‹ Dictionnaire étymologique de la langue franc̜aiseChapitre 25 sur 169 · combien). bienveillant · texte numérisé non relu

combien). bienveillant

Bien- (mots commençant Biennal, v. an.

1 • Bière^ cercueil, germanique bêra. Même famille que le verbe latin ferre, porter, v. offrir.

2t Bière, boisson, allemand bier.

Biffer, onomatopée.

Bifurquer, v. fourche.

Bigame (dérivé : bigamie), marié deux fois, se rattacha au mot grec gamorij mariage. Monogame ,^ d'où monogamie, qui n'a qu'une femme. Polygame, qui en a plusieurs. Cryptogames, plantes dont le mode de reproduction n'est pas apparent {v. crypte). Phanérogames, v. fantaisie^.

Bigarrer (dérivé : bigarrure], origine inconnue. Les bigarreaux étaient primitivement des cerises avec la chair rouge d'un côté et blanche de l'autre.

Bigot, origine inconnue. Bigre, v. bougre.

o. cagot. Bihebdomadaire, v. sept, ,

Bigoudi, origine inconnue. J

Bijou, du bas breton bizou, anneau; dérivés : bijoutier, bijouterie.

Bilan, V. balance.

Bilboquet. Le premier élément du mot est bille i; le

Bis] I>0 FRANÇAIS. 65

second est probablement une forme dialectale de bouche au sens figuré de « ouverture qui reçoit la boule » ; la désinence est le suffixe diminutif -et.

Bile» du mot latin bilem. Dérivés : bilieux, biliaire; atra> bilaire (à bile noire, lat. atra, noire), cf. fiel.

Bilingue, u. langue. Billard, v. le suivant.

Bill, V. boale.

1. Bille, boule, mot d'origine incertaine (cf. boule), qui a formé billard. Le billard est à l'origine la queue destinée à pousser les billes, puis le jeu, enfin, la table sur laquelle on joue. Autre dérivé : français dialectal gobille, dont la première syllabe n'est pas expliquée.

2. Bille, tronc, origine douteuse, dérivé : billot. Ce mot signifie aussi lingot de métal (or en bille), d'où billon, désignant un alliage spécial. Autre sens figuré : bâtonnet de chocolat.

Billet, V. boule.

Billevesée se rattache au vieux français billevèze, cornemuse, d'origine incertaine.

Billion, formé par la substitution du préfixe bi- {v. bis 2} h la syllabe initiale de million ; sur billion on a fait de même trillion, quatrillion.

Billon, billot, u. bille 2. Binage, binaire, biner, v.

Bimbeloterie, v. bibelot, bis 2,

Bimensuel, v, bis 2 et mois.

Binette, perruque de Binet, coiffeur de Louis XIV, d'où le sens de tête ridicule.

Binocle, v. bis 2. Bipède, v. pied i.

Biographe, biographie. Bique, biquet, v. bouc.

biologie, v. vivre ^.

i. Bis> adjectif, et beige, mots qui paraissent appartenir à la même famille, mais dont lorigine est inconnue.

2. Bis, mot latin, adverbe, interjection et préfixe, de la même famille que deux (v. deux^)^ qui signifie « deux fois » (dérivé : bisser, crier bis), et qui peut avoir aussi une valeur péjorative. Le préfixe est souvent réduit à bi-; sa forme populaire est bes- {besaiguë), devenu bé- devant une consonne {bévue); on trouve aussi ber- (berlue), bar- [barlong), ba- [balance, bajoue), be- (besace) et même 6- (brouette, bluette). — Sur binum, forme adjective de bis, ont été formés : l'ad-

ee DICTIONNAIBE ÉTYMOLOGIQUB [Blafard

jectif binaire; le verbe biner, faire deux fois la même chose, •d'où binage ; binocle, h double œil, le mot a été fait au xvu^ siècle par un capucin, le P. Chérubin. Combiner, d'où combinaison, c'est proprt arranger. ensemble (préfixe corn-) deux choses. Sur binôme, v. autonome.

On a passé de la valeur propre du préfixe à sa valeur

péjorative par l'idée de redoublement anormal : voir double expose aux erreurs, d'où la signification de bévue.

— Le préfixe bU- ou bi- a une valeur équivoque devant un radical exprimant une durée. 11 peut signifier : qui revient après cette durée doublée (bisannuel dans l'un de ses sens) ou qui a cette durée en double (bisannuel dans l'autre sens), ou qui revient deux fois pendant cette durée (bihebdomadaire,

bimensuel).

