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V. voler

Voler, se soutenir dans les airs, latin volare. On a expliqué voler, au sens de dérober, par un mot latin vola, qui signifie paume de la main. Mais il est possible que les deux voler soient deux acceptions d'un même verbe. La seconde acception viendrait-elle du langage de la chasse au faucon, où voler a la valeur transitive de poursuivre en volant? Ce n'est guère vraisemblable, car poursuivre n'est pas dérober. Mais voler a pu signifier « faire voler des mains »

614 Dictionnaire étymologique [Vouer

un objet que Ton arrache à quelqu'un, comme descendre une malle, c'est la faire descendre, et Ion passe facilement ensuite à la signification générale de« dérober », cî. souffler un objet à quelqu'un.

1. Le substantif verbal des deux voler est vol. A Texception de voleur, de volereau employé par la Fontaine, de volerie employé par Mme de Sévigné, et de volable, peu usité, qui se rattachent à voler = dérober, tous les autres mots de la famille doivent être rangés sous le premier sens.

2. Dérivés : voleter (mais non pas voltiger, qui se rattache à la famille d'évoluer, v. voûte^); volée, essor de l'oiseau, et, au figuré, course d'un projectile, oscillations d'une cloche, pluie de coups, par comparaison avec les battements de l'aile; volant, adjectif et substantif participial; vole, terme de jeu; volage; l'adjectif volatil, d'où volatiliser, faire s'envoler; le substantif volatile; volaille, mot de formation populaire, désignant l'ensemble des volatiles de basse-cour, ou l'un de ces volatiles; volière, cage permettant de voler; volet, tablette légère pour trier et battant de fenêtre (bavolet, étoffe volante au bas de la tête); volige, planche légère.

3. Composés: convoler, proprt voler avec; s'envoler (d'où envolée), « prendre son vol », à rapprocher du vieux verbe, de formation populaire, embler, qui avait le sens de « enlever », d'où d'emblée, qui équivaut à « d'enlevée »; sur volau-vent, v. vent. Les néologismes survoler et survol, appliqués au vol des aviateurs, pour éviter l'équivoque, n'ont pas encore réussi à s'imposer à l'usage.

Volet, V. voler 2. Volte-face, volter, voltige,

Volition, volontaire, vo- voltiger, voltigeur, u. uoûfe 2.

lontariat , volonté , volon- Volubilis, volubilité, volu-

tiers, V. vouloir. me, volumineux, v. voûte^.

Volte, V. voûte *.

Volupté, d'où voluptueux, latin voluptatem.

Volute, v. voûte '.

Vomir, d'où vomissement, vomitif, vomique, vient du latin vomere, supin vomiluin, apparenté au grec emein, vomir, emeton, vomissement, d'où émétique.

Vorace, voracité, u.d^uo/'cr. Votre, vôtre, u. vous.

Vote, voter, votif, u, vœu. Vouer, v. vœu.

Voûte] DU FRANÇAIS. 615

Vouloir vient du latin populaire *volere, classique velle (cf. ail wollen, angl. to ivill). La forme classique de l'infinitif se rencontre dans le dérivé velléité, qui paraît fait sur le conditionnel vellem, « je voudrais », opposé à « je veux », d'où la signification de volonté hésitante. Dérivés : volition et les mots issus du substantif latin voluntatem et de l'adjectif dérivé voluntarium, volonté, volontiers, volontaire, qui a engendré à son tour volontariat et involontaire. Composés : bénévole, malévole, et les équivalents, en formation française, bienveillant (bien-veuillant), malveillant, d'où bienveillance et malveillance.

— On rattache au même verbe, avec quelque hésitation, le latin vulium, vieux français vont, visage (expression de la volonté), d'où envoûter, représenter quelqu'un par une « figure » de cire à travers laquelle on croyait pouvoir l'atteindre, dérivé : envoûtement.

Vous, latin vos. Le dérivé vostrum, dont la désinence a la même valeur que celle de nostram, v. nous, signifie proprt « plus particulièrement à vous », français votre ou vôtre suivant que le mot est ou non proclitique. Le pluriel de la forme proclitique s'est contracté en vos.

Voussure, voussoir, v. voûte i.

Voûte, le doublet volte d'origine italienne, et la forme volute, également italienne, viennent du participe passé du verbe latin voluere, rouler, supin volutiun.

1. La volute est un enroulement ornemental, la volte un mouvement en rond, la voûte, d'où voûter, une construction ronde pour couvrir. Sur une forme populaire de supin, *volsnm, ont été faits : voussure, courbure de la voûte, et voussoir, pierre arrondie du cintre.

2. Dérivés de volte : volter et voltiger, faire des voltes, des exercices tournants, d'où le substantif verbal voltige et le dérivé voltigeur, soldat d'infanterie légère; voltiger a pris en outre le sens de voleter çà et là. La volte-face est proprt l'action de tourner sa face. Dans archivolte, volte a le sens d'arcade, c'est l'arcade principale [v. archi-) qui encadre l'autre.

