V. voir 3. trioler, v. verre
Visqueux, v. gui. Vitupérer, v. vice.
Visser, v. vis. Vivace, vivacité, v. vivre^.
Visuel, v. voir^. Vivandier, vivat, v.vivre^.
Vital, vitalisme, vitaliste, Vive, poisson, v. parent ^.
vitalité, V. vivre '>■. Viveur, v. vivre^.
Vite, d'où vitement, vi- Vivier, vivifier, vivipare,
tesse, origine inconnue. vivisection, v. vivre'^.
Vivoter, v. vivre ^.
Vivre, du latin vivere, supin vicium, apparenté au grec 5io/i, vie, etzên, vivre [v. zoologie], à l'anglais qaick, vivant, et à l'allemand queck, par exemple dans quecksilber, vifargent.
1. L'interjection vive! et sa forme latine vfvat, devenue substantif, n'est autre chose que le subjonctif présent, troisième personne du singulier; la formule u qui vive? )> signifie proprt : <c Vive qai'i Quel est votre vivat, votre mot d'ordre?», par extension, simplement : qui est là? Le gérondif vivant s'emploie substantivement dans les formules « de son vivant, du vivant de ». Le participe futur passif du latin, vivenda, « ce dont on peut vivre », nourriture, a produit viande, qui a eu jusqu'au xvii° siècle le sens de nourriture en général, et vivandier, vivandière, proprt celui ou celle qui vend des vivres à l'armée. Dérivé de vivre : viveur, le mot a pris une valeur péjorative. Diminutif : vivoter. Composés : convive, qui partage le repas; revivre; survivre, d'où survivance et survie (cf. § 4).
2. L'adjectif latin vivam a produit vif, d'où aviver et Taviver,. et les dérivés : vivace, d'où vivacité; vivier, endroit où l'on conserve des bêtes vivantes, spécialement
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aujourd'hui des poissons (en latin le mot avait aussi le sens de garenne). Le vif-argent est comme de l'argent qui vit, qui se meut. Joint à des racines verbales, vivum a produit : vivipare, v. parent^; vivifier et revivifier, v, faire "^i vivisection, V. scier.
— On rattache aussi à vivum le mot viole, qui aurait d'abord signifié « instrument vif ». Le dérivé violon, d'origine italienne, signifie proprt grosse viole, contre-basse, instrument dont le violoncelle est une forme diminuée; c'est en comparant les barreaux de la fenêtre aux cordes de l'instrument, qu'on a pu donner le nom de violon à une prison. Doublet de viole : vielle.
3. Au supin victum se rattachent : victuailles, ravitailler, et le vieux mot convi, banquet, sur lequel on a fait convier, proprt appeler à un repas, puis à une fête, à une cérémonie, inviter.
4. Le substantif latin vita, français vie, a produit le mot savant vital, d'où : vitalité, et vitalisme, système philosophique relatif à la vie physiologique. Sur vie ont été faits : viable, qui peut vivre, d'où viabilité, et le vieux mot viage, temps de la vie (cf. âge, pour le suffixe), d'où viager.
5. A la forme grecque signalée plus haut se rattachent : cénobite {koinon, commun, et Mon, vie), celui qui vit en commun avec d'autres religieux, par opposition à l'anachorète, V. ce mot; microbe, qui a une petite vie, v. microscope; amphibie, qui vit dans deux éléments; biologie, étude delà vie, v. logique^; biographie (d'où biographe), récit de la vie de quelqu'un, v. graphie '^.
Vizir, d'un mot arabe qui est d'origine persane; le même mot arabe, précédé de l'article, a produit alguazil et argousin, tous les deux venus d'Espagne, mais le second en passant par l'Italie.
Vocable, vocabulaire, vo- tif, vocaLion, vocifération, cal, vocalise, vocaliser, voca- vociférer, v. voix.