— La forme grecque de feis, bi- est dit, dl- : dicotylédone,

dissyllabe, dimètre, etc.

Bisannuel, v. le précédent.

Bisbilley onomatopée, qui nous vient de Titalien bisbiglio, Biscalen, d'abord mousquet de Biscaye, puis balle, boulet.

Biscornu, ti. cor. Bisouit, v. cuire.

Bise, peut-être origine germanique, peut-être onomatopée, plutôt féminin de bis i employé substantivement, cf. aquilon, le vent noir.

Biseau, biseauter, origine inconnue.

Bismuth, mot anglais d'origine inconnue.

Bison, mot latin d'origine grecque.

Bisque, bisquer, mots d'ori- Bistouri, origine inconnue,

gine inconnue. Bistoumer, v. tour.

Bissac, V. sac. Bistre, origine inconnue. Bissextile, v. six.

Bitter, d'un mot bolland.aîs qui signifie amer. ' Bitume^ bitumineux, v. béton.

Bivouac, bivouaquer, allemand beiwachey proprt garde auprès, cf. guetter.

Bizarre, espagnol bizarro, a d'abord signifié brave, puis emporté, puis : singulier. Dérivé : bizarrerie.

Blackbouler, proprt donner une boule npire> de l'anglais black et du français boule.

Blafard, origine germanique.

Blocus] Dû FRANÇAIS. 67

Blague^ petit sac, allemand balff, sur lequel aurait été fait aussi le mot balle ou baie de « balle d'avoine ». Blague, plaisanterie, d'où blaguer, blagueur, est d'origine jouteuse.

Blaireau a été rattaché hypothétiquement à blé; le nom anglais de l'animal signifie marchand de blé. Par connexion, on appelle blaireau un pinceau en poils de blaireau.

Blâmer» doublet de blasphémer, latin classique blasphemare, d'origine grecque. C'est la syllabe initiale qui exprime ridée défavorable^ comme le préfixe dis- dans diffamer. Les éléments « -phème » et « -famer » contiennent la racine gréco-latine signalée au mot affable. Un blasphème est un blâme, une injure, contre la divinité. Dérivés : blâmable, blasphémateur, blasphématoire.

BlanCf origine germanique. Dérivés : blanchâtre (sur le suffixe -aire, v. acariâtre), blanquette, blancheur, blanchir, blanchissage, blanchiment, blanchisseur, blanchisserie. Cf. €aibe.

Blanquette, o. hlanc. Blasphémateur, blasphô-

Blaser, origine inconnue. mer, v. blâmer. Blason, d'où blasonner, origine douteuse.

Blé est le latin *blatnm^ d'origine inconnue. Déblayer, d'où déblai, c'est proprt enlever le blé, puis enlever des matériaux; remblayer, d'où remblai, remettre des matériaux ; emblaver^ ensemencer en blé.

Blême, blêmir, origine inconnue.

Bléser» formé sur le latin blaesum, bègue.

Blesser, blessure, origine incertaine.

Blet, germanique blet, livide.

Bleu, germanique blau. Dérivés : bluet, centaurée bleue nommée aussi barbeau {v. barbé) et oubifoin (mot d'origine inconnue) ; bleuâtre (sur le suffixe -âtre, v, acariâtre), bleuir, bleuté.

Blindage, blindé, blinder, de l'ail, blenden, aveugler, boucher.

Bloe, germanique bloch. Dérivés : bloquer au sens de mettre en bloc, d'où blocage ; blocaille ; débloquer, au sens d'enlever une lettre bloquée. Sur les autres verbes bloquer et débloquer, voy. le mot suivant, de même racine.

Blocus. L'allemand blockhaus signifie maison en poutres,

6$ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [BoMlf

fortin. Blocaê, qui en est une déformation, a eu d'abord le même sens, avant d'arriver, par connexion, h signifier investissement. Dérivé : bloquer au sens d'investir, d'où débloquer.

Blond, d'où blondin, blondir et le substantif blonde, origine probablement germanique.

Bloquer, u. bloc et blocus. Blottir(se),origineinceTtaine.

Blouse de billard et blouse-vétement sont l'un et l'autre d'origine inconnue. Au premier se rattache blouser, faire tomber dans la blouse, d'où se blouser au sens figuré.

Bluet, V. bleu et barbeau. Bluette, o. faire.

Bluff, mot anglais, d'où bluffer.

Bluteau, bluter, v. bourre.

Boa, mot latin.

Bobèche, origine inconnue.

Bobine, d'où bobiner, débobiner, embobiner (même sens figuré qu'entortiller), n'est pas encore expliqué.

