V. chanceler. Chancre, v. cancer
Chandail, mot datant de 1894. Le chandail a été à Torigine un vêtement pour les 'chands d'ail on marchands d'ail et de légumes.
Ghandeleor, chandelier, chandelle, v, candeur.
Chanfrein est peut-être un composé des mots latins camum et frenum, Tûn et l'autre ayant le sens de frein ; dérivé : enchifrené, gêné comme par un chanfrein.
Changer est le latin *cambiaref d'origine celtique. Substantif verbal change. Dérivés : changement; changeur, qui change les monnaies. Composés : interchanger d'où interchangeable; échanger, d'où échange, échangeable, libreéchange ; rechange, de l'ancien verbe rechanger.
Chanoine, v. canne. chansonnier, v. le suivant.
Chanson, chansonnette,
i . Chant est le substantif latin cantum, qui se rattache au verbe canere, chanter, supin cantum (d'où cantilène, cantique, et le can^ britannique, proprt langage chantant, affecté). Sur canere ont été faits : a, un nom d'agent, cantor, accusatif cantorem, devenus les mots français chantre et chanteur; &, un nom d'action, cantionem, qui est devenu chanson, d'où les dérivés chansonnier, chansonnette, chansonner; c, un nouveau verbe, ca/i tore, devenu chanter (d'où chantonner), dont cantate est le substantif participial italien, et cantatrice le nom italien d'agent au féminin. Cantatrice double la forme féminine française chanteuse. Composés de chanter : déchanter, proprt cesser de chanter, ou changer de chant, chanter à rebours; enchanter (d'où enchanteur, enchantement, désenchanté et le dérivé savant incantation), qui signifie proprt chanter sur, d'où ensorceler, et, par atténuation, ravi de plaisir. Comparez charmer, qui signifie proprt réciter des vers magiques, et qui est d'ailleurs apparenté à chant.
118 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Chantepleure
— « Faire chanter » quelqu'un, c'est, au figuré, l'obliger à faire quelque chose malgré lui. Dans la locution maître chantear» le niot chanteur désigne non celui qui chante au sens actuel, mais celui qui fait chanter. Et de même le chantage, c'est l'action de « faire chanter )>, mais c'est aussi, au sens primitif, l'action de chanter, de faire du bruit, dans une certaine espèce de pêche, pour amener le poisson dans le filet; c'est dans ce s^s, et par figure, qu'on a pu dire que le maitre chanteur chante et fait du chantage.
— Dans un instrument à cordes, la chanterelle est la corde qui chante par excellence (quant à chanterelle, nom de champignon, c'est* un diminutif du grec kantharon, coupe, d'abord scarabée, cf. cantharide).
-:- Accent a été tiré de accentum composé latin de cantum avdc le préfixe ad-. Ce mot a d'abord signifié élévation de la voix. Accentuer, c'est élever la voix, donner de l'intensité à un son, puis à un tracé, à une opinion, etc. Par connexion, on a appelé accent le signe de l'élévation de la voix, puis un signe semblable ayant différentes valeurs conventionnelles.
2. Chant) mot que l'Académie écrit à tort champ, paraît être le latin canthum, du grec kanthoriy coin, côté. Mettre un objet de chant^ c'est le poser de coin sur son côté étroit. Dérivés : chanteau, coin de pain ; décanter, verser par le coin du vase; échantillon, au moins dans sa forme et dans son sens actuels, morceau coupé au coin d'une étoffe, d'où spécimen, et objet conforme au spécimen réglementaire (pavés d'échantillon). Le mot canton, d'abord coin de pays, qui nous vient de l'italien, se rattache à la même racine ou au latin * cantum (cercle de fer), d'origine espagnole. Dérivés : cantonal; cantonnier, chargé d'un coin de route, d'une section; cantonner, d'où cantonnement, établir dans un coin de pays ; cantonade, italien cantonata, coin de la scène, — parler à la cantonade^ c'est parler comme à quelqu'un qui serait dans la coulisse.
Chantage, v. chant i, Ghanteaji, v. chant 2.
Chantepleure^ espèce de robinet, a été expliqué comme un composé de chanter et de pleurer, à cause du bruit particulier du liquide qui s'écoule. On a aussi considéré le mot, en raison d'une certaine ressemblance de forme entre cet objet et une chenille, comme une altération de chatte peleuse (chatte poilue), nom populaire de la chenille {v, chien).
Charabia] du français. ii9
Chanter, chanterelle, olianteur, v. chant f.
Chantier est le latin canterium, proprt cheval hongre, puis poutre, d'où : matériaux reposant les uns sur les autres, puis lieu où Ton dépose des matériaux.
caiantonner, ohahtre, v. chant i.
Clianvre est le latin cannahem, dont chènevis, graine de chanvre, et chêne vière sont des dérivés français; caneras, grosse toile, vient d'une forme italienne.
Chaosy mot tout grec, dérivé chaotique.
