‹ Dictionnaire étymologique de la langue française (volume 2)Chapitre 8 sur 169 · Acte, V. agir i *' 3 Actuel, v. agir · texte numérisé non relu

Acte, V. agir i *' 3 Actuel, v. agir

Acteur, actif, v. agir 3. Ad-, préflxe, v. à, préposi-

Action, V. agir i " ^, tion.

6 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Affable

Adage, mot savant d'origine latine, adagium.

Adagio, v. aisance. Addition, u. dé à jouer 2.

Adapter, v. apte 1. Adepte, v. apte'^.

Adhérer, adhérent, adhérence, adhésion, mots savants, du verbe latin adhœrere, supin adhœsain, et de ses dérivés. Nous n'avons pas le verbe simple « hérer » ni d'autres composés, mais du composé avec le préfixe indérive le participe adjectivé inhérent, et du composé avec co- l'adjectif correspondant cohérent (avec incohérent, incohérence) et le substantif d'état cohésion.

— Sur le supin du verbe simple s'était formé un fréquentatif lalin qui est notre verbe hésiter, proprt adhérer par intermittence, balancer, dérivé hésitation.

Adieu, V. dieu 1.

Adipeux, mot savant d'origine latine : adipem, graisse.

Adjacent, v. gésir. Admonester, v. moniteur.

Adjectif, V. jeter '^. Adolescent, v. abolir.

Adjoindre, v. joindre^. Adonner, v. dé à jouer *.

Adjudant, v. aider. Adopter, u. opter.

Adjuger, v. jurer^. Adorer, v. oral.

Adjurer, v. jurera. Adosser, v. dos.

Adjuvant, v. aider. Adouber, v. dauber.

Admettre, v. mettre 2. Adoucir, v. doux.

Administrer, v. moindre'^ "-. Adresser, adroit, v. régir ^. Admirer, v. mirer.

Adulation, aduler, mots savants d'origine latine, adulatlonem, adalari.

Adulte, V. abolir. Adversaire, adverse, ad-

Adultère, D. autre ^. versité, v. vers^.

Advenir, adventice, v. ve- Aérer, aérien, aérolithe,

nir. aéronaute, aérostat, v. air. Adverbe, v. parole *.

Affable se rattache au verbe latin affari (préfixe ad- -{-fari, parler).

1. Le verbe simple signifie parler, et le composé avec le préfixe ad- : adresser la parole à. Affable = h qui on peut adresser la parole, comme abordable = qu'on peut aborder. Le composé avec ex-, effari, exprimer par la parole, nous a laissé ineffable, proprt « qui ne peut pas être exprimé ». Au composé avec le préfixe prœ- se rattache préface, discours préliminaire.

Affable] du français. 7

2. Le participe passé fatum du verbe simple s'employait substantivement avec le sens de « ce qui a été dit, annoncé, ce qui est inévitable ». Et nous avons emprunté au latin ou formé plusieurs dérivés de ce substantif : fatal, fatalité, fatalisme, fataliste, fatidique (sur ce dernier, v. dire-). Feu, adjectif, latin populaire *fatulum, « qui a accompli son destin )).

3. Le participe présent, précédé du préfixe négatif sous sa forme française en-, ou sous sa forme latine in-, a produit infant (qui nous vient par l'Espagne et qui désigne spécialement le puiné de la famille royale) et enfant. Ces mots signifient proprt : qui ne parle pas encore (dérivés : enfantillage, enfantin, enfanter et les mots savants infanticide, infantile;. L'enfance est originairement l'âge où on ne parle pas encore, comme Vaphasie (mot grec formé de même) est l'état de celui qui ne peut plus parler. Par extension, les mots enfant et enfance dépassent de beaucoup les limites de la signification originaire. Et l'extension est plus considérable encore dans infanterie, corps des soldats Je petite taille, qui combattent à pied. Ce mot est d'origine italienne aussi bien que fantassin (avec chute du préfixe négatif), qui signifie proprt petit soldat, soldat d'infanterie. Fantoche, également d'origine italienne, signifie petit personnage (en bois), marionnette.

4. Du verbe simple du latin dérivent : a, fable, latin fabula, proprt récit, (d'où le verbe latin fabalari, en espagnol hablar, parler, qui nous a fourni hâbleur, grand parleur, vantard, hâbler et hâblerie); dérivés français de fabula h forme savante : fabuleux, fabuliste, affabulation; dérivé français à forme dialectale : fabliau; b, le substantif faconde, abondance de paroles; c, un autre substantif latin, fama, qui avait le sens de « bruit de paroles, renommée », et dont nous avons conservé les dérivés et composés famé (mal), fameux, diffamer ^ ses dérivés, infâme, infamie.

5. A la racine du verbe fari se rattache un autre verbe latin, fateri, déclarer, dont les composés pro/ï/eri et confderi nous ont fourni nos verbes professer et confesser, v. confesser.

6. Au verbe grec de même racine, phanai, parler, futur phêsô, se rapportent : aphasie, signalé plus haut, d'où aphasique; euphémisme, proprt bonne parole, et euphémique; blasphémer v. blâmer; prophète, proprt celui qui parle

8 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Agile

devant, celui qui expose (cf. professeur, formé de même avec des éléments latins), d'où interprète, interprète de la divinité ; dérivés : prophétie, prophétique, prophétiser.

Affadir, v.fade. Afféterie, v. faire 5.

Affaiblir, u. faible. Afficher, v. ficher.

Affaire, v. faire ^, Affidé, u. foi.

Affaisser, u. faix. Affiler, u. fil 2,

Affaler, v. hâter. Affilier, v. fils.

Affamer, v. faim. Affiner, affinité, v. fin.

Affecter, affection, v. faire ^. Affirmer, v. ferme.

