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Pie, substantif, v, pic

2* Pie, adjectif (dans œuvre pie), du féminin de l'adj. latin pium. Dérivés et composés : pieux, piété, pietaterriy imp^ie, impiété ; pitié, forme populaire de piétéy d'où piteux, ' pitance, pitoyable, impitoyable, les acceptions primitives de cette seconde catégorie de mots se rattachent à l'idée de charité inspirée par la piété. Sur pie-mère, voy. mère. Composé de piété (au sens de pitié) : mont de piété. Sur l'adjectif

498 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Pied

pinm, les Utins avaient fait le verbe piare, offrir des sacrifices, apaiser, dont nous avons le composé expier, proprt purifier par un sacrifice, puis subir la peine d une faute, dérivés : expiation, expiatoire, inexpiable.

Pièce, origine peut-être celtique. Dérivé : piécette. U)mposés : dépecer, rapiécer, empiècement.

Pied est le latin pedtm ; cf. grec podxx, allemand /«w, anfflai8/oo«. Les dérivés de ce mot, quand le suffixe commeoçant par une voyelle est précédé d'un d comme dans ped-esivt, sont des mots d'emprunt; dans les mots de formation populaire française, le d« disparu devant voyelle phonétiquement, mais on trouve parfois un i de liaison.

1 Nous avons plusieurs diminutifs : la forme familière peton, la forme piédouche, d'origine italienne, les mots savants de la langue botanique pétiole (d'où pétiole), pédicule et pédoncule. - Autres . dérivés : piétiner, pédale (d'origine italienne) et pédaler; péage, droit de passer (c à pied » d'abord) sur un chemin ou sur un pont; les doublets pédestre et piètre (1. pedestrem), d'une part, piéton et pion (d'où pionnier, rattaché aussi h pic), d'autre-part, la valeur péjorative de piètre et de certaines acceptions de pm atteste le mépris où l'on tenait les gens qui voyageaient sans monture. - Noms composés avec pied oxi pedem : piédestal, V. stalle; pédicure, v. cure^; palmipède, v. palme, trépied, qui est le latin tripedem, instrument à trois pieds, bipède, quadrupède; pourpier, voy. poale \: Prendre le contre-pied, terme de chasse, c'est proprt suivre a rebour. les traces de la hôte. Verbe composé avec pied : empiéter,

d'où empiétement. , . j. -.«i^rpr

2 Verbes latins composés avec pedem ^ impedire, entraver la marche, d'où le mot savant impedimenta, pluriel neutre latin; expedire, supin errpeditom, dégager la marche permett;e d'aller vite (d'où le sens d'pxpéditil) ou aimi^emeu faire aller, envoyer, dans les dérives français e^^diteu et expédition. Ce dernier signifie envm (d'où^l'un des .en d'expéditionnaire) et spécialement envoi de troupes en o de chercheurs; il a aussi le sens de mise au Pûmt.mu au net d'où une autre acception d'expedi<io/mair«. Notre mm expédient est tiré du participe présent d'expedire, un expe dient est un moyen de débarrasser la marche (d une affaire . Expédier, faire aller les choses vite, envoyer, est fait ^u expédia, indic. prés., cf. résilier, suppléer.

Pierre] DU français. 499

3. Un dérivé latin de pedem a une importance particulière, c'est pedica^ entrave pour les pieds et engin où les pieds se prennent, devenu piège. Il a produit en latin *impedicarey qui est devenu empêcher (d'où empêjDhement, empôcheur), et qui signifie mettre une entrave, au figuré; cf. entrave luimême, dérivé d*un miot latin qui désigne une grosse pièce de bois, et empêtrer {v. paître *), formé sur un mot désignant une entrave qu'on mettait aux animaux dans les pâturages. Dépéclier, c'est proprt enlever l'entrave, d'où la synonymie partielle avec expédier , signalé plus haut; une dépêche est une communication envoyée par voie expéditive.

