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Les composés latins de quatere, quassum, sont en -cutere

92 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cata-

cassum. De là discuter, discutable, indiscutable, et discussion (le sens propre de discuter est secouer en séparant, d'où agiter une question). De là aussi le mot de la langue médicale percuter, dont la langue ordinaire a le dérivé percussion et le composé répercuter (proprt frapper en retour), sur lequel a été fait répercussion. Nous n'avons pas emprunté le verbe conculere, secouer fortement, ébranler, doù au figuré extorquer, mais nous avons le dérivé concussion et concussionnaire.

3. Les deux seuls verbes de cette famille qui aient passé en français par la voie populaire sont : 1° succutere (agiter de bas en haut), en vieux français secourre, devenu secouer par changement de conjugaison, et dont l'ancien participe féminin secousse est employé substantivement; 2^ excutercy secouer pour retirer, en vieux français escourre, surcomposé rescourre, dont nous connaissons encore le substantif participial rescousse par la locution archaïque : à la rescousse.

Casserole, origine dou- Cassette, u. châsse.

teuse. Cassis, origine inconnue.

Cassolette, espagnol cazoleta.

Cassonade, cassure, v. cas- Caste, v. chaste,

ser. Castel, v. château.

Castagnette, v. châtaigne.

Castor, grec kastôr.

Castrat, castration et le mot de formation populaire châtrer, mutiler, se rattachent au latin castrare.

Casuel, casuiste, casuistique, v. choir.

Cata-, préfixe d'origine grecque, signifie proprt de haut en bas, sans passer un échelon, d'où résulte aussi une valeur distributive. La préposition grecque kata avait passé en latin populaire notamment dans l'expression cata unum, *catunum, « par un », d'où le sens de : chacun. D'autre part, l'indéfini latin quisque (chaque), suivi du même ununi, avait produit *quiscunum qui avait le môme sens que *catunum. Ces deux mots se sont fondus en *cascunum, d'où le français chascun, chacun, et de chacun nous avons tiré chaque. De t€lle sorte que, dans chacun et chaque, la syllabe cha- est la forme populaire du préfixe grec kata-, et c ou qu qui suit est ce qui reste dans ces mots de l'indéfini latin quisque, qui avait le sens de chaque.

Cave] DU FRANÇAIS. 93

Cataclysme, originairement inondation, se rattache au verbe grec klazein. qui signifie arroser, nettoyer. On retrouve ce verbe dans clystère, et on a sans doute la racine latine correspondante dans cloaque, égout (qui nettoie), d'où le sens de réduit infect.

Cataeombe, mot italien d'origine incertaine.

Catafalque, v. échafaud. Cataplasme, v. plastique.

Catalepsie, u. épilepsie.

Catalogue, cataloguer, v.

logique^.

Catapulte, mot latin dorigine grecque, apparenté à pousser.

Cataracte, mot grec, proprt rupture.

Catarrhe, v. rhume. Catégorie, catégorique, v.

Catastrophe, v. strophe. allégorie.

Catéchiser, catéchisme. Cathédrale, v. chaise.

catéchumène, v. écho. Catholique, v. olographe.

Catin, abréviation arbitraire de Catherine; c'est un exemple de nom propre employé dans un sens péjoratif.

Cauchemar, y, chausser. Caustique, v. brûler.

Caudal , caudataire , v. Cauteleux, v. caution,

queue. Cautère, cautériser, cau-

Gausal, causalité, cause, térisation, v. brûler. causer, causerie, causette, causeur, v. chose.

Caution se rattache au verbe latin cavere, supin cautum, qui signifie prendre garde. Une caution est une garantie; dérivés et composés : cautionner, cautionnement, précaution, se précautionner. Un homme cauteleux prend garde, se défie; ici le sens s'est compliqué d'une idée accessoire de finesse hypocrite; cauteleux est fait sur l'ancien français cautèle (mot savant), défiance.

Cavalcade, cavale, cavalerie, cavalier, v. cheval.

Cavatine, mot italien.

Cave, adj. (des yeux caves), vient de l'adjectif latin cavnm, qui signifie creux, et le substantif cave est le même adjectif employé substantivement.

1. Dérivés : caveau, cavité, concave et concavité, caverne et caverneux ; excavation ; encaver, d'où encavage et encaveur. Chai (entrepôt de vins) pourrait être la forme populaire d'un dérivé de cavum. Nous avons emprunté à

^^ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ce

litalien un verbe caver, qui se rattache à la même racine, avec le sens spécial de creuser sa poche pour en extraire la somme qu"on engage au jeu; cette somme a été désignée par un nouveau substantif caue, tiré de ce verbe caver; le joueur est décavé quand il a perdu sa « cave ».

