Plaid, procès, v. plaire
%• Plaid, couverture, mot anglais.
Plaider, plaideur, plaidoi* Plaie, v. plaindre.
rie, plaidoyer, v. plaire.
Plain, adjectif, est le latin planam, qui signifie « plat, uni » (cf. planche), et dont plan, plane est la forme savante. Le féminin plaine s'emploie substantivement, de même que le masculin plan, surface plane. Le plain-chant est un chant uni, sans accidents (autres que le si bémol) ou sans accompagnement (autre qu'à Tunisson). Terre-plein, v. terre.
— Plusieurs acceptions du mot plan paraissent se rapporter au verbe planter : laisser quelqu'un en plan, le planter là; le plan d'un édifice (on a écrit plant) est le dessin directeur de la plantation de l'édifice, mais comme c'est en même temps l'édifice ramené à une surface plane, on a attribué le mot à la famille de planam.
— Dérivés et composés de pia/îum ; planer, d'où aéroplane; aplanir ; planisphère, sphère réduite à une surface plane, cf. mappemonde; esplanade, terrain aplani, le mot est d'origine méridionale. Mots récents : monoplan, biplan, etc.
— La forme italienne de l'adjectif plain ou pUm est piano, qui, employé adverbialement, signifie: d'une manière égale, sans forcer l'allure, ou sans forcer le son; le motpiano-/or^, abrégéaujourd'hui sous la forme piano, désigne un instrument conçu pour jouer à volonté piano ou forte) dérivé : pianiste.
Plaindre est le latin plangere, supin planctum, dont le sens primitif est frapper avec force, spécialement se frapper la poitrine, d'où le sens de gémir sur son sort ou sur celui d'autrui, et, par extension, manifester son mécontentement. Substantif participial : plainte (cf. complainte), d'où plaintif. C'est au sens originaire de frapper fortement que se rattache la signification du latin plaça, devenu plaie.
— Il faut rapporter à la racine grecque correspondante le mot apoplexie (d'où apoplectique), qui n'a pas d'autre signification étymologique que « mal qui frappe », attaque; hémiplégie, attaque frappant la moitié du corps, voy. semi-»
Plante] DU français. tjOS
Plaine, v, plam. Plainte, plaintif, v. plaindre.
Plaire. La forme française primitive est plaisir, devenu substantif, qui est le latin placere^ participe passé placitum. Les lettres royales accordant uiie faveur et rédigées en latin contenaient le mot placet, il nous plait, qui a servi à les désigner et à désigner aussi la requête tendant au v placet ». Le participe passé placitum est devenu le français plaid (d-où plaider, plaideur, plaidoyer, d'abord verbe, plaidoirie), il servait à exprimer la volonté du souverain en tant que justicier, d'où, par connexion, les sens d'assemblée judiciaire et âjd procès, qu'a eus le mot plaid.
— Adjectif et substantif participial de plaire : plaisant» d'abord « qui plait » (d'où plaisance), puis qui cherche à faire rire, d'où plaisanter, plaisanterie, plaisantin. Composés : complaire, d'où complaisant, qui a l'habitude de complaire, complaisance; déplaire et déplaisant, déplaisir.
— 'Dérivé latin placidam, favorable, bienveillant, paisible, français placide, d'où placidité. Paisible est un autre dérivé de placere (latin *placibilem), maiç a été influencé par paix dans sa forme et dans son sens.
— Le latin avait aussi le verbe placare, rendre favorable, apaiser, d'où implacaUe, qu'on ne peut apaiser.
Plaisance, plaisant, plai- santin, plaisir, v. plaira, aanter, plaisanterie, plai- Plan, v. plain.
Planche» d'où planchette, plancher, planchéier, est le
latin *p/a/ica, qui se rattache probablement à la même racine grecque que placenta, proprt gâteau plat, et que pelagos, plaine de la mer (v, archipel, à l'article arch-). Appartiennent probablement à la même famille les mots plage, plain, plante, place, flan,
Plançon, v. plante. Planer, v. plain.
Planète, latin planeta, d'où planétaire, se rattache au grec planaein, errer. *
Planisphère, u. plain. Plant et mots commençant
par plant-, v. le suivant.