3. Dérivés de volvere qui ne se rattachent pas au supin : volume (latin volumen, génitif voluminis), à l'origine manuscrit roulé, et déroulement dans l'espace, d'où place occupée par un corps, sens auquel se rattache volumineux, fait sur

616 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Vulnérable

le radical voZam m-; volubilis et convolvulus, mots tout latins, désignant une plante qui s'enroule; volubilité, qualité ou défaut d'une parole qui se déroule rapidement.

4. Composés de volvere : circonvolution, déroulement autour; — latin devolvere, proprt dérouler d'en haut, attribuer, d'où dévolu et dévolution; — latin evolvere, rouler hors de, d'où évolution qui a produit évoluer; — latin involverCf enrouler, envelopper, d'où désinvolte, d'origine espagnole, « débarrassé de ce qui enveloppe, dégagé » et désinvolture ; — latin revolvere, rouler en arrière, retourner, anglais to revolv^ d'où revolver, arme qui (( retourne » ; dérivé français : révolution. A l'idée fondamentale de développement circulaire le préfixe ré- ajoute l'idée de retour au point de départ, comme dans les révolutions des planètes, ou celle d'un mouvement en sens contraire, d'un changement brusque, comme dans les révolutions politiques, d'où révolutionner, révolutionnaire. Se révolter (forme d'origine italienne), c'est se retourner, puis se soulever, d'où le sens du substantif révolte.

5. Au mot grec qui correspond étymologiquement à volvere, eluein, se rattache élytre, proprt enveloppe ; hélice se rattache à une racine voisine.

Voyage, voyager, voya- Vi^c, w. varech.

geur, v. voie^. Vrai, vraisemblable, u.

Voyant, v. voir i. votre.

Voyelle, u. voix. Vrille, v. vis.

Voyer, v. fois. Vue, u. voir ».

Voyou, V. voie 3.

Vulgaire, latin vulgarem (d'où vulgarité, vulgariser, vulgarisation), se rattache au substantif vulg us, foule; verbe composé : divulguer, publier de divers côtés, d'où divulgation. Le verbe simple vulgare nous a laissé le mot savant vulgate, version accréditée de la Bible en latin, édition courante d'un auteur ancien.

Vulnérable, d'où invulnérable, se rattache au latin vuli nus, génitif vulneris, blessure; autre dérivé : vulnéraire, qui ^ guérit les blessures.

Zèbre] du français. 617

"Wagon, u. voie ^. "Warrant, v. garant.

Waterppoof, mot anglais qui signifie proprt : à r « épreuve » de l'eau.

Whist, mot anglais.

Xénophobe, « qui a la haine de l'étranger », v. proxénète et hydrophobe.

Xiphoïde, grec xiphoeidên, proprt : en forme d'épée {v. forme); « appendice xiphoïde » est le nom de l'extrémité inférieure du sternum.

XYlographie (formé avec le grec xalon, bois), gravure sur bois, v. graphie *.

T, adverbe, v. idem.

Yacht, mot anglais.

Yatagan, mot turc.

Yeuse vient du latin ilicem par l'intermédiaire du provençal euse.

Yeux, V. œil. Yole, origine inconnue.

Yucca, mot de la langue des Caraïbes.

Zagaie, mot africain, que nous avons emprunté à l'espagnol.

Zèbre, d'où zébré, zébrure, mot du Congo.

618 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [ZouaVC

Zébu, mot de Tlnde.

Zèle, du latin zelum, qui est le grec zêlon, émulation, jalousie. Dérivés savants : zélé, zélateur. Dérivé populaire : jaloux, d"où jalousie, jalouser; on appelle jalousie un contrevent à jour, qui permet de surveiller sans être vu. Cf. judas.

Zénith, V. nadii*.

Zéphyp» grec zephuron.

Zéro, mot italien, qui vient d'un mot arabe signifiant « vide » ; c'est le même mot que chiffre, qui ne s'est d'abord appliqué qu'au zéro.

Zeste, origine inconnue.

Zézayer, onomatopée.

Zibeline, v. sable 2.

Zigzag, onomatopée; pour l'alternance des voyelles i et a, dans les formations de ce genre, comparez tic tac, micmac, clic clac, flic Jlac, cric crac, rie rac, trictrac.

Zinc, d'où zingueur, mot allemand.

Zinnia, v. acacia.

Zizanie, d'origine grecque, signifie proprt ivraie : semer la zizanie, c'est, au figuré, semer le mauvais grain, la mésintelligence.

Zodiacal, zodiaque, v. zoologie.

Zona, mot latin, qui vient du grec zânê, ceinture, et qui a produit aussi notre mot zone.

Zoologie, d'où zoologique, zoologiste, se rattache au mot grec zôon, être vivant, de zên, vivre, apparenté à bion, v. vivre ^. Zodiaque, d'où zodiacal, désigne la route ou la région des constellations représentées par les animaux symboliques. Les épizooties sont des maladies sur les animaux (préfixe épi-). Les protozoaires sont proprt les premiers animalcules (ceux dont l'organisme est le plus élémentaire); sur proto-, v. pour^. Les zoophytes sont proprt des animaux-plantes, v. physique. L'azote est proprt ce qui est impropre à la vie [a- privatif). — Môme racine grecque dans diète i, v. ce mot.

Zouave, nom d'une tribu de Kabyles, cf. turco.

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