2. De Tadj. cavum, le latin avait tiré les substantifs cavea et caveola altéré en * gaveola, lun et Tautre ayant le sens de « loge d'animal, cage », qui ont produit en français cage et jaiole devenu geôle. Composés ; encager au sens propre et enjôler au sens figuré, d'où enjôleur. Après avoir eu le sens de cage, geôle, par une figure facile à comprendre, a pris celui de prison, d'où geôlier. La forme provençale de cage, « gabi », au sens figuré de hune, a engendré gabier, nom d'un matelot qui se tient dans les hunes.

Caverne, caverneux, cavité, v. cave.

Ce, pronom neutre, latin ecce-hoc. Sur le préfixe ecce qui a produit iç-, ç-, v. ici.

1 . Le pronom hoc signifie à lui seul « cela » ; la locution toute latine ad hoc équivaut à « pour cela », une réponse ad hoc est celle qui convient pour la circonstance. Ce mot est représenté dans le pronom proclitique ce par un simple e après le préfixe ç-, il est plus reconnaissable dans avec = av-ec (v. ce mot), et plus encore dans l'affirmation provençale oc, qui signifie proprt « cela, c'est cela ». La vieille affirmation française est la même, avec le pronom personnel en plus : « Est-il venu? — 0 (= oc) il (est venu) » ; puis oil s'est employé quel que fût le sujet du verbe non exprimé de la réponse, et ultérieurement oil est devenu oui (d'où l'exclamation familière ouiche) par la chute de l final et par le changement régulier de l'o initial en ou.

— Le latin hoc a la valeur non plus de pronom, mais d'adjectif démonstratif, dans hodie, ce jour, dont le français a fait le vieil adverbe ui, hiii; aujourd'hui équivaut étymoiogiquement à « au jour de ce jour ». Dans hui, cest hu- qui représente le latin ho-,-i est ce qui reste du mot latin signifiant jour, que nous avons conservé dans mi-di {v. jour).

— Hoc est donc devenu, dans la composition des mots français dont il fait partie, tantôt ec, tantôt ou, tantôt ui en se combinant avec di, tantôt simplement e.

2. Le démonstratif latin hoc semployait adverbialement sous les formes hic et kac = dans cet endroit. Ce soot ces

céder] du français. 95

deux mots qui, précédés du préfixe, ont donné en français ici, ci et çà. Hic est conservé tel quel dans la locution « c'est là le hic » qui équivaut à : c'est dans cet endroit que git la difficulté. On avait également liuc = par là, d'où le vieux mot hucher, appeler en criant.

3. Hac était aussi une forme adjective du féminin. Hachora, qui signifie à celle heure-ci, a produit ore, or, aussi ores, ors, dont le sens primitif est <( maintenant », de même que illac hora {v. il) a donné lor, lors (d'où alors et lorsque), dont le sens primitif est à cette heure-là. Dans ces deux mots, l'o représente la fusion de l'a du démonstratif féminin et de l'o du substantif hora, lequel o, sans démonstratif agglutiné, a donné en formation populaire la voyelle eu d'heure, v. ce mot.

Ce adjectif, cet, cette, se composent du préfixe latin ecce, réduit à ç- [v. ici) et du démonstratif latin islum, féminin istam. De là les vieilles formes : masculin cest, devenu cet, et même ce devant les consonnes; féminin cesie, devenu cette. Le pluriel ces, des deux genres, est une forme contractée.

Céans, se compose de ça [v, ce, pronom 2) et de ans, sur lequel voyez en, A.

Ceci. Dans ceci, cela, abrégé en ça, celui-ci, celle-ci, celui-là, etc., les adverbes ci et là [v. ici et il) sont de simples renforcements des pronoms démonstratifs [v. ce, pronom, et celui), déjà renforcés dans le latin populaire par le préfixe devenu ç-; ce préfixe se trouve deux fois dans ceci (= ecce hoc ecce hic), celui-ci, etc.

Cécité se rattache au latin cœcum, aveugle, conservé tel quel dans le nom de la première partie du gros intestin, qui forme cul-de-sac.

Céder, du verbe latin cedere, supin cessum, qui signifie proprt aller, d'où s'en aller, renoncer, abandonner.