Afférent, v. offrir 2. Affleurer, v. fleur. Affermer, affermir, u. ferme.

Affliger, proprt abattre, vient d'un composé latin de fllgere, battre, snpïn flic tu m. Dérivés : affliction, et aftlicut qui a passé du sens de affligeant au sens de déshonorant : peine afflictive et infamante. Notre substantif conflit vient d'un autre composé qui signifie proprt se heurter. Infliger, c'est frapper quelqu'un d'une peine, la lui appliquer.

Affluer, V. fleuve. Affouillement, v. fosse.

Affoler, V. fou. Affranchir, v. franc.

Affouage, v. feu.

Affres, dorigine germanique, a produit l'adjectif affreux, qui signifie proprt laid à faire peur. Cf. âpre.

Affriolant, v. frire. Affût, Affûter, v. fût.

Affront, affronter, v. front. Afin, v. fin.

Affubler, v. ficher.

Agacement, agacer, agaceries, origine germanique.

Agape, du mot grec agapê qui signifie amour, à l'origine banquet fraternel des premiers chrétiens.

Agate vient du grec par l'intermédiaire du latin achaten.

Age, anciennement edage, eage, formé avec un suffixe sur le mot latin œtatem, auquel se rattachent aussi éternel, qui dure, et, par restriction, qui dure sans fin, et éternité, éterniser. JElalem dérive lui-même de aevum, qui a le môme sens et qu'on retrouve dans médiéval (du moyen âge) et médiéviste (qui étudie le moyen âge, v. mi ^.)

Agence, v. agir 3. Agglomérer, v. globe.

Agencer, v. génital. Agglutiner, v. glu.

Agenda, v. agir 3. Aggraver, v. grief.

Agenouiller, v. genou. Agile, v. agir 3, Agent, v. agir^.

Agir] DU FRANÇAIS. 9

Agio, mot italien d'origine douteuse, dérivés : agiotage, agioter, agioteur.

Agir, du latin agere {-igere dans les composés), supin actum, qui signifie proprt pousser, mettre en mouvement, faire marcher.

1. Le sens primitif se retrouve dans le dérivé actionner, et, avec plus ou moins de netteté, dans quelques acceptions du substantif action (d'où inaction) : Vaction oratoire, les mouvements, les gestes de l'orateur ; action opposé à réaction ; une action en justice, le fait de porter sa cause devant la justice, et une action de Société, titre qui vous donne le droit d'intenter une action judiciaire (comme Vobligatiod est un titre qui « oblige » juridiquement la Société qui fait l'émission) ; l'action dramatique, qui est la marche des événements, et qui est subdivisée en plusieurs actes. (Dans une autre acception, un acte est une pièce au bas de laquelle il y avait le mot latin actuni =^ fait à....)

2. Au sens primitif se rattache aussi la signification du dérivé coaguler et de son doublet cailler (d'où caillot), dont le s-ens propre est « pousser ensemble, réunir » les parties solides; du fréquentatif agiter, pousser souvent, auquel se rattache le vieux verbe cuider, latin cogitare (agiter en soimême, penser) dont il nous reste l'adjectif outrecuidant « qui se croit plus qu'il n'est », et son dérivé outrecuidance ; d'un autre fréquentatif composé avec le préfixe co-, *coacticare^ qui a produit en formation populaire notre verbe cacher. Le sens primitif de cacher est « rassembler » pour soustraire à la vue (dérivés : cachette, cachot, cachotterie) et aussi, simplement, a presser », d'où écacher et cachet, qui a formé cacheter, décacheter, et dont le sens primitif est « cire pressée »: il faut peut-être ajouter catir {*coactire), presser une étoffe pour lui donner du lustre, d*où décati, « délustré )>.

3. Au sens du verbe français agir^ se mettre soi-même en mouvement, faire quelque chose, se rattachent les acceptions non signalées plus haut des mots action et acte, dont agissement est étymologiquement un synonyme. La personne qui agit est un agent ou un acteur; les deux mots ont pris, comme il était naturel, des acceptions divergentes. Dérivé d'agent : agence (mais non point agencer, qui se rattache à gent, v. génital). Actif et ses dérivés activité, inactif, inactivité, rétroactif, peuvent se passer d'explication. Actuel a primitivement le même sens qu'adi/, Mme de Sévigné

10 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Agir

emploie encore « service actuel » pour « service actif » ; le mot est arrivé à signifier « qui agit présentement », par opposition à « qui a cessé d'agir », d'où : appartenant au temps présent. Agenda est un mot tout latin qui signifie proprt choses devant être faites, comme légende = ce qui doit être lu. Agile, « qui agit facilement », d"où agilité.

4. Le composé exiger, doù exigible, signifie proprt pousser dehors, d'où forcer à donner, réclamer impérieusement ; exigence et exaction sont étymologiquement synonymes, mais le second s'est incorporé une idée accessoire d'excès; en latin, exigere signifiait en outre « pousser jusqu'au bout, achever », c'est à cette valeur que se rattache le sens de l'adjectif participial exact, d'où exactitude et inexact, inexactitude; dans exigu, exiguïté, on arrive au sens de « restreint ». — Transiger, c'est proprt pousser à travers, d'où au figuré régler une affaire, dérivés intransigeant, intransigeance, et transaction qui a produit à son tour transactionnel. — Rédiger, c'est pousser en arrière, ramener, réduire, d'où condenser par écrit; dérivés rédacteur, rédaction. — Réagir, de formation française, signifie agir en retour, dérivés réactif, réaction, d'où réactionnaire.

