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Le mot temps réunit les acceptions connexes de : état

Tenir] du français. , 623

atmosphérique» durée, moment de Ift durée, opportunité. Dérivés et composés : tdinpdtd, 1. classique ^^mpes^a^em,. « gros temps^», d'où tempêter, tempétaeai ; temporel, s'opposant à éternel et/ par connexion, à Èpiritael (qui échappe au temps) ; temporaire, (( qui n'a qu'un temps » ; temporiser, « gagner du temps », d'où temporisation, temporisateur; contemporain, à rapprocher de synchronlque, voy. chronique; printemps, d'où printanier, voy. poar^; contre-temps et intempestif) intemp)eêtivumy sè rattachant h l'idée d'opportunité; sur entretemps, voy. tant,

2. L'idée du temps « atmosphérique » se retrouve dans plusieurs dérivés d'un vcrhe apparenté h tentpui, temperare, français tempérer et tremper. Temperare signifie proprt mélanger pour modérer, équilibrer. Dérivés savants : tempérant, adjectif participial, et tempérance, intempérant, intempérance; intempéries, intempérie*, défaut d'équilibre dans l'atmosphère ; température et tempérament qui ont été synonymes, au sens de « équilibre des éléments d'un corps, constitution », puis température s'est spécialisé dans le sens de : état k calorique » d'un corps dans l'atmosphère ; obtempérer, obtempérare, c'est proprt se modérer devant quelqu'un,

-^ Le doublet populaire de tempérer, tremper, a d'abord signifié « modérer le vin en y versant de l'eau », puis imprégner d'un liquide (d'où : faire trempette) ou plonger dans un liquide, substantif verbal : trempe. Composés : retremper; détremper (substantif verbal : détrempe), délayer, ou bien enlever la trempe.

Tenable, tenace, ténacité, Tender^v. attendrcyk tenir ^,

tenaille, tenailler, tenancier, Tendeur, tendoir, tei^don,

tenant, D. tenir ^. 1. Tendre, verbe, v. tenir ^,

Tendance, v. tenir*-.

2« Tendre, adjectif, est le latin tenerum, dérivés de formation française : tend'resse, tendron, attendrir, attendrissement.

Ténèbres^ d'où ténébreux, latin tenehras,

Tènement, teneur, v. tenir ^ .

Ténia, grec tainia, proprt ruban, ce mot est apparenté à teineiny voy. tenir *.

TenlPf latin classique tenere,

eLÉDAT; — DICT. ÉTYM. FRANC. *^

624 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Tenir

1. Substantifs participiaux : tenant et tenne, sens variés. Dérivés : tenable, d*où intenable; teneur, i^ celui qui tient {teneur de livres) et t^ mouvement tenu, suite, continuité (ou contenu, teneur d'une lettre), le premier est de formation française, le second est le latin tenorem; tenace, tenacem, d'où ténacité et pertinacité; tenailles, d'où tenailler; tônement, tenancier; tenon. Ténor, qui nous vient d'Italie, est un doublet de teneur^ une voix de ténor est une voix d'une « teneur » déterminée (la détermination est arbitraire, c'est la teneur du registre supérieur de la voix d'homme).

2. Les composés latins de tenere sont en -tinere, supin -tentunty d'où les formes françaises en -tin- et en -lent-. S'abstenir, c'eil se tenir loin de, se priver de; les dérivés abstinence et abstention se sont spécialisés dans des sens différents. — Attenant = qui tient à. — Contenu signifie tenir ensemble, renfermer, empêcher d'aller ; substantifs participiaux : contenu, contenant, d'où contenance, capacité d'un contenant, et manière de se tenir (cf. maintien), dérivé : décontenancer. Le doublet savant de contenant est continent, « qui se contient », d'où : continence, l'adjectif incontinent et incontinence. Le substantif continent, d'où continental, signifie proprt « pays qui se tient ensemble », et l'adverbe incontinent {in continenti), où in- est la forme toute latine de la préposition en^ signifie « dans le temps qui se continue, sans interruption ». Content, conteniumy est le participe passé latin employé adjectivement au senâ de « qui s'en tient à, satisfait », d'où contenter, contentement, mécontenter, mécontentement. Au verbe latin coniinere se rattache aussi l'adjectif continu, emprunté du lat. continuum, « qui se tient sans interruption », d'où continuité, discontinu, discontinuité, continuel, et les verbes continuer et discontinuer, dérivés : continuation, continuateur.