4. De la forme grecque poda dérivent : podomètre, comptepas ; myriapode, mille-pieds (proprt dix mille pieds) ; podagre, goutte aTu^ pieds et goutteux, cf. pellagre aA mot pean ; antipodes, ce qui est sur la terre à l'opposé de nos pieds ; et aussi le mot grec podion, latin podium, piédestal, support, balcon, placé élevée. Podium est devenu notre motpuy, montagne, et a formé appuyer, proprt placer contre un support, substantif verbal appui. Galoche se rattache à kalopoda, qui signifie pied de bois. Poljrpe et ses deux dpublets pieuvre et poulpe viennent du latin polypum^ qui a été fait sur le grec polupoda, interprété par l'étymologie populaire comme signifiant : aux pieds nombreux. Le mot grec pedon signifie sol (où posent les pieds) et epipedon « «izrface », de là parallélipipède, solide aux « surfaces )> parallèles. Trapeza, pour tetrapeza (v. quatre), signifie proprt table à quatre pieds; le dérivé latinisé trapezium nous a fourni trapèze.

Piège, v. pied^, Pie-môre, v, mère.

Pie-grièche, v, grec,

Pierre est le latin petra, rocher, d'origine grecquie. Dérivés : pierraille, pierreries, pierreux, perron. Composés : empierrer; pétrifier et pétrification, v. /aire ^; persil, V. céleri; pétrole, proprt huile de rocher, d'où pétroler, pétroleuse, pétrolette; salpêtre, proprt sel de pierre.

— Deux autres mots latins avaient le sens de « pierre » : caZcaZam, français calcul (t;. chaux), et lapis, accusatif lapidem, conservé dans lapis-lazuli (t;. azur) et dans : style lapidaire, <c qui rappelle les inscriptions sur pierre »; un lapidaire, ouvrier en pierres précieuses; lapider, 1. lapidare, qui a produit lapidation, dilapider, détruire comme à coups de pierres, et dilapidation, dilapidateur.

500 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Pin

— Un autre mot grec signifie pierre, c'est littumy qu'oa trouYe dans : lithographie, v. graphie^; monolithe, v. moine ; monuments mégalithiques, faits en grandes pierres, voy. magne ^; paléolithique, néolithique, de TÀge de pierre, époque ancienne (paléo-) ou récente (nèo^).

Pierrot (forme féminine, avec un autre suffixe, Pierrette), diminutif du prénom Pierre, nom doiiné au passereau (v. ce Xkoi) et à un personnage de pantomime. A rapprocher de Margot, nom donné à la pie, de Jacqnot, nom donné au perroquet, et de ' sansonnet, le petit Samson, nom donné à une espèce d'étourneau. Cf. martinet et martin-pêehewr.

Piété, ». pie 2. Pieuvre, u. piedK

Piéter, piétiner, piétQn, Pieux, v. pie 2*

piètre, v. pied ^, Piffre, v. piper.

Pieu, V. pal.

Pigeon, d'où pigeonneau, pigeonnier, est le latin *pihionem^ pour pipionem^

Pigment, v, peindra. Pignoobar, «. épine»

Pignon est le latin ^pinniônem, de pinnoy créneau de muraille, d'où dérive aussi pinacle, emprunté au bas latin.

Pilastre, «fc i. Pila, v. pé* Piler, v. pétrin,

trin. Pileux, v.poU,

2. Pile, revers d*ane mon- Pilier, v. pétrùu naie, origine inconnue.

Piller, d'où pillard, pillage, de *piliare pour pilare^ dont le composé compilare a fourni le mot savant compiler, d'où compilation, compilateur.

Pilon, V. pétrin, Pilot, v. pétrin.

Pilori, origine inconnue.

Pilote, d'où piloter, pilotage, italien pUotOy qu'on rattache

au grec pêdon, gouvernail.

