V. champ. Escarbille, v. charbon
Escarbot, grec skarabeion, forme savante scarabée. Escarboucle, u. charbon.
Escarcelle, italien scarsella.
Escargot, provençal escaragol, espagnol caracol. Sur la forme espagnole nous avons fait caracoler, qui équivaut à (( escargoter » et qui exprime une allure capricieuse, à droite et à gauche, rappelant la trace de l'escargot. C'est ainsi qu'un mot qui se rattache à un mouvement des plus lents peut arriver à exprimer un mouvement très vif.
218 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Esprit
Escarmouche, italien scaramuccia, d'origine incertaine.
Escarole, italien scariola, se rattache au latin escariiim, bon à manger.
Escarpe, italien scarpa, pente d'un fossé de fortification. Dérivés : escarpé, escarpement. Composé : contrescarpe.
Escarpin, italien scarpino.
Escarpolette, italien scarpoletta.
Escient, v. savoir. Esclaffer (s'), v. éclater. -
Esclandre, doublet de scandale, grec skandalon, pierre d'achoppement. On croit le mot grec apparenté au latin scandere, monter, marcher, v. échelle. Dérivés savants : scandaleux, scandaliser.
Esclave, Escobar, v. noms propres (Mots tirés de).
Escogriffe, origine inconnue ; nous citons à titre de curiosité Texplication par « qui a les griffes d'un escroc ».
Escompte, escompteur, escompter, v. conter^.
Escopette, italien schioppetto, qui a d'abord signifié petit bruit, du latin scloppum, bruit qu'on fait en frappant sur une joue gonflée, sans doute onomatopée.
Escorte, escorter, u. régir 6. Escouade, u. quatre *.
Escrime, d'où escrimer, escrimeur, origine germanique. Cf. ail. schirmen, protéger.
Escroc, escroquer, escroquerie, escroqueur, v. croc,
Espace, du latin spatium (d'où spacieux). Dérivé : espacer, doù espacement.
Espadon, v. épée. cf. épagnenl à Tarticle noms
Espadrille, v. sparterie. propres (Mots tirés de).
Espagnolette, v. crémone et Espalier, v. épée.
Espèce, V. épice.
Espérer, latin sperare. Substantif verbal : espoir. Dérivés et composés : espérance, désespérer, désespoir, inespéré, inespérable. Les mots prospère, prospérer et prospérité appartiennent à la même famille, la prospérité est proprt la conformité aux espérances conçues.
Espiègle, v. noms propres Esplanade, v. plain.
(Mots tirés de). Espoir, v. espérer.
Espion, espionnage, espionner, V. épier.
Esprit) latin spiritiirrif souffle et âme {v. âme), d'où : spi-
Ester] ' DU français. 219
rite et spiritisme ; spiritueux, qui contient de l'esprit-de-vin ; spirituel et ses dérivés spiritualisme, spiritualiste, spiritualiser. Le mot spiritum se rattache au verbe spirare, souffler, dont nous avons les composés aspirer, respirer, soupirer, expirer, inspirer, conspirer (proprt respirer ensemble), transpirer, avec leurs dérivés : aspirant, aspiration; respiration, respiratoire, respirable, irrespirable; soupir, soupirant, soupirail ; expiration ; inspirateur, inspiration ; conspiration, conspirateur; transpiration.
Esquif, y. équiper.
Esquille se rattache au grec skhizein, fendre, par l'intermédiaire du latin schidia.
Esquinancie, v. angine. Esquinter, v. cinq.
Esquisse, ital. schizzo, grec skhedion, à l'improviste. Esquiver, origine germanique, par l'intermédiaire de l'italien, cf. allemand scheuen.
Essai, V. essayer. Essarter, v. sarcler.
Essaim, essaimer, v. agir"^.
Essayer se rattache au grec exagion, balance. Substantif verbal essai. Dérivés : essayage, essayeur, essayiste. V. agir^.
