‹ Dictionnaire étymologique de la langue française (volume 2)Chapitre 130 sur 169 · V. poumon · texte numérisé non relu

V. poumon

Pulpe, du latin pulpa, partie charnue dun corps animal, puis d'un fruit.

Pulsation, v. pouls. tion, pulvériser, pulvérulent,

Pulvérisateur, pulvérisa- v. poudre.

Punais, punaise, v. pourrir.

Pythie] du français. 485

Punch, mot anglais qui vient de l'Inde où il signifie cinq (le punch contenant en principe cinq ingrédients). Cf. Pendjab, pays des cinq rivières.

Punir, punissable, punition, u. peine.

Pupille vient dun diminutif du latin pupum, enfant. Les mots poupée, poupard, poupon, doù Tadjectif dérivé poupin, paraissent bien se rattacher à pupum, malgré la difficulté phonétique. La prunelle de lœil s'appelle aussi pupille, parce qu'elle forme miroir et qu'on croit y voir une petite forme humaine.

Pupitre, du latin pulpitum, proprt estrade.

Pup, d'où pureté, impur, impureté, purisme, puriste, puritain, vient du latin puram. Composes : épurer, d'où épure, proprt mise au net d'un plan, et épuration; apurer (un compte), d'où apurement; dépuratif: purifier, purification, V. faire''. Sur purum, le latin avait fait purgare, rendre pur, français : purger, d'où purge, purgation, purgatif, purgatoire, expurger.

Purée et purin se rattachent à un vieux verbe purer, d'origine incertaine.

Purger, v. pur. Purulence, purulent, pus,

Purin, V. purée. v. pourrir.

Purpurin, u. pourpre.

Pusillanime, d'où pusillanimité, proprt qui a l'âme très petite, latin pusillum, très petit, et animum, v. âme.

Pustule, putain, pute, u. Putois, putréfaction, pu-

pourrir. tréfier, putride, u. pourrir.

Putatif, V. conter. Puy, v. pied.

PYgmée, du grec pugmaion.

Pylône vient d'un dérivé du grec pulê, porte, et signifie proprt (( portail )> ; propylée signifie <c qui est devant la porte », et pylore un des orifices de l'estomac) : « portier ».

Pyramide, d'où pyramidal, grec puramida.

Pyrite, pyrograver, pyrotechnie, v. feu.

Pythie, prêtresse de Delphes, python, sorte de serpent boa (ainsi nommé du nom du serpent monstrueux tué par Apollon), et pythonisse, prophétesse, se rattachent h Puthô, nom grec de la région de Delphes.

486 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Quatre

Quadr-. Pour les mots commençant ainsi, v. quatre.

Quai) mot celtique.

Quai-. Pour les mois commentant ainsi, v. quel.

Quand (latin qaando) et quant (latin quantum) se rattachent au pronom relatif qui et signifient proprement, l'un « auquel moment, au moment où », l'autre « de quelle grandeur ». Les dérivés de quantum expriment aussi le nombre et même le rang : quantité, d'où quantitatif; quantième, proprt quel est le rang du jour du mois {-ième est le suffixe (( ordinal » qu'on a dans deuxième, troisième, etc.); encan (qui équivaut à en quant), vente où l'on demande <( pour combien? ». La locution prépositive quant à est arrivée à marquer un simple rapport : en ce qui se rapporte à.

Quarantaine, quarante, Quart et mots commençant

quarantième, v. quatre^. par quart-, v. quatre"^.

Quartz, mot allemand.

Quasi, mot latin dont la première syllabe se rattache au pronom relatif qui, et qui équivaut à « comme si » [comme équivaut lui-même à « de quelle ou de laquelle façon », v. mode '^).

Quaterne, quatorze, v. le suivant.

Quatre, doù quatrième, quatrain, vient du mot latin quatluor (cf. ail. vier, angl. four), employé à peu près tel quel comme terme musical, et qui est facilement reconnaissable dans quatorze, latin quattuordecim (proprt quatre et dix, cf. quinze au mot cinq), dérivé : quatorzième. On a la forme grecque lelra- dans ladjectif tétragone, à quatre angles [v. décagone et ci-dessous, § 6, quadrangulaire), aussi dans trapèze, v. pied''.

1. Au mot latin quater, quatre fois, se rattache quaternos, par quatre, qui nous a donné quaterne, terme de jeu, et quaternaire, disposé par quatre ou venant le quatrième. En formation populaire, qualernum a produit le vieux français caern, proprt assemblage de feuilles par quatre, et son

Quatre] du français. 487

diminutif caernet, qui sont devenus le premier cahier et le second carnet.

2. Ladjectif ordinal correspondant à quatre est en latin quartum, que nous employons à l'ablatif dans la locution toute latine in-quarto, désignant le format où la feuille est pliée en quatre. Quart, venu de qaartum, ne s'emploie plus que substantivement, sauf dans quelques locutions : fièvre quarte, se moquer du tiers comme du quart (du troisième comme du quatrième, de tout le monde). Dérivés et composés : une quarte, terme de jeu et descrime; un quartaut, quart de muid; écarter, d'où écart (sur écarter et écart, termes de jeu, v. charte), écarteur, écartement. Écarter, c'est proprement repousser dans un quart d'espace, dans un coin, d'où éloigner, séparer; *écar/i//er, devenu écarquiller, d'où écarquillement, signifie ouvrir démesurément les yeux. Quarlum a aussi produit le mot quartier, désignant une partie d'un tout, qui peut, par extension de sens, n'en pas être le quart : un quartier de ville, un quartier de rocher, un quartier d'orange. Ne pas faire de quartier, c'est ne mettre à part (pour lui sauver la vie) aucun prisonnier. Dérivés et composés de quartier : quarteron; quartenier, pour *quarterier; écarteler, pour *écarterer, proprt mettre en quartiers, d'où écarteliement.