Chape, chapeau, ohape- chapelle, ohapellerie, v. lain, chapelet, chapelier^ cape^,
Cliapelure, du verbe peu usité chapeleY^ qui est le latin *capulare (frapper, couper), et qui signifie enlever la croûte du pain et la broyer. Une autre forme du même mot est chabler, gauler des noix. ' ,
Chaperon, chaperonner, V. Chapiteau, v. cap 3.
cape^. Chapitre, chapitrer, w.copS.
Chapon (d'où chaponner), et son doublet capon, latin classique caponem ; capon, forme née dans les collèges, a le sens figuré de poltron, d'où caponner.
Chaque, v. cata-, préfixe.
Char est le latin carrum, d'origine celtique. Dérivés : charrette, d'où charretée, charretier ; sans doute charrue (qui est le latin carraca, voiture); les dérivés d'origine italienne carrière, au sens de « espace à parcourir » (d'abord par les chars), carriole et carrosse, d'où carrossable, carrossier, carrosserie; charroi^ et charronnage; charrier, d'où chariot; charroyer, d'où charroi; charger (qui est *carricare), mettre sur un^ char ou comme sur un char,' d'où charge, chargement, chargeur (composés décharger, surr charger, et décharge, surcharge). Carguer (une voile) est un doublet de charger, (d'origine provençale, comme cargaison, doublet sémantique de chargement); caricature, dessin en charge, est un dérivé du verbe italien correspondant. Cargo, abréviation de l'anglais cargo-boat, bateau de cargaison, de marchandises, cf. paquebot.
Charabia, espagnol algarabia, proprt langue arabe. Comparez baragouin.
120 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Charpie
ClviPâde, provençal charrado, proprt causerie, d'origine douteuse.
I Charançon, origine inconnue.
* Charbon est le latin carbonem^ d'où les mots savants carboniser, carbone, qui a produit carbonique, et carbure, d'où carburation, carburateur. Dérivés de charbon : charbonneux, charbonner, charbonnage, charbonnier, dont la forme italienne est carbDuaro, nom (jue se donnent les membres d'une société révolutionnaire. Composés de carbonem : escarboucle (préf. «a;- et carftuncuîu/»,. avec influence du mot bodcle)y proprt petit extrait de charbon (enflammé), d'où, par figure, grenat de couleur vive; sans doute escarbille, petit fragment de charbon. Comparez anthrax.
Charcuter, charcuterie, ger, chargeur, chariot, v.
charcutier, v. chair, char.
Chardon, chardonneret, v. Charitable, charité, v. cher,
cardon. Charivari, origine incer-
Charge, chargement, char- taine.
Charlatan, d'où charlatanisme, italien ciarlatano, qui serait cerretano (habitant de Gerrato), refait sur le yerbe ciarlare, babiller (onomatopée).
Charlotte, entremets, peut-être du nom de Charlotte d'Angleterre.
1 . Charme, arbre, est le latin carpinum. Dérivé : charmille.
2. Charme, enchantement, est tiré du latin carmen (pour canmen, v, chant /), dont le sens propre est formule magique en vers. Dérivé charmer, d'où charmeur ; cf. enchanter ^ au mot chant 1,
Charmille, v. charme i. Charnière, v. cardinal.
Charnel, charnier, v. chair. Charnu, charogne, v. chair.
Charpentier est le latin carpentarium, carrossier, que l'on croit d'origine celtique (cf. char). On a passé de l'armature d'une voiture à celle d'un édifice. Dérivé : charpenter, d'où charpente.
Charpie, substantif participial d'un vieux verbe* charpir^ latin classique carpere, cueillir, effiler. Dérivé : écharper, proprt mettre en cbarpie; le mot d'argot escarpe, assassin, se rattache à la forme provençale à'écharper. Cf. carpette^ métacarpe, gercer. *•
Chasselas] du français. i2i
Clharretëe,oharreti«r,ohar- ron, oharronnage, charrue, rette, charxier, oliarroi, char- v. char.
Charte est le latin charta, doublet savant carte (dérivé : carton, d'où cartonnier, cartonner et cartonnage, composé : encarter, mettre entre feuillets), et se rattache au mot grec khartêSj qui signifie feuille de papyrus; et précisémentpapier (dérivés : paperasse, paperassier, papetier, papeterie), qui s'est substitué k charte dans, son sens primitif, est formé sur papyrus, « roseau d'Egypte », également d'origine grecque. Charte a eu en vieux français une forme diminutive, chartre (qui est le latin chartula), sur laquelle a été fait chartrier, recueil de chartes, et chartiila a engendré le mot savant cartulaire, qui signifie aussi recueil de chartes. Autres dérivés : cartouche, venu d'Italie (dont gargousse est une altération et cartouchière un dérivé), signifie encadrement en forme de carte, et tube de carton ; un cartel (également d'origine italienne) est un papier de défi et un cartouche décoratif ; un cartable est un carton d'écolier. Pancarte, proprt papier pour tous, v. panacée. Sur cartomancie, voy. ce mot.
— On rattache aussi à carte : écarter, terme de jeu, son substantif verbal écart et le substantif participial écarté.