Plante est le latin planta, pousse qui tient au sol^ et partie du pied qui pose sur le sol (cf. planche). Au second sens se rattache le mot plantigrade, v. grade. Dérivés de planta-: plançon, qui est ^plantionem; plantain, qui est plantaginem, d'où plantaginées.
506 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Plausible
Sur planta a été fait aussi le verbe planiare, devenu le français planter, enfoncer dans le sol et établir sur le sol, au figuré laisser quelqu'un debout, en faction, sans plus s'occuper de lui; un planton est un factionnaire sans armes.. Le substantif verbal plant s'écrit quelquefois plan,- voy. plain. Autres dérivés de planter : planteur, plantation. Composés : déplanter; implanter, qui s'emploie seulement au figuré; transplanter, d'où transplantation.
— Le verbe supplantare, supplanter, proprt retirer sous les pieds, est un composé non deplantare, mais de planta.
Plantureux, v. plein.
Plaquer^ — d'où lé substantif participial plaqué, le substaiTtif verbal plaqne, diminutif plaquette, et les dérivés placage, placard, d'où placarder, — vient d'un mot germanique qui signifie coller. Un placard est une armoire plaquée dans le mur, uneafûcbe, une épreuve d'imprimerie en forme d'affiche (non pliée en pages).
Plastique, grec latinisé plasticam, d'où plasticité, se rattache au verbe grec plassein, modeler. La rhinoplastie est une opération qui consiste à refaire le nez, voy. nez.
— Emplâtre est le grec latidisé emplastram ; un emplâtre se moule sur le corps, et il est fait de substances gluantes qui adhèrent à la peau, qui emplâtrent. Le sulfate de chaux gâché fait penser à un emplâtre et a été pour cela nommé plâtre, d'où plâtras, plâtrier, plâtrer, et plâtrage, replâtrage.
— Le plastron, d'où plastronner, est comme un emplâtre plaqué sur la poitrine ; ce mot est d'origine italienne ainsi que piastre, monnaie d'argent, proprt plaque.
— Se rattachent aussi au verbiB grec plassein : galTanoplastic, V. galvaniser; cataplasme (proprt qui s'applique sur], étymologiquement synonyme exemplaire ; protoplasma , proprt première formation.
Plat, platane, plate, pla- platine (métal), platitude, d. teau, platine (plaque) et place.
Platonique, conforme à la doctrine de Platon.
Plâtrage, plâtras, plâtre, plâtrer^ plâtrier, v. plastique.
Plausible, proprt digne d'applaudissement, se rattache aa verbe latin p/audere (ou ploderé)^ supin plausum. Composés:
Pleurer] du français. < 507
applaudir, applaudere, d'où applaudissement; latin expîodere, proprt rejeter bruyamment, substantif dérivé: explosion, éclatement bruyant, d'où explosif, explosible, exploser.
Plèbe, plébMen, plébiscite, v. peuple, •
Pléiades, mpt grec, proprt filles de Pléione, métamorphosées en étoiles; puis abusivement au singulier, la pléiade, groupe de ces étoiles, une pléiade, un groupe d'élite.
Pleige,' caution, (d'où pleiger), vieux mot dWigine inconnue. L'anglais pledge vient du français.
Plein est le latin p/en«m (cf. ail. voll, angl./u//, et voy. plus et peuple). Dérivés : plénier; plénitude, plenitudinem, à rapprocher du mot d'origine grecque pléthore. Le vieux mot populaire plenié (qui est plenitatem), est à plein ce que santé esta sain\ il a produit plantureux. Plénipotentiaire, armé de pleins pouvoirs, v. pouvoir, le mot est de formation moderne.
— Plénum est considéré comme un participe passé archaïque du verbe plere. Avec ce verbe, dont le supin est p/c<um„a été formé manipulùm, d'où manipnler, v. main ^, et nous avons conservé quelques composés ou dérivés de composés : complet, compleium (et incomplet), d'où compléter, complétif; complément, complementum; le vieux verbe complir (lat. classique complere) et compliment, proprt action de « remplir » une formalité de politesse, d'où complimenter, complimenteur; compiles, achèvement de l'office; le surcomposé accomplir, d'où accomplissement; — emplir, lat. classique implere, et les surcomposés désemplir et remplir, d'où remplissage ; — explétif, proprt qui déborde la mesure, redondant; — replet, proprt rempli; — suppléer (ind. prés. suppleo, cf. expédier), proprt remplir en dessous, d'où suppléant, suppléance ; supplément, supplementum (où l'idée de remplir en dessous n'implique pas substitution, mais simplement adjonction), supplémentaire et supplétif.
