‹ Dictionnaire étymologique de la langue française (volume 2)Chapitre 30 sur 169 · Cingler, frapper, v. ceindre · texte numérisé non relu

Cingler, frapper, v. ceindre

Cînname, grec kinnamon, origine hébraïque.

Cinq (d'où cinquième), du latin qiiinqiie, sur lequel ont été faits quinquennal, v. an, et quinconce, v. once. Cf. allemand/iÏAî/, anglais fiue. La forme ordinale est quintam, d'où : Charles Quint; l'adverbe quinto; quintuple {v. plier '^), une quinte en musique, la fièvre quinte, une quinte de toux (comportant en principe cinq reprises), dérivé : quinteux; un quintette; la quintessence, plus subtile que les quatre autres {v. être ^) ; esquinter, d'origine provençale, proprt mettre en cinq morceaux, comparez la locution « se mettre en quatre )>. La forme distributive de ce nombre, qninas, par cinq, a produit quines, aujourd'hui quine, terme de jeu. L'équivalent grec de qiiinque est pente, penla- qu'on trouve dans pentamètre, « vers à cinq pieds », et dans pentagone, qui contient, comme polygone, etc., le mot grec signifiant angle, v. décagone.

— Le latin quindecini, composé de quinque cinq, et de

120 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cirque

decem dix, a produit quinze (d'où quinzième, quinzaine), de telle sorte que l'élément final -ze, dans ce mot et les mots semblables, et notre nom de nombre dix sont deux transformations diiïérentes du mot latin decem.

— Cinq dizaines se disaient en latin quinqaaginta, mot qui a produit cinquante, d'où cinquantième, cinquantaine et le dérivé savant quinquagénaire. La forme ordinale de ce nombre était au féminin qiiinquagesima, d'où le mot savani Quinquagésime, désignant le cinquantième jour avant Pâques. L'équivalent grec du latin quinquagesima est pentêkostê, d'où Pentecôte, cinquantième jour après Pâques.

— Le mot quintaine appelle une explication particulière. Le latin quintana, d'où il vient, désignait la voie placée entre la cinquième et la sixième cohorte et où se trouvait notamment le marché du camp. Par connexion, quintaine est arrivé à désigner un poteau ou un mannequin servant à des jeux militaires dans une partie réservée du camp.

Cinquantaine, cinquante, Cintre, cintrer, v. ceindre.

cinquantième, cinquième, v.

cinq.

Cipaye? spahi, deux formes différentes d'un même mot persan.

Cipolin, V. cive. Circuit, v. errer 2, B.

Cippe, V. cep. Circulaire, circulation, cir-

Cirage, v. cire. culer, circum- préfixe, v.

Circon-, préfixe, et mots cirque.

commençant par ce préfixe, V. cirque.

Cire, du latin cera (grec kêron), dont le dérivé *cericam a produit cierge. Sur cire a été formé cirer, d'où cireur, cirage. Dérivé savant : cérat.

Ciron, origine germanique.

Cirque, mot d'origine savante fnit sur le latin circum, cercle et cirque, autour duquel se groupaient, dans le latin populaire, les dérivés circulum, circellum, circinum. A circuluni se rattache, outre les mots savants circulaire, circuler, circulation, la forme populaire cercle, doù cercler, encercler. A circellum se rattache cerceau, et à circinum le vieux mot cerne, doù cerner qui a produit lui-même cerneau, noix à moitié mûre que l'on « cerne » avec le couteau

Citer] DU FRANÇAIS. 121

pour enlever l'amande. Le mot grec ayant le sens de cercle était kiiklon, v. cycle.

— A côté du substantif circum le latin possédait l'adverbe circuniy autour, que nous avons comme préfixe sous la forme circon- ou circum- (circumnavigation) ou ser- (dans serfouir, v. fossé), et sur lequel le latin populaire avait fait le verbe circare, proprt aller autour, vieux français cercher (d'où angl. search), aujourd'hui chercher; dérivé : chercheur, composé rechercher, doù recherche.

— Mots commençant par le préfixe circon- : circoncire, V. césure: circonférence, v. offrir''; circonflexe, v. fléchir; circonlocution, v. locution; circonscription, v. écrire; circonspect, circonspection, v. épice^; circonstance, i'. ester'*; circonvallation, v. intervalle; circonvenir, v. venir; circonvoisin, V. voisin; circonvolution, v. voûte*.

Cis-, préfixe (dans les noms géographiques), préposition latine qui signifie en deçà de; dérivé : citérieur, cf. antérieur, à ant- ou anté-.

Cisaille, ciseau, ciseler, ciseleur, ciselure, v. césure.

Ciste, du grec kistê, corbeille; les canéphores (v. ce mot) s'appelaient aussi des cistophores.

Cistre, autre forme de cithare et de guitare, s'écrivait et se prononçait d'abord citre; il est devenu cistre sous l'influence du mot sistre, lequel désigne aussi un instrument de musique, mais vient d'un autre mot grec. Le mot guitare a passé par l'Espagne. La forme grecque est kithara.

Citadelle, citadin, cité, v. civil.

Citer se rattache au verbe latin ciere, supin citum, apparenté à la racine grecque de cinématographe, v. ce mot. Le latin ciere avait le sens de mettre en mouvement (comme le verbe d'où vient mouvoir), et aussi d'appeler en justice. Citer, d'où citation, a retenu les deux sens, en donnant au premier la valeur figurée de mettre en évidence, de signaler, oralement ou par écrit, une pensée, une action, une personne.

— Composés : inciter, d'où incitation, c'est proprt pousser sur; exciter (d'où excitable, excitabilité, excitation, et surexciter, d'où surexcitation), c'est pousser hors de. Réciter, c'est produire, en le reprenant, un texte qu'on a appris par cœur, — d'où récitatif, récitation, — et aussi, jadis, rapporter des paroles, un événement, d'où récit. Sus-

122 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cîvil

citer, c'est mouvoir de bas en haut, faire surgir; et ressusciter, c'est faire surgir de nouveau (cf. résurrection au mot régir^), ramener à la vie, d'où l'acception intransitive de revenir à la vie. Précité, cité devant.

— Un composé avec le vieux latin soUam (= tout, v. seul), solliciter en formation savante, soucier en formation populaire, signifie proprt mouvoir ou émouvoir tout à fait, faire une demande instante [solliciter) ou inquiéter vivement (soucier, d'où souci, insouciant, insouciance, soucieux, et le mot savant sollicitude).

Gitérieur, v. cis-.

Citerne, latin cisterna.

Cithare, v. cistre. Citoyen, v. civil.

Citron, dérivé du latin citrum, sur lequel on a fait aussi citrique, citrin, citrate et cédrat, ce dernier d'origine italienne. Dérivés de citron : citronnier, citronnelle, et aussi citrouille, de l'italien citruolo, quoique la citrouille ne soit pas du même jaune que le citron.

Cive, latin cepa. Dérivés : civette au sens de variété d'ail; ciboule (latin cepulla) et ciboulette, qui nous viennent du provençal ; chipolata (ragoût aux ciboules) qui nous vient de l'italien ainsi que cipolin, marbre dont les veines rappellent les feuilles de l'oignon. Ciué, proprt sauce aux cives, a changé de suffixe et s'écrit aujourd'hui civet.

Page 1