1. Dérivés : cession, cessible et incessible; cesser, ne pas continuer, interrompre, d'où cesse, cessation, incessant, continuel, incessamment, sans interruption entre le moment où l'on parle et celui de l'action du verbe, par conséquent à très bref délai.

2. Composés de céder au sens transitif d'abandonner : concéder (le préfixe introduit l'idée d'une entente avec celui qui reçoit), d'où concession, sur lequel a été fait concessionnaire; rétrocéder, — d'où rétrocession, — et recéder, qui ont la même valeur étymologique {v. re- ^), mais

96 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Céder

entre lesquels l'usage a établi des nuances de signification.

3. Composés de céder au sens primitif d'aller. — Accéder, proprt aller vers, au figuré se rallier à; dérivés : accès avec les sens divergents de « possibilité d'approcher » et de « atteinte d'un mal »; accessible, accession; accessoire, proprt qui se joint à, d'où, par connexion, u qui n'est pas le principal » ; accessit, forme toute latine qui signifie « il a approché ».

— Avec le préfixe pro-, on a procéder, proprt aller en avant, avancer, au propre ou au figuré, d'où « sortir de, être engendré par », et « agir dune certaine manière » ; les dérivés processus, forme latine, avec son doublet procès, procession, procédure et le substantif participial procédé, expriment tous les cinq en principe l'action d'avancer, mais chacun d'eux a été spécialisé arbitrairement, processas dans le sens de marche progressive (particulièrement des idées), procès, d'où processif, dans le sens de poursuite judiciaire, procession dans le sens de marche solennelle, procédé dans le sens figuré de manière d'agir, procédure dans celui de manière régulière d'agir en justice.

— Avec le préfixe inter-, on a intercéder, d'où intercesseur, intercession, proprt aller dans le milieu, intervenir, d'où solliciter en faveur de quelqu'un.

— Les préfixes latins ab-, de-, et ex- expriment tous les trois l'éloignement, l'extraction, l'origine, mais les composés de céder formés avec ces préfixes se sont spécialisés dans des directions difîérentes, abcéder comme terme médical, décéder, en passant du sens latin de sortir de charge (d'où prédécesseur, proprt celui qui est sorti de charge avant) au sens de sortir du monde vivant, excéder dans l'acception de sortir des bornes, et dans le sens plus général de dépasser (d'où excédent), chacun de ces verbes étant accompagné d'un substantif dérivé du supin : abcès, proprt « sortie » de pus, et, par connexion, tumeurqui contient le pus, décès, sortie de la vie, excès (d'où excessif), sortie des bornes légitimes.

— Le préfixe sub- indiquant dans le temps la postériorité, succéder a pu prendre le sens de « venir après, venir ensuite » (d'où successif), celui de « remplacer )> (d'où succédané, successeur, successoral, succession), celui de (c avoir une bonne ou mauvaise issue )>, en parlant d'une

Cellier] du français. 97

entreprise (d'où succès, qui s'est spécialisé dans le sens de bonne issue).

— Avec le préfixe pré- on a précéder, proprt aller avant ou devant un autre, doù précédent, précession des équinoxes; nous n'avons pas *aniécéder qui aurait signifié aussi aller avant, mais nous avons antécédent et le dérivé de formation populaire ancêtre : les ancêtres sont proprt ceux qui nous ont précédés.

Cédille, espagnol cedllla, petit c.

Cédrat, v. citron.

Cèdre, grec kedron.

Cédule, latin schedtda, d'origine grecque.

Ceindre, latin cingere, supin cinctum. Dérivés : sangle, (et sangler), jadis cengle, latin cinguliimj d'où cingler 2, frapper dun coup enveloppant; ceinture, d'où ceinturon; cintrer, cintrage, cintre. Composé : enceindre, d'où le substantif enceinte; l'adjectif enceinte signifie <.< sans ceinture >•>, en- négatif, v. en 1°. Composé savant : l'adjectif participial succinct, proprt ceint en dessous, retroussé, resserré (au figuré).

Ceinture , ceinturon , v. Cela, v. ceci.

ceindre.

Célèbre, latin celehrem, fréquenté, d'où illustre. Dérivés : célébrité; célébrer, rendre célèbre, publier, vanter, solenniser, doù procéder à une solennité, dérivé : célébration.