— On a la même racine dans le mot d'origine grecque pléonasme, remplissage, répétition superflue, dérivé: pléonastique.
Pléthore, pléthorique, v. plein.
Pleurer est le latin plorare, crier, pleurer. Substantif verbjil pleur. Dérivés : pleureur, pleureuse ; pleurard; pleurnicher, d'où pleurnicheur. Composés : éploré, formé sur
508 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Plier
pleury tout en pleurs ; et les composés de plorare, déplorer, d'où déplorable; implorer (préf. in- marquant direction), proprt demander en pleurant. — Explorer aurait d'abord signifié <( chasser le gibier de ses cachettes par des cris », battreTles buissons, mais il faut sans doute voir dans ce verbe une autre racine; dérivés : exploration, explorateur, inexploré.
Pleurésid, pleiirétiqtM, o. Pleaniiolier, e. p(ewna%
plèvre. ' ^
Pleutpe, origine flamande.
Pleuvoip, latin classique plaere. Dérivés : pluie, latin classique pluvia, d'où pluvieux, pluvial, pluviôse; parapluie, voy. pair^. Le pluvier est un oiseau qui arrive dans la saison des pluies.
Plèvre, grec pleura, côté. Dérivé : pleurésie, maladie de la plèvre, d'où pleurétique. Cf. poumon.
Plexus, V. plier *, PU», poisson, origine incoD-
PU, pliage, v. plier ^. nue.
Plier, autre forme de ployer, qui est le latin pUcare, supin plicaUwi ou plicitam. Les composés sont en -piiqaer (forme savante), -plier ou -ployer.
1. SubstanliC verbal pli, d'où plisser, plissement; substantif participial pliant. Dérivés : pliable et ployable ; pliage, plieur. Composés : appliquer, proprt plier vers, d'oùappliqne, application, applicable, inapplicable ; ~ compliquer, proprt plier avec, d'où complication ; — déplier et déployer, d'où déploiement; — expliquer, proprt déployer, développer, et son doublet éployer, dont il ne reste plus que le participe passé, dérivés : explication, explicatif, explicable, inexplicable, explicite, lat. explicitam, et son dérivé populaire exploiter, déployer son activité, d'abord dans la guerre (d'où le sens principal du mot exploit), puis dans le commerce et l'industrie (d'où exploitation), au figuré tirer parti de quelqu'un comme d'un fond de commerce (d'où exploiteur); un exploit d'huissier (à rapprocher du doublet explicite) est proprt une signification développée, détaillée; le mot explicit, qu'on trouve à la fin des manuscrits, est une autre forme d'explicite j et signifie : « développé », fin du développement; — impliquer, mettre dans les plis d'une affaire, mêler à une aflEaire, d'où implication; implicite, lat. implicitum, proprt
Plaie] DU FRANÇAIS. 509
enveloppé, le contraire d^explicite ; employer (d'où emploi, auquel se rattache emplette), doublet d'impliquer, proprt engager quelqu'un ou quelque chose daa^ une affaire, dans une fonction, et remployer^ doù remploi; — répliquer, d'où réplique, proprt plier en arrière, au figuré revenir sur ce qui a été dit, répondre à nouveau ; replier (d'où repli) et reployer, plier ou ployer à nouveau, formés sur plier et ployer.