— Autres composés de tenir ou de tenere : détenir, dérivés : détenteur, détention. — Entretenir, substantif verbal : entretien. — Obtenir, dérivé : obtention. — Pertinent, « qui tient tout à fait » à un sujet, qui lui est propre; parler pertinemment d'une question, c'est parler d'une manière qui convient; impertinent signifie proprt « qui ne convient pas », d'où le sens de « insolent », même évolution de sens pour le substantif impertinence ; le surcomposé, d'origine populaire, appartenir, signifie aussi « tenir tout à fait à », être propre à une personne ou à une chose. — Retenir, dérivés :

Tenir] du français. 625

reteniie, rétention, rêne, qui est "retina. — Soutenir, latin classique sixsiinere, tenir en Tair (v. su.r^)y dérivés : soutenable, d'où insoutenable; souteneur, soutenance, soutènement, et le mot savant sustenter, sustentare.

-^ Le composé français maintenir signifie propt tenir avec la main, dérivés : maintien, action de tenir ou se tenir dans le même état, et Tadverbe maintenant, qui signifie proprt « en maintenant », séance tenante, présentement; manutention, de formation savante, aujourd'hui manipulation, voy. main *.

3. Sur tenere le latin avait fait le fréquentatif tentare, français tenter, proprt chercher h tenir, tàter. Au sens primitif se rattache la signification de tentacule. On passe de là aux sens de : 1<* chercher à prendre, exercer une attraction, d'où Tune des acceptions de tentation; %^ tirailler, tâter pour éprouver, éprouver, d'où l'autre acception de tentation et tentateur, enfin S® essayer, d'où tentative, attenter, attentat.

4. On rattache à la racine du verbe tenere (dont la valeur in transitive est proprt « être tendu ») le verbe tendere, français tendre (d'où tendoir, tendon, tendeur, tendance et tendancieux), apparenté au grec teinein que l'on retrouve dans* hypoténuse, proprt sous- tendante, dans péritoine, proprt « tendu autour », d'où péritonite, et dans tétanos, mot tout grec, proprt tension, rigidité. Cf. ton 2, ténia et ténu,

— Le supin de tendere est tentum ou tensum ; la première forme est identique au supin de tenere, de telle façon que les dérivés de tendre ressemblent souvent aux dérivés de tenir, ce qui explique que tancer ait été attribué par les uns à tenir et par les autres à tendre. Nos mots toise et tente signifient Ihin et l'autre « tendue » et sont originairement des substantifs participiaux se rattachant aux deux supins de tendere. La toise est la mesure constituée par le bras « tendu », la tente est une étoffe tendue, pour abriter. Sur toi^e on a fait toiser, mesurer à la toise, et, au figuré, mesurer insolemment du regard. Autres dérivés des deux supins : tension, tensionem, et tenture. Le vieux mot tenson est le doublet de tension, il a le sens figuré de « débat » poétique. Sur le supin tentum le latin populaire avait fait * teniiare, devenu le français tancer, se tendre contre, réprimander.