Pilotis, V. pétrin. Piment, pimeatw, o. p«ii-

Pilou, V. poil. dre.

Pilule, V. pelote. Pim)>ant, v. piper.

Pimbêche, origine incon- PimpreneUe, origine incon-

nue, nue.

Pin est le latin pinam, apparenté à picem^ poix ; dérivés : pinéal (fait sur le latin pinea, pomme de pin], en forme de pomme de pin; pineau, plant de vigne dont la grappe rap-

Pire] DU FRANÇAIS. , 501

pelle la pomme de pin; pinasse ou pinace (angl. pinnace, V. péniche)y bateau originairement en bois de pin. Voy. aussi pitchpin.

Pinacle, «• pîgnoni Pinoe» v. pincer, ,

PineeaU) latin classique penicillumy proprt petite queue. Pincepy d*où pince, pincette, pinçon, origine inconnue.

Plnéal, pineau, v. pin. Pintade, pinte, v. peindre.

Pingouin et pingre sont Pioche, piocher, piooheur,

i)Bs mots d'origine inconnue. piolet, v. pic 2.

Pinson, origine douteuse. Pioii, pionnier, v. pied ^.

Pioty boisson, vieux mot d'origine douteuse.

Pipèletydu nom d'un personnage des Mystères de Paris d'Eugène Sue.

Piper, latin classique pipare (onomatopée comme le français pépier, cf, piailler et piauler au mot pic i), signifie d'abord : pousser de petits cris, en parlant d'un oiseau, et imiter un cri d'oiseau, d'où le sens de « tromper, falsifîier ». Au sens extensif de « produire un son », on dit encore : ne pas piper mot. Substantif participial pipée.

— Le substantif verbal de piper, pipe, et son diminutif pipeau, ainsi que les mots d'origine germanique, mais de même famille, titre, piffre (italien piffero), signifient proprt instrument pour piper, puis espèce de flûte. Gomme l'instrument est creux, on comprend que l'un de ces mots, pipe, par l'intermédiaire du sens de « tuyau », ait pu arriver aux significations actnelles de pipe de fumeur, et de mesure pour les liquides, futaille. Gomme, d'autre part, cet instrument peut prendre la forme d'une cornemuse, on comprend que; par comparaison avec le sac de la cornemuse (ou avec les joues gonflées du joueur), un autre de ces mots, piffre, ait pu prendre le sens de « personne ventrue », d*où s'empiffrer.

— Par connexion de sens] le motpipean désigne non seulement l'instrument qui sert à attirer les oiseaux, mais aussi la baguette enduite de glu, où ils vieitnent se prendre.

— L'adjectif participial pimpant est considéré comme une autre forme de pipant, au sens de « attirant, séduisant ».

Piiiuage, piquant, pifjae, piquette, piqueur, piqûre

piqué, V. pie 2. v. pic 2.

pique-nique, origine incon- Pirate, piraterie, v, expé'

aue. rience.

Piquer, piquet, piqueté, Pire, v. parK

502 DICTIONNAIRE ét^holûgiqub [Pîtfaéqiiaiithrope Piriforme, v. poire.

Pirogue, mot américain.

Plrooatte, d*où plrooettery 1. Pis, adverbe, o. par*,

origine inconnue.

S» Pis, substantif, est le latin pectus, géniûî pectoris, poitrine. Nous employons la forme italienne petto dans la locution « in petto », proprt <( dans la poitrine », dans le secret du cœur; l'italien parapettOy proprt pare-poitrine [v. pair-jj nous a fourni le mot parapet. Dérivés : pectoral, mot savant, et poitrine (d'où poitrinaire), poitrail (d'où le néologisme dépoitraillé). Composés : eiqiectorer, expectoration, action de rejeter hors de la poitrine. Le substantif pis, qui s'est restreint au sens de mamelle d'animal, s'employait encore au xvii^ siècle dans le sens primitif : se battre le pis, se frapper la poitrine.