Vœu, latin votam, se rattache au verbe latin vovere, supin votum, qui signifie : l*' promettre ou consacrer aux dieux; 2" demander aux dieux, exprimer un souhait. La locution ex voto, proprt « d'après un vœu » se compose de la préposition ex, V. é-, et de l'ablatif de votum. "Votif signifie « conforme à un vœu ». Au supin du composé devouere se rattachent : dévot, pi'oprt consacré Éi Dieu; dévotion, dévoû-
Voie] DU FRANÇAIS. 609
ment à Dieu, et, par extension, même à un homme, dans la locution « être à la dévotion de quelqu'un ».
— Sur votum a été fait le verbe votare, français vouer, faire un vœu et consacrer à Dieu ou à un homme, d'où dévouer et dévouement dans le second sens. — Avouer, d'où aveu, qui a la même racine que vouer, mais qui s'est formé indépendamment, a signifié : mettre à la discrétion du seigneur féodal, d'où : reconnaître quelqu'un pour son seigneur, et, d'une façon générale, pour sien, faire siens les actes de quelqu'un, en prendre la responsabilité (à ces dernières acceptions se rattachent les significations de désa- ■vouer et de désaveu), enfin reconnaître comme siens ses propres actes. Dérivés : avouable et inavouable. Notre mot vote, d'où voter, vient aussi de votum, mais par l'intermédiaire de l'anglais, et avec une acception toute spéciale.
Voguer, italien yo^are, d'origine germanique, cf. vague; le substantif verbal vogue s'emploie au figuré en parlant d'une personne ou d'une mode qui « vogue » bien, qui a du succès.
Voici, V. voir ^.
Voie, latin via, a été rattaché au verbe vehere, charrier, supin vecium, rapprochement d'ailleurs contesté.
1. Le verbe vehere a produit véhicule et voiture [vectura], d'où véhiculer, voiturer, voiturier, voiturin. Du composé invehere, s'emporter contre, dérive : invective.
— Il y a eu une forme de supin *vexum, d'où convexe, (( qui descend également de tous côtés )>, et le verbe vexer, proprt agiter fortement, secouer, dérivés : vexation et vexatoire.
— Enfin on rattache aussi à vehere le mot velunij français voile de navire, d'où voilier, voilure. Le bois qui se déjette est comparé à une voile gonflée par le vent, on dit qu'il se voile. — Le sens de « voile qui cache » peut être tiré, par comparaison, de « voile de navire », mais le mot vélum, dans ce sens, a été rattaché aussi à la famille de vêtir. Dérivés : voilette; voiler, d'où dévoiler, et les. mots savants vélaire, révéler, retirer le voile, d'où révélateur, révélation.
2. L'anglais way, qui est sûrement apparenté à vehere, a formé tramway, « chemin à rails », puis en français « voiture ». Ce double sens et le rapprochement entre les mots
DICT. ÉTYM. FRANC. 39
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de même origine way, chemin, et wagon, voiture (écrit aussi vagon en français), montre bien la parenté qui unit l'idée de route à celle de véhicule. Même rapprochement entre les formes allemandes weg et wagen. A ce dernier mot se rattache vaguemestre, proprt u maître des équipages ».
3. Dérivés du latin via ou du français voie : viabilité d'un chemin (sur un autre viabilité, v. vivre ^); viatique, proprt provisions de route, et son doublet voyage, déplacement sur une route, d'où voyager, voyageur; peut-être aussi le mot d'argot voyou, coureur de rues. Sur voyer et voirie, v.fois. — Composés : convoyer, proprt faire route avec, d'où convoi et convoyeur; dévier, d'où déviation, et dévoyer, d'où dévotement; envoyer, proprt mettre en route, d'où envoi et envoyeur; se fourvoyer, se mettre hors de la route; obvier, aller au-devant (d'une difficulté) ; entrevoie ; viaduc, v. daire^; le latin /rii^ium, jonction de trois routes (cf. bifurcation), d'où trivial (qu'on peut rencontrer dans les carrefours, qui court les rues) et trivialité.
Voilà, V. voir^. Voile, voiler, voilette, voi-
lier, voilure, v. voie^.
Voir, latin videre, supin visum (cf. allemand wissen, anglais to wit, connaître).