— Les composés de tendere nous ont fourni un bon nombre

626 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [TéllU

de motB. Attandre, c est proprt tendre vers, d'où compter sur, dérivés : attente et inattendu; s'attendre a sîgoi^ jadis « appliquer son esprit h », d'où attention, tension de l'esprit, et inattention, attentif et inattentif, attends que = étant considéré que. On rattache à attendre, au sens de u veiller à un service », le substantif anglais tender, wagoo pour le service de la locomotive. — Contention, forte tension, et jadis aussi débat, d'où contentieux. — Détendre, d'où détente, c'est défaire la tension, et distendre, d'où distension, tendre en différents sens. — Étendre, c'est proprt tendre à partir d'un point donné, ouvrir en tendant; substantif participial étendne; dérivés : étendaga, étendard, et les formes savantes extension, extensear, extensil, extensible, inextensible, in-extenso (=en étendu). - Entendre, c'est tendre vers ou sur, saisir par la pensée ou par l'oreille, d*où entendement et malentendu. S'entendre h un métier, c'est le bien comprendre, d'où l'adjectif participial entendu ; s'entendre, réfléchi réciproque, c'est se comprendre l'un l'autre, se concerter. L'entente, c'est le fait d'entendre (mot à double entente) ou de s'entendre. Ce verbe avait aussi en latin le sens de tendre sa volonté vers un but, et c'est à ce sens que se rattache la signification des mots savants : intention, d'où intentionnel et bien ou mal intentionné ; intendant, proprt qui s'applique b. (une administration), d'où intendance. Intense, intensum (d'où intensité et intensif), proprt « tendu vers », se rattache à l'une des formes du supin, et intenter, tendre ou diriger une action judiciaire, à l'autre. — Le composé latin ostendere (préf. ob-] signifie proprt tendre en avant, montrer, dérivés français : ostensible, ostensoir; dérivé latin : ostentation. — Prétendre, c'est proprt tendre devant soi, d'où au figuré alléguer et aussi aspirer à : des prétentions sont, par restriction, des aspirations vaniteuses, d'où le sens de préten* tieux ; ces deux derniers mots n'existent pas en latin.

Tenon, ténor, v. tenir ^. Tente, v. tenir ^.

Tension, tenson, v» tenir ^, Tenter, u. tenir ^.

Tentacule, tentateur, ten- Tenture, u. tenir K tation, tentative, u. tenir ^.

Ténu est tiré du latin tenuem, u tendu, allongé, délié,.fin >', apparenté au verbe tendre j voy. tenir * ; dérivés de formatiofl latine : ténuité, atténuer, atténuation^ extéanar.

Terrej DU français. 6Ô7

Tenue, tenture, v* tenir ^.

Tératologie : le premier élément de ce mot est le grec teras, génitif teraios, monstre; sur le second, voy. logique^.

Teroetf t>. trois.

Térébenthine se rattache au grec ierebinthoriy térébinthe, arbre producteur de résine.

Tergiverser, w. mrs^.

Terme, limite fixant une étendue d'espace ou de temps, et mot précisant une idée, est le latin terminum, limite. Dérivés savants : terminal, terminologie, v. logique''] terminer, limiter et mener à terme, d'où terminaison et interminable. Composés savants : déterminer, proprt délimiter, aussi mettre un terme à une incertitude, résoudre, produire, d'où déterminé et indéterminé, déterminatif, détermination, déterminisme, déterministe; exterminer, proprt mettre hors des limites, faire disparaître, d'où extermination, exterminateur. Composé fait sur le français terme : atermoyer (d'où atermoiement), proprt renvoyer à un autre terme. A côté de terminum, dont le nominatif terminus s'emploie tel quel dans quelques expressions telles que « point terminus », le latin populaire avait la forme * iermitemy devenue tertre, d'abord éminence servant de limite.

Terminer, terminus, v. 9. Terne, d*où ternir, ori*

terme. gine douteuse.

Termite, v, tarière. Terrain, terrasse, vpy. le

Ternaire, et 1. Terne, v, suivant. trois.

Terre est le latin terra, mot qui parait signifier « la sèche » et être apparenté à torride. Substantifs et adjectifs composés avec terre : parterre; souterrain; médit^rranée, mediterraneay au milieu des terres, v. mi; terre-plein, pour terre-plain. Dérivés : les doublets territoire (d'où territorial) et terroir, 1. classique terriiorium, le premier s'appliquant à la terre considérée au point de vue politique et adminis* Iratif, le second à la terre envisagée spécialement comme productive; terrain, espace de terre considéré au point de vue utilitaire, terrain à bâtir, terrain de combat, etc.; (^ terrasse, proprt amas de terre, d'où terrasser (remuer des

628 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Tei^Oflfter

terres, et jeter à terre sous soi), avec terrassier et terrassement; terreau, <( menue terre », terre d'engrais; terrine, vase de terre; terreux; terrestre, terres trem; terrien; terrer, d'où terrier, trou où l'animal se terre, et chien pour forcer l'animal terré; atterrer, proprt renverser à terre, consterner; atterrir, d'où atterrissage, atterrissement; déterrer; enterrer, d'où enterrement (voy. ci-dessous le rapprochement avec inhumation).