Celer (d'où déceler, receler, recel, receleur), latin celare. Même racine dans clandestin, dans occulte (dérivé : occultation), proprt caché devant, dont la cause nous échappe. Cf. apocalypse.

Céleri vient du grec selinon par l'intermédiaire de l'italien seleni, forme dialectale seleri. 11 y avait aussi le petroselinon {selinon sauvage, qui pousse dans les rochers), d'où vient notre mot persil, dérivé : persillade.

Célérité, iatin ccleritateni, formé sur l'adjectif celerem, rapide, d'où accélérer, dérivé : accélération.

Céleste, v. ciel.

Célibat, d'où célibataire, latin cœlibatum.

Celle, V. celui. Celle-ci, v. ceci.

Cellier, dérivé du latin cella dont cellule (dérivé : cellulaire) est un diminutif. Cellérier, chargé du cellier.

DICT. ÉTYM. FRANC. »

98 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Centaurée

Celui, et celle, ceux, jadis icelui, icelle, iceiix, mots composés du préfixe ecce [v. ici) et des formes du démonstratif latin qui ont produit nos pronoms personnels lui, elle, eux, {v. il).

Celui-ci, celui-là, celle-ci, etc., v. le précédent et ceci

Cénacle, latin cenacaliim. salle où les apôtres se réunissaient pour la cène (latin cena, souper), d'où, avec une valeur souvent péjorative, groupe de personnes qui se font les apôtres d'une idée.

Cendre, latin cinerem, d'où cendrier, cendré, nom de couleur, et Cendrillon, nom de l'héroïne d'un conte de fées. Dérivé ?avant : cinéraire, adjectif qu'on joint à urne, et nom d'une plante à feuilles cendrées par-dessous. Composé savant : incinérer, d'où incinération.

Cénobite, v. vivre 5.

Cénotaphe. Le premier élément de ce mot est l'adjectif grec kenon, qui signifie vide. Le second, taphon, tombeau, se retrouve dans épitaphe, inscription sur un tombeau. Comparez sarcophage au mot cercueil.

Cens se rattache au verbe latin censere, supin censum et censitum, qui signifie déclarer, dire solennellement, compter, doù : recenser, recenseur, recensement; recension, proprt 'j dénombrement » des fautes de lecture commises dans une édition.

— Le sens propre de cens est « dénombrement en vue d'établir les impôts, les redevances, la classe de chacun », d'où au moyen âge redevance féodale, et, de nos jours, quotité de l'impôt qui donnait le droit électoral, et qui le donne encore dans les pays de régime censitaire. « Être censé riche », c'est, au figuré, être classé comme riche.

— A Rome le censeur était chargé de faire le cens et aussi de réprimer les fautes contre les mœurs, d'où les sens actuels de censeur, censure, censurer.

Cent, latin cenfam, dont la forme grecque, [he)kalon, se trouve dans le préfixe multiplicatif heclo- et dans hécatombe, proprt sacrifice de cent bœufs. Dérivés : centaine, centenaire, centennal, v. an, centième {\a.iin centesinium., centime, centésimal, et le préfixe diviseur centi-. Composés : centuple, centupler, v. plier '^, centiare, v. aire; centigrade, V. grade; centigramme, v. graphie^, etc.

Centaurée, fleur du centaure Ghiron.

Cerf] DU FRANÇAIS. 99

Centon, latin centonem, proprt vêtement rapiécé.

Centre, latin centrurrij d'origine grecque, proprt point. Dérivé : central, d'où centraliser, centralisation, décentraliser, décentralisation. Composés : centrifuge, qui fuit le centre, et centripète, qui tend au centre, v. pétition ^ ; concentrique, concentrer, d'où concentration; excentrique, doù excentricité.

Cep, doublet populaire de cippe, latin cippum, proprt pieu et demi-colonne. Dérivé : cépage. Le mot cèpe, champignon, est le même substantif avec une autre acception et une autre orthographe : l'Académie, dans ce sens, admet aussi « un ceps », d'après le pluriel gascon, cf. albinos à aube.

Cependant, v. ce pronom et Cérat, v. cire,

pendre^. Cerceau, cercle, cercler,

Céphalique, v. cap i. v. cirque.

Céramique, céramiste, v.

pot.

Cercueil, doublet populaire de sarcophage, mot d'origine grecque, dont le premier élément est le mot qui signifie chair, et le second le verbe qui signifie manger [v. anthropophage). La forme ancienne de cercueil était sarqucu, \'l mouillée a été ajoutée par analogie avec les mots terminés en -euil. Le mot savant sarcophage ayant été appliqué dabord aux cercueils des anciens, aujourd'hui vides, on a été amené à donner ce nom à la représentation du cercueil dans les grandes cérémonies commémoratives. Comparez cénotaphe.