1. Les prépositions voici, voilà, contiennent l'impératif de ce verbe. Substantif tiré du participe passé : sous la forme française, vue (et bévue avec le préfixe péjoratif bé-, sur lequel v. bis 2) ; sous une forme diminutive italienne, vedette, sentinelle et place en vue. L'infinitif sous la forme italienne se trouve dans belvédère, proprt beau-voir, endroit disposé pour avoir une belle vue. Adjectif participial : voyant, au sens de « qui voit )> dans clairvoyant, d'où clairvoyance, au sens de « qui se voit bien )> dans couleur voyante; cet adjectif s'emploie aussi substantivement au sens de visionnaire.. Clairevoie, espèce de clôture qui permet de voir clairement à travers. Visa est le participe passé latin au neutre pluriel, et signifie proprt choses vues, on appelle ainsi une signature précédée de la mention « vu »; c'est de visa que dérive un de nos deux viser, celui qui signifie « mettre son visa à ».
2. Sur le supin visum a été fait le vieux substantif tus, vue (cf. la locution toute latine de visu, d'après la vue) et aussi siège de la vue, face humaine. Le sens de « face » s'est conservé dans la locution vis-à-vis, face à face, et dans lo
Voir] DU FRANÇAIS. 611
dérivé visage, d'où envisager, regarder en face, au propre ou au figuré; sur envisager, en substituant au préfixe en- le préfixe dé-, qui indique un regard de haut en bas, on a fait dévisager. Au vieux mot vis, au sens de vue de l'esprit, se rattache la vieille locution « il m"est à vis, il lui est à vis », d'où, par la soudure de la préposition et du nom, on a tiré le nouveau substantif avis, opinion, qui a produit à son tour un verbe aviser (distinct du composé de viser signalé § 3), aux sens de se faire un avis et donner un avis, d'où l'adjectif avisé, « qui a de bons avis », et malavisé, se raviser, revenir sur son avis ; un aviso (le mot est espagnol) est un bateau pour porter des avis, des dépêches.
3. Autres dérivés du supin visum : visuel; vision, d'où visionnaire; visière, qui permet de voir et qui abrite les yeux; visible, d'où visibilité, invisible, invisibilité; le verbe viser, qui a été un synonyme de voir (acception conservée dans aviser au sens vieilli d'apercevoir), et qui a pris la signification de a diriger son regard ou son attention », d'où le substantif participial visée. Visiter, d"où visite, Visitation et visiteur, vient du fréquentatif latin visitare qui signifiait voir souvent et aller voir.
4. Composés de videre ou de voir : évident, proprt qui (( ressort à la vue », d'où évidence; — envie, latin invidia {in- négatif, proprt le fait de ne pas pouvoir voir quelqu'un), d'où envieux, envier, enviable ; — entrevoir, d'où entrevue avec son doublet d'origine anglaise interview, d'où interviewer; — prévoir, voir d'avance, d'où prévision, prévoyant, prévoyance, et les surcomposés avec le in- négatif : imprévoyant, imprévoyance, imprévu; — pourvoir, voir et aviser d'avance, d'où pourvoyeur, dépourvu, et la locution conjonctive pourvu que, proprt « cela étant pourvu, préalablement vu et admis, à savoir que... ». Se pourvoir, terme juridique, c'est aviser à un appel, substantif verbal pourvoi. Le participe présent latin providentem, correspondant au français pourvoyant, avait aussi la forme syncopée prudentem, de là prudent et prudence, à côté de providence, qui s'est spécialisé au sens de sagesse divine qui pourvoit aux besoins des êtres : à prudent se rattachent imprudent, imprudence, et providentiel à providence. Autres dérivés savants du verbe latin avec le préfixe pro- : proviseur, proprt celui qui « pourvoit aux besoins » d'un lycée, d'où provisorat; provision, d'où provisionnel, approvisionner, approvision-
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nement; provisoire, qui pourvoit en attendant mieux. Improviser, d'où improvisateur et improvisation, est un mot d'origine italienne, qui exprime lïdée de parer à l'imprévu; improviste, de même origine, signifie « impourvu », imprévu. — Un dernier composé de voir est revoir, d'où revue, dérivés savants : révision et réviser.