5. Nous n'avons pas emprunté au latin le composé avec le préfixe anib-, ambigere, dont le sens est : pousser de deux côtés, douter; mais nous avons les dérivés de ce composé : ambigu, ambiguïté (rapprocher amphibologie, qui contient le préfixe grec correspondant) et ambages. — Nous n'avons pas non plus un verbe *prodiger, correspondant au composé avec prod- {v. pour), pousser devant, dépenser, mais nous avons les dérivés : prodige (d'où prodigieux), événement imprévu, miraculeux; et prodigue, dépensier, d'où prodiguer, prodigalité. Prodige a été aussi rattaché à dicere, dire.

G. Les éléments -iguer, -iger, -ige des mots tels que naviguer, mitiger, litige, se rattachent aussi à agere; naviguer (d'où navigation, navigateur), c'est proprt « pousser » le navire; mitiger, c'est « rendre » doux; le litige « amène » le litem, le procès.

7. Avec la racine ag- et le préfixe ex- comme dans exaction, et avec la désinence substantive -men, les Latins avaient fait le mot examen (pour *exngtujn), que nous avons emprunté tel quel, et dont nous avons tiré d'autre part, par voie populaire, le mot essaim, qui évoque étymologiquement l'idée de la poussée hors de la ruche ; il y a aussi extraction et poussée

Agréger] du fhançais. 11

dans l'opération du pesage, dans la vérification, sens d"où dérive l'acception actuelle du mot français examen.

8. Le grec a la même racine, que Ton retrouve dans démagogue, démagogie, démagogique (idée de pousser le peuple . pédagogie, pédagogique, pédagogue (idée de pousser, de conduire, les enfants , dans synagogue (préfixe syn-), rassemblement, assemblée, église ; et aussi, sous une autre forme, dans chorège, proprt celui qui mène les chœurs, stratège (d'où stratégie, stratégiste, stratégique, stratagème), celui qui conduit une armée, cynégétique, proprt relatif au dressage des chiens, v. chien, exégèse (d'où exégète\ extraction du vrai sens, interprétation. (F. Sappl.)

Agneau se rattache au mot latin agnuin, dont le nominatif agnus est bien connu parce qu'il commence une des prières de la messe et qu"il sert à désigner la partie correspondante des messes en musique; agneau est ua diminutif qui a produit le sous-diminutif agnelet.

Agonie vient du mot grec agônia, qui signifie lutte. C'est la lutte contre la mort. Dérivé : agoniser. Composés : antagonisme, antagoniste (préfixe grec anti-, contre), protagoniste (sur le préfixe proto-, v. pour''). Agrafe, agrafer, v. grappe.

Agraire se rattache au mot latin agrum, ail. acker, qui signifie champ. Autres dérivés : agreste, comparez céleste; agricole, agriculteur, v. colon; agronome, v. autonome.

— Sur agrum a été fait peregrinum (qui va à travers champs, préfixe per-, v. par), français pèlerin, d"où pèlerinage, pèlerine, et le mot savant pérégrination. — Cf. acre et onagre. Agrandir, v. grand. Agréable, agréer, v. gré.

Agréger (d'où désagréger) se rattache au mot latin gregem, troupeau, et signifie proprt réunir en troupeau ou réunir au troupeau, de là les sens de « unir en un ensemble » et de K unir à un ensemble ». Dans la langue universitaire, l'agrégation est le concours à la suite duquel on est agrégé, c'est-à-dire admis à faire partie du corps des professeurs titulaires. — Ségrégation (sur se-, v. sans), séparation de la masse. — Dans le mot congrégation, le préfixe accentue l'idée d'ensemble. Une congrégation est une association d'une espèce particulière; un congréganiste (mot formé sur le modèle d'organiste) est un membre d'une congrégation. — Le néologisme grégaire a le sens figuré de moutonnier.

42 DICTIONNAIBE ÉTYMOLOGIQUE [Aigre

Agrément, v. gré. teur, agronome, v. agraire,

Agrès, v. corroyer. colon et autonome.

Agresseur,agression, agrès- Aguerrir, v. guerre.

sif, V. grade. Aguets, v. guetter.

Agreste, agricole, agricul- Ahuri, v. hure.

Aider, latin adjutare, formé sur le supin jatum de juvare. Le substantif de la langue médicale adjuvant est le participe présent du composé de juvare, et coadjuteur est formé sur le supin avec un double préfixe. La forme savante de notre verbe aider serait *adju.ter\ dans aider, au préfixe as'est joint un i provenant du j initial de la racine, et le d vient du t du supin comme dans le mot adjudant que nous avons emprunté à l'espagnol ayudante; de telle sorte qu'adjudant et notre participe présent aidant sont des doublets.

Aïe. On a voulu faire de cette interjection l'impératif archaïque du verbe aider; mais c'est plus vraisemblablement une onomatopée. On trouve souvent dans les éditions de Molière l'orthographe ahi, Vh ayant la même signification que notre tréma, destiné à empêcher la lecture ai = é. Le Dictionnaire Général fait à tort de ce ahi un mot différent de aïe et prononcé en deux syllabes; à ce compte, le vers suivant de VEtourdi (dernière scène) aurait quatorze syllabes :

Aïeul vient d'un diminutif affectueux du mot latin avum, qui a le môme sens. Un autre diminutif, avunculum, a produit notre mot oncle; dès avant l'époque latine, le mot s'était précisé dans le sens de la parenté qu'il exprime aujourd'hui. Sur atavum, désignant le père du trisaïeul, nous avons formé atavisme, at- signifie « au delà ».

— Au xvii° siècle, le pluriel de aïeul était aïeuls aussi bien au figuré qu'au propre. Puis le pluriel archaïque aïeux a été remis en honneur (sous l'influence de la rime), au sens figuré.

Aigle, du latin aquila, d'où l'adjectif aquilin; dérivé de aigle : aiglon.