Céréale, latin cerealem, présent de Gérés.

Cérébral, v. cerveau.

Cérémonie, latin cœrimonia, proprt service religieux; dérivés : cérémonial, cérémonieux.

Cerf, latin cervum, proprt animal à cornes. Dérivé : cervier dans loup-ceruier = loup qui attaque le cerf (mais l'animal ainsi nommé est plus voisin du chat que du loup). Composé : cerf-volant, insecte ailé à cornes, et, par comparaison, le jouet d'enfant qui devient un appareil d'aviation. — Le grec keras, corne, qu'on retrouve dans rhinocéros {v. nez), est de la môme famille, ainsi que le latin corna {v. cor), le grec kranion {v. crâne), le latin cerebrum, d'où dérive cerveau (contenu du crâne), le latin cervicem, nuque

100 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Certain

(qui touche à la bcase du crâne, v. cervical), le grec kara, tête {v. cerveau).

Cerfeuil, latin cœrefolium, adapté du grec khaire-phallon, V. feuille.

Cerise, doù cerisaie, cerisier, se rattache au grec kerason, emprunté aussi par l'allemand : kirsche, cerise, d"où kirsch-wasser, proprt eau de cerises, abrégé en kirsch. Même famille de mots que cornouille (d'où cornouiller), diminutif du latin cornuni, grec kranon.

Cerne, cerneau, cerner, v. cirque.

Certain, dérivé de l'adjectif cerlum; certes est une forme adverbiale venue de certas.

1. Certain se rattache lui-même au verbe ceriiere (cf. critérium), qui signifie trier (d'où le sens du dérivé crible) et voir ce qui doit être fait, le décider; ce qui est décidé est certain. Dérivé : certitude. Composés : certifier {v. faire ''), d'où certificat; incertain, incertitude.

2. Les composés latins de cerAiere étaient : decernere, supin decretum, d'où décerner et décret; discernere, supin discrelam, d'où discerner et discret; excernere, sui^in excretum, nettoyer en triant, d'où excrément, excrétion; secernere, supin secretum, d'où secret; concernere, d'où concerner. Nous allons reprendre la plupart de ces mots pour indiquer la filiation des sens.

— Le sens français le plus ancien de décerner est décider, décréter; par restriction, le mot s'est appliqué à une décision relative à une récompense. Secret signifie proprt trié à part, mis de côté (sur se- préflxe, v. sans); secrétaire, à l'origine dépositaire des secrets, dérivé : secrétariat; la sécrétion est proprt une mise à part, une élimination, dérivé : sécréter. Discerner, c'est trier par la vue, dérivé : discernement; fadjectif participial discret, doù indiscret, a en français la valeur active : qui a du discernement, qui sait ce qu'il faut taire. La discrétion, doù indiscrétion, est la qualité de celui qui est discret, et aussi le pouvoir de « discerner » au sens latin de décider, d'où le dérivé discrétionnaire. Une affaire qui concerne quelqu'un est une affaire qui le « regarde ».

3. Le verbe dérivé certare et son composé concertare signifient débattre, rivaliser, d'où, en italien, u s'entendre », (rivaliser d'efforts concordants), v. concert.

Césure] du français. 101

Certes, certificat, certifier, certitude, v. certain.

Céruse, latin cerussa, sans doute d'origine grecque, cf. cire.

Cerveau. Sur cerehrum, auquel se rattache cérébral, le latin populaire avait fait le diminutif à deux genres cerebellum, "cerebella, qui a produit cerveau et cervelle. Dérivé : cervelet; composé : écervelé.

— La racine est la même que dans le grec kara, tête, auquel se rattache chère, substantif : « faire bonne chère à quelqu'un » a d'abord signifié lui faire bonne mine, bon accueil, doù lui offrir une bonne nourriture. Cf. cerf.

Cervelas, italien ce.ruellato. Le rapport sémantique avec cervelle n'est pas clair.

Cervelet, cervelle, v. cerveau.

Cervical se rattache au latin cervicem, nuque. Cf. cerf.

Cervier, v. cerf.

Cervoîse, origine celtique.

Césarienne (opération), u. Cesser, cession, v. céder,

césure.