5. Le grec idea {v. idée) est apparenté à videre. Sur un autre mot grec ayant le sens de voir, v. théâtre et théorème. Mais les racines grecques de cette signification qui sont les plus fréquentes dans les mots français sont celles que l'on trouve sous les formes -orama, -ops-, -opt-, -op- : diorama (préfixe dia-), proprt vue à travers; panorama, vue générale, V. panacée ; autopsie, proprt le fait de voir de ses propres yeux, V. autonome; optique (d'où opticien), « qui concerne la vue »; synoptique, « qui donne une vue d'ensemble »; myopie et myope (v. ce mot), qui expriment l'idée d'une vue faible (réalisée en fermant les yeux) ; cyclope, v. cycle; galéopsis, proprt aspect de belette, nom de fleur; coréopsis, apparence de punaise (par le fruit). Cf. ophtalmie.
Voire, dans « voire même », qui signifie proprt « vraiment même », se rattache au latin verum, vrai, d'où avéré, reconnu pour vrai. Dérivés savants de verum : vérité, d'où véritable; véracité; vérifier, d'où vérification, vérificateur, v.faire'^; véridique, v. dire^. Notre adjectif vrai, d'où vraisemblable, vraisemblance (et invraisemblance, invraisemblable), vient d'un dérivé populaire de verum. Le mot verum lui-même avait donné en vieux français l'adjectif veir, voir, qu'on retrouve dans le mot verdict (proprt vraie parole), que nous avons repris aux Anglais.
Voirie, v. fois.
Voisin, du latin vicinum; dérivés et composés: voisinage, circonvoisin, voisiner, avoisiner. Le dérivé savant vicinal, d'où vicinalité, signifie « de village », car vicinum vient luimême de vicum, village, mot apparenté au grec oikon, v. économe.
— Le latin villa, ferme, est un dérivé de vicum. Le mot français ville a eu d'abord, comme le latin villa, le sens de « domaine à la campagne », et a formé alors les dérivés village, ensemble de résidences à la campagne, et vilain qui a eu successivement les acceptions de : « habitant de La campagne, roturier, mesquin et laid (d'où vilenie) », et qui
Voler] DU FRANÇAIS. Ô13
a été remplacé dans le premier sens par villageois. A côté de village, ville a perdu son sens primitif et a pris le sens actuel de grande agglomération. D'autre part, l'ancien mot latin nous est revenu, sous sa forme latine et italienne, villa, avec le sens de maison de campagne, et nous avons aussi emprunté à l'italien le dérivé villégiature, séjour de plaisance à la campagne. Villanelle, également d'origine italienne, signifie proprt chanson villageoise. — Sur le mot grec qui signifie ville, V. police i.
Voiture, voiturer, voiturier, voiturin, y. voie^.
Voix, latin vocem; dérivés : vocal (et son doublet le substantif féminin voyelle, modelé sur voix), d'où vocaliser, faire certains exercices vocaux, substantif verbal vocalise; vocable, mot, et vocabulaire (cf. phonème, fait sur le mot grec qui signifie voix) ; équivoque, d'où équivoquer, proprt user de paroles égales (dans un sens diflérent), v. équité; vociférer (d'où vocifération), porter la voix, l'élever, v. offrir ^.
— Sur la même racine que vocem a été fait le verbe latin vocare, appeler, d'où vocation, proprt appel, et vocatif, cas où Ton met le nom quand on appelle.
— Composés de vocare : advocare, appeler à soi, d'où avocat et son doublet populaire avoué, car les deux mots ont étymologiquement la même valeur; convoquer, appeler ensemble, d'où convocation; évoquer, proprt appeler au dehors, d'où évocation, évocateur; invoquer, proprt appeler sur, d'où invocation; provoquer, proprt appeler devant, d'où provocant, provocation, provocateur; révoquer, proprt rappeler, d'où révocation, révocable, irrévocable.
Vol, V. voler ^. Vol-au-vent, v. vent.
Volage , volaille , volant , Volcan, volcanique, u. noms
volatil, volatile, volatiliser, propres (Mots tirés de).