Aigre. Le latin acrem a produit aigre et son doublet savant acre. La racine ac-, qu'on retrouve dans le grec akron {v. acro-), et qui prend en français la forme aig-, ég-, ou, particulièrement dans les mots savants, ac-j a les sens

Aimer] DU français. 13

de « aigre » et de « piquant », dont il est aisé de voir le rapport. L'idée daigreur, au propre ou au figuré, prévaut dans : aigre, aigrelet, aigrir, aigreur, griotte pour agriotte; acre, acrimonie i^même suffixe que dans cérémonie); acide et son diminutif acidulé, acétate, acéteux; acerbe, exacerbation. L'idée de piquant prévaut dans : aigu, aiguiser, aiguille, aiguiller, aiguillette, aiguillon; églantier, églantine; acier, acéré; acacia, v. ce mot, acanthe. Cf. oxalique.

Aigrefin, origine inconnue. Aiguille, ^aiguiller, aiguil-

Aigrette, v. héron. lette, aiguillon, aiguiser, v.

Aigu, V. aigre. aigre.

Aigue-marine, aiguière, v.

eau.

Ail, du latin allium (dérivé alliacé). Le pluriel aux, d'ailleurs inusité, s'écrit avec une /, seul de tous les pluriels de mots en ail, pour éviter une confusion bien invraisemblable avec l'article aux.

Aile, du latin ala; dérivés : aile, aileron, et aussi aleter, devenu haleter par onomatopée; le sens propre de ce verbe est : battre précipitamment de l'aile. Le latin ala est pour *axla, d'où le diminutif axi//a, français aisselle.

— Le mot grec pteron [v. pétition'^), qui signifie aile, se trouve dans aptère = sans aile, et dans coléoptère, v. ce mot.

Ailleurs, v. autre 3.

Aimant. Le mot latin d'origine grecque adamantem, qui signifie « fer très dur, acier » et « diamant », avait pris aussi la forme diamantem, par confusion avec les mots commençant par le préfixe grec dia-. A la première forme et au premier sens se rapporte, par la dérivation populaire, notre substantif aimant, tandis que diamant, mot d'emprunt, se rattache à la seconde forme et au second sens; dérivés : diamanté, diamantifère [v. offrir 3). Cf. magnétique.

Aimer, latin amare. Les rapports entre ce verbe et ami, amour (doù énamouré, amoureux, amourettes), sont évidents. S'amouracher est formé sur un dérivé italien. Il est faux de dire qu'amour soit du masculin au singulier et du féminin au pluriel; il a passé entièrement du genre féminin au genre masculin, mais on l'emploie archaïquement avec l'ancien genre, surtout dans des locutions où il se trouve être au pluriel. Amant est l'ancien participe présent d'aimer.

— L'adjectif aimable se rattache directement à aimera

14 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Airain

amiable, amical et amitié à ami. Ma mie, sa mie sont pour m'amie, s' amie, anciennes formes de mon amie, son amie. Le mot ennemi contient ami et le en- négatif dont la forme toute latine in- se retrouve dans le mot savant inimitié. Aménité est de la même famille, et, en français comme en latin, s'est appliqué à un lieu avant de s'appliquer à une personne : « L'aménité des rivages de la Grèce », écrit encore Chateaubriand.

— L'amateur, c'est proprt celui qui aime. Le mot correspondant du provençal, amadou, a conservé son sens fort d'amoureux, et l'amadou, en français, est ainsi appelé, croit-on, par comparaison avec un amoureux (qui prend feu); amadouer quelqu'un, se le rendre ami, viendrait du même mot provençal. L'explication est très douteuse.

Aine, jadis eigne, latin inguina, d'où inguinal; le mot grec qui signifie aine nous a donné bubon. Aîné, V. ant- et naître.

Ains s'employait encore au sens de « mais » au commencement du xvii*^ siècle; La Bruyère en regrette la perte. Le mot a d'abord signifié avant ou plus avant, v. ant-. Le passage du sens de « avant » au sens de « mais » s'explique comme pour mais lui-même, dont la signification première est « plus », V. magne ^.

Ainsi, V. si adverbe.

Air, du latin aer conservé tel quel dans les mots savants d'origine latine aérer, aérage, aérien. Le mot grec est semblable au mot latin, et se trouve sous la forme aéro- dans les composés : aérolithe, pierre de l'air {v. litho-) ; aéromètre, instrument qui mesure l'air; aéronaute, navigateur de l'air {v. nef); aéroplane {v. plain); aérostat, qui se tient dans l'air {v. estera). Cf. orage.

— Pour le mot français air, du sens de « air qu'on respire » on a passé par figure au sens de « sentiment qu'on respire, mine indiquant un état de Tâme (ou du corps) », et le sens de «■ mine » a engendré celui de musique d'une chanson (c'est la manière de la présenter), puis de morceau de musique en général. Diminutif ariette, d'origine italienne.

Airain vient d'un dérivé du latin aes, génitif aeris, qui a le même sens. Le mot grec de même signification est kalkhon, airain, cuivre, sur lequel est formé calchographie (u. archal). Le pluriel aéra désignait des jetons de métal

Albumine] du français. 15

pour le calcul, d'où le substantif féminin aéra, calcul des années, qui a produit le français ère.

— Le mot aes, aeris, au sens de monnaie, se retrouve dans obérer, charg-er de dettes, et dans estimer qui signifie proprt évaluer en airain (en monnaie) la valeur d'un objet. Estimer a pris une valeur figurée, à laquelle correspond le substantif estime, tandis qu'estimation se rattache à la valeur propre. Autres dérivés : estimable, mésestimer, inestimable.

Aire, du latin area, qui signifie : sol uni. De là l'acception géométrique du mot et les sens de : aire à battre le blé, surface de rocher où l'aigle fait son nid. C'est d'area qu'on a tiré le mot are, mesure de surface, d'où centiare.

Airelle, origine inconnue.