Pisciculteur, piscine, v. Pisé, v. pétrin.

poisson.

Pisser, d'où pissat, pisseux, pissotière, sans doute odoraatopée; composé pissenlit, nom d'une plante diurétique. Voy. miction.

Pistache, d'où pistachier, grec pUtcLkion,

PiBte, pistil, V. pétrin.

Pistolet, d'après Diez, de l'italien pistolete^ proprt arme de Pistoie. Le mot signifie poignard, et, par comparaison, petite arme à feu qu'on tient d'une main comme un poignard. Sur pistolet^ en considérant la désinence -et comme le suffixe diminutif, on a pu faire pistoie, mot qui désigne un gros pistolet de cavalerie. Gomme le mot écu, nom d'une arme défensive, servait à désigner une monnaie {v. écu], on a, par plaisanterie, donné une fonction semblable aux mois pistolet ei pistoie, particulièrement au dernier. Une autre explicatiofl attribue à ces mots une origine slave.

Piston, V. pétrin. Pitance, v, pu 2.

Pitchpin, pin particulièrement résineux, anglais pitchpine ; le premier élément est la forme anglaise de poix.

Piteux, V. pie 2.

Pithéquanthrope, proprt homme-singe (grec pithékorij

singe).

Plage] ' DU FRANÇAIS. 503

Pitié, V. pie 2. Fitre, orig^ine inconnue.

Piton, origine douteuse. Pittoresque? v. peindre.

Pitoyable, v. pie 2. Pituite, v. pépie,

PitypiasiSj dartre farineuse, dérivé grec depituron, son.

Pivert, iK'pic i.

Pivoine est le grec latinisé paeonia, fleur « de Péon », médecin des dieux.

Pivot, d'où pivoter, origine inconnue; pour remploi figuré, comparez le mot cardinal.

Placage, placard, placarder,^ v. plaquer.

Place, latin classique platea, mot d'origine grecque, qui se rattache à Tadjectif platun (féminin plateia)^ large, cf. planche. Dérivés : le vieux mot placei^ au sens de tabouret; le verbe placer, mettre à une place, d'où : placement, placier, placeur; emplacement, proprt'mise en place* puis, par connexion, lieu* pour la mise en place; déplacer, déplacement; replacer; remplacer (fait, comme emplacement, sur le vieux verbe emplacer), proprt remplir la place de, dérivé remplacepient.

— On a rattaché aussi à l'adjectif grec platun non seulement le mot platane, qui est un mot grec et qui désigne un arbre au large feuillage, mais notre adjectif et substantif plat, dérivés : plateau, platée, platitude (fait par imitation des mots d'origine latine tels que habitude)^ plate, embarcation à fond plat, platine au sens de plaque et au sens plaisant de langue; aplatir et aplatissement; méplat, proprt d'une platitude inégale (préfixe péjoratif mé-) ; plafond (plat fond), d'où plafonner, plafonneur.

— La locution « vaisselle plate » désigne à l'origine les pièces plates par opposition aux pièces de vaisselle « montées », et comme ces pièces étaient de métal précieux, la locution est arrivée à-'signifier « vaisselle d'argent o>, cf. le mot espagnol plata^ argent, et son dérivé platine, nom d'un métal précieux, appelé autrefois or blanc. '

Placenta, v. planche. Placier, plafond, plafon-

Placet, V. plaire, nage, plafonner, plafonneur,

Placeur, y. place. v, place.

Placide, placidité, v. plaire.

Plage, du latin plaga, étendue (cf. planche), et non d'un plagia grec, qui ne convient ni pour le sens ni pour la forme.

504 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE Plaindre

Plagiaire, d^ôè plagier, plagiat, vient du latin plagiarium, qui se rattache au grec plagion, u oblique, employant des moyens obliques, fourbe », et qui désignait spécialement les voleurs d^esclaves.

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