Césure se rattache au verbe latin cœdere, supin cœsum, qui signifie couper et tuer; on appelait csesar Tenfant tiré par une opération sanglante des entrailles de sa mère, d'où « opération césarienne ». Sur un supin populaire *cisum au lieu de cœsum, ont été faits cisaille et ciseau, d"où ciseler, ciselure. Le mot cœmentiim, d'où vient ciment, signifie proprt biocaille, menu moellon.

— Les composés de cœdere sont en -cidere, supin -cisiim ; de là les mots en -cide qui signifient a meurtre de.. » et parfois, en même temps, « meurtrier de.. » : homicide, parricide, suicide (u. se) d'où se suicider, infanticide, etc. Occire, latin occidere, c'est tuer. Les autres composés se rattachent à l'idée de couper : décider, c'est proprt couper de, trancher une difficulté ou un diiïérend, dérivés : décision, indécision, indécis. La forme populaire de ce verbe serait "décire., comme circoncire, qui signifie couper autour, dérivé : circoncision; la concision est la qualité qui consiste à couper les détails superflus: la précision coupe « devant )>, limite strictement la pensée. Adjectifs correspondants : concis et précis. Faire une incision, c'est couper dans. Être incisif, c'est, au figuré, couper dans le vif. Une incise est une petite

102 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Chair

proposition coupée (qu'on peut couper) dans une phrase, qui est insérée dans la phrase mais qui en est indépendante; pour incidente, v. choir ^. Excision, d"où exciser, ablation par coupure.

Cet, V. ce, adjectif.

Cétacé se rattache au grec kêtos, gros poisson.

Cette, V. ce, adjectif. Ceux, v. celui.

Chacal, mot persan et turc, d'origine hindoue. Chacun, v. cata-, préfixe. Chafouin, v. chat.

!• Chagrin, adjectif et substantif, origine inconnue; dérivé : chagriner.

2. Chagrin (peau de), origine turque, dérivé : chagrinée (peau).

Chai, V. cave.

Chaîne, latin catena. Dérivés : chaînette, chaînon, chignon (d'abord au sens de chaînon des vertèbres cervicales); cadenas qui est d'origine provençale. Composés : enchaîner, d'où enchaînement; déchaîner, d'où déchaînement.

Chair, du latin carnem, dont le sens primitif est <c morceau ». La forme française régulière, char, d'abord charn, s'est conservée dans charcutier, marchand de « char » cuite, et charcuterie, d'où charcuter. Char est peut-être devenu chair par assimilation avec le mot chère, sur lequel voyez cerveau. Pour désigner la chair comestible, le mot a été remplacé, à une époque relativement récente, par viande, qui a étymologiquement le sens très général de nourriture, v. vivre ^. Dérivés de l'ancien français charn ou char : charnier, charnu, charnel, charogne; composés : décharné, s'acharner, d'abord terme de chasse, au sens de s'attacher à la chair de la bêle, en parlant des chiens, dérivé : acharnement.

— Dérivés savants bu empruntes aux langues méridionales : carnation, carnage, carnassier et carnier. Composés : carnaval, mot italien, dont le second élément est dorigine douteuse; Carnivore, qui dévore la chair; incarner, incarnation; incarnat et incarnadin (diminutif italien), couleur de chair.

— Un des mots grecs qui signifient chair, kreas, génitif kreatos (qui n'a aucun rapport d'origine avec chair^ mais

Chaloupe] du français. 103

qui est apparenté à cru) se retrouve dans pancréas, qui signifie proprt <c tout chair )> v. panacée, et dans pancréatique; dans créatine, substance quon trouve dans la chair; dans créosote, proprt qui conserve la chair. Un autre mot grec, sarka, se retrouve dans sarcophage, proprt qui mange la chair, et dans sarcasme (d'où sarcastique;, proprt arrachement de chair.

Chaire et chaise, d'abord chadiédre, chaière, latin cathedra, d'origine grecque (préfixe cata- et hedra, mot apparenté à siège, v. seoir). La cathédrale est l'église où se trouve le siège épiscopal. Le mot chaire signifie proprt siège, sens qu'a retenu le doublet chaise (dérivé : chaisier), tandis que chaire prenait le sens connexe de : sorte d'estrade fermée, tribune surélevée ou suspendue où siège un professeur ou un prédicateur. Le mot latin est conservé dans ex cathedra, du haut de la chaire. Sur chaise dans certains noms de lieux, V. case.

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