Ais, doublet populaire de axe, du latin axem, qui signifie à la fois planche et essieu. Notre mot essieu, jadis aissiea, vient d'un dérivé de axem. Axonge (formé avec le verbe d'où vient oindre), graisse pour essieux, puis graisse fine.

Aisance, aisé, et aise substantif et adjectif, ont été considérés comme apparentés au mot anse (^latin ansa), les anses étant une facilité (pour saisir un vase). Mais l'opinion qui prévaut aujourd'hui rattache ces mots à adjacent iv. gésir), dont le substantif aise serait une sorte de doublet populaire, avec l'idée de facilité résultant de la proximité; l'a initial remonterait donc au préfixe latin ad- (comme dans aider), et is représenterait le radical gés- ou gis- de gésir. La forme italienne d'aise est agio, d'où adagio, proprt « à l'aise », mouvement musical lent. Composés : malaise et malaisé, V. mal 1 ^' 2^

Aisselle, v. aile. Ajouter, v. joindre ^.

Ajonc, origine inconnue. Ajuster, v. jurer 2.

Ajourner, v. jour.

Al-, article arabe, par lequel commencent un certain nombre de mots français empruntés directement ou indirectement à l'arabe; alcoran a été réduit à coran.

Alambic, d'origine arabe, al-anbik. Dérivé : alambiqué, qui signifie « compliqué de détours » plutôt que « raffiné ». Alanguir, v. languir. Alarme, alarmer, v. armer.

Albâtre, du latin alabastram, grec alabastron. Albinos, album, albumine, v. aube.

16 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Aligner

Alcade, de l'arabe al-qadi, le juge {v. al-) par l'intermédiaire de Tespagnol.

Alcali, de l'arabe al-qali {v. al-), dérivé : alcalin.

Alcarazas, de l'arabe al-korraz, la cruche {v. al-), par l'intermédiaire de la forme espagnole, dont on a pris le pluriel pour un singulier (comparez albinos au mot aube). Alchimie, v. chimie.

Alcool, de l'arabe al-qohl {v. al-), qui désigne l'antimoine réduit en poudre.

Alcôve vient, en passant par l'Espagne, de l'arabe alqobbah {v. al-)^ qui désigne la chambre à coucher.

Alcyon, du latin alcyonem, d'origine grecque.

Aléa, mot tout latin, qui signifie hasard, dérivé : aléatoire.

Alêne vient d'un mot germanique (ail. mod. ahle), dont les Italiens on fait lésina, que nous leur avons emprunté. La « Compagnie de la lésine », c'est-à-dire Compagnie de l'alêne, était une association d'avares qui raccommodaient eux-mêmes leurs souliers. On voit comment le mot lésine a pu être extrait de cette locution avec le sens de : avarice sordide. Dérivé : lésiner.

Alentour, v. tour.

Alerte, de l'italien alVerta! qui signifie proprt : à la montée! (pour guetter l'ennemi). L'interjection est devenue un substantif exprimant, par connexion, la circonstance qui fait pousser le cri. Cf. alarme, au mot armer, et v. régir ^ et SuppL Alevin, u. léger.

Alexandrin, vers employé dans un roman du moyen âge consacré à Alexandre.

Alezan, mot d'origine arabe, qui nous vient de l'espagnol alazan.

Algarade, mot d'origine arabe, qui nous vient de l'espagnol algarada, proprt tumulte guerrier.

Algèbre, origine arabe.

Alguazil, v. vizir.

Algue, du latin alga.

Alibi, V. autre ^.

Aliboron, nom donné à l'âne par La Fontaine, origine inconnue, signifie proprt : habile à tout faire. Jésus-Christ, dans la Passion de Gréban, est appelé « Maître aliboron ». Aliéner, aliène, v. autre^. Aligner, v. lin.

Allécher] du français. 47

Aliment, alimentaipe, alimenter, se rattachent au verbe latin alere, qui, comme nutrire, d"où vient nourrir, avait le sens de nourrir.

1. Le participe passé altam, nourri, d'où grandi, grand, a donné haut (avec une h sous l'influence de l'ail, hoch), hauteur, hautain, et le dérivé savant altitude, ainsi que le substantif altesse et l'adjectif altier par l'intermédiaire de l'italien.

— Nous avons aussi emprunté à l'italien les mots alto, instrument qui donne les notes hautes (comparativement à la basse) et contralto = voix haute (comparativement à la voix de basse, mais moins haute que les autres voix de femme); le préfixe introduit l'idée de : s'opposera une autre voix (en l'accompagnant).

— Un hautbois est un bois (instrument de bois) qui donne les notes hautes; cf. basson au mot bas. Un haut-le-cœur est un soulèvement du cœur.

2. Le dérivé hausser (d'où hausse, haussement) signifie élever, et exhausser ou exaucer, — car ce sont deux orthographes d'un même mot, — signifie proprt : élever en tirant dune position inférieure, d'où, au figuré, en parlant de la divinité, élever à soi des prières, les accueillir, sens attribué à l'orthographe exaucer. Exalter est une forme purement savante, qui a pris une acception figurée différente. Autre composé : rehausser.

3. Le même adjectif participial altum a donné le dérivé allare d'où vient autel; le sens primitif est : « lieu élevé » où l'on offre les sacrifices. Autan, vent de la haute mer.

4. Enfin à la même famille appartient coalition, proprt réunion de gens qui se sont nourris et qui ont grandi ensemble.

Alinéa, v. lin.

Alise, alisier, germanique *alizo, ancien ht ail. élira. Aliter, v. lit.

Alizé, peut-être apparenté à lisse 2 (avec l'idée d'uniformité); les vents alizés soufflent uniformément toute l'année. Allaiter, v. lait.

Allécher n'a aucun rapport avec lécher, mais vient d'un mot formé sur le participe passé allcctum du verbe latin allicere, attirer, séduire; çf, le mot apparenté lacs.