Essence, essentiel, u. éfrei. Essoriller, v. oreille.
Esseuler, v, seul. Essoufflement, essouffler,
Essieu, V, ais. v. enfler.
Essor, V. orage. Essuyer, v. suc.
Est, d'origine germanique (comme nord, sud et ouest), anglais cast.
Estacade, italien steccata, v. stimuler.
Estafette, estafier, estafilade se rattachent à l'italien staffa, étrier, lui-même apparenté à Fallemand stapfe, pas. Vestafette est proprt un courrier à cheval; Y estafier est un valet qui tient l'étrier; une estafilade est proprt un coup d'étrivière.
Estaminet, wallon staminet, mot inexpliqué.
Estamper, proprt presser, est d'origine germanique, anglais io s ta mp. Substantif verbal : estampe (image obtenue par pression). Dérivés : estampage; estampille, emprunté à l'espagnol, et son dérivé estampiller.
Ester, conservé dans la locution « ester en justice )>, vient du verbe latin stare (ail. stehen, angl, to stay), qui signifie : être ou se tenir debout, immobile. L'imparfait,
220 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ester
troisième personne, de ce verbe latin est stabat, doù le nom. du chant religieux qui commence ainsi.
1. Dérivés : stable, qui peut se maintenir debout (d'où stabilité, instable, instabilité, établir, établi, établissement, rétablir, rétablissement); station (d'où stationner, stationnement, stationnaire), proprt position debout; statue (d'où statuaire) et stature, représentation et taille dune personne ou d'un animal sur ses pieds; statuer, prendre une décision qui doit rester debout, au figuré, d'où statut, statutaire; état, proprt manière de se tenir, dêtre; statu quo, abrévation d'une formule latine qui signifie u dans le même état gu'avant)) ; statistique, d'où statisticien, relatif à Vétat numérique; stance, proprt arrêt, couplet d'un nombre arrêté de vers; le vieux français étance, d"où étançon, pièce de soutien; stage et son doublet étage, le premier exprimant une position provisoire, qui précède la position dite assise, le second désignant chacune des parties superposées dune habitation (où l'on peut se tenir debout), d'où, par comparaison, le sens du dérivé étagère; étang (v. ce mot), eau qui demeure immobile; étamine, proprt fil de quenouille qui sert de chaîne, sur lequel létofl'e a s'établit », d'où étoffe légère et, d'autre part, organe filiforme des fleurs; étable, latin stabulum, proprt endroit a où se tiennent » les chevaux, les bestiaux, d'où le mot connétable, dont constable est la forme anglaise, et qui signifie à l'origine (( comte de l'étable, de l'écurie )>. Vestibule est formé de stabiihim et d'un ancien mot italique vero, qui signifie (( porte », le vestibule est un endroit où l'on stationne.
2. Il existe une autre forme du verbe latin, avec sist- au lieu de st-, sistere, et l'on trouve des composés parallèles, avec les deux formes et deux sens plus ou moins divergents : instance, tiré de l'adjectif participial instant, et insistance, formé sur insister, expriment, avec des nuances, l'action de « se tenir sur », de presser; Vinstant, d'où instantané, instantanéité, est le moment qui arrive ou qui vient d'arriver, qui nous presse. — Rester, d'où reste, et résister, d'où irrésistible, c'est proprt se tenir en réagissant; rétif = qui s'arrête, au lieu d'avancer; arrêter, d'où arrêt, arrestation, c'est faire rester, empêcher d'aller. — La constance ou la consistance, d'où inconstance, inconsistance, c'est proprt la qualité de ce qui se tient ensemble, au moral dans le premier cas, au physique dans le second; mais le verbe
Ester] DU français. 221
auquel se rattache consistance a un autre sens : consister en, c'est u exister avec » des éléments exprimés par le complément; un consistoire est proprt un lieu où Ion se tient ensemble. L'adjectif constant (et de même inconstant) a un sens qui correspond à la sig-nifi cation du substantif constance, mais il signifie de plus, en parlant d'un fait : qui se tient, qui est établi, reconnu. C'est aussi la valeur du substantif français constat, sur lequel on a fait constater, d'où constatation, et qui n'est autre chose que la troisième personne de l'indicatif présent du verbe latin constare, être établi; le même constare, par une évolution phonétique régulière, a produit coûter (d'où coût, coûteux), qui n'a gardé qu'un des sens du verbe latin : exister à titre d'objet de vente, moyennant un prix de... (comparez : cet objet est de trois francs). — La substance, d'où substantiel, transsubstantiation, substantif, est ce qui « se tient •>-> sous la forme sensible des corps; la subsistance est ce qui permet de subsister, de « se maintenir après )>, de continuer à vivre; sur cette valeur du préfixe sub-, v. sou- *.