— Le mot tout latin humus signifie terre (végétale). Dériv^ : humilem, proprt « qui est à terre, bas », d'où l'adjectif humble et le substantif calqué sur le latin humilité. Les troupeaux transhumants changent de terre, de pâturage. Autres composés avec humum : .inhumer et exhumer, d'où inhumation et exhumation. Dans le mot enterrement, l'idée de cérémonie prévaut sur la signification primitive, si bien que les lettres de faire part convoquent paiTois à un enterrement suivi de l'inhumation, quoique les deux mots soient étymologiquement synonymes. Sur posthume, qui n'a rien à faire avec humas, voy. pais. Humain et homme (voy. ce mot) sont apparentés a humus,

— Le latin avait encore un autre mot, tellarem, pour désigner la terre; il a servi à dénommer^un métal, le tellure; cf. MarSy Saturne eiséiénium.

— Deux mots grecs ayant le sens de terre se retrouvent aussi dans les mots français : khthona et gê. Le premier, auquel se rattache le composant camé- de caméléon, voy. ce mot, est apparenté à humus ; nous l'avons dans autochtone, proprt né « de la terre même ». Le second se rencontre dans les mots suivants : apogée, proprt loin de la terre, point où un astre est le plus éloigné de la terre, d'où l'emploi figuré; périgée, vers la terre, point opposé à Tapogée; hypogée, qui est exactement l'équivalent de souterrain, puisque hypo- est le préfixe grec qui correspond au préfixe d'origine latine SOU-; géologie, géographie, v. logique^; géométrie, proprt science qui mesure la terre: géodésie, proprt division de la terre.

Teppeup, latin terrorem, d'où , terroriser, terroriste; de la même famille : terrible, terribilem, et terrifier, v.faire\

Terreux, v. terre. territorial, terroir, ». terre. ^

^Terrible, v. terreur. Terroriser, terroriste, o.

Terrier, terrine, territoire, terreur.

Thérapeutique] du français. 629

Tertiaire, tertio, V. trois. testateur, tester^ v. témoin^. Tertre, v* terme, Testimoxiial, v. témoin.

Tes, V. te, Teston, tôt, v. tête.

Tesson, testacë, v. tête» Tétanos,"», tenir ^.

Testament, testamentaire, Têtard, v. tête.

Tête et la forme masculine têt remontent au latin testa^ qui signifiait tesson, vase en terre. Dérivés et composés : têtard, larve à grosse tête; têtu; têtière; teston (origine italienne), monnaie à effigie; entêter et s'entêter, d'où entêté et entêtement. Têté-bêche signifie proprt « tête double tête », car bêche ^ abréviation de l'ancien béchef, signifie à lui seul « double tête », position où la tête de l'un est du côté des pieds de l'autre, voy. cap ^ — Dérivés se rattachant au sens latin primitif : tesson; testacés, animaux à coquille.

Tetep ou téter, et tétin, tétine, téton, avec é ou 6, et téterelle se 'rattachent à un substantif germanique d'où descendent l'anglais teat et l'allemand zitze.

Tétraèdre, v. qaatre et po- Têtu, v. tête,

lyèdre, Teuf-teuf, v. cricri.

Tétragone, v. quatre. Texte, textile, textuel.

Tétralogie, v. logique K texture, v, tissu.

Thapsia^ mot grec, proprt plante de l'Ile de Thapsos, d'où :' empl&tre fait avec la résine de cette plante.

Thaumaturge, o. chirurgie.

Thé, d'où théière, mot chinois.

Théâtre» latin theatrum, du grec theatron, qui se rattaché à l'un des verbes grecs ayant le sens de « voir, contempler, regarder »; dérivés : théâtral, amphithéâtre (v. amb-)y propt salle où l'on voit des deux côtés, théâtre circulaire. Théorème et théorie, d'où théorique, théoricien, se rattachent au même verbe grec; le sens étymologique de théorème et de théorie est « vue ».

Thème, v. thèse. , Théologique, v. dieu *.

Théocratie, théodloée, «• Théorème, théorie, u.

dieu ^. théâtre.

ThéodoUte, origine incon- Théosophie, v. diea ^. nue.

Thérapeutique se rattache au verbe grec therapeueiriy soigner, d'où hydrothérapie, traitement par l'eau, etc.