DICT. ÉTYM, FRANC, 2

18 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [AlIusion

— Avec la même racine, en substituant le préfixe de- au préfixe ad-, on obtient : délice, délicieux, délicat, délicatesse, délecter, délectable, le dérivé italien dilettante d'où dilettantisme, et les surcomposés indélicat, indélicatesse. Une chose délicieuse est souvent fine, fragile, d'où les acceptions de délicat, dont le doublet populaire est délié : un fil délié, un esprit délié. — Il est faux de dire que délice soit du masculin au singulier et du féminin au pluriel, ce sont deux mots différents de même origine, dont l'un s'emploie exclusivement au singulier et l'autre exclusivement au pluriel.

Alléger, v. léger.

Allégorie contient la forme grecque de la racine qu'on a dans autre (v. ce mot), jointe au verl3e grec agoreuein apparenté à agora (« assemblée » et « place publique ») et signifiant « discourir » ; c'est proprement le fait de dire une chose pour en faire comprendre une autre. — Catégorie, même racine avec le préfixe cata-, affirmation (d'où catégorique) et distinction. — Panégyrique (d'où panégyriste), proprt prononcé dans une assemblée générale, v. panacée. Cf. /a;v tasmagorie au mot fantaisie.

Allègre, jadis alaigre, du latin alacrem ; dérivé allégresse. Alléguer, v. loi.

Aller est d'origine incertaine, v. o^ffrir"^. (Je vais et j'irai viennent de deux verbes latins différents, v. envahir et errer 2, A.). L'allure est la façon d'aller. Allée est un substantif participial du même verbe, exprimant Faction d'aller — allées et venues — et un chemin par où l'on va. Préalable signifie proprt qui doit aller devant ; comparez préambule, au mot ambulant. Sur aller au sens de « convenir », v. seoir -,

Alliacé, V. ail. Allonger, v. long.

Alliage, alliance, allier, u. Allopathie, v. pâtir ^.

lier. Allouer, v. lieu.

Alligator, v. lézard. Allumage, allumer, allu-

AUocation, v. lieu. mette, v. luire.

Allocution, V. locution. Allure, v. aller.

Allusion se rattache au verbe latin ludere (supin lusum), qui partageait avec jocare [v. jeu) le sens de jouer. Faire une allusion, c'est proprt rappeler comme en se jouant, sans insister. Une collusion, ce fut d'abord une entente frauduleuse entre joueurs. Une illusion, d'où désillusion, illusoire, c'est une impression fausse, dont nous sommes le jouet.

Amateur] du français. 19

— Nous avons emprunté au latin le composé préluder, substantif verbal prélude, un prélude est proprement un jeu préalable. — Éluder, c'est éviter comme en se jouant. — Un ludion, proprt histrion, est une figurine qui flotte en vertu du principe d'Archimède.

Alluvion, V. déluge.

Almanach, du bas grec almenakhon, par l'intermédiaire du bas latin.

Aloès, du latin a/oe, génitif aloes, mot dorigine grecque; on s'explique mal que le mot français ait la forme du génitif.

Aloi, V. lier. Alors, v. heure.

Alose, du latin alausa qui lui-même est un mot gaulois. Alouette, diminutif du vieux français aloue, latin alaudoy d'origine gauloise.

Alourdir, v. lourd. Aloyau, origine inconnue.

Alpaga, espagnol alpaque, mot américain.

Alphabet, latin alphabetuni, formé avec les noms grecs des deux premières lettres^ alpha et bêta (a et 5), v. abécé.

Altérable, altération, alter- alternatif, alterner, v. autre^ . cation, altérer, alternance, Altesse, v. aliment.

Althsea, mot latin d'origine grecque : proprt plante qui guérit.

Altier, altitude, alto, v. aliment.

Aluminium, formé sur le latin alamen, génitU aluminis, que nous avons emprunté en outre sous la double forme alun et alumine.

Alvéole, V. auge. Amaigrir, v. maigre.

Amabilité, amadou, ama- Amalgame, origine incer-

douer, v. aimer. taine.

Amande, doublet populaire d'amygdale, calqué sur le latin aniygdala, d'origine grecque, qui signifie amande. Les glandes du gosier ont été assimilées à des amandes. Dérivé : amandier.

Amant, u. aimer. Amaranthe, u. marasme.

Amarrer, composé du préfixe a- et du hollandais maaren, attacher. Substantif verbal amarre. Autre composé démarrer.

Amasser, u. masse. Amateur, v. aimer.

20 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ame

Amaupose, grec amaurôsin (obscurité), d'un adjectif qui sig-nifie obscurci, faible (en pariant de la vue).

Amazone, latin amazon, venu du grec et interprété dans cette langue, par étymologie populaire, comme composé de a- privatif et du mot grec qui signifie mamelle.

Amb-, ambi-, parfois an-, préfixe qui est apparenté au mot latin ambo, signifiant (( les deux » : des deux côtés, autour. Même origine que le préfixe grec amphi-. — V. ambulance.

Ambages, u. ag'ir 3,

Ambassade, ambassadeur nous viennent de l'italien, et. ont une origine germanique : ambaht, homme de service. Ce dernier mot a lui-même été emprunté au gaulois.

Ambiant, u. erre/' 2, fî. Ambitieux, ambition, v.

Ambigu, u. agir^. errer 2, B.

Amble, v, ambulant.

Ambre, arabe anbar.

Ambroisie, latin ambrosia, d'origine grecque , proprt breuvage des immortels. Le grec a-mbroton ou a-broton {a- privatif) signifie immortel, *mbroton correspond au latin mortiiiim, v. mort. Le dérivé grec abrotonon, nom d'une plante toujours verte, a produit le latin abrotonum, français aurone.