3. D'autres composés de sistere sont : exister, d'où existence, proprt se tenir en sortant, être né, être au monde; assister, d'où assistant, assistance, se tenir vers; persister, persistance, se tenir en durant, se maintenir; se désister, cesser de se maintenir, d'où désistement.
4. Les composés de stare sont nombreux aussi. A ceux que nous avons signalés, ajoutons : distant, qui se tient éloigné, d'où distance, distancer, équidistant; latin obstare, se tenir devant ou en face, s'opposer, d'où : obstacle, nonobstant (qui indique que l'objet dont on parle ne fait pas obstacle à l'action, ne l'empêche pas), obstétrique, science de l'accouchement (idée spécialisée d'assistance médicale), sans doute aussi ôter (idée de se tenir devant un objet pour en prendre possession). Un contraste, d'où contraster, est l'effet de deux objets qui « se tiennent à l'encontre » l'un de l'autre, qui s'opposent. Les circonstances, d'où circonstancié, circonstanciel, sont les faits qui se groupent « autour )> d'un événement. La prestance est l'attitude de celui qui « se tient en avant )>, qui en impose; ce substantif se rattache à prêter (d'où le substantif prêt), anciennement prester, latin prœstare, qui a passé en français avec un sens différent, celui de faire tenir un objet en avant, le mettre à la disposition de quelqu'un,
222 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ester
le fournir (d'où prestation), et spécialement le fournir pour un temps limité.
— Un armistice est un arrêt des armes, une suspension d'armes, le solstice est l'arrêt du mouvement apparent du soleil; un interstice est ce qui se trouve entre deux parties d'un objet; la superstition (d'où superstitieux), c'est une « survivance » des anciens temps.
— A la même racine se rattachent : 1° destiner, proprt établir de haut, fixer d'avance, d'où destination, destinataire, et destin, destinée, prédestiné, prédestination; 2» s'obstiner, d'où obstiné, obstination, proprt (c se tenir en face )) et n'en pas bouger.
5. Nous avons signalé plus haut statuer^ latin stataere, qui signifie proprt mettre debout, dresser. Les composés de statuere étaient en -stituere et nous ont fourni : constituer, dresser dans son ensemble, d"où constitutif, constitution, constitutionnel, reconstituer, reconstituant, reconstitution; destituer d'où destitution, mettre en bas; instituer, établir sur, fonder, élever (d'où institution, institut) et, au figuré, élever des enfants, les instruire (d'où instituteur), — instruire signifie lui-même construire sur, v. structure; prostituer, mettre devant, exposer au public; restituer d'où restitution, mettre dans l'état ou dans la situation antérieure; substituer d'où substitution, substitut, mettre en dessous, mettre à la place dun autre objet.
6. A la racine grecque qui correspond au latin stare se rattachent : aérostat, d'où aérostation, « qui se tient dans l'air »; extase, d'où extasier, extatique, état de celui qui est hors de soi; apostat et apostasie, d où apostasier, qui expriment l'idée de se tenir loin de, de se séparer; statique, relatif à léquilibre des forces, hydrostatique, équilibre des liquides, hémostatique, proprt qui arrête le sang {v. sang); prostate, glande qui (c se tient en avant »; système (préfixe sy/t ), proprt ce qui se tient ensemble, d'où systématique, systématiser.