2. Sur la racine de ce verbe, le latin avait fait des adjectifs composés, en -plicem ou -plum, qui sont devenus des forme«f françaises en -pie (-plice dans complice, bas 1. complicem, impliqué avec, d*où complicité) : simple, lat. simplicem (d'où simplicité, et simplifier, simplification), proprt qui n'a qu'un pli (cf. sempiternel) ; double, qui est le latin daplum Au duplieemy d'où duplicité, etc., voy. deux; triple, latin triplam ou triplicem, d'où tiiplice, forme italienne; quadruple, décuple, centuple, et les verbes correspondants; multiple, etc., voy. maltir;la,ûn8applicem, proprt qui plie sous, qui embrasse les genoux de, d'où d'une part le verbe savant supplier, supplicare^ et supplique, supplication, d'autre part l'adjectif souple, de formation populaire, dérivé : souplesse, composé : assouplir, d'où assouplissement. Le mot snppliciumy français supplice, d'où supplièié, a signifié d'abord supplication, ptlis, croit-on, réparation spontanée en vue d'apaiser, enfin réparation forcée, punition, peine de mort.
3. A la même famille appartient le verbe latin plecter'e, tresser, participe phssé plexum, d'où : complexe, complexité; complexion, nature complexe d'une personne; perplexe, proprt entremêlé, embrouillé, dérivé perplexité; plexus.
Plinthe» grec plinthouy proprt brique.
Pliocàne, v. récent. Plissement, plisser, o.
pliera.
Plomb est le latin plambum, d'origine ibérique; dérivés : aplomb, direction du fil à plomb; plomber, plombage, plombier, plombagine (mot «avant), substance appelée aussi mine de plotnb ; surplomber, dominer en dépassant la verticale ; plonger,quiest *plumbicare, originairement s'enfoncer comme un filet garni de plomb, d'où plongeon, plongeur.
Ploutooratle, v. muUi'. Plnolie, v. poil.
Ployable, ployer, v, plier ^. Plula, v. pleuvoir »
510 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Poèle
Plume est le latin pluma. Dérivés : plnmage, plamet, plnmeaa; plnmassier; vieux français p/nme/é, d'où plnmetis, broderie rembourrée; plumier; plumitif (dans la langue du palais, texte original), corruption, sous Tinfluence de primiez/, du vieux mot plumetis, formé sur plumeter, écrire avec la plume. Plumitif est employé plaisamment pour « homme de plume, commis aux écritures ». Sur plume ont été faits les verbos plumer, déplumer, emplumer , remplumer ,«f. empenné.
Plus, latin plus, géniiiî pluris, apparenté au verbe latin plere^ v. plein, et au grec polo-, v. malii'. Dérivés '.plusieurs, qui eal 'plusiores, pluriel (mélange de l'ancien plarel, qui est le latin pluralem, et d'une forme plariet, faite diaprés singulier), plural, d'où pluralité. Composés français : surplus: pAipart, plus grande part; plutôt, écrit en un seul mot au sens figuré de « avec plus d'empressement, avec une préférence, préférablement », d*où : « pour dire les choses plus exactement ». L'équivalent de plus en grec est pleion^ qui entre dans la composition de pliocène, voy. récent.
Plus-value, u. valoir, pluviomètre, pluviôse, v.
Pluvial, pluvier, pluvieux, pleuvoir.
Pneumatique (forme abrégée : pneu) se rattache au grec pneuma, génitif pneuma^os, souffle, etpnem, souffler et respirer. De la même famille : dyspnée, difficulté de respirer; pneumonie (de pneumona, poumon], d'où pneumoniqne, inflammation du poumon; pneumogastrique, v. estomac. Le mot neume, terme de plain-chant, désignant un groupe de notes fait d'un seul souffle, vient de pneuma par Tintermédiaire d'une forme du bas latin^
Poche, origine douteuse. Dérivés : pochette; pochard, poche à vin; pochon, louche, cuillèt à pot; pocher (d'où un autre pochon), entourer comme d'une poche, donner un coup qui fait gonfler l'œil. Une lettre pochée est une lettre gonflée, élargie; un dessin poché, une pochade, est un dessin jeté rapidement sur le papier, largement fait.
Podagre, v. pied^ ei peau. 1. Poôle, voile tendu, v.
Podestat, v. pouvoir. pallUim.
Podomètre, v. pied *. 2. Poèle, fourneau, v, peii'
dre^.