Bocage, v, boU, ••

Bocal nous vient du grec baukalion par le latin et l'italien.

fioche, « allemand », d'abord alboche, a été identifié, sans doute à tort, avec un autre mot d'argot, considéré comme une réduction de caboche (v. cap *) dans le sens die (c mauvaise tête ». Le mot, au sens d'allemand, s'emploie comme adjectif péjoratif : le goût boche.

Bock, V. bouc.

Bœuf est le latin bovem.. Dérivés : bouvier, d'où bouvreuil,

pour bouvereuil, le petit bouvier; bovine (race), bovidés. On a- le mot bœuf sous sa forme anglo-normande dans bifteck et rosbif, anglais beefsteak, tranche de bœuf, et roastbeefy bœuf rôti. A bœuf se rattache aussi le verbe beugler, dont meugler est une altération imitative. Boulimie, proprt faim de bœuf, hécatombe {v. cent) et bucolique, pastoral, sont d'origine grecque. Buffle nous vient du grec boubalon par le latin et l'italien; dérivé : buffleterie, proprt bandes de buffle dans le costume militaire. Une forme de buffle en vieux français, bugle, a pria Je sens d'instrument en corne de buffle, d'où l'anglais bugle, clairon à clefs, repris par le français.

Bombance] du français. 69

Bohème^ subst. masc, membre d'une de ces bandes vagabondes qu'on croyait venir de la Bobême, d'où Tacception ûgurée. Bohème, subst. fém., l'ensemble des gens qui mènent une vie de bohème.

Boire est le latin hibere, La forme latine se retrouve dans biberon et dans le composé imbiber, doublet emboire, qui a pris le. sens de « faire boire » au figuré, par confusion avec un verbe latin d'une tout autre origine, imbaere ; imbu, pour embu, pénétré de. Sur boire on a fabriqué, outre pourboire, le verbe composé déboire, qu'on a tout de suite employé substantivement avec le sens de : arrière-goût désagréable, d'où la valeur figurée actuelle. Le latin populaire avait fait un dérivé, au sens de faire boire, d'où viennent breuvage et abreuver. Un animal fourbu est proprt un animal qui a bu hors de propos [v. fors). Cf. poison.

— Sur le radical du participe présent, on a fait buveur, buvard, buvable, buvette. Quant à boisson, ce mot est à boire ce que leçon est à lire, etc.

Bois est le bas latin *boscam, d'origine incertaine. Dérivés : boiser (et reboiser, déboiser), d'où boisement, boiserie, boisage; bosquet; bouquet, sens primitif bouquet d'arbres; bocage, d'abord boscage; boquillon, d'abord bosquillon, bûcheron; peut-être aussi déboucher, au sens de sortir d'un défilé, le mot aurait d'abord signifié « sortir d'un bois » ; cf. embuscade au mot bûche. Voy. aussi boucher i.

Boisseau, v. boîte. Boisson, v. boire.

Botte (dont boisseau est une sorte de diminutif), latin classique pyxidem, proprt récipient en buis, d'origine grecque. Dérivés : boîtier, boiteux (qui souffre de la boite, de l'articulation), d'où boiter; boussole, it. bussola, petite boîte. Composés : emboîter, déboiter, d'où emboîtage, emboîtement, déboîtement.

Boiter, boiteux, v. boîte,

1 • B0I9 coupe, origine germanique.

2. Bol (alimentaire], du grec bôlon. Bol d'Arménie, corrompu en brouillamini {v. brouiller), remède venant d'Arménie, cf. hermine.

Bolet, champignon, latin boletum, d'origine grecque.

Bolide^ V. parole *. Bombance (jadis bobance)^

origine inconnue.

70 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Bon-Chrétien

Bombe» italien bomba, se rattache peut-être au latin bombum, bruit, d*où projectile bruyant (de forme arrondie). Dérivés : bomber (comparez ballonner fait sur ballon), bombarde, d'où bombarder, bombardement; bombonne (vase comparé à une bombe), d*origine provençale. Un dérivé de bombum, *bombitire, est devenu bondir (d'où bond, rebondir), qui a d'abord signifié résonner, se répercuter, en parlant d'un son, puis, par figure, nater en parlant d'un animal.

BombY^y grec bombax, ver à soie.

Bon est le latin bonum, dont la forme adverbiale est bene (français bien, adverbe et substantif), qu'on retrouve comme première partie composante dans bénédiction, bénin et autres mots semblables. Notre adjectif bel, beau, est le latin bellum, que l'on considère comme provenant d'un *benlum, dérivé de bene,- auquel se serait attachée l'idée du bien esthétique (une bonne peinture est une belle peinture).