Ambulance, ambulant. Ambulant est le participe présent du verbe latin ambalare, formé sur ambo [v. amb-, ambi-), qui signifie : aller des deux côtés, aller et venir. Une ambulance est un hôpital ambulant. L'amble est une allure particulière du cheval. Un préambule est ce qui va devant, une préface; comparez préalable au mot aller. Un noctambule se promène la nuit; un funambule marche sur une corde (cf. acrobate à l'article acro-).

Ame vient du latin anima, qui a aussi une forme masculine animum, et partage avec elle les sens de souffle de vie, esprit, âme. Dérivés savants : animer, inanimé, ranimer, animal; animation, animosité (animation poussée jusqu'à la malveillance), animadversion (proprt direction d'esprit vers, V. vers''; le sens de ce mot s'est restreint dans une acception nettement péjorative); unanime (d'un esprit unique) et unanimité; longanimité, long souffle, au figuré, longue retenue; magnanime, v. magne^; pusillanime, v. ce mot.

— La racine de celte famille de mots signifie proprt

Amphore] du français. 21

« souffle » (comme celle d'esprit, v. ce mot). On la retrouve dans le mot grec anemon, vent; dérivés : anémomètre, instrument pour mesurer le vent; anémone, proprt fleur du vent (qui ne s "épanouit que sous le vent, dit Pline).

— Sur un autre mot grec qui signifie à la fois souffle et âme, V. psychique.

Améliorer, u. meilleur.

Amen, mot hébreu.

Aménager, i'. manoir.

Amender, du latin emendare, améliorer. Dérivés : amendable, amendement. Le substantif verbal amende, réparation, s'est restreint au sens de : peine pécuniaire infligée en réparation.

Amener, u. mener. Aménité, v. aimer.

Amer, latin amarum. Dérivé : amertume. Dérivé italien marasca, pour amarasca, cerise amère, d'où marasquin.

Améthyste, origine grecque : a- privatif et un verbe qui a le sens de s'enivrer. Cette pierre précieuse passait pour préserver de l'ivresse.

Ameublement, ameublir, Amiante, u. miasme.

ameuter, v. mouvoir i. Amidon, v. moudre ^.

Ami, amiable, v. aimer. Amincir, v. mince.

Amiral, du mot arabe amir, qui a aussi la forme émir. Amitié, v. aimer.

Ammoniaque, grec ammoniakon, ainsi appelé parce qu'on en trouvait près du temple de Jupiter Ammon.

Amnésie, amnistie, v. mé- Amortir, v. mort,

moire ^ . Amour , s'amouracher ,

Amoindrir, u. moindre. amoureux, v. aimer.

Amollir, v. mou. Amovible, v. mouvoir'^.

Amonceler, amont, u. monf. Amphi-, u. amb-.

Amorce, u. mordre. Amphibie, v. vivre ^.

Amorphe, v. forme. Amphibologie, v. parole 2.

Amphigouri, d'origine incertaine, parait contenir le préfixe grec amphi-.

Amphithéâtre, v. théâtre.

Amphitryon, celui chez qui l'on dîne, allusion au mot de Sosie dans V Amphitryon de Molière : « Le véritable Amphitryon est l'Amphitryon où l'on dîne. » Amphore, v. offrir^.

22 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ananas

Ample, latin amplum. Dérivés : ampleur, amplitude, amplifier, amplification (sur -fier, -ficatloii, v. faire '), ampliation, spécialisé dans le sens de duplicata.

Ampoule, ampoulé, v. offrir '^.

Amputer se compose du préfixe amb- et de putare au sens primitif d'émonder, v. conter^, d'où : « couper des deux côtés ». Dérivé : amputation. Députer, c'est proprement détacher en coupant, d'où au figuré déléguer; dérivé députation.

Amulette, emprunté au latin amaletam, même sens. Amuser, v. muse. Amygdale, v. amande.

An, latin annum, qui aurait d'abord eu le sens de cercle {v. anneau). Année a été t'ait sur an; il y a, entre les deux mots, la même nuance de signification qu'entre jour et journée. Autres dérivés : suranné (v. ce mot), annuel et bisannuel, annuaire, annuité, annales (histoire année par année, comparez chronique), anniversaire (retour annuel, V. vers^), solennel (proprt qui ne revient que chaque année, V. seul) et solennité; biennal, triennal, quinquennal, septennal d'où septennat, décennal, qui revient tous les deux ans, tous les trois ans, etc. ; pérennité, de l'adjectif latin perennem, proprt qui se continue année par année, éternel; antan, l'année d'avant, v. ant-.

An- préfixe, v. a-, amb- et ant-.

Ana-, préfixe grec qui équivaut souvent au préfixe d'origine latine re- (de nouveau, et en arrière), et signifie aussi : de bas en haut.

Ana, substantif masculin, tiré de la désinence des titres latins tels que menagiana, recueil de « traits relatifs à Ménage ». C'est le suffixe latin qui a produit le suffixe français -ain,-aine, {mondain, mondaine = Te\a,i'd au monde). Un ana est un recueil de traits relatifs à tel ou tel auteur.

Anabaptiste, v. baptême.

Anachorète est, en grec, l'équivalent de retiré (du monde).

Anachronisme, v. chroni- Analogie, analogue, v. U.-

qae. gique'^.

Anagramme, v. graphie 3. Analyse, v. soiuble.

Ananas, origine brésilienne.

Angine] du français, 23

Anarchie, u. arch-. Anatomie, v. tome.

Anathème, v. thèse 2. Ancêtre, v. ant- et céder 3.

Anche, de l'ancien haut ail. ancha : d'abord tuyau d'embouchure, puis lame vibrante d'embouchure. Anchois, espagnol anchoa, d'origine douteuse.

Ancien, v. ant-. Ancolie, v. eau.