8. Poêle à frire, d'où poêlon, est le l&iin patella, diminutif de paiera, coupe ou plat. Paiera nous a fourni le motpatère^
Poiqdre] du français. 541
pièce qui rappelle plus ou moiûs une coupe à pied, ejt qui sert à suspeadre des vêtements ou à tenir des rideaux. On avait aussi la forjne patenay français patène, sorte de plat rond qui recouVre le calice. Ces mots .ont été rattachés ^u verbe patere, « s'ouvrir », sur lequel voy. patentJ
Poème, poésie, poétique, poète, d'où poétesse et poétiser, viennent de mots latins empruntés au grec et qui sç rattachent au verbe grec poiein^ faire, créer. On retrouve ce verbe sous la forme -pée dans : onomatopée, v. nom ; mélopée, V. mélodie ; épopée, voy. ce mot ; prosbpopée, voy. ce mot.
Poids j Vk pendre^, peigne, poignée, poignet.
Poignant, v. poindre, v. poing. .
Poignard , poign a r d e r ,
Poil est le latih pilum. Dérivés et composés : pûila et pela (patte-pe/a) ; un poilUy un homme énergique, un homme « à poil », un soldat ^e la Grande guerre ; à contre-poil, dans le sens opposé à la direction du poil couohé ; épiler, de formation 'moderne, d'où épilation, épilatoire ; horripilant, v. horreur ; pilenz, pilaire ; pelage ; pelade, maladie qui fait tomber les cheveux; pelouse, le tapis de gazon étant assimilé à une fourrure; peluche (ou pioche), d'où pelucheux; pilon, étoffe pelucheuse, cf. velours. Les mots avec i sont des mots savants.
— A pïlam se rattachent aussi pilare, devenu peler, et le vieux verbe pelucher, qui a produit éplnçher, avec leurs dérivés pelnre et éplnchnre. L'opération qui consiste à enlever par petits morceaux la peau d'un fruit a été assimilée à une épilation, car, même dans ce sens, peler ne se rattache pas h peaa^ non plus que l'intransitif peler au sens de se dépouiller de pellicules.
Poindre est le latin pondère, piquer, supin panctom. Substantifs participiaux : pointe et point. Adjectif participial : poignant, qui ne s'emploie plus qu'au figuré. Dérivés : poinçon (d'où poinçonner), instrument pour piquer, et le doublet savant ponction, piqûre, avec la forme composée componction, sentiment.d'humilité produit ^ar les piqûres du repentir ; pourpoint, proprt piqué en avant (ou à travers, v. pour) ; sur courtepointe^ voy. couette; la forme italienne strapunta pour traspunta (piquée à travers) a engendré un diminutif d'où vient notre mot strapontin, proprt coussin. .
— Dérivés du substantif latin punctum, point : ponctuer, mettre les points et les virgules, d'où ponctuation et exponc
ClAdaT. — DICT. iTYM. FRANC. 34 ,
542 DICTIONNAIRE ÉTTMOLOGIQUB [Poison
tuer ; ponctuel, qui fait les choses à point, mi « moment n voulu, d'où ponctualité.
— Dérivés de pointe : pointer, an sens de pousser sa pointe; pointu ; épointer. et appointer, au sens de tailler en pointe.
— Dérivés de point : pointure (de chaussures, de g^nts) ; contrepoint, proprt point contre point, note contre note; embonpoint, état de celui qui est h un bon point, dans un bon état ; pointer, aux sens de marquer d'un point et de tourner vers un point, dérivés : pointeur, pointage, et pointiller (d'où pointilleux, employé au figuré) ; appointer, aux sens suivants : 1° mettre au point, d'où appoint, monnaie qui permet de payer exactement ce qu'on doit; 2^ .en parlant d'une personne, la servir à point, la pourvoir de ce qu'elle attend, d'où désappointer, tromper dans son attente, dérivé; désappointement; 3° pourvoir d'un emploi, puis, sens actuel, assurer une rétribution, dérivé dans ce sens : appointement.
— Le verbe ponter, terme de jeu, d'oï!^ |M)nte, parait signifier proprt pointer, et se rattacher à la forme espagnole de point, punto.
Poing est le latin pugnum. Dérivés : poigne, force du poing; poignet, le bas du poing; poignard, d'où poignarder, arme qu'on tient au poing; poignée, serrement de main, partie d'un objet qu^ontientau poing et contenance du poing; empoigner, saisir avec le poing, en fermant la main. Un dérivé de pugnum, pugilalum, nous a fourni notre mot pugilat. Pugnum avait encore formé le verbe pugnare, proprt combattre à coups de poing, puis combattre ; . composés : expngnare, prendre d'assaut, d'où inexpugnabilem, français inexpugnable; repugnare, répugner, proprt lutter contre, puis ressentir ou inspirer du dégoût, d'où répugpant, répugnance.