— On considère comme appartenant à la môme famille le mot grec stulon, colonne [v. hypostyle et péristyle), d'où : stylite, qui vit sur une colonne; style, lat. stylum, poinçon pour écrire, puis manière décrire, de concevoir un art; le diminutif stylet (qui nous vient par l'italien avec le sens de poignard), les verbes styler, donner du style (au figuré), et styliser. Sur stylographe, v. graphie *.
Estuaire] du français. 223
Esthétique se rattache au verbe grec aisth-anesthai , qui signifie sentir, et qui a produit aussi anesthésie {an- privatif), état d'insensibilité.
Estimable, estimatif, esti- Estival, u. estuaire.
mation, estime, estimer, v.
airain.
Estoc^ longue épée, d'où estocade, se rattache à un mot germanique qui signifie piquer, cf. stimuler. Notre mot estoc, au sens de souche, a la même origine (cf. ail. et angl. stock, emprunté tel quel, d'autre part, au sens de dépôt de marchandises). En vieux français le pluriel d'estoc était estos prononcé ultérieurement été, et désignant particulièrement les deux pièces de bois de Tinstrument qu'on emploie à serrer les objets. Notre mot étau n'est autre chose qu'un singulier tiré de cet ancien pluriel.
Estomac, grec stomakhon. Dérivés : stomacal, stomachique et estomaquer, tirés de dérivés latins. L'estomac était regardé comme le siège de la colère, d'où le sens d'estomaquer. — Au mot grec gastera, qui signifie aussi estomac, se rattachent : gastrique, gastrite et gastralgie (cf. coxalgie au mot cuisse); gastronomie, art de satisfaire l'estomac, d'où gastronome, gastronomique (sur le second élément de ces mots, v. autonome).
Estomper, d'où estompe, origine douteuse.
Estrade, doublet provençal du vieux français esirée, se rattache au verbe latin sternere, supin stratum, qui signifie étendre à terre. Ce substantif a le sens de route dans la locution archaïque « batteur d'estrade », mais désigne ordinairement une plate forme établie au-dessus du sol. D'estrade au sens de route, rapprochez l'angl. street et l'ail, strasse, également empruntés. Composés de sternere : consterner (d'où consternation) qui signifie proprt jeter à terre pêlemêle; prosterner, jeter en avant, d'où prosternation et prostration, ce dernier employé au figuré; substratum, mot tout latin dont le sens propre est : ce qui est étendu dessous; stratifier, stratification, disposition par couches, v. faire''.
Estragon, origine douteuse.
Estrapade, italien strappata, d'origine germanique. Estropier, italien stroppiare, d'origine douteuse. Estuaire, du latin œslunriiim qui signifie proprt endroit
224 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Éteule
OÙ Teau bout, bouillonne. Le vieux français avait estier, doublet populaire d'estuaire, d'où dérive étiage, niveau des plus basses eaux. Notre mot été, saison brûlante, se rattache à la même racine; dérivé savant : estival. Môme racine, sous sa forme grecque, dans éther, partie la plus subtile de l'air et liquide volatil, dérivé : éthéré; les anciens croyaient que le feu venait de l'éther.
Esturgeon, origine germanique.
Et, latin et, qui se prononce comme en latin dans la locution et cetera = et les autres choses.
Étable, établi, établir, éta- blissement, étage, étager,
étagère, u. ester ^.
Étai, origine germanique, dérivé : étayer.
Etain, latin stannum, dérivé irrégulier : étamer, d'où étameur, étamage, rétamer, rétameur. Le mot tain est une altération de étain.
Étal, étalage, étale, adj,, 1. Étalon, v. stalle.
étaler, v. stalle.