Ancre vient du grec par l'intermédiaire du latin ancora. Dérivé : ancrer. A la racine grecque se rattache ankyloser, proprt courber. On a rattaché angle à la même racine.

Andante, participe présent du verbe italien qui est l'équivalent de notre verbe aller, proprt en allant, sans se presser.

Andouille, v. duire 2, Androgyne, v. gynécée,

Andouiller, v. œil.

Ane, du latin asinum. Dérivés : ânesse, ânon, ânerie, ânier. Le mot grec de même sens, onon, se trouve dans onagre, âne sauvage. Le grec agrion, sauvage, est apparenté au latin agrum, v. agraire.

Anéantir, u. étre^. Anémomètre, anémone, u.

Anecdote, v. dé à jouer i. âme.

Anémie, u. sang. Anerie, ânesse, v. âne.

Anesthésie, v. esthétique.

Anévrisme, proprt dilatation, origine grecque : préfixe ana- et racine ayant le sens de large.

Anfractuosité, v. fraction^.

Ange, du mot latin angélus, transporté tel quel en français pour désigner une prière qui commence par ce mot. Dérivé : angélique. Le mot latin vient lui-même d'un mot grec qui signifie messager, et qu'on retrouve dans évangile, bon message {eu- est le préfixe grec eu). Dérivés : évangéliaire, évangélique, évangéliser, évangéliste.

Angélus, v. ange.

Angine, mal qui serre la gorge, se rattache au verbe latin angere, serrer, parfait anxi, d'où : probablement angle, coin resserré (dérivés savants angulaire, anguleux, triangle, rectangle), sûrement angoisse, serrement de cœur au propre et au figuré (dérivés angoisser, angoisseux) , anxieux, anxiété, ce dernier n'étant séparé d'angoisse au figuré que

24 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Anomal

par une nuance de signification. Le grec kun-ankhê, d'où esquinancie, est de la même famille.

Angle, angoisse, v. ancre Angora, u. noms propres

et angine. (Mots tirés de).

Anguille, latin anguilla.

Angulaire, anguleux, v. Animadversion, animal,

angine et ancre. animation, animer, animo-

Anicroche, v. croc. site, v. âme.

Anier, v. âne.

Anis, grec anison, dérivé anisette.

Ankyloser, v. ancre. Annales, v. an.

Anneau. Les formes latines annelliim et anmilum ont produit l'une anneau, d'où annelé, l'autre annulaire. Certains rattachent ces mots à annum {v. an), qui aurait eu le sens de cercle.

Année, v. an. Annelé, v. anneau.

Annexe, annexer, annexion, se rattachent au verbe latin nectere, supin nexum, qui signifie lier, comme ligare [v. lier). Composé similaire à annexe, avec un autre préfixe : connexe, doù connexion, connexité.

Annihiler, formé avec le préfixe ad- et le mot latin nihil ou nihilum (rien), lequel se compose lui-même de la négation ni pour ne {v. ne) et de hilum, désignant une très petite chose, la raie noire du haut de la fève. La négation se trouve donc renforcée ici exactement comme dans les locutions françaises a ne pas, ne point, ne mie ». Sur nihil, on a formé aussi nihilisme, doctrine tendant à l'anéantissement des institutions d'un pays, et nihiliste.

Anniversaire, v. an. Annulaire, v. anneau.

Annoncer, v. neuf 2. Annuler, v. ne.

Annoter, v. connaître, B, 2°. Anoblir, u. connaître, B, 3°.

Annuaire, annuel, annuité, V. an.

Anodin, proprt sans douleur, composé de an- privatif et d'une racine grecque qui signifie douleur. Comparez le synonyme inoffensif, qui ne fait pas de mal.

Anomal, anomalie, irrégulier, irrégularité (a- privatif et nomon, v. autonome et comparez anormal) ; comme termes d'astronomie, inégal, inégalité [an- privatif et homon, V. homéo-, homo-).

Anthrax] du français. 25

-i . ,. Anonyme.v. connaître, B,^°.

Auon, ânonner, V. ane. -ni > »

Anormal, v. norme.

Anse, latin ansa: cf. aise.

Ant- ou anté-, préfixe latin, ant- ou anti-, préfixe grec, sont de même origine, mais ont pris des significations divergentes : avant ou devant pour anté, vis-à-vis et contre poi>r antl. L'un a parfois été employé pour l'autre, d'autant plus que, dans certains mots latins et en italien, anté a pris la forme anti; c'est ainsi qu'antéchrist est pour antichrist (contre le Christ), et antichambre, antidater, pour antéchanibre, aniédater. Cf. antan à a/î, et empa/^er h pair ^.

— Le préfixe latin peut être réduit à an- : ancêtre [v. céder^). Il a eu la forme ains- (probablement de *antius, comparatif populaire de ante), dans ainsné, devenu aîné [u. naître). Cf. ains.

— Précédé du préfixe ab- devenu av-, ante, qui n'était pas seulement préfixe, mais aussi adverbe et préposition en latin, a produit notre préposition adverbiale avant, sur laquelle a été formé devant par la substitution du préfixe de- à a-. Les deux mots ont eu des emplois communs et ont pris des acceptions divergentes. — Sur avant ont été faits : avancer, d'où avance et avancement; avantage, d'où davantage, avantager, avantageux et désavantage, désavantageux, désavantager; vieux français paravniiL d'où auparavant. — Sur devant ont été faits : devancer, devancier, devanture.

— L'adverbe latin ante est la racine de l'adjectif au comparatif antérieur, d'où antériorité (comp. extérieur, inférieur, intérieur, postérieur, supérieur), et des adjectifs antique (d"où antiquité, antiquaire, antiquaille) et ancien (d'où ancienneté). Comparez archaïque.

Antagonisme, antagoniste, Anté-, v. ant-.

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