Point, pointage, pointe, Utffe, pointiUer, pointilleiiz, pointer, pointeur, pointU- pointu, pointure, v. poindre.
Poire (d'où poirier, poiré), forme féminine du latin piram, dont le bas latin pirula, — d'où on tire perle (dérivés : perler, huître perlière), — est un diminutif. Pirilorme, en forme de poire.
Poireau ou porrean, diminutif du latin porrum.
Pois est le latin pisum, du grec pison.
Poison, qui est le latin potioj\em, (d*où empoisonner, empoisonneur, empoisonnement) , son doublet savant potion
Police] DU FRANÇAIS. 513
et Tadjectif potable se rattachent au verbe potare^ qui signifie boire. Poison et potion ont donc été d'abord des synonymes de.breuvage, voy. boi^e.
Poissard, poisser, poisseux, v. poix.
Poisson (d'où poissonneux, poissonnière, poissonnerie) est le latin *piscionem, qui se rattache à piscem ; cf. ail. fisch et angl. fish. Autres dérivés de piscem ; piscine, piscina, proprt vivier ; pisciculture, voy. colon; pécher, iat. classique piscari, d'où pdobe, pêcheur, pêcherie. Le mot poissarde (marchande de poissons au langage grossier) a été fait sur poisson avec le suffîxe péjoratif -ard ; il y avait en vieux français un autre mot poissard, sur lequel voy. poix. Le mot grec qursigni&e poisson est ikhthun^ géniHî ikhthviosy d'où ichtyologie, v, logique^, ichtyophage, v, antropophage.
Poitrail, poitrinaire, poitrine, v. pis 2.
Poivref d'où poivrade, poivron, poivrier, poivrière, poivrer, est le latin piper , grec peperi, mot d'origine orientale.
Poix est le latin picem, dérivés : poisseux, poisser (mais non empeser et empois, d'origine douteuse). Dérivé latin picea (arbre à résine), corrompu en épicéa, doublet populaire pesse. Voy. ^pin et pitchpin. Il y avait en vieux français un mot poissard au sens de voleur (qui a de la poix aux doigts) ; sur poissarde^ woy, poisson. On rattache à la forme provençale de poix le mot d'argot pègre, voleur et monde des voleurs.
Pôle, d'oii polaire, polarité, est tiré du gi*ec polon, pivot, qui se rattache au verbe polein, tourner ; polariser, c'est produire sur les rayons lumineux un certain effet qu'on obtenait jadis en faisant tourner un appareil sur lui-môme.
Polémique, v, guerre, , Poli, ». polvr,
1 • Poliee, grec latinisé politia, se rattache au grec polin, ville, et signifie proprt organisation d'une ville, d'un État, spécialement au point de vue de l'ordre. Dérivés : policier; policer, au vieux sens d'organiser; politique, relatif au gouvernement des États, puis prudent dans la direction des affaires, d'où impolitique. Le mot grec potitên, citoyen, se trouve dans cosmopolite, proprt citoyen du monde, v. cosmographie, l'adjectif poii/i^ae équivaut, pour le sens étymologique, à l'adjectif civil, d'origine latine, mais les deux mots sont arrivés à s'opposer dans les expressions <( droits civils »
51 4 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Polynôme
et M droits politiques y^ qui expriment, par restriction, deux espèces différentes de droits du citoyen.
— Se rattachent au même mot grec les mots français se terminant par -pôle, h l'exception de monopole (v. ce mot à Tarticle moine) : acropole, voy. acro-; nécropole, ville^des morts; métropole, ville mère, État colonisateur; le chemin de fer métropolitain relie les quartiers de la métropole au sens anglais du mot, c'est-à-dire de la capitale. Le grecpolin est réduit à pie ou ble, be, dans Constantinople, yille de Constantin, Grenoble, Gratianopolin, ville de Gratien, Naples, A>' apolis, ville neuve, Antibes, AntipolU, ville en face (deNice).