— Dérivés de bon : bonace, désignant le calme de la mer, mot trop ancien pour être rattaché à l'italien bonacia, et bonasse adjectif; bonnet, d'abord bonne petite étoffe dont on faisait des coiffures, puis la coiffure elle-même (dérivés : bonnetier, bonneterie, le vieux verbe bonneter, prodiguer les coups de bonnet, d'où bonneteur, filou obséquieux, et bonneteau, jeu de bonneteur) ; boniment, formé sur le modèle de compliment, propos destinés à mettre les gens en bonnes dispositions; bonbon, d'où bonbonnière, mot de la langue enfantine formé par le redoublement de bon; bonté, qui est le latin bonitatem; bonifier, d'où bonification, v, faire''; bonheur, v. heur; boni, forme toute latine = du bon; débonnaire (de bonne nature; l'origine de aire est douteuse).

— A bel, beau, se rattachent : beauté; belette, la belle petite bête; bellâtre (v. acariâtre); embellir, d'où embellie, embellissement. La locution avoir beau a signifié d'abord avoir une belle occasion, pouvoir trop facilement faire une chose, d'où la faire vainement : « a beau mentir qui vient de loin )>. Beau, terme d'affection devant les mots père, mère, fils, frère, sœur, est arrivé à marquer un mode particulier de parenté. Sur les composés du mot grec qui signifie beauté, voy. calligraphie,

Bonace, bonasse, bonbon. Bonbonne, o. bombe.

bonbonnière, v, bon.

Bon-Chrétien, espèce de poires ainsi nommées en

Bosse] DU FRANÇAIS. 71

rhonneur de saint François de Paule, dit « le bon chrétien », qui apporta ces poires d'Italie en France.

Bond, V. bombe.

Bondet origine germanique, cf. ail. spand. Dérivés : bondé, proprt rempli jusqu'à la bonde; bondon, bonde d'un tonneau et fromage en forme de bonde. Composé débonder.

Bondir, v. bombe. bonneteau, bonneterie, bon-

Bondon, v. bonde. neteur, bonnetier, bonté, v.

Bonbear, bonification, bo- bon.

nifier, Isoniment, bonnet, Boquillon, v. bois.

Borax, mot d'origine arabe, d'où bore, sur lequel on a fait borique.

Bord (d'où rebord), mot germanique dont le sens propre est « revêtement en planches d'un navire », d'où, par comparaison, rive de la mer, d'un cours d'eau, extrémité d'un objet. Dérivés : bordée, décharge des canons du bord, et, daEkis la locution (( courir des bordées )>, mouvements de flanc du navire gêné par le vent; bordereau, proprt relevé sur le bord d'uti compte; border, d'où bordure; aborder (et abord, abordage, inabordable); déborder (et débordement) ; transborder (et transbordement). Bâbord, c'est le bord. du château d'arrière, et tribord le bord du gouvernail; les mots composants sont germaniques; on ne sait d'où vient la première syllabe de sabord.

Bordée, border, bordereau. Borgne, d*où éborgner, ori-

bordure, v. bord. gine inconnue.

■ Boréal, v. arctique. Borique, v. borax.

Borne, d'où borner, est le bas latin botina, d'origine incertaine. Une autre forme du mot en vieux français est bonne^ d'où abonner, abonnement, dont le sens propre est : « limitation » du prix et de la durée d'une jouissance. Au point de vue du sens, home est à rapprocher de limite. La limite, latin limitem (qui veut dire aussi sentier, chemin de traverse) est la ligne transversale qui forme l'extrémité d'un domaine, la borne est ce qui marque la limite; v. lice 3.

Boaquet, v. bois, Boaaage, v. le suivant.

Bosse, origine inconnue. Dérivés : bossu, d'où bossuer; le populaire bosser, rire comme un bossu ; bossette, petit ornement en bosse; bossage, saillie en bosse; bosselé, déformé par des bosses, comme cabossé (particule péjora-

72 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Boue

tive ca-y d'origine inconnue). Comme terme de marine, bosse désigne un cordage à gros nœuds, d'où embosser, amarrer un navire'dans une certaine position.

Boston, jeu inventé, dit-on, pendant le siège de Boston au XVIII® siècle, et sorte de danse.

Bot (pied), origine germanique.

Botanique, botaniste, v, herbe,

i. Botte (d'asperges, etc.), d'où botteler, origine germanique.

2. Botte, chaussure, d'où botter, bottier, bottine, débotter, origine inconnue.

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