Ô30 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [TtlèsO

Thépiaque, grec latinisé theriaea, se rattache au grec ihêrOj bête sauvage, (apparenté au latin /eram, v.fler), qu'on retrouve dans mégathérium (mot à désinence latine, formé par Cuvier, « grande bête »), et, d'après l'étymologie populaire, dans panthère (v. panacée), mais ce mot est probablement d'origine indienne.

Thermes (d'où thermal) se rattache au mot grec thermon^ chaud, sur lequel ont été formés les mots thermidor, du calendrier républicain, et thermomètre (d'où thermomé* trique), proprt mesure de la chaleur. Il y a de nombreux mots scientifiques commençant par thermo-. Le mot latin qui correspond à thermon se trouve dans forceps, pour * formuceps, proprt pinces pour « prendre » le» objets « chauds » ; sur le second élément du mot, -eepê,yoy. capable K

Thésauriser, v, trésor.

Thès^ et thème» grec thesiny et ihemaf génitif thematos^ se rattachent à un verbe qui a le même sens que poser {v. site^)y de telle sorte que synthèse et composition, hypothèse et supposition, métathèse et transposition, diathèse et disposition, sont étymologiquement synonymes. La thèse, c'est proprt l'action de poser, de proposer, et ie thème, la chose posée, la proposition.

1. Il y avait aussi en grec le mot thêkê, endroit où Ton pose, que nous retrouvons dans bibllothèqne (d'où bibliothécaire), « dépôt » de livres, et qui, par l'intermédiaire du latin theca, a produit notre substantif taie, tache qui enveloppe l'œil, et enveloppe d'un oreiller. Hypothèque, d'où hypothécaire, signifie proprt « placemelit substitué », mise en gage. Le mot grec apothêkê désigne un dépôt séparé (u. apo-), un magasin, et nous a fourni, par l'intermédiaire d'une forme latine, notre mot boutique ; le mot apothicaire, plus voisin du grec, signifie proprt boutiquier.

^. Autres composés en -thème, -thèse et -thèie : anathème, proprt suspension dans un temple, puis action d'abandonner à la malédiction divine; prothèse et çrotthèee, qui équivalent, le premier à proposition, exposition^ le second à apposition, addition, mais dont le premier est souvent employé pour le second, bien que prosthesin seul ait en grec le sens d'addition (prothèse s'emploie surtout en chirurgie dentaire, addition d'une dent artificielle); parenthèBO (préfixes grecs para- et en-), proprt addition à l'intérieur, d'où

Timbale] du français. 631

indication insérée dans un développement, et, par connexion, signes graphiques de la parenthèse; épithète, prôprt mot « mis sur », ajouté au substantif pour marquer une qualité ; anUthèsa, opposition.

Théurgle, v. dieo*.

Thlaspl, mot grec.

Thon» grec latinisé thannum. Dérivé : thonaire.

Thorax, d'où thoracique, du nominatif grec thôraço, génitif thôrakos.

Thuia» mot grec.

Thuriféraire se rattache au latin iarifemm {v. offrir ^) formé avec tus, encens, génitif turis, qui est lui-même une adaptation du grec thuos.

Thym» grec thumon, transcription latine thymum.

Thyroïde, pour thyréoïde, mot d'origine grecque qui signifie proprt : en forme de bouclier; sur l'élément final, voy, forme.

Thyne, o. torte.

Tiare, grec tiara, bonnet oriental.

Tibia, mot tout latin qui signifie « os de la jambe, tuyau, flûte », d'où, par comparaison, le sens donné au doublet, de formation populaire, tige, cf. siphon,

Tio, d'où tiquer, origine Tiokat, v. stimuler.

douteuse. Tio-tao, v. tac.

Tiède, d'où tiédeur, tiédir, attiédir, est le latin tepidum.

Tien, v, te, TlCT^t ^* tibia.

Tierce, tiercelet, tiers, v. Tignasse, v. teigne,

trois.

Tigre, d'où tigré, latin tigrim, d'origine grecque. Tilburyi voiture imaginée par le carrossier Tilbury.

Tilde, V. titre.

Tillac, d'un mot Scandinave qui signifie plancher^ cf. ail. diele.

Tilleul, diminutif du latin tilium; tiUer ou teiUer, c'est enlever la partie filamenteuse du chanvre (analogue à celle du tilleul).