3. Un certain nombre de dérivés de quattuor commençaient en latin par quadr- et ont donné en français des formes empruntées commençant par quadr- ou cadr-, et des formes populaires commenç;Ant par quar-, car- ou carr-. Il y avait tout d'abord le nom de nombre exprimant quatre dizaines, quadraginta, français quarante, d'où quarantième, quarantaine, dérivé savant : quadragénaire. L'adjectif ordinal correspondant était en latin quadragesimum, français quadrcgésime. quarantième jour avant Pâques, dont le doublet populaire est le mot carême, désignant la période de quarante jours qui précède Pâques, dérivé : quadragésimal.

4. Le latin quadrum, carré ou quadruple, et ses diminutifs nous oi>t donné : cadre, forme italienne, d'où encadrer, encadreur, encadrement: carreau, d'où carreler, carrelage, carreleur; quadrille (forme espagnole), ensemble de quatre personnes ou de quatre groupes, et aussi petit carré, d'où le sens du verbe quadriller, dérivé : quadrillage ; carillon, d'où carillonner, carillonneur, proprt réunion de quatre objets, ou, d'apiès une autre interprétation, objet

488 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Quémandeur

carré, les premières cloches ayant été carrées. Se rattachent encore directement à qiiadrmn les doublets équerre, instrument pour tracer des carrés, et escadre (d'origine italienne), proprt corps de bataille carré, d'où escadron, escadrille; le mot escouade vient de la forme espagnole du même mot, et square, jardin carré, en est la forme anglaise.

5. Sur quadrum, le latin avait fait le verbe quadrare, d'où quadrature et les substantifs participiaux cadran pour cadrant (le cadran solaire avait la forme carrée) et carré ; de carré dérivent carrure, proprt carré du dos, carrière de pierres (d'où carrier), et équarrir, couper en carré ou couper en quartiers, à la seconde acception se rattachent le mot équarrisseur et l'un des sens déquarrissage. L'infinitif quadrare est lui-même représenté par les doublets cadrer, proprt coïncider par les quatre côtés, s'adapter exactement, et se carrer, développer toute sa carrure, composé contrecarrer qui paraît avoir été d'abord un terme du jeu de bouillotte.

6. En composition avec plie- {v. plier ^), quadram a produit quadruple, d'où quadrupler. Autres composés : quadrangulaire, qui a quatre angles, quadrilatère (d'où quadrilatéral), ligure à quatre côtés, v. lez et décagone; quadriennal, qui dure quatre ans; quadrige, v. joindre^; carrefour, lieu « fourchu » en quatre directions; quadrupède.

Que, V. qui.

Quel, du latin qualem, qui se rattache au pronom qui. Dans son emploi interrogatif ordinaire, et dans la locution lequel, quel est devenu synonyme de qui. Sa valeur propre se montre encore dans les phrases telles que « Quel homme est-ce )>, dans « tel quel », « quel que » et dans l'emploi exclamatif; elle s'est conservée aussi dans le substantif qualité, d'où l'adjectif qualitatif, et dans qualifier, qualification, qualificatif [v.faire'^), d'où inqualifiable, disqualifier.

— Le dérivé latin qualemcumque a produit quelconque, proprt quel qu'il soit, cf. quiconque, au mot qui. Le composé français quelque (d'où quelqu'un) équivaut aussi à « quel qu'il soit )), mais il est arrivé à exprimer non plus la qualité (sauf dans quelque que, où il a remplacé abusivement quel)^ mais une quantité ou un nombre indéfinis.

Quémander, d'où quémandeur, origine inconnue.

Qui] DU FRANÇAIS. 489

Quenelle, probablement de rallemand knôdel.

Quenotte, dent, origine germanique.

Quenouille, d'où quenouillée, se rattache au latin cohim, même sens, par l'intermédiaire du latin populaire * colucula.

Querelle, latin qaerela, d'où quereller, querelleur, se rattache au verbe queri, se plaindre.

Quérir se rattache au latin quœrere, supin quœsitum. Dérivés : quête (proprt recherche), qui a produit quêter, d'où quêteur; question, recherche par interrogation, et supplice qui accompagnait l'interrogatoire dans l'ancien régime, questionnaire, questionner, doù questionneur; questeur, d'où questure, magistrature qui à l'origine comportait certaines recherches,

— Les composés latins sont en -quirere, -quisitum, mais dans les formes françaises on trouve un mélange de radicaux avec é ou c et de radicaux avec i : acquérir, d'où acquéreur, acquis, acquêt, et acquisition; conquérir, proprt chercher ensemble, rassembler, englober dans ses possessions, d'où conquérant, conquête, reconquérir: exquis, proprt recherché, choisi; enquérir, d'où enquête, enquêteur, et les formes savantes inquisition, inquisiteur, inquisitorial ; perquisition, recherche à travers, d'où perquisitionner; requérir, proprt rechercher, d'où réclamer, dérivés : requérant, requête, réquisition, réquisitoire.

Questeur, question, quête, v. le précédent.

1. Queue, du latin cauda, dont nous employons la forme italienne coda comme terme musical. Dérivés populaires : couard qui porte la queue basse), d'où couardise ; queuter, terme du jeu de billard. Dérivés savants : caudal ; caudataire, porte-queue.

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