latin ponere, placer (u. si/e*), a fait attribuer en outre à poser le sens de <( placer », d'abord par la langue littéraire, suivie ensuite par la langue commune; des acceptions correspondantes ont été aussi ajoutées, pour pose, poseur, reposer (la pose d'une pierre, etc.), à celles que ces mots tenaient de leur étymologie vraie. Tous les composés de poser, sur lesquels v. Tarticle site^, ont été formés en pensant à la signification de ponere, et point du tout au sens étymologique du verbe français poser.

— A la rigueur, on pourrait admettre que poser a passé normalement de l'idée de « arrêter son propre mouvement » à celle de « arrêter le mouvement d'un objet qu'on déplace », mais cette évolution de sens aurait été à tout le moins favorisée par la comparaison avec ponere.

Pauvre, pauvret, pauvreté, Pavane, pavaner, v. paon.

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