Timbale, instrument de musique en forme de demi-glohe, — et, par figure, gobelet, puis pâtisserie creuse en forme de

632 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Tinter

timbale, — est un mot d*origine arabe, influencé par le suivant.

Timbre, tympan et tYmpanon sont trois formes du même mot grec,- tumpanon^ tambour, latin tympanum. Le mot tympanon est entré tardivement en français sous cette forme; la forme héréditaire ou le plus anciennement empruntée est timbre,

i. La cavité de l'oreille, fermée par une membrane tendue, a été assimilée à un tambour, et, par connexion, la membrane elle-même s'est appelée tympan. Le mot timbre a d'abord désigné un tambour arrondi, puis, par comparaison, une espèce de cloche frappée par un marteau, puis une sonorité particulière, analogue à celle que donne cette cloche; par une autre comparaison, on a eu le sens de calotte du casque couronnant des armoiries, d'où armoiries, cachet particuTicr d'une personne, d'une administration, et spécialement de l'administration des postes. Dérivé de timbre : timbrer, d'où timbrage. A la forme tympan se rattache tympaniser, « tambouriner » au figuré : <c Gare qu'aux carrefours on ne vous tympanise », écrit Molière, Ecole des femmes. Tympanite, maladie où l'abdomen est « tendu comme un tambour ».

2. Le mot oriental qui nous a donné tambour (d'où tambourin, tambouriner), par l'intermédiaire de l'italien tamburro, parait être une déformation de tumpanon; il a eu jadis la forme labour^ d'où le diminutif tabouret, proprt petit tambour.

3. Le grec tumpanon, instrument sur lequel on frappe, est apparenté au verbe tuptein, frapper ; de même tapon, empreinte d'un coup (destinée à être reproduite), français type, modèle, espèce, d'où typique. Se rattachent à tapon : typographe ett3rpographie, d'où tjrpographique, v. graphie^; la typographie est l'écriture formée par des empreintes, l'imprimerie.

Trmidef timidité, v. craindre.

Timon, d'où timonier, latin classique tèmonem.

Timoré, v. craindre.

Tinette, diminutif du latin tina. vase.

Tintamarre, origine inconnue.

Tintep, d'où tintement, tintouin (d'abord d tintement im-

TitreJ DU FRANÇAIS. 633

portun >•), se rattache au verbe latin tinnire, supin tinnitum. Le vieux français avait aussi la forme tentir, sur laquelle, avec le préfixe re-, a été formé retentir, d'où retentissement.

Tique, insecte, mot d'origine germanique, cf. angl. tkk, ail. teeke.

Tiquer, u. tic.

Tirer, origine douteuse. Substantifs verbaux : tir et tire (lire d'aile, vola la tiré); substantif parlicipial : tirant (ftVânf débotté, f ira nJ d'eau). Dérivés : tireur; tiroir, compartiment qu'on tire; tiret; tirette, cordon ou lacet pour tirer; tirage; tirade, développement fait en quelque sorte d'un Irait; tirailler, d'où tiraillement, tirailleur. Composés : attirer, d'où attirail, ce qu'on lire avec soi; détirer; étirer; retirer; soutirer, d'où soutirage. Cn bon nombre de noms composés commencent par tire-; dans tirelire, dre-larigot (Â), tiretaine, le second élément n'est pas expliqué.

risBUB, u, pétrin.

TiBBSiga, tiBBsr, voy. le suivant.

Tissu est le participe passé du vieux verbe lislre (cf. coudre et cousu), refait sous la forme tisser, d'où tissage, tisseur, tisserand. lUtre est le latin lexere, supin textam, cf. technique. Au aupin se rallachent l'adjectif textile, lat. textilem (cf. gablil), les sutïatantifs texture, textara, d'où contexture, et texte, textam, v tissu de. mots », d'où textnel, exactement conforme au texte, et contexte, texte qui enloure un mot. Prétexte, prxtexlam, d'où prétexter, signifie proprt tissé en avant, d'où " fausse raison mise en avant »; comparez la locution « tissu de mensonges ».

— Le latin fefa, devenu le français toile, est pour tewla, et signifie proprt tissu; le diminutif toilette désigne une toile pour porter des marchandises, un linge pour orner une tahle

dite V à toilette », d'où : l'action de se laver, de s'i

par extension l'ensemble de rhabillement. Composé lage, rentoiler.

Tltanesque, digne des Titans.

Tithymale, grec lithumalon.

Titillation, dérivé du verbe latin titillarê, cbalo

Titre, d'où titrer, titrage, attitrer, tiré du lalir

634 DICTIONNAIRE ÉTYHOLOGIQUE [T6le

auquel se rattacbeot aussi les mots plus récents : titulaire, d'où titalariat, titulariser; intituler. Titulam signifie proprt inscription, d'où : qualification honorifique, et désignation du sujet d'un développement. A ce mot se rattache encore tilde, par l'intermédiaire de Tespagnol.

Tituber, latin titubare.

Titiilair«, i). titre.

Titus (coupe de cheveux à la), d'après les bustes antiques de Titus.

Tm^oe, V. tome.

Toast, d'où toaster, mot anglais, qui se rattache sans doute au vieux français tostery griller du pain (d'où : tremper du pain grillé dans du vin, boire) ^ Toster dérive lui-même du supin tostunCde torrere, voy. torriàe.

Toboggan, mot américain.

Too, mauvaise matière (qui sonne mal, onomatopée).

Tocsin, du mot provençal toca-senh, qui équivaut à (( touche-cloche » ; le second élément est la forme provençale de signe et exprime l'idée de signal.

Toge, ju. toit, "

Tohu-bohu, double qualificatif hébreu (inanis et vacua^ traduit la Vulgate), qui désigne l'état de la terre, du monde, avant la création.

Toi, V. te. Toise, toiser, v, tenir ^.

Toile, toUatte, u. tiisu. Toison, v. tondre.

Toit, d'où toiture, est tectam, participe passé du verbe latin légère, couvrir, que nous avons sous la forme savante dans le composé protéger, proprt couvrir devant. Autres dérivés de légère : tégument, tegumentam, et tuile (d'où tuilier), qui est le latin tegiila et qui signifie proprt objet qui couvre. Dérivés du supin deprotegere : protecteur, d'où i protectorat ; protection, d'où protectionniste. Le mot ' anglais détective signifie proprt « découvreur » et se rattache h un autre composé de légère,

— On doit rapporter à la même racine le mot loga (couverture, vêtement), français toge, d'où épitoge, ornement qui se met sur la toge.

Tôle, V, table.

Ton] DU FRANÇAIS. 635

Tolépcr, latin toleraré, supporter; dérivés : tolérant, tolérance, toUrable, d'où intolérant, intolérance, intoléralile-

— Le verbe toleraré se raltAche lui-même à la racine de tollere (porter, supporter, enlever), dont le supin *tlalam, réduit i iatum, a 6tâ emprunté par un autre verbe latin, V. offrir^; l'impéralK (oHe, proprt enlcveï-le, tuez-le. cri des Juifs devant Pilale, est l'origine de notre subslanlif tollé, tempËle de cris hostiles. Of- maltâte.

ToU6, u. loUrer. "toiiMltoii, d. lame.

Tomate, mot espagnol d'origine mexicaine.

Tombe, d'où tombean, tombal, est Vumbd, du grectumbon. Le latin classique nvait un mot apparenté, lumalam, tertre, tombeau, d'où tamulaire; nous employons aussi tel quel le nominatif tu mains.

Tombep est un mot d'origine germanique dont le sens primitifest ic faire la culbute » (of. anglais lumbU); le mol tout italien tombola signifie proprt culbute, et le dérivé français tomberean désigne une charrette qu'on fait bascnler. Substantif partii^ipial : tombée; composé : retomber, d'où retombée.

Tome (d'où tomaison), lalin tomum, morceau, du verbe grec lemnein, couper, diviser; un tome est un des volumes eo lesquels se divise un ouvrage. Composés ; atome {aprivalif), indivisible, d'où atomique, atomisme; épitomé (préfixe ^pî-), proprt incision, d'où abrégé; entomologie (d'où entomologiqae, entomologiste), proprt science des insectes, enlomon étant l'équivalent grec du mot insecte, voy. scier. Anatomie, d'où anatomique, est à peu près l'équivalent de dissection; laparotomie, de laparon, tlano. Même racine dans tmèie, grec tmêsLn, propr coupure.

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